BIBLIOTHÈQUE MARGUERITE AUDOUX
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Tout juste quelques jours après la disparition tragique du philosophe atypique Bernard Stiegler (1952-2020), on peut mesurer aussi bien le vide laissé que l’héritage légué : dans la lignée du matérialisme dialectique comme de la phénoménologie ou encore de l’École de Francfort, de Simondon, de Foucault comme de Deleuze, il a apporté une rare pensée critique qui développe à la fois une vision tragique de notre temps et un utopisme combatif. Au passage, on notera que, tout héritage philosophique étant inévitablement incomplet, dans l’exacte mesure où toute pensée est limitée par les conditions de sa production, il appartient à chaque penseur, en situation, de formuler des problèmes pertinents et de reproblématiser des questions anciennes, comme par exemple celle, métaphysique par excellence, de l’infini : « Après la mort de Dieu, que reste-t-il d’une possibilité, pour la folie, d’être encore, dans
la pensée, ce qui saura com-poser l’analyse et la synthèse infinitisant la fin comme sa différance ? La disruption est la dramatisation de cette question, qui soulève mille nouveaux problèmes organologiques et pharmacologiques. Parmi ces problèmes, il y a avant tout le statut de cet organe noétique qu’est la « machine universelle » de Turing comme rêve noétique de la noèse comme exosomatisation » (Dans la disruption, p. 430). Stiegler prend ici comme point de départ le point de vue de Derrida, selon lequel le fameux cogito cartésien est fondé sur une folie qui le dépasse, une infinité nommée Dieu. La science s’étant substituée à Dieu avant d’être annexée par la technè, le problème est le mirage produit par une société hyperindustrielle qui a perdu la raison pour avoir foi dans l’hyper rationalisation : la maîtrise de l’infini au moyen de la rationalité algorithmique est de facto impossible. La folie capitaliste est de prétendre réduire la noèse à la technèse, le pharmakon à l’automaton ; or, comment articuler l’extériorisation numérique de notre mémoire (« fonctions analytiques de l’entendement »), limitée et synthétique, et l’exercice même de notre pensée humaine, c’est-à -dire « la fonction synthétique de la raison », spontané et théoriquement illimité ?
Contre le ludisme et le crétinisme triomphants, le technicisme et le
transhumanisme du XXIe siècle, qui constituent sans doute les dernières ruses de l’idéologie néo-libérale, l’auteur de La Société automatique pose que nous vivons la phase ultime de l’Anthropocène, celle qui conduit à la déshumanisation, moment d’autant plus tragique que la société numérique est ambivalente, se présentant comme un monde de progrès qui renforce la néguentropie, tout en favorisant l’entropie : l’ironie tragique fait que, au moment même où l’hommoderne croit s’être libéré de la matière et des principaux déterminismes qui pèsent sur lui ontologiquement, c’est sa propre perte qu’il occasionne ; nouvel Œdipe, il se condamne dans le même temps qu’il entend exercer sa liberté. En ce sens, l’homo automaticus est un homo absurdus. Mais l’intellectuel critique ne cède pas au fatalisme : il nous revient de réinventer le monde en fondant un nouveau mode de vie (« a european way of life »), de le réenchanter en sortant du capitalisme pulsionnel, en luttant contre son « devenir-barbare » et en opposant la « valeur esprit » au « populisme industriel ».
♦♦♦♦♦
Jadis chair à canon, l’individu s’est mué en ego-à -consommation et désormais en gogo-à –rétentions : dans notre société réticulaire qui voit le triomphe de la gouvernementalité algorithmique, ces traces individuelles que sont les données personnelles permettent aux dispositifs rétentionnels de calculer et de programmer les protentions (volitions) de tout à chacun. Tracé, pixellisé, modélisé, on n’existe plus qu’au travers du prisme des prothèses numériques qui le déchargent de son poids existentiel ; désormais prime la rétention tertiaire (automatisation) sur les primaire (perception) et secondaire (imagination), de sorte que, dépossédé de son existence propre puisqu’il ne produit ni ne vit rien de singulier, ne s’attache à aucun objet singulier, cet homoncule n’a pas plus d’être que son avatar virtuel, aliéné comme pouvait l’être le travailleur prolétarisé : si l’ouvrier a été dessaisi de son savoir-faire
technique par la machine, lui c’est son savoir-vivre qu’il perd ; le premier ne conservait que sa force de travail, le second ne dispose plus que de son pouvoir d’achat. Désœuvré, athymique, l’homo automaticus contemple de façon hypnotique le vide d’une société d’hypercontrôle nihiliste qui le plonge dans la misère symbolique. Le malaise dans notre civilisation hyperindustrielle, c’est la mainmise sur la production symbolique des industries de services, c’est-à -dire de ce que d’aucuns ont nommé le « capitalisme culturel » ou le « capitalisme cognitif » : la destruction des circuits de transindividuation et donc du processus d’individuation même vient parachever la désintégration du narcissisme primordial entreprise par une « déséconomie libidinale consumériste » qui a annihilé les mécanismes d’idéalisation et d’identification pour orienter la libido des consommateurs vers les objets consommés.
La disruption est précisément le processus d’extrême rationalisation qui, dépassant les puissances de la raison, mène au contrôle des corps et des esprits par des dispositifs rétentionnels et biotechnologiques, et par là même à l’irrationnel, à savoir à la folie et à la barbarie. C’est dire à quel point notre monde hyperindustriel ne fait plus société : aporétique, c’est-à -dire sans destination, il connaît bel et bien un destin tragique.
Reste cette question cruciale : peut-on être créatif dans l’univers numérique ? Laissons le dernier mot à Bernard Stiegler : « l’infrastructure numérique réticulée […] peut et doit être renversée en une infrastructure néguanthropique fondée sur une technologie digitale herméneutique mise au service de la désautomatisation, c’est-à -dire basée sur l’investissement collectif des gains de productivité issus de l’automatisation dans la culture des savoir-faire, savoir-vivre et savoir-concevoir en tant qu’ils sont par essence néguanthropiques et en cela producteurs d’une nouvelle valeur, seule capable d’instaurer l’ère porteuse d’une nouvelle solvabilité que nous appelons le Néguanthopocène » (La Société automatique, p. 34-35).
Bernard Stiegler en quelques livres :
La Technique et le Temps, 3 volumes, Galilée, 1994-2001 ; rééd., Fayard, 2018.
De la misère symbolique, 2 volumes, Galilée, 2004-2005 ; rééd. Flammarion, coll. « Champs essais », 2013.
États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle, éditions Mille et une nuits, 2012.
La Société automatique, 1. L’Avenir du travail, Fayard, 2015.
Dans la disruption. Comment ne pas devenir fou ?, éditions Les Liens qui Libèrent, 2016.
– Avec le collectif Ars industrialis : Réenchanter le monde. La Valeur esprit contre le populisme industriel, Flammarion, 2006 ; rééd. coll. « Champs essais », 2008.
Au moment même où se termine le 28e Salon de la revue, et avant celui de l’Autre édition qui aura lieu en cette fin de semaine, en UNE, tout d’abord, « Les revues en revue… » Ensuite, notre Libr-10, puis nos Libr-brèves (Caligaris, Wauters, Festival Ritournelles #19, Doppelt, Hans Limon et son Poéticide, Stiegler)…
UNE : Les revues en revue…
Dans l’avant-dernier numéro de La Revue des revues, Jérôme Duwa perçoit « la revue comme coeur surchauffé de la machine littéraire. Ça vrombit, ça met en mouvement des flux, ça grince, ça fuit, de l’énergie circule et ça irrigue une quantité de membres
formant une totalité organique. En cas de défaillance, l’explosion catastrophique n’est pas à exclure » (p. 95).
En cette soirée de clôture du 28e Salon de la revue, on ne peut que rendre hommage à celle qui les met en vue et les passe en revue depuis plus de trente ans… Entre autres, à découvrir dans les deux derniers numéros de La Revue des revues : pour le numéro 59, « Blaise Gautier et la Revue parlée » (R. Stella), « Format : poésie, la parole aux typographes » (Hervé Laurent), « Le mook, chimère éditoriale » (Frédéric Gai), « Pourquoi des revues ? » (J. Duwa)… Et pour le n° 60, « Quand le coeur d’Europe battait pour l’Espagne » (Jean-Baptiste Para), « Du Bout des bordes au bout du monde, les royaumes imaginaires de Jean-Luc Parant » (Jeanne Bacharach)…
► Voici le début de ma chronique sur le retour de TXT (n° 32°) :
Quoi TXT ? « Le Retour »… On n’en croit pas ses yeux : la dernière avant-garde historique recyclerait-elle une stratégie commerciale des plus éculées ? Le petit clin d’œil d’Éric Clémens dans sa contribution « La Mort n’existe pas », allusion à un texte paru dans la collection « TXT » (De r’tour, éditions Limage 2, 1987) – avec en prime la référence au fameux « imagimère » –,
nous (re)met sur la bonne voie, celle de la distance ironique : Magna Via : vis comica !
Un quart de siècle après le dernier numéro et un demi après sa création post-soixante-huitarde, voici le « ressusciTXT » – selon le bon mot de Christian Prigent dans sa dédicace personnalisée –, revoici les TXThéoristes de la « communauté dormante » (p. 1)… Tous les principaux acteurs d’une aventure collective (1969-1993) qui avait à ce point marqué la fin du siècle qu’elle avait donné naissance à un véritable label : Philippe Boutibonnes, Éric Clémens, Jacques Demarcq, Alain Frontier, Pierre Le Pillouër, Valère Novarina, Christian Prigent et Jean-Pierre Verheggen ; les artistes de Supports/ surfaces ne manquent pas à l’appel non plus, avec Pierre Buraglio qui donne de nouveaux contours au sigle « TXT » trente-cinq ans après, et les créations toniques de Daniel Dezeuze (Grotesque), Claude Viallat (Conan) et de Jean-Louis Vila (La Méduse et le Paon). /Fabrice Thumerel/
Libr-10 : LC vient de recevoir et recommande…

â–º François BIZET, Dans le mirador, Les Presses du Réel, coll. « PLI », 96 pages, 10 €.
► Suzanne DOPPELT, Rien à cette magie, P.O.L, 80 pages, 13 €.
► Maria EFSTATHIADI, Hôtel rouge, Quidam éditeur, 128 pages, 15 €.
â–º Claude FAVRE, Crever les toits, etc., suivi de Déplacements, Les Presses du Réel, coll. « PLI », 96 pages, 10 €.
â–º Dominique MEENS, L’ÃŽle lisible, P.O.L, 304 pages, 22 €.
► Marcel MOREAU, À dos de Dieu, Quidam éditeur, 140 pages, 16 €.
â–º Florence PAZZOTTU, Le monde est immense et plein de coïncidences, éditions de L’Amourier, 116 pages, 13 €.
► Charles PENNEQUIN, Gabineau-les-bobines, P.O.L, 208 pages, 18 €.
► Christophe STOLOWICKI, Deuil pour deuils, Lanskine éditions, 88 pages, 14 €.
â–º Louis-Michel de VAULCHIER, Le Hall, Atelier de l’Agneau, 150 pages, 18 €.
Libr-brèves
â–º Mercredi 14 novembre, de 10 à 18H : Journée d’études sur Nicole Caligaris à l’ENSBA Lyon, organisée par la Station d’Arts poétiques (8bis, quai Saint-Vincent 69001 Lyon). Programme : ici. [Photo de Camille Faucheux]

► Vendredi 16 novembre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012): Rencontre avec Antoine Wauters.

â–º FESTIVAL RITOURNELLES #19 – Samedi 17 novembre, La brasserie de l’Orient : 6 Esplanade François
Mitterand, 33500 Libourne :
* 18H30 : Dégustation littéraire avec Julien Blaine, entrée 10 €. [Réserver]
* Rencontre et lectures avec Amandine Dhée, La Femme brouillon (Editions La Contre Allée) et Stéphanie Chaillou, Le Bruit du monde (Éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia).
Deux récits de femmes qui interrogent la nécessité de se battre contre les carcans d’une culture toujours archaïque, ce qui revient à se faire violence pour être enfin soi-même.
Rencontre animée par Thomas Baumgartner.
Infos pratiques : Entrée gratuite – réservation conseillée sur reservation@permanencesdelalitterature.fr
► Dimanche 18 novembre, à l’occasion de la publication de Rien à cette magie, Double Change et la galerie éof vous invitent à une lecture de Suzanne Doppelt et Avital Ronell qui débutera à 18h Galerie éof (15 rue saint fiacre 75002 Paris).
► Vendredi 23 novembre à 19H, à la librairie Le Coupe-Papier, Laure Sagols accompagne Hans Limon dans une lecture-présentation de Poéticide, texte hybride mêlant poésie, théâtre et roman. C’est à 19h, au 19, rue de l’Odéon 75006 Paris. M° Odéon.

â–º Samedi 24 novembre, de 14 à 19H : Une journée avec Bernard Stiegler, organisée par l’Association Lacanienne Internationale (25, rue de Lille 75007).

Ce soir, en UNE RV avec Bernard Desportes pour son essai sur André du Bouchet. Ensuite, nos Libr-brèves : site de CCP, RV à la Maison de la poésie Paris, Xavier Person à la Librairie Ignazzi, RV Alphabetville…
UNE : Desportes/Du Bouchet /FT/
Bernard Desportes, Irréparable quant à moi. André du Bouchet, éditions Obsidiane, novembre 2014, 88 pages, 13 €, ISBN : 978-2-916447-61-2.
Dans cet essai au titre évocateur (citation du poète), sont regroupés divers textes (dont quelques-uns inédits) et quelques lettres extraites de la correspondante abondante entre les deux écrivains unis par une profonde et respectueuse amitié. Bernard Desportes s’y efforce de démallarméiser André du Bouchet : sa "volonté d’aller au bord sans tomber dans l’illisible" (p. 32) le rapproche davantage de Baudelaire et de Bataille ; nulle abstraction, mais une tension entre sens et non-sens, possible et impossible.
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Libr-brèves
â–º Maison de la poésie Paris, mardi 9 décembre 2014 – 19H00
Kristof Magnusson & Mathieu Larnaudie – « La crise dans la littérature » Rencontre animée par William Irigoyen, chroniqueur littéraire et journaliste à Arte (en français et en allemand) Lecture – rencontre

Comment des écrivains s’emparent-ils d’un thème actuel et brûlant telle que la crise ? Dans C’était pas ma faute, Kristof Magnusson met en scène un trader dans une banque d’investissements à Chicago, qui ne vit que pour l’avancement de sa carrière. Meike Urbanski est quant à elle traductrice d’un auteur de best-sellers qu’elle essaie de retrouver, car il ne lui a pas remis le manuscrit à traduire. Ces personnages vont se chercher, se croiser et multiplier les quiproquos dans cette histoire d’argent, de littérature et d’amour.
Ils occupent, dans le monde du business ou de la politique, des places dominantes lorsque survient à l’automne 2008 ce violent séisme qu’on appellera : crise. Aussitôt certains vacillent, s’effondrent, passent aux aveux, disparaissent ou se suicident, tandis que d’autres, au sommet des Etats, font rempart de leurs discours, explications, remèdes… Les Effondrés saisit quelques personnalités fameuses (ou fictives) dans l’inexorable débâcle de leur édifice idéologique.
â–º Maison de la poésie Paris, jeudi 11 décembre à 19H00 : Emmanuel Carrère – « Le Royaume » Lecture
â–º À l’occasion de la parution de Une limonade pour Kafka, rencontre avec Xavier Person le jeudi 11 décembre 2014 à partir de 19 heures
Librairie Michèle Ignazi
17, rue de Jouy
75004 Paris
01 42 71 17 00
â–º Les RV de Alphabetville
– MCLUHAN ET NOUS
RENDEZ-VOUS SONORE
Dans le cadre du festival Marseille retrouve le nord organisé par Planète Emergences, en partenariat avec Alphabetville
Lecture suivie par un plateau radio autour des textes de Marshall McLuhan, théoricien des médias canadien, penseur du « village global » et auteur de la formule : « Le medium, c’est le message. »
Lecture publique par Jean-Christophe Barbaud et Cécile Portier de textes choisis par Jean-Christophe Barbaud et Colette Tron.
Plateau radio animé par Jean-Christophe Barbaud, avec Samuel Bollendorf, Marie Picard, Cécile Portier et Colette Tron.
Mercredi 10 décembre à 19 h au Théâtre du Merlan, scène nationale de Marseille
Avenue Raimu, 13014 Marseille
– BERNARD STIEGLER
CONFERENCES
16 et 17 décembre
. Vers un art de l’hypercontrôle
Le 16 décembre à 18h30 à la Cité du Livre à Aix-en-Provence
Proposé par Alphabetville, l’Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence, Ars industrialis
en partenariat avec la Cité du Livre/ Ville d’Aix-en-Provence
Bernard Stiegler développe l’idée que nous sommes entrés dans l’époque de l’hypercontrôle, rendue possible par les technologies numériques, les systèmes de big data, de traces et autres automatismes, omniprésents dans les développements et applications technologiques « hyperindustriels ». Dispositifs qui nous suivent autant qu’ils nous guident dans nos comportements, et qui constituent selon lui un processus de désintégration sociale.
Bernard Stiegler décrira les « sociétés de l’hypercontrôle » et l’automatisation généralisée, tout en posant le défi d’un « art de l’hypercontrôle » comme thérapeutique, ou « pharmacologie positive ».
Cette conférence se situe en ouverture d’un programme de recherche théorique et pédagogique à venir sous la direction de Bernard Stiegler, avec Alphabetville et l’ESA Aix-en-Provence.
Informations : 04 95 04 96 23
Entrée libre
Réservation conseillée : alphabetville@orange.fr
Lieu
Amphithéâtre de la Verrière
Cité du Livre
8/10, rue des Allumettes
13098 Aix-en-Provence
. La désintégration
Le 17 décembre à 18h30 au Théâtre du Merlan, scène nationale de Marseille
Organisé par Planète Emergences avec Ars industrialis dans le cadre du festival Marseille retrouve le nord
« Nous entrons dans l’âge des sociétés automatiques basées en particulier sur le développement des réseaux sociaux et de ce que l’on appelle à présent les big data.
Cette conférence, qui décrira cet état de fait, a pour but de donner une autre perspective sur les réseaux, capable de constituer un nouvel état de droit à l’époque de l’écriture numérique réticulaire et de l’automatisation généralisée, qui sera aussi l’époque de la fin de l’emploi. » Bernard Stiegler
Suivie d’une table ronde avec :
Franck Cormerais, philosophe, enseignant en Information et Communication à l’Université de Bordeaux 3, membre du C.A d’Ars industrialis ; Patrick Braouezec, président de la communauté d’agglomération Plaine Commune ; Martine Vassal, élue déléguée aux relations internationales et européennes de la Ville de Marseille, présidente déléguée de la Commission “Développement économique et emploi” de la CU Marseille Provence Métropole (sous réserve) ; Colette Tron, critique, directrice artistique d’Alphabetville/Friche Belle de Mai, membre du C.A d’Ars industrialis ; Christian Rey, directeur du technopôle Marseille – Château Gombert et de Marseille Innovation
Présentée par Gérard Paquet, président fondateur de Planète Emergences
Informations : http://planetemergences.org/
Entrée libre
Lieu
Théâtre du Merlan, scène nationale de Marseille
Avenue Raimu
13014 Marseille
Bus 32, 34, 53, 27
—–
Alphabetville Friche Belle de Mai 41 rue Jobin 13003 Marseille 04 95 04 96 23
Du samedi 12 au samedi 19 octobre 2013, se déroulera à Pau le Festival Le Grain de la Voix ; y participent, entre autres, des auteurs que défend LC (dont quelques "dreamdrumistes") : Edith Azam, Sonia Chiambretto, Thomas Déjeammes, Antoine Emaz, Olivier Mellano, Bernard Stiegler, Yannick Torlini, Nicolas Vargas…
> SAMEDI 12 OCTOBRE :
13H03 > MUSIQUE INATTENDUE > Place Reine Marguerite
"Urbaphonix" sonorise la ville (Cie décor sonore)
14H34 > THÉÂTRE > Place de la Déportation
Un clown qui s’appelait Socrate (Théâtre du caniveau)
17H02 > FILM & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère
La faute d’orthographe du Front National / Film de Bernard Stiegler & Discussion
Conclusion avec un film poétique de Thomas Déjeammes intitulé Projet 125/20.
21H08 > CONCERT > Bar L’imparfait
Un récital poétique de Nathalie Richard et Olivier Mellano
> DIMANCHE 13 OCTOBRE
14H34 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.
"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de
"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras. (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)
18H02 > DINONS-ENSEMBLE > Studio Cie Écrire un mouvement
Danse Buto / Installation / Soupe & Fromage (Quelques instants pour Jacques Dupin)
> LUNDI 14 OCTOBRE
21H06 > LECTURE À VOIX NUE & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un
Extraits de "Caisse Claire" de Antoine Émaz / Poésie Contemporaine ; suivi de
"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)
> MARDI 15 OCTOBRE
21H04 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.
"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de
"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)
> MERCREDI 16 OCTOBRE
13H06 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Place Royale
Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre
14H34 > LECTURE > Chez quelqu’un
"Polices !" de Sonia Chiambretto lu par l’auteur
16H07 > JEUNES PUBLICS & P’TIT GOÛTER > Théâtre Bourbaki
Minifocus / Concert électro blues forain pour bambins / Adultes accompagnés tolérés
18H02 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Palais des Pyrénées
Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre
21H05 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Bar l’Imparfait
Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre
21H24 > CONCERT > Bar l’Imparfait
"Les Angles" un Récital Poétique de Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa / Voix & Guitare
> JEUDI 17 OCTOBRE
21H02 > CONCERT > Casino de Pau
ARLT, un récital de chansons d’Éloïse Decazes et Sing-Sing
> VENDREDI 18 OCTOBRE
18H02 > RENCONTRE > Librairie Tonnet
avec Sonia Chiambretto, auteur de Chto
21H07 > LECTURE PRÉPARÉE & CONCERT > Chapelle des Réparatrices
"Chto, Interdit au moins de 15 ans"
Théâtre Contemporain pour deux paires de cordes vocales et une guitare.
Par Fanny Avram, Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa ; suivi de
Winter Family / Un duo franco-israélien entre berceuse minimale et cri politique
> SAMEDI 19 OCTOBRE
14H34 > LECTURE POÉSIE CONTEMPORAINE > Chez quelqu’un
Textes de Yannick Torlini lu par l’auteur
17H06 > LECTURE & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère.
ATI Éditions présente ses affiches de 4 poètes contemporains ; suivi
d’une lecture performance d’Édith Azam
21H03 > CIRQUE CONTEMPORAIN > La Centrifugeuse
"L’Iceberg" de Florence Caillon (Cie L’Éolienne)
ET DURANT TOUT LE FESTIVAL :
L’ensemble de l’œuvre poétique de JACQUES DUPIN consultable
à la Médiathèque André Labarrère.
LECTURES À LA VOLÉE :
Il s’appelle Fröde et vous pourrez le rencontrer un peu partout dans la ville.
Il viendra peut-être s’asseoir à côté de vous dans le bus ou à la terrasse d’un café,
ou faire quelques pas à vos côtés sur un bout de trottoir…
Il vous proposera de découvrir quelques lignes des auteurs du festival
mais aussi des invités qui n’ont pu se joindre à nous comme :
Charles Juliet, Antoine Émaz, Bernard Stiegler, Fabienne Courtade, Philippe Breton, Sylvain Crépon…
Mais aussi de quelques uns des piliers des mouvements de pensée de ce festival :
Roland Barthes, Antonio Gamoneda, Pierre Bourdieu, Didier-Georges Gabily,
Joël Pommerat, Michel Foucault ou Jean-Luc Godard.
Il sera parfois accompagné des comédiens du groupe Corps 9 ; compagnie étudiante paloise
ou de celles et ceux qui auront répondu à notre appel à participation.
———————
ENTRÉES GRATUITES
LES ADRESSES DES PARTICULIERS SERONT COMMUNIQUÉES SUR RÉSERVATION.
POUR LES AUTRES REPRÉSENTATIONS, LA PLUPART DES JAUGES SONT LIMITÉES, RÉSERVATIONS VIVEMENT CONSEILLÉES.
RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATIONS : 05 59 40 72 93
Avant même que de découvrir notre 2e sélection de Libr-événements d’octobre (RV avec le vidéaste Jacques Perconte, lancement de la revue Rouge Déclic) et notre spéciale sur les éditions de l’Attente, merci de bien vouloir lire, relayer et signer l’Appel en faveur de la liberté intellectuelle et pédagogique dans les universités tunisiennes.
Yves Citton, Mythocraties : storytelling et imaginaire de gauche, éditions Amsterdam, 2010, 17 €, ISBN : 978-2-35480-067-3.
â–º Ce soir à 20H, Librairie Le Genre Urbain (30, rue de Belleville 75020 Paris), débat avec l’auteur, l’économiste Frédéric Lordon et le philosophe Laurent Bove.
Chronique par Jean-Nicolas Clamanges
Réagissant au livre de Christian Salmon, Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2007), Yves Citton reprend le problème au fond en interrogeant notre imaginaire du pouvoir et en réévaluant les ressources de l’art du récit à partir d’un investissement résolument politique de la théorie littéraire. Il est membre du collectif de la revue Multitudes, collabore à la Revue Internationale des Livres et des Idées et enseigne la littérature à l’université de Grenoble. Il a publié L’envers de la liberté et Lire, interpréter, actualiser : pourquoi les études littéraires (éd. Amsterdam).
Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, coll, sous la direction d’Alain Jugnon, éditions Le grand souffle, ISBN : 978-2-916492-31-5, 13,40€
[site de l’éditeur]
4ème de couverture :
Voter, pourquoi ? C’est la question. Voter, pour qui ? Ce n’est pas la question. La vérité est celle-ci : tous les candidats aux élections présidentielles veulent vous voir voter et vous savoir votants. Ils veulent tous que vous y alliez. Car voter est un devoir, disent-ils, car c’est un droit, poursuivent-ils. Autrement dit : le droit de vote est un fait. Alors faites ! Pourtant jamais le droit ne dit le fait : le droit est ce que vous en faites ou ce que vous n’en faites pas.
La question est : désirez-vous voter ?
Notre réponse est : pourquoi , cette fois-ci, ne pas y aller.
Français, encore un effort pour être la démocratie, absolument ! Nous sommes, vous êtes la démocratie, contre tous ceux qui la rappellent à leur ordre, contre tous ceux qui n’attendent que la confiscation totalitaire de votre puissance populaire et constituante !
Ne pas voter, aujourd’hui, c’est continuer à être le pouvoir, toujours.
Alain Jugnon
Ni « mouvement », ni « courant », c’est un geste pluriel d’un autre type qui se déclare ici : le refus, blanc de tout vote, comme seul préalable nécessaire et indispensable à tout nouvel inspire de l’Agora, comme un Contre-CÅ“ur d’abondance face à la complaisance tragique du « nihilisme contemporain », car tout peut être autrement, et le sera forcément, tôt ou tard, mais qui, quoi, comment ? Cet inconnu seul s’offre comme le premier et le dernier défi d’habitation de nos souffles pour un respire plus léger de nos vies.
Cyril Loriot
avec Agence_Konflict_SysTM, Malek Abbou, Thierry Acot-Mirande, Eric Arlix, Pierre Audard, Alain Badiou, Mehdi Belhaj Kacem, Bertrand Bonello, Philippe Boisnard, Alain Brossat, Gilles Châtelet, Sylvain Courtoux, François Cusset, Jean-Pierre Dépétris, Laurent Jeanpierre, Alain Jouffroy, Cyril Loriot, Jean-Clet Martin, Jean-Luc Moreau, Olivier Pourriol, Nathalie Quintane, Bernard Sichère, Christophe Spielberger, Bernard Stiegler, Michel Surya, Laurent de Sutter, Sarah Vajda.
Premières impressions :
Deuxième livre portant sur les élections présidentielles, avec celui déjà brièvement présenté de Inculte, mêlant recherche littéraire et d’autre part philosophie.
À l’inverse du premier, ici il ne s’agit pas [mais je reviendrai sur cela dans mon article général] de la construction d’un objet intégrant tous les rédacteurs, mais il s’agit d’une suite de participations distinctes, toutes signées par leurs auteurs. L’enjeu d’emblée n’est pas le même, chaque participant engage ici en son nom, sa propre perspective concernant les élections, et le fait que le refus de voter puisse être un acte politique. Il s’agit donc, non pas d’un projet commun, mais de l’exposition de la variation d’angularités par rapport à une décision plus ou moins identique.
Toutefois les interventions sont de plusieurs ordres, aussi bien purement philosophiques, que de l’ordre de la fiction philosophique, que littéraires voire théâtrales [Alain Badiou] ou bien schématiques [A_K_S]. Le prisme d’intervention est ainsi variable, à savoir l’expression ne revendique pas seulement l’analyse et le développement objectif, mais s’engage aussi dans la construction aussi bien de fictions, de dialogues, que de travail de Cut-Up [Courtoux]. En ce sens, ce livre s’insère dans une collection qui porte bien son titre : Poélitis.
Nous le percevons, les fondements et les effets entre les deux livres présentés ne sont pas les mêmes et n’envisagent pas de la même manière le champ politique. Dans l’article que je présenterai prochainement, il s’agira de comprendre assez précisément les deux types de mécanique en oeuvre, et de là leur horizon d’efficacité politique, au sens où, destinés à un espace civique, ne pas se poser cette question, serait manquer la question même de leur présence./PB/
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