Libr-critique

21 octobre 2018

[News] News du dimanche

Pour franchir comme il se doit le cap d’octobre à novembre : RV au 4e salon des Voix mortes, au Banquet d’automne du livre de Grasse, chez Charybde avec Cécile Portier…

â–º Vendredi 26 octobre 2018 : 4e salon des Voix mortes, consacré à la littérature indépendante, à Clermont-Ferrand : avec notamment Beurk, C. Siebert…

â–º Banquet d’automne du livre de Lagrasse : du 2 au 4 novembre

Vendredi 2 novembre
15 h 30 : Johan Faerber
Histoire du contemporain ou comment écrire après la littérature ?
Histoire du monde, histoire de soi : tel est le destin double qui se donne dans l’Après-littérature, dans le moment post-littéraire que les écrivains inventent au présent. De David Bosc
 à Nathalie Quintane, de Tanguy Viel à Laurent Mauvignier en passant par Simon Johannin et Célia Houdart, se donne à lire une littérature du sensible qui cherche à étreindre l’atome, à rendre le récit physique et politique. La littérature est un sentiment : telle est la loi du moment post-littéraire qui est le nôtre.

17 h : Jean Rouaud
La « Loire Inférieure » et l’Histoire, en désordre et en profondeur.
Entretien autour des Champs d’honneur et d’Un peu la guerre
Ces deux œuvres se répondent : unité de ton, humour omniprésent, subtile légèreté constituent son viatique quand le risque serait l’enlisement ou le naufrage.
Travaillant toujours à davantage « débrider son écriture », Jean Rouaud parvient, sans jamais perdre le fil, à vagabonder librement au fil des siècles, des associations d’idées,
des anecdotes historiques et familiales, et des allusions littéraires : une sorte de « vie poétique ».

21 h 30 : Perrine Lachenal, Pierre Senges et Arnaud Sauli. Retour de Résidences.
Au printemps dernier, l’anthropologue, l’écrivain et le cinéaste ont tous trois, inauguré la première Résidence partagée de Lagrasse autour du thème La Frontière. Ils viennent ce soir raconter cette expérience.

Samedi 3 novembre

11 h : Table ronde

Écriture du moi, et du monde

15 h : Michel Jullien
Ignorer, écrire
L’Île aux troncs a pour cadre Valaam (Russie), début des années 1950. Les protagonistes sont des vétérans de la Grande Guerre Patriotique ; certains sont réels. Entre Histoires du moi et Histoires du monde, le récit penche franchement du second côté. Pourtant, les déportations sur cette île ne sont pas documentées, les archives n’ont pas été ouvertes. On sait peu, ou rien. Dès lors, comme substitut, comme paradoxe, la composition du récit puise moins à l’Histoire qu’à l’imagination, c’est-à-dire à “un moi” des plus réceptifs. Écrire, ignorer ce sur quoi on se penche tout en sachant qu’on l’ignore, c’est écrire au plus près de soi-même, pas à pas.

17 h 00 : Jean-Yves Laurichesse
Carrefour d’histoire(s), la place du grand-père et de Claude Simon.
Entretien autour de Place Monge.
Liant histoire collective et personnelle donnant à voir la Grande Guerre sous un angle plus intime et émouvant à travers de « pauvres archives » : lettres, cartes postales et photographies. Les étudiants chercheront comment Jean-Yves Laurichesse a compris ses missions conjointes d’héritier et d’écrivain. Ils évoqueront cette place parisienne « lieu même des coïncidences » puisque s’y croisent histoires littéraire (Claude Simon y vécut et Jean-Yves Laurichesse lui rendit visite), collective et familiale.

21 h 30 : Soirée lecture
Mise en voix et musique par les étudiants de l’université Jean-Jaurès de Toulouse, des textes des auteurs invités.

Dimanche 4 novembre
11 h : Projection 
Pierre Bergounioux, la passion d’écrire (Film documentaire de Sylvie Blum, 2017, 52 mn)
Pierre Bergounioux écrit pour les morts, pour ceux de la région d’où il vient, la Corrèze du sud. L’écrivain nous fait visiter son royaume ingrat, sec, replié sur lui-même où il a été heureux, un royaume habité aujourd’hui par les fantômes. Les villages presque vides, les cimetières, tout ce qui résonne avec la dureté âpre du plateau de Millevaches.

15 h : Jean-Michel Espitallier, Entretien autour de La Première année
Une visite guidée dans l’univers de Jean-Michel Espitallier, son cabinet de curiosité, son atelier, ses sources d’énergie, ses salles d’archives, sa gare de triage et ses géographies. Ou comment (et pourquoi !) travaille cet écrivain inclassable.
16 h 30 : Débat général de clôture

► Cécile Portier chez Charybde le 7 novembre pour son superbe De toutes pièces (Quidam, été 2018) [Librairie Charybde : 129 rue de Charenton 75 012] :
« J’aurais bien aimé récupérer le masque mortuaire de Wagner, yeux clos de cire, fermés sur un rêve sans fin, une terreur. À défaut, j’ai pu obtenir celui de Dolly, premier mouton cloné, un double en fait » (p. 53).

25 février 2018

[News] News du dimanche

Avant vos Libr-événements de mars (RV à la Maison de la poésie Paris, Maïsetti/Koltès, Virginie Gautier, les 10 ans de Publie.net), en UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… Et des passages égrenés en lisant/zigzaguant/méditant…

UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… /Fabrice Thumerel/

â–º Rencontres avec Laurent Cauwet pour son livre La Domestication de l’art. Politique et mécénat (La Fabrique éditions, 2017) : jeudi 1er mars à 19H, Librairie Texture (94, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris) avec Véronique Pittolo ; le vendredi 2 mars à 19H, Librairie Transit (45 boulevard de la Libération, 13001 Marseille) ; samedi 3 mars, 19H, à La Boutique de La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard).

En avant-première, le début de ma chronique à venir tout bientôt :
Le point de départ de Laurent Cauwet, qui se situe en droite ligne de la pensée debordienne, est le constat que la société du spectacle a phagocyté la sphère artistique, dont l’autonomie est par conséquent en voie de disparition. Le champ artistique est annexé par ce que l’éditeur/auteur nomme l’"entreprise culture" : les institutions publiques comme privées n’ont de cesse de domestiquer en le divertissant un public le plus large possible et une foule de créateurs de tous poils en obtenant leur servitude volontaire. Cette dernière formule nous fait songer à Pierre Bourdieu, dont l’un des derniers travaux portait sur la révolution conservatrice dans l’édition : à la bipolarisation du champ littéraire (espace autonome versus espace commercial) succède la domination d’une vaste zone interlope où se recyclent les formes et les thèmes propres à la modernité ; d’où l’avènement de bricoleurs géniaux devenus experts dans l’art de récupérer, voire de subvertir des valeurs consacrées de l’art moderne comme la notion même de "subversion", la "liberté créatrice", la "bohème"…

En lisant, en zigzaguant…

♦ "au-dehors des humanolisses glissent et broutent la pelouse pendant la pause déjeuner ils ascenseurisent en troupeau terne et se merguezent et se moquettent grise frites froides. rapidement leurs cerveaux glacés se creusent par habitude ou se pizzagrillent d’autres bureautent seuls leur sandwich parcellisés dans un coin. au-dedans un suicidinformaticien s’agrippe à une table il tente vainement de tapoter sur son clavier xanaxé intranquille" (Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, 2018, p. 37).

♦ "Petite vie
passée au simple" (p. 66).

"Fibrée à l’intérieur et lisse à l’extérieur" (p. 11) : la meilleure parade, non ?

"Des comédies, je mâche prudemment
le rose putride" (p. 45).

Le poète n’est-il pas celui qui "réside où la chose se dit moindre" ?  (Marie de Quatrebarbes, Gommage de tête, Éric Pesty éditeur).

Libr-événements

â–º Trois RV à ne pas manquer en mars à la Maison de la Poésie :

â–º Vendredi 2 mars à 18H, rencontre avec Arnaud Maïsetti pour sa biographie de Bernard-Marie Koltès (éditions de Minuit) au Coupe-Papier (19, rue de l’Odéon 75006 Paris).

â–º Jeudi 8 mars, lecture-projection de Virginie Gautier :

â–º Pour les 10 ans des éditions Publie.net, RV mardi 20 mars à 19H à la Médiathèque François Sagan :
8 rue Léon Schwartzenberg – 75010 Paris
Métro : Gare de l’Est, lignes 4, 5, 7 (Sortie 8 Bld de Magenta)
Bus : Gare de l’est, lignes 30, 31, 32, 35, 47

LECTURES ET PERFOMANCES
– Nadine Agostini
– Julien Boutonnier
– Virginie Gautier
– Fred Griot
– Anne Savelli
– Joachim Séné

4 février 2018

[News] News du dimanche

En ces premières NEWS de février, ne manquez pas l’Actu vue par Cuhel/Heirman ; le livre de la semaine : Beurk, Le Salariat pue… Et nos Libr-brèves : AOC, Festival Bruits de Langues…

L’actu vue par CUHEL/HEIRMAN

Grand Président sur son foudre perché
great talker great crooner débiteur d’homélie-mélo
veut rendre plus humaine la mondialisation

Plan A : obliger 120 000 fonctionnaires à partir volontairement de leur plein gré.

Plan B : réforme économique du lycée = – 20 000 postes.

 

Plan Q : les dominants prennent le droit d’homonculiser de leur plein gré les dominés.
Plombé le ministre X ?

Le livre de la semaine

Ruez-vous sur le livre de Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, février 2018, 84 pages, 10 €, ISBN : 978-2-9520493-6-8.

Extrait : "tu peux te démonter, te pendre, te foutre la tête dans la gazinière, te balancer par la fenêtre, ça t’as droit possible, autorisé. ça fera de la place pour d’autres numéros de ton espèce. on peut te remplacer vite fait et pour moins cher. c’est pas ce qui manque les chômeurs, la chair à ordres, économies. merdef. death."

Libr-brèves

â–º Il faut vraiment essayer d’aller voir du côté du nouveau journal indépendant lancé par Sylvain BOURMEAU : AOC = Analyse Opinion Critique

â–º De l’humanité de l’humain dans les arts : du 5 au 7 février à Aix-en-Provence

Intervention de Colette Tron et Patrick Portella sur le thème "Le divers du monde, ou des poétiques et politiques de l’altérité", dans le cadre des journées thématiques organisées par le laboratoire PRISM/CNRS, l’Ecole supérieure d’art d’Aix, COMUE Paris Lumières Qu’est ce que l’humain ? Qui est-il ? Comment le rencontre-t-on ? Comment faire sa connaissance ? Les arts et les artistes peuvent-ils nous guider vers "l’humanité de l’humain" ? Peuvent-ils nous dire sa valeur, ses enjeux ?

â–º Du 5 au 7 février : Ne manquez pas le Festival Bruits de Langues organisé par l’Université de Poitiers !

 

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