Libr-critique

12 novembre 2009

[Recherche] Les Manifestes littéraires au tournant du XXIe siècle, synthèse du Colloque de Bologne (sept. 2009), par Maria Chiara Gnocchi

Suite à notre présentation du colloque international qui s’est déroulé à Bologne (Italie) les 17 et 18 septembre 2009, voici le compte rendu qu’en propose l’une des participantes, Maria Chiara Gnocchi. Vu l’intérêt du sujet, il nous semble capital d’en évoquer les grandes lignes avant même de recenser les Actes dès leur publication.

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7 septembre 2009

[News] « Les Manifestes littéraires au tournant du XXIe siècle » (colloque international de Bologne)

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , — rédaction @ 20:09

"Les Manifestes littéraires au tournant du XXIe siècle", Colloque international à l’Université de Bologne organisé par le Département de Langues et Littératures étrangères de l’Université de Bologne (contact : carmelina.imbroscio@unibo.it), 17 et 18 septembre 2009.

Voici la présentation d’un colloque dont la problématique ne peut qu’intéresser LIBR-CRITIQUE. Fin septembre, nous publierons un résumé des conférences et débats.

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11 août 2009

[News] News de vacances

Après un mois de vacances, et avant la rentrée de Libr-critique – dont vous trouverez ci-dessous un aperçu -, voici une sélection de livres reçus/lus et de Libr-brèves pour vous permettre de terminer passionnément ce mois d’août…
OPÉRATION LIBR-VACANCES : Dans les trois semaines à venir, comme promis, nous vous proposons de laisser en commentaires vos conseils de lectures, voire de nous envoyer vos notes de lecture plus élaborées [libr.critik@yahoo.fr]. Pour les SP de rentrée, pas de changement d’adresses (cf. rubrique adéquate). /FT/

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25 janvier 2007

[chronique] Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 21:18

Olivier Cadiot, Un nid pour quoi faire, P.O.L, 343 p., 19 € ISBN 978-2-84682-171-1

A B Cadiot

nidcadiot.jpgAnnonce. La quatrième de couverture nous donne le fil directeur de cette polyphonie comique : « Cour royale en exil à la montagne cherche conseiller image, chambre tt cft dans chalet atypique, artistes s’abstenir, envoyer prétentions ». Tout est dans cette petite annonce. Le ton : ironie et fantaisie. La forme aussi : l’intégration dans ce récit multipistes de micro-matériaux hétérogènes.

« Formalisme réaliste ». Alors que Christian Prigent parle de « réalisme négatif », dans la mesure où l’oeuvre engage « comiquement (…) l’insensé de la monstruosité présente dans le dés-assemblage des formes disparates de l’écrit » (Une erreur de la nature, P.O.L, 1996, p.168), Anna Boschetti adapte à cette même oeuvre la formule de Bourdieu dans Les Règles de l’art (1992) : il s’agit d’un « exemple réussi de « formalisme réaliste », car par son travail sur la forme elle parvient à exprimer un point de vue sur le monde qui interroge nos habitudes de pensée et notre représentation du réel » (« Le « Formalisme réaliste » d’Olivier Cadiot », dans Eveline Pinto dir., L’Écrivain, le Savant et le Philosophe, Publications de la Sorbonne, 2003, p. 238).
Dans cette perspective, à l’interrogation de Futur, ancien, fugitif (P.O.L, 1993) : « Comment représenter le lever du jour et sa fraîcheur le bleu pur imprimé avec le chant strident des oiseaux en vol le vert profond des haies circulant haut en spirale ff-fff ? », fait sans doute écho cette vision de Pauline : « (…) il y a des descriptions, ça vient se coller entre les phrases et les sons, comme un ciel bleu suit impeccablement les contours d’un immeuble » (338).
Mais surtout, affublé d’un conseiller en « réalité augmentée » (Goethe !), égaré dans le palais des glaces que constitue une société du Tout-communication dont se montre digne la « bande de zigotos » qui l’entoure, le roi cherche d’autant plus « un conseiller en réel » que, pour être un terme à la mode, le « Réel » n’a jamais été aussi inaccessible : « le Réel, on dit ça, c’est le terme, quand on dit ça on a tout dit, à tout bout de champ, c’est-à-dire, une sensation de réel, la joie du C’est maintenant, c’est une légende, je suis en train de l’embrasser » (232).
Ainsi Un nid pour quoi faire est-il un roman critique, au sens où l’entend Sartre dans ce passage de Situations, IX : « L’homme vit entouré de ses images. La littérature lui donne l’image critique de lui-même » (Gallimard, 1972, p.31).

Goethe. Conforme à son illustre prédécesseur, Goethe – de son vrai nom, Goth – est à la fois réactionnaire et progressiste. Mais c’est surtout le personnage qui nous renvoie l’image la plus critique de l’ultralibéral : voulant « appliquer Darwin à nos sensations » (34), il est en quête de recrues « encyclopédiques, mais marketing » et d' »autodidactes arrivistes » (190)…

Moderne. Aujourd’hui, plus que jamais, il-faut-être- moderne ! Tel est le leitmotiv dont se fait l’écho ce roman critique. Mais en quoi notre société est-elle « moderne » ? Elle l’est par son obsession de la mondialisation, de la compétitivité, de l’hypersurveillance sécuritaire, de la « traçabilité impeccable »…de la psychomédicalisation : « Ah, j’ai une sensation de culpabilité avec un retour sur investissement sur la mère déviée par la projection du roman familial, implique mal au coeur + idées noires, c’est la molécule 567B12, ah c’est ça ? » (211)…Par son anti-intellectualisme, son goût du bouddhisme, du sensationalisme, ou encore du métissage – un métissage que le surnommé « Raspoutine » pousse jusqu’à l’absurde en proposant « une nouvelle race post-mélange, pure par croisements », le rêve fou d’un « travailleur transgénique », et en développant métaphoriquement son délire : « il faut passer les représentations sociales au robot, vroum, faut remélanger nos idées à celle du prolétariat, planter nos idées dans le champ du voisin, mélanger nos habitus, le sang bleu et l’OS, et voir ce que devient la nouvelle plante sociale » (17-18).
Notre monde est encore « moderne » du fait qu’il impose une ontologie somatique oscillant entre obésité et anorexie, annexe la poésie à la sphère communicationnelle (d’où l’apparition, dans ce microcosme fantomatique de la Cour, d' »un conseiller en poésie » appelé Bossuet !), et met la prose au pinacle parce que « Ã§a nous remet dans le monde » (188)…

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