Libr-critique

5 octobre 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (6/6)

Le dernier post de cette série l’avant-veille de la soirée « Poésie et humour », où vous aurez l’occasion de voir-écouter l’incorrigible Daniel Cabanis… [Lire/voir le cinquième volet de la série]

Exposé / 6

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : MLU23T).

L’exposition des Grandes Fourmilières de Teg Droussa à la galerie Deborson remonte à quelques six mois. Dick est un fin connaisseur de la psychologie des collectionneurs (peur, frime, analité, jalousie, conformisme) : il savait qu’il ne leur vendrait rien cette fois-là mais que ces mous du genou reviendraient plus tard vers lui avec un fort sentiment de culpabilité et qu’ils se montreraient alors prêts à payer au prix fort n’importe quelle fourmilière. La stratégie de la patience convient au marchand (Dick a d’autres revenus, opaques ; d’ailleurs, sa galerie est également réputée comme blanchisserie), l’artiste, lui, n’a pas ce confort-là et tandis qu’il attend d’hypothétiques ventes, il a le sentiment de faire les frais de la patience tranquille du galeriste. Et il n’a pas tort : on sait bien lequel est le parasite de l’autre. C’est dit. Voyons la suite des événements. À dix jours de la fin de l’expo, la galerie Deborson a été cambriolée. Oui ! Par des pros. La porte a été e-décodée, alarmes et détecteurs de présence neutralisés. Toutes les fourmilières ont été volées. Et rien qu’elles ! Bizarre. Inquiétant. Dick, sonné, répète en boucle Je comprends pas, je comprends pas. Nell, son assistante, elle est aussi déboussolée. Faut être un malade pour voler une fourmilière ! dit-elle. Un grand malade, sûrement. Je suppose qu’un acheteur cash lui aurait paru plus raisonnable (ce qui se discute). Il y a dépôt de plainte, enquête, expertise ; tout le tralala. Et Teg Droussa joue au con avec la police. Ce vol est une aubaine, dit-il ; je vais être dédommagé ! Une arnaque aux assurances ? Non. Je connais bien Teg : un artiste intéressant (si l’on veut), mais il n’a pas le profil d’un cerveau. Bon. Un mois après le vol, Dick reçoit la lettre de revendication d’un mystérieux Collectif de Lutte contre les Violences faites aux Fourmis. Des rigolos ! dit la police. Teg jubile.

9 juillet 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (5/6)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 20:52

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » du 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (elle sera reportée à l’automne prochain). [Lire/voir le quatrième volet de la série]

Exposé / 5

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : BUW49L).

 

Les artistes fraîchement sortis des écoles d’art ou d’ailleurs sont très hésitants quant à l’orientation à donner à leur début de carrière ; ils veulent taper un grand coup mais la crainte de se griller avec des propositions alambiquées ou des outrances irrecevables les tétanise. Finalement, seuls les dingues et les insolents osent casser les codes et réussissent à intéresser. Bien sûr, cela ne suffit pas ; ensuite il faut durer. Il y a environ deux ans, trois au plus, les Dassenbach, Mag et Walter, à l’époque deux parfaits inconnus, se sont imposés avec des vidéos pornos amateur qui, à première vue, étaient nullissimes mais ont été réévaluées en deuxième lecture (!) et cette fois jugées dignes d’éloges. Que s’était-il passé entre temps ? Simple : on a appris que les Dassenbach n’étaient pas le couple d’artistes crétins qu’on avait cru mais un duo frère/sœur incestueux bravant la loi et le tabou, ce qui modifiait en bien la perception de leurs vidéos. Ainsi, la critique d’art éclairée que leurs piteux coïts avaient navrée les a trouvés à la réflexion, je cite : extrêmement forts et percutants. Eh oui, le ragout était le même mais son fumet avait changé. Dans un milieu toujours prêt à saliver son os, et où la moindre transgression force le respect, voilà donc l’inceste en valeur esthétique ajoutée. Bien. Très bien. Je m’incline. Et/ou le con de ma sœur est un film-phare. Au moins une balise. L’ai revu hier soir et j’ai enchaîné avec Tu seras une lopette, Walter. Sacrée soirée. Pas sorti indemne. Du grand art. Maintenant, peuvent-ils aller plus loin, les petits génies ? Je crois que oui. Qu’ils enculent père et mère, au nom de l’art ! Salauds de parents : tant pis s’il faut les violer. Allons-y ! Ça va être du grandiose. Et qu’ils se chient dessus pendant qu’ils y sont. Bien. Finissons-en avec ce néo-porno consanguin : une plaisanterie. Et revenons à nos fourmilières.

 

7 juin 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (4/6)

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » le 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le troisième volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 4

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : EZS71M).

Il est rare que l’art tue. Oui, je sais : quelques peintres à la peine se sont bel et bien suicidés, mais je pense ici aux victimes de l’art par accident. Voici deux ou trois cas remarquables dans le domaine de la sculpture : Mlle Jantot écrasée par un bronze de Maillol, M. Brett décapité par une machine de Tinguely devenue folle, Mme Sawours net coupée en deux par une plaque d’acier Corten de Richard Serra. Sur ces faits divers macabres, la presse d’art s’est tue. Délicatesse ? Non, éthique : pendant le drame le marché continue. Mardi dernier (ou plutôt lundi, non c’était bien mardi), j’assistais aux obsèques de Guy Fascari, un ami (et un bon client). En général, j’évite de perdre mon temps aux enterrements des autres mais LÀ, étant donné Marta, sa veuve également une amie, et même plus, je me suis senti obligé. D’ailleurs, cette cérémonie minimaliste a été si vite expédiée qu’au bout du compte, il eût été plus coûteux de mentir une excuse que de faire le déplacement. Donc j’y étais. Et à la fin, planté là, j’attendais pour partir avec elle que Marta se délivre d’une dizaine de faiseurs de condoléances qui l’accaparaient. Et ça durait. Ces pleurnicheurs, ils ne la lâchaient pas. J’ai fini par me tirer. En sortant du cimetière, un inconnu m’a interpelé, se disant enquêteur de police et désireux de me poser quelques questions. Pas l’temps, j’ai dit. Il a insisté. Ce fouille-merde en savait long sur mes activités d’agent d’art. Il a dit que la fourmilière que j’avais vendue à Guy Fascari était peuplée de fourmis tueuses du Brésil et que je pourrais bien être responsable de sa mort. Vicieux, le type. Monsieur, j’ai dit, le défunt était un grand cardiaque. Seul chez lui, il a succombé à une crise. En dix jours, les fourmis l’ont entièrement nettoyé : il n’en est resté que le squelette. C’est cruel. Merci de respecter la douleur de sa femme. Et des amis.

 

8 mai 2020

[Texte] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (3/6)

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » le 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le deuxième volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART
Exposé / 3

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : VNO93G).

Le désir est compliqué d’avoir chez soi une fourmilière d’art, par le fait qu’on n’y vit pas toujours seul. Il y a les autres, quand il y en a : conjoint, enfants en bas âge, ados dépressifs, chien, chat, perroquet, vieille mère à demeure, amis incrustés, etc. Cette complication peut aller jusqu’à l’empêchement. Dans les cas extrêmes, elle conduit au crime. Imposer à sa famille (même grandement logée) une soudaine cohabitation avec une colonie de fourmis ne va pas de soi ; cela crée une situation anxiogène : l’épouse menace divorce, la fille aînée fait sa phobie, le cadet une jaunisse, le clebs a la rage, et vieille-maman, elle aussi effarée, succombe à une apoplexie. Quel prix est-on prêt à payer pour que triomphe le primat de l’art sur le domestique ? Et a contrario pour qu’il ne triomphe pas ? Le mercredi suivant (suivant quoi, j’ai déjà OUBLIÉ), je reçois Mme Juliett Garty en consultation. Elle me déballe en vrac ses difficultés avec son mec (sic) qui depuis quelques temps, dit-elle, se pique d’art contemporain comme un con alors qu’il n’y connaît rien. Et vous ? je demande. Quoi moi ? Vous êtes connaisseuse ? Sûrement pas ! Alors, comment pouvez-vous en juger pour lui ? S’il avait étudié l’art, je le saurais. Il a étudié quoi ? Régis est joueur de poker professionnel ; il s’est fait laver la tête par un galeriste à mon avis homo qui lui a fourgué une fourmilière, faut voir à quel prix ! Une fourmilière, que voulez-vous dire ? D’art, la fourmilière, soi-disant ; en fait, une fourmilière vivante déposée au salon, qui grouille et envahit toute ma maison que j’en suis malade. Mme Garty, l’art n’a-t-il pas vocation à déranger l’ordre établi des choses ? Mais une fourmilière, c’est pas de l’art ! Et pourquoi pas ? Bref, Juliette reste enfermée dans ses préjugés petits-bourgeois. Elle se sent trahie. Je la sens prête à écorcher vif son mari amateur d’art.

 

21 avril 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art 2/6

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » prévue demain 22 avril à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le premier volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 2

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : DFE56X).

En France, on peut voir de belles fourmilières chez Dick Deborson ou chez Browne & Khalassian, deux galeries réputées audacieuses, leurs prix également. Rares sont donc les collectionneurs privés qui s’y risquent ; quant aux acheteurs institutionnels, lents etfrileux par nature, ils n’y pensent même pas. Le marché serait-il morose ? Pour les fourmilières, oui c’est difficile, reconnaît Irène Khalassian, mais on peut attendre, Browne a les reins solides. Le rein ! précise-t-elle. Et d’éclater de rire : le fait est connu dans le milieu que Browne n’a qu’un rein (il se raconte que, jeune homme pauvre, il aurait vendu l’autre 160 000 $ à un trafiquant d’organes pour payer ses études de droit et d’histoire de l’art : pittoresque, mais douteux). On sait aussi qu’Irène a épousé en secret son associé (lequel aurait été foudroyé en découvrant, tatoué pour lui sur le pubis épilé de la galeriste, le n° de son compte perso dans une banque suisse !). Mais laissons là ces contes plaisants. De quoi causait-on, déjà ? Ah oui, les fourmilières. Donc, elles ne se vendent pas ? Les Américains et les Allemands ne sont pas réceptifs pour le moment, dit Irène. Peut-être les Japonais ? je demande. Irène sourit (elle doit me trouver particulièrement con). Long silence. Il y a des choses qui se vendent, et d’autres pas, finit-elle par dire. Sans doute. Mais la voilà avec ses fourmilières sur les bras. J’essaie de savoir si les mots art écologique lui parlent et je ne réussis qu’à l’agacer davantage. L’art est une pollution, lâche-t-elle ; une pollution ! Bon sang, c’est évident. Je n’y avais jamais pensé sous cet angle. Et Rainer Browne fait irruption dans la galerie, suivi d’un grand blond vêtu tout cuir, genre SM. C’est Per Bodendorf, dit Browne, un jeune artiste danois sentimentaliste ; il fait des pit-bulls en peluche : notre prochaine exposition ! Grrrrr, fait Per. Irène rit.

10 avril 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art 1/6

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » prévue le 22 avril à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir la dernière création de Daniel Cabanis sur LIBR-CRITIQUE]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 1

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : AKL32R).

Rien ne distingue une fourmilière d’art d’une fourmilière ordinaire, si ce n’est le prix. L’ordinaire ne vaut rien (ou juste les frais). Celle d’art est beaucoup plus chère. Le lendemain (le lendemain de quoi, je ne sais plus), j’en parle avec Mme Jaks qui aimerait acquérir une œuvre d’art contemporain, une sculpture de préférence. Elle ne sait pas ce qu’elle veut, de quoi il retourne, tenants et aboutissants : elle n’y connaît rien et me fait confiance. S’il faut, je te paierai pour ça, me dit-elle. Je suis surpris et déstabilisé. Pourquoi, brusquement, se met-elle à me tutoyer ? Ai-je couché dans son lit la nuit dernière, et si oui, avec elle ? Où étais-je hier soir ? Brouillard. Aucun souvenir. Mais, sûr : je ne suis pas son neveu ni son valet de chambre sympa. Donc, admettons qu’elle m’ait violé. C’est-à-dire : d’abord soutenu, soigné puis requinqué après une terrible biture, et ensuite seulement abusé en douceur, avec force tutoiements murmurés. Gentil, tout ça. Est-ce crédible ? Eh oui : c’est bien ainsi que parfois les familiarités commencent entre gens soi-disant bien élevés. On y voit plus clair à présent. Oui. Un peu. Passons sur les ombres. Quand même, quelle nuit ! Maintenant, Mme Jackline Jaks (un double coup de fouet, son nom, qui m’impressionne) ; bref, elle va et vient dans le vaste salon de sa belle demeure. Elle médite, jauge l’espace disponible, modifie en pensée la disposition des meubles. J’allume une Nième cigarette. Enfin, pointant du doigt le centre exact de la pièce, elle dit : Là, au beau milieu, c’est la meilleure place, non ; qu’en dis-tu, idiot ? C’est l’endroit idéal, je dis ; car ce n’est pas le moment de chipoter. Sur ce arrive un grand type en combinaison d’apiculteur : M. John Jaks, le mari. Pour la fourmilière d’art, dit-il, ça me va, je suis pour, tu nous diras ton prix. Tiens, il me tutoie lui aussi ! Vas-y John, te gêne pas.

4 septembre 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz 6/6

Terminons cette série par une livraison irrésistible… [Lire/voir Projet n° 5]

Projet n° 6

L’USINE D’IVRY SUR SEINE VA DEVENIR UN ÉROS-CENTER MUNICIPAL

Je suis contre. On avait la pollution sous nos fenêtres, on aura le viceà tous les étages. Quel intérêt ? Je ne vois pas le gain. Pour personne. Dans l’affaire, il n’y aura que des perdants. Je pense en particulier aux catholiques asthmatiques (ils sont minoritaires par ici mais il n’y a pas de raison de négliger les groupuscules) ; eh bien, les asthmatiques : une pollution chasse l’autre, etl’indignation aidant, ils ne cesseront pas de suffoquer. Certains, jusqu’à leur dernier souffle. Et pfuit. Ces victimes collatérales échapperont, il est vrai, aux ravages des MST : une maigre consolation. Un soir, après une réunion publique, j’ai eu l’occasion de dire au maire, en aparté, mon opposition à ses projets bordéliques et le sentiment de hontequ’ils m’inspiraient. Il a eu l’air étonné. Tu serais pas catho ? me dit-il. Non : athée intégriste, je réponds. Ça me rassure, dit-il. Et il me récite un interminable blabla sur les bienfaits à son avisdu sexe municipal. Tu comprends, conclut-il, c’en sera enfin fini de la misère sexuelle localemais pas seulement, ça va attirer les Parisiens et aussi les touristes, des millions de touristes ; eh oui, crois-moi, Pigalle, c’est mort ! Suis atterré. Ce maire de choc paraît si sûr de son nouveau credo : prostitution industrielle, certes, maissociale. Pas d’abattage, ni d’heures sup imposées. Un syndicat maison ; CE, tickets-restaurant, 6esemaine de congés payés. Mazette ! Il délire l’élu.  Et le client aussiest soigné : tarifs indexés sur le quotient familial ; CB acceptée ; gratuit pour les étudiants, les chômeurs, les seniors. Ah, le bougre ! Il a pensé à tout. Toi, sexuellement, t’en es où ? me lance-t-il in fine. Point mort, j’avoue ; zéro érec. Bien, dit-il. On va recruter des vigiles, ça te dirait ?

1 août 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (5/6)

Filed under: UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 20:46

C’est vraiment folie en cette fin de série – avec toujours un graphisme épatant… [Lire/voir le Projet n°4]

Projet n° 5

L’USINE DE PANTIN SERA RECONVERTIE EN HÔPITAL PSYCHIATRIQUE

Je n’y crois pas. Un revirement complet. Pendant des années, on nous a bassinés avec un projet d’orphelinat international, et maintenant tout serait changé ? Pourquoi ? Je déteste les orphelins. Ils sont mal élevés, vicieux, fourbes, sans hygiène (pleins de pellicules et d’eczéma), mais je m’étais fait à l’idée d’avoir à supporter leur présence parmi nous, au parc, à la piscine, à la bibliothèque le cas échéant — si ça les amuse. Il n’y aura dans le lot ni polios ni lépreux avait dit Mme Lacx, directrice des services sociaux ; pas de Russes, au pire quelques irradiés Japonais inoffensifs. Ah, voilà du clair ! Ça m’avait plu, ce ton, cette assurance. Elle connaît son affaire, la directrice ! MAIS quand j’ai demandé (pour rire) si l’adoption de deux ou trois de ces gentils petits parias était UNE chose envisageable, Mme Lacx n’a PAS ri. D’aucuns pourront adopter, a-t-elle dit ; pas vous, cher monsieur ; vous êtes sale et tenez des propos d’ivrogne ; d’ailleurs vous sentez à plein nez la vinasse et l’urine ; vous avez davantage le profil clochard que celui d’un père adoptif, désolée ; à présent, allez vous laver, merci. Moi, un clochard ! Certes, je suis un pauvre développeur Java au chômage mais je suis loin d’être tombé si bas, j’ai encore des droits. J’ai replié la chaise sur laquelle j’étais assis et l’ai lancée de toutes mes forces à la tête de Mme Lacx. Je ne l’ai pas ratée. Elle a eu NEUF jours d’incapacité. J’ai casqué moi aussi, de mon côté. Sans regret. Et nous y voilà : on me dit que le projet d’orphelinat a CAPOTE, que la mère Lacx a laissé tombé l’affaire, etc. Désormais, il est question d’un hôpital psychiatrique ouvert à tous. Drôle d’idée ! Je crains les complications, et je déteste les fous autant que les orphelins.

 

17 juillet 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (4/6)

Allez, un peu d’humour noir pour cette 4e livraison… [Lire/voir 3/6]

Projet n° 4

UN MUSÉE DU DEUIL VA OUVRIR DANS L’USINE DU KREMLIN-BICÊTRE

Très déplaisant. On n’a pas besoin de ça ici. Dans une ville où la joie de vivre est obligatoire depuis que le conseil municipal (arrêté du 5. II. 2017) en a décidé ainsi, cela semble un contresens. Un parc aquatique, un bowling, un casino, même un musée de la malchance (car la guigne est toujours celle des autres), auraient été plus joyeux, en tout cas plus utiles et assurément dans le droit fil de l’aimable politique de nos élus. Le deuil, je sais bien qu’il se vit différemment selon les cultures etles latitudes (j’ai lu Le grand livre du deuildes anthropologues Choussard et Bray) mais exposer jusqu’à la nausée ces différences dans un musée forcément sinistre oùnul ne mettra jamais les pieds, c’est une hérésie ; et la faillite assurée. On va devoir empêcher ça. Mais comment ? Hier, justement, je dîne chez les Daquin ; il y a là les Jazzi, les Maulher etla veuve Bersuden (Jade, 34 ans) ; le sujet vient sur le tapis. Qu’en pense-t-elle ? je demande. Rien, dit-elle ; hein, de quoi, les soldes ? Bon. Elle ne suit pas. Elle est ailleurs. Dommage. Son mari (Carl, 66 ans) s’étant tué en voiture il y a un mois, elle aurait à dire sur le deuil. Mais elle ne dit rien. Elle s’en fout. Daquin qui, lui, a fossoyé sa mèredepuis déjà trois ans nous en fait tout un plat. Je ne m’en remets pas, etc. Il saoule ; et, disons-le, son sauté de veau à la bière est immangeable. Pour Laura Rey-Maulher, la psy de service, le travail du deuil est de fait un travail au noir, donc toujours mal payé, donc en monnaie de singe. Ah. Je me le tiens pour dit. Les Jazzi s’emmerdent, eux aussi. Il se fait tard. Jade soudain refait surface : Et si on lançait une pétitionen ligne contre ce musée du deuil ? Oui, allons-y ! je dis. Chez toi ? demande la veuve.

30 juin 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (3/6)

En ce temps de mondialisation, force est de le constater, les pouvoirs en place affectionnent les usines-à-gaz… Mais de là à… Facétieux Daniel Cabanis ! [Lire/voir : 2/6]

Projet n° 3

L’USINE DE CHARENTON SERA TRANSFORMÉE EN PRISON MODÈLE

Complètement idiot. Une très mauvaise idée, une aberration. Car que veut dire modèle, hein ? Modèle ! Qui respecte la dignité des détenus, c’est ça ? Bien sûr. On sait qu’elle n’est pas respectée dans les prisons ordinaires. Donc, de loin en loin, pour se donner bonne conscience, les pouvoirs publics tirent de leurs cartons leur tout dernier projet de taule idéale. En général, ça fait aussitôt pschitt et on n’en parle plus. Ici, le projet a reçu l’aval combiné de la municipalité et de la pénitentiaire ; il paraît donc particulièrement suspect. Qu’en est-il ? J’ai vu les plans de l’architecte Bo Potzer, ses gribouillis aquarellés, ses perspectives tape-à-l’œil. Le type est un mondain surtout réputé pour ses niches de chien design (il a eu l’Os d’or du fameux concours international de Juan-les-Pins). Bref, il a prévu des cellules individuelles de 30 m2 avec internet, home cinéma, jacuzzi, frigo-bar et vélo d’appartement. Pourquoi pas ? Sur le papier, c’est beau. Mais c’est trop beau ; on a envie d’y aller ! Et je connais en personne un certain nombre d’opportunistes prêts à tuer un préfet OU un amiral pour s’offrir vingt ans de cette vie-là. Si le luxe pousse au crime, il est contre-productif. Ajoutons aux plans du bon Bo Potzer le lit double (+ matelas multispires), une visiteuse pas bégueule DEUX fois par semaine, du papier-cul à fleurs, les romans de Jean D’O sur papier bible et c’est la ruée assurée ! L’émeute ! On se battra pour être écroué ici. Merci ! Caïds et autres gros durs multicartes assureront le spectacle devant la prison ; excellente publicité. Et le prix du foncier va s’écrouler. La natalité aussi. Les entreprises vont fuir. Ça va être un désastre. Ce Potzer va causer de grands dégâts. Sauf s’il a un accident.

4 juin 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (2/6)

Pour ouvrir comme il se doit ce 37e Marché de la poésie, et si l’on suivait à la lettre ce projet de Daniel Cabanis… [Lire/voir : 1/6]

Projet 2

UN INCUBATEUR D’ÉCRITURES S’INSTALLERA DANS L’USINE D’ORSAY

C’est consternant. Pendant dix ans, Région et Ville ont subventionné sans désemparer des ateliers d’écriture chaque SAISON plus nombreux. Il en a été organisé dans les établissements scolaires, comme il se doit, mais AUSSI dans les bibliothèques, crèches, hôpitaux, casernes, centres d’art, maisons de retraite, EHPAD, autres mouroirs ; en somme, il n’en a manqué qu’à la déchetterie. Bien, tout ça. Pour quel résultat ? AUCUN, me dit Alvin Jilas, un des écrivains multi-bénéficiaires desdits ateliers. Il n’y a pas en la matière la moindre obligation de résultat, précise-t-il. Ah bon. Je me renseigne. Je découvre qu’Alvin J, 52 ans, a publié une vingtaine d’ouvrages de poésie chez divers petits éditeurs éclairés. Ses meilleures ventes semblent avoir été Boues et bouées (66 exemplaires) et Random faisant (48 ex.) ; c’est assurément une voix qui fait autorité. Il a son blog, Ainsi dit-il, qu’il saupoudre avec la sublime sciure de ses fonds de tiroirs. Je suppose qu’il a déjà la médaille des Arts et Lettres ; sinon, il va l’avoir. Alvin, je demande, ces ateliers d’écriture, sinécure, planque, qu’en dit-il ? Aussitôt il prend des airs. C’est un job infect, ça fatigue, ça ne paie pas, aucune reconnaissance sociale, Elsa m’a quitté, mon fils se drogue, j’ai perdu mon smartphone, on m’a volé mon vélo. Alvin, je dis, ça suffit les jérémiades. Désolé, dit-il. Bon Dieu, c’est ce genre de gland qu’on va mettre à incuber ici tous frais payés ! Et quels sont ses projets ? Ah, euh, fait-il. Et il avoue des envies de roman. Des envies ! Pourvu qu’il se retienne. Il a pensé à un titre, Le Régisseur des variables, mais attend d’intégrer officiellement l’INCUBATEUR pour se lancer. Il se pourrait bien qu’il attende long. Et son Régisseur avec lui.

2 mai 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (1/6)

Dans cette nouvelle série très inspirée – dont nous remercions infiniment Daniel Cabanis -, la cible se rapproche du satiriste…

Projet n° 1

38 ATELIERS D’ARTISTES SERONT CRÉÉS DANS L’USINE DE GENTILLY

C’est regrettable. Il y a déjà bien assez d’ateliers ; et trop d’artistes, je veux dire, TROP de barbouilleurs impénitents, illuminés, célibataires et névropathes. D’ailleurs, ceux-là n’ont pas les moyens de payer le PRIX d’un atelier. Les vieux sculpteurs cubistes non plus. Quant aux artistes contemporains, ils sont nomades par définition ET ont leur atelier dans la tête ; ordinateur ET téléphone portables, un petit bureau quelque part, n’importe où, et la question est réglée : si Å’UVRES à proprement parler il doit y avoir, elles seront réalisées ailleurs et par des tiers. Autrement dit : ici, à grands frais, on prétend aménager une quarantaine d’ateliers d’artistes luxueux dont on sait d’ores et déjà qu’ils n’intéresseront PAS les intéressés. Il s’agit donc là d’un programme immobilier sournois, à l’image de ce qui s’est beaucoup fait depuis vingt ans dans la banlieue parisienne. TIENS, visitons ensemble la MVB, l’ancienne Manufacture de Vis ET Boulons de Vitry sur Seine (un bâtiment réhabilité en 1998). On ne s’attend pas à y VOIR des artistes au travail. Et en effet, il n’y en a pas (CAR on ne saurait appeler artistes des retraitées qui peinturlurent des bouts de carton, de vieux fonctionnaires chauves qui donnent dans l’abstrait primitif, ou des bourgeoises oisives tuant l’ennui en tournant d’improbables poteries). Les autres résidents ne sont PAS plus artistes : PDG d’une chaîne de magasins de chaussures, magistrat (président de cour d’assises), journaliste dans un quotidien du soir, avocat, gérant de salle de sport, etc. Que font là tous ces ravis de la crèche industrielle ? Eh bien, ils se gobergent : caves à vins, 4×4, chiens à pedigree, gosses à claques ; le week-end, barbecue éco-responsable ET sexe collaboratif.

5 mars 2019

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 Premiers Signataires (6/6)

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages… [Lire/voir la 5e livraison]

P É T I T I O N N° 6

Aujourd’hui, il y a des pétitions sur tout et n’importe quoi; c’est lassant à la fin… et contre-productif.

Kazo Lantourney • Sienne Darnal • Monella Pian • Garistiane Marabalosa • Jaumian Hobéro • Gausse Loffrey • Léan Clotin • Ségotine Reille-Sapian • Jonoël Bogue • Bolème Lotrouden • Raphin Jaurest • Lhugues Lepernician • Taffel Loc-Mauzer • Ves Lambernau • Assone Raidier • Théron Bauchel • Brella Leviskian • Wizzen Ghopal • Guénolin Lebrioché • Talienne Lautiss-Manant • Torsteen Bodukk • El-Mector Khed • Shina Mongo • Azweik Jamin • Roussie Vanissian • Estrille Auzart • Babeliette Ponsert • Argelor Gondhi • Falba Majesquière • Bâ Kergé • Azabel Guessau-Duder • Beliew Debels • Godeline Chaussard • Nozette Volinet • Elvaz Guron • Uslav Brosztito • Fradic Lehardouy • Zabel Gobb • Fia Woude • Moseph Sabé • Pégo Lardy-Dochons • Scarfo Sass • Penn-Cilia Rockforty • Elfie Deskon • Digolin Gouillet • Agoss Forpak • Amaillane Mouriess • Lagette Laravanci • Scarpio Bouchesquier • Lud Manizel • Plote Hussi • Folia Falez-Douillon • Agane Herniat • Wilon Lhouque-Almy • Scipia Babouris • Abella Pépinier • Korzi Havassicot • Vira Larouelle • Bustine Chandillon • Kari Lekatangais • Dola Monaissant • Luxane Jandresquin • Twino Samer-Daron • Diouker Egton • Euxin Dhellespont • Tianette Brousselois • Réjus Larcia-Quarcino • Masachir Tadesquey • Dolain Petigot-Paré • Lô-Gwen Lelionnec • Horla Bedasquer • Sanh-Sun Lhoang • Lhutin Coliff • Luron Douigue • Loustin Malacaire • Smyrène Harengo • Phégor Wickann • Maudion Gesquel • Valdo Duc-Lebeurrant • Punias Fidd-Gorman • Uti Vuesz • Yot Bazarian • Sassi-Lunaire Mazalet • Kalam Rez-Daussel • Bel Okrout • Rimel Zanfarone • Gom Tampopino • Poïssa Benmaillouz • Fadel Cuette • Danis-Trom Lehibouyer • Frétine Laroidie • Gogof Pologuen • Guttie Schleiss-Olzein • Mosel Hoviuz • Sassetta Burnas • Mamo Adacam • Dal Parset • Jonalio Fracher • Elgott Persault • Zanie-Thoustra Schnitt • Alizer Mont-Lestaing • Loss Gahi • Farfala Massy-Delponno •

25 janvier 2019

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires (5/6)

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages… [Lire/voir la 4e livraison]

P É T I T I O N N° 5

J’avoue avoir longtemps hésité à signer cette pétition, ce qui est absurde… et à présent il est trop tard.

Elbott Darvaduz • Maxil Furhau • Askhul Kaderdogan • Pom Farand-Bolinier • Tchep Fessendank • Zichar Mélousse • Rott Fuchsa • Doxane Lepopinion • Lobbi Kerastassen • Marlotte Berlachon • Aribelle Mercinier • Odomata Elrassim • Sagalie Latesta • Domelle Toresse • Rogui Poncia • Ulélé Baussita • Govinion Leconnaisseur • Astoriane Gedex • Glossine Duiss • Maudème Shayet • Lom Ga-Koulé • Atalasse Fesque-Leginiol • Sul Herban • Zalian Delbocquer • Catyle Rondillat • Devel Chausser • Négos Fourradineh • Zyldus Guerzo • Alassine Ladur • Moussie Baire • Grinny Jouine-Pliant • Rhoba Clouss • Plie Coudrelier • Torisse Leculagian • Théri Flouck • Runo Lecoindre • Valnère Taramis-Polminet • Lacyana Locresse • Balnett Cognons • Mérénice Molainse-Lesquinat • Prussian Darchefont • Jovia Lakkeder • Safrine Balassier • Mielanizze Droch-Loursin • Mescar Fuppion • Slappie Scherelle • Valinie Magacini • Elfacett Bron • Hochia Vadam • Lasper Darassas • Cyda Swel • Gauline Lossenec • Fhodiane Ferrache • Kingor Monercy • Bobel Agaisse • Totenia Delichy • Baranne Sabès • Lazzine Ouïche • Volomir Saggen • Fassi Leresuissé • Mouli Oulez • Lymen Lothard • Possia Chlin • Djeepy Maclavada • Dodé Safro • Loune Lestier • Minissia Bolongue • Clinamène Lange-Rayat • Lamor Lepacqueusay • Atom Sourdi • Cléonce Lessivier • Trébinthe Vingt-Sennois • Smone Savatt • Thrèse Railloux • Sukudo Murazaki • Sahia Kotta • Phlipp Lasquette • Gémil Salivaux • Sawann Laporoust • Akenza Shimo • Zam Sculer • Grancie Freille • Oltan Hitchauzeur • Béatita Hodon • Stéatine Legrouillant • Choderla Coudeuil • Yokono Musani • Gohny Snet • Poter Lenestorian • Chombo Ramayotti • Farel Thum • Viciana Houlbiette • Dunny Bucks • Akhoulo Mollé-Bali • Alèze Gachassant • Silach Hallis-Borromées • Louvis Dercheron • Alunie Ravenn • Solo Sougue-Lantrier • Tressia Lassecouzin • Golair Gonze • Cuella Satif • Wanni Cachezay •

30 décembre 2018

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires 4/6

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages : et à l’avant-veille de franchir le cap de 2019, qu’en est-il de la PAIX ?… [Lire/voir la 3e livraison]

P É T I T I O N N° 4

Il y a des professionnels de la pétition pacifiste, à croire qu’ils sont payés ;
c’est donc une escroquerie.

Sryl Odchanska • Futie Laboissant • Bilmo Lassenque • Dège Frumeux • Golton Chaloss-Bahring • Effel Sabermeuser • Bia Tongué • Akir Badache • Frosie Delasquin • Asmil Dargelan • Lossav Goreski • Mossel Handzigerwer • Erdop Laravis • Tup Gelakko • Ostinia Lebaraqueur • Wasa Melvoorden • Pélissia Lucard • Olrock Motains • Potia Baslava • Altomer Hechkins • Louva Patrickany • Elbert Lacannier • Vossia Stoff • Sione Magarousse • Smolia Drogge-Luguélen • Alouise Signeur • Lex Lechillan • Gamotte Lavachardie • Deuluz Kis-Frellos • Alibel Gradant • Bakoza Kotyo • Faretta Brôme • Jar-Lasmuel Balaru • Thor Melvaud-Lequeutars • Altom Diversian • Fui-Tao Shima • Légo Lecrottard • Perrina Lastille • Lolji Tamitzu • Buller Whirty • Salvian Noss-Légiers • Schizia Tari • Obreg Santo-Dallos • Stapper Lhoignon • Cynthe Bouradier • Cryo Lagassin • Aubale Boderèche • Chymel Dracine • Elal Rhodi • Mossig Preck • Agada Bosséant • Zedhi Grekké • Omégame Hellaspodès • Sissa Ko • Elveth Lazyme • Asquar Capadasso • Obyx Maroussian • Adégo Mitran-Lourdy • Smaïm Harrara • Alio Douarade • Galliciane Poudot-Lemercy • Phiane Lissé • Galiméo Legimoux • Barissa Laïche • Elruss Odex • Cassine Loupi-Bentabren • Philès Manocrathon • Toder Abrassamo • Mouren Ouédine • Zissé Harundi • Styron Fhix • Jhan-Locien Holléa • Scôme Toulegercis • Liss Lebraillant • Vido Badurier • Moline Docci-Linsart • Penn Malléat • Larion Galosse-Till • Rup Garaveskian • Milani Dodlino • Spire Wolafson • Bachett Landerlin • Masse Dournal • Prima Svena • Foane Méloss • Lorengo Badaros • Malissia Garouche • Sev Cyran • Colovis Leringuet • Dolophe Boroum • Lunica Molto-Labruni • Zhog Dhaberlander • Larcelle Pourratin • Galworse Ston-Toresse • Gher Joleska • Modi Dalvacyvian • Cyrone Dostaing-Dacapia • Tram Savir • Winor Fhnung • Magyar Lerepisseux • Orlane Portel-Sachanty • Davien Ollerbricht • Fridor Garant-Ruffian •

21 octobre 2018

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires 1/6

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages…

P É T I T I O N N° 1

Oui : j’ai déjà signé plusieurs centaines de pétitions désespérées, alors une de plus ou une de moins…

Vance Derubeck • Joa Dharapoug • Vilmet Lechessin • Chams Dobert-Laj • Lonza Callis • Rambie Lesquinière • Deg Kouy • Rebeth Glaume • Odline Allouz • Fatinelle Loupant-Leversy • Otajen Belkofiev • Gobbi Klosson • Ladsine Lamerckandier • Pollen Wertygall • Douve Brolanffer • Gasel Tirron • Veliba Gerzin • Nylonie Labbu-Prazole • Déine Halgan • Haïna Gyé-Louzalin • Jasse-Crantin Levestier • Pavol Boucheliev • Clem Garchonneau • Pucine Marweg • Blouss Pitorian • Merelyss Batten • Laryne Ladoupidès • Stoffi Flanard • Moline Dasse • Popino Raveli • Lagominas Drek-Jassy • Xerem Legouachy • Camolino Barintou • Opson Delarcilly • Dav Lorangoussey • Jahm Doaxe • Staffie Warmensie • Lavine Chrestan-Louvet • Kisso Lestoffier • Gall Debellicourt • Drico Bramana • Mour Lassi • Sixtin Lebouech-Kapel • Morgie Crassonat • Halidou Gabba • Deng Li-Siaou • Bellina Carpone • Lilenn Jalaboz • Dockido Legrasson • Jalad Bouty • Mazirie Laliette • Jobann Gridon • Audine Rinodet • Loyce Moudino • Poldie Chambers • Génor Assambbet • Cergy Bougalanov • Livone Madinet • Beffa Darsantou • Fioum Randdidah • Loupi Zanpels • Azera Beno-Farshi • Bogodir Agoula • Jaleg Hanski • Raber Bisset-Mothels • Jakran Lacquinot • Obilivia Chang-Zaou • Belckam Grov • Zeck Elfassim • Veul Gandho-Chizé • Lenzo Gobains • Drakkas Briciano • Phédon Chauvilliers • Dazone Gadurès • Agall Burlay • Sapoly Crons • Pabiz Baloyan • Jiman Dromb • Motusz Legoraskian • Slotina Vecchianazi • Clotte Catelian • Panzo Daffi-Perlélé • Palino Ladredans • Maléna Lehyènoux • Rilka Blaizon • Aloé Percy-Chauvon • Vahétane Dhollanger • Pilouz Lercynien • Rosen Lassette • Hercy Melmotta • Pharat Bouragué • Gillain Leweg • Barassana Guffi-Labourg • Ross Gouve-Lyno • Sheile Desso • Janio Drescart • Ghul Selanty • Belnovia Saddan • Jouller Davons • Reck Lebelgier • Lippon Chesse-Lestang • Brenzo Bothel-Verlig • Titanie Gortenfield •

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