Libr-critique

5 octobre 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (6/6)

Le dernier post de cette série l’avant-veille de la soirée « Poésie et humour », où vous aurez l’occasion de voir-écouter l’incorrigible Daniel Cabanis… [Lire/voir le cinquième volet de la série]

Exposé / 6

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : MLU23T).

L’exposition des Grandes Fourmilières de Teg Droussa à la galerie Deborson remonte à quelques six mois. Dick est un fin connaisseur de la psychologie des collectionneurs (peur, frime, analité, jalousie, conformisme) : il savait qu’il ne leur vendrait rien cette fois-là mais que ces mous du genou reviendraient plus tard vers lui avec un fort sentiment de culpabilité et qu’ils se montreraient alors prêts à payer au prix fort n’importe quelle fourmilière. La stratégie de la patience convient au marchand (Dick a d’autres revenus, opaques ; d’ailleurs, sa galerie est également réputée comme blanchisserie), l’artiste, lui, n’a pas ce confort-là et tandis qu’il attend d’hypothétiques ventes, il a le sentiment de faire les frais de la patience tranquille du galeriste. Et il n’a pas tort : on sait bien lequel est le parasite de l’autre. C’est dit. Voyons la suite des événements. À dix jours de la fin de l’expo, la galerie Deborson a été cambriolée. Oui ! Par des pros. La porte a été e-décodée, alarmes et détecteurs de présence neutralisés. Toutes les fourmilières ont été volées. Et rien qu’elles ! Bizarre. Inquiétant. Dick, sonné, répète en boucle Je comprends pas, je comprends pas. Nell, son assistante, elle est aussi déboussolée. Faut être un malade pour voler une fourmilière ! dit-elle. Un grand malade, sûrement. Je suppose qu’un acheteur cash lui aurait paru plus raisonnable (ce qui se discute). Il y a dépôt de plainte, enquête, expertise ; tout le tralala. Et Teg Droussa joue au con avec la police. Ce vol est une aubaine, dit-il ; je vais être dédommagé ! Une arnaque aux assurances ? Non. Je connais bien Teg : un artiste intéressant (si l’on veut), mais il n’a pas le profil d’un cerveau. Bon. Un mois après le vol, Dick reçoit la lettre de revendication d’un mystérieux Collectif de Lutte contre les Violences faites aux Fourmis. Des rigolos ! dit la police. Teg jubile.

24 septembre 2020

[News] Poésie et humour d’aujourd’hui à la Maison de la poésie Paris

Maison de la poésie Paris, Poésie et humour d’aujourd’hui, Rencontre & lecture/performance poétique organisée par Remue.net, mercredi 07 octobre à 20H: Rencontre avec Daniel Cabanis & Tristan Felix, animée par Fabrice Thumerel. [Réserver]

Du haut de son piédestal, la Poésie a durant des siècles donné dans le sublime et la célébration. Une fois désacralisée au XXe siècle, place à l’Umour surréaliste et au carnavalesque…

Aujourd’hui, quels poètes pour succéder à Prévert ou Queneau ? Quels types d’humour ? Des noms viennent à l’esprit : Jean-Pierre Bobillot, Jean-Michel Espitallier, Bruno Fern, Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen…

Et aussi ceux qu’on aura le plaisir de voir/écouter en cette soirée : pour ceux qui pourront venir, quelle veine de goûter le bon grain de l’ivresse (Tangor), d’assister à des dérapages incontrôlés et de se laisser emporter par des langues imaginaires !
Allez, quelques indiscrétions pour les Libr-lecteurs : sur scène, l’extraordinaire Tristan Felix effectuera une levée des ombres tragi-farcesques, vous proposera un très singulier rêve sonore et une lecture de contelets d’Ovaine la Saga… Quant à l’incorrigible Daniel CABANIS, il vous invitera au BUREAU 9 / PLAINTES IRRECEVABLES et vous emmènera dans une OPTIQUE DE LA FUITE EN AVANT…


Daniel Cabanis
a publié des textes seuls ou des ensembles images + textes dans de nombreuses revues papier ou en ligne. Et aussi des pense-bêtes idiots et autres bricoles dans divers blogs hospitaliers. Il a également été (hélas) Le Corbo de ventscontrairse.net, la revue du Théâtre du Rond-Point où sa pièce Trente-six nulles de salon a été montée et jouée par Jacques Bonnaffé, avec Olivier Saladin. En dehors de ça, il n’a pas froid aux genoux, mange de ce pain-là, et ne vit pas reclus dans un bled paumé des Cévennes. Enfin, il a été qualifié d’écrivain sterno-swiftien par l’éminent critique Marcel Navas, ce qui n’est pas très sérieux.
On pourra (re)découvrir les nombreuses séries qu’il a proposées à LIBR-CRITIQUE – dont « Essor de la fourmilière d’art », la dernière.

Poète polyphrène et polymorphe, Tristan Felix décline la poésie sur tous les fronts. Elle a publié en vers comme en prose une vingtaine de recueils, chroniques et, pendant douze ans, a codirigé avec Philippe Blondeau La Passe, une revue des langues poétiques, laquelle, ensauvagée depuis 2017, renaît en live au Salon de la Revue à Paris sous forme de livres d’artistes. Elle est aussi dessinatrice, photographe, marionnettiste (Le Petit Théâtre des Pendus), conteuse en langues imaginaires et clown trash (Gove de Crustace). Vient de paraître Tangor chez PhB éditions : « Livre à merveille(s) – opéra, verbe de chair –, où chante entre les signes d’une langue, en forme de danse sans fin… » (Dominique Preschez).

9 juillet 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (5/6)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 20:52

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » du 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (elle sera reportée à l’automne prochain). [Lire/voir le quatrième volet de la série]

Exposé / 5

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : BUW49L).

 

Les artistes fraîchement sortis des écoles d’art ou d’ailleurs sont très hésitants quant à l’orientation à donner à leur début de carrière ; ils veulent taper un grand coup mais la crainte de se griller avec des propositions alambiquées ou des outrances irrecevables les tétanise. Finalement, seuls les dingues et les insolents osent casser les codes et réussissent à intéresser. Bien sûr, cela ne suffit pas ; ensuite il faut durer. Il y a environ deux ans, trois au plus, les Dassenbach, Mag et Walter, à l’époque deux parfaits inconnus, se sont imposés avec des vidéos pornos amateur qui, à première vue, étaient nullissimes mais ont été réévaluées en deuxième lecture (!) et cette fois jugées dignes d’éloges. Que s’était-il passé entre temps ? Simple : on a appris que les Dassenbach n’étaient pas le couple d’artistes crétins qu’on avait cru mais un duo frère/sœur incestueux bravant la loi et le tabou, ce qui modifiait en bien la perception de leurs vidéos. Ainsi, la critique d’art éclairée que leurs piteux coïts avaient navrée les a trouvés à la réflexion, je cite : extrêmement forts et percutants. Eh oui, le ragout était le même mais son fumet avait changé. Dans un milieu toujours prêt à saliver son os, et où la moindre transgression force le respect, voilà donc l’inceste en valeur esthétique ajoutée. Bien. Très bien. Je m’incline. Et/ou le con de ma sœur est un film-phare. Au moins une balise. L’ai revu hier soir et j’ai enchaîné avec Tu seras une lopette, Walter. Sacrée soirée. Pas sorti indemne. Du grand art. Maintenant, peuvent-ils aller plus loin, les petits génies ? Je crois que oui. Qu’ils enculent père et mère, au nom de l’art ! Salauds de parents : tant pis s’il faut les violer. Allons-y ! Ça va être du grandiose. Et qu’ils se chient dessus pendant qu’ils y sont. Bien. Finissons-en avec ce néo-porno consanguin : une plaisanterie. Et revenons à nos fourmilières.

 

7 juin 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (4/6)

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » le 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le troisième volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 4

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : EZS71M).

Il est rare que l’art tue. Oui, je sais : quelques peintres à la peine se sont bel et bien suicidés, mais je pense ici aux victimes de l’art par accident. Voici deux ou trois cas remarquables dans le domaine de la sculpture : Mlle Jantot écrasée par un bronze de Maillol, M. Brett décapité par une machine de Tinguely devenue folle, Mme Sawours net coupée en deux par une plaque d’acier Corten de Richard Serra. Sur ces faits divers macabres, la presse d’art s’est tue. Délicatesse ? Non, éthique : pendant le drame le marché continue. Mardi dernier (ou plutôt lundi, non c’était bien mardi), j’assistais aux obsèques de Guy Fascari, un ami (et un bon client). En général, j’évite de perdre mon temps aux enterrements des autres mais LÀ, étant donné Marta, sa veuve également une amie, et même plus, je me suis senti obligé. D’ailleurs, cette cérémonie minimaliste a été si vite expédiée qu’au bout du compte, il eût été plus coûteux de mentir une excuse que de faire le déplacement. Donc j’y étais. Et à la fin, planté là, j’attendais pour partir avec elle que Marta se délivre d’une dizaine de faiseurs de condoléances qui l’accaparaient. Et ça durait. Ces pleurnicheurs, ils ne la lâchaient pas. J’ai fini par me tirer. En sortant du cimetière, un inconnu m’a interpelé, se disant enquêteur de police et désireux de me poser quelques questions. Pas l’temps, j’ai dit. Il a insisté. Ce fouille-merde en savait long sur mes activités d’agent d’art. Il a dit que la fourmilière que j’avais vendue à Guy Fascari était peuplée de fourmis tueuses du Brésil et que je pourrais bien être responsable de sa mort. Vicieux, le type. Monsieur, j’ai dit, le défunt était un grand cardiaque. Seul chez lui, il a succombé à une crise. En dix jours, les fourmis l’ont entièrement nettoyé : il n’en est resté que le squelette. C’est cruel. Merci de respecter la douleur de sa femme. Et des amis.

 

8 mai 2020

[Texte] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (3/6)

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » le 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le deuxième volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART
Exposé / 3

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : VNO93G).

Le désir est compliqué d’avoir chez soi une fourmilière d’art, par le fait qu’on n’y vit pas toujours seul. Il y a les autres, quand il y en a : conjoint, enfants en bas âge, ados dépressifs, chien, chat, perroquet, vieille mère à demeure, amis incrustés, etc. Cette complication peut aller jusqu’à l’empêchement. Dans les cas extrêmes, elle conduit au crime. Imposer à sa famille (même grandement logée) une soudaine cohabitation avec une colonie de fourmis ne va pas de soi ; cela crée une situation anxiogène : l’épouse menace divorce, la fille aînée fait sa phobie, le cadet une jaunisse, le clebs a la rage, et vieille-maman, elle aussi effarée, succombe à une apoplexie. Quel prix est-on prêt à payer pour que triomphe le primat de l’art sur le domestique ? Et a contrario pour qu’il ne triomphe pas ? Le mercredi suivant (suivant quoi, j’ai déjà OUBLIÉ), je reçois Mme Juliett Garty en consultation. Elle me déballe en vrac ses difficultés avec son mec (sic) qui depuis quelques temps, dit-elle, se pique d’art contemporain comme un con alors qu’il n’y connaît rien. Et vous ? je demande. Quoi moi ? Vous êtes connaisseuse ? Sûrement pas ! Alors, comment pouvez-vous en juger pour lui ? S’il avait étudié l’art, je le saurais. Il a étudié quoi ? Régis est joueur de poker professionnel ; il s’est fait laver la tête par un galeriste à mon avis homo qui lui a fourgué une fourmilière, faut voir à quel prix ! Une fourmilière, que voulez-vous dire ? D’art, la fourmilière, soi-disant ; en fait, une fourmilière vivante déposée au salon, qui grouille et envahit toute ma maison que j’en suis malade. Mme Garty, l’art n’a-t-il pas vocation à déranger l’ordre établi des choses ? Mais une fourmilière, c’est pas de l’art ! Et pourquoi pas ? Bref, Juliette reste enfermée dans ses préjugés petits-bourgeois. Elle se sent trahie. Je la sens prête à écorcher vif son mari amateur d’art.

 

21 avril 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art 2/6

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » prévue demain 22 avril à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le premier volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 2

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : DFE56X).

En France, on peut voir de belles fourmilières chez Dick Deborson ou chez Browne & Khalassian, deux galeries réputées audacieuses, leurs prix également. Rares sont donc les collectionneurs privés qui s’y risquent ; quant aux acheteurs institutionnels, lents etfrileux par nature, ils n’y pensent même pas. Le marché serait-il morose ? Pour les fourmilières, oui c’est difficile, reconnaît Irène Khalassian, mais on peut attendre, Browne a les reins solides. Le rein ! précise-t-elle. Et d’éclater de rire : le fait est connu dans le milieu que Browne n’a qu’un rein (il se raconte que, jeune homme pauvre, il aurait vendu l’autre 160 000 $ à un trafiquant d’organes pour payer ses études de droit et d’histoire de l’art : pittoresque, mais douteux). On sait aussi qu’Irène a épousé en secret son associé (lequel aurait été foudroyé en découvrant, tatoué pour lui sur le pubis épilé de la galeriste, le n° de son compte perso dans une banque suisse !). Mais laissons là ces contes plaisants. De quoi causait-on, déjà ? Ah oui, les fourmilières. Donc, elles ne se vendent pas ? Les Américains et les Allemands ne sont pas réceptifs pour le moment, dit Irène. Peut-être les Japonais ? je demande. Irène sourit (elle doit me trouver particulièrement con). Long silence. Il y a des choses qui se vendent, et d’autres pas, finit-elle par dire. Sans doute. Mais la voilà avec ses fourmilières sur les bras. J’essaie de savoir si les mots art écologique lui parlent et je ne réussis qu’à l’agacer davantage. L’art est une pollution, lâche-t-elle ; une pollution ! Bon sang, c’est évident. Je n’y avais jamais pensé sous cet angle. Et Rainer Browne fait irruption dans la galerie, suivi d’un grand blond vêtu tout cuir, genre SM. C’est Per Bodendorf, dit Browne, un jeune artiste danois sentimentaliste ; il fait des pit-bulls en peluche : notre prochaine exposition ! Grrrrr, fait Per. Irène rit.

10 avril 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art 1/6

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » prévue le 22 avril à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir la dernière création de Daniel Cabanis sur LIBR-CRITIQUE]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 1

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : AKL32R).

Rien ne distingue une fourmilière d’art d’une fourmilière ordinaire, si ce n’est le prix. L’ordinaire ne vaut rien (ou juste les frais). Celle d’art est beaucoup plus chère. Le lendemain (le lendemain de quoi, je ne sais plus), j’en parle avec Mme Jaks qui aimerait acquérir une œuvre d’art contemporain, une sculpture de préférence. Elle ne sait pas ce qu’elle veut, de quoi il retourne, tenants et aboutissants : elle n’y connaît rien et me fait confiance. S’il faut, je te paierai pour ça, me dit-elle. Je suis surpris et déstabilisé. Pourquoi, brusquement, se met-elle à me tutoyer ? Ai-je couché dans son lit la nuit dernière, et si oui, avec elle ? Où étais-je hier soir ? Brouillard. Aucun souvenir. Mais, sûr : je ne suis pas son neveu ni son valet de chambre sympa. Donc, admettons qu’elle m’ait violé. C’est-à-dire : d’abord soutenu, soigné puis requinqué après une terrible biture, et ensuite seulement abusé en douceur, avec force tutoiements murmurés. Gentil, tout ça. Est-ce crédible ? Eh oui : c’est bien ainsi que parfois les familiarités commencent entre gens soi-disant bien élevés. On y voit plus clair à présent. Oui. Un peu. Passons sur les ombres. Quand même, quelle nuit ! Maintenant, Mme Jackline Jaks (un double coup de fouet, son nom, qui m’impressionne) ; bref, elle va et vient dans le vaste salon de sa belle demeure. Elle médite, jauge l’espace disponible, modifie en pensée la disposition des meubles. J’allume une Nième cigarette. Enfin, pointant du doigt le centre exact de la pièce, elle dit : Là, au beau milieu, c’est la meilleure place, non ; qu’en dis-tu, idiot ? C’est l’endroit idéal, je dis ; car ce n’est pas le moment de chipoter. Sur ce arrive un grand type en combinaison d’apiculteur : M. John Jaks, le mari. Pour la fourmilière d’art, dit-il, ça me va, je suis pour, tu nous diras ton prix. Tiens, il me tutoie lui aussi ! Vas-y John, te gêne pas.

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