Libr-critique

5 octobre 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (6/6)

Le dernier post de cette série l’avant-veille de la soirée « Poésie et humour », où vous aurez l’occasion de voir-écouter l’incorrigible Daniel Cabanis… [Lire/voir le cinquième volet de la série]

Exposé / 6

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : MLU23T).

L’exposition des Grandes Fourmilières de Teg Droussa à la galerie Deborson remonte à quelques six mois. Dick est un fin connaisseur de la psychologie des collectionneurs (peur, frime, analité, jalousie, conformisme) : il savait qu’il ne leur vendrait rien cette fois-là mais que ces mous du genou reviendraient plus tard vers lui avec un fort sentiment de culpabilité et qu’ils se montreraient alors prêts à payer au prix fort n’importe quelle fourmilière. La stratégie de la patience convient au marchand (Dick a d’autres revenus, opaques ; d’ailleurs, sa galerie est également réputée comme blanchisserie), l’artiste, lui, n’a pas ce confort-là et tandis qu’il attend d’hypothétiques ventes, il a le sentiment de faire les frais de la patience tranquille du galeriste. Et il n’a pas tort : on sait bien lequel est le parasite de l’autre. C’est dit. Voyons la suite des événements. À dix jours de la fin de l’expo, la galerie Deborson a été cambriolée. Oui ! Par des pros. La porte a été e-décodée, alarmes et détecteurs de présence neutralisés. Toutes les fourmilières ont été volées. Et rien qu’elles ! Bizarre. Inquiétant. Dick, sonné, répète en boucle Je comprends pas, je comprends pas. Nell, son assistante, elle est aussi déboussolée. Faut être un malade pour voler une fourmilière ! dit-elle. Un grand malade, sûrement. Je suppose qu’un acheteur cash lui aurait paru plus raisonnable (ce qui se discute). Il y a dépôt de plainte, enquête, expertise ; tout le tralala. Et Teg Droussa joue au con avec la police. Ce vol est une aubaine, dit-il ; je vais être dédommagé ! Une arnaque aux assurances ? Non. Je connais bien Teg : un artiste intéressant (si l’on veut), mais il n’a pas le profil d’un cerveau. Bon. Un mois après le vol, Dick reçoit la lettre de revendication d’un mystérieux Collectif de Lutte contre les Violences faites aux Fourmis. Des rigolos ! dit la police. Teg jubile.

24 septembre 2020

[News] Poésie et humour d’aujourd’hui à la Maison de la poésie Paris

Maison de la poésie Paris, Poésie et humour d’aujourd’hui, Rencontre & lecture/performance poétique organisée par Remue.net, mercredi 07 octobre à 20H: Rencontre avec Daniel Cabanis & Tristan Felix, animée par Fabrice Thumerel. [Réserver]

Du haut de son piédestal, la Poésie a durant des siècles donné dans le sublime et la célébration. Une fois désacralisée au XXe siècle, place à l’Umour surréaliste et au carnavalesque…

Aujourd’hui, quels poètes pour succéder à Prévert ou Queneau ? Quels types d’humour ? Des noms viennent à l’esprit : Jean-Pierre Bobillot, Jean-Michel Espitallier, Bruno Fern, Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen…

Et aussi ceux qu’on aura le plaisir de voir/écouter en cette soirée : pour ceux qui pourront venir, quelle veine de goûter le bon grain de l’ivresse (Tangor), d’assister à des dérapages incontrôlés et de se laisser emporter par des langues imaginaires !
Allez, quelques indiscrétions pour les Libr-lecteurs : sur scène, l’extraordinaire Tristan Felix effectuera une levée des ombres tragi-farcesques, vous proposera un très singulier rêve sonore et une lecture de contelets d’Ovaine la Saga… Quant à l’incorrigible Daniel CABANIS, il vous invitera au BUREAU 9 / PLAINTES IRRECEVABLES et vous emmènera dans une OPTIQUE DE LA FUITE EN AVANT…


Daniel Cabanis
a publié des textes seuls ou des ensembles images + textes dans de nombreuses revues papier ou en ligne. Et aussi des pense-bêtes idiots et autres bricoles dans divers blogs hospitaliers. Il a également été (hélas) Le Corbo de ventscontrairse.net, la revue du Théâtre du Rond-Point où sa pièce Trente-six nulles de salon a été montée et jouée par Jacques Bonnaffé, avec Olivier Saladin. En dehors de ça, il n’a pas froid aux genoux, mange de ce pain-là, et ne vit pas reclus dans un bled paumé des Cévennes. Enfin, il a été qualifié d’écrivain sterno-swiftien par l’éminent critique Marcel Navas, ce qui n’est pas très sérieux.
On pourra (re)découvrir les nombreuses séries qu’il a proposées à LIBR-CRITIQUE – dont « Essor de la fourmilière d’art », la dernière.

Poète polyphrène et polymorphe, Tristan Felix décline la poésie sur tous les fronts. Elle a publié en vers comme en prose une vingtaine de recueils, chroniques et, pendant douze ans, a codirigé avec Philippe Blondeau La Passe, une revue des langues poétiques, laquelle, ensauvagée depuis 2017, renaît en live au Salon de la Revue à Paris sous forme de livres d’artistes. Elle est aussi dessinatrice, photographe, marionnettiste (Le Petit Théâtre des Pendus), conteuse en langues imaginaires et clown trash (Gove de Crustace). Vient de paraître Tangor chez PhB éditions : « Livre à merveille(s) – opéra, verbe de chair –, où chante entre les signes d’une langue, en forme de danse sans fin… » (Dominique Preschez).

9 juillet 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (5/6)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 20:52

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » du 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (elle sera reportée à l’automne prochain). [Lire/voir le quatrième volet de la série]

Exposé / 5

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : BUW49L).

 

Les artistes fraîchement sortis des écoles d’art ou d’ailleurs sont très hésitants quant à l’orientation à donner à leur début de carrière ; ils veulent taper un grand coup mais la crainte de se griller avec des propositions alambiquées ou des outrances irrecevables les tétanise. Finalement, seuls les dingues et les insolents osent casser les codes et réussissent à intéresser. Bien sûr, cela ne suffit pas ; ensuite il faut durer. Il y a environ deux ans, trois au plus, les Dassenbach, Mag et Walter, à l’époque deux parfaits inconnus, se sont imposés avec des vidéos pornos amateur qui, à première vue, étaient nullissimes mais ont été réévaluées en deuxième lecture (!) et cette fois jugées dignes d’éloges. Que s’était-il passé entre temps ? Simple : on a appris que les Dassenbach n’étaient pas le couple d’artistes crétins qu’on avait cru mais un duo frère/sœur incestueux bravant la loi et le tabou, ce qui modifiait en bien la perception de leurs vidéos. Ainsi, la critique d’art éclairée que leurs piteux coïts avaient navrée les a trouvés à la réflexion, je cite : extrêmement forts et percutants. Eh oui, le ragout était le même mais son fumet avait changé. Dans un milieu toujours prêt à saliver son os, et où la moindre transgression force le respect, voilà donc l’inceste en valeur esthétique ajoutée. Bien. Très bien. Je m’incline. Et/ou le con de ma sœur est un film-phare. Au moins une balise. L’ai revu hier soir et j’ai enchaîné avec Tu seras une lopette, Walter. Sacrée soirée. Pas sorti indemne. Du grand art. Maintenant, peuvent-ils aller plus loin, les petits génies ? Je crois que oui. Qu’ils enculent père et mère, au nom de l’art ! Salauds de parents : tant pis s’il faut les violer. Allons-y ! Ça va être du grandiose. Et qu’ils se chient dessus pendant qu’ils y sont. Bien. Finissons-en avec ce néo-porno consanguin : une plaisanterie. Et revenons à nos fourmilières.

 

8 mai 2020

[Texte] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (3/6)

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » le 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le deuxième volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART
Exposé / 3

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : VNO93G).

Le désir est compliqué d’avoir chez soi une fourmilière d’art, par le fait qu’on n’y vit pas toujours seul. Il y a les autres, quand il y en a : conjoint, enfants en bas âge, ados dépressifs, chien, chat, perroquet, vieille mère à demeure, amis incrustés, etc. Cette complication peut aller jusqu’à l’empêchement. Dans les cas extrêmes, elle conduit au crime. Imposer à sa famille (même grandement logée) une soudaine cohabitation avec une colonie de fourmis ne va pas de soi ; cela crée une situation anxiogène : l’épouse menace divorce, la fille aînée fait sa phobie, le cadet une jaunisse, le clebs a la rage, et vieille-maman, elle aussi effarée, succombe à une apoplexie. Quel prix est-on prêt à payer pour que triomphe le primat de l’art sur le domestique ? Et a contrario pour qu’il ne triomphe pas ? Le mercredi suivant (suivant quoi, j’ai déjà OUBLIÉ), je reçois Mme Juliett Garty en consultation. Elle me déballe en vrac ses difficultés avec son mec (sic) qui depuis quelques temps, dit-elle, se pique d’art contemporain comme un con alors qu’il n’y connaît rien. Et vous ? je demande. Quoi moi ? Vous êtes connaisseuse ? Sûrement pas ! Alors, comment pouvez-vous en juger pour lui ? S’il avait étudié l’art, je le saurais. Il a étudié quoi ? Régis est joueur de poker professionnel ; il s’est fait laver la tête par un galeriste à mon avis homo qui lui a fourgué une fourmilière, faut voir à quel prix ! Une fourmilière, que voulez-vous dire ? D’art, la fourmilière, soi-disant ; en fait, une fourmilière vivante déposée au salon, qui grouille et envahit toute ma maison que j’en suis malade. Mme Garty, l’art n’a-t-il pas vocation à déranger l’ordre établi des choses ? Mais une fourmilière, c’est pas de l’art ! Et pourquoi pas ? Bref, Juliette reste enfermée dans ses préjugés petits-bourgeois. Elle se sent trahie. Je la sens prête à écorcher vif son mari amateur d’art.

 

21 avril 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art 2/6

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » prévue demain 22 avril à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir le premier volet de la série]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 2

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : DFE56X).

En France, on peut voir de belles fourmilières chez Dick Deborson ou chez Browne & Khalassian, deux galeries réputées audacieuses, leurs prix également. Rares sont donc les collectionneurs privés qui s’y risquent ; quant aux acheteurs institutionnels, lents etfrileux par nature, ils n’y pensent même pas. Le marché serait-il morose ? Pour les fourmilières, oui c’est difficile, reconnaît Irène Khalassian, mais on peut attendre, Browne a les reins solides. Le rein ! précise-t-elle. Et d’éclater de rire : le fait est connu dans le milieu que Browne n’a qu’un rein (il se raconte que, jeune homme pauvre, il aurait vendu l’autre 160 000 $ à un trafiquant d’organes pour payer ses études de droit et d’histoire de l’art : pittoresque, mais douteux). On sait aussi qu’Irène a épousé en secret son associé (lequel aurait été foudroyé en découvrant, tatoué pour lui sur le pubis épilé de la galeriste, le n° de son compte perso dans une banque suisse !). Mais laissons là ces contes plaisants. De quoi causait-on, déjà ? Ah oui, les fourmilières. Donc, elles ne se vendent pas ? Les Américains et les Allemands ne sont pas réceptifs pour le moment, dit Irène. Peut-être les Japonais ? je demande. Irène sourit (elle doit me trouver particulièrement con). Long silence. Il y a des choses qui se vendent, et d’autres pas, finit-elle par dire. Sans doute. Mais la voilà avec ses fourmilières sur les bras. J’essaie de savoir si les mots art écologique lui parlent et je ne réussis qu’à l’agacer davantage. L’art est une pollution, lâche-t-elle ; une pollution ! Bon sang, c’est évident. Je n’y avais jamais pensé sous cet angle. Et Rainer Browne fait irruption dans la galerie, suivi d’un grand blond vêtu tout cuir, genre SM. C’est Per Bodendorf, dit Browne, un jeune artiste danois sentimentaliste ; il fait des pit-bulls en peluche : notre prochaine exposition ! Grrrrr, fait Per. Irène rit.

10 avril 2020

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art 1/6

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » prévue le 22 avril à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (espérons qu’elle puisse être reportée en un temps meilleur). [Lire/voir la dernière création de Daniel Cabanis sur LIBR-CRITIQUE]

 

ESSOR DE LA FOURMILIÈRE D’ART

Exposé / 1

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : AKL32R).

Rien ne distingue une fourmilière d’art d’une fourmilière ordinaire, si ce n’est le prix. L’ordinaire ne vaut rien (ou juste les frais). Celle d’art est beaucoup plus chère. Le lendemain (le lendemain de quoi, je ne sais plus), j’en parle avec Mme Jaks qui aimerait acquérir une œuvre d’art contemporain, une sculpture de préférence. Elle ne sait pas ce qu’elle veut, de quoi il retourne, tenants et aboutissants : elle n’y connaît rien et me fait confiance. S’il faut, je te paierai pour ça, me dit-elle. Je suis surpris et déstabilisé. Pourquoi, brusquement, se met-elle à me tutoyer ? Ai-je couché dans son lit la nuit dernière, et si oui, avec elle ? Où étais-je hier soir ? Brouillard. Aucun souvenir. Mais, sûr : je ne suis pas son neveu ni son valet de chambre sympa. Donc, admettons qu’elle m’ait violé. C’est-à-dire : d’abord soutenu, soigné puis requinqué après une terrible biture, et ensuite seulement abusé en douceur, avec force tutoiements murmurés. Gentil, tout ça. Est-ce crédible ? Eh oui : c’est bien ainsi que parfois les familiarités commencent entre gens soi-disant bien élevés. On y voit plus clair à présent. Oui. Un peu. Passons sur les ombres. Quand même, quelle nuit ! Maintenant, Mme Jackline Jaks (un double coup de fouet, son nom, qui m’impressionne) ; bref, elle va et vient dans le vaste salon de sa belle demeure. Elle médite, jauge l’espace disponible, modifie en pensée la disposition des meubles. J’allume une Nième cigarette. Enfin, pointant du doigt le centre exact de la pièce, elle dit : Là, au beau milieu, c’est la meilleure place, non ; qu’en dis-tu, idiot ? C’est l’endroit idéal, je dis ; car ce n’est pas le moment de chipoter. Sur ce arrive un grand type en combinaison d’apiculteur : M. John Jaks, le mari. Pour la fourmilière d’art, dit-il, ça me va, je suis pour, tu nous diras ton prix. Tiens, il me tutoie lui aussi ! Vas-y John, te gêne pas.

4 septembre 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz 6/6

Terminons cette série par une livraison irrésistible… [Lire/voir Projet n° 5]

Projet n° 6

L’USINE D’IVRY SUR SEINE VA DEVENIR UN ÉROS-CENTER MUNICIPAL

Je suis contre. On avait la pollution sous nos fenêtres, on aura le viceà tous les étages. Quel intérêt ? Je ne vois pas le gain. Pour personne. Dans l’affaire, il n’y aura que des perdants. Je pense en particulier aux catholiques asthmatiques (ils sont minoritaires par ici mais il n’y a pas de raison de négliger les groupuscules) ; eh bien, les asthmatiques : une pollution chasse l’autre, etl’indignation aidant, ils ne cesseront pas de suffoquer. Certains, jusqu’à leur dernier souffle. Et pfuit. Ces victimes collatérales échapperont, il est vrai, aux ravages des MST : une maigre consolation. Un soir, après une réunion publique, j’ai eu l’occasion de dire au maire, en aparté, mon opposition à ses projets bordéliques et le sentiment de hontequ’ils m’inspiraient. Il a eu l’air étonné. Tu serais pas catho ? me dit-il. Non : athée intégriste, je réponds. Ça me rassure, dit-il. Et il me récite un interminable blabla sur les bienfaits à son avisdu sexe municipal. Tu comprends, conclut-il, c’en sera enfin fini de la misère sexuelle localemais pas seulement, ça va attirer les Parisiens et aussi les touristes, des millions de touristes ; eh oui, crois-moi, Pigalle, c’est mort ! Suis atterré. Ce maire de choc paraît si sûr de son nouveau credo : prostitution industrielle, certes, maissociale. Pas d’abattage, ni d’heures sup imposées. Un syndicat maison ; CE, tickets-restaurant, 6esemaine de congés payés. Mazette ! Il délire l’élu.  Et le client aussiest soigné : tarifs indexés sur le quotient familial ; CB acceptée ; gratuit pour les étudiants, les chômeurs, les seniors. Ah, le bougre ! Il a pensé à tout. Toi, sexuellement, t’en es où ? me lance-t-il in fine. Point mort, j’avoue ; zéro érec. Bien, dit-il. On va recruter des vigiles, ça te dirait ?

1 août 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (5/6)

Filed under: UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 20:46

C’est vraiment folie en cette fin de série – avec toujours un graphisme épatant… [Lire/voir le Projet n°4]

Projet n° 5

L’USINE DE PANTIN SERA RECONVERTIE EN HÔPITAL PSYCHIATRIQUE

Je n’y crois pas. Un revirement complet. Pendant des années, on nous a bassinés avec un projet d’orphelinat international, et maintenant tout serait changé ? Pourquoi ? Je déteste les orphelins. Ils sont mal élevés, vicieux, fourbes, sans hygiène (pleins de pellicules et d’eczéma), mais je m’étais fait à l’idée d’avoir à supporter leur présence parmi nous, au parc, à la piscine, à la bibliothèque le cas échéant — si ça les amuse. Il n’y aura dans le lot ni polios ni lépreux avait dit Mme Lacx, directrice des services sociaux ; pas de Russes, au pire quelques irradiés Japonais inoffensifs. Ah, voilà du clair ! Ça m’avait plu, ce ton, cette assurance. Elle connaît son affaire, la directrice ! MAIS quand j’ai demandé (pour rire) si l’adoption de deux ou trois de ces gentils petits parias était UNE chose envisageable, Mme Lacx n’a PAS ri. D’aucuns pourront adopter, a-t-elle dit ; pas vous, cher monsieur ; vous êtes sale et tenez des propos d’ivrogne ; d’ailleurs vous sentez à plein nez la vinasse et l’urine ; vous avez davantage le profil clochard que celui d’un père adoptif, désolée ; à présent, allez vous laver, merci. Moi, un clochard ! Certes, je suis un pauvre développeur Java au chômage mais je suis loin d’être tombé si bas, j’ai encore des droits. J’ai replié la chaise sur laquelle j’étais assis et l’ai lancée de toutes mes forces à la tête de Mme Lacx. Je ne l’ai pas ratée. Elle a eu NEUF jours d’incapacité. J’ai casqué moi aussi, de mon côté. Sans regret. Et nous y voilà : on me dit que le projet d’orphelinat a CAPOTE, que la mère Lacx a laissé tombé l’affaire, etc. Désormais, il est question d’un hôpital psychiatrique ouvert à tous. Drôle d’idée ! Je crains les complications, et je déteste les fous autant que les orphelins.

 

2 mai 2019

[Création] Daniel Cabanis, Réhabilitation des usines à gaz (1/6)

Dans cette nouvelle série très inspirée – dont nous remercions infiniment Daniel Cabanis -, la cible se rapproche du satiriste…

Projet n° 1

38 ATELIERS D’ARTISTES SERONT CRÉÉS DANS L’USINE DE GENTILLY

C’est regrettable. Il y a déjà bien assez d’ateliers ; et trop d’artistes, je veux dire, TROP de barbouilleurs impénitents, illuminés, célibataires et névropathes. D’ailleurs, ceux-là n’ont pas les moyens de payer le PRIX d’un atelier. Les vieux sculpteurs cubistes non plus. Quant aux artistes contemporains, ils sont nomades par définition ET ont leur atelier dans la tête ; ordinateur ET téléphone portables, un petit bureau quelque part, n’importe où, et la question est réglée : si Å’UVRES à proprement parler il doit y avoir, elles seront réalisées ailleurs et par des tiers. Autrement dit : ici, à grands frais, on prétend aménager une quarantaine d’ateliers d’artistes luxueux dont on sait d’ores et déjà qu’ils n’intéresseront PAS les intéressés. Il s’agit donc là d’un programme immobilier sournois, à l’image de ce qui s’est beaucoup fait depuis vingt ans dans la banlieue parisienne. TIENS, visitons ensemble la MVB, l’ancienne Manufacture de Vis ET Boulons de Vitry sur Seine (un bâtiment réhabilité en 1998). On ne s’attend pas à y VOIR des artistes au travail. Et en effet, il n’y en a pas (CAR on ne saurait appeler artistes des retraitées qui peinturlurent des bouts de carton, de vieux fonctionnaires chauves qui donnent dans l’abstrait primitif, ou des bourgeoises oisives tuant l’ennui en tournant d’improbables poteries). Les autres résidents ne sont PAS plus artistes : PDG d’une chaîne de magasins de chaussures, magistrat (président de cour d’assises), journaliste dans un quotidien du soir, avocat, gérant de salle de sport, etc. Que font là tous ces ravis de la crèche industrielle ? Eh bien, ils se gobergent : caves à vins, 4×4, chiens à pedigree, gosses à claques ; le week-end, barbecue éco-responsable ET sexe collaboratif.

5 mars 2019

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 Premiers Signataires (6/6)

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages… [Lire/voir la 5e livraison]

P É T I T I O N N° 6

Aujourd’hui, il y a des pétitions sur tout et n’importe quoi; c’est lassant à la fin… et contre-productif.

Kazo Lantourney • Sienne Darnal • Monella Pian • Garistiane Marabalosa • Jaumian Hobéro • Gausse Loffrey • Léan Clotin • Ségotine Reille-Sapian • Jonoël Bogue • Bolème Lotrouden • Raphin Jaurest • Lhugues Lepernician • Taffel Loc-Mauzer • Ves Lambernau • Assone Raidier • Théron Bauchel • Brella Leviskian • Wizzen Ghopal • Guénolin Lebrioché • Talienne Lautiss-Manant • Torsteen Bodukk • El-Mector Khed • Shina Mongo • Azweik Jamin • Roussie Vanissian • Estrille Auzart • Babeliette Ponsert • Argelor Gondhi • Falba Majesquière • Bâ Kergé • Azabel Guessau-Duder • Beliew Debels • Godeline Chaussard • Nozette Volinet • Elvaz Guron • Uslav Brosztito • Fradic Lehardouy • Zabel Gobb • Fia Woude • Moseph Sabé • Pégo Lardy-Dochons • Scarfo Sass • Penn-Cilia Rockforty • Elfie Deskon • Digolin Gouillet • Agoss Forpak • Amaillane Mouriess • Lagette Laravanci • Scarpio Bouchesquier • Lud Manizel • Plote Hussi • Folia Falez-Douillon • Agane Herniat • Wilon Lhouque-Almy • Scipia Babouris • Abella Pépinier • Korzi Havassicot • Vira Larouelle • Bustine Chandillon • Kari Lekatangais • Dola Monaissant • Luxane Jandresquin • Twino Samer-Daron • Diouker Egton • Euxin Dhellespont • Tianette Brousselois • Réjus Larcia-Quarcino • Masachir Tadesquey • Dolain Petigot-Paré • Lô-Gwen Lelionnec • Horla Bedasquer • Sanh-Sun Lhoang • Lhutin Coliff • Luron Douigue • Loustin Malacaire • Smyrène Harengo • Phégor Wickann • Maudion Gesquel • Valdo Duc-Lebeurrant • Punias Fidd-Gorman • Uti Vuesz • Yot Bazarian • Sassi-Lunaire Mazalet • Kalam Rez-Daussel • Bel Okrout • Rimel Zanfarone • Gom Tampopino • Poïssa Benmaillouz • Fadel Cuette • Danis-Trom Lehibouyer • Frétine Laroidie • Gogof Pologuen • Guttie Schleiss-Olzein • Mosel Hoviuz • Sassetta Burnas • Mamo Adacam • Dal Parset • Jonalio Fracher • Elgott Persault • Zanie-Thoustra Schnitt • Alizer Mont-Lestaing • Loss Gahi • Farfala Massy-Delponno •

25 janvier 2019

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires (5/6)

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages… [Lire/voir la 4e livraison]

P É T I T I O N N° 5

J’avoue avoir longtemps hésité à signer cette pétition, ce qui est absurde… et à présent il est trop tard.

Elbott Darvaduz • Maxil Furhau • Askhul Kaderdogan • Pom Farand-Bolinier • Tchep Fessendank • Zichar Mélousse • Rott Fuchsa • Doxane Lepopinion • Lobbi Kerastassen • Marlotte Berlachon • Aribelle Mercinier • Odomata Elrassim • Sagalie Latesta • Domelle Toresse • Rogui Poncia • Ulélé Baussita • Govinion Leconnaisseur • Astoriane Gedex • Glossine Duiss • Maudème Shayet • Lom Ga-Koulé • Atalasse Fesque-Leginiol • Sul Herban • Zalian Delbocquer • Catyle Rondillat • Devel Chausser • Négos Fourradineh • Zyldus Guerzo • Alassine Ladur • Moussie Baire • Grinny Jouine-Pliant • Rhoba Clouss • Plie Coudrelier • Torisse Leculagian • Théri Flouck • Runo Lecoindre • Valnère Taramis-Polminet • Lacyana Locresse • Balnett Cognons • Mérénice Molainse-Lesquinat • Prussian Darchefont • Jovia Lakkeder • Safrine Balassier • Mielanizze Droch-Loursin • Mescar Fuppion • Slappie Scherelle • Valinie Magacini • Elfacett Bron • Hochia Vadam • Lasper Darassas • Cyda Swel • Gauline Lossenec • Fhodiane Ferrache • Kingor Monercy • Bobel Agaisse • Totenia Delichy • Baranne Sabès • Lazzine Ouïche • Volomir Saggen • Fassi Leresuissé • Mouli Oulez • Lymen Lothard • Possia Chlin • Djeepy Maclavada • Dodé Safro • Loune Lestier • Minissia Bolongue • Clinamène Lange-Rayat • Lamor Lepacqueusay • Atom Sourdi • Cléonce Lessivier • Trébinthe Vingt-Sennois • Smone Savatt • Thrèse Railloux • Sukudo Murazaki • Sahia Kotta • Phlipp Lasquette • Gémil Salivaux • Sawann Laporoust • Akenza Shimo • Zam Sculer • Grancie Freille • Oltan Hitchauzeur • Béatita Hodon • Stéatine Legrouillant • Choderla Coudeuil • Yokono Musani • Gohny Snet • Poter Lenestorian • Chombo Ramayotti • Farel Thum • Viciana Houlbiette • Dunny Bucks • Akhoulo Mollé-Bali • Alèze Gachassant • Silach Hallis-Borromées • Louvis Dercheron • Alunie Ravenn • Solo Sougue-Lantrier • Tressia Lassecouzin • Golair Gonze • Cuella Satif • Wanni Cachezay •

30 décembre 2018

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires 4/6

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages : et à l’avant-veille de franchir le cap de 2019, qu’en est-il de la PAIX ?… [Lire/voir la 3e livraison]

P É T I T I O N N° 4

Il y a des professionnels de la pétition pacifiste, à croire qu’ils sont payés ;
c’est donc une escroquerie.

Sryl Odchanska • Futie Laboissant • Bilmo Lassenque • Dège Frumeux • Golton Chaloss-Bahring • Effel Sabermeuser • Bia Tongué • Akir Badache • Frosie Delasquin • Asmil Dargelan • Lossav Goreski • Mossel Handzigerwer • Erdop Laravis • Tup Gelakko • Ostinia Lebaraqueur • Wasa Melvoorden • Pélissia Lucard • Olrock Motains • Potia Baslava • Altomer Hechkins • Louva Patrickany • Elbert Lacannier • Vossia Stoff • Sione Magarousse • Smolia Drogge-Luguélen • Alouise Signeur • Lex Lechillan • Gamotte Lavachardie • Deuluz Kis-Frellos • Alibel Gradant • Bakoza Kotyo • Faretta Brôme • Jar-Lasmuel Balaru • Thor Melvaud-Lequeutars • Altom Diversian • Fui-Tao Shima • Légo Lecrottard • Perrina Lastille • Lolji Tamitzu • Buller Whirty • Salvian Noss-Légiers • Schizia Tari • Obreg Santo-Dallos • Stapper Lhoignon • Cynthe Bouradier • Cryo Lagassin • Aubale Boderèche • Chymel Dracine • Elal Rhodi • Mossig Preck • Agada Bosséant • Zedhi Grekké • Omégame Hellaspodès • Sissa Ko • Elveth Lazyme • Asquar Capadasso • Obyx Maroussian • Adégo Mitran-Lourdy • Smaïm Harrara • Alio Douarade • Galliciane Poudot-Lemercy • Phiane Lissé • Galiméo Legimoux • Barissa Laïche • Elruss Odex • Cassine Loupi-Bentabren • Philès Manocrathon • Toder Abrassamo • Mouren Ouédine • Zissé Harundi • Styron Fhix • Jhan-Locien Holléa • Scôme Toulegercis • Liss Lebraillant • Vido Badurier • Moline Docci-Linsart • Penn Malléat • Larion Galosse-Till • Rup Garaveskian • Milani Dodlino • Spire Wolafson • Bachett Landerlin • Masse Dournal • Prima Svena • Foane Méloss • Lorengo Badaros • Malissia Garouche • Sev Cyran • Colovis Leringuet • Dolophe Boroum • Lunica Molto-Labruni • Zhog Dhaberlander • Larcelle Pourratin • Galworse Ston-Toresse • Gher Joleska • Modi Dalvacyvian • Cyrone Dostaing-Dacapia • Tram Savir • Winor Fhnung • Magyar Lerepisseux • Orlane Portel-Sachanty • Davien Ollerbricht • Fridor Garant-Ruffian •

19 décembre 2018

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires 3/6

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages… [Lire/voir la 2e livraison

P É T I T I O N N° 3

Soyons clair : personne ne m’a proposé de signer cette pétition démagogique sinon j’aurais refusé net.

Wiem Thamorgy • Pattak Ilovine • Balassina Obaick-Lorels • Jovel Minabens • Slippo Fraxi • Lodia Vichenskaïa • Nabeige Bohellecq • Golia Obuerte • Lossian Gachachon • Robienne Brigado • Hibolda Manigrubis • Elgass Choléant • Baal-Bozi Bouganda • Touan Guels-Hochain • Abenji Ostema • Gurcelle Roudek • Ulan Bortel • Gummi Tigeon-Layer • Otar Phinon • Pilan Leredressé • Battie Ogueldom • Elmat Leporo • Judabbé Groski • Vahina Labassini • Thélang Siung-Si • Poldi Fhers • Dol Assarmantière • Igness Legessi • Gald Frackenzimmer • Buthar Lesquillon • Labirinia Elcarkos • Bo-Larsen Chaudin-Vontribard • Okito Pho-Pnem • Mélagie Lems • Rim Juffa • Slove Courby-Dalière • Astel Bolossi • Hichaëlla Lebecchi • Bilo Melvini • Ran Vactor • Ladaphile Golestéac • Albadoncq Merrens • Sikko Molenjidi • Atonin Chonf • Mola Doubbi • Larchen Felder-Strasseg • Elnatt Maublot-Vouders • Timor Vellan • Sabirina Lepolong • Katten Melsir • Jong-Ji Fouang • Gorett Whoodenball • Eltria Firminier • Abadaras Cuellos • Thêt Phong-Nin • Laz Batti • Massane Tanche-Livat • Ayrlag Scholldagonzie • Yogan Quarta • Gineuse Minauvadier • Arys Thoti • Davielle Gassapault • Arten Oflesh • Gor Pochenko • Olassie Ruel-Tacotaing • Milette Nadigniter • Loven Jeudin-Lemar • Houry Gapoussant • Abetta Clucci • Larius Coffier • Amarybia Besmuthi • Areg Racassin • Lesmer Traffel-Oder • Ozenia Rungissel • Médric Garons • Elvaise Lavalat-Drocher • Adlita Morani • Basser Charam • Varianina Lundigo • Rouz Machella • Dacain Belgomian • Adouane Belmissa • Cassie Saulucet • Gilburce Dofhenbourg • Assil Speckia • Garanne Brousselain • Derza Jussou • Bhel Jolys-Fishang • Lauzanne Cerfatier • Vieto Balassini • Kfé Sousso • Elzat Pliffel • Ragid Lagoumir • Uesha Tabot-Laburet • Oreggio Danti • Émissa Dallenberg • Ress Tizol • Adoriel Narranty • Estif Ratouni • Gervis Lebarnagel • Poz Ploovers • Elki Laffia • Bobin Vonz •

14 novembre 2018

[Création] Daniel Cabanis, Les 100 premiers signataires, 2/6

Comme ça ne pète jamais, ça pétitionne… Le pire, c’est que ces listes de pétitionnaires on ne peut s’empêcher de les lire… Que cherche-t-on quand on les lit ? Daniel Cabanis nous propose une nouvelle série de dérapages…

P É T I T I O N N° 2

Non : je ne signerai jamais une pétition que n’importe quel pisse-vinaigre antialcoolique peut signer.

Catatina Cheng-Lessouy • Snub Wickier • Olavon Erkoots • Ablav Dabobetz • Dressi Planissian • Orek Layone • Muella Herciller • Talys Lhossé-Deveux • Gacinen Aparatie • Bonette Sigean • Lamou Missen • Vessa Perlut • Mémon Levitellier • Elrack Modens • Lochie Bellavissan • Khmera Quat-Odenzie • Géane Bucourty • Joliette Seillan • Aspartine Vipons • Tajan Gouraiz • Yoppi Delayan • Gathel Monrudert • Milon Goost • Bojane Leredressant • Olaxie Béréchovinas • Ully Belission • Évoal Glains • Belvis Gaume-Lachon • Vass Moniden • Licie Elkandi • Skovo Lipoussov • Aticia Frommet • Movia Elbiris-Coudy • Pincio Zardini • Kater Pilina • Vlyne Ogans-Markel • Louva Liscor • Leg Ozonov • Crinelle Hansperwer • Toupinia Lecarech • Djou-Djou Bankoulé • Elgus Leplisson • Asmartie Odress-Minant • Zedec Tibris • Omag Derchazov • Eljin Fex • Doki Yoff • Alvocimia Spanzulu • Jadel Moursin • Omirane Tatoulatière • Tibiss Féros-Lepoussu • Pot-Lo Viminh • Favel Djouga • Davine Bluchassaing • Alego Reversini • Samothra Thermopilidès • Caddi Delkader • Mayel Sertisseur • Mehrina Flagan-Lecodon • Amil Bodermatti • Anatine Lessué • Olette Griselodia • Diguo Damarina • Loé Chevrels • Al-Reinicher Spissenwek • Phina Domos-Lexiter • Per Dagrossian • Palino Letroudels • Alidéa Foldess • Flego Dramani • Rulès Lanzana • Gamm Pogersi • Beliagor Moussov • Ocyan Apolodantès • Brana Lestrodet • Ecton Lebarsi • Colass Daranguler • Danys Potter-Mayers • Wang Leng-Sumi • Phénis Ricottin • Douar Lelupaing • Liless Agnouffi • Mira Belcossy • Meigel Ofnag • Cariss Moute • Akkiko Tsumani • Corbine Lerecty • Mouffa Djeks • Lasno Bibren • Follain Létrusquier • Gerless Druder • Gaj Lemessian • Feltoff Mouziron • Guen Brohadec • Malvar Reg-Maaltonen • Vanny Gollers • Mollen Lerechezian • Grov Mudeck-Lyan • Silbi Kermagerlof • Ketin Lharro • Mathuler Polin • Anane Levilliers-Daubert • Malinodie Reik-Daracova •

24 juin 2018

[Création] Daniel Cabanis, Viol de soi avec récidive (Psychodiagnostic / 6)

Terminons dans une guérite avec ce dernier post : ça ne se guérit pas… [Lire Psychodiagnostic / 5]

Psychodiagnostic / 6

Dr Zraikman / Dépistage de l’onanisme sévère / série S, planche 6

Ça me fait penser spontanément à une guérite devant un palais présidentiel, ou une caserne. Il y a un type dans cette guérite, un pauvre bougre. Il n’a pas choisi d’être là mais il y est. Il monte la garde. On lui a dit de se tenir là, et d’ouvrir l’œil. Il n’a pas pu se défiler. Il aurait préféré aller au cinéma, au bistrot, à la piscine, ou se faire masser chez Madame Thong ; eh bien il ira une autre fois, s’il y en a une. Bon Dieu, qui commande ici ! C’est pas lui ; donc il est en faction dans cette guérite ; seul, immobile et raide comme piquet, il surveille les alentours. Il n’y a rien ni personne dans les environs, c’est un nulle part, et pourtant il surveille, il guette : on ne sait jamais. Un de ses supérieurs (supérieur, il faut le dire vite) lui a dit Tu sais quoi mec ? Ben, on sait jamais ! et lui il l’a cru ! Il a pris au pied de la lettre cet aveu bidon d’éternelle ignorance (pitoyable plaisanterie), et le voilà piégé, qui attend la suite, peur au ventre, sans savoir quoi : attentat suicide oriental, attaque de drones carabinée, raid éclair américain ou coup bas de Jarnac ? Il sait pas. Et l’attente peut durer un bail sans garantie de relève. Pauvre planton ! Pas ça, la vie. J’aimerais pas être à sa place. S’il a une fiancée le type (ce gland), va falloir qu’il arrête d’y penser avec sa main. C’est plus la peine. La belle voudra pas poireauter indéfiniment ; elle ira voir ailleurs et verra un soupirant supérieur. 

30 mai 2018

[Création] Daniel Cabanis, Viol de soi et récidive (Psychodiagnostic /5)

Cet avant-dernier post de la série est particulièrement jouissif…[Lire Psychodiagnostic / 4]

Psychodiagnostic / 5
Dr Zraikman / Dépistage de l’onanisme sévère / série S, planche 5
 

Ça me fait penser si on veutà une église monolithe, c’est-à-dire entièrement creusée dans la roche. Je pense en particulier à celle d’Aubeterre-sur-Dronne, en Charente, que mon ami Henri Bérac m’a fait visiter en détail, mais il y en a d’autres en Éthiopie et en Turquie notamment. Henri est archéologue. Il travaille depuis un an avec l’équipe du Pr Morès, lequel réputé anthropologue a en projet une monumentale Histoire de l’onanisme au Moyen Âge. La première fois qu’Henri m’a parlé de ce projet scientifique, j’ai cru à une plaisanterie. Or il n’en est rien. L’Université cautionne bel et bien l’entreprise. Elle la soutient avec la mise à disposition de moyens pratiques et budgétaires et académiques. Je n’ironise pas. (De quel droit ?) Je respecte la Recherche et l’Université. Je veux bien croire que la question de la sexualité médiévale (Dieu et Diable dans un même lit !) soit primordiale puisqu’ils le disent. Bref, dans l’église monolithe d’Aubeterre, Henri m’a montré des cavités percées horizontalement dans le roc à hauteur d’homme, profondes de vingt-cinq centimètres et d’un diamètre d’environ six. Ces trous datent du XIIe  siècle, me dit-il ému. On a dit qu’ils avaient servi à arrimer des échafaudages en bois. Erreur. On sait maintenant qu’il s’agit de trous à joieque les tailleurs de pierre se plaisaient à enfiler, après les avoir farcis de suif de bœuf tiède. 

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