Libr-critique

2 septembre 2018

[News] News du dimanche

En cette reprise de septembre, les premiers RV à ne pas manquer : 2e édition du Festival EXTRA ! au Centre Pompidou… Autres RV : avec la revue AOC, avec Manon/Casas, Kéryna/Steurer… le festival « Littéraire, Puissance, etc. »… et NOVARINA…

► Du 5 au 9 septembre 2018 : au Centre Pompidou, 2e édition du Festival Extra ! (Quand la littérature sort du livre), avec Chloé Delaume, Jérôme Game, Cécile Mainardi, Tracie Morris, Benoît Toqué
Et ne manquez pas l’exposition conçue par Gilles Bonnet, Enika Fülöp et Gaëlle Théval : Littéra-Tube

â–º Jeudi 6 septembre 2018 à 19H30 : Les liens d’écriture #1, première rencontre organisée par Christophe Manon dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).
Un cycle de six rendez-vous de septembre 2018 à juin 2019 intitulé « Les liens d’écriture » inauguré par Benoît Casas, auteur, traducteur, éditeur, photographe.
Quels rapports un auteur entretient-ils avec la lecture ? En quoi sa pratique personnelle entre-t-elle en résonance avec d’autres pratiques ? Quelle conversation intime et parfois souterraines poursuit-il avec d’autres écrivains, qu’ils soient vivants ou disparus depuis longtemps ?
À chaque rencontre un auteur contemporain est invité à venir partager avec le public son goût pour une œuvre dont la lecture a été déterminante pour lui.

► Vendredi 7 septembre, 19H au Palais de Tokyo à Paris, débat organisé par la revue AOC :
NOUS NE SOMMES PAS DES ENFANTS !

Avec Michel Agier, anthropologue, Eric Baudelaire, artiste, Patrick Boucheron, historien, Françoise Cahen, professeure de lettres, Bertrand Naivin, critique, Yoann Gourmel et Sandra Adam-Couralet, commissaires de l’exposition « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » du Palais de Tokyo.
Débat lancé par Sylvain Bourmeau.

« Il suffit d’ouvrir un journal d’il y a vingt ans pour que cela saute aux yeux : l’infantilisation a triomphé. Partout on nous parle bébé et on nous prend par la main. On écrit gros et façon Oui-Oui, des textes de plus en plus courts. Bientôt on entendra la clochette, signe qu’il faudra tourner la page. Au-delà du seul cas des médias, le philosophe Ben Barber a brillamment pointé, il y a quelques années déjà, comment ce processus généralisé d’infantilisation pouvait s’analyser comme l’un des effets les plus marquants du capitalisme à l’ère du marketing. C’est parce que nous ne sommes pas des enfants que nous avons lancé le quotidien d’idées AOC et c’est avec des adultes que nous vous proposons de venir réfléchir et réagir ensemble à l’infantilisation du monde ».

► Vendredi 14 septembre à 19H : lecture de Sarah Kéryna et de Sacha Steurer à Zoème (8, rue Vian 13006 Marseille).

â–º Du 15 septembre au 21 octobre, festival organisé par Littérature, etc dans les Hauts de France : « Littérature, puissance, etc. »

🌳 du 15 au 17 sept. × Sud Artois : Ateliers, rencontre, lecture de Louise Desbrusses

🔥 du 21 au 23 sept. × Pays du Ternois
→ Ateliers, rencontres, lectures de Dominique Sigaud

🌪 du 3 au 5 oct. × Flandre Intérieur
→ Ateliers, rencontres, lectures de Marina Skalova

💥 du 9 au 11 oct. × Terre des 2 Caps et Pays d’Opale

→ Ateliers, rencontres, lectures d’Arno Bertina

💫 du 19 au 21 oct × Lille, dans l’église désacralisée Marie – Madeleine (dans l’ordre d’apparition)
🔜 Vendredi, samedi, dimanche
→ Cabines de puissance de la collection Sorcières de Cambourakis
→ Séances de désenvoûtements de Chloé Delaume
→ Exposition Tiens ils ont repeint d’Yves Pagès
→ Librairie éphémère Librairie Dialogues Théâtre
→ Bar – Restaurant vegan le Liquium

🔜 Vendredi 19 octobre
→ Lecture des 2 textes lauréats de Concours d’écriture Littérature, etc.
→ Performance de Tracie Morris, suivie d’une rencontre avec Abigail Lang et Olivier Brossard (en partenariat avec D’un pays l’autre)

🔜 Samedi 20 octobre
→ Atelier d’écriture par Samira El Ayachi et Sandrine Becquet (sur inscription)

🖍 Atelier jeunesse avec Anthony Huchette et l’association Perluette (sur inscription)
→ Lectures – Rencontres avec Arno Bertina, accompagné de Chloé André
→ Lectures – Rencontres avec Marina Skalova, accompagnée de Marjorie Efther
→ Lectures – Rencontres avec Dominique Sigaud
→ Lectures – Rencontres avec Nathalie Quintane
→ Performances d’Yves Pagès et de D’ de Kabal
→ Projection de courts-métrages avec Eileen Myles, Rosa Luxemburg, Sappho, Virginia Woolf…

🔜 Dimanche 21 octobre
→ Atelier écriture mouvement avec Milady Renoir et Louise Desbrusses

â–º Les 21 et 22 septembre, juste après la parution chez P.O.L de L’Homme hors de lui, RV avec Valère NOVARINA et Dominique Pinon au Théâtre Municipal de Vienne.

29 août 2017

[Livres] Libr-vacance (2)

On profite de la fin de l’été pour prendre le temps de faire le point : qu’a-t-on pu manquer ces derniers temps comme lectures importantes ?… Une Libr-sélection de 5 livres vous est d’abord présentée, puis 30 titres vous sont recommandés. [Libr-vacance 1]

Libr-sélection /FT/

â–º Jacques BARBAUT, H ! Hache ! Hasch !, Nous, Caen, 2016, 112 pages, 16 €.

On connaît l’attrait des Lettristes et des Oulipiens pour les lettres de l’alphabet. Dans cet opus plein de fantaisie, qui ressortit à la fois à l’ouvroir poétique, au dictionnaire de littérature, des formes et des symboles, l’auteur alterne divagations, graphismes et citations passionnantes et érudites.

â–º Guy BENNETT, Ce livre, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages, 11 €.

À la suite des Poèmes évidents, Ce livre fonctionne de façon ironique, dévoilant les stratégies scripturales / éditoriales. N’est pas épargné « le monde de l’édition en ligne, où l’écriture se dit simplement "contenu", les écrivains "fournisseurs de contenu" et les plateformes d’édition en ligne […] "systèmes de gestion de contenu" » (35)… Vous y attend tout l’outillage moderne et contemporain : réflexivité, autoréflexivité, post-littérature, édition post-matérielle

â–º Jérôme BERTIN, Lettre à Nina, Atelier de l’Agneau, St-Quentin-de-Caplong (33), été 2017, 20 pages, 9 €.

Moins légère que les rimbaldiennes "Réparties de Nina", cette Lettre à Nina – Nina, "garçonne à cheveux corbeau" – qui commence par "Cher Amour" constitue un oasis azuré dans l’œuvre de Jérôme Bertin : le romantisme noir se fait bleu-rose et l’écriture tire un peu du côté du symbolisme, voire du surréalisme :

"que je vertige en ré mi
sol tranché par
ta pro-

messe masse noire
de tes che-
veux fous" (14).

â–º Paul de BRANCION, L’Ogre du Vaterland, éditions Bruno Doucey, été 2017, 120 pages, 14,50 €.

Où il est question d’un père "retors jusqu’à la fellation du monde", de "Ich" que ne peut supporter Léon Jacques S., d’une configuration familiale digne du conte – d’un récit qui dialogue avec des extraits des contes de Perrault. Un bonheur de lecture vous attend avec cette autofiction fantaisiste en double bande.

"Ich aimais Platon et Socrate car ces deux pédérastes-là ne trouvaient pas grâce aux yeux de Léon Jacques" (43).

â–º Laurent GRISEL, Climats, Publie.net, hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €.

Voici "une épopée" du climat, avec chiffres, histoires et Histoire… Et ce type d’agencement répétitif pour mettre en évidence les mécanismes implacables : "la lutte entraîne la répression / qui entraîne la lutte / qui entraîne la répression / qui entraîne la lutte" (p. 13) ; "moins d’eau donc moins d’arbres / donc moins d’eau des nuages accrochée par les arbres / donc moins d’arbres / donc, de saison en saison / de moins en moins / d’eau" (27)…

Libr-critique a reçu, a lu et recommande

♦ Nadine AGOSTINI, Ariane, éditions Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", Martigues, automne 2015, 28 pages, 4 €.

♦ Jean-Luc BAYARD, P.O.L nid d’espions, P.O.L, été 2015, 222 pages, 16 €.

♦ Sereine BERLOTTIER, Louis sous la terre, Argol, 104 pages, 18 €.

♦ Jean-Pierre BOBILLOT et Sylvie NÈVE, Vers de l’âme-hors, Plaine page, Barjols, automne 2016, 54 pages, 10 €.

♦ Nicolas BOUYSSI, Décembre, P.O.L, printemps 2016, 496 pages, 22 €.

♦ Mircea CARTARESCU, La Nostalgie, traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, P.O.L, février 2017, 496 pages, 29,90 €.

♦ Angela CARTER, Les Machines à désir infernales du Dr. Hoffman, éditions de l’Ogre, hiver 2015-2016, 356 pages, 23 €.

♦ Franck DOYEN, Collines, ratures, La Lettre volée, Bruxelles, automne 2016, 58 pages, 14 €.

♦ Virginie GAUTIER, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, Publie.net [version papier + numérique], 2014, 84 pages, 12 €.

♦ Liliane GIRAUDON, L’Amour est plus froid que le lac, P.O.L, décembre 2016, 106 pages, 13 €.

♦ Rada IVEKOVIC, Réfugié-e-s. Les Jetables, Al dante, Marseille, été 2016, 88 pages, 13 €.

♦ Gabriel JOSIPOVICI, Infini. L’histoire d’un moment, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2015-2016, 158 pages, 18 €.

♦ Anne KAWALA, Le Déficit indispensable, Al dante, 2016, 152 pages, 17 €.

♦ Claudie LENZI, Elle t’enceinte, Plaine page, 32 pages, 5 €.

♦ Cédric LERIBLE, Giratoires, Plaine page, Barjols, printemps 2015, 70 pages, 5 €.

♦ Cécile MAINARDI, L’Histoire très véridique et très émouvante de ma voix de ma naissance à ma dernière chose prononcée, éditions Contre-Pied, hiver 2016-2017, 36 pages, 4 €.

♦ NATYOT, Je suis d’accord, Plaine page, "Les Oublies", été 2017, 28 pages, 5 €.

♦ Leopoldo María PANERO, Ainsi fut fondée Carnaby street, Le Grand Os, Toulouse, automne 2015, 88 pages, 12 €.

♦ Anne PORTUGAL, Et comment nous voilà moins épais, P.O.L, mai 2017, 124 pages, 13 €.

♦ Dominique QUÉLEN, Éléments de langage, Publie.net, coll. "L’Inadvertance" dirigée par François Rannou, automne 2016, 272 pages, 20,50 €.

♦ Jacques REBOTIER, Black is black, Plaine page, coll. "Les Oublies", 14 pages ([petit coffret original], 5 €.

♦ Jean Louis SCHEFER, Squelettes et autres fantaisies, Main courante 5, P.O.L, printemps 2016, 160 pages, 14 € ; L’Image et l’Occident. Sur la notion d’image en Europe latine, ibid., printemps 2017, 142 pages, 13 €.

♦ Patrick SIROT, Procès verbal, Plaine page, 110 pages, 10 €.

♦ Pierre-Yves SOUCY, Neiges. On ne voit que dehors, La Lettre volée, Bruxelles, hiver 2015-2016, 80 pages, 15 €.

♦ Juliana SPAHR et David BUUCK, Une armée d’amants, traduit de l’anglais (USA) par Philippe Aigrain, Publie.net, 2016, 150 pages, 15 €.

♦ Anne de STAËL, Le Cahier océanique, La Lettre volée, hiver 2015-2016, 160 pages, 19 €.

♦ Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, hiver 2014-2015, 200 pages, 17 €.

♦ Jean-Jacques VITON, Cette histoire n’est plus la nôtre mais à qui la voudra, P.O.L, hiver 2016-2017, 80 pages, 13 €.

♦ Julie WOLKENSTEIN, Le Mystère du tapis d’Ardabil, P.O.L, hiver 2015-2016, 384 pages, 23 €.

7 février 2016

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de février, après une UNE consacrée à L’Air de rin de Bruno FERN, le livre de la semaine : Olivier CADIOT, Histoire de la littérature récente. Suivent nos Libr-événements : RV à Marseille avec la revue La Tête et les Cornes ; à Paris avec Mathieu Larnaudie ; à Lausanne avec Olivier Cadiot.

UNE : Bruno FERN, L’Air de rin

Bruno FERN, L’Air de rin, préface de Jean-Pierre Verheggen, éditions Louise Bottu, coll. "contraintEs", hiver 2015-2016, 58 pages, 7 €, ISBN : 979-10-92723-10-6.

Cette fois, "pas grand-chose à se mettre sous la dent mais pas rien pour autant" : la contrainte consiste à inventer des variantes à partir de deux vers célèbres, "Aboli bibelot d’inanité sonore" (Mallarmé) et "Ferai un vers de pur néant" (Guillaume d’Aquitaine). Cet exercice de virtuose vise à rien moins qu’à explorer l’aire du temps et les infinies ressources de la poétique. Donnons tout de suite aux Libr-lecteurs de quoi se mettre sous la dent :

A patrie, proprio, d’identité s’honore.
Assagit directo l’humanité dolore [antidépresseur].
A Neuilly va presto karchériser l’cador.
Avachi top chrono sécurisé indoor.
A gémi quand de dos à en tâter se tord.
A demi dans les mots sonorités débords.
Ahuri jusqu’en haut d’activités senior.
A Paris parano, persécuté à Niort.

Ces alexandrins qui concernent ici les domaines social, médical, idéologique, érotique et poétique, respectent parfaitement le schéma rythmique et phonique initial : 3+3 / 4+2 ; /i/ /o/ /e/ /É”/. Ce qui n’est pas le cas pour bon nombre de vers dans cette première partie – sans compter le problème du e dit "muet"… Quant à la seconde, elle ne comporte que peu d’octosyllabes et peu de césures.

L’essentiel est que la mécanique rythmique – hypnotique et drolatique – s’exerce en vers et contre tout, et notamment de la tyrannie du sens. La crise-de-vers mène ici au trans-faire.

 

Le livre de la semaine

Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome I, P.O.L, en librairie mardi 9 février 2016, 192 pages, 11 €, ISBN : 978-2-84682-231-2.

Présentation éditoriale. Vingt ans après la Revue de littérature générale et ses deux numéros historiques, Olivier Cadiot a eu envie de revenir sur le sujet, mais cette-fois sans l’aide de sociologues, de philosophes, de musiciens ou de paysagistes. Avec les seuls moyens de l’écrivain contemporain. Sans plans, ni cartes, ni partitions, ni théorie. Cela donne un feuilleton en plusieurs épisodes, comique et sensible, une histoire en zigzag émaillée de conseils à de futurs auteurs… et surtout à soi-même. Une suite de variations consacrées aussi bien au passé de la littérature qu’à son présent, à son avenir, à sa mort annoncée mais toujours différée. Ce n’est pas à proprement parler une fiction, bien que cela y emprunte des personnages, des « figures », des cas psychologiques et une vraie liberté de ton ; ce n’est pas non plus un essai bien que s’y retrouvent théories, hypothèses et débats : c’est un livre d’Olivier Cadiot.

Note de lecture. "Personne n’est satisfait de sa manière d’écrire, seuls certains secrétaires de ministères, quelques professeurs de l’enseignement supérieur ou des préfets à la retraite pensent écrire bien naturellement" (p. 123)… Il s’agira donc de ne tomber ni dans le bien-penser, ni dans le bien-écrire. Au reste, on n’écrit pas : l’écrivain contemporain n’est dynamisé ni par l’antique furor, ni par le moderne Inconnu ; il ne saurait ni explorer les obscures profondeurs ni arborer la langue transparente des actuels communicants.

Fort d’une expérience d’un bon quart de siècle, Olivier Cadiot tourne le dos aux outils universitaires pour proposer une divanitation anti-académique qui prend la forme d’une enquête, un projet qui n’est pas à proprement parler une histoire de la littérature : ni dates, ni noms, ni hiérarchies… D’ailleurs, doit-on se fier aux étiquettes ? "Post-truc ? Pré-Machin ? On ne voit plus où on est" (35). Une histoire vivante devrait entrelacer en spirale l’ancien et le moderne, se faire problématique : "L’histoire doit devenir une histoire problème qui questionne le passé et remet constamment en question ses propres postulats et méthodes afin de ne pas être en reste sur les autres sciences et sur l’histoire du monde" (43) ; et, de nos jours, tout "honnête individu" devrait entreprendre "une histoire de ce qui nous arrive" (101).

Que retenir, donc, de ces caprices et zigzags ? Qu’il faut vider la littérature de la littérature, la poésie de la poésie ; se défier des modes, de l’autofiction par exemple : "histoires de famille, premiers émois, mort du père, viol de X, disparition de Z, tortures de W" (19) ; et que, "si la littérature a disparu, c’est peut-être à cause de cette possibilité qu’elle s’est donnée de tout raconter en direct" (150)…

Libr-événements

â–º Vendredi 12 février 2016 aÌ€ 19h, Centre International de Poésie Marseille. Présentation de la revue La Tête et les Cornes : Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon. Lectures : Cécile Mainardi, Marc Perrin.

La teÌ‚te et les cornes est une revue de poésie et de traduction. Les deux premiers numéros ont réuni des textes de Chu Halim, An Hyŏnmi, Ch’oi KuÌŒmjin, Kim Chudae, Lee Ch’ŏlsong, Lee Chaehun, Hŏ Yŏn, Linnéa Eriksson, Beata Berggren, Adam Westman, Niclas Nilsson, Martin Högström, Peter Thörneby, Jørn H. Sværen, Virgil Mazilescu, Peter Waterhouse, Peter Gizzi, Alan Davies, Alice Notley, Julien Maret, Cécile Mainardi, Danielle Mémoire, Marie-Louise Chapelle, Victoria Xardel, Marc Perrin, Marie Cosnay, Caroline Sagot Duvauroux, Marie-HéleÌ€ne Renoux.
Certains de ces textes ont été traduits par Benoît Berthelier, Julien Lapeyre de Cabanes, Martin Richet, Stéphane Bouquet, Marie de Quatrebarbes, Pierre Drogi et Lucie Taïeb.
La teÌ‚te et les cornes existe depuis 2013. Elle est coordonnée par Marie de Quatrebarbes, BenoiÌ‚t Berthelier et Maël Guesdon. Dans le cadre de l’invitation du Centre international de la poésie de Marseille, La teÌ‚te et les cornes a proposé aÌ€ plusieurs auteurs d’écrire aÌ€ partir du cinéma d’Alain Cavalier.

â–º Vendredi 12 février à 19H, Librairie Les Traversées (2, rue Edouard Quenu 75005 Paris), rencontre avec Mathieu Larnaudie organisée par les Filles du Loir : avec Gabrielle Napoli, l’écrivain reviendra sur Strangulation (2008).

â–º Mardi 16 février à 20H, rencontre et lecture avec Olivier Cadiot au théâtre de Vidy à Lausanne (Suisse) autour de son dernier livre Histoire de la littérature récente. Entrée libre.

Théâtre de Vidy / La Kantina, Av. E.-H. Jacques-Dalcroze 5 CH-1005 Lausanne / Billetterie +41 21 619 45 45 / info@vidy.ch

 

13 mars 2013

[Chronique – news] Daniel Foucard, NUDISM

À l’occasion de la rencontre poétique organisée dans le cadre du Printemps des poètes par Philippe BOISNARD et Hortense GAUTHIER le vendredi 15 mars 2013 au Centre DATABAZ (100, rue de Gond 16 000 Angoulême), découvrons le dernier roman de Daniel FOUCARD, l’auteur de Civil : NUDISM (Inculte). [Autres invités, que l’on apprécie sur LIBR-CRITIQUE : Patrick BOUVET et Cécile MAINARDI]

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10 mars 2013

[News] News du dimanche

Puisque le Salon du livre de Paris met à l’honneur la création éditoriale française, commençons par un spécial éditions de l’Attente. On se concentrera ensuite sur d’importants Libr-événements : PAN! po&phi à Limoges, Bernard Desportes sur France Culture, Marc Perrin en tournée pour son Spinoza in China…

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3 mars 2013

[News] News du dimanche

Pour commencer un mois ordinairement riche en événements : Spécial PRIGENT ; Libr-événements (rencontres avec Bruno Fern, Patrick Bouvet, Daniel Foucard, Cécile Mainardi, Stéphane Korvin… Carte blanche au Bleu du ciel).

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18 janvier 2009

[News] News du dimanche

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , , , — rédaction @ 10:28

Cette semaine, une nouvelle libr-présentation – proposée par SAD – des libr-brèves et des livres reçus : Stéphane Baquey, Pierre Jourde, Cécile Mainardi, Alain Jugnon et les revues TINA n°2. Une nouvelle qui nous réjouit aussi, c’est la libération d’Yldune Lévy, après deux mois de détention, sans charge. Nos pensées vont aussi vers Julien Coupat, toujours incarcéré. Nos pensées aussi pour ce qui a lieu à Gaza, l’horreur de la barbarie à visage humain provoquée par le gouvernement israelien, que nulle exaction du hamas ne saurait excuser ou relativiser. À lire ce témoignage de Naruna Kaplan qu’a mis en ligne François Bon.

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24 octobre 2006

[chronique] La blondeur, de Cécile Mainardi

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Hortense Gauthier @ 22:30

La blondeur, de Cécile Mainardi, publié aux éditions Les petits matins, dans l’intéressante collection les Grands soirs, dirigée par Jérôme Mauche, est un texte en prose étrange, déroutant et superbe. Divisé en neufs chapitres, ce long poème à la trajectoire ondoyante se lit en une seule fois, ce qui est assez rare en poésie, et se relit encore aussi, dans le désordre, chaque page, chaque paragraphe pouvant se suffire à lui-même. Cécile Mainardi parle de la blondeur, de la blondeur de quelqu’un, c’est plutôt énigmatique a priori, mais très vite on entend la voix d’une femme qui parle d’un homme, qui s’adresse à un homme, blond, qui n’est plus là, mais dont la blondeur à la fois recouvre tout, dont la blondeur contient, se déplie en toutes les couleurs possibles, en une foule d’images, de sensations, d’odeurs, d’idées, possibles…

Après avoir été « réduite en charpie dans le broyeur électrique » de l’amour, et par la séparation, La blondeur apparaît comme une tentative de reprise de soi par l’écriture. Les mots sont un moyen de saisir ce qui reste, mais sont aussi ce reste, et ce qui émerge de cette restance, c’est-à-dire de l’absence, du vide, de dissolution de soi et des choses… La blondeur semble être ainsi le nom qui lui est donnée, sorte de matérialisation immatérielle de la vacance de l’autre ; car ce blond, cette blondeur n’est pas vraiment une couleur, c’est un reste, une trace, un évanouissement de couleur, une sorte de brume, de spectre, dans tous les sens du terme (fantasme, lumière), un halo fantomatique de l’être perdu, qui ne cessent de revenir, d’apparaître sous de multiples formes, métaphorisées. Ce manque, cette absence a produit paradoxalement une « anomalie de la vue », l’auteur voit du blond partout, tout est teinté, saturé de blondeur, (« le daltonisme est une anomalie de la vue, liée au sexe »), et avec cette blondeur, qui produit à la fois aveuglement et hyper-vision, émerge « une rétine au fond du langage », la blondeur est alors le prisme par lequel Mainardi voit et déplie le réel, « oui les mots sont aussi une affaire de dégradé ».
Ainsi, de la blondeur affluent de multiples formes, êtres, objets, sensations, car quand un être vous quitte et que tout semble vous quitter à sa suite, cette absence devient aussi hyper-présence, obsession :
« un seul être vous manque est tout est repeuplé, horriblement, partout, à chaque coin de rue, tous membres d’une même espèce, paradoxale, qui t’exclut
un seul être vous manque et nous ne sommes plus nous et tous les autres pronom augmentent dans la conjugaison de la ville ».
Cette absence produit une saturation de présence, une hypertrophie de signes, de manifestations de blondeurs, de souvenirs, de liaisons, de connections entre les éléments du monde, comme si la rupture amoureuse, cassure violente mais re-créatrice, avait permis d’ouvrir le réel et avait fécondé par pollinisations la moindre de choses, comme on brise un et que tous les spores se dispersent et prolifèrent. Comme si de cette destruction, de cette espèce de mort à soi-même qu’une rupture engendre, renaissait toute une profusion de sensations, de couleurs, de formes. Ainsi, c’est « dans l’impossibilité de nommer autant que dans celle de voir » que naît le poème, et dans l’impossibilité aussi à être dans le temps et l’espace, à se positionner parmi les choses quand quelqu’un vous quitte, comment tout à coup plus rien n’est évident, et que l’absence produit une irrémédiable disjonction entre soi et le monde.

Ce blond n’est pas non plus une vraie personne, comme elle le répète plusieurs fois dans le livre (« ô ma fausse vraie fausse blonde oxygénée dans les mots, vous n’êtes pas une vraie personne », « vous n’êtes pas une vraie personne, plutôt un phénomène qui me fuit, qui ne m’entretient plus que de tonalités »), c’est le souvenir, la sublimation, ou la détérioration d’une personne, produite par l’alchimie des mots, c’est les métamorphoses qu’elle subit dans le langage. La blondeur, trace évanescente de l’autre, dont le poème se fait l’écho, le reflet, dans cette instabilité et cette altération de l’image et du sentiment qu’elle provoque, est l’insaisissabilité du flux, même à travers la profusion de métaphores (« ta blondeur qu’aucune métaphore n’obtient en image nette, mais une image-nette une image floue, en surface noyée, ta blondeur sulfate-ophélia »). Les métaphores ne sont pas des descriptions, mais des inventions, des recréations fantasmées, évolutives, éphémères, ce sont les formes floues et déformées qu’emprunte provisoirement et furtivement le fantôme de l’homme parti.
« ta blondeur moissonneuse-lieuse-batteuse à débiter des bottes de visibilité ».
« Sous un ciel bleu supersonique
où le sillage d’un avion découvre la marque de deux reins de fumées blanches
plane sur ta blondeur dobble-blind
sur ta blondeur dobble-bound
que j’arrive à capter sur les fréquences courtes
l’ombre de l’hélicoptère qui la filme »

Toutes ces métaphores sont aussi une façon de convoquer le fantôme de l’autre pour mieux le faire danser dans les circonvolutions du langage __ seul mode de saisissement possible de ce qui n’est plus __ et ainsi le déconstruire, le désamorcer. Le poème, et la nomination proliférante de la blondeur, est une façon d’épuiser ce spectre qui n’en finit pas de partir et de rester, afin de s’en débarrasser, mais c’est aussi une façon de le « maintenir en réanimation », et de redonner vie à ce qui passe, meurt, s’évapore, car de son maintien semble dépendre la propre présence aux choses, au monde, et surtout au langage de l’auteur. La blondeur est un adieu sans cesse retardé, ou qui ne veut, ne peut se clore, c’est le langage dans cette situation instable, fragile, douloureuse, en perpétuelle ouverture, au mouvement fluvial, incessant, mais toujours identique, dont l’écoulement répétitif dit cette impossibilité à se défaire complètement de l’empreinte des amours passées.
La blondeur est alors le canal d’exploration, de dépliement du langage pour en activer les différents spectres de lumières, les multiples potentialités et tonalités. La blondeur est en fait le prisme, le filtre par lequel Mainardi semble voir le monde et les choses, « ta blondeur n’existe pas, c’est moi qui l’ai inventée pour la refléter dans le Tibre, c’est moi qui l’ai inventée pour que les choses est un reflet ». Et le poème se fait fleuve, chevelure, simple écoulement, matière ondoyante, dont chaque mot constitue un éclat. Jamais de fixation, ni de captation, ou de circonscription, Mainardi maintient « les choses dans un état d’éclat », dans « leur constant clignotement », car « la poésie n’arrête pas le va-et-vient », « ni ne le bloque », « elle relance continûment la mise et maintient le monde en état de double/hallucination/rotatoire ».

Ainsi le livre est cette tentative de saisie et de dé-saisie simultanée de ce qui apparaît quand tout s’évanouit, se décompose, car cet évanouissement, cette dissolution de soi et des choses quand quelqu’un vous quitte produit certains effets dans la perception et dans le langage, comme des déformations, des altérations des sens, des distorsions de réels, des hallucinations. Le poème est donc le jaillissement même de cette dissolution, « certains phénomènes ne se manifestent pleinement que dans leur extinction », et le langage dans ce délitement survient donc dans un mode oscillatoire, dans une spectralité.
C’est à travers cette expérience du manque, de l’absence qui hante, que se produit une véritable expérience avec le langage, Mainardi laisse se déployer toutes les potentialités que cet affect lui ouvre dans l’écriture. Sans romantisme, sans sentimentalisme, c’est plus quelque chose de l’ordre de l’opération chimique et physique qui se produit, dans ce que CM nous dit du passage du temps qui ne passe pas, dans cette infinie tristesse qui l’accompagne et emplie l’espace vide de l’être aimé. Et ce n’est plus tant la question de ce blond, de cet autre qui n’est plus là qui est importante, mais plutôt ce que fait naître son empreinte crépusculaire, ce que fait émerger son absence dans la langue. La blondeur n’est plus seulement trace de l’absent, mais l’énergie même du poème (« le négatif phrasé de cette déperdition »), son mode d’apparition et de dépliement, sa matière changeante, évolutive. La blondeur serait ce vide qui creuse la langue, pour en extraire les multiples possibles, et dans la profusion de définitions de la blondeur, c’est la multiplicité des ouvertures du langage qui se déploient. Et la langueur, la furtivité, l’improbabilité même de cette blondeur n’est que la surface de réflexion où se projette la fragilité du mouvement des phrases, de leur impossible écoulement, de leur impossible suspension, surface où se cogne l’impossibilité du dire quand il s’agit de parler d’amour.
Il y a une véritable beauté dans l’écriture de Mainardi, à la fois expérience de ressaisie de soi et du monde, squelette reptilien, corde souple et tendue pour se tenir dans l’espace et dans le temps et en accompagner ses mouvements difficiles. Il faut souligner cette façon très tenue, sans pathos, ni épanchements qu’elle a d’évoquer la perte, l’absence et la hantise que produit l’amour. Le poème malgré la profusion d’inventions et d’images, et la précision de la nomination, qui permet justement la pudeur, ne dit rien vraiment de cet absent qui emplie tout, mais dit avec justesse l’impossibilité même qu’il y a à parler de l’être aimé. Le poème est circonvolutions, méandres, il parle ne parle pas de lui, mais de ce qui se produit autour, à côté, matériellement, dans la perception de l’auteur, dans la langue qu’elle tente de parler, il préserve cet indicible, ne force pas le langage, mais crée au cœur même de cet impossible la possibilité de la poésie.

11 octobre 2006

[Livre] La blondeur, de Cécile Mainardi (Les petits matins)

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La Blondeur de Cécile Mainardi, postface de Stéphane Bouquet, (non paginé) 140 p., ISBN : 2-915879-21-4, prix : 12 €4ème de couverture :

mainardi113.jpgCécile Mainardi est au Negresco avec deux hommes. L’un est nettement brun, l’autre châtain gris. ils boivent tous les trois un cosmopolitan (vodka, Cointreau, citron et jus de cranberry).
(Nice, le 7 juin, 0h20)

Premières impressions :

Qu’est-ce qui se cache sous la couverture-chevelure de ce livre des Petits Matins (et dans cette chevelure des pages, car il faut bien souligner que les éditions des Petits matins et leur Design Labomatics, n’ont pas peur d’être too much!). Quelle blondeur ? Vers où nous conduit cette recherche de la blondeur, du souvenir de la blondeur, du dire de la blondeur, du voir de la blondeur, du devenir de la fausse-blondeur…. etc… En attendant de lire la chronique d’Hortense Gauthier, un livre que nous recommandons chaudement du fait de « la blondeur couleur fond d’aquarium de restaurant thaïlandais », car très bie élaboré par ses parties, à l’écriture très maîtrisée et à l’humour incisif. PB

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