Libr-critique

20 octobre 2019

[News] News du dimanche

Avant vos Lib-événements de fin octobre/début novembre (Cécile Portier, Charles Pennequin, Michel Deguy, Éric Chevillard…), une recette particulière avec le duo satirique Cuhel/Heirman… Puis votre Libr-8 suivi de la rubrique « En lisant, en zigzaguant »…

UNE satirique :
La recette de la semaine : une blanquer-de-veau (CUHEL/HEIRMAN)

N’en déplaise aux blanquer-dévots, voici la recette de la blanquer-de-veau…

Dans un saladier de technopicrate, verser

  • une pincée d’épices
  • une cuillerée de malice
  • une poignée d’injustice
  • une louche d’économie(s)
  • une charretée d’avanies
  • une volée de n’importe quoi
  • une overdose de mauvaise foi
  • un mix / une mixture de neuronique et de numérique…

Et le (vilain) tour est joué !

Libr-événements

► Cécile Portier, dont on connaît l’admirable site Petite Racine, sera en résidence à Marseille du 21 au 25 octobre 2019 dans le cadre des micro-résidences d’Alphabetville.

« Mais je ne parlerai pas de politique. Non. Non. Non. Je parlerai de ce qui nous échappe. De ce qui fait que nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, et que nous glissons inexorablement le long de la réalité. C’est une réalité qu’on ne peut appréhender avec les méthodes ordinaires » (extrait de « Faux plat, cartographie par la fiction de nos espaces politiques », AOC, 2018).

♦ Le jeudi 24 octobre à 18h30, Faits divers avec Cécile Portier, café-librairie la Salle des machines, Friche la Belle de Mai (41 rue Jobin 13003 Marseille).

Dans le cadre de sa résidence, Cécile Portier présentera « Plusieurs », un texte inédit, publié spécialement dans la revue La première chose que je peux vous dire aux éditions de La Marelle, en partenariat avec Alphabetville. Lecture et échange autour du texte. Entrée libre. Revue : 2 €.

► Jusqu’au 30 octobre

► Vendredi 25 octobre à 20H, Poètes en Résonances (75018) :

► À la Maison de la poésie Paris :

Libr-8 (septembre-octobre 2019)

► Jean-Michel CORNU DE LENCLOS, L’Abysinienne de Rimbaud, Caen, éditions Lurlure, 296 pages, 22 €.

► Sylvain COURTOUX, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir, Les Presses du réel / Al dante, livre de 362 pages + CD, 27 €.

► Alexandre DESRAMEAUX, Saut fixe, Atelier de l’Agneau (33), coll. « Architectes », 78 pages, 16 €.

► Ariane JOUSSE, La Fabrique du rouge, éditions de l’Ogre, 128 pages, 14 €.

► Julien LADEGAILLERIE, Lacrymogenèse, Les Presses du réel, coll. « PLI », 72 pages, 10 €.

► Daniel POZNER, Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, ibid.

► Sébastien RONGIER, Alma a adoré. Psychose en héritage, Marest éditeur, à paraître le 22 novembre, 176 pages, 19 €.

► Jean-Philippe TOUSSAINT, La Clé USB, Les Éditions de Minuit, 192 pages, 17 €.

En lisant, en zigzaguant…

► « Il faudrait pour connaître la vie et se connaître soi-même être toujours en train d’écrire un récit parallèle (pour disloquer l’ordonnance & et arracher cette pseudo-transparence, la dépouiller – cette opacité qui sonne et trébuche dans le fin fond du moindre mot / chaque mot est une tour pleine de combattants) • de ratures qui laissent lire ce qui peut les oblitérer (un texte qui est à la fois très ressemblant, un texte qui est à la fois tout autre (pratique + événement du ré-agencement – ce jeu qui introduit du possible dans l’impossible) • et tout ceci renvoie, répercute, cite, propage son rythme sans mesure » (Sylvain Courtoux, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir).

► « Psycho ne produit pas seulement un effet cinéma dans le monde du cinéma. Les bouleversements sont profonds pour de nombreux artistes contemporains qui réfléchissent à la production des images à partir de leur expérience de spectateur. L’enjeu de la notion de « cinématière », développée dans un précédent essai, est de penser le cinématographique comme un matériau qui serait passage et déplacement, une tension qui déborde le champ cinématographique » (Sébastien Rongier, Alma a adoré, en librairie le 22 novembre, p. 137).

► « Des génies, au portail ? Derrière, sérail toi ! La faim, bander. La mort : gargantuesque. Hé oh ! Marcello ! stronzo ! bello !, braguette, ta plaie, pédale, tais, sexe !, mais mort, moteur, marrant, devant ? Démarre ! Démarre ! En tigre, blanchi de glace, rugis, bondis : pile mort, et face : tes non ; et vit, de neige, de nuit, d’été,
Ne plus, baiseras, jamais, tu plus ! » (Alexandre Desrameaux, Saut fixe, p. 15).

21 octobre 2018

[News] News du dimanche

Pour franchir comme il se doit le cap d’octobre à novembre : RV au 4e salon des Voix mortes, au Banquet d’automne du livre de Grasse, chez Charybde avec Cécile Portier…

â–º Vendredi 26 octobre 2018 : 4e salon des Voix mortes, consacré à la littérature indépendante, à Clermont-Ferrand : avec notamment Beurk, C. Siebert…

â–º Banquet d’automne du livre de Lagrasse : du 2 au 4 novembre

Vendredi 2 novembre
15 h 30 : Johan Faerber
Histoire du contemporain ou comment écrire après la littérature ?
Histoire du monde, histoire de soi : tel est le destin double qui se donne dans l’Après-littérature, dans le moment post-littéraire que les écrivains inventent au présent. De David Bosc
 à Nathalie Quintane, de Tanguy Viel à Laurent Mauvignier en passant par Simon Johannin et Célia Houdart, se donne à lire une littérature du sensible qui cherche à étreindre l’atome, à rendre le récit physique et politique. La littérature est un sentiment : telle est la loi du moment post-littéraire qui est le nôtre.

17 h : Jean Rouaud
La « Loire Inférieure » et l’Histoire, en désordre et en profondeur.
Entretien autour des Champs d’honneur et d’Un peu la guerre
Ces deux œuvres se répondent : unité de ton, humour omniprésent, subtile légèreté constituent son viatique quand le risque serait l’enlisement ou le naufrage.
Travaillant toujours à davantage « débrider son écriture », Jean Rouaud parvient, sans jamais perdre le fil, à vagabonder librement au fil des siècles, des associations d’idées,
des anecdotes historiques et familiales, et des allusions littéraires : une sorte de « vie poétique ».

21 h 30 : Perrine Lachenal, Pierre Senges et Arnaud Sauli. Retour de Résidences.
Au printemps dernier, l’anthropologue, l’écrivain et le cinéaste ont tous trois, inauguré la première Résidence partagée de Lagrasse autour du thème La Frontière. Ils viennent ce soir raconter cette expérience.

Samedi 3 novembre

11 h : Table ronde

Écriture du moi, et du monde

15 h : Michel Jullien
Ignorer, écrire
L’Île aux troncs a pour cadre Valaam (Russie), début des années 1950. Les protagonistes sont des vétérans de la Grande Guerre Patriotique ; certains sont réels. Entre Histoires du moi et Histoires du monde, le récit penche franchement du second côté. Pourtant, les déportations sur cette île ne sont pas documentées, les archives n’ont pas été ouvertes. On sait peu, ou rien. Dès lors, comme substitut, comme paradoxe, la composition du récit puise moins à l’Histoire qu’à l’imagination, c’est-à-dire à “un moi” des plus réceptifs. Écrire, ignorer ce sur quoi on se penche tout en sachant qu’on l’ignore, c’est écrire au plus près de soi-même, pas à pas.

17 h 00 : Jean-Yves Laurichesse
Carrefour d’histoire(s), la place du grand-père et de Claude Simon.
Entretien autour de Place Monge.
Liant histoire collective et personnelle donnant à voir la Grande Guerre sous un angle plus intime et émouvant à travers de « pauvres archives » : lettres, cartes postales et photographies. Les étudiants chercheront comment Jean-Yves Laurichesse a compris ses missions conjointes d’héritier et d’écrivain. Ils évoqueront cette place parisienne « lieu même des coïncidences » puisque s’y croisent histoires littéraire (Claude Simon y vécut et Jean-Yves Laurichesse lui rendit visite), collective et familiale.

21 h 30 : Soirée lecture
Mise en voix et musique par les étudiants de l’université Jean-Jaurès de Toulouse, des textes des auteurs invités.

Dimanche 4 novembre
11 h : Projection 
Pierre Bergounioux, la passion d’écrire (Film documentaire de Sylvie Blum, 2017, 52 mn)
Pierre Bergounioux écrit pour les morts, pour ceux de la région d’où il vient, la Corrèze du sud. L’écrivain nous fait visiter son royaume ingrat, sec, replié sur lui-même où il a été heureux, un royaume habité aujourd’hui par les fantômes. Les villages presque vides, les cimetières, tout ce qui résonne avec la dureté âpre du plateau de Millevaches.

15 h : Jean-Michel Espitallier, Entretien autour de La Première année
Une visite guidée dans l’univers de Jean-Michel Espitallier, son cabinet de curiosité, son atelier, ses sources d’énergie, ses salles d’archives, sa gare de triage et ses géographies. Ou comment (et pourquoi !) travaille cet écrivain inclassable.
16 h 30 : Débat général de clôture

► Cécile Portier chez Charybde le 7 novembre pour son superbe De toutes pièces (Quidam, été 2018) [Librairie Charybde : 129 rue de Charenton 75 012] :
« J’aurais bien aimé récupérer le masque mortuaire de Wagner, yeux clos de cire, fermés sur un rêve sans fin, une terreur. À défaut, j’ai pu obtenir celui de Dolly, premier mouton cloné, un double en fait » (p. 53).

16 septembre 2018

[News] News du dimanche

« Reprise », dites-vous ? Mais quelle prise avez-vous sur le « Réel » ?
« Rentrée », dites-vous ? Parce que vous étiez partis ? Où cela ? – « Je reviens vers vous », dites-vous…
Ah ces Français, toujours à l’école… De grands enfants, non ?
Et cette « rentrée », vous la voulez « littéraire »… C’est-à-dire conforme aux canons de ce qui est estampillé « littérature », aux modes de ce qui s’appelle « la vie littéraire » – celle qui se ressent sur les plateaux de TV, dans les studios de la radio, en lisant les gros titres rescapés de la presse… Drôle, non ?
Et quel est mon « ressenti littéraire » en cette « rentrée littéraire » : un effet d’étrangeté… ça existe, ça ? /FT/

Agenda de Christian PRIGENT

► Radio Ritournelles a enregistré quelques « TXT » (anciens et nouveaux) invités en juin 2018 au Marché de la poésie de Paris.

â–º Où l’on retrouve le duo de choc Vanda Benes / Christian Prigent le 28 septembre à La Passerelle, scène nationale de St Brieuc

► Écho au n°32 de TXT, RV le 13 octobre à Caen

Libr-événements

â–º Mardi 18 septembre à 19H, L’Arbre à Lettres Bastille (75012) : rencontre avec Jean-Michel Espitallier pour son poignant récit de deuil, La Première Année (Inculte). On y reviendra tout bientôt…

â–º Jeudi 20 septembre à 19h, Galerie Elizabeth Couturier (25 rue Burdeau 69001 Lyon), Exposition – Rencontre avec Nadège Druzkowski et Béatrice Brérot autour de leur livre :
dix mille êtres dedans est un poème, un long poème à lire. C’est aussi un poème symphonique à écouter (sonorisé par l’auteur), un texte radicalement vivant, auto-généré, arborescent, lâché sur les chemins de la pensée et ceux de la Terre.

► Vendredi 21 septembre à 19H, Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004) : lancement de De toutes pièces (Quidam éditeur), signé Cécile Portier. On y reviendra bientôt également.

► À partir de ce dimanche 23 septembre, exposition Albert Aymé

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► Mardi 25 septembre à 19H, Tropismes Librairie à Bruxelles : rencontre avec Véronique Bergen pour son dernier roman, qui ne manque pas de chien, Tous doivent être sauvés ou aucun (ONLIT éditions).

16 juillet 2018

[News] Libr-vacance 2018 / 1

Plus que jamais, en ce temps de saturation médiatique, c’est le moment d’entrer en vacance : ce premier volet de Libr-vacance vous invite à méditer avec Leslie Kaplan sur/avec Mai 68, à lire une sélection de livres très récents, à rendre hommage à Christophe Marchand-Kiss, et vous donne RV au festival de poésie Voix vives…
Face à la liesse de ce 14-Juillet à double révolution, faut-il suivre le flaubertien fleuve humain auquel fait allusion Jean-Claude Pinson dans son dernier livre, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique)  ? « Flaubert, qui n’aimait pas la foule, écrit à Louise Colet que, néanmoins, "les jours d’émeute", il se sent "enivré par une poésie humaine, aussi large que celle de la nature, et plus ardente" »…

UNE : le Mai 68 de Leslie Kaplan, du chaos au chantier…

Leslie Kaplan, Mai 68, le chaos peut être un chantier, P.O.L, mai 2018, 80 pages, 9 €.

Il était un temps où l’espace social français n’était pas saturé par une seule obsession, l’invasion des "Migrants", que seul peut chasser cet antidote magique, la Victoire-des-Bleus… Une Coupe du monde quand la coupe est pleine, des Bleus contre les bleus à l’âme, le Mondial contre les ravages de la mondialisation…

« Et alors "quelque chose se passe"
qui remet en cause l’ordre normal, habituel, les choses en l’état, le surplace, apparemment calme, en fait violent, la répétition du mensonge […]
en mai 1968, c’est l’absence de hiérarchie
au contraire, c’est l’égalité, la liberté réciproque
la parole est partout, dans tous les milieux, chez tout le monde » (p. 39).

« ET ALORS vient la question : tout ça s’est fait dans des mots, paroles, dialogues
est-ce suffisant pour une révolution ? certes non
une révolution suppose un changement du cadre de pensée établi
mai 1968 a été un mouvement de contestation du cadre actuel, de la société capitaliste marchande
un mouvement très fort, général
et après 68, il y a eu une "reprise en main" terrible
un retour en force de la société de consommation

les paroles vivantes ont été "récupérées", c’est-à-dire : sont devenues des clichés » (p. 47-48).

Ces clichés, nous les avons tous en tête sous forme de slogans : "Faites l’amour, pas la guerre !" ; "Il est interdit d’interdire !" ; "L’imagination au pouvoir !" ; "La beauté est dans la rue" ; "Prenons nos désirs pour des réalités !" ; "Soyons réalistes, demandons l’impossible"… Mais, dans sa conférence interrompue par quelques personnages tout droit issus de ses textes, Leslie Kaplan insiste autant sur la chape de plomb du régime gaulliste que sur la prise de parole : mutisme des dominés… silence sur les opprimés… silence sur la France de Vichy, la guerre d’Algérie… Contre une certaine doxa selon laquelle Mai 68 est avant tout une révolte hédoniste et consumériste, un soubresaut individualiste, l’auteure nous invite à penser 2018 grâce à ce mouvement anticapitaliste : plutôt que de nous laisser engluer dans un individualisme de masse et un identitarisme de mauvais augure, retrouvons notre puissance d’étonnement, un désir de singularité qui passe par l’altérité !

Libr-15 : LC a reçu, lu et vous recommande

♦ Philippe ANNOCQUE, Seule la nuit tombe dans ses bras, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 152 pages, 16 €.

♦ Julien BLAINE, De quelques tombeaux de feus mes amis & de feue mon amie, Au coin de la rue de l’Enfer (04), mai 2018, 54 pages, 13 €.

Julien BLAINE, Catalogue de l’Exposition 1968/2018 = 1/2 siècle & Julien Blaine = 3/4 de siècle, Marseille, édition im/paires et éditions Galerie Jean-François Meyer, mai 2018, 64 pages.

♦ Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, juin 2018, 86 pages, 10 €.

♦ Comité restreint, L’Inclusion qui va, éditions Louise Bottu, mai 2018, 128 pages, 7 €.

♦ Christophe ESNAULT, Mordre l’essentiel, éditions Tinbad, printemps 2018, 336 pages, 26 €.

♦ Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, juin 2018, 162 pages, 14 €.

♦ Laurent GRISEL, Journal de la crise de 2008, éditions Publie.net, printemps 2018, 272 pages, 20 €.

♦ Pierre MÉNARD, Comment écrire au quotidien. 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018, 450 pages, 24 €.

♦ Cécile PORTIER, De toutes pièces, Quidam éditeur, à paraître en août 2018, 180 pages, 18 €.

♦ Jean-Claude PINSON, LÀ (L. – A., Loire-Atlantique). Variations autobiographiques et départementales, éditions Joca Seria, Nantes, juin 2018, 280 pages, 19,50 €.

♦ Olivier QUINTYN, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €.

Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III, n° 329 : "Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles", printemps 2018, 296 pages, 28 €.

♦ Marc-Émile THINEZ, L’Éternité de Jean, éditions Louise Bottu, juillet 2018, 140 pages, 14 €.

♦ Patrick VARETZ, Rougeville, éditions La Contre Allée, Lille, printemps 2018, 96 pages, 8,50 €.

 Libr-brèves

â–º En hommage à notre ami Christophe Marchand-Kiss (1964-2018), qui nous a quittés trop tôt, sur Libr-critique on pourra (re)lire un extrait de Mère/instantanés et une chronique sur l’un de ses textes publié sur Publie.net en 2009.

â–º Bien que ce festival méditerranéen ait bien changé, RV à Sète du 20 au 28 juillet : avec notamment Béatrice Brérot, Sébastien Dicenaire, Frédérique Guétat-Liviani, Jean-Luc Parant et Pierre Tilman.

26 mai 2017

[News] Libr-news

En ce dernier mois de printemps, deux RV importants à la Maison de la poésie Paris : États généraux de la poésie et l’Hommage à Serge Doubrovsky. À Paris toujours, lectures de Suzanne Doppelt et Jim Dine, d’Amandine André – juste avant la performance de Mylène Benoît et de Frank Smith… Et en prime, on découvrira le dernier livre de Suzanne DOPPELT, Vak spectra : un régal, comme toujours !

â–º Lundi 29 mai 2017 à 19H30, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris) :

États Généraux de la Poésie #01 : 2017, Ouvertures

« De nouvelles écritures »
Avec Michaël Batalla, Sereine Berlottier, Sophie Loizeau, François Matton, Sandra Moussempès & Cécile Portier
Rencontre animée par Éric Dussert

Soirée thématique des États Généraux de la Poésie sur les nouvelles écritures, invités d’honneur de la 35e édition du Marché de la Poésie.

« La poésie se manifeste… La poésie hausse le ton. Elle sort du silence où elle est tenue. Réclame droit de cité. S’insurge contre le manque de visibilité et de moyens qui la relègue dans l’ombre et l’oubli. […] La poésie se manifeste aujourd’hui. Les éditeurs répondent présents. Les enseignants répondent présents. La presse, les revues, les libraires, les bibliothécaires, les maisons des écrivains et de la poésie, les internautes et les festivals répondent présents. Les poètes répondent présents. Le public répond présent. Nous convoquons les États Généraux de la Poésie. Nous déclarons la poésie ouverte. »
Le Comité des États Généraux de la Poésie
Dans le cadre de la Périphérie du 35e Marché de la Poésie.

â–º Mercredi 31 mai à 19H : Lectures de Suzanne Doppelt et Jim Dine
Galerie éof (15, rue Saint Fiacre, 75002 Paris). Entrée libre

Jim Dine écrit, publie et lit en public de la poésie depuis aussi longtemps qu’il réalise des œuvres d’art. L’utilisation du texte dans la peinture de ce pionnier du Pop Art est une extension de sa pratique d’écriture. Ses poèmes ont été recueillis sous le titre de Poems to Work On (Cuneiform Press, 2015). Parmi les textes de Jim Dine, on trouvera Âne dans la mer, face à nous : Pinocchio et poèmes (traduction : Elsa Boyer, Steidl, 2013). Une édition de ses poèmes sera publiée en français par Joca Seria. Nantes est un concentré de la poésie tout entière de Jim Dine, il est traduit par Vincent Broqua et vient d’être publié dans la collection américaine des éditions Joca Seria.

♦ Suzanne Doppelt, Vak spectra, P.O.L, mai 2017, 80 pages non numérotées, 13 €, ISBN : 978-2-8180-4198-7.

La Boîte d’optique avec des vues intérieures d’une maison néerlandaise (vers 1655-1660), ingénieusement créée par Samuel Van Hoogstraten (1627-1678), est pour Suzanne Doppelt l’occasion de nous emmener dans son domaine des spectres : "Pareille au trouble produit dans la chambre où s’ébauche une belle décomposition, les murs disparaissent, le plafond se retourne et la mouche avec, le sol offre à peine un chemin, de jolis miroirs si habilement placés et des lignes qui vont, elle est un vrai mirage, tout se défait et se refait. Pour mieux revenir entre deux étages dans l’escalier profond, dans cette boîte à ancêtres où on dort, au pied de la table, sur le tapis feutré comme une toile et en sautillant près des armoires, l’esprit des lieux remue la matière, rien ne s’élance autant qu’une maison"…

Dans la mesure où c’est la perspective qui crée le monde, pour que le monde devienne vertigineux il suffit de choisir des points de vue privilégiés et de mettre en branle la machinerie optique. Des perspektiven au perpetuum mobile… Dans l’univers cosmopoétique de Suzanne Doppelt – de Lazy Suzie à Vak spectra, en passant par La Plus Grande Aberration et Amusements de mécanique -, poétique et optique vont de pair, animées par "une mécanique admirable" : "tout bouge autant que le décor d’un théâtre bien équipé, une belle féerie optique, les yeux levés vers le monde là où s’exerce de gauche à droite et l’inverse la ruse d’un regard oblique"… /Fabrice Thumerel/

â–º Mercredi 31 mai à 19H, Maisons de Victor Hugo (6, place des Vosges 75004 Paris) : soirée à ne pas manquer…

Lecture de Amandine André (20′)

suivie de

COALITION
Une performance dansée (30′)
par Mylène Benoit et Frank Smith

Que peut un corps ? Que peut le monde dans les corps ?
Comment dire les mouvements du monde dans les articulations des corps ?
Comment entrer entre le corps et le monde, entre les corps du monde et les pensées du corps ?
Qu’est-ce qu’une combinaison danse / écriture ?
Qu’est-ce qu’une combinaison matières de corps / mouvements ?
Mylène Benoit et Frank Smith se rencontrent, croisent leurs pratiques et relient leurs préoccupations.
Cet essai chorégraphique, textuel et musical soulève une série de questionnements afin de concilier le corps de la danse et le corps de l’écriture.

Soirée présentée dans le cadre des Périphériques du Marché de la poésie et du festival Concordan(s)e

Entrée libre
http://www.concordanse.com/Mylene-Benoit-choregraphe-Frank-Smith-ecrivain

â–º Samedi 10 juin à 19H, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris) :

Hommage à Serge Doubrovsky (1928-2017)

Avec Camille Laurens, Tom Bishop, Dominique Emmanuel Blanchard, Yves Charnet, Yannick Kujawa, Laurent Herrou, Olivier Steiner, Mathieu Simonet, Christine de Camy & Isabelle Grell

16 octobre 2016

[News] News du dimanche

Avant que de revenir sur la polémique du Nobel de littérature dans une chronique appropriée, voici la Libr-humeur de CUHEL… Suivent nos Libr-événements : RV avec Julien d’Abrigeon ce mercredi, puis à la Maison de la poésie vendredi soir autour de Spoon River.

 

Libr-humeur /CUHEL/

Il le fallait, Dylan.

Et pourquoi le fallait-il ? Pour faire la nique à Philip Roth… faire le buzz auprès des endormis… Faire plaisir aux membres du jury : vous comprenez, ils sont de la même génération, vieux mytheux, faut les comprendre… Et même Antoine Compagnon, le lendemain sur la ROC (Radio Officielle de la Culture), de confirmer : faut les comprendre… lui qui a fait un bout de route avec eux, il les connaît, il les comprend… Lui l’Antimoderne il comprend le post-postmoderne : faut bien jeter un pavé dans la mare – qu’est-ce qu’on se marre ! -, faut bien touiller dans la marmite des valeurs établies, vive le métissage, le grand brassage du Bric & du Broc… et vive le cap’tain Ad Hoc !

Pour faire braire les Finkielkraut et consorts, certes. Mais aussi les ZinzinActuels, docteurs ès sciences des vents, qui rejettent les z’akadémismes : c’est vrai quoi, faut sortir du livre, faut dépoussiérer la-littérature… Le prix Nobel de littérature doit être hors littérature, c’est sa raison d’être… Et puis d’abord, c’est quoi la "littérature" ? Quelque chose qui ne se vend même plus… Le jury du Nobel n’allait quand même pas inventer un prix du meilleur songwriter… Faut lutter contre les archaïsmes et les conservatismes, éradiquer de la littérature ce qu’il lui reste de littérature, comme il faut débarrasser le libéralisme de toute liberté individuelle et l’humanisme de toute trace un tant soit peu humaine…

 

Libr-événements

â–º Mercredi 19 octobre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Julien d’Abrigeon pour son dernier livre – que nous présenterons très bientôt sur LC -, Sombre aux abords (Quidam éditeur).

â–º Vendredi 21 octobre 2016, Maison de la poésie Paris, 20H.
Dans chacun des 243 poèmes de Spoon River Anthology, chef-d’œuvre de la poésie américaine dont on fête le centenaire, s’exprime un mort inhumé dans le cimetière du village, révélant ses souvenirs, rancœurs, désirs… Ce chœur des passions et des caractères valut un immense succès à son auteur Edgar Lee Masters, encensé par ses pairs comme un nouveau Whitman. Les récits distillés dans le recueil dessinent une petite société de l’Illinois au tournant des XIXe et XXe siècles, microcosme de l’humanité.

Célèbre dans le monde entier, Spoon River a connu en France deux traductions, par Kenneth White et Michel Pétris puis Patrick Reumaux, épuisées. La présente version, signée de la nébuleuse Général Instin et parue aux éditions Le nouvel Attila collection Othello, se veut la plus fidèle à l’original. Mais ce livre est davantage qu’une traduction : des cahiers à part proposent des cartes ainsi que des poèmes ajoutés, esquisse d’un cimetière universel.

http://www.lenouvelattila.fr/spoon-river/
Lire l’article de Lise Wajeman sur Mediapart : un trésor poétique exhumé, https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/300916/spoon-river-un-tresor-poetique-exhume et l’enthousiasme du Triangle masqué, blog de libraires http://letrianglemasque.blogspot.fr/2016/07/spoon-river-catalogue-des-chansons-de.html

Avec François Athané, Patrick Chatelier, Antoine Dufeu, José Morel-Cinq-Mars, Cécile Portier, Lucie Taïeb, Benoît Virot & Frank Williams (musicien).
Soirée proposée par remue.net en partenariat avec la Scène du Balcon et la Maison de la Poésie de Paris.

La soirée se terminera avec la dégustation d’une cuvée spéciale Spoon River du domaine de l’Ostal (Lot).

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €

Réserver : http://www.maisondelapoesieparis.com/events/spoon-river-dedgar-lee-masters/

10 juillet 2016

[News] Libr-vacance (1)

En cette période estivale, prenez le temps de vous mettre en "vacance". Nous avons demandé à plus d’une centaine d’auteurs de nous faire partager leurs libr-choix de (re)lectures et d’événements, et aussi de nous faire part de leurs projets. Après nos Libr-brèves (C. Portier et le festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée), Libr-parcours d’auteurs avec Anne GALZI et Emmanuèle JAWAD.

Libr-brèves

â–º Les Libr-curieux ne peuvent manquer, sur Itinéraires, cette visite guidée du site de Cécile Portier : Étant donnée… On en profitera pour explorer cette revue des plus intéressantes, totalement accessible en ligne : Itinéraires.

â–º Du 22 au 30 juillet 2016, Festival Voix vives de Méditerranée en Méditerranée, avec, entre autres, côté français : Jean-Pierre Bobillot, Mathieu Brosseau, Claude Favre, Christian Prigent, James Sacré…

Libr-parcours d’auteurs

â–º Anne GALZI (écrivain : on découvrira son blog, Variations, qui présente d’intéressantes passerelles entre écriture et peinture).

En général, je préfère les zigzags et les lignes brisées aux lignes droites, monocordes et ininterrompues.
Je ne suis donc pas un seul et même auteur à travers tout son opus.
Je fragmente.

De la même manière, je ne lis pas un livre en son entier.
Je fragmente.
Je lis des passages de livre, que je lis comme des petits poèmes. J’essaie de les apprendre par cœur, pour fleurir ma mémoire.

Par exemple, j’aime beaucoup la première page du Roi pâle de Foster Wallace, on dirait un poème du livre Arbres d’hiver de Sylvia Plath. Et comme je suis généreuse, je ne suis pas à une, mais à deux contradictions près. Du même auteur (Wallace) – car cela m’arrive tout de même quelquefois de poursuivre le même auteur – j’aime les pages 219 et 220 de son livre fleuve L’Infinie Comédie : deux pages d’amour magnifiques sur Brando.
Je laisse alors Wallace-auteur sur le bord de la route et poursuis le personnage de fiction : Brando. Il court de traviole en roulant des mécaniques et n’est pas difficile à rattraper… avec Arno Bertina. D’un livre à l’autre, d’une fiction, l’autre : un même personnage romanesque, Brando, dans un nouveau procédé créatif avec cet autre livre : Ma solitude s’appelle Brando.

S’interroger sur ses lectures permet de prendre conscience de sa façon de lire.
Pour moi, lire, aussi étrange que cela puisse paraitre, c’est aussi couper.
Couper amène à relier, à fabriquer de nouveaux ponts ou passerelles.

 Il y a autant d’écrivains qu’il y a de lecteurs, de façons d’écrire et de façons de lire.

♦♦♦

Par ailleurs, je suis plutôt danse qu’expo, la grâce fait partie du monde, c’est elle qui nous aide à penser.

Vous pouvez découvrir un corps volute avec Lyakham et un esprit tourmenté avec Genet.
Genet à découvrir ou redécouvrir à travers l’exposition du Mucem (à Marseille) : « Jean GENET, l’échappée belle ».
L’exposition a pour but d’enraciner Genet, dans ce territoire qu’il aimait plus que tout autre, la Méditerranée.
Genet outre Atlantique a influencé toute une génération de musiciens, photographes (Mapplethorpe) et écrivains, ceux de la Beat Génération.

Poursuivez le mouvement de la Beat Generation à Paris, avec l’expo du centre Pompidou.
D’un continent l’autre, d’une ville l’autre, d’un auteur l’autre, d’un personnage fictif l’autre.
Des ponts et des passerelles.
Dans la vie tout est passerelle, tout s’enjambe.

♦ Du 22 juin au 3 octobre 2016, Centre Pompidou, Galerie 1, Niveau 6, 75191 Paris cedex 04. 01 44 78 12 33. Métro Hôtel de Ville, Rambuteau. Ouverte de 11 à 21h, tous les jours, sauf le mardi, 14 ou 11€. Valable le jour même pour le musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions.

â–º Emmanuèle JAWAD (écrivain et critique ; collaboratrice de LC) : plusieurs entretiens en cours pour Diacritik ; en projet, des articles un peu transversaux sur la question "poésie et politique" (qui aborderaient notamment le travail de Patrick Beurard Valdoye / Frank Smith / Véronique Bergen également…)… Concernant les travaux de création personnels, En vigilance extérieure paraît cet automne aux éditions Lanskine (extrait sur Libr-critique).

12 juin 2016

[News] News du dimanche

Fidèle en cela à ses fondements mêmes, LIBR-CRITIQUE vous propose en UNE de ces NEWS la belle et saine Libr-humeur d’Alain Jugnon. Suivent divers Libr-événements à ne pas manquer ; enfin, ne manquez pas la sortie du prochain numéro de la revue NU(e)

Libr-humeur : LA TERREUR DANS LES LETTRES, par Alain Jugnon

Les forces de l’ordre philosophique et catholique ont frappé hier matin sur France Culture dans l’émission de radio du journaliste et penseur de droite Alain Finkielkraut, Répliques ("Christianisme et modernité"). Rémi Brague, philosophe catholique français, démontra que l’être humain en tant que créature de Dieu ne mérite plus d’exister sur Terre et qu’il n’a plus aucune légitimité à représenter, en tant qu’espèce vivante supérieure, la Création divine. D’où l’appel à la fin de l’humanité athée de la part du philosophe chrétien : inutile désormais de procréer, impossible d’exister encore pour les hommes à la volonté libre, leur impiété est la cause de la solution finale à laquelle Dieu les condamne. Le professeur de la Sorbonne n’a pas encore expliqué dans ses nombreux livres de philosophie catholique et romaine comment les créatures devront entrer en guerre contre les incréés et les mécréants, mais on imagine bien comment au Vatican les théologiens politiques réfléchissent en ce moment à cette solution réellement finale (Voir : Daech, Croisades, Inquisition, KKK, Théocratie, Monothéisme).

Libr-événements

â–º Le 18 juin, Juliette Mézenc, Benoît Vincent, Nicole Caligaris, Benoît Virot, SP 38 et Elisa Briccorépondrai répondront à l’appel de Gênes du Général Instin : pour en savoir plus, c’est ici.

â–º R E N C O N T R E avec G R U P P E N organisée par le Marché de la Poésie et La Guillotine dimanche 19 juin 2016, à 16h, en compagnie de : Amandine André, Yann Beauvais, Pierre Déléage, Laurence Gatti, Laurent Jarfer et Ilan Kaddouch.
La Guillotine, 24 Rue Robespierre, 93100 Montreuil
M° Robespierre (9) — Entrée libre

â–º Le 23 juin, parution de 3 épisodes de "Laissez-passer" (textes de Juliette Mézenc choisis par Jean-Philippe Cazier) dans le numéro 88 de Chimères « Subjectivités en état d’urgence ». La totalité de la série "Laissez-passer" est à paraître à l’automne 2016 aux Editions de l’Attente.
 
â–º Le 28 juin, Cécile Portier, Mathilde Roux, Charles Robinson, ou encore Juliette Mézenc/Stéphane Gantelet interviendront à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville dans le cadre des Périphéries du marché de la poésie : "Cartographie & Poésie, espaces de transformation"
 

Souscription au numéro spécial de NU(e) sur Jean-Claude PINSON

La revue Nu(e), dirigée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, espace éditorial où s’expérimente la poésie, consacre son prochain numéro à JEAN-CLAUDE PINSON.
Coordonné par Laure Michel, ce volume rassemble un entretien, des poèmes inédits, des dessins de Marie Drouet, des hommages, des études critiques :
• Jean-Claude PINSON, "Tresse chinoise" (inédit) ; • Marie DROUET, Dessins ; • Jean-Claude PINSON, "Pastorale surréaliste à Nantes" (inédit) ; • Fabrice THUMEREL, Jean-Claude PINSON, "Jean-Claude Pinson : poéthiquement impur. Entretien" ; • Jean-Claude PINSON, "Pages écartées. (Alphabet cyrillique)" (inédit) ; • Jean-Pierre MARTIN, "Nos vies sont poétiques" ; • Pierre BERGOUNIOUX, "Mon camarade chinois" ; • Yoann BARBEREAU, "Le petit maquisard des pins" ; • Arnaud BUCHS, "Une écriture pour la vie" ; • Stéphane BOUQUET, "Géographies de Jean-Claude Pinson" ; • James SACRÉ, "La Cabane Pinson" ; • Michel DEGUY, "De Leopardi au poétariat. Don de Zibaldone à Jean-Claude Pinson pour son numéro spécial" ; • Philippe FOREST, "Du recommencement" ; • Renée VENTRESQUE, Un « lent, très lent devenir-écrivain ». Jean-Claude Pinson « (i)n libris ex libris » ; • Michel COLLOT, "Sentimental et naïf ?" ; • Alexander DICKOW, "Les poéthiques de Jean-Claude Pinson (propos sur une notion multiple)"" ; • Michel BISHOP, "Jean-Claude Pinson et les mots de la tribu" ; • Laure MICHEL, "Un lyrisme free jazz".

Pour ce numéro de caractère exceptionnel, la revue organise une souscription.
Le volume peut être obtenu au prix promotionnel de 17 euros avant le 30 juin 2016, en renvoyant le talon ci-dessous. Après cette date, la revue sera en vente au prix normal de 20 €.
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Mme/M.

Adresse :

Souhaite … exemplaire(s) du numéro spécial de la revue Nu(e) sur Jean-Claude Pinson au prix de 17 € le numéro (+ 3 € de frais de poste) et paie ce jour le montant :
soit au total € à l’ordre de l’Association Nu(e), avec la mention : « Souscription Jean-Claude Pinson » :
• par chèque, c/o Béatrice Bonhomme, 29 avenue Primerose, 06000 NICE
La réception du paiement donne lieu de réservation.

28 décembre 2014

[News] News du dimanche

 En ce dernier dimanche de l’année, nous poursuivons notre Libr-2014 (sélection de livres parus en 2014 qui n’ont pas encore été recensés) ; mais auparavant, nos Libr-brèves (nouvelles du Net, de L. Grisel, de la Maison de la Poésie Paris)…

Libr-brèves

â–º – "Nous sommes tous des presqu’îles", FPS littéraire conçu par Stéphane Gantelet et Juliette Mézenc : le lecteur évolue en caméra subjective dans un environnement virtuel où lire/voyager fait gagner des points de vie. C’est donc un jeu vidéo d’un nouveau genre. Il n’est pas question ici de tuer des zombies (quoique, on y songe) mais plutôt d’arpenter un paysage, contempler, écouter ou lire des textes. "Nous sommes tous des presqu’îles" est une première étape d’un projet de FPS littéraire plus vaste qui s’intitule le Journal du brise-lames, en cours de création.

"Etant donnée de Cécile Portier". Cette fiction transmédia est une interrogation poétique sur nos traces numériques, qui prend la forme d’un projet artistique hybride : c’est une énigme à regarder jouer en performance scénique mêlant installations plastiques et multimédia ; c’est aussi une fiction  sur site web, où il est désormais possible de naviguer entre les textes, les « traces » des performances et installations, et bien d’autres dispositifs.
Il suffit de vous rendre sur le site et ensuite vous progressez dans l’œuvre en cliquant sur le petit bouton « plus », aussi simple, aussi sérieux, aussi grisant, aussi intelligent qu’un jeu d’enfant.

â–º RV à Paris avec Laurent Grisel. Le jeudi 8 janvier 2015 à 19H au CNL (53 rue de Verneuil), il donnera une lecture de Climats, un poème qui sera tout juste écrit, à l’invitation de Cécile Wajsbrot, pour le cycle du même nom. La lecture est présentée par Cécile Wajsbrot ; en réponse, elle lit un texte d’un auteur passé ou présent ; la soirée se termine par un échange entre toutes les personnes présentes. Le lieu n’est pas encore fixé…
Et le dimanche 11 janvier, à 15h00 à la Halle Saint-Pierre, à l’invitation d’Élodie Barthélémy ce sera une lecture de La Nasse. Dans un contexte très favorable à ce poème de discussion : une journée organisée par des artistes haïtiens sur leurs conditions de création et de diffusion. La lecture sera précédée d’un concert donné par Serge Tamas ; elle sera suivie d’un film sur l’artiste Guyodo, Grand Rue, Port-au-Prince ; ensuite, il participera à une table ronde avec Ronald Mevs, peintre, sculpteur, Eddy Jean Rémy, sculpteur, Ulysse Sterlin, historien de l’art haïtien et Serge Tamas.

â–º Lundi 12 janvier 2015, Maison de la poésie à 19H (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75 003 Paris) : Aurélien Barrau (astrophysicien), Hélène Cixous (écrivain) & Jean-Luc Nancy (philosophe)

Rencontre animée par Raphaël Bourgois, producteur à France Culture
Sur une proposition de Mathieu Brosseau

L’idée d’univers multiples apparaît comme une contradiction dans les termes. Pourtant, la science contemporaine, bien établie ou plus spéculatives, autant que les arts, leurs concepts et techniques, ouvrent aujourd’hui sérieusement cette possibilité. Dans ces autres mondes, non seulement les phénomènes, mais aussi les lois pourraient différer. Les représentations que nous avons aujourd’hui des mondes multiples ne peuvent que redéfinir ou réinventer nos perceptions sensorielles, comme notre réception fantasmatique d’un tel ailleurs selon un nouvel imaginaire riche d’emboîtements de mondes et de réalités à découvrir. Aujourd’hui, une nouvelle strate de diversité radicale se dessine pour nous, dans les possibles. Et la chose est jubilatoire.

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À lire : Jean-Luc Nancy, Le Philosophe boiteux, Franciscopolis / Presses du réel, 2014
Aurélien Barrau, Des univers multiples. À l’aube d’une nouvelle cosmologie, Dunod, 2014
Hélène Cixous, Ayaï ! Le cri de la littérature, Galilée, 2013

 

Libr-2014 /FT/

â–º Jean-Jacques Viton, Ça recommence, avec trois images de Marc-Antoine Serra, P.O.L, décembre 2014, 96 pages, 9 €, ISBN : 978-2-8180-2162-0.

"on s’attaque aux représentations de l’enfance
compare soupèse scrute les souvenirs" (p. 23).

Qu’est-ce qui recommence ? Le flux d’images, imaginaires et/ou remémorées – qui donnent parfois "une illusion de paysages mêlés". Contre l’oubli : "mes morts   les miens   ne repoussent nulle part".

Qu’est-ce qu’un poète ? Précisément, celui qui a "une vision de la vie" et "tente des équivalences", celui qui s’appuie sur "des pierres d’évocation"…

 

â–º Victor Martinez, À l’explosif, éditions de la Lettre volée, Bruxelles, 116 pages, 17 €, ISBN : 978-2-87317-427-9.

"Voici venir le temps de la forme directe" (p. 107).

Pour Victor Martinez, la poésie est "langue au travail", art des raccourcis… Poésie : "différences par niveaux de silence indistincts"… Travail à l’explosif : "détonateur logique   enchâsse des propositions étales autant que contrariées. dispositifs parcourent les surfaces lisibles, dystonies chassent sur l’agrégat"…

 

â–º Nioques, n° 13, automne 2014, 288 pages, 23 €, ISBN : 978-2-9541241-2-4.

L’aventure continue pour Nioques, qui maintient « l’exigence de l’expérimentation formelle, de l’intervention restreinte ou oblique, de la résistance passive "à voix intensément basse", de l’investigation objective, de pratiques aussi littéralement présentes que possible à ce qui nous entoure. »

De cette treizième livraison, on retiendra le "Spinoza in China" de Marc Perrin et les singulières "Bêtes noires" de Daniel Cabanis, auteurs que les lecteurs de LC connaissent bien maintenant ; le journal critique de Jacques-Henri Michot, dont le titre est emprunté à Beckett ("Terre ingrate mais pas totalement") ; le texte sur l’argent de Christophe Hanna, qui se situe ici aux antipodes de Tarkos, entamant un travail autobiographique par une enquête sur ce sujet tabou…

18 mai 2014

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : après deux livres reçus (On sait l’autre d’Édith AZAM et Du bitume avec une plume de SKALPEL), nos Libr-événements (Polyphonies de Rennes, Théâtre à Toulouse, "Chantier" à Arras, Supersonique Littérature à Angoulême, retour du Général Instin…).

 

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

Édith AZAM, On sait l’autre, P.O.L, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2094-4.

"Toujours la vieille affaire : le langage, le corps : l’autre" (p. 33).

Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier

Le texte nous indique lui-même sa propre dynamique scripturale : "Parler le vertige des oiseaux. Écrire des phrases courtes que l’on tourne jusqu’en boucle pour qu’elles nous relèvent ou, pourquoi pas, en inversant les lettres, qu’elles : nous révèlent. Le vertige nous parle des oiseaux" (22). On notera ici le trait idiosyncrasique d’Édith Azam : les deux points servent à rythmer la phrase, à la dramatiser, finissant par provoquer une vision épiphanique. Deux autres exemples : "Toutes les vies nous les volons pour prendre à l’autre son visage : on ne fait pas si vite face : à son absence : d’identité" (37) ; "[…] l’homme est la plus belle nature : morte" (101).

 

SKALPEL, Du bitume avec une plume, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-769-6.

Voici un texte-cri salutaire qui entend donner voix aux marginaux. On ne peut s’empêcher de citer quelques saillies d’anthologie : "Le métro ou le RER, ça peut être dangereux. T’as des justiciers qui attendent de passer à l’action" (9) ; "On tape sur le plus faible quand on n’a pas le courage de se révolter contre celui qui nous opprime réellement. Un vieux classique de l’histoire des dominants" (19) ; "[…] cet enfoiré de crasseux réactionnaire de Houellebecq. Un petit écrivain-éditocrate-réactionnaire pour bourgeois hystériques et dissidents frustrés d’extrême-droite" (24) ; "Ne me parlez pas de nature humaine à la con. Rien à foutre de ça" (39)… Dommage, néanmoins, que ce soit trop brut de coffre.

 

Libr-événements

â–º POLYPHONIES Rennes, du 23 au 25 mai à la Maison de la poésie (47, Allée Antoine Rebillon à Rennes / 02 99 51 33 32) : ouverture le vendredi 23 à 18H30, puis inauguration de la fresque poétique ; samedi 24 mai à 20H30, lecture de Christian Prigent au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…

â–º En Compagnie des Barbares présente une soirée en deux temps et une exposition au Théâtre du Grand Rond à Toulouse du 20 au 24 mai 2014 à 21h : CRI & CO, d’après le recueil de Christophe Macquet publié par Le Grand Os en 2008, suivi du TAROT DES FÉTICHES (tirage de tarot pour une personne à la fois d’après le jeu de lames de Karine Marco et les poèmes d’Ana Tot).

Retrouvez les livres de Christophe Macquet, Ana Tot et Karine Marco au coin librairie du théâtre

Réservations et infos / Théâtre du Grand Rond : Tél : 05 61 62 14 85

â–º Du 26 mai au 5 juin, "Chantier (œuvre en cours)" >> Workshop de MIET WARLOP / Être lieu (21, Bd Carnot à Arras)


Lundi 26 mai – chantier #1 (Vernissage à 18h)
Mardi 27 mai – chantier #2
Merc. 28 mai – chantier #3

(Chantier ouvert au public à 18h)

>> Lundi 2 juin à 17h
SECRET CHANTIER ( 60 ’)
Un film de Catherine Lefebvre
Film réalisé en 2007 aÌ€ l’occasion de la rénovation du Channel, SceÌ€ne Nationale de Calais. Catherine Lefebvre, la réalisatrice, a obtenu du directeur artistique Francis Peduzzi une carte blanche et un terrain de jeu de tous les possibles, ainsi que l’accord des ouvriers qui travaillaient dans ce grand chantier. MeÌ‚lant documentaire fictif et réalité, elle invite les protagonistes aÌ€ entrer dans sa danse, dans son jeu. Ce film a été projeté lors de l’inauguration du nouveau Channel.

>> Mardi 3 juin à 17h
CHORÉGRAPHIES CONTEMPORAINES : LE DÉSOEUVREMENT AÌ€ L’OEUVRE ( 60 ’)
Conférence de François Frimat
auteur de Qu’est-ce que la danse contemporaine ? Presses universitaires de France

>> Jeudi 5 juin à 20h 30
SPRINGVILLE ( 60 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Miet Warlop entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

Dans Springville, nous assistons aÌ€ la métamorphose d’un micro univers dans lequel les personnages mi-hommes, mi-objets tentent de cohabiter et de conjuguer leurs efforts. Obéissant aÌ€ une logique absurde, ces créatures disproportionnées nous émeuvent par leur dysfonctionnement exprimé dans un langage visuel poétique qui respire le chaos, crée le suspense et force l’étonnement. Peu é peu, elles changent de physionomie pour former une série de tableaux vivants, anarchiques mais muets, qui prolifeÌ€rent aÌ€ l’infini. Springville est une performance dans laquelle l’image prime. La scénographie, les costumes, les attributs et les personnages sont inextricablement liés et se confondent.

>> La thématique “ EN CHANTIER “ ouvre aÌ€ d’autres expériences (pédagogiques et artistiques) qui seront présentées dans les espaces arts plastiques annexes :

LES BERGERS DE HEILPALEN ( 16 ’)
Film réalisé en 2006, “ Les bergers de Heilpalen “ nous montre l’étrange métier de Jos et Dominique au milieu d’un chantier. Catherine Lefebvre emploie le vocabulaire du documentaire et nous fait découvrir l’intimité de ces deux bergers singuliers.

CHANTIERS DE CREATION : DE LA POSSIBILITE DE RESTITUER UN SPECTACLE THEATRAL
Le spectacle NO US (ouÌ€ vont tous ces gens qui marchent sans regarder) de la compagnie québécoise “Les productions Alfred avait raison“ fut présenté le 3 avril aÌ€ la suite d’une courte résidence aÌ€ L’eÌ‚tre lieu en partenariat avec l’université d’Artois et le festival ARSEÌ€NE 2014. Photos, vidéo, témoignages… proposeront la restitution aÌ€ distance
de ce chantier de création.

CHANTIER MATERNELLE : FACE A SPRINGVILLE
ApreÌ€s avoir visionné le spectacle “ SPRINGVILLE “ de Miet Warlop, les enfants de l’école maternelle Florent Delattre aÌ€ Anzin-Saint-Aubin ont inventé leur propre chantier. Diffusion de la vidéo qui relate cette expérience pédagogique.

Dans le cadre des Ch’mins de Traverse, d’autres événements sont aÌ€ découvrir :

LA PART DU RITE ( 40 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Latifa Laâbissi
Jeudi 5 JUIN à 19h 00
MUSEE DES BEAUX-ARTS D’ARRAS, 22 rue Paul Doumer 62000 ARRAS Entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

BIG BAD COLD ( 40 ’)
Une performance de Miet Warlop et 8 performeurs
Dimanche 1er JUIN à 15h 00
ACCEÌ€S LIBRE ET GRATUIT
LA BRASSERIE d’art, 5 rue Basse 62111 Foncquevillers – www.artbrasserie.com Navette gratuite au départ de l’eÌ‚tre lieu aÌ€ Arras, 21 Bd Carnot aÌ€ 14h 00 réservation obligatoire : 09 54 68 69 04

Programme détaillé : http://fr.calameo.com/read/0001067128afe3e768676

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

 

â–º Du 30 mai au 8 juin 2014, exposition et performances – littérature, street-art, sons… performances vendredi 30, samedi 31 mai, jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 juin à 20 h ; vernissage samedi 31 mai à 19 h / galerie ouverte tous les jours sauf lundi de 15 h à 19 h (22 bis rue Dénoyez 75020 Paris, métro Belleville) : avec + de 30 artistes, et la participation d’élèves du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes

Général Instin (GI) revient prendre d’assaut la rue Dénoyez et son mur dévolu au street-art à Belleville.

Point de départ de l’événement : une œuvre de Vincent Tholomé et Maja Jantar présentée dans la galerie, Conquête du pays Ugogo, carte dessinée retraçant l’exploration d’un pays exotique imaginaire par une bande de soldats qui remontent un fleuve vers sa source pour y disparaître.
Pour cette deuxieÌ€me édition d’Instin Belleville, écrivains et street-artistes collaborent à la création d’une fresque monumentale sur le mur de la rue Dénoyez, reprise en écho dans la galerie du 22 Bis. Performances, lectures, musiques ponctuent ce joyeux cérémonial. Au total, une trentaine d’artistes sont mobilisés pour fêter la déroute légendaire de leur Général.

Programme

Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
Delphine Bretesché, Mathieu Brosseau, Marie Decraene, Alexis Forestier, Maja Jantar, Sunny Jim, Itto Mehdaoui, Jérôme Mesnager, Pedrô !, SP 38, Vincent Tholomé
journal de Benoît Virot
et travaux d’élèves de 1re du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, classe de Sébastien Rongier

Lectures / performances / musique etc. à 20 h
vendredi 30 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Marlène Jean, Cécile Portier, Lucie Taïeb, David Tuil
samedi 31 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Maël Guesdon, Marlène Jean, Anthony Poiraudeau, Marie de Quatrebarbes, David Tuil
jeudi 5 juin Séverine Batier, Christophe Caillé, Sylvain Granon, Alice Letumier, Anne Savelli, Joachim Séné
vendredi 6 juin Jean-Philippe Gagnon, Maja Jantar, Christophe Manon, Vincent Tholomé
samedi 7 juin Delphine Bretesché, Juliette Mézenc, Mathilde Roux, Benoît Vincent

festival proposé par Patrick Chatelier et SP 38, avec Nadege Derderian
photographies Thierry Lainé

Général Instin,

projet artistique ouvert, initié par l’écrivain Patrick Chatelier et inspiré du vitrail tombal du général Hinstin (1831-1905) au cimetière Montparnasse, existe depuis 1997 et compte près de 150 participants, en majorité écrivains mais aussi plasticiens, street-artistes, musiciens, vidéastes, comédiens…
Général Instin est une suite de gestes artistiques qui se répondent et se complètent, toujours en devenir.
C’est aussi un soldat fantôme, spectre du véritable général Hinstin (par ailleurs totalement oublié).
C’est le personnage en train d’apparaître (ou disparaître) d’une fiction collective.
C’est une réplique du processus de création avec ses incertitudes, ses tâtonnements, ses impasses.
C’est une prolifération formant comme un paysage géologique qui grandit de ses dépôts successifs.
Quoi d’autre ? Chacun a son Général.

La quête de l’Aïeule universelle

En filigrane, avec la mémoire et la guerre comme lignes thématiques, le projet Instin fait référence aux tragédies passées dont nous sommes les héritiers : conflits mondiaux ou génocides, par exemple. La Conquête du pays Ugogo (ugogo signifie « aïeule » en zoulou), progressant vers le cœur des ténèbres, pourrait ainsi évoquer la colonisation. Cet arrière-plan de la folie humaine, soumis à la distance artistique, est détourné selon des voies parfois graves, parfois loufoques. Le soldat Miguel de Cervantès avec son Don Quichotte ne faisait pas autre chose.

Exploration de formules nouvelles, utilisation de nombreux supports réels ou virtuels, fabrique multidimensionnelle de déplacements, associations inédites entre matières, entre formes, entre disciplines, entre populations, entre artistes et non-artistes, sont des leitmotivs du GI.
De l’épars, du fragment, du diffracté, du paradoxe, composons une force : composons un réseau, une nébuleuse, une mouvance. Pour conquérir les moyens de combat et de résistance du XXIe siècle.

9 mars 2014

[News] News du dimanche

Avec l’arrivée du printemps, Libr-critique vous offre un citron poétique grâce au drôle d’opus signé Laurent Albarracin (Le Grand Os). Suivent des RV tout aussi printaniers à ne pas manquer : rencontres avec Bruno Fern et Sébastien Doubinsky à Paris ; lancement de la résidence de Laure Limongi au Monte en l’air (75020) ; Anne-James Chaton & Andy Moor, et aussi E. Rabu et Cécile Portier à DATABAZ (Angoulême).

 

LC a reçu et recommande (Périne Pichon)

Laurent Albarracin, Le Citron métabolique,  éditions Le Grand Os, 71 pages, 9 euros, ISBN : 978-2-912528-18-6.

Le citron y est ici pressé, épluché, pressurisé dans toutes ses formes et dans tous ses sons :

beaucoup de

mais aucun pour empêcher

la hache

du chaque

dans le tronc

de l’ici

L’acide du fruit ainsi disséqué semble avoir altéré le langage ; celui-ci se décompose en syllabes « ci » et « on », et « tronc », pour composer le poème. Une conséquence de l’épluchage : cet adverbe « ici » qui ne cesse de s’affirmer. Il creuse, par sa présence incisive, un moule pour le fruit absent mais pourtant « ici » et presque « là ». Transformé en nom, « ici » en vient également à désigner le texte comme un lieu ; dans le mot « citron » se crée alors comme un espace-lettre doté d’une ampleur et d’une profondeur où prennent place des « pépins /comme des ballons ».

Ce lieu reste hypothétique puisque le poème est au conditionnel. Un mode sous-tension, entre le possible et l’inexistant, pour décrire un monde aux allures de promesse. On est suspendu au « presque », piqué par l’acidité de l’agrume. Et par les jeux de langage du poète qui dessine un univers sphérique, où les extrémités se touchent et le peu devient « [ …] l’ombre/ du beaucoup ». Partis du jeu des sons, les mots se rapprochent : « côtelé » et « cauteleux » ; « oscillation », « vieille scie du monde », et fournissent l’illusion d’une similitude tronquée. Les lettres sont toujours les mêmes, pourtant les noms changent. Ce processus familier devient étrange quand il part d’un zeste d’agrume.

Attention, le citron n’est pas le support du poème (comme chez Francis Ponge), mais bien sa matière. Il est transformé plutôt que révélé. Toutefois, cette transformation s’inscrit dans un cycle : il donne la matière pour créer le texte, et le texte retourne au citron, comme dans ce petit chiasme : « citron tel/ que citron/ se donne ». La forme même du poème – des vers coupants parfois réduits à un mot – participe à la décomposition du signifiant « citron ». Décomposition nécessaire pour produire quelque chose de nouveau, comme d’autres mots s’agençant autrement, pourtant soumis au même processus de dégradation/transformation. Ainsi se crée un « métabolisme » poétique.

 Libr-événements

 

â–º Jeudi 13 mars 2014 à 19H30, Texture Librairie (94, av. Jean Jaurès 75019 Paris), rencontre avec Bruno Fern pour ses Reverbs (déjà présentés dans le récent Libr-Kaléidoscope 1/2 ; paraît cette semaine la longue chronique de Typhaine Garnier).

â–º Jeudi 13 mars à 19 h, débutera de la résidence de Laure Limongi à la librairie-galerie Le Monte-en-l’air (75020) : L’Hospitalité.

 Premier invité : PACÔME THIELLEMENT.

Puis, CLARO, dont l’essai vient de paraître aux éditions Inculte : Cannibale lecteur : « “On peut juger de la beauté d’un livre, à la vigueur des coups de poing qu’il vous a donnés et à la longueur de temps qu’on met ensuite à en revenir” : cette phrase de Flaubert, qui fait de la lecture une empoignade, dit assez clairement ce dont il s’agit ici : non pas simplement évoquer des livres, mais tenter d’écrire depuis leurs turbulences… » ainsi débute la présentation de ce livre qui évoque Michel Butor, Tarkos, Claude Simon, Imre Kertész, Éric Chevillard, Antoine Volodine, Jérôme Ferrari, André Hardellet, Hélène Bessette, Pierre Michon, Thomas Bernhard, Ramón Sender, Jonathan Littell, William Faulkner, Louis-Ferdinand Céline et William Gass. [Bientôt sur LC]

â–º Samedi 15 mars 2014, 20H30 au Centre Databaz (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême), PERFORMANCES ET LECTURES AUGMENTÉES : Anne-James Chaton & Andy Moor / Emmanuel Rabu / Cécile Portier

Une soirée pour jouer avec les codes du langage, pour déplier des listes, pour se laisser porter par les rythmes frénétiques des flux de paroles, de mots, de phrases au coeur des boucles de guitare, en collision et synchronisation avec des espaces graphiques et sonores, une soirée où les mots en boucles vous entraîneront dans de nouvelles spirales du sens …..

_ Anne-James Chaton & Andy Moor
Opérant régulièrement ensemble depuis un concert initiatique en 2004, le Français Anne-James Chaton – l’une des voix les plus magnétiques de la poésie (sonore) contemporaine – et l’Anglais Andy Moor – intrépide guitariste, membre du crucial groupe post-punk The Ex – forment un binôme tout à fait épatant. Eminemment singulières, leurs productions combinent élaborations textuelles et musicales en un langage hybride de haute précision, mû en profondeur par un virulent désir d’expérimentation.

_ Emmanuel Rabu
né en 1971. Il a publié quatre livres : Èv-zone (Derrière la salle de bains, 2002), Tryphon Tournesol & Isidore Isou (Le Seuil, Fiction & cie, 2007), Cargo Culte (Dernier Télégramme, 2007), Futur fleuve (LaureLi/Léo Scheer, 2011). Écrivain et poète sonore, il a créé et dirigé des festivals et événements autour de la poésie sonore et de la musique improvisée. Il a également dirigé plusieurs revues et collectifs notamment la revue PlastiQ (éditions MeMo, 1999) revue papier + CD consacrée à la poésie et aux musique dites expérimentales, et Écrivains en séries (Laureli/Léo Scheer, deux volumes, 2009 et 2010) collectif faisant se rencontrer écrivains et séries télé. Il travaille en duo depuis 1999 avec le musicien Basile Ferriot : nombreuses programmations en France et à l’étranger.

_ Cécile Portier
Elle mène une activité d’écriture, a écrit deux récits et des textes courts dans différentes revues littéraires. Elle tient un blog, www.petiteracine.net, où, à travers différents projets conçus comme des chroniques où images et textes se répondent, elle s’attache à explorer comment s’articulent aujourd’hui le social et l’intime. Elle travaille aujourd’hui à un projet « d’écriture augmentée » visant à interroger par la fiction la mise en données croissante du réel et de nos vies.

 

â–º Lundi 17 mars 2014, 17H-19H, rencontre avec Sébastien Doubinsky à la Librairie Parallèles (47, rue Saint-Honoré). A l’occasion de la parution numérique de deux textes inédits La solitude du baiseur de fond suivi de La bataille de Koursk, Parallèles vous propose une rencontre avec l’auteur Sébastien Doubinsky, spécialement venu du Danemark et E-FRACTIONS éditions.

Sébastien Doubinsky est né à Paris, en 1963. Bilingue, il écrit en français et en anglais. Il a publié des romans et des recueils de poésies en France, en Angleterre et aux USA. Il vit actuellement à Aarhus, au Danemark, avec sa femme et ses deux enfants.

Interview : http://salon-litteraire.com/fr/interviews/content/1811121-sebastien-doubinsky-je-suis-toujours-en-exil

Blog : http://sebdoubinsky.blogspot.fr/
https://www.facebook.com/pages/Sébastien-Doubinsky/51129079766

Biblio sommaire :
Romans :
Le Feu au Royaume, Marseille : éditions L’Écailler, March 2012.
La Trilogie Babylonienne, Paris : Joelle Losfeld/Gallimard, 2011.
Quién es?, Paris : Joelle Losfeld/Gallimard, 2010.
Poésies :
Danmark. Marseille : Editions des États-Civils, 2011.

E-FRACTIONS ÉDITIONS
Éditeur de littérature contemporaine exclusivement, sur support numérique et papier.
Cette jeune maison a la particularité d’avoir imaginé un concept d’ eBook-Cartes pour diffuser "physiquement" chez les libraires la version numérique de leurs publications. Pour chaque oeuvre, la version numérique est publiée en première instance, à un prix accessible, dans le but de faciliter l’accès de tous à cette littérature contemporaine qu’ils éditent et défendent.
E-FRACTIONS Éditions vient également de mettre son concept d’eBook-cartes au service d’autres éditeurs indépendants de littérature contemporaine, afin de favoriser la diffusion de leurs catalogues en version numérique.
http://e-fractions.com/
https://www.facebook.com/pages/E-FRACTIONS-EDITIONS/247352058701586?fref=ts

4 décembre 2011

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de décembre, deux Libr-événements (103e Millefeuilles et une Journée sur les Mutations numériques) et Libr-librairies (1/2).

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