Libr-critique

1 septembre 2019

[News] News du dimanche

« ABOLITION DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE », proclame d’emblée le dernier numéro de TXT… Donc, intéressons-nous à l’autre face de ce mois de septembre, moins visible mais plus inventive : l’agenda de Christian Prigent ; le tonitruant programme des prochaines parutions Al dante/Presses du réel ; les RV du mardi à Marseille ; « En lisant, en zigzaguant » ; et notre sélection Libr-10

Agenda de Christian Prigent

♦ Christian Prigent à Paris. Lecture dans le cadre de l’exposition « De proche en proche » du photographe Marc Pataut. Le mardi 10 septembre 2019, à 18 h 30. Au Musée du Jeu de Paume, 1, Place de la Concorde, Paris 8ème. Contact : martaponsa@jeudepaume.org. T. : 06 75 91 34 41.

♦ Christian Prigent à Paris. Lecture pour le BACON BOOK CLUB, dans le cadre de l’exposition Bacon en toutes lettres au Centre Georges Pompidou. Le jeudi 12 septembre 2019, à 19 h, dans l’exposition Francis Bacon. Contact : dorothee.mireux@centrepompidou.fr. T. : 01 44 78 46 60.

Al Dante aux Presses du réel, parutions à venir :

Septembre :
– Sylvain Courtoux : L’AVANT-GARDE, TÊTE BRÛLÉE, PAVILLON NOIR («c’est à vous de décider de votre niveau d’engagement»), Livre + CD, 21x30cm, 360 pages, 27 euros.
– Jacques Sivan : NOTRE MISSION («Vous aller accomplir ici avec moi la mission la plus important de ma vie»), 14x19cm, 408 pages, 27 euros.
– Louis Roquin : JOURNAUX DE SONS («Image et partition se métamorphosent en un lieu d’entente»), 14x21cm, 544 pages, 30 euros.

Octobre :
– Julien Ladegaillerie : LACRYMOGENÈSE («Nous subissons le sens des coups sans comprendre»), collection « PLI », 12x17cm, 72 pages, 10 euros.
– Daniel Pozner : DÉFENSE, ILLUSTRATION, IMPATIENCE ET ÉPLUCHURE DE LA LANGUE FRANÇAISE («Avis de tempête / Condition humaine / Cheese-cake»), collection « PLI », 12x17cm, 72 pages, 10 euros.

Dits du Mardi (Marseille) : programme

Les dits du Mardi (19H), coorganisé par Philippe Allio et Julien Blaine au café littéraire (25 de la rue de la République à Marseille)

Les principaux auteurs et poètes du 13 et des départements limitrophe + quelques invités plus lointains… présentent leur dernier livre ou le dernier numéro de leur revue ou toute autre manifest’a©tion de leur choix (2 poètes à partir de 19 heures).

03.IX : Mathieu Farizier & Adriano Spatola présenté par Bianca Maria Bonazzi & Julien Blaine.
10.IX : Antoine Simon & Patrick Sirot
17.IX : Véronique Vassiliou & Florence Pazzottu
24.IX : André Robèr & Hélène Sanguinetti
01.X : Nathalie Quintane & Jean-Marie Gleize
08.X : Colette Tron & Pierre Tilman
15.X : Cédric Lerible & Dominique Cerf
22.X : Christian Tarting & Danielle Robert
29.X : Claude Ber & Frédérique Wolf-Michaux
05.XI : Claudie Lenzi & Julien Blaine
12.XI : Adrien Bardi & Marius Loris
19.XI : Nadine Agostini & François Bladier
26.XI : Liliane Giraudon, Frédérique Guétat-Liviani
03.XII : Laura Vazquez & Maxime H. Pascal
10.XII : Stéphane Nowak Papantoniou & Michaël Batalla
17.XII : Carmen Diez Salvatierra et Vaninnna Maestri.

En lisant, en zigzaguant…

♦ « On peut tout répéter, sauf la naissance. […] c’est ce qui fait la valeur des « premières fois » : elles sont comme des naissances, impossible à répéter » (Didier ARNAUDET, Les Jambes sans sommeil, Le Bleu du ciel, Libourne, printemps 2019, p. 52).

♦ Perdons-nous dans ce tourniquet qui, orchestré par divers procédés redoutables (anadiplose, symploque = anaphore + épiphore…), dévoile l’infernale mécanique qui régit notre monde :
« les algorithmes suivent les règles
les règles des algorithmes suivent une séquence d’opérations
les opérations suivent des instructions sommaires
les instructions sommaires suivent les règles
les employés du Ministère ne doivent pas enfreindre les règles
les employés de tous les Ministères ne contrarient pas les règles
les colonies de fourmis n’échappent pas aux règles
le calcul des chemins des colonies de fourmis entre dans la catégorie des algorithmes « 

(Maxime Hortense Pascal, L’Usage de l’imparfait,
Plaine page,  Barjols, été 2019, p. 62).

Libr-10

♦ Collectifs aux Classiques Garnier : Andrea Del Lungo et Pierre Glaudes dir., Balzac, l’invention de la sociologie, 2019, 352 pages, 39 €.
– Aurélie Adler et Anne Coudreuse dir., Romanesques, n° 11 : « Romanesques et écrits personnels : attraction, hybridation, résistance (XVIIe-XXIe siècles) », été 2019, 292 pages, 42 € pour deux numéros annuels.

♦ Théo CASCIANI, Rétine, P.O.L, août 2019, 284 pages, 19,90 €.

♦ Christian DÉSAGLIER, Leçon d’algèbre dans la bergerie, éditions Terracol, coll. « Toute la lire », Mézidon (14), printemps 2019, 848 pages, 25 €.

♦ Le MINOT TIERS, L’Oncle de Vanessa, La Ligne d’erre, Orthez, août 2019, 208 pages, 13 €.

♦ Florian PENNANECH, Poétique de la critique littéraire, Seuil, coll. « Poétique », 620 pages, 34 €.

♦ Emmanuel PINGET, Tulipe blues, Louise Bottu, Mugron (40), 194 pages, 14 €.

♦ Nicolas TARDY, Monde de seconde main, éditions de l’Attente, 112 pages, 13 €.

TXT, éditions Nous, Caen, n° 33, août 2019, 144 pages, 15 €.

♦ Daniel ZIV, Ce n’est rien, Z4 éditions, 200 pages, 14 €.

23 juin 2019

[News] News du dimanche

Passons en été avec un Libr-10 à déguster au cours de savoureuses soirées… Et aussi nos Libr-événements, du Nord au Sud…

Libr-10 (printemps 2019) /FT/

► Jacques PRÉVERT, détonations poétiques, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Actes du colloque international de Cerisy, Garnier, 356 pages, 35 €.

► ARNAUDET Didier, Les Jambes sans sommeil, Le Bleu du ciel, 120 pages, 15 €.

► BERLOTTIER Sereine et LIRON Jérémy, Habiter, traces & trajets, Les Inaperçus, 136 pages, 17 €.

â–º DÉSAGULIER Christian, Leçon d’algèbre dans la bergerie, éditions Terracol, 846 pages, 25 €.

► GARNIER Typhaine, Massacres, éditions Lurlure, 112 pages, 15 €.

► MÉNÉCÉE, Le Voluptueux inquiet (réponse à Épicure), présentation et traduction de Frédéric Schiffter, Louise Bottu, 50 pages, 8 €.

â–º PASCAL Maxime Hortense, L’Usage de l’imparfait, Plaine page, 170 pages, 15 €.

► RAMIER Louise, Partition, Louise Bottu, 130 pages, 14 €.

► ROLAND Alice, Portulan, P.O.L, 256 pages, 18,50 €.

â–º TARDY Nicolas, Monde de seconde main, éditions de l’Attente, 112 pages, 13 €.

Libr-événements

► Mardi 25 juin à 18H30, Silencio (142, rue Montmartre 75002 Paris) :

â–º Du 25 au 30 juin 2019, au Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris) : Festival Tremble Parlure

Chaque jour des lectures, des discussions avec des romanciers, des poètes, grands bégayeurs ou remuants causeurs, de France, de Belgique ou du Québec, de la musique aussi… Chaque rencontre s’articulera sur le dos de thèmes dûment choisis, le parler fou par exemple, le parler cru, cuit ou mi-cuit, ce qui se trame dans l’enfance quand elle se parle, l’enfance considérée comme un outil de connaissance d’un réel plus vif, à la fois plus rouge et plus vert, les bestiaires les fantômes la ville et les forêts tout ce qui tremble dans la langue et, partant la fait trembler, tremble parlure. Chaque soir les auteurs seront invités à lire des extraits de leur choix, à se rencontrer, à dialoguer.

Mardi 25 juin, 19h30, Eugène Savitzkaya, discussion, lecture.
Mercredi 26 juin 19h30, Hervé Bouchard, Gaëlle Obiégly et Arno Calleja, discussion, lectures.
Jeudi 27 juin 19h30, Eric Chevillard et Boris Wolowiec, discussion ; Jean-Daniel Botta & Léonore Boulanger, performance.
Vendredi 28 juin 19h30 (à Pan Piper) : Hervé Bouchard donnera une lecture en ouverture de soirée ; puis, concert
de Loup Uberto & Lucas Ravinale (France), membres du trio Bégayer brutalisent à deux voix tout un répertoire de chansons rurales italiennes couchées sur percussions abrasives et instruments tournoyants.
Samedi 29 juin 17h00, conférence performée de Catherine Lalonde.
Samedi 29 juin 19h30, Christophe Manon et Dorothée Volut, discussion, lectures.
Dimanche 30 juin 16h00, carte blanche à la revue La Mer gelée (France-Allemagne), avec Bernard Banoun, Antoine Brea, Noémi Lefebvre, Laurent Grappe, Alban Lefranc, Aurélie Maurin, Benoît Toqué (liste non exhaustive).

â–º Du 27 au 30 juin, Numéro R – Salon des revues de création poétique en région Sud.
Avec les revues :
Arapesh, Art Matin / GPS, Attaques, Babel Heureuse, Bébé, Fondcommun, GPU, K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, La revue des revues, Legovil, Pavillon critique, Phoenix, Mettray, Muscle, Nioques, Teste – véhicule poétique, Toute la lire.

En coproduction avec les Périphéries du 37e Marché de la poésie de Paris et Ent’revues. Entrée libre et gratuite, de 11h à 18h.

ORGANISATEUR : CIPM – CENTRE INTERNATIONAL DE POÉSIE MARSEILLE = Centre de la Vieille Charité – 2 rue de la Charité 13236 MARSEILLE
04.91.91.26.45

► Vendredi 28 juin à 20H, Poètes en Résonances : 8, rue Camille Flammarion (75018 Paris) :

10 décembre 2016

[Chronique] Toute la lire, n° 2, par Bruno Fern

Toute la lire, Cahier n° 2, éditions Terracol, novembre 2016, 16 photos, 160 pages, 18 €. [En arrière-plan, traces de Frédérique Guétat-Liviani]

 

Dans le Cahier n° 1, cette revue était définie par son directeur, Christian Désagulier, comme étant « de poégraphie », ce qui, selon lui, renvoyait autant aux tracés du texte littéraire (« En phrases comme en phase ou déphrasés, l’enregistrement de ces petites secousses que le choc des plaques de pensée engendre au fond de soi […] ») qu’aux différentes approches techniques et scientifiques qui, contrairement à certaines idées reçues, sont « toutes exactes et humaines, c’est-à-dire faillibles, indescriptibles totalement, avec de ces combinaisons de mots récurrentes et particulières qui lui confèrent [à la poésie] une probabilité d’occurrence, même faible, miracle de la statistique, notre semoule quotidienne ». Cela dit, on pouvait déjà remarquer dans ce premier Cahier une importance accordée aux lieux, tendance que l’on retrouve ici dans la plupart des contributions, ponctuées par les étranges photographies d’« ombres mauriciennes au Jardin de Pamplemousse » de Christian Désagulier.

Il en est ainsi pour Marie Borel qui, en évoquant des terres lointaines (du moins, d’un point de vue européanocentré), entrelace subtilement le français, l’anglais et diverses langues locales, créole et autres, dans une perspective qui ne plairait guère à François Fillon : « Colonisateur ou envahisseur, un peuple en exploite un autre, mettons. Cet autre, certain jour, ose parler sa propre langue, souvenez-vous. Le premier, furieux, crie alors à la provocation. »

À sa manière, Olivier Schefer explore un autre espace, celui de Nosy Lava, « l’île cachot » située au nord ouest de Madagascar, qui servit de bagne de 1911 à 2000. Lui aussi mêle le récit de sa visite à des considérations sur le passé colonial (puisque Madagascar n’accéda à l’indépendance qu’en 1960) et il convoque également au passage Deleuze et Thomas More.

Le jeûne de l’Avent de Sergueï Zavialov, traduit du russe par Yvan Mignot, a pour cadre le siège de Léningrad par l’armée nazie – qui, au total, aura duré 872 jours -, à travers une sorte de journal extime qui va du 29 novembre 1941 au 7 janvier 1942. S. Zavialov y fait entendre de multiples voix, du bulletin météo au Magnificat en passant par les communiqués militaires et les cartes d’approvisionnement, et ce montage – c’est-à-dire « la forme non mélancolique de la technique moderne » selon W. Benjamin – constitue un ensemble très singulier.

Quant à Yves-Marie Stranger, sa Vie imaginaire de Jean-Michel Cornu de Lenclos relate la destinée d’un grand voyageur en associant faits réels et fiction dans une tonalité à la fois savante et facétieuse. Par exemple, le héros fonde une maison d’édition dont la devise est « Je me Limite à Tout » et son portrait n’est sans doute pas éloigné de celui de l’auteur : « Un mélange curieux de réelle érudition, sans fanfare ni trompettes, et d’un esprit moqueur et léger qui aimait tout en dérision, et d’abord lui-même. L’éternité, oui, mais avec les meilleurs fromages. » 

Frédérique Guétat-Liviani, elle, effectue un périple d’un genre très différent, intitulé Œil, en plusieurs étapes où il est notamment question de rituels énigmatiques :

 

puis k                            a cassé                                     l’œuf                                          dans une assiette

dans l’œuf                      il n’y avait plus                              ni mèches                  ni figures

ni                                                                                                                             emmêlements

cependant            la coquille abrite toujours            l’oeil   

 

Enfin, signalons les larges extraits de l’Atlas de mes estuaires d’écrire. Hauts-fonds, pleines ou basses mers & eaux fangeuses : sept esquisses de cartes parmi d’autres (ouf !) de Sarah Carton de Grammont, au ton aussi grave que drolatique : 

« Les lieux, à vrai dire, ne se portent pas trop mal. L’état des lieux n’est pas trop pire. Les lieux en eux, ça va. Certains fuient, mais ça va. C’est moi qui me demande où je vais et où, en mon état présent de dislocation.

Il faudrait donc dresser mon atlas. Il faudrait ne pas oublier l’index. » 

Bref, tout est à lire dans ce numéro auquel les talents de Julia Tabakhova ont permis de donner une belle facture, cerise sur le drôle d’oiseau qui trône en couverture – le terracol, espèce inconnue des ornithologues.

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