Libr-critique

17 janvier 2021

[NEWS] News du dimanche

Ces premières NEWS du dimanche de 2021 donnent d’emblée le ton : offensifs l’édito et les textes de CUHEL comme de Tristan Felix ! Suivent, en ce temps de médiocre rentrée-de-janvier, notre sélection rigoureuse (LIBR-6), nos Libr-brèves et notre avant-dernière Libr-rétrospective de 2020

Édito

♦ On n’arrête pas le Progrès : des files d’attente et de la flicaille partout, couvre-feu*, angoisse devant un Ennemi invisible… ça nous change la vie : c’est vrai quoi, ça met un peu de piment dans les vies monotones de nos démocraties-molles…  Et puis, c’est inédit au moins, non ?!

* La seule différence avec 1942, c’est que cette fois il concerne tous les (néo)pétainistes – et pas seulement les juifs…


♦ Pour mieux deviner où va cette « France en Marche », on lira l’édito du n° 6 de COCKPIT voice recorder (novembre 2020), signé Christophe Fiat : « Si au printemps, lors du premier confinement, on nous encourageait à faire les Robinson Crusoé : « Robinson Crusoé ne part pas avec de grandes idées de poésie et de récit. Il va chercher dans la cale ce qui va lui permettre de survivre » a-t-on entendu lors d’une visioconférence en direct de l’Élysée, nous n’avons pas d’autre choix, à l’occasion de ce second confinement, que d’être des Don Quichotte. Voilà, le délire du personnage de Cervantès en quête d’aventures tout azimut nous semble plus « adapt頻 – terme d’une Novlangue inépuisable – à la réalité de notre époque que la clarté zélée du personnage de Defoe »…

♦ Pour bien commencer l’An neuneuf, chantons avec La Vie manifeste :

« L’Etat noie, noie l’Etat
il n’y a pas d’argent magique, il n’y a que de l’argent tragique

Déboulonnons le récit officiel
Police abolie, bientôt le paradis
Etranglons les étrangleurs
Télétravail pour les CRS »…

CUHEL, Ode au Coronnard 

Ô Coronnard le Combinard
toi qui n’es pas né de la dernière pluie
MERCI de nous rappeler que nous sommes cuits
Toi l’ultra-libéraliste tu aimes la Liberté
de circuler
pour nous parasiter
tu chéris l’Égalité (et surtout son Boulevard !)
et la Fraternité
pour mieux nous parasiter

Ô Coronnard le Vicelard
qui nous mène la vie hard
tu es le meilleur coach de l’apocalypse
ô vice oh hisse au supplice !

Ô Coronnard le Cognard
tu vas nous débarrasser de tous les nullards
qui nuisent à la sécurité des démerdards
qui empêchent de tourner en rond
notre immonde où seul compte le pognon
un pognon de dingues

Ô Coronnard
toi qui as grandi sur la litière de nos idéaux
sur le terreau de l’immonde expansion des néo-fléaux
toi l’avant-garde des néo-libéraux
pour rassurer les secturitaires
tu vas ramener l’Ordre sur la Terre
l’Ordre en Marche
celui des marchands
à qui profitera le Grand Réchauffement
À bas les sans-dents !
Et vive le Résident de la Réputblik
décoré de l’Ordre du ÇaProfite !

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Pour prouver son innocence, Ovaine braque une baraque à frites, en plein soleil. 

Le fritier, désormais client, s’enquiert :

– Où en est ton procès ?
– État stationnaire. Preuve que j’ai rien fait. Et toi ?
– Bah, j’ai pas de preuves que tu m’as tout piqué.
– Veux-tu que je témoigne en ta faveur ? J’ai tout vu, tu sais.
– Tu seras inculpée pour faux témoignage, laisse tomber.

Ovaine, émue, lui double sa dose de mayo.

Transporté par ce vent de solidarité, il demande une barquette géante.

Et de sa langue prélève les cristaux de sel éclatant d’une vérité nouvelle.

 

Libr-6 (Livres reçus : hiver 2020-21)

► Jean-Pierre BOBILLOT, Dernières répliques avant la sieste [notes sur le risible – II & III], éditions Tinbad, coll. « Poésie », 88 pages, 14 €.

► Sophie COIFFIER, Tiroir central, éditions de l’Attente, 88 pages, 11,50 €.

► Suzanne DOPPELT, Meta donna, P.O.L, 80 pages, 13 €.

► Anne KAWALA, Les Aventures d’Orphée Foëne à Dos Romeiros, Série Discrète, 64 pages, 12 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cassandre à bout portant, Flammarion, coll. « Poésie », 174 pages, 18 €.

► Patrick VARETZ, Deuxième mille, P.O.L, 528 pages, 32 €.

Libr-brèves

► On retrouvera ici la visio-lecture de La Sauvagerie qu’a donnée Pierre Vinclair mercredi dernier 13 janvier dans le cadre de Station d’arts poétiques (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon).

â–º Peu après la publication du volume collectif issu du Colloque international de Cerisy sur son œuvre, Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture, le poète, peintre, dramaturge et metteur en scène vient de recevoir le Grand Prix Paul Morand de l’Académie française, destiné « à l’auteur d’un ou plusieurs ouvrages remarquables par leurs qualités de pensée, de style, d’esprit d’indépendance et de liberté » – et doté de 45 000 €.

Libr-rétrospective 2020 (3)

â–º Créations : Joël Hubaut, « Ã‰pidémiK » [n° 1 ; série à terminer en 2021] ; Philippe Jaffeux, « John Coltrane » ; Julien Blaine, « (Y) » ; Laure Gauthier, « Transpoèmes »Â ; Tristan Felix, « Le Mâle dit de fine amor »

â–º Chroniques : Ahmed Slama sur Ivar Ch’vavar, La Vache d’entropie ; Patrick Beurard-Valdoye, « Fléau et théâtre social »Â [> 3 000 vues] ; Fabrice Thumerel, « Julien Blaine : fin de partie ? » [> 3 500 vues]…

â–º NEWS : Poesie is not dead, « Urgences poésies » [> 5 000 vues] ; « News du dimanche du 17/05 » [> 2 500 vues]…

► Entretien avec Christophe Fiat pour le lancement de la revue Cockpit voice recorder

23 août 2020

[News] News du dimanche

Oui, « on vit une époque compliquée » – pour nous faire l’écho de la note qu’a postée ce matin dans son journal Guillaume Vissac
Et plutôt que de fustiger la vanité d’une énième Rentrée-littéraire ou, pour le dire à la manière des organisateurs du Festival EXTRA!, « plutôt que de se complaindre sur la fin lancinante de la littérature, il convient plus que jamais de manifester la vitalité multiple de la création littéraire, sous toutes ses formes : vivante, sonore, exposée, numérique… »
Après la UNE consacrée à la 4e édition du Festival EXTRA!, quelques Libr-événements de septembre…

 

UNE : Festival EXTRA! #4, du 11 au 27 septembre 2020

Créé au Centre Pompidou à Paris en 2017, le Festival EXTRA! donne la plus large visibilité à l’ensemble des formes que prend aujourd’hui la littérature. Lectures, performances, littérature exposée, visuelle ou numérique, poésie sonore, rencontres publiques, autant de pratiques littéraires hétérogènes qui amènent la littérature à sortir du livre pour se créer et se diffuser ailleurs et autrement : sur scène, dans la rue, en public, à l’écran, comme dans les musées et les espaces d’exposition.

L’interrogation que porte EXTRA! sur la création littéraire n’est jamais apparu aussi nécessaire qu’aujourd’hui, pour affronter le désarroi dans lequel nous plonge le monde, mais également pour réenchanter notre rapport vivant à la littérature dans toute sa diversité. Organisé en 7 chapitres à la façon d’un récit d’aventure, thématisé autour du motif de l’île, synonyme à la fois d’évasion et de confinement, le festival EXTRA! vous embarque dans une odyssée où il sera question de Musiques-fictions, de Manhattan et du poète américain John Giorno, d’écritures éco-poétiques et d’une île peuplée de Robinsons et de Parleuses.

PROGRAMME (encore provisoire)

CHAPITRE 1 : l’île de Crash Park

En continu du 11 au 27 septembre, Forum –1

CHAPITRE 2 : Les îles sonores

Vendredi 11 septembre :
Rencontre avec Maylis de Kerangal, 18h30, Forum -1
Musiques-Fictions (Ircam), 19h, Grande salle
Samedi 12 septembre :
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
Musiques-Fictions (IRCAM), 19h, Grande salle
Robert Cantarella et Romain Darolles, Moi -même, je me suis déçu, 14h-23h (durée : 9h), Centre culturel suisse
Dimanche 13 septembre
La rentrée littéraire, 15h-19h, Forum –1
Musiques-Fictions (IRCAM), 19h, Grande salle

CHAPITRE 3 : Eco-poétiques

Mercredi 16 septembre
Atelier d’écriture, 17h-19h
Antoine Boute, Opération Bio-Hardcore, 19h, Forum –1
Table ronde : La littérature à l’heure panique, 20h
Jeudi 17 septembre
Julien Creuzet, performance, 19h, Forum -1
Programme complet à venir

CHAPITRE 4 : Urban Island

Vendredi 18 septembre
Planétarium, avec Frédérique Aït-Touati, Michel Lussault et Philippe Rahm, 18h30, Cinéma 1
Samedi 19 septembre
The John Giorno Poetry Day, Grande Salle, Forum –1 et hors les murs, Toute la journée
Prix Bernard Heidsieck, Forum –1, 11h30-23h
Mardi 22 Septembre :
Belgian Theory 3 – Le Jour d’après, Centre Wallonie-Bruxelles, 19h30

CHAPITRE 5 : Robinsonnades

Mardi 22 septembre :
Gwenaël Morin, Antonin Artaud – Le Théâtre et son double, Théâtre des Amandiers de Nanterre, 20h30
Mercredi 23 septembre
Olivier Cadiot, Médecine générale, 20h30, Grande Salle
Jeudi 24 septembre
Jean-Yves Jouannais, L’Encyclopédie des guerres, 19h, Petite Salle
Christophe Fiat, L’île épouvantable, 20h30, Forum -1

CHAPITRE 6 : L’île des parleuses

Vendredi 25 septembre
Chloé Delaume, Rencontre, 19h, Forum -1
Barbara Carlotti, Lecture Beat, Maison de la Poésie, 20h30
Samedi 26 septembre
Lettres à une jeune poétesse, 18h-20h, Forum -1
Dimanche 27 septembre
Les Parleuses, toute la journée, Bpi
Josèfa Ntjam, 18h, Forum -1

CHAPITRE 7 : Paysages alentours
Exposition dans le Forum –1 (en continu du 11 au 27 septembre)

♦ Au programme du Festival Extra! : La remise du Prix littéraire Bernard Heidsieck aura lieu le samedi 19 septembre à 11h30 au Centre Pompidou (Entrée libre).
Dans le monde des prix littéraires, celui du Centre Pompidou est tout à fait singulier : créé en 2017, il veut mettre à l’honneur les formes diverses de la création littéraire : poésie sonore ou visuelle, performance, lectures, film-poème, création numérique, etc. Un prix de littérature vivante, plasticienne, hors du livre.
Cette année, le jury du prix Bernard Heidsieck-Centre Pompidou 2020, présidé par le poète Jacques Donguy, a retenu les 4 nominé(e)s suivants : Natalie Czech (Allemagne), Jérôme Game (France), Kinga Toth (Hongrie), Pierre Paulin (France).

Artiste, Natalie Czech (1976, vit et travaille à Berlin) oscille entre poésie concrète et photographie conceptuelle. L’écriture poétique est au coeur de son travail, qu’elle s’applique à faire émerger visuellement dans bien d’autres supports ou médias : pochettes de disques, écrans, lettres, journaux, ou publicités.
Écrivain, poète, Jérôme Game est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages (recueils, livres-CD de poésie sonore, essais, vidéopoèmes, théâtre). Correspondances entre pratiques, questionnements transfrontaliers, dispositifs partagés : c’est dans ces écarts que son écriture agit et s’ajuste, explorant la consistance du réel des corps, des événements et récits, collectifs ou individuels.
À travers le poème, la note, l’essai, l’édition et des objets, Pierre Paulin (1982) inscrit son travail artistique dans la culture visuelle d’aujourd’hui. L’utilisation du terme « look », pour qualifier son travail poétique ou les ensembles de vêtements qu’il reproduit, est le dénominateur commun d’une pratique de l’écriture et de l’art basée sur la combinaison de formats et de signes culturels.
Kinga Toth (1983, Hongrie) écrit et publie des nouvelles, des poèmes et des pièces de théâtre en hongrois, en allemand et en anglais. Musicienne, chanteuse, poète visuelle et sonore, elle présente son travail dans des performances, des expositions et des installations internationales.

 

Libr-événements

► En lien avec le Festival au Centre Pompidou : le 11/09 à 20H ; le 12 à 14H30 et 19H ; le 13 à 11H30.

L’autre fille d’Annie Ernaux
Aurélien Dumont composition, commande de l’Ircam-Centre Pompidou
Daniel Jeanneteau adaptation et réalisation
Augustin Muller design sonore et réalisation
Sylvain Cadars ingénierie sonore
Avec la voix d’Annie Ernaux et musique enregistrée par les musiciens de l’ensemble L’Instant Donné, Nicolas Carpentier violoncelle, Maxime Echardour percussion, Mayu Sato-Brémaud flûte

« Musiques-Fictions » est la collection que lance l’Ircam en 2020 : un programme où la création musicale est en prise directe avec la fiction littéraire. Ces musiques-fictions agencent un texte, en priorité celui d’une auteure contemporaine, une musique originale liée aux sens de la fiction, un metteur en scène et des acteurs. Donner toute sa place à l’écriture musicale mais conserver toute son intelligibilité au texte : Musiques-Fictions entend renouveler le genre de la fiction radiophonique ou du Hörspiel, en dépassant la simple illustration sonore du récit ou du dialogue.
Dans un espace immersif, sous le dôme de diffusion ambisonique, où l’imagination est sollicitée par l’environnement sonore créé, l’auditeur est convié à une écoute partagée.

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8 juillet 2020

[Entretien] Lancement d’un OVNI, COCKPIT : trois questions à Christophe Fiat, par Fabrice Thumerel

Avant ma chronique qui paraîtra dans La Revue des revues, on découvrira l’OVNI COCKPIT VOICE RECORDER grâce à l’un des deux pilotes à bord, Christophe Fiat, dont on lira dans AOC un article éclairant : « Ã‰crire dans une période de collisions ». [Une épopée de Christophe Fiat]
Commander la revue : troisccc@free.fr (5 € le numéro papier ; 2 € en format numérique).

 

Pourquoi ce titre et ce support cheap et pop ?

Le COCKPIT VOICE RECORDER est la boîte noire placée à l’arrière d’un avion qui enregistre les conversations des pilotes pendant le vol. Elle est conçue pour résister aux chocs, à l’incendie et à l’immersion. À une époque où l’art et la culture sont sans cesse dégradés, menacés, attaqués, la métaphore de la boîte noire est le lieu adéquat pour rendre possible une création nouvelle qui serait à l’abri des coups mais à l’affut du monde et de ses convulsions. Et aussi le COCKPIT VOICE RECORDER est un espace d’écoute et de son, un espace où les voix des invités de la revue peuvent se faire entendre comme si chacun d’eux était pilote ou co-pilote. D’ailleurs chaque invitation est une « carte blanche » au propre et au figuré : chaque page de la revue est un fond blanc avec un cadre noir dans laquelle les invités ont la liberté de publier ce qu’ils veulent. Quant au support (la revue en version papier ressemble à un journal), il est adapté à la fréquence de publication : un mensuel. Comme nous avons une économie modeste et qu’il faut publier vite et bien, nous avons eu recours au DIY dont l’origine est plus à chercher du côté du Punk que de la Pop, cette dernière se caractérisant par son univers multicolore et pétillant. Ici que des pages en noir et blanc, accompagnées du bandeau :

« jeveuxquemapoésiepuisseêtrelueparunejeunefillede14ans ».

 

Quel parallèle établis-tu entre cette nouvelle expérience revuiste et ta première, avec Anne-James Chaton, intituléeTIJA (The Incredible Justine’s Adventures) ? 

COCKPIT VOICE RECORDER est né pendant le confinement de la crise sanitaire du Covid. Le premier numéro est paru le 1er mai 2020 en version uniquement numérique. C’est pour moi une aventure incomparable et pour Charlotte Rolland, une aventure inédite. Revue de crise. Donc nous sommes deux dans le COCKPIT à conduire ce que j’appelle ce zing : Charlotte Rolland, directrice de la publication et moi qui m’occupe du rédactionnel. C’est une revue de création par le choix des invités (ils viennent du théâtre, de la poésie, de la littérature et de l’art et aussi de la musique et de la culture) et par la liberté des formes mais par son rythme de parution, elle est mensuelle, cette revue peut s’apparenter à un journal qui fait état, tous les premiers vendredis du mois de l’état de la création en France et à l’étranger (nous publions des écrivains italiens, espagnols, mexicains, américains et bientôt japonais). Et chaque numéro est accompagné du poster du mois : en mai, Regine Kolle, en juin, Hyppolite Hentgen et en juillet Août, Rainier Lericolais.

Voilà, c’est important pour Charlotte Rolland et moi ce rythme mensuel qui est assez dingue à tenir mais qui participe de l’énergie de la revue : ouvrir un espace où un nouvel imaginaire est rendu possible.

 

Vu le caractère offensif de l’édito de juin, dirais-tu que cette boîte noire est impliquée (ou engagée ?) dans notre monde ou que simplement elle en témoigne ?

Chaque page de la revue est accompagnée du bandeau
#jeveuxquemapoésiepuisseêtrelueparunejeunefillede14ans.

C’est une citation de Lautréamont que j’interprète ainsi : plus tôt on lit de la littérature et plus tôt on est armé et outillé pour comprendre la violence du monde dans lequel on vit et le nôtre n’en manque pas, assurément. Cette revue est plus un écho des convulsions de notre époque qu’une réponse. Implication ? Engagement ? Témoignage ? Depuis 20 ans, comme tu sais, j’écris des livres qui sont tous des épopées et à présent j’essaye dans cette revue de donner à l’épopée un espace collectif. Il n’y a que l’épopée pour dire ce qui se passe aujourd’hui mais des épopées critiques, satiriques, caustiques, parfois. Revue « à vif » comme je l’ai écrit dans l’édito du premier numéro.

3 mai 2020

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mai, quelques Libr-brèves avant nos rubriques « En lisant, en zigzaguant » et les « Mots croisés insolubles » de Marcel Navas…

Libr-brèves

â–º Sur la crise de l’édition, lire cette intéressante tribune dans L’Humanité.

â–º Ne pas manquer, en deux parties, le long et passionnant entretien entre Laure Gauthier et Guillaume Richez sur Les Imposteurs.

â–º Le numéro 1 de la prometteuse revue COCKPIT créée par Christophe Fiat vient de sortir : « Ici, ça enregistre plein pot. Il y a des dissonances, des larsens, beaucoup d’échos… » Vous y retrouverez, outre le fondateur, Jean-Michel Espitallier, Antoine Dufeu, Thomas Hirschhorn, Manuel Joseph…
Revue COCKPIT : 30 pages, 5 € – 21 passage Dumas 75011 Paris / troisccc@free.fr (sur Facebook : @Asso3C).

En lisant, en zigzaguant…

« Les grandes entreprises se veulent toutes à la pointe de l’innovation ; et insistent en même temps sur leurs lointaines origines […] » (p. 69).

« C’est là une énigme qui intéresse la librairie, la statistique, le féminisme et la logique. D’une part, toutes les enquêtes démontrent que le lecteur d’aujourd’hui – celui qui fait le succès d’un livre – est une lectrice de 50 ans ou plus. D’autre part – nous préférerions l’ignorer mais nous le savons quand même puisqu’il s’en est ouvert à son de trompe –, Yann Moix a peu d’inclination pour les femmes de cet âge. Or le nouveau livre de ce goujat cartonne en librairie » (95).

« L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame aussitôt attisée, tisonnée, orchestrée, confisquée, instrumentalisée par les médias et les officiels… les Français unis dans le deuil et les larmes… communion des cÅ“urs… élan collectif… pâââtrimoine… peuple de bâtisseurs… quelle émotion résisterait à tant de mômeries ? Pas le temps de nous étreindre que déjà elle nous écÅ“ure » (137).

« Le risque désormais bien réel – pour ne pas dire la perspective imminente – de l’apocalypse nous empêche de jouir pleinement de notre petite angoisse de mort individuelle. Mais sans doute suis-je trop orgueilleux pour me complaire jamais aux phénomènes de masse » (160).

« Nous n’avons pas besoin d’une intelligence artificielle pour écrire des romans. Il serait plus urgent d’en concevoir une capable de les lire » (197).

Éric Chevillard, L’Autofictif incendie Notre-Dame, éditions de l’Arbre vengeur, 2020, 234 pages, 15 €.

 

Marcel Navas, Mots croisés insolubles

Problème n° 4

Horizontalement

  1. Le plus sûr moyen de percer le secret de la pyramide des âges. – II. Il noie son chien aussi bien que le poisson. Difficile de mettre un nom sur son visage mais on peut toujours lui jeter un verre d’eau à la figure. – III. Il en voit de toutes les couleurs car il a la vue basse. Ne manque pas de reliefs en dépit de sa grande platitude. – IV. Exercice fait à dessein. Décourage les mauvaises volontés. – V. Rares sont ceux qui n’y sont pas passés, fût-ce en force. Désenchantement. – VI. Poils à gratter des moines. Aide à faire des coupes. – VII. Spectaculaire chez les unijambistes. – VIII. Grain à moudre. En un éclair. On peut la tourner en ridicule dès qu’elle a perdu sa virginité. – IX. À force de se faire avoir, elles pourraient bien tomber dans les pommes. Obéit volontiers au doigt mais pas à l’œil. – X. Bon pour les enfants, mauvais pour les vieux. Pas donné aux sourds. – XI. Petite bête très recherchée. Se produit souvent à un croisement très dangereux. – XII. Non seulement elle vous envoie dans le décor mais elle vous y assigne à résidence.

Verticalement

  1. Insensibles aux offres les plus séduisantes. – 2. Ne laissent rien derrière eux quand ils vont de l’avant. – 3. Un faux dur qui pantoufle dans l’ovaire. Lieu imaginaire où se retrouvent les nomades et les exilés. – 4. Il était dans le dénuement mais maintenant il aime le confort par-dessus tout. – 5. Corvéables et taillables à merci mais pas éternellement. On l’a dans le jambon mais pas dans l’os. – 6. Encore un avorton ! Il se débrouille très bien tout seul. – 7. Se dépense beaucoup pour faire rire la galerie. Mode de vie. – 8. Pas franchement olé olé. D’une façon ou d’une autre, il faut le prendre en main. Branche coupée. – 9. Même s’ils contiennent du fer, ils sont difficiles à manger en potage. Tour de piste qui tient du tour force. – 10. À défaut d’avoir les clefs, il fait sauter les verrous. Termine pitoyablement. – 11. Il n’existe que s’il est grand, ou alors c’est un mineur. Se cache parfois très loin en dessous des sous-vêtements, ou ailleurs. – 12. Mortelle surtout pour les blessés légers. Il ne disjoncte que s’il n’est pas au courant.

 

 

 

26 mai 2019

[News] News du dimanche

Vos RV Libr-critique jusque début juin : au Delaville Café autour de Stéphane Bouquet ; Marie de Quatrebarbes / Peter Gizzi puis Danielle Mémoire à Texture ; La Forêt Blanche à Paris et les Poésies bougées à Nantes ; Bonfanti/Moretti à Lyon ; la Journée d’études des jeunes généticiens et La Nuit remue à Paris…

â–º Mardi 28 mai :

► Mercredi 29 mai, 19H30 : Rencontre avec Marie de Quatrebarbes pour Voguer (P.O.L) et Peter Gizzi pour Archéophonies (Corti).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

► Vendredi 31 mai à 19H30, Les liens d’écriture #7 : septième et dernier rendez-vous du cycle de rencontres organisées dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture, Christophe Manon reçoit Danielle Mémoire, à l’occasion de la parution de son livre Les Rendez-vous de la marquise (POL).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

â–º Du 1er au 14 juin :

â–º Mercredi 5 juin à 19H30, Le Lieu Unique à Nantes (2, Quai Ferdinand Favre) : Poésies bougées – poésies performances.
Avec Sarah Barh, Joël Hubaut, Antoine Boute & Jeanne Pruvot Simonneaux, Aziyadé Baudouin-Talec.

â–º Vendredi 07 juin à 12h15, « Musésie : Birdasse off the Wahl » : rdv au Palais Saint Pierre dans la cour des Beaux-arts de Lyon, où Brice Bonfanti & Michaël Moretti se dédoublent au Musée des Beaux-Arts de Lyon, Palais Saint Pierre. Parcours poétique ou le musée haut bas sans dessus dessous (exorcisme au jardin puis au réfectoire où succèderont Voltairine de Cleyre, foetus de cadette des 7, ekphrasis au resto d’un tableau en réserve, conférences ‘pataphysiciennes & délirantes en salle de conf’…
Durée : 1h. Tarif : 3€ / 1€ + entrée au musée

â–º Vendredi 07 juin :

â–º Samedi 8 juin, 18H, La Nuit remue : Sorbonne, Bibliothèque Ascoli – Escalier C, 2ème étage 17, rue de la Sorbonne. 1, rue Victor-Cousin Paris 5ème Arrondissement.

Attention ! pour des raisons de sécurité, l’inscription est obligatoire. Toute personne souhaitant assister à La Nuit Remue doit s’inscrire au préalable. Clôture des inscriptions : jeudi 6 juin 17h.

Avec Laurent Grisel , Eric Houser, Bérengère Cournut, Stéphane Novak, Marie de Quatrebarbes, Esther Salmona, Christophe Fiat, Véronique Vassiliou, Benoît Toqué, Pascale Petit, David Lespiau, Jean-René Lassalle, Sonia Chiambretto, Cristina de Simone et Sylvain Kassap.

31 mai 2014

[Chronique] Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils [Libr-Java 9]

Dans un champ poétique caractérisé par une lutte des classements d’autant plus âpre que l’espace est symboliquement et économiquement restreint, le succès et donc la réédition de Caisse à outils – juste après l’anthologie Pièces détachées – signifient à quel point Jean-Michel Espitallier a réussi sa gageure d’offrir à chaque curieux "des plans et des modèles pour construire son propre engin d’exploration". C’est dire à quel point il nous faut (re)lire ce trois-en-un (essai-manuel-panorama). Cette réédition n’apportant qu’une réactualisation des références – très utile au demeurant -, on commencera par la version relue de la chronique publiée en 2006 par Philippe Boisnard ; et on terminera par le dialogue critique que propose Fabrice Thumerel à son auteur. [Lire Libr-Java 8]

Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils. Un panorama de la poésie française aujourd’hui, Pocket, 2006 ; édition revue par l’auteur, Pocket, coll. "Agora", printemps 2014, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-266-25041-2.

 

Un manifeste postmoderne (Philippe Boisnard)

Jean-Michel Espitallier publiant Caisse à outils aux éditions Pocket, prenait un risque certain : témoigner de la création de la poésie française contemporaine, dans une édition grand public, à savoir accessible à tous, alors que les enjeux de cette poésie semblent demander une certaine connaissance de l’histoire de la poésie du XXème siècle et des questions qui s’y sont tissées. Risque dont lui-même n’était pas dupe, tel qu’il en témoigne dans sa première partie Ouvre-boîte : « Le pari n’était pas facile étant donné la grande diversité des gestes artistiques, la complexité des questions, la multiplicité des formes et des pratiques (…) Si j’emprunte parfois la casquette de l’historien, c’est qu’il me paraît difficile de prendre la mesure des formes contemporaines sans les replacer dans la continuité et les ruptures qui les ont produites, les légitiment, en expliquent les mécanismes et les apports. »
Lire cet essai, car il s’agit davantage d’un essai que d’un panorama, nécessite alors de tenir compte de ce grand écart, de ne pas voiler cette tension sous les prétextes, soit de spécialistes, soit de chapelles, qui discréditeraient par avance son effort de clarté, voire de clarification de certaines questions.
Alors, quel est l’enjeu précis de cette caisse ? Tient-il seulement à rendre visible les compartiments de la poésie contemporaine, les différents outils mis à disposition par les pratiques et les créations ? Cela pourrait être le cas, si nous nous référions seulement à la table des matières, si nous prenions cet essai seulement comme une taxinomie des différentes expériences contemporaines.
Mais ce serait aussi se détourner certainement de ce qui le creuse, venant indiquer non plus la simple description neutre de poésies, mais témoigner de lignes qui se construisent, s’affrontent, viennent se contredire, selon un rapport au temps, à l’histoire, à la société. C’est de cela que je voudrai parler ici.
Alors que le champ poétique au niveau des essais est dominé sans nul doute possible, depuis plus de quinze ans, par les thèses de Christian Prigent, ce qu’accomplit ici Jean-Michel Espitallier, sans le dire explicitement, c’est une réévaluation critique de la modernité prigentienne, et l’ouverture à de nouveaux horizons, dont témoigne fort peu Christian Prigent.
Que cela soit dans Ce qui fait tenir, ou encore dans ses articles, comme celui publié dans Fusées n°8 sous le nom Encore un effort, Prigent n’a de cesse : 1/ de défendre la pensée d’une modernité poétique qui se structure sur la négativité des grandes irrégularités du langage, sur l’illisibilité (cf. ce qu’il écrit encore à propos de Scarron : « Écrire, c’est alors faire injure aux écrits droits (…) inoculer là-dedans épouventable peste gangrenne » (p.52), 2/ de mettre en critique les pensées post-modernes, qui ne s’affrontent plus à cette logique, 3/ ceci en tentant de rabattre certains des auteurs de ce tournant post-moderne dans le champ de la modernité (cf. Fusées °8 : « Tout cela est bien intéressant [il parle de Fiat et Hanna]. Un peu tartarin, sans doute, dans le genre ultra-avant-gardiste. Derrière insistent lourdement, l’ombre de Burroughs, le spectre de Gertrude Stein (…) Côté théorie cela fait beaucoup de scolarité »).
Jean-Michel Espitallier pose la possibilité de sortir de cette logique, il la met en critique en se positionnant en rapport à un tournant post-moderne, que l’on retrouve aussi bien chez Christophe Hanna que dans ce que je tente de même de mettre en place au plan de la réflexion [cf. "Hackt° theory(Z)" dans Doc(K)S]. Mais en quel sens établit-il cette réévaluation post-moderne ?
Il accomplit son analyse dans la partie centrale de son essai : « Chronomètre, horloge, agenda », à partir de la mise en évidence de ce que c’est qu’être contemporain : « C’est parce que je suis contemporain que je vis mon temps et non le contraire » (p.137). Les questions de la poésie se polarisent sur l’époque où elle apparaît à partir dès lors, ni de la recherche d’une langue propre (idiolectale), ni de la volonté de faire surgir une propriété extra-époquale (le corps, le singulier, la pulsion, le ça, la négativité) qui serait voilée par l’époque. Bien au contraire, être contemporain selon Jean-Michel Espitallier, c’est saisir un certain nombre de questions « qui se posent mais ne me sont pas posées » (rupture de l’obnubilation du sujet), c’est intensifier des rapports logiques, politiques, sociaux, non pas en vue de trouver une part maudite, une sorte d’ipséité que la modernité rationnelle aurait voilée, mais selon le projet de les décrypter, de les mettre à jour du point de vue de leurs stratégies de domination, de diffusion, d’imprégnation. C’est pourquoi cette contemporanéité se définit en tant que tournant post-moderne. La post-modernité, comme j’y reviendrai par ailleurs, ne définit pas d’abord et avant tout une réalité époquale (même si cela peut être le cas), mais surtout la réévaluation critique des héritages qui ont défini l’histoire, selon une logique de mise à distance des méta-vérités qui l’ont structurée. Alors que la modernité poétique a opposé à la téléologie de la raison issue du XIXème siècle (Hegel, puis Husserl) une téléologie du sujet compris comme singularité et tout à la fois vérité d’une possible communauté politique (d’où la récurrence du thème de la révolution), la post-modernité ne revendique plus aucune forme de vérité/communauté, mais situe son travail comme déchiffrement des mécanismes politiques, économiques ou communicationnels qui définissent chacune des micro-segmentarités de vérité relative qui constitue la réalité parcellisée du monde occidental. Contre la performation moderne, le post-moderne tendrait à un travail critique. Contre l’idiolectal lié à l’assomption du singulier, la post-modernité poserait des langages conventionnels, issus des pôles hégémoniques de la représentation, mais cela à partir de la remédiation de leurs logiques ou de leurs contenus, selon des déplacements circonstanciels ou événementiels, selon des stratégies de déterritorialisation, sans réelle reterritorialisation dans une dimension de vérité. C’est ainsi que Jean-Michel Espitallier peut écrire : « Faisant le deuil du clivage historique entre passé et présent, le post-moderne s’inscrit en faux contre tout messianisme. L’écrivain post-moderne retourne contre eux les phantasmes d’une inspiration créatrice, raille l’esprit de sérieux et les supposés vertus politico-thérapeutiques de son travail. » (p.126)
Il était nécessaire qu’une telle entreprise puisse enfin voir le jour. Non pas qu’il faille en finir avec la modernité, mais au sens où elle permet enfin d’avoir accès à des pratiques qui, hétérogènes à l’intention moderne, ne pouvaient apparaître au vu de la focalisation moderne qui caractérise encore les pratiques expérimentales. Ainsi, même si Espitallier a tendance à tomber dans le name-dropping, et par moment à citer des noms qui sont peu pertinents par rapport à ce qu’il développe, il réussit à rendre visible, si ce n’est lisible, les nouvelles intentionalités poétiques qui s’élaborent. Il ne reste plus qu’à attendre maintenant des essais qui réfléchissent et approfondissent ces nouveaux horizons, qui ne seront plus de l’ordre de la caisse à outils, mais plus certainement tiendront du mécano.

 

Bricolage et vagabondage (Fabrice Thumerel)

Nul point de vue de Sirius ici, nul voyage olympien ni parnassien : c’est en bricoleur que Jean-Michel Espitallier propose ses découvertes et expériences, tout comme ses réflexions sur le renouvellement de l’objet poétique, les mutations de l’espace poétique, ou encore les pratiques transartistiques et transgénériques. Et parce que le bricolage ressortit à la "pensée sauvage" (Lévi-Strauss), cette caisse à outils s’avère aussi pratique qu’originale. Indispensable par sa riche diversité et la clarté de ses synthèses. Indispensable pour ses prises de position vives ou mesurées, ses mises en garde salutaires : assurément, on pourrait très bien se passer de ce "téléthon annuel" que constitue le Printemps des poètes, tout comme de l’incontournable "transversalité", "nouveau sésame de la cuistrerie branchée"… Le poétisme ne frappe pas que la poésie "traditionnelle", pouvant "se manifester dans la pompe lyrique ou le stylisme boursouflé comme dans la littéralité ou l’avant-garde" ; il importe donc de "se méfier des hâtives sacralisations du nouveau" – tant "il ne suffit pas de piloter de gros logiciels et d’articuler images, sons, textes, hologrammes, etc., pour faire la révolution poétique" (p. 50-51)… Quant au fameux cut-up, pour être "devenu l’une des marques de fabrique de l’époque", il n’en est pas moins discutable : il a "tendance parfois à se faire un peu rouleur de mécaniques postmoderne, besogneux à force de se vouloir démonstratif, démonétisé comme valeur d’échange en ateliers d’écriture, conformiste à se croire naïvement visa de toutes les modernités" (198)…

Reste que l’on se serait attendu à une plus grande révision : si le paysage ne s’est pas métamorphosé en huit ans, il s’est tout de même enrichi de nouvelles formes et teintes. Par exemple, concernant les poésies du dispositif, comment ne pas rendre compte précisément des apports théoriques de Franck Leibovici, Olivier Quintyn, ou encore Christophe Hanna ? Comment traiter les "écritures à contraintes" sans évoquer les expériences actuelles de Philippe Jaffeux ou de Bruno Fern ? Comment réduire les poésies numérique et multimedia à deux seules pages ? Comment ignorer cette nouvelle ligne de force que représentent les objets poétiques en français fautif (OPFF), de Claude Favre à Corinne Lovera Vitali en passant par Alexander Dickow ? le renouveau multiforme du lyrisme : le lyrisme objectif, dramatique ou spirituel, de Suzanne Doppelt, Sandra Moussempès ou Jean-Luc Caizergues ; le lyrisme spiritualiste de Mathieu Brosseau ; le lyrisme poéthique de Jean-Claude Pinson ; le lyrisme utopique  de Christophe Manon ou héroï-comique de Vincent Tholomé ; les litanies de Laura Vazquez ? Mais sans doute ne doit-on pas confondre le libre vagabondage de Jean-Michel Espitallier avec une exploration scientifique exhaustive.
To be continued ?

Reste que l’on est dubitatif quand, à la page 151 exactement, l’auteur reprend à son compte sans nullement l’interroger le label "extrême contemporain", qui le conduit loin de sa base poétique… Juste pour titiller un peu le poète essayiste, on rappellera brièvement la généalogie de cette appellation. En 1986, au cours d’un colloque auquel participent également Dominique Fourcade, Michel Deguy et Jacques Roubaud, Michel Chaillou forge le concept d’"extrême contemporain", c’est-à-dire d’un contemporain englobant les extrêmes. L’opération symbolique vise à rien moins que labelliser une plateforme d’écritures exigeantes conçue comme une alternative au modèle avant-gardiste agonisant. Peu après la publication des Actes de ce colloque (1987) dans la revue Po&sie dirigée par Michel Deguy depuis 1977, naît chez le même éditeur Belin la collection du même nom, riche aujourd’hui de quelque soixante-quinze titres. Depuis, l’appellation est entrée dans l’usage courant en matière de littérature, employée dans des colloques de spécialistes comme dans divers panoramas et articles de presse. Arrêtons-nous sur le premier colloque international consacré à cette notion aussi vague que vaste, qui a eu lieu en mai 2007 à Toronto : trois jours durant, des chercheurs du monde entier ont débattu sur les "enjeux du roman de l’extrême contemporain : écritures, engagements, énonciations". La première remarque qui s’impose est l’extrême extension du "concept", puisqu’il recouvre aussi bien l’écriture de soi que "l’écriture du jeu, l’écriture des idées et l’écriture du réel". Quant à la liste des auteurs dont il est principalement question, elle laisse pour le moins perplexe : Angot, Chawaf, Darrieussecq, Duras, Germain, Grainville, Houellebecq, Laurens, Toussaint… Quels rapports établir objectivement entre ces écrivains dont les pratiques comme les capitaux symboliques sont aussi différents ? Le succès de ce label s’explique par son "utilité pratique". Mais la difficulté de penser ou d’objectiver le contemporain justifie-t-elle la réduction de l’"extrême contemporain" au seul genre narratif ou à la seule "esthétique du fragment" ? le recours à l’amalgame, courant dans les milieux médiatiques, au sein d’une liste alphabétique d’auteurs des plus hétéroclites (de Abécassis à Wajsbrot, en passant par Adely, Angot, Apperry, Assouline, Beigbeder, Bon, Despentes, Echenoz, Ernaux, Germain, Houellebecq, Laurens, Michon, Pennac, Quignard ou Volodine) ? Pourquoi publier dans une encyclopédie un objet qui ne saurait relever d’aucun savoir car non construit, si ce n’est pour tenter, grâce à un fallacieux bricolage pseudo-théorique, de légitimer des "valeurs littéraires" défendues par telle ou telle chapelle, voire par le Marché même ? Car, à l’évidence, le label "extrême contemporain" possède deux atouts majeurs : c’est un terme neuf pour désigner des valeurs proches de celles contenues dans "avant-garde" : appartenir à "l’extrême contemporain", c’est être en effet à la pointe du nouveau. Est-ce à dire que, vigilant quand il s’agit du concept d’"avant-garde", Jean-Michel Espitallier a baissé la garde devant ce label en vogue ?
To be continued

15 décembre 2013

[News] News du dimanche

Une semaine avant la trêve relative de fin d’année, voici votre programme chargé : nos Livres reçus (Liliane Giraudon et Jérôme Leroy) ; nos Libr-rendez-vous, avec la Maison de la poésie Paris (Fiat, Jallon, Oberland ; Lucot ; Delaume, Menauge et Montessuis), le 118e Mille-Feuilles, Pierre Jourde et Annie Ernaux.

Livres reçus (FT)

â–º Liliane Giraudon, La Sphinge mange cru, Al dante, 4e trimestre 2013, 48 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-781-8.

Celle qui mange cru ("Un simple steak tartare sans condiments" !) "n’est qu’une horrible chanteuse posant l’énigme au fond d’un bar". Voilà pour la démythification.

Ce qui n’empêche pas Liliane Giraudon d’aborder la question de la tragédie, qui "est à la fois un ordre et un désordre". Car, "dans ce féroce moment historique que nous traversons", "parce que les monstres se rapprochent", le tragique nous guette. Nul optimisme, donc, ici, nul lendemain-qui-chante : "organiser le pessimisme est un acte révolutionnaire". Quant à la parole révolutionnaire : "la bourgeoisie n’est pas une classe sociale mais une maladie"…

Ce texte singulier délivre lui-même son principe scriptural : c’est bel et bien un jeu de phrases éparses que nous devons déchiffrer… "Corps restreint ou étendu le poème scintille parmi les choses rencontrées"…

â–º Jérôme Leroy, Le Bloc (2011), rééd. Folio policier, automne 2013, 336 pages, 7,20 €, ISBN : 978-2-07-045309-2.

Saluons la réédition en poche de ce polar noir qui a obtenu le prix Michel Lebrun 2012. Sexe, violence et politique dans ce scénario catastrophe : pensez donc, "la trouille honteuse de tout un pays" pousse au pouvoir Agnès Dorgelles, du Bloc patriotique… (Préfiguration de 2017 ?). Alternant présent dramatisé et retours en arrière, première et deuxième personne du singulier, ce récit centré sur le duo fraternel Maynard réussit à dévoiler de l’intérieur le fonctionnement d’un parti facho comme la culture et la vision du monde d’extrême-droite.

De l’intérieur… on ne saurait mieux dire : Antoine Maynard n’est-il pas devenu "fasciste à cause d’un sexe de fille" ?

Libr-rendez-vous

â–ºMaison de la poésie Paris, Mardi 17 décembre – 20H

Christophe Fiat, Hugues Jallon
& Frédéric D. Oberland  (Farewell Poetry)
WAR
Performance musicale
 
Le Cri de Godzilla – Christophe Fiat
En avril 2011, un mois après la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima, Christophe Fiat se rend au Japon. Il en revient avec une performance artistique qui met en scène le monstre le plus célèbre du cinéma japonais. Né en 1952 des essais atomiques américains dans le Pacifique, Godzilla est la jonction entre la fin de la seconde guerre mondiale et le début de la guerre froide. Dans cette performance artistique mêlant musique low-fi, transe psychédélique et poésie sonore,
Christophe Fiat dénonce, via une fable ironique, la terreur de l’ère atomique.
Cette performance artistique a été créée au Frac île de France / Le Plateau en juillet 2012 dans le cadre de l’exposition « Le mont Fuji n’existe pas ».

Reluctant Hero – Hugues Jallon & Frédéric D. Oberland
Reluctant Hero, c’est un nom sans visage, le nom le plus glorieux, le héros de tous les temps, sous le regard de tous, un soir de juillet, jeté au coeur d’une guerre qu’il faut gagner, au coeur de la guerre froide. Écoutez, c’est la plus grande semaine de l’histoire du monde depuis la création, a dit le Président, et si, pour vos discours à venir, vous vouliez utiliser les mots « beaux » et « fantastiques », ce serait parfait, n’essayez pas d’inventer. Poème sonore et musical, Reluctant Hero est le récit d’une vie, celle d’un héros mutique et absent à sa propre histoire.
En savoir plus :  http://bit.ly/1b568gf

â–º Mardi 17 décembre 2013, de 19H30 à 23H30, 118e Mille-Feuilles, restaurant « LE TRUMILOU » → 84, quai de l’Hôtel de Ville – 75004 Paris (métros: Pont-Marie ou Hôtel-de-Ville).

« Un auteur qu’on aime fait autant partie d’une vie qu’un ami, qu’une femme aimée. Les rapports qu’on tisse avec lui, au fil des ans, font partie du tissu intime. »

C’est par cette citation de Serge Doubrovsky qu’Isabelle Grell introduit l’enjeu littéraire que représente « Le Livre / La Vie », la collection qu’elle a créée et dirige depuis trois ans aux Éditions Cécile Defaut. Elle se propose de « relever avec quelques écrivains connus le défi de Roland Barthes dans son Roland Barthes par Roland Barthes : "Le livre / la vie (prendre un livre classique et tout y rapporter de la vie pendant un an)". Il s’agit donc pour l’auteur de choisir une œuvre ou un écrivain, un philosophe, un peintre qui l’a marqué et qui reste ancré d’une manière constante dans son travail, ses pensées, son quotidien. Le pacte est que l’auteur dispose d’exactement 365 jours pour noter dans son propre style d’écriture en quoi cette œuvre choisie existe, LÀ, dans sa vie. L’écrivain date ses inscriptions et rend le texte 365 jours après avoir commencé. »

Huit titres ont paru à ce jour. Deux ans après une première présentation, nous avons souhaité, pour notre 118ème Mille-Feuilles, réinviter ISABELLE GRELL, qui sera cette fois-ci accompagnée de SARAH CHICHE, ÉRIC PESSAN et JEAN-LUC STEINMETZ, les trois plus récents "contributeurs" à sa belle et originale collection.

Ce soir-là, nous pourrons donc rencontrer et entendre :

• Isabelle GRELL, écrivain et éditrice,
directrice de la collection « Le Livre / La Vie » aux Éditions Cécile Defaut,
co-organisatrice et animatrice de plusieurs colloques sur l’autofiction,

• Sarah CHICHE, écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste, pour :
"Personne(s) – d’après Le Livre de l’intranquillité, de Fernando Pessoa",
« Le Livre / La Vie », 2013,

• Éric PESSAN, écrivain, auteur de romans, de fictions radiophoniques,
de pièces de théâtre, ainsi que de textes en compagnie de plasticiens, pour :
"Ôter les masques – d’après Shining, de Stephen King", « Le Livre / La Vie », 2012,

• Jean-Luc STEINMETZ, poète, essayiste, biographe, pour :
"L’Autre saison – d’après Une saison en enfer, d’Arthur Rimbaud",
« Le Livre / La Vie », 2013.

Ces trois livres seront disponibles sur place
grâce à la librairie « LA BELLE LURETTE »,
sise 26 rue Saint-Antoine – 75004 Paris.

La présentation et l’échange, formalisés, seront suivis d’un second temps, plus informel, autour d’un repas, le tout, INDISSOCIABLE, pour le prix de 25 €
(hors boissons).

IL EST ABSOLUMENT NÉCESSAIRE DE RÉSERVER

Réservations : contact@mille-feuilles.fr ou 06.08.43.50.53
Renseignements : http://mille-feuilles.fr

â–º Maison de la poésie Paris, Jeudi 19 décembre – 19H

Hubert Lucot
Je vais, je vis 
Lecture-rencontre animée par Alain Frontier
 
Pendant plus d’un demi-siècle, un homme et une femme ont vécu un roman d’amour, parfois tumultueux. Il a 75 ans. Elle a 76 ans. Une équipe médicale détecte chez elle un cancer redoutable. Il l’accompagne, de sa personne et de toute son écriture. Souvent celle-ci s’attarde sur les beautés et les malheurs de notre planète, sur les mystères de l’être et du temps, captant la sensation brève et le sentiment long. Je vais, je vis est un nouveau volume de cette autobiographie qu’Hubert Lucot mène inlassablement, passant le monde, son entourage et lui-même au tamis d’une écriture qui s’efforce d’envisager toutes les faces et tous les angles de la réalité à la fois. La réalité étant aussi bien l’air du temps que l’Histoire, l’intime que le collectif, le trivial que le sublime. On est saisi par l’ampleur de cette écriture qui assemble l’émotion sensuelle, l’impression fugace, la spéculation intellectuelle ou l’intangible. Je vais, je vis est un très grand livre, bouleversant et unique, impitoyable et infiniment tendre, amoureux au sens le plus fort et profond.
En savoir plus : http://bit.ly/1b573gM

â–º Maison de la poésie Paris, Samedi 21 décembre – 20H

Chloé Delaume, Cyril Menauge & Joachim Montessuis
De l’usage du solstice d’hiver
Performance

« La nuit la plus longue de l’année, calendrier païen, un sabbat parmi d’autres. Avant le christianisme, des entrailles d’une déesse sortait le dieu cornu. Le soleil renaissait, du passé les sorcières savaient quoi faire des cendres. Nous sommes en 2013, et si « la politique ce n’est pas de la magie », le seul espoir réside pourtant dans sa pratique ».
Pour enrayer la machine à fabriquer des fictions dominantes,Chloé Delaume propose ce soir une narration alternative. Une fiction collective où la magie devient un geste politique. Si vous voulez sauver le monde, vous pouvez y participer. Joachim Montessuis présentera Regen, une exploration musicale et poétique du principe de régénération. Chloé Delaume tentera ensuite d’invoquer certaines forces occultes, accompagnée des instruments et machines de Cyril Menauge.
â–º Pierre Jourde, qui vient de recevoir le prix Jean Giono pour sa Première pierre, est à l’honneur dans le dernier numéro du Matricule des anges.

â–º C’est avec impatience que nous attendons le prochain écrit d’Annie ERNAUX en 2014 : un texte fin mars dans une nouvelle collection lancée au Seuil par Pierre Rosanvallon, "Raconter la vie" : un "Journal d’hypermarché", Regarde les lumières mon amour.

3 juin 2013

[News] Poésie en marche…

Le Marché de la poésie n’existe pas… N’existe que la poésie en Marche. Celle qui se pratique dans l’aller-vers. Tout le reste n’est que lisseting et markéterature. Parcours en zigue & zag des rendez-vous à ne pas manquer…

31e Marché de la poésie, place Saint-Sulpice (75 006), du jeudi 6 au dimanche 9 juin 2013 : 550 éditeurs et revues de poésie & création littéraire (record battu, of course !) ; invité d’honneur : l’Irlande ; président d’honneur : Serge Pey.

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24 février 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de février, ces NEWS commencent par un Spécial poésie spaciale, suite à la publication chez Al dante de la remarquable anthologie des GARNIER préfacée par Isabelle Maunet-Saillet. Suivront un Pleins feux sur l’actualité de Christophe FIAT, un RV avec Christophe MANON au Taps Scala de Strasbourg pour la mise en scène de son Qui vive (Dernier Télégramme, 2010) et un aperçu du prochain livre de Mathieu BROSSEAU, Ici dans ça (extrait publié dans La Vie manifeste). /FT/

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3 février 2013

[News] News du dimanche

" Nous ne serons jamais assez sévères avec ce qui est, nous aurons toujours trop de pitié, d’indulgence, pour ce qui est, chaque élément d’une époque insignifiante et médiocre doit être combattu point par point, pied à pied […]. "

"Il est bon d’écrire à une époque où la littérature a disparu : ainsi, il n’y a aucune ambiguïté sur les motivations de cet acte" (Mathias Richard, Machine dans tête, 2013, éd. Vermifuge).

Ces phrases extraites du dernier livre de Mathias Richard méritent d’être mises en exergue, puisque emblématiques de la position même de LIBR-CRITIQUE.

En ce premier dimanche de février, après la présentation des livres de la semaine (Mathias Richard, Machine dans tête, et François Matton, 220 satoris mortels), on notera les rendez-vous avec Christophe Fiat (POETRY) et on découvrira le projet en cours de Didier Calléja ("Puberté-Liberté-Sécable").

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10 février 2012

[Dossier Mutantisme] Mathias Richard et alii, Manifeste mutantiste 1.1

Mathias Richard et alii, Manifeste  mutantiste 1.1, Caméras animales, automne 2011, 252 pages, 14 €, ISBN : 978-2-9520493-9-9. [Lire la présentation générale du dossier ; le 2e volet ; le 3e]

En 1980, tandis que prenaient fin les dernières avant-gardes historiques, Jean-Marie Gleize constatait : "la posture manifestaire est devenue anachronique" ("Manifestes, préfaces. Sur quelques aspects du prescriptif", Littérature, n° 39 : "Les Manifestes", octobre 1980, p. 30). Depuis, en des temps où le champ littéraire se caractérise par l’individualisme des carrières et le consensualisme des topiques, peu d’écrits se sont revendiqués de cette posture – laquelle a parfois été dénoncée pour être tombée dans le simplisme et l’opportunisme. C’est ainsi que, dans son essai polémique Visiter le Flurkistan ou les illusions de la littérature-monde, Camille de Toledo s’est attaqué au manifeste « Pour une "littérature-monde" en français » : "Les manifestes sont des objets de volonté et de pouvoir. Ils s’affirment par autorité, s’imposent par ruse et substituent à la pluralité des expériences esthétiques, des grilles de lecture suffisamment proches du réel pour s’en emparer. Publiés au moment opportun comme celui des voyageurs, ils fondent une histoire officielle : ici, le lent déclin du roman français épuisé par les idéologues des années 70 et le sursaut magnifique de quelques dissidents rejoints par les cultures du monde" (PUF, 2008, p. 18).

Aujourd’hui, voici que se manifestent, dans le prolongement de la philosophie deleuzienne comme du mouvement cyberpunk, de singuliers hacktivistes qui, regroupés autour de Mathias Richard, entendent fédérer une bonne partie des forces antilittéraires actuelles, à savoir celles qui se réclament des écritures expérimentales (agencements hybrides, écritures ludiques-critiques, multimédia) : ces mutants de l’espace littéraire sont "des objêtres, des instrhumains, biomaîtrisés, bioméprisés, lunaparqués" qui constituent "une somme de soustractions" (p. 17)…

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2 février 2011

[Chronique] Guillaume Bergon, La spirale de la parole

Guillaume Bergon, La spirale de la parole, Caméras animales, novembre 2010, 132 pages, 12 €, ISBN : 978-2-9520493-7-5. [voir la vidéo sur le site de l’éditeur]

Dans une certaine mesure, écrire sur ce triptyque qui compte tout juste cent entrées revient à s’interroger sur la subversion aujourd’hui : une posture avant-gardiste datée suscite, au mieux le sourire, au pire l’agacement… Reste que ce jeune écrivain de 31 ans nous propose un opéra spiralique-alphabétique qui ne manque pas d’intérêt. On le verra, cette ambivalence se retrouve dans la quatrième de couverture, qui oscille entre autopromotion moderniste et mise en valeur d’une certaine singularité.

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11 juillet 2010

[News] News du dimanche

Question de saison/de raison (aussi brûlante que la météo). Dans une démocratie, qu’est-ce qui est le plus inquiétant : la déroute d’une bande de mercenaires-qui-ne-connaissent-pas-la-crise-économique ou la collusion entre les sphères de la politique et de la finance – qui ne connaissent pas cette crise non plus ? À quoi faut-il réagir d’urgence ? Quand de concert les dominants crient haro sur la presse numérique, une conclusion évidente s’impose : si nous voulons encore une presse indépendante, soutenons MÉDIAPART – par nos paroles, nos actes et nos abonnements.

Avant la pause estivale (de la semaine prochaine jusqu’à la seconde quinzaine d’août), votre programme LIBR-CRITIQUE : diptyque sur Tête au carré de Manuel JOSEPH (présentation de Fabrice Thumerel et article de Sylvain Courtoux) ; Opération Libr-vacance (sont attendues demain soir au plus tard les dernières réponses à cette petite enquête : Que prévoyez-vous de lire/voir/écouter durant ces vacances ?) ; Journée spéciale Revues.

Pour ce soir : Olivier CADIOT au Festival d’Avignon 2010, Libr-brèves d’Avignon et LIBR-VACANCE (LC a reçu, est en train de lire et recommande : Boutibonnes, collectif en hommage à Michel Deguy et Novarina)… /FT/

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11 avril 2010

[News] News du dimanche

Que vous soyez ou non en vacances, vivez avec nous votre Libr-printemps : "Retour sur Novarina" ; "Mathieu Brosseau dans sa disparition" ; "Christophe FIAT dans tous ses éclats" ; "Livres reçus" (Éric Arlix/Jean-Charles Massera, Le Guide du démocrate ; Calligrammes et compagnie, etcetera).

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19 octobre 2008

[News] News du dimanche

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — rédaction @ 7:32

  Comme chaque semaine, l’actualité littéraire : une présentation libr-critique des livres reçus ; une sélection de sites et d’infos pour toujours être libr- & critique ! [RAPPEL : merci d’envoyer vos SP à Philippe Boisnard = 100, rue de Gond 16000 Angoulême et/ou à Fabrice Thumerel = 40, rue du 1er Mai 59113 Seclin]

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1 avril 2008

[News] Pleins feux sur Christophe Fiat

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:28

  Ces jours-ci, on ne manquera pas de suivre l’un des plus gros poissons littéraires dans tous ses éclats…

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