Libr-critique

29 décembre 2020

[Chronique] Christophe Manon, Testament (d’après François Villon), nouvelle édition, par Bruno Fern et Fabrice Thumerel

Christophe Manon, Testament (d’après François Villon), nouvelle édition revue par l’auteur (première parution : Léo Scheer en 2011), illustrations de Anne Van Der Linden, avec un CD (voix de l’auteur, musique de Thierry Müller), BISOU records / Dernier Télégramme, décembre 2020, 106 pages,  18 €, ISBN : 979-10-96324-05-7.

 

Suivant scrupuleusement le fil du Testament de François Villon (les numéros des strophes de l’original sont indiqués en marge et les pièces intermédiaires – ballades et autres – sont également reprises), Christophe Manon en garde les principales thématiques (la mort omniprésente, bien sûr, mais aussi l’amour et la critique politique et sociale) et, des ballades branquignolesques à la « Ballade des poivrots », le ton général où dominent le burlesque et l’ironie, y compris envers lui-même. Qu’on goûte un peu la satire de ces cibles du XXIe siècle : « aussi aux humanitaires de tous pays / aux compagnons d’Emmaüs / du Secours Cathodique de l’Unicef / qu’ils soient de la Croix-Rouge ou du Croissant / je fais don de sacs de riz / puis quand les télés seront parties / qu’ils s’entretiennent de charité »…

En outre, il insère de nombreux fragments du texte d’origine et en reprend certains traits stylistiques (par exemple, en attribuant des patronymes ridicules à ceux auxquels il fait des dons qui ne le sont pas moins : Félix Popotin, Edmond Tenlèr, Jean Profite, Clotilde Vagalam, Margot Quintal, Michel Trouduc). Utilisant un lexique le plus souvent trivial et opérant un travail formel à première vue minimaliste (ainsi, la quasi-totalité des vers relèvent d’un simple découpage syntaxique) qui veut peut-être faire écho aussi bien à la pauvreté affichée par Villon qu’à une volonté d’être lisible par le plus grand nombre (sans sombrer pour autant dans la platitude de la langue communicationnelle), le poète moderne, se proclamant mauvais garçon comme son modèle (branleur j’ai été et je demeure), s’approprie à sa façon la démarche du poète médiéval en y faisant résonner sa vie et notre époque.

Même si les passages les plus réussis sont sans doute ceux où les deux voix se mêlent étroitement (tel le glissement de Triste, failly, plus noir que meure [mûre], à triste maigre plus noir / qu’immigré clandestin ou bien celui des fils de rois / et conçus en ventres de reines à ceux qui ont été conçus / par des ovules de dictatrices), l’ensemble est plutôt vivifiant et, à travers de multiples décalages, l’auteur parvient indéniablement à retrouver une certaine tonalité villonesque : entre autres illustrations, la Vierge devient Rouge comme il se doit (Dame du ciel, régente terrienne > dame rebelle esprit de la Commune) et les souffrances amoureuses sont toujours les mêmes qu’au 15ème  siècle, à quelques détails près :

aimez donc tant que vous voudrez

traînez dans les soirées et les boîtes

à la fin vous n’y gagnerez rien

et n’obtiendrez qu’une gueule de bois

les amours fous rendent les gens bêtes :

Rimbaud se fit tirer comme un lapin

Woody Allen en perdit ses lunettes

heureux qui n’en a pas

Comme on le voit, la veine drolatique l’emporte largement et, même si ce Testament s’achève inévitablement sur les obsèques du pauvre Manon et les injonctions forcément fatales que le destin lui adresse (résigne-toi Manon), ce dernier, en bon viveur devant l’Eternel, adresse dans le texte en supplément (L’épitaphe de Manon ou Ballade des poivrots) un ultime pied de nez à la Camarde :

 camarade Whisky qui sur tous a maistrie

garde que Cirrhose n’ait sur nous seigneurie :

d’elle n’ayons que faire ni que foutre

poivrots il n’y a point ici de moquerie

mais pissez dru pas dans un dé à coudre

Reste à insister sur ce qui vient enrichir cette édition : les dessins pop art d’Anne Van Der Linden, qui renouvellent la dimension drolatique des danses macabres ; un CD dans lequel les tons et tempos variés de la musique composée par Thierry Müller (synthétiseurs, guitares, samples) mettent en relief la voix chaleureuse de Christophe Manon.

31 mai 2020

[News] News du dimanche

Tandis que les forces du désordre raciste ont chargé hier dans plusieurs villes made in USA…
que les forces du désordre néolibéral ont lancé leur offensive restauratrice…
que les librairies réelles viennent de rouvrir avec des destinées plus ou moins tragiques…

On trouvera ci-dessous une Libr-sélection de 12 livres à ravir (Libr-Printemps), des Libr-brèves pour les curieux… et la dernière grille de cette première série de mots-croisés insolubles (Marcel Navas) !

Libr-brèves

â–º On méditera grâce au récent article de Sébastien Ecorce et Thomas Branthöme (Diacritik, 29 mai), « De l’idée de reconstruire un état »

► Découvrez sur YouTube les émissions au regard libr&critique de notre contributeur Ahmed Slama : Littéralutte, tout un programme !

â–º Écouter le 2e ciné-poème de Christophe Manon, « Poèmes pour les temps présents #2 » / Ciclic.

 

Libr-12 (printemps 2020)

â–º Patrick BEURARD-VALDOYE, Le Purgatoire irlandé d’Artaud, dessins de Jean-François Demeure, éditions Au coin de la rue de l’Enfer, Saint-Etienne-les-Orgues (04), 68 pages, 13 €.

â–º Julien BLAINE, Introd@ction à la performance, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 84 pages, 9 €.

► Anne-James CHATON, Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy, P.O.L, 248 pages, 18,90 €.

► Éric CHEVILLARD, Monotobio, Minuit, 176 pages, 17 €.

► Dominique FOURCADE, Magdaléniennement, P.O.L, 192 pages, 21 €.

► Andrea INGLESE, Mes adieux à Andromède, Art&Fiction, Lausanne, 88 pages, 12 €.

â–º Isidore ISOU, Antonin Artaud torturé par les psychiatres, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 144 pages, 13 €.

► Petr KRÁL, Déploiement, éditions Lurlure, Caen, 80 pages, 15 €.

â–º Arnaud LABELLE-ROJOUX, Récits de la vie de Michelangelo Merisi, dit « Le Caravage », Les Presses du réel, coll. « Al dante », 72 pages, 8 €.

â–º Clemente PADÍN, Horizons ouverts, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 96 pages, 10 €.

â–º Jean-Claude PINSON, Sur Pierre Michon. Trois chemins dans l’Å“uvre, Fario éditeur, 108 pages, 14 €.

â–º Poesiue, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 64 pages, 8 €.

 

Mots-croisés insolubles de Marcel Navas
Problème n° 6

Horizontalement

  1. Si seulement elles avaient dit la vérité ! – II. Innocent qui n’a pas que les mains pleines. Il a fait une belle chute mais c’est d’un accident qu’il est mort. – III. Complications qui surgissent quand Dieu se met à faire le malin. – IV. Il a réussi à s’enfuir comme un dératé. Assistance respiratoire. Jamais à sa place. – V. Il n’y a rien de profond chez lui, surtout pas le sommeil. En poudre ou en granulés. – VI. Un moment de distraction qui dure longtemps. Machine à fabriquer des trucs en série. – VII. À force de fréquenter tout le monde et n’importe qui, voilà le résultat ! – VIII. Elle a perdu sa table. Fleurit quand les autres fanent. On a vu pire. – IX. Victimes de blagues désopilantes. Visibles derrière des écrans de fumée. – X. Introuvable pour cause de pénurie. Quand on l’a pris on ne peut plus le rendre, et on risque un châtiment. Il a la vocation du sacrifice et en abuse. – XI. Ce n’est pas un mauvais cheval mais il est incapable de faire les courses. – XII. Plus on leur crache dessus plus ils se croient indispensables.

Verticalement

  1. S’il est généreux, c’est bien pour se faire plaisir. – 2. Toile de fond dont on n’a pas fini d’explorer les motifs. Figure de rhétorique assez fumeuse. – 3. Décision généralement suivie d’effets malheureux. Dans le plus pur style néogothique. – 4. Difficile de lui couper l’appétit, mais après tout s’il a faim ! Porté en triomphe. – 5. Attentat à la pudeur. Pour faire trempette et pour faire signe. – 6. Ce n’est pas à la poubelle qu’on les jette. À la baguette ! Il n’a jamais raison, ni jamais tort. – 7. Elles n’ont pas la moindre idée, encore moins d’idées fixes. – 8. Parfois elles n’attendent rien dans la salle d’attente, elles sont simplement là. Surpris en plein vol. – 9. Les éponges y font bon ménage. Complète sans rien ajouter. Il n’a plus assez de dents pour mâcher ses mots. – 10. Enveloppe sans timbre. D’autant plus facile à découvrir qu’il est le seul immobile du crime. – 11. Moteur qui produit des bananes à plein régime. La moitié d’un âne, et même un peu plus. – 12. Il a d’autant plus besoin de gardes du corps que son esprit se dédouble à son insu.

13 avril 2020

[News] Libr-News

L’interdiction de tout événement in vivo n’empêche pas les RV intéressants, et même galvanise la créativité des acteurs de l’espace culturel : en témoignent nos Libr-brèves… Ensuite, nos rubriques « Libr-ludique » et « Mots-croisés insolubles » (Marcel Navas)…

Libr-brèves

â–º Sur le site de Poema, découvrez « In situ », avec chaque semaine un écrivain à l’honneur : après Christophe Manon, Anne-James Chaton…

â–º Quelques liens pour d’infinies lectures confinées : L’autofictif de CHEVILLARD abrite également un Journal de confinement, Sine die, chronique du confinement (à ce jour, 24 livraisons, en plus d’une « Lettre de Prosper Brouillon ») ; l’atelier ouvert de Joachim Séné, avec plus de 1 100 textes (« Journal éclaté », « Nuits », etc.) ; le blog de Christophe Grossi,  parmi ses Déboîtements, vous propose un « VITAL JOURNAL VIRAL » (pour l’instant, du 15 mars au 11 avril 2020)…

â–º Le dernier numéro de La Vie manifeste, « Comment s’en sortir sans sortir ? » – dont le titre est à la fois un clin d’Å“il à Ghérasim Luca et à un slogan actuel –, vous propose dix Objets poétiques critiques montés et mixés par Emmanuel Moreira : un journal de confinement débouche sur un univers carcéral… une liste de to-do/not to do… De la confrontation des pratiques du pouvoir en France, en Italie, en Russie, en Israël, ou encore aux USA, résulte la constatation que l’état libéral-sécuritaire est devenu la norme occidentale, la lutte contre le covid-19 ayant succédé à la lutte contre le terrorisme… la prosopopée coronarienne permet une diatribe contre la mondialisation… On y trouve encore un montage de voix critique, des chansons, avec en particulier deux détournements (une comptine et le Chant des partisans)… Bref, dans la position de son choix, vite on écoute…

â–º Évidemment, si vous tapez le nom de ce lieu, même correctement orthographié en deux mots, vous allez immanquablement tomber sur des pratiques agréables certes, mais qui n’ont rien à voir… Or, ce serait bien dommage, car il y a à voir et à écouter dans cette nouvelle revue lancée par six femmes créatrices (Brigitte Baumié, Béatrice Brérot, Flora Moricet, Madeleine Pénigaud, Fanny Riou aka Farhann et Esther Salmona) : « Curieuse de toutes tentatives littéraires pour faire bouger ces lignes, cunni lingus, est une revue poétique, queer et féministe pour laquelle le corps, la langue, la poésie émettent des messages éminemment politiques que personne ne peut ignorer ». Cette phrase est extraite d’un manifeste, pratique poétique qui revient peu à peu – qu’on se doit de lire.

Du masculin et du féminin, donc, mais plus largement : de la multiplicité et de l’inventivité du vivant… Du point de vue poétique, biologique et linguistique. N’oubliez pas d’écouter les textes de Gertrude Stein, Virginia Woolf et Béatrice Brérot.

« Mais que font le genre et la langue à la poésie ? »Â â€“ oui !

Libr-ludique…

â–º Devinette proposée par notre contributeur Daniel Corona – dont la série « Essor de la fourmilière d’art » va se poursuivre jusqu’en mai.

Mis à l’isolement forcé pour cause d’épidémie, ce roi est devenu fou… il s’agit de
1 – Louis II de Bavière
2 – King Lear de Stratford sur Avon
3 – Marcel 1er de Navacelles

â–º Patrick Beurard-Valdoye recommande ces deux modèles de masques pour courses en grandes surfaces, en cas de pénurie en pharmacies, et dans l’attente de la réouverture des cabarets. [© Marcel Janco]

 

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES

Problème n° 3

Horizontalement

  1. On ne les verra pas davantage si on les prie d’aller se faire voir ailleurs. – II. Grand-père soi-disant fondateur de la maison mère. Divertissement qui a surtout la valeur d’un avertissement. – III. Liste des commissions. Commissures des lèvres. N’a pas pris une ride. – IV. Objet d’usage courant qui pourtant ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. – V. Il ne perd pas son temps mais il ne le donne pas non plus. Liaison capitale. – VI. Même coupé, la barbe ! Dès lors qu’il fait souche, il n’est plus tout à fait un homme-tronc. Bas morceau du cochon. – VII. S’il n’était pas tombé de la dernière pluie, il ne se serait pas évaporé comme ça dans la nature. – VIII. Sa laideur ne l’a pas empêché de finir en beauté. – IX. Propos de table qui ressemblent à des salades d’avocats. – X. Il ne faut pas manquer d’air pour penser à y faire son trou. Chemin de croix de la couturière. – XI. Une fois qu’ils ont la bague au doigt ils perdent la tête et s’en est fini pour eux de la belle vie. Espéranto des bovidés. – XII. Même gâteux, il est encore capable de créer la surprise.

Verticalement

  1. Elles rongent leurs freins dans des goulots d’étranglement. – 2. Grand amateur de professionnelles. Produit du soulagement. – 3. Elle prétend souvent qu’elle n’est pas cuite mais elle est rarement crue. Conquête spéciale. – 4. Auteur de romans policés. Il n’a rien dans le crâne mais se permet quand même de faire front. – 5. Vieux sacs où le tapissier garde ses semences. – 6. Rend fiévreux les chercheurs. Quand on ne l’a pas sur les bras, on l’a dans le dos et ce n’est pas mieux. Début d’un amour fou. – 7. Pas réputées pour se serrer la ceinture de chasteté, au contraire. Spécialiste en généralités. – 8. Poussé à la roue. À peu près aussi utile qu’un gynécologue chez les anges. – 9. Brillant sujet. Il faut qu’ils prennent des gants mais sûrement pas des moufles. – 10. Éclaire les égarés de jour comme de nuit. Il n’a jamais assommé personne en dehors de ses heures de service. – 11. Il faut les multiplier pour aboutir à une conclusion. – 12. Il a compétence pour chapeauter les manÅ“uvres du général hiver. Vin de kermesse.

8 mars 2020

[News] News du dimanche

Riche mois de mars : UNE sur Julien BLAINE ; notre Libr-sélection de livres reçus ; nos Libr-brèves par monts et par vaux…

UNE : pas de Fin pour un grand artiste… Julien BLAINE

Du 14 mars au 10 mai 2020 à La Tour-Panorama, 3e étage, VERNISSAGE LE 13 MARS 2020 : Le Grand Dépotoir de Julien Blaine.

INFOS PRATIQUES

Bon débarras / Fin d’un artiste. Après toute une carrière passée à contre-courant du marché de l’art, Julien Blaine, poète, performeur et l’un des créateurs de la poésie-action, a décidé de liquider sa vie d’artiste. Tout doit disparaître ! « Le public pourra venir choisir les Å“uvres qu’il désire emporter gratuitement. »

 » Évidemment ce serait plus pertinent, plus exemplaire, si j’étais Christofer Wool, Peter Doig,
Damien Hirst, Richard Prince, Anselm Kiefer, Adrian Ghenie, Marc Grotjhan, Rudolf Stingel, Zeng Fanzhi, Yoshitomo Nara, Jeff Koons, Ai Weiwei…

Si j’étais un artiste issu de l’impérialisme américain made in United State of America ou asiatique made in République Populaire de Chine !

Je ne suis que Blaine, Julien Blaine, et je ne suis pas dans le marché de l’art à part quelques rares collections italiennes, suisses, floridiennes et françaises que je puis compter sur les doigts de mes 2 pieds.

Le but de cette exposition Le Grand Dépotoir est donc le suivant : montrer tout ce qui me reste dans mes ateliers : absolument tout ! Les choses seront déposées dans les pièces et sur les cimaises de l’expo de-ci, de-là à l’emporte-pièce (le mot composé est doublement juste).
L’exposition durera un mois, durant ce mois le public pourra venir choisir les Å“uvres qu’il désire emporter gratuitement. Et à la fin, le mois étant écoulé, ce qui reste de l’expo composera un beau feu de joie à moins que tel musée les récupère dans ses réserves… !
Et je ne produirai plus que du texte dans des livres ou des revues.
Plus aucune toile, dessin, sculpture, installation, plus rien pour les collectionneurs, les galeries et les musées. Et pas loin de passer au stade octogénaire, je cesserai aussi de me produire en chair et en os et en public.  » /Julien Blaine/

BON À SAVOIR

Le Grand Dépotoir est un drame en trois actes :
– Acte I • Bon débarras / du 14 mars au 12 avril
– Acte II • Tout doit disparaître / du 17 avril au 9 mai
– Acte III • Liquidation avant fermeture / le 10 mai

Pendant toute la durée de l’exposition, le public est invité à choisir et garder l’Å“uvre de son choix.
> À chaque début de nouvel acte (les 13 mars, 17 avril et 10 mai), possibilité de repartir tout de suite avec !
> Le reste du temps, possibilité de réserver l’Å“uvre de son choix et de venir la récupérer aux dates de retrait :
Réservation d’Å“uvre du 14 mars au 12 avril – retrait les 11 & 12 avril
Réservation d’Å“uvre du 18 avril au 9 mai – retrait les 8 & 9 mai

Trois entractes performés ponctuent l’exposition :
24 avril : Charles Pennequin et Will Guthrie, batteur
3 mai : Edith Azam et Eric Ségovia, guitariste
10 mai : Julien Blaine et Richard Léandre, contrebassiste

HORAIRES

Vernissage le 13 mars à partir de 18h – Performance de Julien Blaine à 19h dans l’espace d’exposition

Exposition ouverte du mercredi au vendredi de 14h à 19h
Samedi et dimanche de 13h à 19h

Attention, fermé les lundis et mardis

Libr-10 (notre sélection de livres reçus en février/mars 2020)

► Pierre ALFERI, Divers chaos, P.O.L, 270 pages, 18 €.

► Julien BLAINE, Le Grand Dépotoir, Al dante/Presses du réel, 224 pages, 25 €.

► Julien BLAINE, 2019. Albumanach bisannuel, ibid., 248 pages, 30 €.

► Jean-Philippe CAZIER, Europe Odyssée, éditions Lanskine, 48 pages, 13 €.

â–º Anne-James CHATON, Vie et mort de l’homme qui tua John F. Kennedy, P.O.L, 248 pages, 18,90 €.

► Éric CLÉMENS, TeXTes 1970-2019, anthologie composée par Dominique Costermans et Christian Prigent, illustrations de Philippe Boutibonnes, Marcinelle (Belgique), éditions du CEP, 144 pages, 15 €.

► Christophe ESNAULT, Ville ou jouir et autres textes navrants, Mugron (Landes), éditions Louise Bottu, 164 pages, 14 €.

â–º Christophe GROSSI, La Ville soûle, Publie.net, coll. « Temps réel », 232 pages, 18 €.

â–º A.C. HELLO, Animal fièvre (2 CD), Trace Label : commander. La Peau de l’eau, Pariah, 16 pages, 5 €.

► Jean-Claude PINSON, Pastoral. De la poésie comme écologie, Ceyzérieu (Ain), Champ Vallon, 180 pages, 18 €.

Libr-brèves

► Découvrez l’envoûtant premier ciné-poème de Christophe Manon, « Ce sont des boutons imbéciles ceux qui commandent aux bombes ».

► Lecture de Michael Heller, Sara Larsen et Sandra Moussempès le jeudi 12 mars à 19h : Atelier Michael Woolworth (2 rue de la Roquette, cour Février 75011 Paris).

► OBLIQUE STRATEGIES / PART 2 Proposé par VOIX OFF : 7 mars-18 avril 2020
Samedi 14 mars 2020 à 18h : Lecture par Pierre Alferi, Jean-Christophe Bailly, Frédéric Boyer, Suzanne Doppelt, Abigail Lang et Dominique Pasqualini. Martine aboucaya : 5 rue sainte anastase 75003 paris (tel +331 4276 9275)

► Jeudi 19 mars à 19H, Le Bal des Ardents (17, rue Neuve 69001 Lyon) : Rencontre avec Philippe Thireau, Gilbert Bourson et Guillaume Basquin (éditions Tinbad).

► À l’occasion de la sortie française de Ce qui n’existe plus, Krishna Monteiro sera présent le 26 mars 2020 de 19 h à 21 h à la Librairie portugaise et brésilienne, 21 rue des Fossés Saint-Jacques 75005 Paris.

26 janvier 2020

[News] News du dimanche

En cette fin janvier, après l’agenda Lucien Suel, nos Libr-événements et la fin de notre Libr-Rétrospective…

Agenda Lucien SUEL

SAINT-OMER, 1er février 2020, à 17 h, au Foyer du Moulin à Café, Grand-Place, lecture publique de textes connus traduits en picard par mes soins sur une proposition de Guy Fontaine (Les Lettres Européennes), en compagnie de Colette Nys-Mazure, Christian Ghillebaert et Marc Monsigny, une programmation de La Barcarolle (gratuit) :https://www.labarcarolle.org/evenement/rencontre-c-nys-mazure-l-suel-c-ghillebaert/


LA COUTURE
, le dimanche 2 février 2020, présence au 40ème Salon du Livre de 11 h à 18 h 30. Avec notamment mon dernier ouvrage : « Ourson les neiges d’antan ? » aux éditions Pierre Mainard.


CAEN,
à l’IMEC, Institut Mémoires de l’édition contemporaine, Abbaye d’Ardenne, Chemin de Saint-Germain, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, du 4 au 7 février 2020, à l’invitation de Thierry Weyd et avec les étudiants de l’Esam Caen-Cherbourg, animation du workshop « SPEED WRITING / FAST PUBLISHING ». Lecture-performée (ouverte au public) le mardi 4 février à 18 h 30.


CLERMONT-FERRAND
, du 13 au 16 mars 2020, invité en tant que parrain de de la 33ème Semaine de la poésie, Festival de mars, à Clermont-Ferrand et dans la région.

Exposition de 60 poèmes express, du 2 au 27 mars, à l’INSPE Clermont-Auvergne (ex-ESPE), 36, avenue Jean-Jaurès, CHAMALIERES.

Le vendredi 13, à 18 h, pendant l’inauguration à l’INSPE, lecture (10 mn) d’extraits de « D’azur et d’acier » éditions La Contre allée.

Le samedi 14 de 11 h à 12 h, à la Médiathèque des Jardins de la Culture de RIOM, « Une heure avec Lucien Suel, poète et jardinier », suivie d’une séance de dédicace.

Le samedi 14, à 20 h, salle Georges-Conchon, « Deviens le poème ! », lecture d’ouverture, performance d’une heure à partir d’extraits de « Je suis debout » et de « Ni bruit ni fureur », mon anthologie en deux volumes publiée à La Table Ronde.

Le dimanche 15, à 11 h, salle Georges-Conchon, conférence-lecture-rencontre : «  Ma vie avec Jack Kerouac et la Beat Generation »

Le dimanche 15 mars à 16 h, au Cinéma Le Rio, quelques-uns de mes poèmes seront lus par deux élèves de la classe théâtre du Conservatoire Emmanuel-Chabrier de Clermont (extraits de Mort d’un jardinier et Visions d’un jardin ordinaire) en amont de la projection du film documentaire Le potager de mon grand-père de Martin Esposito, 2016.
Le lundi 16 dans la matinée, lecture-rencontre au collège Roger Quilliot.

Pour le programme complet : http://lasemainedelapoesie.assoc.univ-bpclermont.fr/


A
RRAS, 1er et 2 mai 2020, invité au Salon du Livre d’expression populaire et de critique sociale organisé par l’association Colères du présent. Programme à préciser… Programme surprise ?


LIMOGES
, 15 et 16 mai 2020 Festival « Ecouter Voir » à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art, Campus de Vanteaux, 19, avenue Martin Luther King, lecture publique le vendredi 15 à l’invitation des éditions du Dernier Télégramme. Horaire à préciser.http://www.derniertelegramme.fr/

Libr-événements

â–º Dimanche 2 février à 16H, L’Achronique, art et philosophie (42, rue du Mont-Cenis 75018 Paris) :

Dans le cadre de la résidence d’écrivain Ile de France (Poésie et faits divers : contre la fait diversification de la langue), Laure Gauthier reçoit à la galerie l’Achronique le poète Christophe Manon qui lira des extraits de Pâture de vent (Verdier, 2019) et de Vie & opinions de Gottfried Gröll (Dernier Télégramme, 2017), avant d’entamer un dialogue avec la poète autour du lien entre poésie et réel, poésie et faits divers.

â–º Les RV de/avec Mustapha Benfodil autour de son Alger, journal intense :

â–º Jeudi 13 février à 19H, Université de la Sorbonne, Amphithéâtre Guizot : la revue Place de la Sorbonne présente le « Système poétique des éléments »

Donner à voir et à entendre les 118 éléments du tableau périodique de Mendeleïev : c’est ce que nous proposent les 118 poètes du Laboratoire Novalis. Présentés par Katia-Sofia Hakim, Hans Limon et Dominique Tourte, quelques-uns des poètes de PLS au sommaire de cette anthologie chimico-poétique liront leur poème : Laure Gauthier, Irène Gayraud, Laurent Grison, Christine Guinard, Cécile Guivarch, Alexis Pelletier, Dominique Quélen et Sanda Voïca. Ces lectures seront ponctuées par les créations sonores du duo Kairos.
Gratuit sur inscription obligatoire avant le jeudi 13 février 2020.
Organisé par l’association Place de la Sorbonne en collaboration avec les Éditions Invenit, et avec le soutien du service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Libr-rétrospective 2019 (2)

â–º NEWS : Libr-News de septembre 2019…

â–º Création : Laure Gauthier, « Transpoems »Â ; F. CUHEL, « Retraitement du travail »

â–º Chroniques : Prévert, détonations poétiques ; Robert Menasse, La Capitale ; TXT n° 33 ; Patrick Beurard-Valdoye, « Flache d’Europe aimants garde fous » ; Mustapha Benfodil, Alger, journal intense ; Christian Prigent, Point d’appui

1 janvier 2020

[NEWS] Libr-2020

Libr-critique commence 2020 par un vÅ“u singulier suivi d’un montage de Patrick BEURARD-VALDOYE : façon d’osciller entre comique et tragique… Et les premiers RV de l’année : à lire / voir / écouter…

Patrick BEURARD-VALDOYE : Passage en douce…

Libr-rétrospective 2019 (1)

► Hommages : à P.O.L ; à Emmanuel Hocquard ; à Antoine Émaz.

â–º Entretien : avec Jean-Charles Massera (1 – qui approche des 6 000 vues – et 2/2).

â–º Libr-événement : « Traces de langage : poésie numérique » (avec Philippe Boisnard et Jacques Donguy à la Maison de la poésie Paris).

â–º Création : Daniel Cabanis, « Réhabilitation des usines à gaz ».

► Chroniques : Patrick Beurard-Valdoye, Cycle des exils ; Christophe Manon, Pâture de vent ; Benoît Casas, Prévisions

LC recommande début 2020…

La nouvelle Délie pour que l’année ne se délite : Emmanuel Tugny crée un mélange détonant musique médiévale/rock, avec des textes lus par Christian Prigent, qui rend à sa façon un nouveau Salut aux Anciens [Inouïe diffusion]…

► Pierre CHOPINAUD, Enfant de perdition, P.O.L, à paraître le 3 janvier 2020, 576 pages, 24,90 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, Bordeaux, à paraître le 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €.

► Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.

â–º Jean-Claude PINSON : en février, essai sur Pierre Michon chez Fario ; en mars, Pastoral aux éditions Champ Vallon…

Prochains Libr-événements :

► 

► En résonance au spectacle L’Animal imaginaire de Valère Novarina : EXPOSITION DES OEUVRES DE VALERE NOVARINA, du mardi 14 janvier au dimanche 9 février 2020, la Chapelle du Quartier-Haut, Sète
Entrée libre, du lundi au dimanche, de 11h à 18h

Vernissage le jeudi 16 janvier 2020, 18h30

Mais que font donc les figures qui peuplent par milliers l’oeuvre immense de Valère Novarina ? Dans les livres comme sur les scènes, elles entrent, elles parlent, se nomment les unes les autres, elles pensent, elles sortent. Parfois elles dansent. Dans les dessins, rendues visibles par le geste élémentaire de la main, éclairées par les flashes de l’imagination dont elles proviennent et qui les sort un instant du vide où elles vivent, elles émerveillent par l’exceptionnelle liberté dont elles témoignent.

Représentations de L’Animal imaginaire au Théâtre Molière – Sète : Mardi 14 janvier, 20h30 + Mercredi 15 janvier, 19h

3 novembre 2019

[News] News du dimanche

En cette première quinzaine de novembre, vos Libr-événements à Nantes (Le Lieu Unique) et Paris (avec notamment le Salon de l’Autre Livre)… Mais auparavant, tous vos RV du séminaire sur « les pratiques d’évaluation dans l’art et par l’art »…

DÉSINVISIBILISER LES PRATIQUES D’ÉVALUATION DANS L’ART ET PAR L’ART », NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2019

Séminaire ouvert au public (Nancy Murzilli)

Master ArTec (également ouvert au Master 2 PCAI, Master 2 Création littéraire et Masters associés)

Séances du 5 novembre au 10 décembre 2019. Le séminaire sera clôturé par une journée d’études le 19 décembre au Centre Pompidou.

ARGUMENTAIRE

Ce séminaire/atelier de recherche-création s’inscrit dans le cadre du projet de recherche-création soutenu par l’EUR ArTeC « Évaluation générale. L’Agence de notation comme dispositif artistique » (https://evalge.hypotheses.org).

Sous l’effet du néolibéralisme et de la révolution numérique, les activités d’évaluation s’emballent, se généralisent deviennent frénétiques et paradoxales. Ce séminaire a pour but d’explorer et de comprendre les problèmes publics spécifiques que soulève la généralisation de l’évaluation. Son objectif n’est pas de faire simplement communiquer les produits de la recherche théorique et de la pratique artistique, mais de faire en sorte que leurs processus s’interpénètrent dans une pratique expérimentale qui les met en acte. Pour ce faire, seront analysés et mis en place des dispositifs artistiques et d’enquête appelés à intervenir en situations institutionnelles réelles afin de désinvisibiliser non seulement ce qu’est l’activité d’évaluation-notation mais aussi ses effets concrets immédiats.

Il s’agira, avec l’intervention de poètes et d’artistes  (Christophe Hanna, Franck Leibovici, Eva Barto, Antoine Dufeu et Natacha Guiller), de se munir d’outils d’évaluation alternatifs à ceux que nous offrent les modèles institutionnels et économiques dominants.

Des activités d’évaluation non orthodoxes seront proposées à toutes les étapes du séminaire.

Le séminaire se conclura par une journée d’études au Centre Pompidou intitulée « Évaluer l’art : commissions, subventionnements, mécénats », qui mettra en perspective les réflexions menées dans les ateliers, où artistes, chercheurs et acteurs du domaine s’interrogeront sur la façon dont sont évalués les œuvres et les projets artistiques dans le cadre des politiques de financement de l’art, sur la pertinence des méthodes de sélection, et sur les alternatives à une évaluation de l’art soumise aux logiques du marché.

PROGRAMME

Séance 1 – mardi 5 novembre, 14h-18h

« Agence de notation »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Christophe Hanna

Contenu : « Tous évalués ! », c’est à cette injonction, qui nous vise (presque) tous aujourd’hui, que se propose de répondre Agence de notation. Cette agence de notation alternative conçue par Christophe Hanna, se déploie dans le projet de recherche-création « Évaluation générale » dirigé par Nancy Murzilli. Son action consiste à investir des espaces protégés de l’évaluation où n’existe encore aucune forme d’expertise instituée, et de les soumettre à une évaluation d’un autre genre, de façon spectaculaire, sous la forme de performances en public, avec des évaluateurs libres de toute influence et jouant cartes sur table. Durant cet atelier introductif, seront explorées les relations entre écriture et institution à travers l’exemple de l’Agence de notation, dont Christophe Hanna racontera l’histoire. On réfléchira aussi en direct sur ce que peut signifier la notion d’écriture évaluative.

Christophe Hanna est enseignant de littérature et écrivain. Au sein du groupe informel « La Rédaction », il rédige des « rapports » informatifs en inventant des formes procédurielles. Il les publie dans diverses revues (Nioques, Musica falsa, Axolotl, Éc/arts…) ou sous la forme de livres (Valérie par Valérie, Al Dante, 2008 ; Les Berthier. Portraits statistiques, Questions Théoriques, 2012). Christophe Hanna dirige par ailleurs la collection de théorie littéraire « Forbidden Beach » aux éditions Questions théoriques.

Séance 2 – mardi 12 novembre, 14h-18h

« L’addition, s’il vous plaît? »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Antoine Dufeu

Contenu : Derrière une question aussi triviale, l’entité économique qui émet l’addition est légalement tenue de rendre des comptes, essentiellement un compte de résultat et un bilan. En s’intéressant aux grandes masses qui les déterminent, on se demandera comment il serait possible de les faire évoluer.

Ancien contrôleur de gestion et journaliste auto, Antoine Dufeu est poète, écrivain et dramaturge, professeur, éditeur et revuiste. Depuis 2009, il collabore régulièrement avec Valentina Traïanova sous l’entité Lubovda. Il a fondé la plateforme de recherche Lic en 2012. Il a fondé en 2015 et dirige avec Frank Smith la revue RIP. Il est membre du comité rédactionnel de la revue Multitudes depuis 2015. Il a co-fondé et co-dirigé IKKO (2002-2009) et la revue MIR (deux numéros en 2007 et en 2009). Il est responsable du pôle « écrit » et de l’édition de l’école de design Strate. Avec Fabien Vallos, il a co-dirigé les éditions Mix de 2015 à 2018.

Séance 3 – mardi 19 novembre, 14h-18h

« Art without property,(un)valued art? »

Rendez-vous : au DOC ! dans l’atelier d’Eva Barto (26/26bis rue du docteur Potain 75019 Paris), 14h-18h.

Intervenant : Eva Barto

Contenu : “(…) avoiding description, our character deals with ambivalences stemming from property issues, such as broad definitions of what owning could mean (a legal loophole mastery, a misleading language apparatus, an ambiguous philanthropist posture), on what authorship could reclaim (see plagiarism studies), on how power can leak and decrease (unmanaged time, undisplayed images, unexpected downturns) (…)”

Langue de l’intervention : français

Eva Barto remet en cause les enjeux qu’impliquent la propriété en déstabilisant le statut de l’auteur ainsi que l’économie de production et de diffusion des œuvres. Elle constitue des environnements ambigus, des contextes de négociations apparemment dénués de particularités dans lesquels il est difficile de saisir ce qu’il faut considérer ou laisser pour compte. Les objets qu’elle conçoit sont des emprunts au réel qu’elle copie ou modifie pour leur donner une valeur d’imposture. Le pouvoir revient ici aux parieurs, aux falsificateurs et aux coupables de plagiat. Son travail à fait l’objet de plusieurs expositions personnelles à l’IFAL (Mexico,2013), à La BF15 (Lyon,2014), à Primo Piano (Paris, 2015) et plus récemment à la galerie gb agency (Paris, 2016), au Centre d’Art de la Villa Arson (Nice 2016), au Kunstverein Freiburg (2019) et prochainement au Kunstverein Nuremberg, au LVH Pavillion (Berlin) ainsi qu’à la Galerie Max Mayer (Düsseldorf). Depuis 2018 elle mène une série de réflexions et actions sur le milieu de l’art en tant que monde du travail au sein du groupe La Buse ainsi qu’avec Estelle Nabeyrat sous le format de l’émission ForTune, diffusée par la radio Duuu*.

Séance 4 – mardi 26 novembre, 14h-18h

« « J’ai été sous-diagnostiquée ». Révision chronique des protocoles d’examen clinique »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Natacha Guiller

Contenu :  Il sera proposé aux participant-es de revisiter et de détourner des formes de récit et de notation, ainsi que des dispositifs d’évaluation procédant du monde de la santé, dans un souci de recyclage, de réappropriation et d’exploitation poétique, publique et immodérée de données personnelles et intimes, sur l’exemple de multiples formes de hacking exercées sur mon propre dossier patient.

Artiste, poète, performeuse, Natacha Guiller (SNG) explore le monde et l’existence à travers des dispositifs artistiques et de communication protéiformes, autobiographiques et parallèles qui génèrent la rencontre, la transmission et une création-témoignage arborescente basée sur le recyclage, la collecte d’archives, le détournement et la transformation des matériaux, l’hybridation d’univers a priori incompatibles ou paradoxaux et la culture du mélange des genres.

Séance 5 – mardi 3 décembre, 14h-18h

« un dessin pour mieux voir »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h.

Intervenant : Franck Leibovici

Contenu : l’évaluation ne peut être réduite à un effet du néo-libéralisme, de la révolution digitale, ou du contrôle institutionnel. elle est une activité partagée, et routinisée dans nos activités quotidiennes. ainsi, face à une œuvre d’art, pour rendre compte et partager l’œuvre en question avec des amis, nous produisons bien souvent une évaluation en lieu et place d’une description littérale : “j’aime / je n’aime pas”, “cela m’intéresse, cela m’ennuie”. ces moments comptent alors parmi les propriétés de l’œuvre, et sont constitutifs de sa présence au monde, au même titre que ses dimensions, son medium, ou son année de création. rendre visible cette propriété, c’est alors non plus partir des intentions de l’artiste, ni du “projet artistique”, mais des usages réels des œuvres. mais comment la rendre visible ?

franck leibovici est poète et artiste. il a tenté de rendre compte des conflits dits «de basse intensité», sous la forme d’expositions, de performances et de publications, à l’aide de partitions graphiques et de systèmes de notation issus de la musique expérimentale, de la danse, de la linguistique – un mini-opéra pour non musiciens (mf, 2018). il a également publié des correspondances de spams et des discours de 70 heures (lettres de jérusalem, 2012 ; filibuster, jeu de paume, 2013). son travail sur les écologies de l’œuvre d’art a pu prendre la forme d’albums panini, de transcriptions de conversations ordinaires comme de dessins de visualisation – des récits ordinaires (les presses du réel / villa arson, 2014, avec grégory castéra et yaël kreplak) – ou d’installations – the training, an artwork for later and after, biennale de venise, 2017. depuis 2014, franck leibovici travaille avec julien seroussi, à un cycle d’expositions intitulé «law intensity conflicts» et de publications (bogoro, questions théoriques, 2016) autour de l’invention de la justice internationale contemporaine et du premier procès de la cour pénale internationale (cpi) de la haye.

Séance 6 – lundi 9 décembre 17h

« De la finance algorithmique aux circuits opaques de la finance offshore »

séance commune avec le séminaire ARTS & CRISE. L’ÉCONOMIE À L’ŒUVRE. Production, représentation et réception de l’économie dans les arts, PCAI, animé par Martial Poirson.

Rendez-vous : INHA, salle Walter Benjamin, à partir de 17h

Intervenants : Collectif RYBN, rencontre animée par Marie Lecher (Gaîté Lyrique)

Séance 7 – mardi 10 décembre, 14h-18h

« Rendu public des ateliers »

Rendez-vous : Université Paris 8 Maison de la Recherche salle A2 202, 14h-18h

Séance consacrée au rendu public des ateliers au moyen d’une création personnelle ou de groupe  (performance, lecture, présentation d’une création plastique, d’une mini-exposition, etc) qui sera filmée et mise en ligne sur le site (https://evalge.hypotheses.org)

Journée d’études – jeudi 19 décembre, 13h30-19h

« Évaluer l’art : commissions, subventionnements, mécénats »

Rendez-vous : Centre Pompidou Petite salle (13h30-19h00)

Présentation : https://evalge.hypotheses.org/1546

Responsable  :  Nancy MURZILLI, Université Paris 8 : nancy.murzilli@univ-paris8.fr

Libr-événements

► Agenda de Jean-Michel Espitallier : 

• Jeudi 7/11 – 21 h. Iris Purple (tribute to John Giorno). Anne-James Chaton : électronique + texte. Jean-Michel Espitallier : batterie. Avec la voix de Thurston Moore. La MECA, Bordeaux.

• Mardi 19/11, 19h. Le Grand R – scène nationale. Medley Spit (lecture-performance), La Roche-sur-Yon.

• Samedi 23/11, 14h30. World Is A Blues. Avec Kristoff K.Roll. Halle des Douves, Bordeaux.

• Mercredi 27/11, 18h30. À propos de Tourner en rond: de l’art d’aborder les ronds-points (PUF, 2016). ENSCI, 48, rue Saint-Sabin – 75011.

Vendredi 29/11, 20h. World Is A Blues. Avec Kristoff K.Roll. Festival « Et + si affinités ». Le Vent des Signes, Toulouse.

► Du 8 au 11 novembre, Salon de l’Autre livre à Paris :

Avec notamment les éditions Lanskine :

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â–º Le dimanche 17 novembre, 16H à L’Anachronique (42, rue du Mont Cenis 75018 Paris), Laure Gauthier invitera la poète Séverine Daucourt à présenter Transparaître (LansKine, 2019) et à dialoguer avec elle et le public.

► Le mercredi 20 novembre à 19H30, Le Lieu Unique (2, Quai Ferdinand Favre à Nantes), Lecture-concert de Christophe Manon & Frédéric D. Oberland (guitare), suivi d’un entretien animé par Guénaël Boutouillet.

3 septembre 2019

[News] Libr-News

Cette première quinzaine va vous donner des frissons : RV à la soirée organisée par Ivy writers… avec la décapante Agence de notation au Festival EXTRA !, Lucie Taïeb au Monte-en-l’air, les cris poétiques de Patrick Beurard-Valdoye, Laure Gauthier/Christophe Manon, François Bizet à Marseille…
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► AGENCE DE NOTATION à EXTRA !, Forum 1, Centre Pompidou (Paris) : Mercredi 11 septembre à 16h15 ; jeudi 12 septembre à 16h15 ; vendredi 13 septembre à 16h ; samedi 14 septembre à 15h15 ; dimanche 15 septembre à 15h30.

« Tous évalués ! », c’est à cette injonction, qui nous vise (presque) tous aujourd’hui, que se propose de répondre Agence de notation, invitée quotidienne d’Extra! Cette agence de notation alternative conçue par l’écrivain Christophe Hanna, se déploie dans le projet de recherche-création « Évaluation générale » dirigé par l’universitaire Nancy Murzilli. Son action consiste à investir des espaces protégés de l’évaluation où n’existe encore aucune forme d’expertise instituée, et de les soumettre à une évaluation d’un autre genre, de façon spectaculaire, sous la forme de performances en public, avec des évaluateurs libres de toute influence et jouant cartes sur table. Ici, au Centre Pompidou, entre autres : le bureau du Président, le vernissage VIP de l’exposition « Bacon en toutes lettres » ou encore l’idée de « littérature vivante », sous-titre du festival Extra!

Les jurys d’Agence de notation sont constitués de volontaires. Pour participer à l’un de ces jurys, il suffit de contacter l’Agence à l’adresse suivante : evaluationgenerale@gmail.com

Le projet de recherche-création Évaluation générale : l’Agence de Notation comme dispositif artistique (evalge.hypotheses.org), soutenu par l’EUR ArTeC, réunit un groupe d’une vingtaine d’artistes, éditeurs, théoriciens des arts, critiques littéraires, philosophes, sociologues, juristes, politologues et spécialistes en sciences de gestion, en vue d’explorer et de comprendre les problèmes publics spécifiques que soulève l’emballement du phénomène de l’évaluation dans nos sociétés néolibérales hyperconnectées.

► Jeudi 12 septembre, 19H, au Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris) : Rencontre avec Lucie Taïeb animée par Florian Caschera.

« Comprends‑moi bien, pourtant. Je ne dis pas que ton histoire n’est pas la vraie. Je dis seulement qu’elle n’est pas assez forte face à la leur. Et tu as déjà compris, puisque tu la tais, tu sais déjà, sans doute, qu’il vaut mieux, toujours, dans une famille où règnent des histoires divergentes, et dans le monde tel qu’il va, être du côté des histoires les plus fortes. »
Au cœur de l’été, une fille étrangère vient troubler le quotidien morne d’Oskar et de sa sœur, qui habitent avec leurs parents une maisonnette en bordure d’une voie de chemin de fer désaffectée. En parallèle de ce récit d’initiation, ou plane l’ombre d’un drame, se déploie une société entièrement dévouée au travail et a l’asservissement des esprits et des corps. Il règne dans cet univers un discours de terreur, la promesse d’une terrible menace qui est sur le point d’advenir et que seule Stern, héroïne placide, poète plus que guerrière, ose défier.
Au cours de quatre saisons mouvementées, Les Échappées tisse un récit de l’émancipation par le mouvement. On suit des femmes qui ont choisi la fuite par courage, pour se sauver et sauver celles et ceux qu’elles aiment, pour échapper à une parole autoritaire et mensongère, à un pouvoir oppressant et destructeur. Lucie Taïeb noue, en deux intrigues parallèles, un drame qui met en opposition, dans la sphère intime et dans la sphère politique, des individus isolés face à un pouvoir qui pourrait les écraser, mais dont ils parviennent à s’affranchir.

â–º Avant sa Soirée le samedi 14 au Cipm de Marseille où il sera question du Cycle des Exils, l’un des plus grands poètes actuels sera au Vélo-Théâtre d’Apt le 13 septembre :

► Samedi 14 septembre, 19H, au 113 (113, rue Nationale 75013 Paris) : Rencontre avec Laure Gauthier et Christophe Manon.

► Samedi 14 à 19H, Transitlibrairie (45, Bd de la Libération 13001 Marseille) : François Bizet lira Extinction et Dans le mirador.

7 juillet 2019

[News – livres] Libr-vacance (1)

C’est le moment de tourner la page pour mieux ouvrir la plage estivale : nos Libr-brèves vous emmènent à Sète et La Ciotat, mais vous reconduisent aussi vers les posts de 2019 parmi les plus consultés jusqu’à présent… Et notre Libr-3 vous offre une première sélection commentée de livres (très) récents… De quoi vous plonger en Libr-vacance !

Libr-brèves

► Festival Voix vives à Sète : du 19 au 27 juillet 2019.

► Festival Tournez la Plage à La Ciotat, du 2 au 4 août 2019.

â–º Profitez de cette pause estivale pour (re)lire/voir/écouter les posts parmi les plus consultés en 2019 jusqu’à présent :

Hommage à P.O.L

Massera, guide de l’utilisateur (Grand entretien 2/2)

♦ Christophe Manon, Pâture de vent

Libr-News (Libr-10 + Libr-événements)

♦ Patrick Beurard-Valdoye, Flache d’Europe aimants garde-fous

Traces de langage : poésie numérique

News du dimanche (Prigent/TXT, Smith, Libr-10)

♦ Robert Menasse, La Capitale

♦ Laure Gauthier, Transpoems

Libr-3 /FT/

► CHEVILLARD Éric, L’Autofictif et les trois mousquetaires, éditions de L’arbre vengeur, janvier 2019, 216 pages, 15 €.

Éric Chevillard tient la cadence : depuis 2009, c’est le 11e volume de ce journal décalé ! Mais au fait, « Qui lit encore Éric Chevillard de vos jours ? » (p. 13)… Lequel « n’est pas passé loin » de la correctionnelle, c’est-à-dire du Goncourt 2018 : Éric Vuillard / Éric Chevillard… « Ã  quatre lettres près » (38) ! Trêve de plaisanterie, le risque est nul : « Mais si aucun de mes livres en trente ans n’a jamais seulement figuré dans la moindre des sélections préalables des jurys, n’est-ce pas parce que s’y affirme constitutivement leur franche incompatibilité avec ce système ? » (51).

Et donc, à lire pour s’aiguiser le regard sur notre monde (littéraire). Quelques saillies : « La littérature française est morte, répète à l’envi cet écrivain aigri qui doit donc à sa médiocrité d’être toujours vivant » (46) ; « Le rappeur est un général de guerre civile qui gueule ses ordres dans un porte-voix en se grattant le nombril sur la colline » (75) ; « Angot / Moix / l’angoix » (138) ; « Le mannequin n’est jamais qu’un jeune épouvantail » (180) ; « Certain féminisme tout en offuscations et susceptibilités n’est pourtant pas bien différent d’un voile intégral » (205)…

► CHIAMBRETTO Sonia, POLICES !, éditions de l’Arche, coll. « Des écrits pour la parole », février 2019, 96 pages, 15 €.

La bascule de nos démocraties dans des états répressifs est la preuve que nous vivons la phase ultime de nos sociétés ultralibérales : les forces qui détiennent le monopole de la violence légitime en usent de façon illégitime pour servir les intérêts d’une puissante oligarchie. D’où le retour de l’oppression policière, avec bavures, humiliations et rafles au faciès… Fashion list : « MATRAQUE TONFA / FLASH BALL / PISTOLET AUTOMATIQUE / TASER ÉLECTRIQUE / PINCETTES ET BOMBINETTES DE GAZ LACRYMOGÈNE / GRENADES DE DÉCENCERCLEMENT »… Des méfaits de la police aux bienfaits des polices de caractères… Un montage très critique !

► FERRAT Stéphanie, Côté ciel. Notes d’atelier, La Lettre volée, Bruxelles, février 2019, 60 pages, 14 €.

Pour l’auteure comme pour le lecteur, ces Notes, non pas pour aérer le regard – comme disait Mallarmé à la lecture de Maupassant – mais l’aiguiser : « L’atelier est un silence où se posent les yeux. […] Je vais par épuisements successifs : des formes, des gestes, des heures »â€¦ Selon Stéphanie Ferrat, l’artiste doit faire prévaloir l’invisible sur l’intelligible : « De moins en moins je fais confiance à la tête. De plus en plus au regard aveugle. […] Rien qui ne soit verbe, construction visible. Une partie du vrai se cache sous les mots. Dire est déjà perdre l’imprononçable. » De sorte que son métier consiste à « voir derrière les déchirures » : « Tout ce qui m’occupe est vision absente mais palpable. » D’où une écriture qui opère la tension entre dit et non-dit pour nous abîmer « côté ciel ».

23 juin 2019

[News] News du dimanche

Passons en été avec un Libr-10 à déguster au cours de savoureuses soirées… Et aussi nos Libr-événements, du Nord au Sud…

Libr-10 (printemps 2019) /FT/

► Jacques PRÉVERT, détonations poétiques, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Actes du colloque international de Cerisy, Garnier, 356 pages, 35 €.

► ARNAUDET Didier, Les Jambes sans sommeil, Le Bleu du ciel, 120 pages, 15 €.

► BERLOTTIER Sereine et LIRON Jérémy, Habiter, traces & trajets, Les Inaperçus, 136 pages, 17 €.

â–º DÉSAGULIER Christian, Leçon d’algèbre dans la bergerie, éditions Terracol, 846 pages, 25 €.

► GARNIER Typhaine, Massacres, éditions Lurlure, 112 pages, 15 €.

► MÉNÉCÉE, Le Voluptueux inquiet (réponse à Épicure), présentation et traduction de Frédéric Schiffter, Louise Bottu, 50 pages, 8 €.

â–º PASCAL Maxime Hortense, L’Usage de l’imparfait, Plaine page, 170 pages, 15 €.

► RAMIER Louise, Partition, Louise Bottu, 130 pages, 14 €.

► ROLAND Alice, Portulan, P.O.L, 256 pages, 18,50 €.

â–º TARDY Nicolas, Monde de seconde main, éditions de l’Attente, 112 pages, 13 €.

Libr-événements

► Mardi 25 juin à 18H30, Silencio (142, rue Montmartre 75002 Paris) :

â–º Du 25 au 30 juin 2019, au Monte-en-l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris) : Festival Tremble Parlure

Chaque jour des lectures, des discussions avec des romanciers, des poètes, grands bégayeurs ou remuants causeurs, de France, de Belgique ou du Québec, de la musique aussi… Chaque rencontre s’articulera sur le dos de thèmes dûment choisis, le parler fou par exemple, le parler cru, cuit ou mi-cuit, ce qui se trame dans l’enfance quand elle se parle, l’enfance considérée comme un outil de connaissance d’un réel plus vif, à la fois plus rouge et plus vert, les bestiaires les fantômes la ville et les forêts tout ce qui tremble dans la langue et, partant la fait trembler, tremble parlure. Chaque soir les auteurs seront invités à lire des extraits de leur choix, à se rencontrer, à dialoguer.

Mardi 25 juin, 19h30, Eugène Savitzkaya, discussion, lecture.
Mercredi 26 juin 19h30, Hervé Bouchard, Gaëlle Obiégly et Arno Calleja, discussion, lectures.
Jeudi 27 juin 19h30, Eric Chevillard et Boris Wolowiec, discussion ; Jean-Daniel Botta & Léonore Boulanger, performance.
Vendredi 28 juin 19h30 (à Pan Piper) : Hervé Bouchard donnera une lecture en ouverture de soirée ; puis, concert
de Loup Uberto & Lucas Ravinale (France), membres du trio Bégayer brutalisent à deux voix tout un répertoire de chansons rurales italiennes couchées sur percussions abrasives et instruments tournoyants.
Samedi 29 juin 17h00, conférence performée de Catherine Lalonde.
Samedi 29 juin 19h30, Christophe Manon et Dorothée Volut, discussion, lectures.
Dimanche 30 juin 16h00, carte blanche à la revue La Mer gelée (France-Allemagne), avec Bernard Banoun, Antoine Brea, Noémi Lefebvre, Laurent Grappe, Alban Lefranc, Aurélie Maurin, Benoît Toqué (liste non exhaustive).

â–º Du 27 au 30 juin, Numéro R – Salon des revues de création poétique en région Sud.
Avec les revues :
Arapesh, Art Matin / GPS, Attaques, Babel Heureuse, Bébé, Fondcommun, GPU, K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, La revue des revues, Legovil, Pavillon critique, Phoenix, Mettray, Muscle, Nioques, Teste – véhicule poétique, Toute la lire.

En coproduction avec les Périphéries du 37e Marché de la poésie de Paris et Ent’revues. Entrée libre et gratuite, de 11h à 18h.

ORGANISATEUR : CIPM – CENTRE INTERNATIONAL DE POÉSIE MARSEILLE = Centre de la Vieille Charité – 2 rue de la Charité 13236 MARSEILLE
04.91.91.26.45

► Vendredi 28 juin à 20H, Poètes en Résonances : 8, rue Camille Flammarion (75018 Paris) :

26 mai 2019

[News] News du dimanche

Vos RV Libr-critique jusque début juin : au Delaville Café autour de Stéphane Bouquet ; Marie de Quatrebarbes / Peter Gizzi puis Danielle Mémoire à Texture ; La Forêt Blanche à Paris et les Poésies bougées à Nantes ; Bonfanti/Moretti à Lyon ; la Journée d’études des jeunes généticiens et La Nuit remue à Paris…

â–º Mardi 28 mai :

► Mercredi 29 mai, 19H30 : Rencontre avec Marie de Quatrebarbes pour Voguer (P.O.L) et Peter Gizzi pour Archéophonies (Corti).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

► Vendredi 31 mai à 19H30, Les liens d’écriture #7 : septième et dernier rendez-vous du cycle de rencontres organisées dans le cadre de sa résidence à la librairie Texture, Christophe Manon reçoit Danielle Mémoire, à l’occasion de la parution de son livre Les Rendez-vous de la marquise (POL).
Librairie Texture : 94, avenue Jean Jaurès – 75019 Paris (01 42 01 25 15).

â–º Du 1er au 14 juin :

â–º Mercredi 5 juin à 19H30, Le Lieu Unique à Nantes (2, Quai Ferdinand Favre) : Poésies bougées – poésies performances.
Avec Sarah Barh, Joël Hubaut, Antoine Boute & Jeanne Pruvot Simonneaux, Aziyadé Baudouin-Talec.

â–º Vendredi 07 juin à 12h15, « Musésie : Birdasse off the Wahl » : rdv au Palais Saint Pierre dans la cour des Beaux-arts de Lyon, où Brice Bonfanti & Michaël Moretti se dédoublent au Musée des Beaux-Arts de Lyon, Palais Saint Pierre. Parcours poétique ou le musée haut bas sans dessus dessous (exorcisme au jardin puis au réfectoire où succèderont Voltairine de Cleyre, foetus de cadette des 7, ekphrasis au resto d’un tableau en réserve, conférences ‘pataphysiciennes & délirantes en salle de conf’…
Durée : 1h. Tarif : 3€ / 1€ + entrée au musée

â–º Vendredi 07 juin :

â–º Samedi 8 juin, 18H, La Nuit remue : Sorbonne, Bibliothèque Ascoli – Escalier C, 2ème étage 17, rue de la Sorbonne. 1, rue Victor-Cousin Paris 5ème Arrondissement.

Attention ! pour des raisons de sécurité, l’inscription est obligatoire. Toute personne souhaitant assister à La Nuit Remue doit s’inscrire au préalable. Clôture des inscriptions : jeudi 6 juin 17h.

Avec Laurent Grisel , Eric Houser, Bérengère Cournut, Stéphane Novak, Marie de Quatrebarbes, Esther Salmona, Christophe Fiat, Véronique Vassiliou, Benoît Toqué, Pascale Petit, David Lespiau, Jean-René Lassalle, Sonia Chiambretto, Cristina de Simone et Sylvain Kassap.

10 avril 2019

[News] Libr-News

Vos Libr-événements jusque fin avril : découvrez le nouveau site d’actualité de la recherche sur les pratiques poétiques, POEMATA ; RV divers à la Maison de la poésie Paris ; Rachet, Espitallier/K-Roll, Aymé/Pazottu, autour de la revue Bébé…C

â–º Vous en aviez rêvé, il vient de naître : POEMATA, le site d’actualité de la recherche sur les pratiques poétiques ! (Pour tous les passionnés, qu’ils soient chercheurs, étudiants, poètes, professionnels de la lecture, curieux les plus divers…).

► Vendredi 12 avril, 19H à La Petite Lumière :

â–º Vendredi 12 avril, 20H : « World is blues » au Théâtre Antoine Vitez d’Ivry-sur-Seine (94 / tél. : 01 46 70 21 55).
Une création originale textes/musique/sons à partir de paroles de réfugiés et de migrants, dans l’esprit du blues mais aussi de la création électroacousmatique et de la poésie contemoraine. Avec le duo Kistoff K-Roll et Jean-Michel Espitallier.

► RV à la Maison de la poésie Paris :

â–º Une exposition à ne pas manquer, par un duo de choc, c’est à Forcalquier :

â–º Mercredi 17 avril à 19H, Librairie L’Hydre aux mille têtes (96, rue Saint Savournin 13001 Marseille) : Soirée Spécial BEBE – Poésie et Performance
BLAD&NAD, accompagné d’auteurs et performeurs marseillais, présente BEBE, la revue nombriliste.
Avec Julien Blaine, Liliane Giraudon, Pierre Guéry-Auteur Performeur, Frédérique Guétat-Liviani, Véronique Vassiliou, François Bladier, Nadine Agostini.

â–º Jeudi 18 avril à 19H30, Texture Librairie (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris) : Les Liens d’écriture #6 – Manon reçoit Beurard-Valdoye pour son dernier volume du cycle des exils, Flache d’Europe aimants garde-fous./

â–º Vendredi 19 avril à 18H30 : Conférence de Valère Novarina à la Philharmonie de Paris : « La Musique ouvre l’espace où se joue la pensée ».

► Du 25 avril au 8 mai : Les TXTessitures de Christian Prigent et ses invités sur WebSYNradio

31 mars 2019

[News] News du dimanche

Après notre sélection Libr-10 du premier trimestre 2019, quelques Libr-événements pour bien commencer avril, où Philippe Boisnard et moi-même aurons le plaisir de vous retrouver à la Maison de la poésie Paris (le 10 !).

Libr-10 (1er trimestre 2019)

â–º Balzac, l’invention de la sociologie, sous la direction d’Andrea Del Lungo et Pierre Glaudes, Garnier, 346 pages, 39 €.

► Pierre-Albert Birot (1876-1967). Un pyrogène des avant-gardes, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Presses Universitaires de Rennes, 252 pages, 24 €.

â–º José Vicente ANAYA, Hikuri, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 72 pages, 10 €.

â–º Anne-James CHATON, L’Affaire La Pérouse, P.O.L, 160 pages, 16,90 €.

► Tristan FÉLIX, Ovaine. La Saga, Tinbad, 228 pages, 23 €.

â–º Michèle MÉTAIL, Portraits robots, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 105 pages, 10 €.

â–º Juliette MÉZENC, Des espèces de dissolution, éditions de l’Attente, 168 pages, 16 €.

â–º Angéline NEVEU, Synthèse Désir, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 224 pages, 17 €.

â–º Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, Nos secrets sont poétiques, Les Presses du réel, coll. « Al dante », 64 pages, 10 €.

► Louise RAMIER, Partition, éditions Louise Bottu, 130 pages, 14 €.

Libr-événements

â–º Mercredi 3 avril, rencontre avec Jean Esponde à L’Autre Livre (13, rue de l’Ecole Polytechnique (75005 Paris) :

â–º Jeudi 4 avril à 19H, Bibliothèque de Bordeaux : en Avant-première de l’Escale du livre 2019, Pâture de Vent à l’auditorium de Meriadeck, avec Christophe Manon et Frédéric D. Oberland.

► Vendredi 5 avril, Patrick VARETZ à Lille :

► Vendredi 5 avril, 19H30 à la Librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75 019 Paris) : rencontre avec Cristina de Simone et Michèle Métail.

La rencontre est proposée par Emmanuèle Jawad :
– autour du livre de Cristina de Simone, Proféractions ! Poésie en action à Paris 1946-1969 (Editions Les presses du réel) et d’une lecture-performance de Cristina de Simone et de Sylvain Kassap.
– lecture-performance de Michèle Métail dont les dernières parutions sont : Quelques portraits-robots en pied rehaussés de couleurs véritables et Le cours du Danube : en 2.888 kilomètres, vers l’infini (Editions les presses du réel). Sera aussi présenté le livre Michèle Métail : la poésie en trois dimensions, sous la direction d’Anne-Christine Royère (Editions Les presses du réel).

â–º RV avec Christian PRIGENT le 16 avril :

28 février 2019

[News] Libr-News

D’abord, 10 invitations à la lecture avec les Livres reçus ; puis, vos premiers RV de mars : avec les revues La Vie manifeste, Vacarme et Catastrophes… Et aussi Cécile Richard, Manon/Oberland, « Le Cinéma des poètes », Hans Limon, les Écrits du numérique #4…

Libr-10

â–º Pierre Albert-Birot (1876-1967). Un pyrogène des avant-gardes, sous la direction de Carole Aurouet et Marianne Simon-Oikawa, collection « Interférences », Presses Universitaires de Rennes, en librairie le 14 mars 2019, 254 pages, 24 €.

► Manuel CANDRÉ, Des voix suivi de Genèse du rabbi, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2018-2019, 216 pages, 20 €.

► Guillaume CONTRÉ, Discernement, éditions Louise Bottu, Mugron, automne 2018, 120 pages, 14 €.

► Élisabeth FILHOL, Doggerland, P.O.L, 2019, 352 pages, 19,50 €.

► François LEPERLIER, Destination de la poésie, éditions Lurlure, Caen, en librairie le 5 mars, 192 pages, 19 €.

â–º Dawn LUNDY MARTIN, Discipline, traduit de l’américain par Benoît Berthelier, Maël Guesdon et Marie de Quatrebarbes, Joca Seria, 2019, 80 pages, 13,50 €.

â–º Robert MENASSE, La Capitale, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Verdier, 2019, 448 pages, 24 €.

► Ivan STRPKA, Un fragment de forêt (chevaleresque), traduit du slovaque et présenté par Sylvia Majerska, Le Castor Astral, mars 2019, 150 pages, 15 €.

► Patrick VARETZ, La Malédiction de Barcelone, P.O.L, en librairie le 7 mars, 176 pages, 18 €.

► Annabelle VERHAEGHE, Viens, Les Soudaines Editions Sauvages, Toulouse, 2019, 148 pages, 14 €.

Libr-événements

â–º Enragez-vous avec La Vie manifeste… On ne manquera pas non plus de lire le dernier dossier de la revue Vacarme et le n° 15 de Catastrophes (« L’Aleph et son double », février 2019).

â–º Vendredi 1er mars, La Chouette Librairie (72, rue de l’Hôpital Militaire à Lille) : Soirée-performance avec Cécile Richard.

► Mercredi 6 mars à 20H30, DAda (27, avenue Honoré Serres à Toulouse) : G.W Sok (the ex) • Christophe Manon & Frédéric D. Oberland.

â–º Lundi 18 mars à 21H, Cinéma Le Champo (51, rue des Ecoles 75005 Paris) : Le Cinéma des poètes – André Delons.

En lien avec la collection « Le cinéma des poètes » dirigée par Carole Aurouet aux Nouvelles éditions Place, le cycle trimestriel « Le cinéma des poètes » du Champo se propose d’éclairer les rapports qu’entretient la création littéraire avec le cinéma.
Au programme de ce lundi 18 mars : Carte blanche à Karine Abadie sur les rapports avec le cinéma de André Delons
projection-débat autour de TEMPÊTE SUR L’ASIE (Vsevolod Poudovkine – 1928).

► Mardi 19 mars à 18H, Le Bateau Livre (154, rue Gambetta à Lille), rencontre avec Hans Limon pour son Poéticide.

► Du 21 au 23 mars 2019, Friche Belle de Mai, salle Seita Marseille : Les écrits du numérique # 4 (Rencontres, démos, échanges, workshop)
Alphabetville / La Marelle

Pour cette quatrième édition des Ecrits du numérique, Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia, avec La Marelle, littératures actuelles, proposent un focus sur l’édition expérimentale et alternative, tout en construisant un discours critique sur les modes opératoires et d’existence de ces formes, c’est-à-dire sur la publication.
Publication au sens large ou étymologique de mise en public, comprenant les contenus, les formes, les supports, les lieux, les interactions que cela implique, ce dans la culture numérique, avec ses technologies et l’appareillage qui s’y constitue, et en regard du nouvel espace public qu’est le web. Et qui devrait établir la possibilité d’un espace public expérimental.
L’expérimentation suppose une expérience, pratique et/ou théorique, intuitive ou rationnelle, ayant pour objet d’éprouver le réel, sa facture, de révéler sa ou ses vérité(s).
Traversant le domaine de l’art aussi bien que les sciences et les technologies, l’expérimentation en est un paradigme et informe le processus de production, passant par la recherche, le développement, la création, l’invention…

Les interventions présenteront des processus de recherche et leurs enjeux expérimentaux dans des domaines variés comme la création littéraire ou artistique, les revues d’arts et sciences, de critique ou de recherche scientifique. Et relateront les éventuelles hybridations, entre disciplines, entre technologies, entre espaces de publication.
Un workshop proposera de découvrir et d’expérimenter des processus de fabrication d’édition hybride avec des outils numériques libres.

21 et 22 mars : rencontres, présentations, échanges. Avec Antoine Hummel, Lucile Haute, Julie Blanc, Quentin Juhel, Lucas Friche, Laurence de La Fuente, Jean-Paul Fourmentraux (sous réserve), Vincent Puig, Roger Malina…
23 mars : workshop dirigé par Lucile Haute, Julie Blanc et Quentin Juhel

Tarif : gratuit pour les rencontres, forfait 15€ pour le workshop. Inscription obligatoire : alphabetville@orange.fr

24 février 2019

[Chronique] Christophe Manon, Pâture de vent, par Fabrice Thumerel

Christophe Manon, Pâture de vent, Extrêmes et lumineux II, Verdier, 2019, 112 pages, 13 €, ISBN : 978-2-37856-005-8. [Sur Extrêmes et lumineux, prix Révélation de la SDGL 2015 : lire la chronique et voir/écouter la rencontre à Lille]

« L’écriture est une activité solitaire et dégoûtante
qui ne devrait pas exister dans une société civilisée.
Il faut être absolument dénué de scrupules et de pudeur
pour écrire, pour être capable de saisir des phrases
de façon authentique, de les déballer et de les jeter
sur le papier au regard de tous et de chacun » (p. 103).

En son temps, ça avait commencé ainsi : « Le soleil avait achevé plus de la moitié de sa course et son char, ayant attrapé le penchant du monde, roulait plus vite qu’il ne voulait. Si ses chevaux eussent voulu profiter de la pente du chemin, ils eussent achevé ce qui restait du jour en moins d’un demi-quart d’heure ; mais, au lieu de tirer de toute leur force, ils ne s’amusaient qu’à faire des courbettes […]. Pour parler plus humainement et plus intelligemment, il était entre cinq et six quand une charrette entra dans les halles du Mans »…
On aura reconnu l’ouverture excentrique du Roman comique de Scarron, qui d’emblée donne le ton : le contraste entre la référence mythologique et la chute triviale introduit le lecteur dans un univers burlesque où le Destin même prend l’aspect d’un personnage de comédie.

Avec Pâture de vent, la seconde autopoéfiction de Christophe Manon, le comique rémanent cède le pas au cosmique – mais, bien entendu, un cosmique qui ressortit à une autre cosmologie :
« C’est ainsi que tout a commencé. Le jour était venu. Un jour comme un autre, pas plus. L’univers était en expansion et le monde tournait mollement sur son axe sans qu’on s’en aperçoive. Humblement les êtres et les choses convergeaient et s’appliquaient à participer à l’édification d’un réel à peu près recevable, aussi confus, aussi fugace et inconsistant qu’il puisse paraître. Le soleil pataugeait mollement dans une grande bassine de ciel blanc […]. Jamais il n’avait été si haut ni si brutal ni si accablant, sauf peut-être sous d’autres règnes sous d’autres cieux, avant ce commencement » (p. 11)…
Au réel aristocratique dé-figuré succède un réel impressionniste, bien que post-einsteinien : « La matière avait renoncé au jeu subtil des apparences, tout n’était qu’exhalaison, brouillard, vapeur, vains simulacres, tout suintait et transpirait, tout se dissolvait. Dieu avait dû bifurquer ou s’était égaré dans quelque recoin sordide du réel […] » (17)… Ce monde sensible en fusion, dans lequel les êtres et leurs passions sont portés à l’incandescence, ce monde sans Dieu est celui du Chaos : « Les flux de molécules circulaient librement et s’entrechoquaient sans finalité. L’énergie n’obéissait plus aux principes élémentaires de la physique et le centre avait rejoint la périphérie. Des puissances aveugles et impitoyables étaient à la manÅ“uvre sans se soucier des causes ni des effets et toutefois elles convergeaient vers un même point invariable et pourtant fluctuant. Le visible et l’invisible refusaient de se dissocier et s’attelaient à l’édification d’un ordre sensible inédit, régi par des forces redoutables » (11-12). Et si c’était ici une mise en abyme textuelle ? Car, de quel « ordre sensible inédit » pourrait-il s’agir sinon celui de l’écriture, ce monde chaotique dans lequel nous sommes d’emblée irrésistiblement entraînés, régi par Éros et Thanatos ? Qu’est-ce que l’écriture, pour Christophe Manon, si ce n’est un univers du télescopage, une fission lexicale et grammaticale, « un immense tumulte de figures et de formes inachevées » (56) ? En témoigne tout particulièrement la seconde partie, dans laquelle la cella du sujet scriptural, « aussi instable qu’un mélange de matières explosives » (86), devenue « le théâtre d’un combat de spectres » (69), est saisie par un maelström de vertigineuses visions : « Je vois des villes en ruines abandonnées par les belligérants puis livrées aux pillards et aux hordes de sauterelles. Je vois des corbeaux au blanc plumage et des agneaux carnassiers » (64)…

Dieu est absent, et pourtant, dès l’incipit plane un fatum sur ce monde instable : des forces obscures sont en mouvement ; quelque chose est venu rompre l’équilibre, un événement a entraîné la perte (« C’est ainsi que tout a commencé » / « C’est ainsi que tout a basculé »)… Dieu est absent, et pourtant certains passages de « L’Ecclésiaste » (« Un temps pour tout ») sont repris sous formes de litanies qui scandent le texte bipartite, finissant par former une série de répétitions-variations : « il y a une saison pour toute chose, un temps pour tout, temps de détruire et temps de bâtir, temps de rire, temps de pleurer, un temps pour danser et un temps pour se recueillir, temps d’aimer, temps de haïr, temps de naître et temps de mourir, toute chose vient à son heure, chaque chose l’une après l’autre, tout n’est que vapeur et pâture de vent sous le ciel immobile […] » (40-41)… Ce relativisme fataliste est une façon pour le poète de prendre du recul, de transformer une/des vie(s) en destin(s), à commencer par celle du petit frère mort-né. Son rêve : « avoir un destin non pas plus accompli, car cela ne signifie rigoureusement rien, mais bien plein comme un gros galet et chargé d’intensité » (86) – en somme être en-soi-pour-soi, dynamisé et magnifié par l’écriture. Mais « L’Ecclésiaste » aboutit au dégoût et au renoncement : « j’eus de l’aversion pour tout ce qui se passe sous le soleil, voyant que tout est vanité et pâture de vent ». Le poète, pour sa part, trouve la paix au bout de son cheminement : « Me voilà à présent presque nu, pauvre de sens et de savoir. Tout bouge, tout varie, tout fluctue, nous-mêmes nous ne cessons de changer. […] Et si toutes ces heures de vertige, d’ivresse, de grâce ou de détresse ne m’ont certes pas rendu meilleur, peut-être m’ont-elles au moins permis de saisir plus intimement l’inconcevable beauté des êtres et des choses, d’approfondir ma science très partielle du vivant […] » (86).

« C’est ainsi que tout a commencé »… Quoi ? L’Éternité… C’est la mer allée avec le soleil… Car « l’écriture permet de rendre grâce, c’est à la fois une célébration et une révolte contre l’oubli, c’est une chose vivante que la mort n’a pas encore figée et qui permet de témoigner de l’intensité des événements, de la beauté des êtres et de la vie, qui permet de saisir avec d’infinies précautions le cÅ“ur palpitant des hommes et d’en observer les complications, l’émouvante profondeur, la noirceur et la noblesse, la grandeur et la faiblesse » (41). Une écriture salvatrice et/parce que lyrique, même si l’auteur avoue détester son « lyrisme grandiloquent » et son « sentimentalisme exacerbé » (97)… Contrairement au premier volume, Extrêmes et lumineux, celui-ci débouche sur la confession, car nous entrons dans l’oeil du cyclone autopoéfictif : cette fois, celui qui a « vécu dans la fureur et dans l’excès » (85) remonte à des origines qui expliquent sa duplicité et sa culpabilité.

Une autre transfuge de classe, Annie Ernaux, confiait écrire pour « venger sa race » ; Christophe Manon, lui, cultive son sentiment de révolte. D’où ses éloges/remerciements paradoxaux adressés aux persécuteurs, aux journalistes, « aux professeurs et aux instituteurs qui enseignent aux enfants la crainte de la connaissance et le dégoût du savoir et de ceux qui les possèdent » (99)…

30 janvier 2019

[News] Libr-News

Quelques Libr-événements à ne pas manquer début février à Paris, Lyon et Nantes : RV avec Frank Smith, Cabaret poétique de la revue TESTE, Christophe Manon et Michèle Métail.

► Vendredi 1er février :

► Le Cabaret Poétique donne carte blanche à la revue TESTE, dimanche 3 février à 17h à Le Périscope, 13 Rue Delandine, 69002 Lyon.

Lectures de Maxime H. Pascal, Pauline Catherinot, Patrick Sirot et Cédric Lerible. Entrée libre.

TESTE est un véhicule poétique trimestriel. Il accueille à son bord toute forme de textes ou poèmes qui n’hésitent pas à bousculer l’idée même de poésie. Créée en 2010 et inspirée du personnage éponyme de Paul Valéry, la revue TESTE se veut à la fois tête et témoin de son temps. TESTE est toujours en mouvement et déplace sa ligne éditoriale au gré des rencontres et de l’actualité.

► Mercredi 6 février à 19H, Le Lieu Unique (Quai Ferdinand Favre 44013 Nantes) : Publication Orale de Michèle Métail et entretien animé par Anne-Christine Royère. Entrée libre.

Michèle Métail, née en 1950, est une figure essentielle de la poésie expérimentale, visuelle et sonore. Elle diffuse, depuis 1973, ses textes au cours de « publications orales », la projection du mot dans l’espace représentant le « stade ultime de l’écriture », son travail étant avant tout celui d’une « présence dans la langue ». Diapositives et bande-son accompagnent parfois ses lectures, entre oralité et visuel. Entrée à l’OuLiPo en 1975, Michèle Métail a pris ses distances vis-à-vis du groupe. Elle a reçu le Prix littéraire Bernard Heidsieck – Centre Pompidou en 2018.

► Mercredi 6 février à la Maison de la Poésie de Paris :

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