Libr-critique

17 novembre 2008

[À propos d’une affaire de terrorisme] L’invention du mal, par L’Agence (KS)

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  Alors que la France se délecte de la nouvelle invention du mal de la part de l’État, à travers la figure de Julien C., il semble nécessaire de rompre le silence qui permet en grande partie, de répéter à outrance cet imaginaire politique et juridique, permettant d’une manière très orwellienne de renforcer la domination idéologique du discours de l’État.

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17 mai 2008

[CD+livret] Ralbum, ed. Léo Scheer

   Ralbum, CD audio 12 titres + livret des textes 54 p., ed. Léo Scheer, col. Laureli, ISBN: 978-7561-0132-3. 19€50 [myspace].

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7 avril 2008

[Décès] En mémoire de Thomas Braichet

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   Nous avons appris dimanche, la disparition brutale de Thomas Braichet samedi 5 avril. Nous nous associons à sa famille et à ses amis, dont les BOXON (Julien d’Abrigeon, Georges Hassoméris, Gilles Cabut, Cyrille Bret, Sophie Nivet, …) avec qui il était très lié, dans ce triste moment.

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12 mars 2008

[Chronique] Libr-critique dans l’espace littéraire numérique. Notes (auto)réflexives

  Après deux ans de pratiques et de débats, vu les récents échanges dans la rubrique "Commentaires" qui s’ouvre après chaque entrée, et aussi les injonctions qui nous sont faites – de la part des lecteurs comme de certains auteurs (du genre : "vu votre position, il n’est pas logique que vous n’ayez pas parlé de tel livre…" ; "vu les valeurs que vous défendez, on voudrait avoir votre avis sur tel livre" ou "je voudrais savoir ce que vous pensez de mon livre…") -, il n’est pas inutile de livrer ces quelques notes (auto)réflexives, qui viennent compléter les articles réguliers de Philippe Boisnard sur littérature et internet.
Puisque Libr-critique refuse d’être un simple inventaire de textes et de créations diverses pour revendiquer une réflexivité non programmatique – ce qui nous différencie des dernières avant-gardes -, l’idéal serait que, dans les débats futurs, nos interlocuteurs gardent en mémoire ces quelques lignes de force qui, pour cristalliser des prises de position cruciales, n’en appellent pas moins à être peu à peu détotalisées-retotalisées.

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6 mars 2008

[Chronique web] Le petit journal du tiers livre

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 7:45

  Découverte très récemment, sur le tiers livre, l’expérience initiée par François Bon du Petit journal, création, à clavier multiple et indéfini, lancée le 9 novembre 2007.

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3 mars 2008

[Poésie sonore] 3 durch 3 — Stuttgart/Kassel

  Découvert grâce à Heike Fiedler, les rencontres 3 durch 3, en allemagne, rencontres de poésie sonore, où à chaque date entre Kassel et Stuttgart sont invités 6 poètes, et notamment beaucoup de femmes, ce qui fait plaisir dans un milieu où les hommes sont majoritairement représentés.

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28 février 2008

[NEWS BETA-TEST] placedeslibraires.fr : les librairies indépendantes sur le net

   Tout d’abord précisons que nous avons découvert le portail des libraires indépendants placedeslibraires.fr, grâce à François Bon sur le tiers-livre qui est impliqué dans la phase de béta-test, puis du site de La Feuille. Cela pour rappeler à quel point, ces deux sites sont incontournables par rapport aux mutations du plan littéraire, mettant en lumière souvent des possibilités ou des problèmes que de nombreux acteurs de la sphère littéraire française ignorent ou ne voient pas. Le portail de La place des libraires est une plate-forme réunissant des libraires indépendants français, développant des outils web (widgets) marketing liés aux livres. En ce sens, alors que nous avons déjà la plateforme de Amazon et de ses widgets, ou bien de la Fnac, une nouvelle plate-forme apparaît. Libr-critique a décidé de soutenir activement cette initiative.

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11 février 2008

[News] Le Falstafe de Novarina à Chaillot

Filed under: chroniques,News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 17:50

   Écrit en 1975 après l’imposante farce politique Le Babil des classes dangereuses, mais publié un an plus tôt chez le même éditeur (Christian Bourgois, 1977) – bien avant que tous deux ne soient recueillis dans le même volume paru chez P.O.L (Théâtre, 1989) -, Falstafe est un texte de jeunesse qui, bien que réécrivant les deux parties du Henri IV de Shakespeare (1597), est le plus court de l’oeuvre novarinienne avec sa centaine de pages. Rien d’étonnant à cela, puisque Valère Novarina a choisi de se concentrer sur une figure haute en couleur carnavalesque : "non un homme, mais une barrique à figure humaine, sac de toutes les bestialités, boyau gonflé de tous les vices ! […] ce gueux suborneur abominable et bas, ce dindon empiffré de farce jusqu’au col, ce paquet boursouflé de toutes les infamies, ce vieux Satan blanchi, ce fou couvert de rides ?" (p.557).

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2 février 2008

[Chronique] Actons avec Novarina ! L’Acte inconnu à La Rose des Vents (Scène nationale, 59)

  Suite à ma chronique du 23 janvier dernier, je voudrai maintenant passer du texte au spectacle, terme qui ne saurait ici être remplacé par le label sophistiqué de "mise en espace d’un théâtre pour les oreilles" : d’une part, la dimension spectaculaire des pièces de Valère Novarina, non seulement est indéniable, mais en plus s’est accrue à partir de L’Opérette imaginaire ; d’autre part, quoique Valère Novarina occupe une position à part – à la fois auteur, metteur en scène et le plus souvent peintre-décorateur -, la totalisation textuelle est bel et bien mise à l’épreuve de sa détotalisation postdramatique, dans la mesure où, dès lors qu’elle est ouvrée, la suite de "séquences chaotiques" dépend de la performance d’acteurs dont l’inventivité est, non pas muselée, mais débridée. Autrement dit, dans la perspective de ce théâtre qui oscille entre exposition textuelle et création non textuelle, la présentation de L’Acte inconnu est un anthropostdrame qu’il faut ouïvoir.

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20 novembre 2007

[chronique] Je lis « un » livre je ne lis pas « le » livre

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , — Philippe Boisnard @ 10:24

Cela fait quelque temps déjà que dans divers sites, la question est posée, que cela soit avec beaucoup de pertinence et régulièrement par exemple chez François Bon, que cela sur le site de la feuille d’une manière récurente notamment avec cet entretien de Pisani, ou bien ces derniers jours dans une longue discussion née dans les commentaires du blog Léo Scheer.
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12 novembre 2007

[News-Joyeux Jarryversaire 6] CUHEL, Nous sommes morts depuis cent et quelques…

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 17:41

Dans "Le Carnet du Monde" daté de vendredi dernier, voici c’qu’on peut lire et dé-lire : "Nous, Alfred JARRY, sommes morts voilà cent ans et quelques jours, le 1er novembre 1907"…

Voilà pour le côté mondânité et commémonation !<!–more–>

Et nous, Môssieur ? Nous sommes morts voilà cent et quelques jours, le 1er août 2007, depuis que le SARKUBU, le bougre, a coupé le robinet-à-phynances pour les huluberlittéraires… Zont assez grands pour se démerdRer tout seuls, qu’il dit l’R’BU aux Zannis pervers cités, Zont libres d’chercher d’la phynance où ils veulent, Zont l’droit d’avoir des oneilles pour obéir ! Bougre de merdre et merdre de bougre, à la trappe les ZinZintell’ZoZos ! Eh oui, Môssieur, l’Uni-versité nakaZaller s’faire voir chez les CACApitRalistes ! Eh oui, Môssieur, si t’as-pas-ta-physique, si tu rappliques pas ta physique appliquée, t’as plus KA faire des SUE-DU-CUL dans les enFIFI, garçon-de-ma-merdRe ! Eh oui, Môssieur, au jour d’aujourd’hui, faut-Z-être CONCONcret, faut-Z-être réaCACApitRaliste, YA pas-de-phynances pour les sagouins bonZàRIEN, pour les nique-ta-merdRe ! Eh oui, Môssieur, au jour d’aujourd’hui, YA qu’l’Grand Marchié qui marche, jambedieu ! Et tout l’reste c’est qu’d’la littéramerdRe !

Hourra, cornes-au-cul, l’Père R’bu nous a bien eus !

7 novembre 2007

[Chronique] L' »extrême contemporain », un enjeu stratégique

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 8:39

  Suite à la dernière émission de Libr-critique, à l’un des posts du Forum et à la suppression effective de la page consacrée à l’"extrême contemporain" dans Wikipédia, voici quelques réflexions sur l’enjeu stratégique que représente aujourd’hui cette notion.

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21 octobre 2007

[Pétition] Les incertitudes du CIPM

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 16:09

band-cipm.jpg [Nous relayons la pétition de soutien au CIPM, diffusée largement sur le net. Il nous semble important que de tels lieux ne disparaissent pas. Pour signer la pétition, allez directement sur le site du CIPM]

Ce jeudi 25 octobre, 11 h 30, à l’Opéra de Marseille va être présenté le projet de candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013.
À l’heure où cette présentation va avoir lieu, et après les incertitudes qui ont pesé ou qui pèsent encore sur le comptoir Toussaint / Victorine et sur le théâtre de la Minoterie, des incertitudes pèsent aussi depuis quelques temps sur le cipM (centre international de poésie Marseille).
La convention d’occupation triennale entre le cipM–créé en 1990 à la demande de la Ville de Marseille– et cette dernière arrive légalement à terme le 6 mai 2008. La DGAC(Direction Générale des Affaires Culturelles) ne souhaite pas renouveler cette convention, aux prétextes de sécurité et de circulations différenciées pour des publics non muséaux.

Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’elle dure depuis plus de trois ans, mais finit par nous lasser et par nous empêcher de travailler sereinement. Pour mémoire, la même demande, quitter la Vieille Charité, nous avait été faite il y a quelques années nous avons alors prospecté plusieurs locaux, et proposé à la DGAC d’occuper sur la Canebière l’ancienne librairie Flammarion. Après visite et chiffrage, la DGAC demande au cipMde trouver avec ses autres partenaires environ 50% du financement de l’ensemble des travaux d’aménagements. Le cipM les trouve, la DGAC nous fait alors part de notre incompréhension, nous signifiant que les 50% s’appliquent à l’ensemble de l’opération!
Nous ne nous décourageons pas et quelques mois plus tard (assez fiers, il faut le dire), nous annonçons que nous avons trouvé auprès de nos autres partenaires (État, Région, Département) 950000 euro. C’est alors que se fait un assourdissant silence : nous n’aurons jamais de réponse écrite à propos de ce projet de la part de la DGAC.

À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, hors l’injonction de la DGAC de nous faire quitter la Vieille Charité, nous ne savons pas quelles seraient les conditions, notamment financières, d’un relogement. Conditions que nous avons pourtant demandées à plusieurs reprises.

À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, hors l’injonction de la DGAC de nous faire quitter la Vieille Charité aux prétextes de sécurité et de circulations différenciées pour des publics non muséaux (et si la relocalisation du cipMs’annonce trop onéreuse), nous ne savons pas quelles seraient les conditions de sécurité à respecter afin de pouvoir rester à moindre frais sur ce lieu.

À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, nous nous demandons tout simplement si la DGAC a le désir de soutenir le cipM, de lui laisser la possibilité de continuer son travail entamée il y a bientôt dix-huit ans. Travail, action, ténacité, rayonnement que nous avons su donner à ce lieu, cohérence et originalité de notre démarche, mais aussi compréhension, écoute et soutien de nos partenaires et des poètes, qui nous ont valu une reconnaissance nationale et internationale.

À l’heure de la candidature de Marseille Provence, capitale européenne de la culture en 2013, nous ne voudrions pas commencer une nouvelle année en ne sachant pas dans quel lieu nous pourrons assurer notre programmation, dans quel lieu se trouveront les quelques 40 000 documents de notre bibliothèque unique en France, dans quel lieu nous pourrons accueillir nos résidents, dans quel lieu nous pourrons montrer nos expositions, dans quel lieu nous pourrons organiser nos lectures et performances, dans quel lieu nous pourrons tout simplement continuer à faire rayonner la poésie.

Pour nous exprimer votre soutien, signez notre pétition!

18 octobre 2007

[News et chronique] Joyeux Jarryversaire !

Filed under: chroniques,News,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 7:23

band-thumerel.jpg   « Alfred Jarry aimait à rappeler qu’il était venu au monde le jour de la Nativité de la Vierge, le 8 septembre 1873 ; il est mort le jour de la Toussaint, avec une grande précision, dirait-il lui-même. C’est une des plus singulières figures de la jeune génération, et l’être le plus contradictoire qui soit. Très intelligent et d’une inclairvoyance rare ; original assurément, et assimilateur jusqu’à la singerie ; nul plus que ce chercheur d’absolu ne fut à la merci du contingent ; extraordinairement compréhensif, il ignora la vie comme personne ; délicat souvent, discret, plein de tact en mainte circonstance, il aimait à prendre des attitudes cyniques.

Il était doué d’ingéniosité plus que d’imagination, et de son esprit géométrique et à déclenchements automatiques surgissait dix fois la même idée sous différents aspects. Volontaire, tenace, hâbleur un peu, il s’illusionnait facilement et toujours dans le sens de l’optimisme – d’où quelques bonnes sottises qui lui furent préjudiciables. Ses désirs furent des impulsions d’enfant : un livre en caractères alors rares en France, un canot, une cabane au bord de la Seine : il les réalisa immédiatement – incontinent eût-il dit – sans souci des possibilités, envers lui-même et contre tous. Il fut charmant, insupportable et sympathique ».

Ainsi commençait l’Hommage que l’autre Alfred, Vallette celui-là, rendit à son jeune poulain échappé – enfant Énormément TERRIBLE s’il en fut – dans le Mercure de France du 16 novembre 1907.
Peu de temps auparavant, dans son Journal (18 janvier 1906), Jules Renard nous donne une image tonitruante de cette figure parmi les plus excentriques des Zutistes :

jarry-sur-la-butte.jpg« On passe, et on entend : pan ! pan ! pan ! C’est Jarry qui, à coups de revolver, tue les araignées ; mais il garde les toiles : ça orne.
Il installe ses cabinets au-dessus de la sonnette de la porte. On tire la corde. La cuvette se vide. Ce mouvement qui était perdu est utilisé.
Ca tombe bien sur le visiteur, mais les cabinets sont toujours propres ».

Et l’on se souvient du double portrait que moins de vingt ans plus tard nous offrent Les Faux-Monnayeurs (3e partie, chap. VIII), le premier par l’écrivain à succès Passavant et le second par le narrateur :

« – C’est Alfred Jarry, l’auteur d’Ubu roi. Les Argonautes lui confèrent du génie, parce que le public vient de siffler sa pièce. C’est tout de même ce qu’on a donné de plus curieux au théâtre depuis longtemps ».
« Vêtu en traditionnel Gugusse d’hippodrome, tout, en Jarry, sentait l’apprêt ; sa façon de parler surtout, qu’imitaient à l’envi plusieurs Argonautes, martelant les syllabes, inventant de bizarres mots, en estropiant bizarrement certains autres ; mais il n’y avait vraiment que Jarry lui-même pour obtenir cette voix sans timbre, sans chaleur, sans intonation, sans relief ».

La crainte de Passavant se confirmant, le Gugusse provoque le scandale :

« Jarry s’était éloigné déjà.Il attendit d’avoir tourné la table et répéta d’une voix de fausset :
« Et maintenant, nous allons tuder le petit Bercail » ; puis, sortit de sa poche un gros pistolet avec lequel les Argonautes l’avaient vu jouer souvent ; et mit en joue.
Jarry s’était fait une réputation de tireur. Des protestations s’élevèrent. On ne savait trop si, dans l’état d’ivresse où il était, il saurait s’en tenir au simulacre ».

Contre l’esprit de sérieux des milieux littéraires, le revolver ; contre l’intellectualisme, le vélo, qui est « un prolongement minéral de notre système osseux ».
jarry_bicyclette_1898.jpg Rien d’étonnant à ce que ce soit celui-là, celui qui pédale dur et celui qui revolver, qui réussît à TOUT RÉVOLVER
, pour reprendre une formule de Novarina dans sa Lettre aux acteurs (1974) : en une fin-de-siècle désillusionnée, l’anarchisant Jarry fit voler en éclats tous les -ismes, tous les discours usés, littéraires et idéologiques.

Comme il ne s’agit pas de tomber dans la commémomanie, Libr-critique
entend fêter cela à sa manière : joyeux Jarryversaire, donc !
Avant d’en arriver au coeur du Dossier (poèmes carnavalesques de Prigent et de Cuhel, mon article sur la révolution grotesque de Jarry et le recensement du dernier
ouvrage critique, sous la direction de P. Besnier, Jarry, monstres et merveilles), faisons le point sur les manifestations organisées pour le centenaire-de-la-mort-de-Jarry – dont on lira le détail sur http://www.
alfredjarry2007.fr.

On passera outre la gadgetomania pour signaler, tout d’abord, deux expositions : à Reims, Le centenaire de la mort d’Alfred
Jarry
, où l’on découvrira, en octobre-novembre, divers livres d’artistes autour de Jarry, les revues de l’infernal écrivain, ou encore les publications du Collège de pataphysique ; à Rennes, La Passion Jarry nous fera revivre, notamment grâce à Patrick Besnier, la vie et l’oeuvre tumultueuses de celui qui reste avant tout le Père d’UBU.

Du côté des spectacles, on retiendra :
– le 31 octobre, au Théâtre de Laval, Monsieuye Jarry met en cage un peu d’éternité (création du Théâtre de l’Échappée) ;
– à Reims, le 9 novembre, à l’Auditorium de la Médiathèque Jean Falala (19h), Ubu sur la table (compagnie de marionnettes québecoise) ;
– à Pontoise, au Dôme place de l’Hôtel de ville, les 9 et 13 novembre, Ubu sur la butte (compagnie le Ricochet Solaire) ;
– le 2 novembre à Saint-Brieuc (à 18h, dans le foyer Louis Guilloux de La Passerelle, scène nationale) et le 9 à Rennes (18h 30, Médiathèque des Champs Libres), Une heure impertinente avec Jarry (Théâtre de Folle Pensée).

Parmi les rencontres et conférences, mentionnons :
– le 24 octobre, à la Bibliothèque Carnégie de Reims (18h 30), Isabelle Krzywkowski (Maître de conférences à l’Université de Reims et secrétaire de la Société des Amis d’Alfred Jarry), « L’Autre Jarry » ;
– le 1er novembre, à Cracovie (Pologne), le Ve séminaire pataphysique de Jan Gondowicz ;
– les 7 et 14 novembre, à 18h 30, les rencontres de la bibliothèque de Rennes, avec P. Besnier et la projection du film de Jean-Christophe Averty sur Jarry dans la collection « Un siècle d’écrivains » (Médiathèque des Champs Libres) ;
– le 9 novembre, à l’Université d’Artois (14h), F. Thumerel, « Ubu roi ou la révolution carnavalesque ».
On n’oubliera pas l’enregistrement public de l’émission Les Papous dans la tête, qui aura lieu le samedi 17 novembre au Théâtre de Laval (diffusion sur France Culture le dimanche, de 12h 45 à 14h).

Insistons enfin sur les manifestations de Saint-Brieuc, organisées les 2 et 3 novembre par l’association « 22 : Jarry 2007 » (02 96 61 57 54), dont le président n’est autre que Christian Prigent : à La Passerelle, à la Maison Louis Guilloux et à la Bibliothèque municipale, on assistera à des lectures de Pennequin, Verheggen, Jouet et Prigent ; à une Table ronde sur « Jarry et le monde celtique », qui réunira Henri Béhar, Patrick Besnier, Jean-Luc Steinmetz et Christian Prigent ; on s’étonnera devant les étranges « machines jarryques » fabriquées par les étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de St Brieuc…

13 octobre 2007

[Discussion] Jacques-Henri Michot, TROP (à propos de « l’affaire » Charles Pennequin)

band-mesrine.jpg [Nous présentons ici un texte de Jacques-Henri Michot, car nous pensons, que loin de devoir clore le débat, les questions qui se sont posées à propos des articles de sitaudis, ouvrent véritablement des questions sur la poésie, sa constitution et son rapport au monde, qu’il soit social ou politique. Or, l’un des lieux vivant de la réflexion nous paraît être le web, qui loin de n’être qu’un lieu précaire et de passage, est pour nous de plus en plus le lieu où une vitalité intellectuelle peut s’exprimer, où un débat d’idée peut avoir lieu. Nous remercions Jacques-Henri Michot de nous avoir autorisé à publier son texte.]

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(Le texte qui suit est – à l’exception d’une note ajoutée après coup, et à quelques infimes modifications près – celui qui a été envoyé à Sitaudis, où il avait sa place, au soir du 11 octobre 2007. Il a été refusé par Pierre Le Pillouër, pour le motif que voici : “J’ai clos le débat public pour le moment de façon à laisser un peu retomber ces affects et à ne pas nous diviser davantage.” Sans commentaire. jhm)

TROP
(À propos de l’“affaire” Charles Pennequin)

Convient-il vraiment d’intervenir dans la rubrique “Excitations” ?
Pas de réelle sympathie pour ce terme, qui rappelle par trop les “coups de gueule” et les “coups de coeur” – “spontanéité” de pacotille – chers aux journalistes de tout poil.
Les “débats d’opinion”, en règle générale, me donnent plutôt envie de les fuir.
Mais, malgré tout, il arrive un moment où je me persuade que “trop, c’est trop”.
Plusieurs “trop” sont ici en cause.

TROP I (Sitaudis 2/10)
“OUI on a vieilli et on s’est sans doute ramollis dans le compromis et l’abus des raviolis.”
Qu’on me permette d’écrire que cette phrase est proprement lamentable.
Qu’est-ce que cette petite et rance sagesse des nations qui donne comme une évidence le fait que vieillir calme, amène doucement à céder sur le tranchant et la radicalité (ah ! les “compromis” !) mais qu’au fond du fond, ce n’est pas si grave, et peut-être même pas si mal ? Qu’est-ce donc que ce “on” qui implique la notion généralisante et molle de “génération” ? Cliché répulsif. Et on enrobe cela de rimes censées faire passer le tout dans une sorte de laborieuse drôlerie déculpabilisante.
(( Pierre Le Pillouër m’a reproché de n’avoir pas saisi – ce qui était pourtant clair – que cette phrase était “au second degré”, qu’il s’agissait des vieillissants “vus par…”. Le problème est que ce “second degré”-là fait vaciller un “premier degré” qui n’est guère éloigné de lui. Car, depuis TXT, n’y a-t-il pas eu, de fait, ramollissement et compromis ? Note du 12/10/07))
Allons-y, donnons allègrement des verges pour nous faire battre : Il en est que le fait de vieillir n’a pas ramollis le moins du monde, n’a pas conduits à céder. Pour ne citer que trois noms (qui ne sont pas des “poètes contemporains”) : Alain Badiou, Jacques Rancière, Eric Hazan. Au moins le premier d’entre eux, je n’en doute pas un instant, fera hurler les “démocrates”. Quoi, ce maoïste attardé, ce suspect d’antisémitisme (selon Eric Marty, récemment invité à dîner par Sarkozy), celui que, dans son dernier livre, BHL assimile à un fasciste, etc. ? Celui dont j’avais, au moment de la révolte des banlieues de novembre 2005, fait circuler un texte qui m’avait attiré, à l’époque, les foudres de PLP… Glissez, mortels, n’appuyez pas…
Dans le sillage du vieillissement, le retour sur le passé, du temps qu’on était jeunes. Et voilà qu’on est fier. De quoi ? Pas de ce qu’on a fait, mais de ce qu’on n’a pas fait. Bien étrange, cette fierté en négatif… : “On n’a jamais embarqué personne dans la justification du meurtre”. À entendre comme : on est fier de n’avoir jamais été aussi “irresponsables” que l’est aujourd’hui Charles Pennequin qui justifie, lui, le meurtre. Il faudra y revenir. Bien. LE meurtre. En réalité, le meurtre commis par des terroristes. L’état “démocratique” ne tue pas, lui. L’état “démocratique” n’est pas terroriste. Pour ne rien dire du massacre du 17 octobre 1961, une hallucinante et sinistre série de meurtres (dits “bavures”) perpétrés contre les “immigrés” depuis des décennies par la police de l’Etat français – pour ne s’en tenir qu’à lui, et que ce soit dans sa période de “gauche” comme dans sa période de droite -n’a pas nécessairement laissé de très nets souvenirs dans les esprits. Mais les meurtres perpétrés par Action Directe, la Fraction Armée Rouge, les Brigades rouges font encore frémir dans les chaumières qu’embaume le parfum des raviolis.
Serais-je donc un défenseur d’Action Directe ? Non. Mais je voudrais savoir si on ne peut pas juger plus révoltant que les meurtres commis le fait que ceux qui les ont commis soient
encore en prison, dans des conditions effroyables – alors que le serial killer Papon a pu finir paisiblement ses jours dans son lit. J’aimerais savoir aussi s’il est beaucoup de “poètes contemporains” et de leurs lecteurs qui s’émeuvent de cette abjection étatique. Je suis sûr que Charles Pennequin – au moins lui – est de ceux-là.

TROP II (Sitaudis 27/09)
(Où l’on ne parle toujours pas de Littérature)
“ton mépris de la démocratie et de ceux qui votent est répugnant, j’y vois les très poussiéreux mépris des gosses de la bourgeoisie.”. Charles Pennequin en “gosse de la bourgeoisie”, il fallait y penser. Passons. Par “de la démocratie et de ceux qui votent”, il convient d’entendre à l’évidence “de la démocratie, c’est-à-dire de ceux qui votent”. L’assimilation va de soi, n’est-ce pas ? Être démocrate, c’est voter, “accomplir son devoir de citoyen”, pénétrer d’un pas ferme dans l’isoloir, “déposer son bulletin dans l’urne” (plutôt funéraire, l’urne, ces temps, non ?), etc. Après quoi : vogue la galère. (C’est le cas de le dire, les galériens sont de plus en plus nombreux…) Ceux qui ne votent pas sont donc contre la démocratie, c’est clair. Il convient, pour être démocrate (de gauche), de voter Chirac contre Le Pen ou Ségolène Royal contre Sarkozy – et si Strauss-Kahn (qui est maintenant, avec la bénédiction de Sarkozy, président du FMI, c’est-à-dire d’une des pires institutions destructrices de la planète) avait été candidat, il aurait convenu, à n’en pas douter, de voter Strauss-Kahn. Car ceux qui ne votent pas font le jeu du pire. J’en sais quelque chose : pour avoir déclaré à un ami que je n’allais pas voter (je ne vote plus depuis 30 ans), je me suis entendu dire que “je ne savais pas la chance que j’avais de vivre dans une démocratie” (il faudrait demander aux sans-papiers, par exemple, ce qu’ils en pensent, de cette “démocratie”-là qui n’a pas attendu la droite pour accomplir son abject travail inégalitaire) , m e suis vu traité de “salaud” et de “dégueulasse”, et, pour faire bonne mesure, de nostalgique du totalitarisme maoïste, etc. Or, je peux, au prix d’un petit effort, “comprendre” ceux qui estiment “en leur âme et conscience” qu’il faut voter pour le “moins pire”, je ne les méprise nullement, j’ai, parmi eux, des amis… En revanche, les insultes fusent volontiers dans le sens de ceux qui vont voter “sans état d’âme” (CONTRE Le Pen, CONTRE Sarkozy…) en direction de ceux qui estiment devoir refuser ce rituel de plus en plus dérisoire. Les donneurs de leçons démocratiques sont toujours les mêmes. Et, d’une élection à l’autre, à quelques exceptions près, ils ne bougent pas d’un pouce. Tel, le vieillissement du même.
Tout cela est consternant.
Il n’y pas lieu de jouer au “maître explicateur”, comme dit Rancière, d’essayer de “prouver”que la “démocratie” électoraliste est devenue une caricature grotesque de démocratie, que la politique, et la démocratie même, se situent précisément au plus loin de l’acte de voter, etc. Y réfléchira qui voudra. Mais, de grâce, pas d’insultes ! Pas d’”excitations”, par pitié !

(TROP III, TROP IV, TROP V… Sur la “pègre”, sur Debord comme dandy, etc.)

DE CHARLES PENNEQUIN ET DE MESRINE
Autant le dire d’emblée : je tiens Charles Pennequin pour un des hommes les plus intègres que je connaisse – que j’aie appris à connaître. C’est pourquoi je trouve d’une vulgarité révoltante qu’à la date du 28/09, on ait pu lire sur Sitaudis : “Mais comme il lui faut gagner sa croûte et (se) produire à tout prix, il arrive à Pennequin de suivre le troupeau des performeurs.” “Gagner sa croûte”, “suivre le troupeau”… De quel côté est donc le mépris ?
J’ai toujours estimé que C.P. avait écrit de bons ou très bons textes, et de moins bons, voire, parfois, de pas bons du tout (selon moi) ; qu’il avait fait de bonnes ou très bonnes performances, et d’autres moins bonnes. C’est une banalité.
C.P. a écrit un livre, La ville est un trou, qui est peut-être, à mes yeux, son meilleur, son plus inventif, son plus tranchant. D’aucuns s’en sont rendu compte.
Après quoi, Mesrine. Et là, holà et halte-là ! Rien ne va plus. La critique des belles âmes révoltées est d’abord politique (voir plus haut) – et morale, pour faire bonne mesure. Citation (Sitaudis 28/09) : “Principe du chansonniérisme : tirer à vue sur n’importe quoi, faire des bons et mauvais mots sans la moindre réflexion, traiter la société par l’absurde et ridiculiser toutes les valeurs d’ordre éthique ou esthétique (je souligne – jhm).” Mais dites-moi, belle âme, quelle société, au juste ? Et ne serait-il pas plus juste de dire que C.P. ne s’en prend pas à ces Valeurs qui planeraient, à vous en croire, dans le ciel pur des Idées, mais qu’il s’en prend, bien plutôt, aux pseudo- “valeurs” d’une certaine société qui le révulse et lui hérisse le poil ? “Ta rage t’aveugle, Charles” (27/09). Charles a, de fait, quelque chose d’un enragé. (2/10) : “On a le droit d’être en rage et la rage seule peut nous faire tenir face à cette atonie qu’on nous donne à vivre.”) Mais je vois mal, si j’ose dire, en quoi il est aveugle. “Excessif” ? Et alors ?
Bref, on n’a pas idée d’une chose pareille : écrire (sur commande) un tombeau, choisir un tombeau de Mesrine, et, donc, essayer de comprendre Mesrine et les motivations de Mesrine. C.P. ne justifie en rien les forfaits de Mesrine, il tente d’en expliquer le surgissement en les intégrant dans une réflexion (je dis bien : réflexion – C.P. n’éructe pas (Sitaudis 7/10 : “Il y a peu de différences entre un concierge qui éructe – NB – Merci pour la corporation des concierges – et un artiste énervé”), il s’efforce de penser, je pense même qu’il pense de plus en plus- étonnant, non ?) qui porte à la fois sur l’époque de Mesrine et sur la nôtre. Pour donner une analogie contemporaine : justifie-t-on les funestes attentats-suicides palestiniens lorsqu’on essaie de s’interroger sur les raisons désespérées (fussent-elles jugées, par les “Occidentaux”, propres au “fanatisme islamique”) qui ont poussé à les accomplir ?
“Le chansonnier hait la pensée ; en quoi il apporte de l’essence aux bûchers où l’on brûle livres et tableaux” (Sitaudis 28/09). Écrire cela de C.P. est pure infamie.
Reste : le texte. Eh oui, on y arrive. “Le texte de Pennequin (…) s’appuie-t-il sur un travail suffisant d’élaboration ?” Ah ! la note professorale dans la marge ! Travail insuffisant. Doit mieux faire. Des progrès à accomplir. Mais, cher correcteur, n’oubliez pas que le texte de C.P. est, pour l’heure, un work in progress. Mon intention n’est pas de porter aux nues chaque phrase de son Mesrine. On verra plus tard. J’attends. Avec confiance.

Jacques-Henri Michot

12 octobre 2007

[News] Nouvelles petites éditions : [o]

band-o1.jpg Une nouvelle petite maison d’éditions vient de naître sur Bordeaux : les éditions [o]. Son initiateur, Thomas Déjeammes. Nous avions déjà parlé de lui lors du festival Ex-poésie de Périgueux, pour son exposition.

Photographe de formation, il développe une micro-édition de qualité, où il tente de croiser avec certains de ces titres le travail photographique et le travail d’écriture. C’est le cas entre autre du curieux petit livre à paraître Cent vingt-cinq/soixante de Bénédicte Salzes et de lui-même.

Bénédicte Salzes a pris ces photos à partir d’un Holga 120 S. l’intérêt de cette appareil réside à la fois dans la rigidité des ses capacités ( ouverture fixe, f.11, vitesse, 1/100s.) et par l’irrégularité de ses résultats (flou, mauvaise exposition, couleurs faussées…). La visée par l’œil n’est plus fiable, la prise de vue se fait souvent à bout de bras par placement approximatif et volontaire du corps. La main est l’œil. Ces défauts mettent en question l’image et la perception lisse que notre regard contemporain accepte trop facilement.

Cet attachement à la photographie croise, mais autrement, des pratiques comme celles de Claude Yvroud, Jérôme Bonnetto, ou bien encore François Bon [ici par exemple].

adresse :
les éditions [o], Thomas Déjeammes // 39 rue Saint Rémi // 33000 Bordeaux.

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