En ce jour de Pâques, on pourra commencer par relire la chronique de Bernard Desportes sur un revenant dans l’actualité : Mgr Barbarin… Notre UNE, quant à elle, portera sur l’état d’urgence intellectuel que met en exergue le dernier numéro de la Revue du Crieur ; enfin, nos Libr-événements : festival Déklamons à Rennes, rencontre au Bateau Livre de Lille avec J. Liron et D. Vazemsky, RV au N’a qu’un œil de Bordeaux et à la Maison de la poésie Paris (Emmanuel Régniez ; Annie Ernaux ; Bernard Desportes avec Fabrice Thumerel)…
UNE : État d’urgence intellectuel /F. Thumerel/
Selon l’édito du dernier Crieur, si état d’urgence il y a il est bien d’ordre intellectuel : « Pour que la déflagration du 13 novembre ne se transforme pas en une "stratégie du choc" tissée d’hystérie sécuritaire, de régime d’exception et de replis identitaires, il est essentiel d’ouvrir grands les yeux sur la césure révélée par un tel moment ».
Sont ainsi étudiés l’apparition d’une pseudo-science humaine, l’islamologie, pour répondre à la demande sociale et sécuritaire (L. Dahkli) ; l’idéologie wahhabite, puritanisme extrême élargi par le salafisme, qui ne conduit que rarement au radicalisme terroriste (L. Bonnefoy et S. Lacroix) ; la résurgence du nationalisme culturaliste dans une France qui voit l’essor de l’identitarisme (B. Wilfert-Portal) ; la stratégie de l’EI pour fédérer les humiliés (M. Benraad)…
L’état d’urgence est d’autant plus de mise que ce ne sont plus seulement les professeurs qui sont devenus des techniciens du savoir pratique (Sartre) : les philosophes s’assurent de nouveaux débouchés – des plus rentables ! – en s’engageant dans les think tanks libéraux ou en répondant favorablement aux propositions des entreprises (entre 5 et 10 000 € la conférence pour les Serres, Ferry, Comte-Sponville, ou encore R. Enthoven !).
Revue du Crieur, Mediapart – La Découverte, n° 3, mars 2016, 160 pages, 15 €, ISBN : 978-2-7071-8863-2.
Libr-événements
â–ºLectures Performances festival Déklamons à l’Université de Rennes 2.
Mardi 29 mars / 19h30 / auditorium Le Tambour : Maxime H. Pascal, Pierre Parlant, Thomas Desjammes.
Informations pratiques
Maison de la Poésie de Rennes (allée Armand Rebillon)
Le Triangle (Boulevard de Yougoslavie)
Maison des associations (cours des alliés)
La Péniche Spectacle (Quai Saint Cyr)
Auditorium Le Tambour (Campus Villejean-Université Rennes 2)
â–º Mercredi 30 mars à 19H, Librairie Le Bateau Livre à Lille (154, rue Gambetta), rencontre avec Jérémy Liron, peintre et écrivain, et Dimitri Vazemsky, éditeur et auteur à la Nuit Myrtide. La discussion se fera autour de
l’ouvrage Récits de paysages : une somme de textes écrits par une bande de 18 auteurs autour, avec, et dans les paysages peints par Jeremy Liron.
On évoquera aussi le bricolage en Art, en partant notamment d’un autre livre de Jeremy Liron paru chez Nuit Myrtide: L’humble usage des objets.
"Au deÌbut eÌtait donc l’image. L’image par-devant l’inconcevable abiÌ‚me du monde sans nous. Logique alors ensuite que l’histoire continue sous l’eÌgide des images. Les Nouveaux Imagistes donc, puisque Williams, Pound et quelques autres avant. La paterniteÌ pourrait en revenir aÌ€ Vazemsky qui a lanceÌ les premieÌ€res phrases avec l’ideÌe de faire groupe. En suivra cet ouvrage aÌ€ quatre teÌ‚tes sur les images d’Olivier de SeÌpibus. Puis l’envie de collaborer de nouveau, en Imagistes. Cette fois Liron fournira les images, invitant Vazemsky, Vinau, Siaudeau aÌ€ eÌcrire depuis elles les reÌcits qu’elles pourraient leur suggeÌrer, puisqu’on le dit – elles suggeÌ€rent.
Et l’envie d’inviter encore parce qu’entre nous on se lit et, par laÌ€ meÌ‚me, s’accompagne. Le monde se deÌploie aÌ€ proportion de ce qu’on le peuple. On laisserait aux images le soin de faire colonne verteÌbrale quand les textes, autonomes, libres, diffracteraient un reÌcit plus vaste en fragments disjoints. Les eÌchos entre eux, au hasard laisseÌs, enfantent une forme plus libre de neÌcessiteÌ.
Ainsi sont neÌs ces reÌcits, des paysages."
Jérémy Liron.
Avec les textes de Pierre Bergounioux, Léa Bismuth, François Bon, Anne Collongues, Marie Cosnay, Emmanuel Delabranche, Armand Dupuy, Sabine Huynh, Arnaud Maïsetti, Eric Pessan, Béatrice Rilos, Dominique Sampiero, Joachim Séné, Guillaume Siaudeau, Fabienne Swiatly, Dimitri Vazemsky & Thomas Vinau, sur des paysages de Jérémy Liron.
â–º Jeudi 31 mars à 20H, Maison de la poésie Paris : Emmanuel Régniez, Notre château. Lecture par Lucie Eple, Julien Jolly (composition, synthétiseurs) & Sébastien Maire (contrebasse).
Un frère et une sœur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre-ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de
l’une de ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa sœur dans un bus de la ligne 39. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.
On pourrait penser aux films Les Autres de Alejandro Amenábar, Shining de Kubrick, ou à La Maison des feuilles de Danielewski. Emmanuel Régniez reprend à son compte l’héritage de la littérature gothique et l’épure de certains auteurs du nouveau roman. La lecture musicale nous plongera dans cette atmosphère étrange et hypnotique.
Une rencontre avec l’auteur suivra la lecture musicale. À lire – Emmanuel Régniez, Notre château, Le Tripode, 2016.
â–º Samedi 2 avril, 22H, Librairie-maison d’édition N’a qu’un œil à Bordeaux (19, rue Bouquière) : Claro, Julien d’Abrigeon, Bruce Bégout, Patrice Luchet et Laura Vazquez.

â–º Lundi 11 avril à 19H, Maison de la poésie Paris, rencontre avec Annie ERNAUX animée par Michel Abescat.
« J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. » Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S. dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.
À lire : Annie Ernaux, Mémoire de fille, Gallimard, à paraître en avril 2016.
â–º Jeudi 14 avril à 20H, Maison de la Poésie Paris, "Poésie & subversion" : Bernard Desportes en conversation avec Fabrice Thumerel. [Vu le nombre de places limité, il est conseillé de réserver au plus vite : 5 €]
dans les chaos d’un monde où la violence est partout
où la barbarie menace
tandis que le réel n’en finit pas de se dissoudre
et que le devenir de l’homme semble toujours plus lui échapper
la poésie peut-elle quelque chose ?
quelle place, quel sens sont-ils les siens ?
Les différentes mouvances de la modernité la voulaient subversive : qu’en est-il
en un temps d’affrontement des conservatismes et des transgressions ?
Soirée proposée par Remue.net, en partenariat avec la Scène du Balcon.
À lire – Fabrice Thumerel, Bernard Desportes autrement, coll. « Manières de critiquer », Artois Presses Université, 2008.

justement, la Marche de l’Infini Moment Présent et de la Présence…
conséquence de l’épluchage : cet adverbe « ici » qui ne cesse de s’affirmer. Il creuse, par sa présence incisive, un moule pour le fruit absent mais pourtant « ici » et presque « là ». Transformé en nom, « ici » en vient également à désigner le texte comme un lieu ; dans le mot « citron » se crée alors comme un espace-lettre doté d’une ampleur et d’une profondeur où prennent place des « pépins /comme des ballons ».
contemporaine – et l’Anglais Andy Moor – intrépide guitariste, membre du crucial groupe post-punk The Ex – forment un binôme tout à fait épatant. Eminemment singulières, leurs productions combinent élaborations textuelles et musicales en un langage hybride de haute précision, mû en profondeur par un virulent désir d’expérimentation.
Après le clin d’œil humosarcastique de Joël HUBAUT, et avant même que nous ne fassions un point sur cette "rentrée" et sur la 6e saison de LIBR-CRITIQUE, septembre étant traditionnellement riche en événements, voici quelques premiers RV : avec les éditions Inculte et LC éditions ; sur le site 
Voici la deuxième partie de l’entretien, intitulée "Généalogies". [