Libr-critique

23 février 2021

[Chronique] Claude Minière, RIMBAUD, PARCE QU’IL N’EST PAS LU

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Arthur Rimbaud est un bon objet de librairie, parce qu’il n’est pas lu.  Le nombre de livres auquel son nom donne le titre est impressionnant.  Il est aussi désormais l’objet de films.  On pouvait (ou plutôt pas) mercredi soir 3 février sur une chaîne publique voir « Rimbaud, jeune et maudit ».  On ne fait pas mieux ! Rimbaud est forcément jeune, sinon il n’intéresserait pas la jeunesse. Et vous devriez savoir depuis plus de cent ans qu’il est l’un des « poètes maudits ». Les poètes évidemment sont plus émouvants et plus géniaux quand ils sont maudits. Maudits par QUI ? mystère. A l’écart de tous ces bafouillages et barbouillages (qui trahissent une incapacité de lecture), on se souviendra de la lucidité immédiate de Claudel : « Je l’ai cru sur parole ».  Et en effet, c’est sur la question de la parole que se joue le coup de torchon du poète aux « rythmes instinctifs ». Avec Rimbaud la parole ne doit plus se confronter au monde ; c’est le monde qui doit se confronter à la parole.

19 novembre 2020

[Libr-relecture] Ariel Spiegler, Jardinier, par Claude Minière

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Ariel Spiegler, Jardinier, Gallimard, hiver 2019-2020, 104 pages, 11,50 €, ISBN : 978-2-07285-680-8.

 

« Faudra-t-il pour te suivre
encore ne plus dormir
et ne plus manger,
ne plus rien faire d’autre ?  Aller
à la dernière dentelle, au dernier nerf,
au refus intact : mon souffle ? »
(p. 68).

Certains poètes font de la poésie avec de la prose, la prose est leur matériau de départ, leur mortier à gâcher.  D’autres, plus rares, notent sans médiation leur poème avec ce qui se produit sous leurs yeux, dans la tête, dans un souffle et qui ne suit pas un fil contraint, un canal, mais coupe, appose ou relie selon leur émergence désordonnée les nerfs et les dentelles.  Et cependant sur la page s’établit comme reste une cohérence de l’errance.

Comment faire passer à la littérature le vécu – sensations, joie, angoisse, bonheur et alarmes ?  Ce ne peut être par une description, mais seulement par l’écrit.  Ariel Spiegler montre en cela un étonnant tour de main.  Challenge :  il faut trouver un rythme, un vocabulaire, une syntaxe.  Alors, c’est réussi.  Le poème est une victoire sur la difficulté.  Il ne s’est pas laissé entraîner sur la voie du langage hérité, commun, il n’a pas glissé loin de la vérité expériencée.  Le poème s’écarte du langage conventionnel, usé, pour adhérer à la réalité du vécu.  Pour annuler l’écart (ou le connaître).  Comment le poème, alors, est-il réussi ?  Par une « magie » du travail de vérité, un miracle de collaboration des trois ressorts (rythme, vocabulaire, syntaxe).

Les poèmes d’Ariel Spiegler sont des réussites de liberté insistante.  De dépassement des méprises (le jardinier était une première approche).  Mus par la passion, et l’humour, ces poèmes à l’évidence s’installent dans le « normal », c’est-à-dire qu’ils ont évité l’artificiel, ils en sont indemnes.  Le normal, pour certains êtres, est l’attente, la différence du moment où elle et il et elle se rejoindront. Le poème met en débat la retenue.

10 octobre 2012

[News] 22e salon de la Revue

12-14 octobre à Paris (Espace des Blancs-Manteaux, 48 rue Vieille-du-Temple 75004), 22e Salon de la Revue. A cette occasion paraît le 22e et dernier numéro de la revue Fusées ainsi que le n° 48 de la Revue des revues, avec notamment un Hommage à l’ex-doyenne revue de poésie, Action poétique. Dès demain soir, deux rendez-vous à ne pas manquer : avec Europe, qui fête son 1000e numéro, et Ce qui secret.

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