Libr-critique

6 août 2019

[Livres – News] Libr-vacance (3)

Redisons-le pour tous ceux qui nous ont rejoints depuis peu : Libr-vacance ne propose nullement une sélection « cool » de livres-de-vacances : c’est une invitation à méditer-rêver-pester de façon libr&critique… En ce début août, dans nos Libr-brèves, une spéciale BEURARD-VALDOYE et un retour en vidéos sur « Les Écrits numériques #4 » ; après avoir lu en zigzaguant, des Libr-lectures les plus diverses (livres intéressants dont nous n’avons pu rendre compte jusqu’à présent, parus entre le printemps 2018 et l’été 2019)… [Libr-vacance 2]

Libr-brèves

► Patrick Beurard-Valdoye, À travers Le Cycle des exils : Lectures / Rencontres le vendredi 13 septembre à 20h30, au Vélo Théâtre, à Apt / tarif : 5 €
Les cris poétiques (hors série) de Patrick Beurard-Valdoye
Une invitation de Alt(r)a Voce / Florence Pazzottu

Le samedi 14 septembre à 17h, au cipm : Le Cycle des exils : qu’est-ce que c’est que cette histoire ? [tarif : 3€ | soutien : 5 €]

Autour de Patrick Beurard-Valdoye : Jaqueline Merville(écrivain et dramaturge) et Jean de Breyne (écrivain et fondateur des Cris poétiques) qui introduiront la soirée ainsi que Florence Pazzottu (poète et cinéaste) et Michaël Batalla (poète et directeur du Cipm) qui liront quelques extraits des premiers volumes du Cycle. Patrick Beurard-Valdoye donnera ensuite une performance intitulée Artaud chez les Irlandais (extrait du huitième livre, en chantier).

Patrick Beurard-Valdoye donne forme depuis les années 1980 à l’une des œuvres majeures de la poésie contemporaine, que Libr-critique suit depuis sa création (entretien avec Philippe Boisnard). Vaste épopée de la construction européenne, Le Cycle des exils compte aujourd’hui 7 volumes publiés. Le dernier en date, Flache d’Europe aimants garde-fous, a paru en mars 2019 aux éditions Flammarion.

♦ Dans l’attente des projections en festivals, voici le teaser d’un magnifique portrait du poète Patrick Beurard-Valdoye, film d’Isabelle Vorle projeté à la Maison de la poésie le 23 mars dernier : Vibes & Scribes

â–º En ligne, les communications des Écrits du numérique #4 (21 mars 2019), parmi lesquelles : « Arts, littératures et formes numériques du livre » par Lucile Haute, artiste et enseignante-chercheuse.

En lisant, en zigzaguant

â–º « Je cherche au long de mes plages la différence entre l’écrit et le lisible, entre le lisible et le visible. »
« La différence entre le poème et le reste n’est pas une différence linguistique. De prétendus poèmes ne sont pas des poèmes. […] De bons, voire d’excellents poèmes n’ont ni l’allure ni la facture de ce que l’on appelle, faute d’avoir accepté mille réflexions passées et présentes, ou d’avoir opté passionnément pour l’ignorance, un poème » (Dominique Meens, L’ÃŽle lisible, P.O.L, hiver 2018, p. 76).

â–º « Nous voulons du chaud. Que l’on crève de chaud. Qu’il n’y ait plus que ça. La chaleur. […] Plus ça viendra et plus la chaleur nous couvrira de toute part. C’est nous qui le voulons. Nous et nous seuls. Nous voulons vivre où ça chauffe. Où ça bouillonne. […] Nous voulons cuire. Nous voulons la cuisson des corps. Que ça nous brûle au-dehors et aussi en dedans. […] Que l’on ne soit plus que des générations de têtes brûlées » (Charles Pennequin, Gabineau-les-bobines, pp. 200-201 : cf. ci-dessous).

Libr-lectures

► Marianne Simon-Oikawa, Les Poètes spatialistes et le cinéma, Nouvelles éditions Place, printemps 2019, 112 pages, 10 €, ISBN : 978-2-376280460.

Pour le couple renommé Ilse (née en 1927) et Pierre Garnier (1928-2014), le cinéma constitue « un des possibles de la poésie » (p. 12), dans la mesure où « les mots doivent être vus » (Å’uvres poétiques, éditions des Vanneaux, t. 1, 2008, p. 78) ; d’autre part, ces chefs de file du spatialisme conçoivent la poésie comme une pratique cinétique. D’où l’incursion de Pierre dans les domaines de la vidéo et du dessin animé, et les deux « ciné-poèmes » créés par Ilse en 1996, Voyage cosmique et Poème cinématographique.

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Dans ses Déplacements, recueil d’énoncés dénonciateurs, Claude Favre rappelle  « l’expérience d’Énée, rêve d’une ville ouverte à tous les étrangers » (p. 35)… Hélas, nous sommes bien loin de l’hospitalité inconditionnelle que préconisait Derrida : nous assistons bien au contraire à l' »accélération des déplacements » (37)… Les chiffres dépassent l’entendement : « fin 2015, on compte 65,3 millions de déracinés » (39) , « déplacés de force ou migrants, 48 millions d’enfants, dans le monde »… La mondialisation produit en séries des millions d’exclus, qu’ils soient « réfugiés, migrants, exilés, demandeurs d’asile » (38)… D’où cette litanie de la misère que propose Claude Favre en 1672 assertions/respirations.

Le monde de la mondialisation est un monde ouvert, disent-ils. Or, peu de temps après la Chute-du-Mur (Berlin, 1989), c’est l’Occident qui fait dans le mur, qui s’emmure : « on finance la sécurisation de la frontière » (Carnets de murs, p. 51).

Que veut-on protéger ? Les Intérêts des dominants.
Que veut-on sécuriser ? Les Propriétés – toutes sortes de propriétés.
Logique : les ex-colonisateurs ne veulent pas être colonisés ; l’impérialisme n’est pas un humanisme.

Quel horizon s’en dégage-t-il ? Aucun autre horizon que celui de l’ostracisme et du différentialisme : « Une frontière, c’est ce qui permet de séparer une chose d’une autre chose, il faut séparer pour pouvoir faire une différence, pour pouvoir dire que l’un est l’un et que l’autre est l’autre », peut-on lire dans Exploration du flux de Marina Skalova, apologue critique qui traite la crise migratoire en télescopant les isotopies pour faire déraper les significations. Voici un exemple de la façon dont elle expose l’implacable logique d’exclusion immondialisée : « Il y a les migrations provoquées par les guerres, on appelle ça des exodes. Et il y a les migrations des barbares, on appelle ça des invasions. Les exodes, c’est quand beaucoup de gens partent en exil, et l’exil, c’est quand on peut demander l’asile. Pour demander l’asile, il faut un papier, une carte de vÅ“ux, une invitation. Sans invitation, on appelle ça une invasion » (16)…
« Bienvenue au Mirador, dernier-né d’une idée d’avenir », tel pourrait être le message délivré aux indésirables – emprunté à la toute récente dystopie de François Bizet, Dans les miradors, parue aux bien nommées Presses du réel.

♦ Claude FAVRE, Crever les toits, etc., suivi de Déplacements, Presses du réel/al dante, hiver 2018, 96 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-034-6.
♦ Emmanuèle JAWAD, [carnets de murs], Lanskine, automne 2018, 56 pages, 12 €, ISBN : 979-10-90491-70-0. [Sur cette poésie qui fait le mur : ici]
♦ Marina SKALOVA, Exploration du flux, Seuil, printemps 2018, 70 pages, 12 €, ISBN : 978-2-02-139401-6. [Extrait LC]
♦ François BIZET, Dans le mirador, Presses du réel/al dante, hiver 2018, 96 pages, 10 €, ISBN : 978-2-37896-033-9.

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► Attaques, #2, Les Presses du réel/al dante, printemps 2019, 544 pages, 27 €, ISBN : 978-2-37896-089-6.

« La poésie est-elle une forme de résistance ? » (p.  127).

« C’est quand on va au tribunal
qu’on sait dans quel pays on vit »
(Jérémy Gravayat, p. 232).

À l’âge de la post- (histoire, vérité, politique, littérature, critique) qui croît sur un compost d’imposture, cette deuxième salve d’Attaques est la bienvenue parce que rare. Tous azimuts, bien entendu : de l’Europe à l’Amérique latine (Brésil, Argentine, Mexique, Vénézuela), en passant par l’Algérie, le Mozambique, la Palestine ou l’Iran… Et de convoquer tous moyens et tous domaines : textes théoriques/manifestaires, satiriques, polémiques, didactiques ou lyriques, entretiens, photographies et photomontages ; sphères poétique, politique, philosophique, socioculturelle, artistique…

Entre autres et brièvement, sont interrogés / analysés / dénoncés :
– la violence de l’État, au service des dominants ;
– le concept de « nation », dont Rada Ivekovic nous invite à nous méfier (chimérique, elle « fonctionne à coups d’identifications et d’imaginaires commu-nautaires naturalisés ») ;
– le français comme langue de la domination : « Cette langue hautaine, arrogante, aveugle et coloniale qui fabrique une littérature subalterne autochtone au service des instituts français locaux » (Jalal El Haknaoui, p. 16) ;
– l’art de la rue, pas forcément subversif (Clemente Padin) ;
– la situation du Brésil : « nous sommes sortis du cycle du populisme de gauche rien que pour nous installer dans celui, dit « nouveau », du populisme de droite » (Horácio Costa, p. 111) ; au Brésil, « les institutions fonctionnent bien et mieux »Â â€“ mais le texte sérié par André Valias est contaminé par un processus viral…
– l’art de perruquer, c’est-à-dire, en milieu professionnel, de détourner les moyens de production à des fins personnelles (Jan Middelbos)…

Au plan politique, saluons l’article de Laurent Cauwet sur le phénomène des Gilets jaunes, fustigeant la violence étatique comme le mépris de classe, y compris dans les milieux artistique et intellectuel – où, du reste, peu se sont exprimés sur le sujet. On regrettera seulement l’amalgame, courant à gauche, entre totalitarisme et fascisme – lequel correspond à une idéologie et des pratiques bien définies. Sans compter qu’il faut être vigilant et rigoureux dans l’usage d’une certaine terminologie : pour se faire l’auxiliaire d’un totalitarisme ultra-libéral ou propre au capitalisme financier, au plan des institutions politiques l’état français ne saurait encore être taxé de « totalitaire »Â â€“ autoritaire, policier, voire illibéral plutôt. Au plan poétique, signalons le lyrique agencement répétitif de Claude Favre : sa « Caravane » est un chant universel en faveur des exilés et des exclus. Quant à Sylvain Courtoux, c’est le seul poète français à inventer des formes originales à partir de la sociologie critique : nourri des théories de Pierre Bourdieu, Bernard Lahire et de Howard Becker, en suivant les modèles du Jeu de l’oie et du Monopoly, il met à jour de façon ludique et subtile les fondements du Jeu littéraire.

► Véronique BERGEN, Tous doivent être sauvés ou aucun, éditions ONLIT, Bruxelles, automne 2018, 272 pages, 18 €, ISBN : 978-2-87560-102-5.

Toujours différente et toujours la même, avec la verve et l’inventivité verbale qui la caractérisent, cette fois Véronique Bergen nous fait vivre la folle histoire – dite « moderne » – de l’humanité à travers le regard lucidement halluciné de chiens célèbres, de la Révolution Française à l’austérité capitaliste en Grèce, en passant par l’extermination des Indiens, la fin de la Seconde Guerre Mondiale et la conquête spatiale (mémorable Laïka !)… Dans cet univers où l’on s’exprime en canidien standard, le regard porté sur les humains – dont s’avère consternante « la pauvreté spinocortico-connective » (116) – ne peut être que distancié (drôle, ironique, sarcastique, satirique) : « Quelle aberration de sacrifier deux pattes pour bipéder comme des autruches… De toutes les lubies, de toutes les tocades des humains, regarder des heures durant des images qui défilent sur un écran, se tartiner le visage de confit de bananes, courir sur place sur un tapis volant qui ne décolle jamais, manger avec des ustensiles qui blessent les aliments sont celles qui me darwinent à l’envers » (p. 9). Les translations concourent à l’effet d’étrangeté : à « bipéder » et « darwiner », ajoutons que le chien statistique, waf waf, etc. Homoncules, prenons en pour notre grade : « J’ai honte de votre manie narcissique, immature des autoportraits, de vos défécations de selfies » (10) ; « Ce n’est qu’au prix de la mort de l’homme que la planète aura chance de survivre ; la sélection naturelle cosmique exige son éradication » (35)…

â–º Grégoire CABANNE, Michel, Leïla (Lui, Elle, Toi), éditions MF, coll. « Inventions », printemps 2019, 224 pages, 15 €, ISBN : 978-2-37804-013-0.

Dans sa préface qui multiplie les références au discours savant, l’auteur présente ainsi son projet : « Le pari de Michel, Leïla est de raconter une histoire sans aucune narration, uniquement thématisée par le titre […], et la détermination quasi-arbitraire de deux pronoms » – le pronom étant du reste « la marque de l’homme dans le langage ». Ainsi : Lui, Elle, Toi, qui font parfois Eux : « Et ils se marièrent / et n’eurent qu’autant /   d’enfants » (139). C’est dire qu’il s’agit ici de parodier et détourner les clichés romanesques, de redonner vie aux lieux communs au moyen de dérapages plus ou moins contrôlés : « Il est / capitaine / de désindustrialisation » ; « Il voit la vie / par le bout d’une / sornette » ; « Il a les poings suspensifs »… Et parfois, au passage, des clins d’Å“il appuyés à ce que l’on appelle des références littéraires : « Il a six trous bleus / au côté gauche / de l’arme droite » (Rimbaud) ; « Elle écrit / ton nom / sur des murs de nuages » (Éluard)… Et, bien entendu, les diverses variations de ces micropoèmes demandent à être prolongées ad libitum.

â–º Christophe ESNAULT, Mordre l’essentiel, éditions Tinbad, printemps 2018, 336 pages, 26 €, ISBN : 979-10-96415-13-7.

Une bien belle invitation, même s’il est moins question ici de cul que de culot : l’écrivain invisible qui moud l’essence-ciel – par ailleurs homme-surnuméraire – s’attaque à notre monde lisse : « Comme vous avez besoin de vous rassurer ! Vous vous jetez sur vos rasoirs et votre savon à peine sorti du lit. Ça en dit long… Vous ne supportez pas votre propre odeur. Une femme ne se déshabille jamais devant qui que ce soit sans avoir préalablement gommé sa pilosité » (p. 29). Monde du simulacre et du Tout-à-l’Ego : « Savonne ton ego avec tes propres vomissures » (11)… L’écrivain contemporain n’est pas épargné, vu les actuelles « règles du Je » : « Le Moi s’éparpille s’immisce dégouline sur la tartine de sa création littéraire » (71)… Qu’à cela ne tienne, optimisons notre pouvoir de séduction et prenons soin de notre névrose (fiches pratiques offertes !).

De culot et d’humour, celui qui n’aurait « pas voulu être un écrivain raté ordinaire » (chap. VIII) n’en manque pas. Il en faut pour nous donner à mordre l’essentiel de ses publications les plus diverses en revues entre 2004 et 2018 : ce « livre résolument post-Dada » (4e de couverture) va jusqu’à nous livrer des « quatrièmes d’imposture » et des couvertures fantaisistes (Naître et autres domaines dans lesquels j’aurais dû m’abstenir ; Respirer c’est déjà cautionner un système ; Démantèlement de la structure paradisiaque en vue de satisfaire les actionnaires…).

Mais que cela ne vous empêche pas de répondre à cette question cruciale : « L’homme libre dont personne ne peut prouver scientifiquement l’existence, est-il lui aussi répertorié dans des bases de données informatiques ? » (310).

â–º Alain MARC, Actes d’une recherche. Carnet 1986-2019, Z4 éditions, coll. « La Diagonale de l’écrivain », juin 2019, 306 pages, 14,50 €, ISBN : 978-2-490595-47-1. [Écouter un extrait]

Au fil des décennies, le poète du cri cherche sa voie/voix, la renforce, l’améliore, portant son attention à « l’organisation de la voix intérieure » (p. 139), au rythme, au « jeu phonique et sonique » (149), à la posture… Un exemple : « Lire la tête en bas, ou renversée à l’arrière, gosier écrasé. Et voir comment le corps réagit, comment le geste influe sur la voix, sur la lecture » (179). L’auteur/le noteur s’interroge sur l’articulation entre poétique et politique, développe une poésie existentielle qui doit beaucoup à la poésie spatiale et concrète, et s’oppose au formalisme : « C’est une poésie du dit et non du dire, une poésie du sens et non de la forme. C’est le sens, des mots même, qui fait rythme, et non les syllabes voyelles et consonnes… » (131). L’ensemble est stimulant ; on lui pardonnera juste l’aspect disparate ou redondant de certains passages, tout comme son rapport traditionnel à la langue : « La langue de Christian Prigent est une sorte d’argot anglophonisé » (225).

► Charles PENNEQUIN, Gabineau-les-bobines, P.O.L, novembre 2018, 208 pages, 18 €, ISBN : 978-2-8180-4631-9. [Un extrait]

« l’écrit est  un bruit prolétaire. un bruit prolétaire
est un son qui ne cherche pas à reprendre les discours  »
(Les Exozomes, P.O.L, 2016, p. 71).

Si, à la fin surtout, on retrouve celui qui fait merdRer la langue avec son oralité syncopée et ses Agencements Répétitifs Névralgiques (ARN), toutefois le dépaysement est  grand pour les lecteurs de Charles Pennequin : exit l’emmerdReur que l’on connaît, celui qui fulmine contre les grands-écrivains, les foulosophes et zinzintellectuels, les graveurs de marbre et penseurs à majuscules… Cette fois le discursif a cédé le pas au narratif : la retrempe aux origines permet à celui qui merdRe de laisser émerger avec une certaine tendresse tout un monde populaire, celui des années 70 et 80 − et par là même affleurer un « nous » possible, celui d’une communauté authentique.

Comme un lointain écho à Jésus la Caille de Carco, Gabineau-les-bobines fait ainsi revivre des personnages hauts en couleur aux savoureux sobriquets (Momo, Lulu, Gégène, Peigne-Cul, le Grand- et le Petit-séquin, Nono, la Tchitchette, Avec-plaisir, etc.), avec le parler et les habitudes sociales de ce microcosme du Cambraisis : le « maroilles arrosé de grands Picon » (30), les jardins ouvriers et leurs pigeons, les blagues de Cafougnette, les virées en 4L, le « toubaque à Gégène » (198)…

23 septembre 2018

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’automne, en UNE : pleins feux sur le dernier volume de la collection « Le Cinéma des poètes » ; puis, vos Libr-événements : soirée AOC et hommage à Christophe Marchand-Kiss à la Maison de la poésie de Paris ; rencontre avec Christophe Hanna pour Argent

UNE : Sébastien Rongier, Duchamp et le cinéma

â–º Sébastien Rongier, Duchamp et le cinéma, Nouvelles Editions Jean-Michel Place, coll. « Le Cinéma des poètes », septembre 2018, 128 pages, 10 €.

Ça vous a peut-être échappé, mais Marcel Duchamp était également acteur et cinéaste : un seul film, et de sept minutes seulement, Anémic cinéma (1926, avec Man Ray et Marc Allégret) – lequel est à rattacher à sa « hantise du cercle » (p. 12), même s’il est ici plutôt question de la spirale. Ses pratiques expérimentales – stéréoscopiques ou anaglyptiques – le conduisent à concevoir un cinéma ready-made. Et aussi à rêver de « rêves de cinéma » (p. 95)… Un parcours passionnant signé par l’auteur de Cinématière. /FT//p>

Libr-événements

► Mardi 25 septembre à la Maison de la poésie Paris, soirée AOC :

► Mercredi 26 septembre à 20h00, Maison de la poésie, Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin, 75003 Paris) : Hommage à Christophe Marchand-Kiss. Aléas, temps, suite et temps.

Écrivain, poète, traducteur, performeur, critique d’art, Christophe Marchand-Kiss a dirigé la collection « L’Œil du poète » aux Éditions Textuel, et y a traduit et publié de nombreux poètes contemporains. Il est l’auteur de Regard fatigué (Aleph, 1998), Traduire en poésie (collectif, Farrago, 2001), Léo Ferré, la musique avant tout (Textuel, 2004), Gainsbourg, le génie sinon rien (Textuel 2006), Aléas, éditons bleu du ciel, Normal, (Éditions Marie Delabre), CRS, de Charonne à Charlie-Hebdo, (Flammarion), 2018.
Christophe Marchand-Kiss, né en 1964 à Chateaubriant (44) est décédé le 8 juillet 2018.

Cet hommage sera l’occasion de saisir l’intense activité intellectuelle et la curiosité envers les arts de Christophe Marchand-Kiss. Erudit, cultivé, attentif, intense, généreux, amical, sensible, délirant, amoureux…, nous souhaitons restituer l’intelligence et l’intelligibilité de sa personnalité et de son œuvre. Son ivresse, sa rigueur.

Lectures, enregistrements sonores et œuvres vidéo seront proposés par Julien Blaine, Éric Dubois, Jean-Luc Hervé, Dominique Quélen, Chiyoko Slavnicz, Anne Kawala, Colette Tron, Jean-Marc Montera, Natacha Nisic, Véronique Pittolo, Anne Bertrand, Gordon Shrigley, Vanina Maestri, Julia Marchand, Emmanuelle Pelligrini, Marianne Thery, Isabel Violente & autres invités…

â–º Vendredi 28 septembre à 19H30, Librairie Texture, parlons d’un tabou français, surtout dans l’univers artistique : rencontre avec Christophe pour son brillant document poétique, Argent, paru aux éditions Amsterdam…

25 décembre 2017

[Chronique] Le cinéma des poètes (collection), par Fabrice Thumerel

Responsable du pôle cinéma aux Nouvelles Éditions Jean-Michel Place, Carole Aurouet a lancé la superbe collection "Le Cinéma des poètes" en 2015 : chaque volume compte environ 128 pages pour 10 € ; un mercredi par trimestre, une soirée est organisée autour de la collection au cinéma Les Trois Luxembourg (Paris 6e). En ces fêtes de fin d’année, une idée de cadeau qui vaut mieux que bien des "beaux-livres"…

"Puisque le mouvement est le signe de la vie même
et que le cinéma c’est de l’image en mouvement,
la conclusion du syllogisme sous-jacent est que la vie
c’est du cinéma" (A.-E. Halpern, Michaux…, p. 9).

Les douze premiers volumes sont centrés sur la première moitié du XXe siècle qui a vu naître et se développer cet art nouveau qui, comme la peinture au XIXe siècle, n’a pu que produire un impact sur l’imaginaire collectif et sur les autres arts :

      "Le cinématographe, aux yeux d’une génération, restera la meilleure hypothèse poétique pour l’explication du monde" (Aragon, Littérature, n° 16, 1920).

      "L’idée que toute une génération se fit du monde se forma au cinéma, et c’est un film qui la résume, un feuilleton. Une jeunesse tomba tout entière amoureuse de Musidora, dans Les Vampires" (Aragon, "Projet d’histoire littéraire contemporaine", Littérature, 1922).

      "On sait aujourd’hui, grâce au cinéma, le moyen de faire arriver une locomotive sur un tableau" (Breton, "Max Ernst", 1921).

      « Toute une lignée d’hommes modernes est dominée par "l’image mimique", de surcroît en mouvement ; et toute une génération d’avant-garde a paradoxalement trouvé dans le cinéma l’allié de sa contestation de la représentation traditionnelle ainsi qu’un outil de mise en doute de la formulation du réel par les arts » (A.-E. Halpern, p. 93).

En son premier tiers de siècle, le septième art – appellation de Canudo qui s’impose en 1921 – attire tous publics, avec sa Muse Musidora et son icône Charlie Chaplin. Si le cinéma est d’abord censé viser un "réalisme intégral", il est très vite perçu comme un moyen privilégié d’expression de l’intériorité ; les avant-gardes s’en emparent pour transgresser les frontières esthétiques et accéder à l’art total. Il devient rapidement populaire, parce que "c’est au cinéma que le désir d’amour est le plus chargé de pathétique et de poésie" (Desnos, "Amour et cinéma, 1927). Il fascine surtout parce qu’il offre "la palpitation de toutes choses" (Jarry), le "monde stupéfiant des rayons et des ombres" (Desnos), "la vision d’un œil, d’un œil mécanique, d’un œil extra-humain", celui-là même qui révèle "ce qu’il y a d’étranger en vous. Le singe" (Cendrars)… Blaise Cendrars, précisément, qui a écrit sur Charlot pendant quarante ans, y voit son "hydrothérapie". Également admiratif devant Charlot, cet "homme accéléré" qui lui inspire le personnage de Plume, Henri Michaux est ce "glouton optique" (Mourier) qui conçoit son travail de poète et de peintre en termes de cinématique ; aussi, outre l’usage métaphorique qu’il fait du cinéma pour exprimer le maelström d’images qui le submerge sous les effets de la drogue, il cherche dans cet art du mouvement "un style instable, tobboganant et babouin", et par là même à échapper aux contraintes des autres arts, à leur statisme. Son rêve : condenser toutes ses visions en cinquante secondes. Son ambition : « La caméra, pour être au plus près de ces productions de l’imagination, n’a plus qu’à se substituer à la conscience hallucinée et devenir "le regard intérieur du haschisé". » D’où sa déception après la réalisation du film documentaire avec Éric Duvivier, Images du monde visionnaire (1963), qui ne pouvait qu’être trop lent, manquer de fulgurance par rapport à l’œuvre rêvée.

Les surréalistes ne sont pas en reste, voyant le parti qu’ils peuvent en tirer ; et comme toujours ils placent la barre très haut : "Un film n’est surréaliste que s’il détient la force émotionnelle et commotionnelle d’un mythe" (G. Sebbag, p. 77). Envoûté par la puissance hypnotique de cet art qui stimule l’imagination et dont il souhaite à tout prix que soit préservée l’autonomie, Desnos produit de nombreux ciné-textes, qu’il convient d’intégrer dans l’œuvre pour leur rapport au merveilleux et leur créativité : il tente en particulier de transposer les figures de rhétorique dans l’écriture cinématographique. D’abord enthousiaste, Max Jacob est l’un des rares à se montrer rapidement très critique : "Ce n’est pas faire de l’art cinématographique que de mettre de la poésie, fût-elle moderne, en images. La poésie est justement le contraire des évocations par trop concrétisées".
Cette collection, qui se focalise sur les textes théoriques des grandes figures de la poésie contemporaines, nous fait par ailleurs (re)découvrir André Delons (1909-1940), à la fois critique de cinéma et poète du Grand Jeu ; Nicole Vedrès, la réalisatrice de Paris 1900 (1946), cette "transposition poétique" devenue mémorable… Laquelle dresse un parallèle entre montage cinématographique et travail de l’écrivain.

L’un des opus les plus réussis, élaboré par la directrice de collection elle-même, est consacré à Jacques Pervers. En quatre chapitres, la spécialiste évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

 

â–º La collection "Le cinéma des poètes" compte douze titres, depuis son lancement il y a deux ans. Par ordre de parution :
Aragon et le cinéma par Luc Vigier
Brunius et le cinéma par Alain Keit
Michaux et le cinéma par Anne-Elisabeth Halpern
Desnos et le cinéma par Carole Aurouet
Breton et le cinéma par Georges Sebbag
Fondane et le cinéma par Nadja Cogen
Queneau et le cinéma par Marie-Claude Cherqui
Prévert et le cinéma par Carole Aurouet
Cendrars et le cinéma par Jean-Carlo Flückiger
Delons et le cinéma par Karine Abadie
Jacob et le cinéma par Alexander Dickow
Vedrès et le cinéma par Laurent Véray

♦ Les deux prochains volumes paraîtront début 2018 :
Canudo et le cinéma par Fabio Andreazza
Duras et le cinéma par Maïté Snauwaert

♦ Sont en cours d’écriture : Duchamp, Artaud, Ponge, Genet, Lorca, Péret, Apollinaire, Saint-Pol-Roux, Pozner, Epstein, etc. Mais aussi des études transversales : les poètes du Grand Jeu et le cinéma, les poètes spatialistes et le cinéma, etc.

3 décembre 2017

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de décembre, LC vous propose trois RV avant la trêve des confiseurs : avec Jérôme Bertin dont vous découvrirez le nouveau récit aux inventives éditions Vanloo ; avec Stéphane Korvin et Maud LÜbeck à la Maison de la poésie Paris ; avec la collection "Le cinéma des poètes" (à offrir : préférable à bien des "beaux-livres"…).

â–º Mardi 5 décembre 2017 à 17H00, Prado Paradis Librairie (19, avenue de Mazargues 13008 Marseille) : lecture de Jérôme Bertin (Célébration, éditions Vanloo, novembre 2017, 88 pages, 12 €)

Le dernier roman de Jérôme Bertin se passe tout entier dans un HP. Il s’appelle Célébration parce que, en tant que poète, il serait temps que Jérôme Bertin célèbre la beauté du monde ou au moins qu’il mette un peu d’enthousiasme à s’extasier sur les fleurs qui poussent entre les pavés. (D’où la fleur sur la couverture de son livre).
Célébration ininterrompue de la vie sous camisole chimique, ce qui veut dire l’humiliation des bonshommes humiliés, et la plongée dans un réel qui n’est que le réel d’un HP, et ça tombe bien, nous n’y vivons pas.
Dans un langage ciselé, coupé à la hache, hâtif, aiguisé comme un rasoir, massacré à la tronçonneuse, Jérôme Bertin attend le dimanche d’après.

Extraits :
"Les fous sont foutrement réveillés. Ils voient tout, et c’est bien ce qui leur est insupportable. Se faire une juste idée de la vie mène à l’asile, sachez-le, et laissez la télé allumée. À décrire c’est du Bosch. Les cachets nous abîment, ils nous enlaidissent, nous font baver, nous rendent bouffis quelquefois" (p. 6).
"Il bloque sur mon livre de Bukowski. Il veut savoir si c’est bien. C’est le plus grand poète du 20e siècle je lui rétorque, égayé par son intérêt soudain. Je lui explique le cas Bukowski, l’écrivain le plus lyrique depuis Georg Trakl, amoureux des femmes, détestant la destruction, attentif à la voix du peuple, la comprenant, la retranscrivant au plus juste, boxeur et gouailleur, amateur de Brahms et de braquemart. Il semble convaincu et me demande si je veux bien lui prêter le bouquin, ce que je fais avec plaisir. Karim se lève, me remercie en me tapant dans la main, puis retourne souffrir dans sa turne. Saint-Bukowski préserve-le. Préserve la victime, paie-lui un verre" (p. 50).

 

â–º Dimanche 10 décembre, de 17H à 18H30, Maison de la poésie Paris : Lecture musicale La Fabrique #10 Stéphane Korvin & Maud Lübeck
Cycle proposé par Séverine Daucourt.
La Fabrique invite un poète et un chanteur qui ne se connaissent pas. Ils doivent partager un moment scénique d’une heure autour de ce qu’ils ont, ou non, en commun, en plus de la voix et des mots. Stéphane Korvin, poète, manie la langue comme le dessin, en aiguisant la beauté jusqu’à la douleur. Il photographie aussi, et a fondé la maison d’édition Brûle-Pourpoint où il réédite de merveilleux disparus. Maud Lübeck décline le verbe “séparer” entre ombre et lumière, aussi mélancolique, délicate et rêveuse qu’effrontée, austère et lucide. Elle chantera seule en s’accompagnant au piano.
À lire – Stéphane Korvin, « Bruant Fou », Fidel Anthelme X, 2017. « Forêts », Fissile, 2017 / « ce naufrage », Littérature mineure, 2017.
À écouter – Maud Lübeck, « Toi non plus », Volvox music, Finalistes, 2016.
Tarif : 10 € / adhérent : 5 €

â–º Jeudi 21 décembre, 18H30-20H30, Librairie du Cinéma du Panthéon (15, rue Victor Cousin 75005 Paris) : présentation de la collection dirigée par Carole Aurouet aux Nouvelles éditions Place, "Le Cinéma des poètes"

Les douze premiers volumes de 128 pages (pour 10 € !) sont centrés sur la première moitié du XXe siècle qui a vu naître et se développer cet art nouveau : si le cinéma est d’abord censé viser un "réalisme intégral", il fascine surtout parce qu’il offre "la vision d’un œil, d’un œil mécanique, d’un œil extra-humain", celui-là même qui révèle "ce qu’il y a d’étranger en vous. Le singe" (Cendrars)… Blaise Cendrars, précisément, qui a écrit sur Charlot pendant quarante ans, y voit son "hydrothérapie". D’abord enthousiaste, Max Jacob se montre rapidement très critique : "Ce n’est pas faire de l’art cinématographique que de mettre de la poésie, fût-elle moderne, en images. La poésie est justement le contraire des évocations par trop concrétisées".
Cette collection, qui se focalise sur les textes théoriques des grandes figures de la poésie contemporaines, nous fait (re)découvrir André Delons (1909-1940), à la fois critique de cinéma et poète du Grand Jeu ; Nicole Vedrès, la réalisatrice de Paris 1900 (1946), cette "transposition poétique" devenue mémorable… Laquelle dresse un parallèle entre montage cinématographique et travail de l’écrivain.

Sans oublier l’un des opus les plus réussis, élaboré par la directrice de collection elle-même. En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant. /Fabrice Thumerel/

11 septembre 2016

[News] News du dimanche

En un temps où la "rentrée littéraire" ne signifie absolument plus rien et où, même dans les plus grandes librairies indépendantes, les rayons "Poésie", "Théâtre" ou "Critique/théorie littéraire" sont réduits à la portion congrue, la bonne nouvelle est la survie d’Al dante (Al dante is not dead !), avec deux prochains livres prévus – et pas n’importe lesquels ! Au sommaire encore : Pleins feux sur Jean-Michel ESPITALLIER et nos Libr-brèves (lancement de RIP et de la collection "Le Cinéma des poètes")…

 

 Al dante is not dead !

Grâce à la campagne de soutien à Al dante que nous avons relayée – entre autres -, 877 livres ont été achetés. Ce qui a permis à Al dante d’apurer les dettes les plus urgentes, et de continuer : dans 15 jours, seront disponibles les ouvrages d’octobre : Extrait des nasses de Justin Delareux et Janis Joplin. Voix noire sur fond blanc de Véronique Bergen – que nous attendons avec impatience et que nous recenserons avec grand plaisir !

Laurent CAUWET : « Beaucoup m’ont demandé des détails sur les raisons de nos soucis actuels. Je ne m’étendrai pas, mais, en résumé, voici une sorte de vision synthétique de l’édition poétique aujourd’hui : De plus en plus de livres en librairie, mais de moins en moins de ventes. Des intermédiaires (diffuseurs et distributeurs) qui, pour supporter "la crise", augmentent leurs marges tout en réduisant leurs prestations. Des libraires acculés qui, pour s’en sortir, font de la cavalerie : réduire voire stopper toute politique de fonds, et réduire le temps de vie d’un livre dans leurs rayons, en les retournant au plus vite. Et une presse de plus en plus silencieuse quant à nos productions. Plus nous nous battons pour que la poésie sorte de la marge, plus la logique capitalistique du marché de l’édition se durcit et nous y renvoie.

Aujourd’hui, la poésie ne peut prétendre survivre que grâce aux subventions et autres aides institutionnelles. Il nous est affirmé qu’il n’est pas possible de faire autrement. Nous refusons cette règle, nous refusons d’être sous tutelle politique, et refusons donc toute forme de subvention et aide institutionnelle. Nous refusons ainsi l’auto-censure plus ou moins affirmée qu’implique cette mise sous tutelle, et surtout nous refusons de devenir, de façon insidieuse, les porte-parole d’une culture institutionnelle qui aimerait nous domestiquer pour faire de nous les supplétifs de la domination.
Donc pour nous, il n’y a pas 36 solutions : il suffirait que, pour chaque sortie de livre, il y ait 250 lecteurs qui l’achètent en direct (via notre site ou dans les salons), pour pouvoir continuer. Est-ce réellement impossible ? Nous ne pensons pas…
ENCORE UNE FOIS,1000 MERCIS POUR VOTRE AIDE.
ET DEVENEZ, NON PAS DES MÉCÈNES, MAIS DES LECTEURS ACTIFS !
ACHETEZ DES LIVRES, ET PRÉFÉREZ LES ACHETER CHEZ DES ÉDITEURS QUI FONT LE PARI DE L’INDÉPENDANCE ! »

 

 Pleins feux sur Jean-Michel ESPITALLIER

• 15/09, Poésie dans les chais, Pau. 19h, Lecture.
• 17/09. Journées du patrimoine, Mac/Val (Vitry-sur-Seine), 17h, "Le Phone", performance avec la compagnie Labkine (Valeria Giuga, Roméo Agid).
• 1er/10, Radio#4, Fondation Louis-Vuitton, 21h, performance "She was dancing" avec la compagnie Labkine (Valeria Giuga et Roméo Agid).

â–º FRANCE ROMANS, Argol éditions, printemps 2016, 168 pages, 18 €, ISBN : 978-2-37069-011-1.

À l’histoire de France – la grande Histoire – Jean-Michel Espitallier préfère le romanesque hexagonal : chaque lieu a son/ses histoire(s), est l’agent catalyseur des micro-récits qui nous entourent – nous traversent. Défilent ainsi la France et ses terroirs, avec faits divers, bons mots et curiosités diverses… Mais aussi une irremplaçable poésie du nom/du lieu et un comique irrésistible (humour, parodies, incongruïtés, jeux de mots… un délice !).

Montage critique (liste, et même liste de listes), ce guide est un document poétique, au sens où l’entend Franck Leibovici : une technologie intellectuelle qui procède au redécoupage modélisé et hétérogène du réel médiatiquement uniformisé (réalité spectaculaire uniforme) : sans doute pas loin de l’œuvre de pure exemplification, tant le lissage des matériaux originels est réussi. /Fabrice Thumerel/

Libr-brèves

â–º RIP 1.1 POÉSIE VA PAS TOUS MOURIR


RIP est une revue annuelle critique et clinique de poésie, proposée par Antoine Dufeu & Frank Smith. Chaque numéro de RIP se décline sous la forme d’un ouvrage papier .1, disponible six mois plus tard sous une version numérique « répliquée » .2. La réplique, basée sur une approche de relecture, est entendue ici tel un retour sur l’avant. [Conception éditoriale Antoine Dufeu et Frank Smith ; conception graphique Héloïse Laurent et Rafael Ribas.]

A l’occasion du lancement de RIP le jeudi 15 septembre de 19H30 à 23H au Point Éphémère (2, Quai de Valmy 75010 Paris) :
Lecture publique et collective du Code du travail (par tranche de 5 minutes/lecteur)
Un exemplaire de la revue sera offert à chaque lecteur

RIP 1.1 (236 pages) : 15 euros (10 euros le jour du lancement) / Inscription lecture : http://doodle.com/poll/2qi3gyt33xt2vrwg

â–º Vendredi 7 octobre, 20 heures à la Maison de la Poésie de Paris (Passage Molière, 157, rue Saint-Martin – 75003 Paris) : soirée Remue.net autour du "Cinéma des poètes". Rencontre animée par Sébastien Rongier. Soirée proposée par remue.net, en partenariat avec la Scène du Balcon et la Maison de la Poésie de Paris. [M° Rambuteau – RER Les Halles. Réservations : 01 44 54 53 00 (du mardi au samedi de 15h à 18h) ; entrée 5 euros]

« Le cinéma des poètes » est une collection animée par Carole Aurouet aux Nouvelles Editions Jean-Michel Place. En éclairant l’œuvre d’un auteur, d’un poète sous la lumière du cinéma, les livres de cette collection permettent de découvrir des pans entiers d’un dialogue caché ou oublié, d’influences complexes entre littérature et cinéma.

Pour découvrir cette collection, dialogue avec Carole Aurouet (Desnos), Anne-Elisabeth Halpern (Michaux) et Alain Keit (Brunius) ; participation de Philippe Müller et Vincent Vernillat, comédiens de la compagnie « le grain de sable » (lecture des textes de Brunius, Desnos et Michaux). Enfin, Jacques Fraenkel présentera, avant sa projection, L’Etoile de mer, film de Man Ray sur un poème de Robert Desnos.


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