Libr-critique

7 novembre 2010

[News] News du dimanche

Tandis que les chiffronniers de la presse continuent de verser dans les comptes (la critique est difficile et le b.a-ba statistique si facile !) comme dans les courses (en cette saison des Grands Prix d’automne, les pronostiques comme les pornostriques vont bon train !), misant sur les situations et les écritures moyennes (un roman comme celui de Claro, CosmoZ, constitue leur limite extrême, pour les raisons présentées sans ambages dans Le Monde des Livres de vendredi dernier, 5 novembre : "CosmoZ a l’avantage de garder le meilleur de l’expérimentation et de la richesse littéraire, tout en en proposant une ligne claire, lisible et joueuse") ; qu’en divers lieux de littéronanisme et de littérananisme fonctionnent les machines et machineries ; qu’en leurs nécropoles les croque-morts poursuivent leurs rites funéraires, célébrant inlassablement les "grantécrivains" ; que les experts en mondanités n’aspirent comme couronnement de leurs carrières de spécialisses qu’à une invitation à parader dans le supplément litfunéraire du vendredi ;

tout au long de ce mois de novembre, comme nous avons toujours essayé de le faire, LIBR-CRITIQUE vous invite à découvrir des auteurs, des pratiques, des lieux, des manifestations AUTRES…

Il en va ainsi du programme de ce soir : Guy Dupré, l’Expo Herbarius, le 8e Salon des éditeurs indépendants, les 20 ans de la revue Nioques, Prigent, Verheggen, Poésie & Vidéo # 7. /FT/

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26 décembre 2007

[Livre] L’ombre des mots qui n’ont pas d’ombre de Jean-Paul Chague

Jean-Paul Chague, L’ombre des mots qui n’ont pas d’ombre, ed. de L’attente/Contre-Pied, 90 p. // ISBN : 978-2-914688-64-2 // Prix : 7€ 60 // [site de l’éditeur]

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15 janvier 2007

[Chronique] Jean-Marc Baillieu, La Bienséance

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 22:43

[lire la présentation]
bailleu1.jpg Tout pourrait commencer, par cette phrase extraite du texte : « Les formes en général n’ont de sens pas seulement comme des résultats ou des empreintes de l’action humaine mais plutôt parce qu’elles expriment des processus ». Par cette phrase semble se condenser ce texte de JM. Baillieu.Chaque fragment du texte apparaît comme un micro-moment de notations. Comme des fragments de réel épars, sans autre causalité entre eux que les titres qui les réunissent [Couleurs passés des vieux vêtements d’été, Méthode ? …]. Texte qui est dans un processus, celui de l’existence, du regard, qui dépose dans les mots ce qu’il voit : ce qu’il désigne.

bailleu2.jpg En effet, il s’agit bien dans le travail de JM. Baillieu de désignation. Dans Gu Wei Jin Yong, publié aux éditions Le bleu du ciel, le fragment numéroté 205. exprime parfaitement cela : « Désigner, rien que désigner », et corrélativement de nombreux fragments se tiennent dans cette désignation, l’homme regardant et annotant ce qu’il voit, de sa position, de sous son toit : « Avant tout un grand toit. L’absence de mur préserve la présence de la nature. » JM. Baillieu est un observateur, quelqu’un qui regarde, qui découpe dans la matière observée. Mais non pas selon une angularité statique, mais selon une dynamique, un processus :

Déposer, déposer.
Thé/thé vert, à l’initiative de. Répondre, retrait des économies, midi.
– Combien ?
Retour, bonne affaire, causer/téléphoner
argent liquide / espèces, avoir une idée en
tête, addition, emprunter, mère.

Les micro-traces qu’il décrit, les infimes indices qui se juxtaposent sans ordre apparent, sont de petites dynamiques, décrivant aussi bien des scènes extérieures, que des jugements intérieurs, sorte de petits aphorismes éparpillés :  » — Qu’est-ce qui dans l’éveil, doit devenir connexe ou annexe ? A priori l’activité professionnelle, qui permet de boire, manger, dormir; à accomplir donc avec un détachement pondéré ». Et tel qu’il l’écrit dans Gu WeiJ in Yong : « – J’écris, j’impose un ordre(des choses) à qui me lira ».
C’est bien ici la poésie que propose JM. Baillieu de petites observations,qui semblent être ordonnées comme sur un carnet, des traits d’attention qui surgissent, et qui scrutent la manière dont se réalise les choses, dont s’agencent les gestes. Il témoigne en un certain sens de cela en parlant de l « Esquisses d’arbre : des milliers, mais dessinés sans s’y attarder moins d’une minute en moyenne, juste saisir ». Le monde qui se crée au fil de ses notes est comme lacunaire, fait d’esquisses, de traces infimes, d’empreintes peu appuyées.
Et tel semblerait être interrogativement la méthode qu’il énonce en dernière page de son texte :  » (une sorte de modèle où enfin se reconnaître) non un fruit saisonnier vu sous cet angle à l’instant même, même sous cet angle à l’instant même ». Car ce fruit en cet instant, en cette saisie éphémère est déjà habitée par les milliers d’autres esquisses de perception qui tendent se réalité, qui la volumisent. En ce sens ce qui est vu, l’est du fait de la possibilité de la conscience de s’ouvrir à cela et non pas plutôt à autre chose.

[Livre] Jean-Marc Baillieu, La Bienséance

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , , — rédaction @ 22:39

La Bienséance de Jean-Marc Baillieu [version augmentée], publié par l’association Autres et pareils, 19. p. ISSN: 2-916252-05-3 // ISSN: 1263-9729, 4 €
[site de l’association]
4 ème de couverture :
« Des heures durant, voire des jours et des nuits, des mois peut-être, ne réfléchir que ces deux citrons et cette orange déposés dans une coupe de fruits sur un sachet en polyuréthane diaphane. »
Jean-Marc Baillieu est l’auteur, entre autres, de Ma résille aux éditions Spectres Familiers/CIPM, collection le refuge [1998] ; L’éparpillement des sites aux éditions Spectres Familiers [2000] ; Poudre de riz sonore ainsi que Gu Wei Jin Yong aux éditions Le Bleu du ciel en 2001 et 2004. En 2007, il publiera L’inconstance aux éditions Spectres Familiers. La Bienséance [augmentée] est le deuxième livre que publie Contre-Pied après ARRAS ou La rectification du Pas-de-Calais en 1999.

Premières impressions :
[lire la chronique]

20 décembre 2006

[Livre] S.O.S Albatros de François Vert

Filed under: Livres reçus,News — Étiquettes : , , — rédaction @ 17:35

François Vert, S.O.S Albatros, éditions Contre-Pied, 27 p. ISBN : 2-916252-04-5, ISSN : 1263-9729, 4 €.
[site]

vert149.jpg 4ème de couverture :
« je soupe en pantoufles »

« je mange à la va-vite »

« Je me consacre aux roses »

François Vert a publié dans les revues Action Poétique et Java. SOS Albatros est sa première publication séparée.

Premières impressions :
Le titre original de ce petit texte publié par Contre-pied est celui-ci : SOS Albatros, ou trois études en vue d’une réintroductiob de la truite et du saumon dans les eaux de la Seine et de ses affluents. Cela pourrait être étrange pour un petit traité de callistique au niveau des vers, si ce n’était que François Vert joue avec son titre sur un double registre : à la fois au niveau du signifiant et au niveau de ce qui est signifié.
Au niveau du signifiant, le titre est une mise en application approximative de la théorie qu’il développe par la suite, voici : s.O.S albatrOS, ou trois études en vue d’une réinTRoduction de la TRuite et du SAUmon dans leS EAUX de la SEIne et de SES affluents. Certes, cette déclinaison n’a pas la qualité calligène que lui-même insuffle à partir de son traité. Car le but de ce traité est de fournir une nouvelle règle de versification fondée sur la redondance phonétique au niveau des vers. Il s’agit bien alors de sauver le poète, qui tombé dans le monde, ne voit plus comment versifier et trouver de beauté. Baudelaire n’est pas loin, l’albatros non plus.
Sauver par une nouvelle règle de versification : ce traité explique comment donner de la beauté dans un vers :
ex : « Attendant mon éPOUX POUr le désabuser » ou encore « Que le soleil déssèCHE AUX CHAUDS jours de l’été ».
Comme nous le percevons, une réelle harmonie sort de cette versification et donne à contempler la qualité calligène de la redondance phonétique.
On l’aura compris, ce petit traité qui se décompose en plusieurs parties très didactiques [Première étude, épellations primitives, étude n°2 : combinaisons libres, étude n°3 : versification calligène, appendice et manifeste] est empli d’humour et de fantaisie, et il se lit avec beaucoup de facilité tant les jeux entrepris et l’inventivité de cette nouvelle qualité de versification est amusante et justement maladroite quant à ses résutats : ainsi en reprenant Corneille : « D’une atTEINTE IMprévue aussi bien que mortelle », il y a du HerGÉ GÉnéré…. /PB/

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