Libr-critique

1 mars 2020

[Création] Corinne Lovera Vitali et Fernand Fernandez, Warland

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — Fabrice Thumerel @ 20:26

Une voix suave mais distanciée sur fond de guitare électrique… L’agencement répétitif des Fernandez nous plonge dans WARLAND, un monde où la guerre économique fait de nous des consommateurs en quête de lumière…

 

9 juillet 2019

[Chronique] Corinne Lovera Vitali, je jette le livre encore un

c’est leonardo padura pourtant il avait l’air pas mal son flic mario conde qui ne fait plus le flic mais qui vend des livres anciens j’avais piqué le gratuit que donne l’éditrice anne-marie métailié mais seulement à ses fidèles lecteurs je ne suis pas une fidèle lecteur aussi j’ai dû le piquer sous la caisse de la super libraire de la fnac qui était partie me chercher un livre que je ne pensais pas trouver à la fnac mais que de préjugés parce que tiens si il y était ce livre je ne sais plus lequel je ne l’ai pas acheté il était trop cher et des mois après j’ai mis le temps mais finalement j’ai lu le gratuit pas mal ce gratuit donc je suis allée acheter un padura-conde à 12 euro malgré la couv attrape-touristes ici-cuba et bon au bout de quelques pages à peine je commençais à sauter des pages oulalaLALA tant d’érudition en tartines alors c’est pour ça que mario conde vend des livres et padura idem mince alors il faut se taper toute la bibliographie des livres rares de la havane et toute la liste des club de jazz d’avant la révolution puis patapatapata ah oui myriam makeba la grande classe elle puis tiens justement le conde a une érection en écoutant la voix d’une chanteuse des temps anciens un temps il pense à se masturber puis non il décide qu’il est grand il dit qu’il a la cinquantaine par-là je ne suis pas à jour en fait padura a dépassé la soixantaine il dit que le conde c’est lui alors je le crois j’ai vu sa photo il a vraiment la soixantaine passée avec gros bide vêtements moulants crâne dégarni et bien sûr mega cigare tout quoi en tout cas quand il vient à paris aux frais de anne-marie métailié donc padura c’est le conde il se branle pas il se parfume et il va voir tamara la femme qu’il fréquente de temps à autre depuis vingt ans ça va être bientôt là que je jette le livre par terre fidèle lectrice fidèle lecteur si padura était seulement espagnol pour ne pas dire européen on laisserait pas passer comme ça on lui passe tout au cubain pourquoi c’est parce que c’est sa culture c’est dans ses gènes c’est pas de sa faute c’est ça c’est dans ses couilles c’est ça ? heureusement je crois qu’il ne s’est pas reproduit leonardo toujours ça parce que ça suffit amplement de lire cette merde dans les salles d’attente des docteurs de merde je vois pas pourquoi je la lirais chez les écrivains de merde écrivain cubain de merde ça va être bientôt là que je te jette ton livre par terre fernand me dit ben il aura pas duré padura c’est ça écoute fernand c’est vrai ici quasi on n’a plus le droit de parler comme ça des cochons voire du jambon on exagère mais bon il est traduit en français le cubain je le lis en français c’est une chance c’est ma langue qu’est-ce qu’elle fait l’éditrice elle parle quelle langue avec son domaine étranger et les lecteurs alors ils font du tourisme sexuel à 12 euro c’est ça ? c’est là que je jette le livre par terre c’est quand au lieu de bouffer du porc ou plutôt au lieu de oui se branler va donc te branler padura il dit “Le Conde la suivit jusque dans la cuisine, se régalant du rythme de la chair de tout premier choix qui se balançait sous la robe d’intérieur, imaginant déjà tout ce qu’il pouvait obtenir de ce corps, exploré tant de fois au cours de tant d’années. Le passage de Tamara le long du dangereux défilé de la quarantaine était harmonieux et agréable car elle savait le faciliter par des flexions, des marches et des crèmes destinées à donner plus de tonus à ses muscles et plus d’éclat à sa peau, et le Conde lui était reconnaissant de cette préoccupation féminine dont il était périodiquement le bénéficiaire direct.”

© Dessin de Fernand Fernandez, Les Salocrates

20 juin 2019

[Chronique] L’écriture toutàtrac de Corinne Lovera Vitali, par Fabrice Thumerel

Corinne Lovera Vitali, Ronette et Modine, éditions Abrüpt, Zürich, mai 2019, 72 pages, 7,50 €, ISBN : 978-3-0361-0046-3. [« La continuité de cet ouvrage se fabrique » ici…]

Pour Sandra, Virginie et les autres…

Ronette et Modine… ça ne vous dit rien ? Allez, froncez un peu les sourcils…

Écrit en pensée véloce, en fronçais toutàtrac, cette « notice ronet modin » (p. 24) vise rien moins que la manie fronçaise de la commémoration des Grands-Hommes, très vivace au XIXe siècle : Hugo, Anatole-France, Renoir, Monet, Rodin… La fronce, championne de « la grande pompe et la grande commémore » (31) ne cesse de célébrer ses « grands hommes », qui « sont tout le temps vieux à cause de la consécration que la photo appuie » (28)…

Et patatrac : sus aux cons sacrés de la fronce, et en particulier aux machistes qui ont su bien écraser leurs femmes, épouses ou maîtresses :
« puisqu’ils ont mené des vies de gros phallocrates avides de reconnaissance de gloire et d’officialité
puisqu’ils ont recherché ça et qu’on le leur a donné
puisqu’ils ont mené des vies de mâles dominants
pourquoi continuer de parler si peu dans les commémorations de leurs dominées » (40)…
D’où l’intérêt porté à Camille Doncieux, Alice Hoschedé, Camille Claudel… Peut-on appeler « Grand-Homme » celui qui a étouffé la talentueuse Camille Claudel ? Un frère qui a laissé sa soeur crever de faim en asile ?
Et aujourd’hui, le milieu de la poésie même ne recèle-t-il pas des Monet et Rodin qui exercent leur emprise phallocratique dans les instances de consécration (revues, prix, commissions et manifestations diverses) ?

Avec l’indomptable et l’imprévisible Corinne Lovera Vitali, la culture phallus est mal barrée : une contrepèterie féministe, et le (vilain) tour est joué ! Ronette et Modine, donc.

Reste une allusion à son histoire accidentée, qui peut expliquer son écriture toutàtrac : « je ne sais plus quand ni comment ça a commencé la contre pèterie la con traction la psus qui s’est déshinibée dans ma bouche qui parle comme qui écrit et elle embrasse aussi avec sa manière à elle de tout téter » (21). De quoi replacer dans l’Å“uvre cette « notice » irrévérencieuse.

27 septembre 2018

[Création] CORINNE LOVERA VITALI avec FERNAND FERNANDEZ, PONC,TUER VS EASY CUMMINGS (C’EST LA VALISE #4)

Au commencement, une valise pleine de notes devenues illisibles – et donc poétiques… Et une série : « C’est la valise ».
Cette fois la note de départ s’est retrouvée collée aux farinades de Fernand Fernandez

Après l’épisode #3 de la série « C’est la valise », « Autant-autant » ou comment transcrire une lecture de Thomas Hardy en français-fautif, nous continuons le dialogue avec Corinne Lovera Vitali pour cet épisode #4, en collaboration avec Fernand Fernandez.
Où il sera question de Mickey Donovan : « easy cummings : no capitals no periods any of that shit just papapapa », puis la lettre de farine de Fernand Fernandez, qui parle couramment en langues…
L’interrogation porte toujours sur la difficulté à dire/écrire…

À lire/écouter/voir : ici

30 août 2017

[Création] Corinne Lovera Vitali, Autant-autant (C’est la valise #3)

Au commencement, une valise pleine de notes devenues illisibles – et donc poétiques… Et une série : "C’est la valise".

Après l’épisode #2 de la série "C’est la valise", ”voudrais savoir”, nous continuons le dialogue avec Corinne Lovera Vitali pour cet épisode #3, en double bande : "Autant-autant" ou comment transcrire une lecture de Thomas Hardy en français-fautif…

1 février 2017

[Création] Corinne Lovera Vitali, Voudrais savoir (C’est la valise #2)

Au commencement, une valise pleine de notes devenues illisibles – et donc poétiques… Et une série : "C’est la valise".

Après l’épisode #1 de la série "C’est la valise", “mon clavier”, nous continuons le dialogue avec Corinne Lovera Vitali pour cet épisode #2 tout en clics comme un jeu de pistes (construit dans l’amitié de Christine Jeanney) : ”voudrais savoir”.

15 janvier 2017

[News] News du dimanche

En ce troisième dimanche de l’année, trois rubriques pour vos découvertes et RV : LC vous recommande ; Libr-brèves ; Libr-événements

Libr-critique a reçu et vous recommande… /FT/

â–º RIP, revue critique et clinique de poésie, 1.1 "Poésie va pas tous mourir", Paris, automne 2016, 15 €, ISBN : 978-2-9557237-0-8.

Antoine Dufeu et Frank Smith lancent cet objet littéraire bien conçu dont le support est mixte (parution annuelle en papier, puis sur le site), avec la volonté de riper poétique et politique. La fragmentation des textes – dans lesquels on navigue grâce à une architectonique subtile – est expliquée dans l’édito : "la littérature a valeur d’expérimentation, d’acte de création • pliage d’un texte sur l’autre"… Car "c’est à plusieurs que s’écrit le moindre poème"… En ces temps tragiques, voici une revue qui donne à penser – avec Deleuze en toile de fond, mais pas seulement.

â–º Corinne Lovera Vitali, Ce qu’il faut, Publie.net, novembre 2016, 184 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37177-465-0.

Après les 39 fragments adressés au père dans 78 moins 39, avec Ce qu’il faut, nous entrons dans l’œil de ce cyclone ravageur qu’est la vie : de poésie lente, cet Agencement Répétitif Névralgique (ARN) se développe sans pathos autour de cette tache aveugle qu’est le deuil – celui d’un homme et d’un enfant aimés. On en sort bouleversé.

â–º Christophe Stolowicki, Rhizome, Passage d’encres, "Trait court", décembre 2016, 32 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-127-4.

Voici des "brèves sans humour, à l’encontre du genre" (p. 17). Autant de lignes de fuite dans le paysage littéraire et artistique moderne. Avec la volonté de dépasser l’alternative entre poésie et prose : "La poésie, le roman tombés en inégale désuétude. Contractant le prosimètre, un genre mixte qui les relève ?" (p. 17). On terminera cette courte présentation destinée à vous mettre l’eau à la bouche par une citation qui rend compte du titre : "Affleure une neuve dramaturgie de longue patience étirant son rhizome, en quelques phrases contractant les années – celle qui a déserté le roman" (p. 21).

Libr-brèves

â–º Pour bien commencer une année, il faut bien se justifier… On écoutera donc "De la justification", que nous propose Sylvain Courtoux en cette première quinzaine de janvier 2017.

â–º Un événement que la réédition de Nous d’Antoine DUFEU : à ne pas manquer !

â–º Avant de codiriger le Colloque international de Cerisy en août prochain ("Jacques Prévert, détonations poétiques"), Carole Aurouet nous présente une bio-bibliographie synthétique du braconnier des Lettres : un parcours très vivant tout en poésie ("La poésie parlée", "La poésie filmée", "La poésie écrite", "La poésie chantée", "La poésie imagée"). Dès vendredi prochain 20 janvier, les passionnés – qu’ils ressortissent à un public large ou spécialisé – pourront se faire plaisir : Jacques Prévert. Une vie, Les Nouvelles Éditions Jean-Michel Place, en librairie le 20 janvier 2017, 224 pages, 10 €.

Libr-événements

â–º Vendredi 20 janvier à partir de 18h30, soirée de lectures, performances, concerts pour fêter un double lancement :

• Le lancement du 1er numéro papier de la revue Frappa, créée par A.C. Hello
• La publication du nouveau livre d’Antoine Boute, Inspectant, reculer, publié aux éditions Onlit

Le Monte-en-l’air
71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare, 75020 Paris

*******************************
Lectures, performances, concerts de :
• Julien Blaine
• Laura Boullic
• Antoine Boute
• Virginie Grahovac
• A.c. Hello – accompagnée de Thierry Müller (basse/guitare/électrosonic), Laurent Saïet (basse/guitare), Quentin Rollet (saxophone)
• Manuel Joseph, accompagné par motif_r
• Sébastien Lespinasse
• Igor Myrtille
• Elodie Petit
• Chloé Schuiten

+ exposition d’originaux ou reproduction des textes/dessins/photographies des auteur.e.s : Amandine André, François Audemar, Nikola Akileus, Stéphane Batsal, Véronique Bergen, Jérôme Bertin, Julien Blaine, Baptiste Brunello, Laura Boullic, Antoine Boute, Jean-Philippe Cazier, Ivar Ch’Vavar, Christophe Claro, Valentine Crémier-Garce, Robert David Elwood, Cédric Demangeot, Billy Dranty, Jean-Michel Espitallier, Sarah Fisthole, Liliane Giraudon, Virginie Grahovac, Martin Gosset, Benoit Grimalt, Marion Guillet, A.C. Hello, Hugo Hengl, Manuel Joseph, Charlotte Jankowski, Manuel Joseph, Éléonore Lebidois, Élinora Léger, Sébastien Lespinasse, Fabienne Letang, Laurent Cauwet, Bryan Lewis Saunders, Igor Myrtille, Charles Pennequin, Emmanuelle Pidoux, Élodie Petit, Popier Popol (Nathalie), Konrad Schmitt, Chloé Schuiten, Thomas Sidoli, Lucien Suel, Fanny Torres, Cécile Wautelet.

*******************************

REVUE FRAPPA

"Frappa a été conçu – rédaction, graphisme, maquette – par A. C. Hello , dont le Clavier cannibale a, il y a un peu moins d’un an, exploré le précédent livre, Naissance de la gueule. Frappa existait déjà en ligne, la voici donc sur papier, riche de 246 pages, pensée mais non préconçue, nullement attifée d’un thème mais parcourue de mille motifs. Comme l’expliquait A.C. Hello dans un entretien, quelque chose de l’ordre de la "bascule", paradoxalement, tient et relie ces textes:
"Ce qui – et encore une fois, c’est quelque chose dont je me suis aperçue bien après – manifestement les rassemble tous, c’est leur travail, peut-être inconscient, sur le basculement. Le mot est instable, la phrase est instable, ou même la pensée est instable, et c’est toujours à deux doigts de se casser la gueule. C’est un équilibre ténu, qu’ils aiment mettre en danger. Et si certains le font sérieusement, je veux dire sur un ton sérieux, la majorité produit ce basculement dans un joyeux désordre branque, même si bien sûr on sent une fêlure qui ébrèche, parfois, cette douce ironie" (entretien donné à Diacritik).
Pensée instable, phrase instable: rien à voir avec une fragilité feinte, bien sûr. Et force est de constater que les textes publiés dans cet impressionnant Frappa (ce fracas frappé?) brillent par l’intelligence instinctive de leur violence. Qu’ils soient signés par A.C. Hello, Martin Gosset, Amandine André, Antoine Boute, Lucien Suel, Charles Pennequin, Baptiste Brunello, Manuel Joseph, pour n’en citer que quelques-uns sur la multitude de participants à cette revue, tous les textes de la revue montent à l’assaut, tranchent, déplacent, résistent. Poésie sonore, mais surtout prise de poésie, prise de heurts, tensions. Une centrale surchauffée. Un état des lieux des affres, de l’égarement, de la résistance." — Christophe Claro.

Liens vers les 2 premiers numéros numériques de Frappa :

http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.1/
http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.2/

Entretien sur Diacritik :
https://diacritik.com/2015/12/07/la-poesie-frappa-entretien-avec-a-c-hello/

Spot publicitaire :
https://www.youtube.com/watch?v=6vPPD4XjncM&index=9&list=UUoNuEUi7DZ3Dt8y6IVzALig

*******************************

INSPECTANT RECULER d’Antoine Boute (Éditions Onlit)

Synopsis : Au lendemain de son mariage avec l’inénarrable Valéria, Freddo se retrouve seul et désemparé. Ça lui pèse tellement qu’il décide d’aller chez les flics: « Bonjour pardon de vous déranger mais ma femme a disparu le jour de notre mariage. ». Avec l’aide de l’inspectrice Karolien, il tente de résoudre cette inquiétante disparition. Or L’enquête, plutôt que d’avancer ou même de piétiner, recule au contraire jusqu’à prendre des dimensions cosmiques.

"Boute est un magicien décomplexé qui préfère extraire des chapeaux du lapin. Avec lui, on est embarqué, cahoté, aucune intimidation, ça marche à cent à l’heure, c’est salutaire, le texte bat la campagne, défriche, et surtout on rit, le texte rit, la syntaxe se marre, c’est un rire cosmique, un rire chamanique et contagieux. (…) C’est ce qui manque à la littérature française." — Christophe Claro.

Présentation du sommaire d’Inspectant reculer par Antoine Boute :
https://www.youtube.com/watch?v=Y_QDgqI_Ic0

â–º Vendredi 20 janvier à 18H30, Librairie L’Échappée Belle à Sète, rencontre-lecture avec Juliette Mézenc pour son dernier livre Laissez-passer (éditions de l’Attente).

â–º Dimanche 22 janvier 2017 à partir de 14h, American Gallery, visite exceptionnelle de l’exposition F. comme faille et Chevrotines : Ayme/ Blaine/Pazzottu
 
Lecture avec ponctuation sonore et déclar’action à 15h
F. comme faille et Chevrotines, deux livres d’artistes aux éditions Rencontres parus en 2016 dans la collection Tête à texte. Exposition du 4 décembre 2016 au 19 février 2017.
œuvres originales de Julien Blaine, de Giney Ayme, et (œuvres à quatre mains) de Florence Pazzottu et Giney Ayme.
AMERICAN GALLERY
54 RUE DES FLOTS-BLEUS 13007 MARSEILLE
bus 83 arrêt anse de la Fausse Monnaie
visites sur rendez-vous : 06 27 28 28 60

 

â–º Mardi 24 janvier 2017 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes :

MANUEL DAULL (France)
KATE NOAKES (UK)
et LAURENT GRISEL (France)

24th JANUARY from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poets Manuel Daull and Laurent Grisel alongside Welsh poet Kate Noakes with translations in French and English by Mary Reilly among others—let us know you are coming!

MARDI 24 janvier 2017 à 19h30
Au bar / 1er étage :
Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

 

â–º La cie Stelisto de Tempo présente le vendredi 27 janvier à 20h au Théâtre Massenet (rue Massenet à Lille) // SANS FRONTIERES FIXES //

Réserver : https://goo.gl/forms/FIwAIninSSvba0cj1
Tarifs : 9/6/3 €
Mangez ou buvez un verre en bonne compagnie dès 19h30 !

“Sans Frontières Fixes” est un spectacle à plusieurs voix où nos colères et nos incompréhensions sonnent, où nos peines résonnent, où la poésie et la musique se mêlent et nous lavent, nous enlacent et nous livrent une lueur d’espoir et de Beauté. Les comédiennes Coline Marescaux et Céline Hilbich portent une furieuse envie de refuser les limites absurdes, ses frontières qui nous séparent et nous éloignent de l’autre. Accompagnées du multi-instrumentiste Dorian Baste, elles vous invitent à un concert poétique à la frontière du théâtre inspiré du recueil de Siméon.

"Parce que justement ça sert à ça la poésie, à mettre les pieds du poème dans le plat de l’existence." J-P. Siméon

8 janvier 2017

[News] News du dimanche

Voici les premiers Libr-événements de l’année : Laurent Grisel et Sébastien Rongier, Marie de Quatrebarbes et Superbravo à la Maison de la poésie Paris ; Corinne Lovera Vitali, Bruno Fern, Ian Monk et Eric Simon à Marseille ; lancement de la revue Spartakus à Paris…

 

â–º Vendredi 13 janvier 2017 à 20H, Maison de la poésie Paris : Écrire un poème, un roman, un essai…
Avec Sébastien Rongier & Laurent Grisel
Rencontre animée par Dominique Dussidour

Climats de Laurent Grisel est un poème long sur les équilibres et les beautés de la Terre où nous vivons et les désordres résultant d’activités humaines incontrôlées. 78 de Sébastien Rongier est un roman sur la perception qu’a un enfant, en 1978, du monde qui l’entoure dans la brasserie où il attend le retour de son père. Tous deux ont également publié des essais : Laurent Grisel le deuxième tome du Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après, Sébastien Rongier Théorie des fantômes.
Lors de cette rencontre, ils raconteront quelles expériences de la littérature, quel travail de la pensée, de l’imagination, de l’invention ils ont mis en œuvre pour écrire.

Soirée proposée par remue.net

À lire – Sébastien Rongier, 78, Fayard, 2015.
Laurent Grisel, Climats, publie.net, 2015.

 

â–º Dimanche 15 janvier, de 17H à 18H30, Maison de la poésie Paris.

La Fabrique invite un poète et un chanteur qui ne se connaissent pas. Ils doivent partager un moment scénique d’une heure au cours duquel ils inventent une forme de rencontre artistique autour de ce qu’ils ont, ou non, en commun, en plus de la voix et des mots.
Marie de Quatrebarbes est auteure, fondatrice de revues et éditrice. Sa poésie ultrasensible, “perchée”, révèle l’étrangeté du quotidien dans une langue organique, délurée et ardente.
Superbravo est un trio, composé d’Armelle Pioline (ex Holden), Julie Gasnier et Michel Peteau. Au carrefour de la pop, du rock et de l’électro, leur musique se nourrit du texte et de voix cristallines.
tarif : 10 € / adhérent : 5 €

â–º Présentation des livres numériques des éditions Contre-mur et lectures de :
Corinne Lovera Vitali
Bruno Fern
Ian Monk
Éric Simon

au FRAC PACA
samedi 21 janvier à 17h

Vous pourrez, lors de cette présentation, manipuler ces livres sur des tablettes mises à votre disposition. Mais également rencontrer les auteurs qui en parleront et donneront des lectures d’extraits de leurs publications chez Contre-mur.
FRAC PACA
20, boulevard de Dunkerque
13002 Marseille
Métro et Tramway : arrêt Joliette
Bus lignes 35, 49 et 82 : arrêt Joliette
Accès : autoroute A55

â–º

20 novembre 2016

[News] News du dimanche

Plus que jamais, Libr-critique joue l’ouvert contre la fermeture raciste/identitariste/isolationniste/nationaliste/machiste… Ouvrons-nous, avec ces Libr-événements : AC Hello et COUAC à Montreuil ; Thomas Déjeammes à Bordeaux ; Christophe Manon à la Maison de la poésie Paris ; Déjeammes et Lespinasse + soirée Publie.net à Paris ; Quintane à Marseille…

â–º Mercredi 23 novembre 2016, 20H30-23H30, Instants chavirés (7, rue Richard Lenoir 93100 Montreuil) :

AC HELLO
COUAC – no[nous]us
tarif :
8€ tarif unique
– – – –

AC HELLO
Accompagnée ce soir par Jac Berrocal, Jean-Noël Cognard, Guillaume Loizillon, Patrick et Thierry Müller, Quentin Rollet, Laurent Saïet.
A.C. Hello est une poète sonore, écrivain et artiste française. Elle pratique la performance et/ou la lecture sur scène. Crée des situations. Dessine, peint et écrit.
Nombreuses publications en revues et fanzines (papier ou internet, dont Overwriting, Chimères, Armée noire, Pli, La Vie Manifeste, Bruit…). Expose également. Un passage (rapide mais efficace) dans le collectif L’Armée noire. Son écriture poétique se développe en collaboration avec des musiciens de scènes différentes : elle travaille avec Patrick Müller, Guillaume Loizillon, Laurent Saïet, Lambert Castellani, Gautier Loizeau, Aurélien Paul, Black Sifichi… Un premier CD sort en 2014, accompagnant son livre Paradis remis à neuf. Un deuxième verra le jour sur trAce label en 2017. Elle crée la revue Frappa en 2014, revue multimédia visible sur le net, et dont le 1er numéro sur papier est sorti en septembre 2016.
Publications :
Paradis remis à neuf (Livre + CD, éditions Fissiles, 2014)
Naissance de la gueule (Al Dante, 2015)



COUAC – no[nous]us
Heddy Boubaker : basse / Sébastien Lespinasse : Poésie pneumatique

Duo vibratif & performatoire : Sébastien Lespinasse défait les identités, marche sur la crise, bruisse le quotidien à pleine bouche, improvise des noms d’oiseaux au bout de la langue, pendant que Heddy Boubaker maltraite sa basse électrogène avec amour et philosophie.
Né en 1963, Heddy Boubaker a commencé par jouer du rock à la guitare électrique, puis est progressivement passé au saxophone et à la basse électrique, son instrument actuel. L’essentiel de son activité musicale est centrée sur la pratique improvisée de la musique, la recherche sonore et l’élargissement des possibilités vibratoires de son instrument. Son travail se nourrit de très nombreuses rencontres avec d’autres musiciens, des poètes, des acteurs et des danseurs venant d’horizons variés.
Poète pneumatique, Sébastien Lespinasse, vit, dort, rêve et travaille autour, tout autour de Montreuil, cherche un peu d’air & d’errance dans les mots, des manières de respirer ensemble, tisse des textes suffisamment troués pour s’en évader, rapproche des mises à distance, voudrait toucher avec la langue. Nombreuses perfs et rencontres dans tous les sens, quelques publications.
CD à paraitre sur trAce label.

 

â–º Jeudi 24 novembre, 18H-19H, Bibliothèque de Bordeaux : la rencontre avec Thomas Déjeammes sera l’occasion d’échanger sur les images de l’exposition, son travail photographique et la photo en général.

Jusqu’au 1er décembre prochain, la Bibliothèque de Bordeaux accueille l’exposition photo « Lumière-oubli-mouvement » de Thomas Déjeammes.
Une série débutée en 2005, résultat de déambulations entre Bordeaux, Bilbao, Bruxelles, Liège, Paris… où résonne le poème de Mihaly Babits « pays noir » (Fekete Orszag en hongrois) : «[…] l’ossature de la terre est noire à l’intérieur, ce n’est pas la lumière qui peint la couleur noire, non, noire est l’âme cachée de la matière […] ».

 

â–º Jeudi 24, 20H-22H, Maison de la poésie Paris :

Lecture musicale

Christophe Manon sonde à voix basse la fin des utopies, la fraternité, le désir. Sa poésie, expérimentale et populaire, pensante et charnelle, est un stéthoscope, un flacon d’alcool et un chant. Eloïse Decazes et Sing Sing forment le duo Arlt et chantent à voix siamoises d’étranges ritournelles à propos de la chute, du trouble, des météos déréglées. Tous trois partagent un goût pour la grâce fragile et capricieuse, un sens de la joie tragique, une espèce de lyrisme sec, aussi. Ensemble, au fil patient de lectures, de chansons, d’échanges, ils confronteront leurs poétiques, écouteront la voix des morts, en espérant quelques épiphanies.

tarif : 10 € / adhérent : 5 €

 

â–º Vendredi 25 novembre à 18h30 à la librairie/galerie le Monte en l’air https://montenlair.wordpress.com/ (Paris 20e) lectures et performances de deux poètes sonores Thomas Déjeammes et Sébastien Lespinasse

Thomas Déjeammes lira son livre/partition "et faire à partir de l’explosion" récemment publié aux éditions Plaine page (http://www.plainepage.com/) et Sébastien Lespinasse lira quelques poèmes sonores extraits des disques Pneuma-R et Couac chez Trace Label ( http://tracelab.com/ ) ainsi que des extraits de l’Esthétique de la noyade, livre à venir aux éditions Plaine Page.

 

â–º Mardi 29 novembre : soirée de lectures et de découvertes organisée par Publie.net. Au programme : écritures fortes, état du monde présent, poésie contemporaine, le tout sous le signe du voyage et de l’éclatement des frontières (toutes les frontières).

AVEC

Laurent Grisel pour son "Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après" (le volume deux est à paraître pour la fin du mois)
Anne Savelli, qui lira des passages de Ce qu’il faut de Corinne Lovera Vitali
Florence Jou pour une lecture multimédia de "Kalces"
& Guillaume Vissac, qui lira des extraits du "Big Bang City" de Mahigan Lepage

Où ?

Le 100 ECS
100, rue de Charenton
75012 Paris

Métro : Gare de Lyon ou Ledru-Rollin
RER : Gare de Lyon – Bus : 57 et 29
Vélib : Hector Malot n°12008 –
Charenton n°12101
Rez-de-chaussée accessible
aux personnes handicapées

Entrée libre et gratuite

(La photo de couverture est de Margaux Meurisse, tirée de "Kalces")

 

â–º Mardi 29 novembre à 20H, vivez le Grand Soir avec Mathieu Larnaudie à l’abbaye d’Ardenne (Calvados) : pour en savoir plus. Rencontre animée par Yoann Thommerel.

â–º Jeudi 1er décembre à 18h30 à la Friche Belle de Mai dans le cadre de Faits divers

Rencontre critique #3 : Nathalie QUINTANE

Astérides, Alphabetville et la librairie la Salle des machines

 

« Et si les classes moyennes étaient le seul véritable ennemi de la démocratie ?… »

 

Présentation et entretien à propos de Que faire des classes moyennes ? sur le site des éditions P.O.L : http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-4100-0

 

Des livres en forme de question, des questions sous forme de critique, et pas seulement littéraire. Que peut la littérature ? en serait d’ailleurs peut-être l’une d’elle. Ou encore : en quoi la poésie est-elle politique ? Ou : de quoi la poésie est-elle le nom ?

Et encore : que faire, comment (se) manifester ?

Cette nouvelle rencontre critique sera en présence, et absence, des vivants et des fantômes qui peuplent la vie et l’œuvre de Nathalie Quintane.

Pour tenter de répondre à ces questions.

Et que la lutte continue.

 

 

Discutants : Abraham Poincheval, artiste (sous réserve), Noël Ravaud, artiste, Colette Tron, auteur et critique.

 

Entrée libre

Adresse : Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin 13003 Marseille 04 95 04 95 95

 

30 octobre 2016

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’octobre, tout d’abord, notre Libr-agenda (Philippe Boisnard et Jean-Michel Espitallier), puis nos Libr-événements : RV avec AnnaO / Jacques Jouet & Mia You (Ivy writers) à Paris, à la fondation Vasarely d’Aix pour de drôles de drones… On terminera par un aperçu de ce qui vous attend sur LC en cette riche fin d’année…

Libr-agenda

â–º Philippe BOISNARD :

_ 2 novembre : performance de poésie numérique à l’école des Beaux arts de Montpellier : nouveau projet solo : poetry grows (ENSBAMA).
_ 3 novembre : conférence Université de Montpellier dans le cadre des Rencontres sur la poésie numérique : 4ème manifeste de la PAN (Poésie Action Numérique).
_ 9 novembre : vernissage du nouveau phAUTOmaton @ L’Espace Mendes France (Lieu Multiple) de Poitiers et l’EESI. (nouveau dispositif), en partenariat avec le festival acces)s(#16.
_ 14 novembre : vernissage de Paysage de la Catastrophe (After Fukushima) (création avec Jacques Urbanska et Philippe Franck) @ Ars Numérica (Bruxelles-Belgique)

â–º Jean-Michel ESPITALLIER :

•• 3 novembre (Festival Ritournelles, Bordeaux)
• 14h30. Archives Bordeaux Métropole. Table ronde « archives et création », avec Emmanuelle Pagano, Emmanuelle Pireyre, Philippe Artières, Didier Arnaudet, François Bon, Jean-Michel Espitallier.
• 20h30. Oara Scène Aquitaine. Création de « France romans » (Argol Éditions) par Cécile Delacherie (jeu, voix), Sébastien Sampietro (jeu, voix) et Franck Tallon (création image et son).
•• 4 novembre, 19h. CIPM, Marseille. Rencontre et lecture autour de Tanger (avec Eric Audinet et Pierre Parlant).
•• 8-10 novembre, Mac/Val, Vitry/Seine. Résidence de création, projet Has Been, avec Valeria Giuga et Roméo Agid (compagnie Labkine). Autour de l’expo de Jean-Luc Verna.
•• 17 novembre 14h. « Sur la poésie action ». Début d’un séminaire-atelier au lycée autogéré de Paris.
•• 27 novembre, Neuchâtel (CH), fondation Durenmatt. Rencontre et discussion autour de l’exposition de Jean-christophe Norman.

Libr-événements

â–º Le lundi 7 novembre 2016 à 18H, La Passerelle.2 vous invite à venir célébrer l’accrochage de l’œuvre peint « She was a Princess »*, qui sera accompagné d’un concert live de L’IMPOSSIBLE (guest : AnnaO)
+ ambiance musicale et tubes fluorescents – Eric Michel.

* Anne-Olivia Belzidsky, « She was a Princess », Peinture sur toile 160cm / 160cm – encre de chine, céramique à froid, feuille d’or et d’argent au bord du visible,
rose fluo, pigment pur en poudre – bleu de cobalt véritable, technique mixte
+ présentation de 4 bébés-toiles 9,5×15, technique mixte


She was a Princess / Painting remix
La Passerelle.2
52 rue Popincourt
75011 Paris

â–º Du 11 au 13 novembre, à la fondation VASARELY d’Aix-en-Provence : Drones – Images à risques ?
Coproduit par Colette Tron : http://www.alphabetville.org/, Benoît Labourdette: http://www.benoitlabourdette.com/, et l’office http://loffice.coop/

Les drones, machines de "vision embarquée", sont en train de se répandre de façon massive et modifient insidieusement nos représentations du monde.
Pour essayer de comprendre ensemble de quoi ils sont faits, voici des « rencontres apprenantes » sous forme d’ateliers, échanges, pratiques, questions et théories. Jeu de guerre ? Pilote automatique ? Réalité virtuelle ?
Les 11, 12 et 13 novembre, seront expérimentés les enjeux des ces machines-images, avec pour objectif la production de formes conceptuelles et pratiques pour en faire usage dans nos quotidiens, nos activités, nos métiers.
Un programme ouvert sous l’angle de la déconstruction, dans tous les sens du terme, afin de dépasser les idées reçues et comprendre ces fonctionnements algorithmiques : décortiquer, manipuler, raconter, monter et démonter réellement un drone, le désautomatiser, l’écouter… partager des points de vue et des images du et sur le monde.
Pour participer, ces rencontres sont à prix libre et conscient. Pré-inscription à youpi@loffice.coop.
Pour l’office cette "rencontre apprenante" est la première forme publique de "l’école flottante".
————————–————————–————————–—–

Qu’est-ce que cette école flottante ? Un projet de l’office, né du besoin de résister à l’accélération, et en même temps, du désir de vivre intensément avec nos contemporains. Nous imaginons cette école comme une bulle, une parenthèse, un milieu propice à apprendre, à se construire un regard critique. Comment faire partie de ce monde liquide ? Être capable de surfer sur la vague avec élégance, de s’organiser collectivement pour hisser la voile ou bien de regarder la mer s’agiter de loin, bien ancrés à l’intérieur de nous-même ? C’est une question d’agilité…
L’école flottante de l’office est un dispositif ouvert auquel tous sont invités à contribuer. Toute les prochaines saisons sont encore à construire et un petit document d’invitation est en cours de rédaction.

â–º Mardi 15 novembre 2016 à 19h30, Ivy Writers vous invite à une soirée de lectures bilingues avec les Poètes :
JACQUES JOUET (France)
et MIA YOU (USA)

15th Nov from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poet Jacques Jouet alongside American poet Mia You—let us know you are coming!

MARDI le 15 novembre 2016 à 19h30
Au bar / 1er étage : Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

Bientôt sur LC…

L’inventive biofiction de Véronique Bergen (Janis Joplin), la poésie utopographique de Christophe Manon (Vers le nord du futur), le combatif Film des visages signé Frank Smith, le symptomatique ready-made de Emmanuel Adely (Je paie), la bouleversante autopoéfiction de Corinne Lovera Vitali (Ce qu’il faut)… Blaine, Ernaux, Lucot, Mézenc, Pozner…

28 septembre 2016

[Création] Corinne Lovera Vitali, Mon clavier

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 19:53

Henri Michaux avait son "grand violon", Corinne Lovera Vitali a son clavier – sans en faire un manifeste poétique. De quoi s’agit-il alors ? De faire jouer pour nous le clavier de son imaginoir, de faire vibrer ses/nos cordes sensibles… Au commencement, une valise pleine de notes devenues illisibles – et donc poétiques… Et une série : "C’est la valise". /Fabrice Thumerel/

C’est avec un grand plaisir que nous entamons ce nouveau dialogue avec Corinne Lovera Vitali : voir l’épisode #1 de la série "C’est la valise", "Mon clavier".

6 juillet 2016

[Double lecture] Corinne Lovera Vitali ou l’écriture du non-peau (à propos de 78 moins 39), par Fabrice Thumerel et Jean-Paul Gavard-Perret

Corinne Lovera Vitali, 78 moins 39, Louise Bottu, mai 2016, 50 pages, 7 €, ISBN : 979-10-92723-13-7.

 

Parmi les possibles que semble annoncer le titre figure le texte à contraintes. Mais d’emblée l’énigme est résolue : "Admettons, je suis à l’école à deux ans, et admettons que ça ait commencé là, à l’école, quarante et un moins deux, trente-neuf ans que je souhaite sa fête à mon père, pas la saint Joseph la fête des pères, la fête de mon père trente-neuf fois et lui, soixante-dix-huit moins trente-neuf égalent trente-neuf"… Reste qu’il s’agit de 39 fragments adressés à Toni Lovera. Trente-neuf concrétions sensitives, trente-neuf précipités affectifs : sensations, émotions, chansons, films, souvenirs d’enfance… Avec aussi un accès de lyrisme amoureux : "Si tu n’es pas le vent puissant, si tu n’es pas le chardon piquant, si tu n’es pas épi si tu n’es pas pluie, si tes mains ne sont pas cailloux douces, si tes yeux n’ont pas peur d’écureuil si ta bouche n’a pas hésitation de bec si ton sourire ne montre pas les crocs de chien errant, il n’y a que, sous ma jupe, solitude liberté"…

Cette poésie du moi-peau fait parfois hoqueter l’écriture. Une écriture du non-peau également : "je sais, je sais que non n’est pas un nom mais c’est un nom pour moi, c’est le nom de mes frontières le nom de ma peau c’est ma deuxième peau"… Dire non, c’est se définir, c’est se faire un nom. /Fabrice Thumerel/

♦♦♦♦♦

Pour Corinne Lovera Vitali, il s’agit moins de réenchanter la solitude que de partager ce qui n’a pu jusque là sortir de son plein de choses pour effacer les cases de la marelle au moment où personne ne pousse le palet et quand la craie semble usée. Le livre s’écrit pour ça, dans les guillemets du non ou du mal dit.

Dans ce livre de l’écart, cela passe par le « toi » du père qui laissa sa fille la solitude en bandoulière. Ce qui n’empêche pas l’amour. Bien au contraire. L’objectif est donc d’entendre cette voix paternelle avant qu’elle ne se perde – et qu’importe si le « compte » entre le père et la fille n’est pas le même, n’est pas le bon.

Il ne s’agit pas de devenir transparent comme une vitre mais d’oser changer de génération et ne plus devoir produire un extrait de naissance. C’est pour cela que Corinne Lovera Vitali écrit. Et de compter, même si – avec le temps – « il est plus probable que l’un d’entre nous continuera de compter seul les années sans l’autre ».

Dès lors, en dépit des apparences, le temps ne compte plus. Il est en vacances comme lors de l’enfance, mais il est aussi en vacance d’enfance car, malgré tout, le temps est passé. Ce qui n’empêche pas son retour au moment où la poétesse regardait les « merveilleux nuages » chers à Baudelaire. Ils ont valeur de temps non pulsé, ils font le présent éternel – du moins provisoirement. Mais face à cette éternité la poétesse se voulut « rocher », mais en rien femme de pierre.

Certes, tout est dur en elle comme le temps qui dure. Il fait la langue non d’abstraction mais de matière. Elle, évolue, glisse… Demeurent des sensations essentielles et fortes. Parfois au goût de tartines de beurre et de poudre épaisse de Banania. Pour revenir à la gorge, à la voix. Elle transpire celle du père soudain couronné «  d’un régiment de bananes sur sa tête d’âme ». C’est de celle-ci que Lovera Vitali doit sa voix, la retrouve, comprend ce qui s’y articule. /Jean-Paul Gavard-Perret/

7 janvier 2016

[Texte] Corinne Lovera Vitali, R&N

Contre ce que Christian Prigent appelle le" Français Médiatique Primaire (FMP)", le Flux Poétique Répétitif Télescopé de Corinne Lovera Vitali, dont on visitera le site… [Dernière création sur LC : "Monsieur Rabbit"]

 

je suis passée à la boutique de sa mère il faisait ses devoirs dans l’arrière-salle combien ça fait XIV c’était Louis on a écrit en chiffres romains le nom des Louis et des siècles et mes initiales aussi et d’autres trucs de ce truc de berger qui se lit de gauche à droite avec dessous la traduction en chiffres arabes à 17 heures pour dépanner ma copine sa mère je l’ai emmené au gymnase où il s’entraîne au basket je lui ai dit que ma mère avait été internationale de basket il a eu le même air que pour les chiffres arabes il me regardait loin dedans en souriant comme si je lui racontais des craques mais il savait que c’était vrai il est beau ce garçon il parle d’une voix toujours un peu trop forte il a 10 ans il s’appelle Tahar il a de l’asthme il vit dans cette petite ville pourrie que Stendhal a pris comme modèle pour le Rouge et le Noir ce que j’ai appris récemment et j’ai voulu lire le Rouge et le Noir des œuvres complètes de HB que mon père avait achetées pour quand il serait à la retraite ce qu’il n’a jamais eu le loisir de faire mais ça m’a perturbée de savoir ça parce que je vis à 7 kilomètres de cette petite ville pourrie enfoncée dans une vallée sombre et humide où il y a un château du siècle XVII avec un parc de 100 hectares et appuyé contre un quartier ramassé tout préparé pour les incendies qu’on appelle le château de Paille c’est là qu’a grandi mon père et que vivent maintenant ma copine et son garçon et je ne peux pas y placer Julien Sorel et tout le bordel du R&N je n’arrive pas à aligner toutes ces couches dont certaines sont aussi les miennes je n’arrive plus à tout faire coïncider je me sens fragilisée Tahar m’a filé son rhume il parlait trop fort en postillonnant avec cette espèce de révolte exaltée qu’on a quand on a une petite fièvre on a un culot spécial il est possible que les fous de pouvoir aient tous une température au-dessus de la normale Tahar ne voulait pas rater l’entraînement malgré l’asthme la fièvre les ténèbres on devait encore réviser sa dictée préparée où il est question de clients impatients de vendeurs qui offrent du chocolat chaud et de jolis décors de Noël il ne faut pas dire du mal des enseignants mais je me demande s’ils vivent sur place et s’ils ont lu Stendhal Tahar a un sourire renversant il adore l’histoire de l’accent circonflexe relique du s de l’ancien français il adore chercher le féminin pour savoir s’il faut un d à grand ou un t à puissant il porte un bonnet rouge où est inscrit en lettres noires WTF je lui demande s’il sait ce que ça veut dire on dirait que je ne peux pas m’arrêter de harceler ce gamin on se fait mutuellement monter la fièvre il court rejoindre ses potes dans le gymnase illuminé en se retournant toutes les deux secondes pour me saluer de la main que surtout je ne l’accompagne pas jusqu’à la porte je lui rends autant de fois son salut je pense à ma mère qui a joué en lever de rideau des Harlem Globetrotters à cette saleté de dictée préparée et à l’autre extrémité des 100 hectares à l’historique château blindé où ils ont placé le musée de la Révolution Tahar m’a dit que son truc c’est l’aventure quand on parlait de littérature il a de la chance d’avoir trouvé son truc moi j’en suis loin

 

3 octobre 2015

[Livres] Libr-5

Indépendamment de la foire-aux-prix dits littéraires, voici un premier Libr-5 de reprise : C. Manon, Extrêmes et lumineux ; S. Vanderhaeghe, Charøgnards ; E. Levé, Œuvres (rééd.) ; M. Delvigne, La Fille qui… ; C. Lovera Vitali, Absence des cow boys. De quoi enchanter vos soirées d’automne…

 

â–º Christophe Manon, Extrêmes et lumineux, Verdier, été 2015, 192 pages, 13,50 €, ISBN : 978-2-86432-805-6.

Mais bon sang… Mais où… Mais qu’est-ce qu…, etc. Ces interrogations qui constituent un leitmotiv structurent une mémoire personnelle et familiale "fragmentaire ainsi qu’un livre dont des pages entières auraient été inexorablement arrachées ou effacées" (p. 120). Pour le poète dont c’est le premier récit, il ne s’agit donc pas d’"exhumer une hypothétique réalité", mais plutôt de "retracer les contours indistincts d’un passé oublié" (12) : dès le début – qui fait songer à Kafka comme au Nouveau Roman -, il est clair que la quête ne saurait être proustienne ; les anadiploses inter paragraphes font se télescoper êtres et lieux, photos et bribes de souvenir dans toute leur intensité lumineuse, leur puissance d’évocation. Et nous lecteurs d’être plongés avec ravissement dans une galerie des glaces où se réfractent de multiples éléments narratifs mis en valeur par divers jeux typographiques. Une telle poétique ne peut que rappeler celle de Claude Simon.

â–º Stéphane Vanderhaeghe, Charøgnards, Quidam éditeur, été 2015, pages non numérotées, 20 €, ISBN : 978-2-915018-85-1.

 "Depuis quand sommes-nous entrés sans retour dans l’ère de l’universelle charogne ?" Avec ce "o barré" en plein milieu du mot – de quoi nous laisser bouches bées -, qui sont ces charognards ? Les signes ou les agents de la catastrophe ? Une "espèce poétique" ? La "métaphore d’une menace sourde et impalpable" ? Les symptômes de la folie ? Les reflets d’un diariste parasite et voyeur ?…

Dans ce premier roman qui se situe explicitement en droite ligne des faux journaux intimes ressortissant à un fantastique philosophique (Gogol, Maupassant, Sartre) et joue avec la référence cinématographique par excellence que constitue le film d’Hitchkock Les Oiseaux, nous assistons à la charognardisation des repères spatio-temporels comme du langage même. De quoi nous laisser bouches bées !

 

â–º Edouard Levé, Œuvres, P.O.L, 2002 ; rééd. "#formatpoche", septembre 2015, 224 pages, 9,50 €, ISBN : 978-2-8180-2169-9.

Voici un projet qui s’inscrit dans le prolongement des réflexions d’un Valery par exemple. C’est une série insolite de 533 projets d’œuvres paradoxaux / originaux dont certains vont jusqu’à se présenter comme des canulars. Et c’est un événement que la réédition de cette somme spéculaire, véritable panorama des pratiques artistiques contemporaines : séries, inventaires, expérimentations divers… et même panoramas de panoramas ! Un exemple : "107. Une personne tente de dire deux textes différents en même temps. L’un par la parole, l’autre par la langue des sourds. Vidéo" (p. 63).

 

â–º Marie Delvigne, La Fille qui…, Les Comtemporains favoris, été 2015, 38 pages, 10 €, ISBN : 978-2-909140-26-1.

La fille qui danse / cherche son os à ronger écrit comme un lombric, animal fouisseur qui mélange les couches de la langue…
La fille qui s’enfouit dans une écriture modulaire – déliée, ritournellisée…

 

â–º Corinne Lovera Vitali, Absence des cowboys, dessins de Stéphane Korvin, Ripopée, septembre 2015.

Tentez l’expérience farwestatique : dynamitez votre quotidien et libérez les chevaux… Avec ce type de plaquette dont le texte et les dessins proviennent de / renvoient à l’enfance, assurément "le poète est celui-là qui pour nous rompt l’accoutumance" (Cocteau).

3 septembre 2015

[Texte] Corinne Lovera Vitali, Monsieur Rabbit

Après "La ruse des lièvres" et "Hase" – et plusieurs autres agencements répétitifs/Objets Poétiques en Français Fautif (OPFF) -, voici une nouvelle pièce au dossier : "Monsieur Rabbit"… (site de l’auteure)

 

telle est ma vue qu’il m’arrive de regarder un épisode de Utopia S01 en croyant que la solution se trouve dans un épisode de True Detective S02 car le signe chinois pour dire lapin prétendument scarifié sur le ventre de Monsieur Rabbit a certainement dû être effacé par le psychiatre chirurgien esthétique qui semble lui-même se trouver à Albuquerque dans n’importe quelle S de Breaking Bad cela me fait souci tout le temps de l’épisode telle est ma vie qu’il m’arrive souvent d’aller au lit au moment précis où le petit train du sommeil est parti loin faire son tchou qui berce et de même pour l’appétit qui me vient fortement à la fin des repas au moment de faire la vaisselle ou du travail qui se fait au moment qu’il décide de faire autre chose puis il arrive qu’on me sollicite pour des revues de poésie je me casse la tête telle est ma tête cassée qu’il m’arrive de ne pouvoir penser qu’à écrire à propos du signe chinois pour dire lapin et du sommeil et de l’appétit qui ont disparu comme Monsieur Rabbit et sont tout aussi mystérieux que la vue la vie ma tête et les revues de poésie aussi telle est ma crainte qu’il m’arrive de solliciter moi-même les revues de poésie parce qu’il m’arrive de vouloir que ces mystères de Monsieur Rabbit et compagnie aient une place même toute petite dans l’armée libre et cependant en rang de la typographie et que tout noircis par l’effet d’un mode spécial de condensation ils disent encore fumants un morceau d’exténuation si grande est ma crainte qu’il m’arrive de supplier les revues de poésie en leur écrivant Mesdames auriez-vous l’amabilité d’aligner Monsieur Rabbit et consorts de façon que alignés ailleurs que chez moi je les voie qui disent ce que je dis et me regardent en le disant

7 août 2015

[Livres – news] Libr-vacance (2)

Après une Spéciale Libr-vacance, notre Libr-sélection (Bergen, Verheggen, G. Mar, Guesdon, Parlant, Gare Maritime 2015)… De quoi attendre fin août la reprise de Libr-critique. (Vous pouvez également remonter les pages LC et vous servir du moteur de recherche en haut à droite : vous attendent près de 2000 posts !).

 

Spéciale Libr-vacance

â–º Marie-Christine Masset (poète, membre du conseil de rédaction de la revue Phoenix cahiers littéraires internationaux ; collaboratrice de Libr-critique) :

♦ Du 2 au 5 juillet a participé à la deuxième édition du Festival C’Mouvoir dans le Cantal. A découvert avec bonheur le poète Antoine Mouton et écouté Raphaël Monticelli. Est en train de travailler à la traduction d’un recueil de poésie aborigène.

Lectures Libr-juillet :
Osiris 80, Contemporary Poetry/ Poésie Contemporaine (106 Meadow Lane Greenfield Massachusetts 01301 USA)
Estuaire, numéro 161 (Outremont Québec)
Contre-Allées, 35/36
Les Cahiers du Sens, n°25 : Le Feu
Ce qui est écrit change à chaque instant, anthologie quarante ans de poésie, Le Castor Astral
Elise Turcotte, Dark Menagerie, Guernica Editions
Tim Winton, Eyrie
Antoine Mouton : Les Chevals morts, Les Effarées
Raphaël Monticelli : Les mers intérieures, Motus

Relectures prévues :
William Faulkner, Lumière d’Août, Folio
Angèle Paoli : Les Feuillets de la Minotaure, Editions de Corlevour/Revue Terres de Femmes
Tim Winton : Cloudstreet, Pinguin Books

â–º Corinne Lovera Vitali, poète qui participe ponctuellement à LC (prochaine contribution : "Monsieur Rabbit"), va publier à la rentrée : Absence des cowboys, dessins de Stéphane Korvin, Ripopée ; "Apnée" aux éditions Contre-Mur.

 

Libr-sélection /FT/

â–º Véronique BERGEN, Le Cri de la poupée, Al dante, Marseille, été 2015, 248 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-742-9.

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash de 2013 consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971) – l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque" – et la biofiction portant justement sur MM (Marylin. Naissance, année zéro, 2014), toutes deux parues chez Al dante, voici une tout aussi sidérante anti-narration, au centre de laquelle gît la femme-marionnette Unica Zürn, artiste et écrivaine allemande (1916-1970) qui s’est défenestrée après un destin tragique fait de "résidus de fragmentations atomiques".

Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre" (Edie). C’est ici à travers le regard d’entomologiste de sa rivale Christa (anagramme de "Trichas"), qui fut également la maîtresse de Hans Bellmer, que, à coups de mots-torpilles et de bégaiements syntaxiques – caractéristiques de l’écriture-crachat -, prennent vie les schizogrammes de celle qui n’a pu "ni vivre ni mourir sans bourreau".

Après ce troisième volume de la série, nul doute que Véronique Bergen fait déjà partie des voix actuelles les plus singulières.

 

â–º Jean-Pierre VERHEGGEN, Ça n’langage que moi, Gallimard, printemps 2015, 128 pages, 13,90 €, ISBN : 978-2-07-014924-7.

De quoi ci-gît-il ?
En retraite, ce docteur horroris causa du langagement envisage avec "humort" ses activités de septuagénaire, avec "conjugaison gaga" et craductions latines à la Prigent, et même sa façon de quitter cette terre complètement "calembourré" pour mériter un "monument funérire"… Ce qui ne l’empêche pas de s’en prendre avec verve aux snobinards, aux ultra-contemporains, à "Madame Supermarché", ou encore aux technophiles – "télédéchargeurs précoces"… C’est dire que, pour notre plus grand plaisir, nous assistons une fois de plus à un carnaval des mots (mots-valises, calembours et à-peu-près, etc.).

 

â–º G. MAR, Nocturama, textes-rêves & hypnagogies, Toulouse, Le Grand Os, coll. "poc !", hiver 2014-2015, 96 pages, 12 €, ISBN : 978-2-912528-21-6.

Les meilleurs passages de ce livre qu’il faut absolument découvrir ne résident pas tant dans l’inventivité surréaliste que dans les jeux avec le temps et les codes : l’agencement répétitif va jusqu’à alterner réel et virtuel, la narration étant informée par le jeu électronique. Entre deux mondes, les lecteurs ébahis peuvent contempler leur devenir, le parcage de l’humanité : "Le parc a pour objectif de préserver cette forme ancienne de l’humanité et l’offrir en spectacle à nos contemporains afin d’en entretenir la mémoire vivante […] le Monde Nouveau est là qui nous attend avec ses promesses d’harmonie sociale […] une forme très futuriste (postmoderne) de zoo humain…" (p. 25-26).

 

â–º Maël GUESDON, Voire, Corti, hiver 2014-2015, 88 pages, 14 €, ISBN : 978-2-7143-1143-6.

Pour Maël Guesdon, jeune poète de 28 ans, la poésie n’est ni dans le voir, ni dans le savoir, mais dans l’insu, le voire. À même les choses. Et même sans figures – littérale. "Soumise aux choses inanimées", elle "défait le lien de vivre et raconter". D’où sa poétique : "coupes où le flux n’a pas de reprise". Le texte présente ici un type d’illisibilité particulier lié à l’indétermination pronominale et énonciative, aux apocopes et juxtapositions syntaxiques…

 

â–º Pierre PARLANT, Exposer l’inobservable, Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", hiver 2014-15, 32 pages, 4 €, ISBN : 978-2-916252-46-9.

Examinant le travail du "bricoleur-artiste-photographe" Denis Bernard, Pierre Parlant est frappé par sa façon paradoxale d’"exposer l’inobservable" : ses recherches expérimentales visent à rien moins qu’à montrer l’au-delà du voir, ce qui échappe à l’œil en tant qu’organe, mais non en tant qu’éclaireur de l’imagination. Car "l’œil, sitôt ouvert, est un faiseur d’intrigue."

 

â–º Gare maritime, anthologie écrite et sonore de poésie contemporaine, Maison de la poésie de Nantes, été 2015, 108 pages + CD, 17 €.

Liée à la programmation des diverses manifestations que cette institution a organisées en 2014, cette publication nous offre un bon cru 2015 : en plus de lieux poétiques cruciaux (Le Bleu du Ciel, Héros-Limite, Plaine Page, La Barque, la revue Espace(s)), sont présentés par d’autres auteurs – avec extraits textuels et sonores -, entre autres, quelques-unes des voix poétiques actuelles des plus singulières, dont Libr-critique vous entretient régulièrement (Valère Novarina, Patrick Beurard-Valdoye, Claude Favre, Mathias Richard, Philippe Jaffeux, Marie de Quatrebarbes…).

Older Posts »

Powered by WordPress