Libr-critique

25 mars 2021

[Création] Joël Hubaut, Épidémik (28)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 8:52

Pour mai 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-septième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

..… Carbone d’urine se collant à la paroi les membranes déchiquetées par la touffe des tuyaux du projecteur dans la poche cancérigène du stimulateur de réalité filtrée par coïncidence avec le laser romantique instable l’épidémie appliquant la topographie du cinéma à la lettre fond négatif hurlement des morpions torturés dans la touffe vidange grappe déviation flottement des étoiles dans la crème peinture mélangée dans le sang avec les poils de lapin lettres phosphorescentes dans la cervelle avec gélules particules pilules molécules crachant les signaux épidémiques dans la transe des cris animaux du clapier invasion des lapins sauvages révolutionnaires anti-lapins domestiques serviles contaminant aussi les vaches pour traire les déesses avec fromage coulant dans biberons……

Répulsion des lapins stupides domestiques à la moutarde civet étron populo respirant dans les bouteilles avec les tubes de plastique fixés aux tablettes de commandes fixées à l’ordre nouveau militaire morale des lapins/ moutons esclaves volontaires dans le confort du foin gratuit des zones de sécurité du travail garanti avec la soupe dans les taudis de merde avec les bagnoles de merde et la télé de merde et les progénitures de merde pour les allocations de merde avec la retraite de merde et les vacances de merde dans les taupettes de merde de pavillons hideux avec le foot de merde pour une armée de lapins collabos apprivoisés soumis couchés et totalement anti-lapin d’Alice sautillant dans la luzerne imaginaire renouvelée par les rêves et les désirs vigoureux contre-lapins à clapier pour décoller dans les réseaux des machines à rêves anti-peigne-cul……

« Bee-Bee » (série artsecticide épidémik), dessin/collage, 50 cm x 65 cm. Joël Hubaut, 1975.

14 mars 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (27)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:27

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-sizième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. Bactéries broyées dans les couilles du metteur en scène de la vie filmée en permanence dans l’espace invisible greffé aux bobines électriques du tableau de bord fragments collés à la mue du film métamorphose du film précipité avec les déchets contagieux vieillissement des péloches grasses de film dans la matrice cinématographique viscérale astrale tropicale dévorée par les insectes gloutons robotisés grouillement des micros-bestiaux mécaniques sur l’écran pullulement dans le hors champ mixte des films mélangés dans le film invisible mixte…………………………

Abeilles collées comme des actrices de cinéma dans le circuit imprimé pré-digestion des tickets musique broyée concassée avec le hurlement de quelques poètes en combinaison de centrale nucléaire bruit des poèmes projetés à la bombe étranglement du souffle éclaté dans la bouche concentrée par la muselière la langue perforée par les lacets de caoutchouc bouche fourrée de mousse et d’écume les dents fracassées dans l’enclume avec les batteries invasion des microbes dans la sculpture de jambon vaporisation du parfum gazeux liquide avec débris de corps morcelés dans le boîtier électrique comme une panse flottant dans le paradis envahi d’extra-terrestres gris clair luisant avec l’enregistrement des défécations quotidiennes comme opé-rat futur entre diarrhée et constipation piano fortissimo allégro rythmé rigoureusement par une chasse d’eau comme tempo d’évacuation concrète avec le transit émotionnel des flux de la vie comme musique cool de déchet vital qui coule de source …………………………………………………………………….

Expulsant les signaux croix croix croix gonflant le tube imprimé dans la peau arrachant le slip des stars avec le dé-serre-joint enfonçant les triangles dans l’espace visuel avec les cartouches bourrées de fourmis magnétiques téléguidées dans les rainures des ongles les tuyaux s’enfonçant dans la moquette avec les vers grouillants dans l’infinitude la pâte coulant dans les yeux iris noyés dans la buée universelle convulsions des champignons vampires en cercle le cœur crachant du sang vachement vert fluorescent nacré les triangles de la peau se détachant laissant apparaître des boudins d’inox creux reluisants comme des sardines fraîches volantes dans une nappe sonore de Tangerine dream avec l’overdose d’images que tu crois crois crois voir en expulsant les signaux sons…..

(Suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »), Volcanville – Joël Hubaut, 1976

Visuel (EPIDEMIA Radio-Activity ) Central épidémik, Joël Hubaut, 1977.

6 mars 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (26)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 19:30

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-cinquième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. Manger les noyaux du film de la vie suçant les atomes mouillant dans l’anus de l’orbite de tes larmes cinématographiques spectre supérieur dans le musée avec les animaux vivants installés sur les socles comme des sculptures avec la série des mâles et des femelles mélangées sur les grands socles avec les gamelles moulées dans les képis pour faire laper les bêtes sur les socles avec les chaînes et l’abreuvoir programmé dans la centrale téléphonique du zoo de l’art vivant avec le caca dégoulinant autour des socles l’odeur de l’art vivant dans la galerie avec la pisse bestiale exposée dans la lumière rose pour tous les marsupiaux bagués sur les socles pleins de pâtée et de théorie de contamination attaquant les crabes au marteau piqueur avec un sommeil hyper calculé au médoc…………………………………

Émission stimulée par l’invasion des projecteurs planant les barres émises aux niveaux 47 émettant l’information pourrie dans la cuvette avec le dégueulis de vinasse coulant sur l’écran dans la fente explose percute le caisson épidémik augmente l’intensité de chaleur du film spontané avec les bobines embobinées aux neurones contigus bec fouillant le fond de l’orifice branché sur les batteries de tissus réticulé décharge l’écriture vernaculaire sur l’écran avec la lumière calquant les signaux parasites comme une onde dans le rayonnement des mouches pissant avec le jus qui dégouline nouilles holographiques encore molles dans le fond du trou avec les insectes qui avancent dans le tube fluorescent écran détruit par l’explosion du tourbillon invasion des virus violets envahisseurs pellicule infra rouge avec croix cercles flèches carrés gravés sur la monnaie blanchie ……………………………

Les gaz des branchies avec la graisse et la mémoire attaquée par les cellules infectées épidémie des plantes roses du cinéma spécial bouche à bouche par répétition des répétitions des films en temps réel avalant le poisson-chat aspirant la pisse par le trou de bite avalant les algues épidémiques accrochées au drapeau bleu blanc rouge couvert de pustules envahissantes avec les têtards qui jaillissent des camemberts du gouvernement anti-synthétiseur avec les renseignements généraux et les fantômes d’indiens reproduisant la démangeaison sur les étiquettes …………………………… (suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »)

Joël Hubaut, 1976 …..

Amulettes épidémik de protection. Joël Hubaut, 1976

28 février 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (25)

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Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-quatrième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. les bactéries grouillant dans la cave avec la morve du film de réalité comme un jet scriptural projeté dans la moule factice de la factrice qui ne porte jamais de petite culotte et les hélices giclant dans la masse hyper réelle peau écaillée sur-réelle avec les vergetures des lettres fourrées dans la lumière des néons plantés dans le ventre du projecteur les poils électriques claquant le rythme tempo po po po clignotant comme une enseigne dans le ventre du rythme des poils ail ail ail avec la lumière noire de la viande qui se répand han han han dans les flaques des timbres par avion en léchant les enveloppes hop hop hop pour la factrice qui pédale dans la campagne avec le vélo bandant auto-vibreur dans les côtes pour l’écologie de l’amour horripilateur des martiens qui jaillissent des yaourts en pleine nuit illuminée de pores d’où jaillissent les gros vers luisants extensibles ……………………………………………

Des bobines de mots tamponnés reluisant par saccades crachats éparpillés dans poussière de rêve tumeur d’image de neige éblouissante dans le blanc du lait écran vierge sacrifiée sur l’écran souillé écran blanc sur fond d’écran blanc sale convulsion des illusions au travers des lunettes rock n’ roll spirale poupée en cuir avec grosse moto plastique vroum vroum dans l’armoire à glace faux symptôme de liberté artificielle entre les housses en écoutant chanter les hippocampes électriques bande-image crachant sur la pyramide de fiole bourrée de fœtus……………………..

L’uranium qui s’échappe de l’organe la lèvre ouverte queue enflée dans trou trou écarté bave panse sperme radio actif couilles de neurones vésicules fistules tentacules testicules mandibules visuelles désintégrées dans le faisceau avec ton amour dans la répulsion électrique des robots en mutation dans la peinture des actionnistes avec pinceaux de reproduction poils-haschich automatique directement injectés dans les tubes acryliques pour calquer les images décollées dans la masse du réseau des artistes créateurs de cicatrices esthétiques au cutter avec cette image d’anglais descendant du car ferry avec des cheveux-balayette raides comme une torche vive sur le crâne avec épingles nourrices plantées dans la joue et vieille odeur de thé rose amoniaqué du cowboy sale ……………………. (suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »)

Joël Hubaut 1976…..

Visuel = CROIX  de sable avec Colette de Lacroix. Joël Hubaut, 1976.

20 février 2021

[Création] Joël Hubaut, Épidémik (24)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 12:55

Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-troisième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

….. la vision toujours plus enfoncée vers le fond sans fond avec les vibrations de l’écho des images miroitantes hors de l’écran avec le bruit des effets hors-vue claquant les tempes à l’extrémité des tubes d’illusion comme-si les images invisibles étaient plus bruyantes dans la non-visibilité avec le rugissement des stérilets du studio coinçant les vulves d’illusions dans la sous-couche des plans mobiles plongeant dans le champ des caméras vidées dans la gélatine avec les transistors harnachés aux tétons flash-back avalant la bouillie de merde grise mécanique dans le cadrage contre plongée bourré d’épissures et de microscopes parlant le langage des molécules ivres…

Images panoramiques éclatées au-dessus des bidons explosifs plan-séquence épidémique avec la mousse visuelle dans le travelling bobine buccale dégoulinée dans le hasard des séquences-cul pellicule épidémique entre les jambes dans les viscères boulonnées avec les anneaux écartant la chair dans les images écartées rongeant la langue sexe révoltée dans les raccords provocation du metteur en scène dans le ventre de la star révolutionnaire qui se fait enculer par un cheval du parti communiste sur le bureau du ministre attaché culturel se branlant à vif dans un torchon support surface travaillé à la rondelle de concombre tamponnée en monotype bleu espadrille pétanque béret français enregistrement des hurlements de la gonzesse qui se fourre avec le téléphone….. (suite du poème « envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique »)…

Joël Hubaut, 1976

Visuel « Portrait-mutation en lapin » (photo de P. Victor, rehaussée à la gouache par Joël Hubaut)

30 janvier 2021

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (23)

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Pour le printemps 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire/voir le vingt-deuxième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

Avalement de la projection avalant l’air par les poches des hernies blessant la moelle des nuages d’ADN géo-imprimés en aplat cinématographique avec des taches géométriques noires et des contre-reliefs raplatis sur l’écran avalé dans les nuages d’ADN entre les taches noires du cinéma avec l’ombre blouson noir des grilles sous-cutanées tordues comme du Mondrian ramolli par la bio-chaleur des micros entortillant l’écran avec les couleurs méningées des décibels qui explosent débordant des cloisons de l’hypophyse du cadrage du film épidémique orange vert rose doré dans la vitesse supersonique des méthodes de prolifération artificielle de l’or… La peau greffée au ventilo téléguidé attaquant les rebords de l’écran avec le couteau à cran d’arrêt des hommes noirs automatiques qui traversent l’écran avec les super gonzesses pupilles rimmel vulve mouillante épilation absolue grandes lèvres imberbes gros bébé fille chatte géante enfouie entre les cuisses odeur de réséda chewing gum pisse clito jusqu’au bas des jambes translucides avec bottines en skaï rose argenté envahissant les surfaces lisses anémiées du cinéma pour sucer loin comme la crème fraiche de Normandie dans la bouche en inoculant le brouillage avec la musique de Varèse et de Nino Rota dans le four électrique blanc… Le grouillement polluant des signes grafo-cytoplasmiques tatouant les ventricules du cervelet vacillant frottant glissant fracassant la marge pariétale pour se répandre sur les photographies radiographiées en mordant les images / ovaires dans l’épaisseur de la vision radiographique jusqu’à entamer les sous-couches en rognant les strates glissant dans le vide du fond des images au rayon x sans fond à perte de vue dans la non-vue plus lumineuse que la vue-vue ultra violette hors-écran où le renoncement des images induit des images absentes décalottées dans la vision cinématographique plus profonde encore vers le non-fond total absolu de l’espace sans fond à perte de vue de l’imaginaire mycosé sans limite dans les bas fonds du fond sans fond radiographié en copulant dans la vaisselle avec les furoncles qui coulent dans l’embrayage avec les 47 scarabées …………. (suite du poème « Envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique » )…

Joël Hubaut, 1976

« Brindilles épidémik sur neige » : Photo, Jean-Pierre Chambon. /Joël Hubaut, 1976/

    « Brindilles épidémik sur neige » : Photo, Jean-Pierre Chambon. /Joël Hubaut, 1976/

31 décembre 2020

[Création] Joël Hubaut, ÉpidémiK (22)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 16:33

Après avoir franchi le cap de 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le vingt et unième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

… Envahissement des pellicules de réalité dans la brèche souterraine épidémique……………………………..
A travers les lunettes noires qui se déportent vers la lumière future le chaos des images tisse une paupière artificielle transparente qui irise la vue intégralement dans les croisements en glissant entre les faisceaux de la réalité déchiquetée dans l’angoisse des réalités artificiellement hyper réelles et croisées….
L’obscurité crucifiant les images falsifiées dans l’angoisse allume le fond sans fond du monde angoissant d’une lueur parodique merveilleusement enchantée glaçant la monotonie du quotidien dans le noir entre les faisceaux artificiels du cauchemar dans une flaque saignante ignoble puis la pâleur du fond sans fond s’illumine sur un trou mixte béant jaune électrifié avec des vitesses inouïes de super chaos lumineux et joyeux éclatant en lambeaux jaunes dans l’artifice de la lumière réelle arrondie par le miroitement larvaire des os de poussins jaunes nivelés dans la bouillie de nicotine jaunie des pertes blanches des nymphes en chaleur….
Eclatement du rideau du jour et de la nuit sordide morose étouffante convenue en giclant par tous les spots de la pensée frénétiquement récalcitrante et furieuse loin du cloaque terminal noir suicide monotone fade banal amère tiède mou insipide de l’angoisse déportée expulsée de la paupière pour étaler la vue à plat avec les flashs dans l’écho des galaxies gonflées de néons lasers et injectées de rêve de lumière flash éclaboussant les étoiles du crâne allumé avec les bonbons du rire en décollant à fond hors du fond nyctalope………………………………………………………………………..
Vision à fond d’une épidémie broyant la normalité comme une écume polynucléaire du langage contaminé par des virus envahissant le ciel propulsé dans l’abîme avec les becs des voyelles et les griffes de toutes les lettres mutilées concassées recollées découpées recousues ébréchées combinées avec les alvéoles progressives de l’alphabet et les pinces graphiques et les tétines d’enzymes s’enfonçant lentement dans les gouffres pour faire jaillir des mots nouveaux comme des masou toïvôcche pruri claire hràüttùtes bübrhquaê jô bô ùbô näaàcjjeytù dehgà kkevâ bsùût cfjô ahsgè ettërdfs jûfùt avec d’autres mots encore plus recollés comme jegsûe büb bdgaàts hdfj guëerin jkïskà bô ü üzeïnskldsd lé lé suïè zuzôoù siéhïfn bô siéhïfn bô jnvèuû lélédaâ aqskl bô bô iëtttè kxi kxk-kqôpz jà ôoifgs lélé ùxvbcrè jsuûè jjxôîsyàô zyäfm fopo jjàénï ràtjbtùf zbô bôchre àî ght ght équïètt bvdh ôù bcù àjduebdô bnaé jjfureùlfh duènléûgf enbe hùùlf jaos gxx fqsgwwb xhsh ê xxùeô nckdh zôbbb ffsfk aga aga ……….
alors l’épidémie est une guerre de la pensée bio-chimique qu’il faut étendre à l’infini en s’infiltrant atomiquement dans tous les blocs nucléaires de l’ordre établi pour une action vive bariolée imprévisible et épidémique…..

Joël Hubaut 1976 …………………………………

Visuel  « Feux épidémik » ( photos-tranchées épidémik de fioul, dessin crayon sur papier, écriture) : Joël Hubaut, 1976.

24 décembre 2020

[Création] Joël Hubaut, Epidémik (21 : « infiltration d’épidémie », suite et fin)

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Après avoir franchi le cap de 2021, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le vingtième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]


… contre les électrons amoureux-bariolés martyrs dans le remplissage orbital infectieux hyper rock’ n’ roll hyper bariolage couleur d’indiens couleur de fête couleur de désir couleur de vie non-prévisible anti-coco anti droite pourrie défoncé à la guitare électrique avec la bonne herbe rebelle hyper subjective entre les couilles-télévision / messe / loterie nationale et dans la chatte moto-cross pour fumer avec le groin hyper libéré branché à la ligne haute tension directement sur le téléphone international des caméléons contre toute la mafia spectacle-marchandise / patrimoine / nation / territoire fête des mères mono-culture ligne droite obligatoire du théâtre de théâtreux monuments aux morts anti-dérive anti-happening légion d’honneur du foot alors l’épidémie s’étend lentement dans la gangrène télévision post-France occupée sous Vichy avec fric politico-friqué théâtre-verrou d’Avignon de merde et l’épidémie plante ses volutes de résistance dans la rate normale sport marron collabo-populo pour décharger ces cellules vivantes anti-théâtre en libérant la semence folle qui s’égare sans aucune retenue en giclant à travers les clochers-miradors de la connerie insupportable normale télévisuelle théâtreuse scout M.J.C. cultureuse marron de la peinture abstraite marron friquée caricature de créativité et la décharge épidémique bariolée anti-épidémie marron se répand dans les H.L.M. cantine de la pensée marron Léo Lagrange avec l’optimisme et le plaisir de la différence incalculable et imprévisible et dans le bonheur de l’absurde et de la dérive la plus totalement épidémiquement dérivante et contaminante et parodique et incontrôlable et glissante et brouillée et hyper mélangée contre tous les assassins de spontanéité et d’imagination sans cohérence de marché et de rentabilité de fric de télévision politique de peinture convenue de théâtre-verrou insupportable pour un public catéchisme faussement dispo pseudo ouvert mais tellement intolérant marron-verrou dans la cervelle et si anti-contemporain alors l’épidémie est une guerre de la pensée bio-chimique qu’il faut étendre à l’infini en s’infiltrant atomiquement dans tous les blocs nucléaires de l’ordre établi pour une action vive bariolée imprévisible et épidémique…..

Joël Hubaut 1976

Valcanville – Volcanville : visuel  » ARCHEO – EPIDEMIK- BOX  » (co-production Michel Sohier / Joël hubaut, 1976)

22 décembre 2020

[Chronique] Michel Weber, Covid-19(84) – ou la vérité politique du mensonge sanitaire : un fascisme numérique, par Guillaume Basquin

Michel Weber, Covid-19(84) – ou La vérité (politique) du mensonge sanitaire : un fascisme numérique, éditions Chromatika, 230 pages, 20€, ISBN : 978-2-930517-68-1.

 

Peut-être tenons-nous là le premier livre important sur la crise de la Covid-19, qui paralyse à peu près toute vie sociale et culturelle depuis maintenant 9 mois ? Son titre, déjà, est extrêmement bien choisi : Covid-19(84) – ou La vérité (politique) du mensonge sanitaire : un fascisme numérique. Tous les concepts qui permettent désormais de penser cette crise, y sont : 1984, la dystopie politique de Georges Orwell ; le politique ; le mensonge sanitaire ; le fascisme ; le numérique ; la vérité. Mais commençons notre « critique » par une diversion, citons des propos de Gilles Deleuze de 1977 repris dans Deux régimes de fous : « Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […]. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une “paix” non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de micro-fascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma. » Quiconque vit en 2020 ne peut que ressentir dans sa chair la véracité de ces propos du grand philosophe français ; qui n’a pas entendu parler de dénonciations suite à des non-respects de voisinage de telle ou telle règle du confinement ? Qui n’a pas été témoin de scènes d’agressivité entre pro-masques et anti-masques ? Autant de situations où les micro-fascistes ont pu s’exprimer au grand jour – et avec la « meilleure volonté » du monde : protéger la société etc. Michel Weber, professeur de philosophie et thérapeute, commence son ouvrage très fort : « La rapidité avec laquelle les sociétés dites démocratiques sont remodelées à l’occasion de cet événement doit nous inciter à un questionnement politique (radical au sens étymologique, en profondeur donc) » ; ce livre est l’histoire de ce questionnement : comment a-t-on pu basculer si vite dans une restriction sans équivalent connu (en temps de paix) de nos libertés à la fois collectives et individuelles ?

Weber cite plusieurs fois les travaux de Michel Foucault sur le contrôle biopolitique, et il a bien raison ; citons à notre tour un extrait de Surveiller et punir consacré à l’étude de l’usage du dispositif disciplinaire en période de peste, le panoptisme : « Cet espace clos découpé, surveillé en tous ses points, où les individus sont insérés en une place fixe, où les moindres mouvements sont contrôlés, où tous les évènements sont enregistrés, où un travail ininterrompu d’écriture relie le centre et la périphérie, où le pouvoir s’exerce sans partage, selon une figure hiérarchique continue, où chaque individu est constamment repéré, examiné et distribués entre les vivants, les malades et les morts – tout cela constitue un modèle compact du dispositif disciplinaire. » Foucault va jusqu’à parler de « rêve politique de la peste », car jamais en conditions de paix une population ne pourrait accepter des privations de liberté aussi dures et injustifiées quand il ne s’agit justement pas de peste, mais d’un coronavirus de plus (certes virulent, parce que nouveau justement). Il semble évident qu’avec la téléphonie mobile et la 4G, nous approchons des conditions optimales d’un contrôle social total des individus hyper-connectés. Ce qui devait libérer (la mobilité), enchaîne : tout mouvement libre est devenu impossible ; et la surveillance, via les drones et/ou la reconnaissance faciale, s’annonce sophistiquée et totale comme jamais. Big Brother pourra(it) savoir à tout moment où vous êtes, ce que vous faites – et avec qui. Il est donc naturel que Weber ponctue, tout du long, son ouvrage de citations de 1984, toutes plus effrayantes les unes que les autres quand nous réalisons que nous y sommes (presque)… Oui la crise n’est pas que « sanitaire, mais politique », « et aucune des mesures liberticides n’est fondée scientifiquement ». « Le système politique qui se met en place », largement copié du « modèle » chinois, « est totalitaire, c’est-à-dire que toutes les facettes de la vie des citoyens seront pilotées par une structure idéologique mortifère » (#sauvezdesvies / #restezchezvous !) « ne différenciant plus les sphères privées et publiques. » (La simple recommandation du nombre d’invités à la table de Noël et du port du masque facial chez soi (sic !), arrivée après l’écriture de ce livre, confirme hélas cette « prophétie ».) « Ce totalitarisme sanitaire sera fasciste et numérique » (c’est moi qui souligne). Il convient de préciser ce qui constitue l’essence du totalitarisme : « Toute pensée qui s’immisce dans la sphère privée est totalitaire (destruction de la sphère publique, imposition de comportements intimes, généralisation de la peur de l’autre, etc.). » Restez chez vous, consommez et vivez séparés les uns des autres ! À qui profite le crime ? Follow the money : « Le totalitarisme fasciste est conçu par et pour les nantis » qui gouvernent le monde : les dirigeants des GAFAM et des Big Pharma. Ce qui est foncièrement nouveau, dans cette crise (mais qui était en fait en germe depuis les lois d’exception antiterroristes), c’est que le totalitarisme « est maintenant numérique (il procède par quantification, surveillance, traçage, gouvernance…) et sanitaire (le grand récit qui le justifie est viral ; le remède est hygiénique) ». Le vrai fascisme, disait Roland Barthes, n’est pas d’interdire de dire, mais de forcer à dire ; dans cette crise, pour être un bon citoyen (à la chinoise ?), il faut afficher publiquement qu’on reconnaît la Terreur (sanitaire), via entre autres le port du masque facial, et la distanciation (dont on ne sait plus si elle est physique, ou sociale). Quiconque s’y dérobe est vu comme un mauvais sujet… À la faveur d’une crise d’envergure opportune (pour certains), « le politiquement impossible » devient « politiquement inévitable » : le confinement aveugle de toute une population saine, le traçage, l’imposition du masque à tous, partout, etc. L’état d’urgence sanitaire devient, même en Occident, permanent…

Il est évident que sans les technologies numériques, cette épidémie n’aurait pas du tout pu être ce qu’elle a été, et continue d’être : une hypnose, sur le nombre de « cas », de morts en quasi temps réel, etc. Le simple test RT-PCR, mis au point par l’Allemand Christian Drosten dès le 20 janvier, qui ne dit absolument rien de l’état clinique d’un patient, mais mesure des fragments d’ARN du virus dit SARS-CoV-2, n’aurait pas été possible, avec ses nombreux faux cas positifs, ou cas asymptomatiques et donc pas malades (et pas ou peu contagieux), sans les technologies informatiques. Rappelons, après Weber, qu’« en mai 2016, l’initiative “ID2020” de l’ONU promeut la généralisation d’une identification numérique de la totalité de la population mondiale » : les germes d’un possible et futur « passeport sanitaire numérique » sont déjà là… « En 2017, lors du Forum économique mondial de Davos, la “Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies” est créée, sous l’égide, entre autres, de la Fondation Bill & Melinda Gates » : « En pratique, les multinationales sont considérées comme des états souverains. » On ne laisse pas d’être inquiet de voir que ce sont ces mêmes multinationales, toutes numériques, les GAFAM, qui sont à l’origine des très nombreuses censures de paroles dissidentes sur la gestion sanitaire (traitements, confinements, vaccins, etc.) de cette crise : « filtrage de l’information, à commencer par celle qui circule dans les réseaux sociaux », rupture de « l’accès à la Toile » des propagateurs de nouvelles considérées comme « fausses » (c’est-à-dire, dissidentes), etc. On notera, avec Weber, que dans cet achèvement du passage des sociétés disciplinaires aux sociétés de contrôle fondamentalement psychotiques, même la sexualité n’est pas épargnée : « La psychose hygiéniste institue un nouveau puritanisme qui exige une vie sans contact. […] La forme la plus aboutie de totalitarisme fasciste exige finalement l’interdiction des relations sexuelles. » La sphère privée doit être dissoute dans la sphère publique, et cela doit nous inquiéter. L’ironie de l’Histoire est telle que le prosélyte fanatique du confinement, Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres, a été lui-même viré de son poste à cause de relations sexuelles ayant brisé les « lois » du confinement britannique…

Je pourrais ainsi continuer à commenter et commenter ce livre sur une dizaine de pages Internet, mais je préfère laisser mon lecteur s’y reporter directement ; non sans souligner, dans ce tableau assez apocalyptique de notre situation, cet éclair d’espoir, à la fin du livre : « Optimisme, car le futur n’est pas écrit », et (après Victor Hugo) : « Rien n’est plus imminent que l’impossible. » On notera pour vraiment conclure (provisoirement) que ce qui a permis l’établissement du fascisme techno-sanitaire, les technologies numériques, sont aussi ce qui permet de lutter contre icelui, avec ses propres armes contre lui retournées, dans une sorte de guérilla numérique : éternelle histoire de David contre Goliath. Tout en ne se privant pas d’être furtifs, au sens d’Alain Damasio dans son ouvrage éponyme, en cas de besoin…

13 décembre 2020

[Chronique] Iegor Gran, Ces casseroles qui applaudissent aux fenêtres, par Fabrice Thumerel

Iegor GRAN, Ces casseroles qui applaudissent aux fenêtres, P.O.L, septembre 2020, 142 pages, 13 €, ISBN : 978-2-8180-5168-9.

 

En littérature, on obtient souvent des résultats plus réalistes en maniant l’absurde ou le grotesque qu’en cherchant à « faire vrai ». Je me sens plus proche de la commedia dell’arte que de Stanislavski (I. Gran, Les Temps Modernes, 2004).

Par bêtise et opportunisme, les voisins, le gouvernement, le commerce ont imposé leur psychose, et moi – même pas mal.
Une nouvelle religion, exigeante et jalouse, a obscurci le sens critique de mes contemporains – que voulez-vous que ça me fasse ?
Ils ont troqué leur liberté contre une posture morale – tant mieux pour eux, les ornières rendent la vie plus facile (L’Écologie en bas de chez moi, P.O.L, p. 177).

 

En plein deuxième déconfinement (deuxième déconfiture ?), au moment même où l’autoritarisme grandissant de l’État macronesque saurait d’autant moins masquer son amateurisme que le rapport de la Commission d’enquête sénatoriale dénonce à son tour la gestion calamiteuse de la crise sanitaire (triple défaut : de préparation, de stratégie et de communication – en plus d’un impardonnable mensonge gouvernemental sur le stock de masques), il n’est pas inintéressant de considérer le dernier brûlot de Iegor Gran, dont le titre affiche une métonymie grotesque.

Certes, comme trop souvent chez Iegor Gran – même si cette fois on est plus proche du pamphlet que de l’autofiction polémique –, les limites voire les problèmes sautent aux yeux : un mélange des registres qui peut nuire à l’impact visé (hésitation entre polémique, comique – ironie, humour (noir), bouffon – et sérieux journalistique voire sociologique) ; une posture paradoxale (la voix auctoriale se donne le beau rôle : chez le donneur-de-leçons, il y a une bonne conscience à fustiger la bonne conscience !) ; une certaine mauvaise foi (comment, par exemple, soutenir que les « casseroles » ne se sont pas manifestées à la sortie des hôpitaux ?)… Sans oublier ce travers de la doxa intellectualiste : il y a toujours plus de profit symbolique à tirer de la négativité que de la simple solidarité.

Cela dit, Iegor Gran pose plus ou moins explicitement une série de questions cruciales :

Copyright : Joël Heirman.

comment, au XXIe siècle, un taux de mortalité aussi faible a-t-il pu provoquer une telle panique mondialisée ? Comment un peuple réputé indiscipliné et râleur a-t-il pu aussi rapidement se métamorphoser en peuple soumis ? Comment expliquer cette attitude irrationnelle consistant à céder ses libertés fondamentales contre une insécure sécurité sanitaire ? Pourquoi le peuple français ne s’est-il pas révolté contre l’irresponsable incurie des autorités ? Quelles sont les causes de cette servitude volontaire ? Le pays de Molière est-il devenu un pays de couards et d’hypocondriaques ? Comment a-t-il pu supporter « le brouillard de l’arbitraire » ? le défaut d’éducation donné à ses enfants ? la mise en péril des « fragiles économiques » et des « fragiles sanitaires pour d’autres maladies que le Covid » (p. 87) ? Comment se peut-il que la sixième puissance mondiale ait fragilisé son économie et hypothéqué l’avenir de toute une jeunesse à cause de ses erreurs et manquements ?

Mais au fait, quel est l’archétype de « la casserole » ? Plutôt du bon côté du manche, la casserole est une bellâme qui aime exhiber sa solidarité cool ; « la casserole procède par affirmations qui sont pour elle autant de vérités » (41). Mais si ces gens de mauvaise foi sont des « Salauds » (au sens sartrien), il y a pire… Les cibles principales du satiriste : le « quatrième pouvoir » et l’état. Si, face à une telle « sinistre bouffonnerie » (106), il a pris le parti du rire, il s’agit bel et bien d’un rire grinçant. Qu’on en juge sur pièces : « Terrés comme les autres avec « la peur au ventre », nos grands reporters de « guerre » sont devenus des porte-parole du gouvernement, des exégètes de l’état d’urgence, et leurs journaux des apothicaireries où l’on discute médicaments » (120) ; « Toujours plus paternaliste, jamais avare de pédagogie niaise, l’État a trouvé avec le Covid un terrain formidable pour tancer les Français et leur montrer qui est le maître » (129).

21 novembre 2020

[Création] Joël Hubaut, Epidemik (20)

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Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le dix-neuvième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

………………………………… et le mur de la télévision épidémique est sans rock sans art moderne sans imagination avec les grosses vaches patriotiques papa maman des bibliothèques conservatrices anti-rock-and-roll dans Vatican-Guy Lux avec peste purulente de langue-Dieu-verrou musée messe normale du dimanche du tiercé normal dans la langue-verrou sous-hommes torturés avec les motards Pape-Pape de la censure normale arrachant la langue technologique / sauvage / sauvage croisée des poètes émancipés dans les pneus compulsifs de la morale police-musée-verrou chien-loup hyper gonflée par les gros flics sénateurs préfets normaux loterie nationale du mariage normal verrou et les professeurs-verrous tiercé-musée conseil général de merde inspecteurs du travail- verrou normal mairie commissariat pustules colonels sergent-chefs magma fatma branle-bas cardinaux pasteurs brigade de curés conservateurs vierges marie-salopes contre l’avortement chefs adjudants abbés pédophiles rabbins bonnes sÅ“urs sado-gouines anti-homo moines-verrous sado-pédés anti-homo sado-travelos anti-travelos beefsteacks avariés sacerdotaux taxes inspecteurs juges critiques d’art branchés au goutte à goutte d’impôts sur la cathédrale de la mafia mosquées des temps sectaires ultra intolérants de la soumission/ fascination / superstition / du fanatisme maladif borné aux Dieux-fétiches-verrous caleçons de tous les orthodoxes normaux marrons communistes-chrétiens-islamiques – sionnistes doctrinaires moralisateurs totalitaires social-régionalistes corses basques bretons MLF-syndicalistes-corporatistes supra-verrouillés avec l’épidémie normale des billets de banques normaux classiques des putes du contrôle-culture anti-prostituées crachant les censures paraboliques dans les virages des langues technologiques mondiales des guerres nationalistes normales des mairies normales-censures kommandantur invariablement intoxiquées mélangées aux globules idéologiques politico-virus infectés de la parole contaminée du fond du magma peinture normale verrouillée censure molle chimique marché de l’art normal censure blanchiment d’argent normal avec l’épidémie académique censure extra-humaine mafia normale pro-patriotique fasciste accidentée par la cohésion normale censure des noyaux instables en activité intra utérine morale dans la cervelle épidémique occupée par les cocos butés de l’oeillère normale des recteurs-censeurs avec les orvées du dogme moral travail-patrie -verrou de corvée insupportable coinçant violant cognant enfilant les jeunes filles libérées dans les chiottes universitaires pour nettoyer le service contrôle-morale lavage de cerveau lavement d’anus en branlant les minettes avec les Staline-godes scouts-maoïstes d’extrême-droite poujadistes cathos puritains Gaullistes d’Europe pour les amadouer et les plier et les téléguider avec la sodomie des ambulances de l’école normale corporatiste fonctionnaire-verrou de l’ordre-censure pour jouir dans le fric-fric de la censure en jouissant avec les lingots-flic dans l’cul friqué de la censure morale avec l’addition successive des angoisses de la guerre-télévision normale marron…..
Joël Hubaut, 1976

Visuel : fragment de  » Chirurgie épidémie », de la série peinture cut-up grise exposée galerie noire à Paris en 1975 (acrylique sur toile), Joël Hubaut, 1975

13 novembre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidemiK (19)

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Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le dix-huitième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

… (infiltration d’épidémie, suite ) ……………………………………….… collabo marron de la guerre d’Algérie du tiercé avec cuisine intégrée frigo-verrou camouflé derrière fausse porte de commode verrou grosse bagnole de merde marron de merde coupes de championnat de pétanque de belote de foot de papa du trou autoritaire musée-verrou de la langue-verrou mensonge-accélérateur bière et pinard collège-verrou papa peureux-musée-chiotte de visa citroën crachant l’alpha-merde papa gamma sur le plateau télévision en sous-couche du plateau-musée supérieur bourré à mort de merde enrichie de sur-merde de langage télévision-maman-langue-babouin rayon x prof auto-chenille marron déflagrant les mots-rafales gachette dans la trachée pour tasser la vomissure de lycée des rayons électriques par plateaux successifs dans la trachée administrative du langage télévision accéléré par la matrice-musée enfoncée au manche de pioche matraque para-militaire du chargeur fonctionnaire-syndicaliste gris obtus spécial-vacances normales avec la crosse enfoncée dans le cul-télévision l’animateur normal se sodomisant avec l’antenne du pouvoir normal anti-érotique la langue des structures destructurées ensanglantée arrachée à la langue contre-structure et l’esclave chantant les mots dispersés multi-color dans le canapé-télévision-cercueil-musée marron verrou contre-désir avec la salive raciste normale grise en chantant des chansons normales gala-galeuses-top eurovision réactionnaire contre les chansons polychromées d’une grande conceptualité extrêmement impure et improvisée dans la langue onomatopée multi-palette neuve magique extra-bruitiste nouvelle audacieuse expérimentée mixée critiquée repensée déconstruite décalée déchargée en dégueuligraphik par la centrale dictature-lettres modernes verrou de veau télévisé dans le tombeau Léon Zitrone comme gros rat vache Gaulliste pur porc interville avec le mur de Berlin
…….. Joël Hubaut 1976 ………………………………………………….

Portrait épidémik de W.S. Burroughs, série peinture grise exposé en 1975 à la galerie noire Paris (acrylique sur toile ), Joël Hubaut, 1975.

27 octobre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidémiK (18)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:24

Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le dix-septième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

(infiltration d’épidémie, suite ) … et les mégalithes et les robots avec les ovules de parole chiant les étrons-télévision marron de mots modèle matraque-pâtée-bouillon de culture télévision matraque vermine grises astiquant les asticots véreux avec grouillement des gênes infectés dans la bassine émotive télévision marron-musée chagrin-nostalgie avec la truelle-truie baffrant l’apprentissage hallucinogène dans la boue du journal télévisé marron ocre poutre au plafond couleur merde rustique scout pierre grise apparente de maison de merde de bourges de matraque de ploucs pantoufles verrous cadenas racistes fausse information électroniquée bouse marron de campagne de maison à retaper avec poutre apparente hideuse avec torchis de merde avec verrou-toit de chaume rustico-légal conservateur-pouvoir gerbant le fond de cuvette télévision marron meuble de merde verrou contaminant en chêne gros pouf marron pouffiasse d’armoire normande de merde marron affreuse à vomir dans le salon marron merde avec tapis marron verrou papier peint à fleurs marron verrou avec peinture marron paysage infecté portrait de merde verrou à se suicider avec routine-patin sur plancher ciré marron et chiasse marron vomissement purée de marron dans la cuvette verrou de bibelots-souvenirs proliférants de saloperies kitschs de merde de Lourdes de Rocamadour du Mont Saint-Michel de Montmartre de Lisieux de merde de chien loup chasseur français anti-arabe de verrou pancarte attention chien méchant marron molosse patriotique de merde de drapeau-verrou de merde avec crucifix-verrou dans les chiottes marron et la vierge-verrou vérolée phosphorescente suçant le nain de jardin-verrou dans la salle à manger verrou-marron avec la télévision-verrou de merde du juste milieu de la messe de merde du dimanche…
… Joël Hubaut, 1976 …

Visuel « EPIDEMIK – SPRECHSTUNDE » multiple à 47 ex. co-production Michel Sohier / Joël Hubaut 1977

17 octobre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidémiK (17)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 21:03

Pour votre Noël 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le seizième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

Infiltration d’épidémie caméléon camouflée en marron dans zone morale d’épidémie marron…
La peau de la langue enfle et gonfle sous la peau empotée avec les pupilles romantiques dilatées dans les gouttes au ralenti bourrant les amas à la pelle dans les fosses…..
et la queue de la langue est comme une queue coulant sous la langue perforée par les boulons marron de l’université de la police judiciaire le trou qui révèle la poche de ganglions ornés de scarifications orange dans la viande de la langue les croix arrachées comprimant le sternum la pression violente plaquant les spirales bleues dans les embouts qui agissent sur le moteur avec les courroies hypertrophiées en attraction dans l’image rouge de la peau de la langue retournée dans la patte transportée dans les cuves de la maladie bleue où agissent les diaphragmes électriques qui découpent les peaux de langues arrachées en lamelles courbes nouées dans l’orbite rose tendresse éternelle excitée par des cônes de bois qui s’enfoncent dans la chair de la langue-fac-administration éclatant les tissus police-secours démembrés bloquant les conduits excréteurs de tous virus alphabétiques extra-terrestres verts jaillissant du trou de la bouche pourrie avec le mix de la douleur extrême de la parole post-ultra lettriste argentée contaminée par la langue pieuvre cosmique infra-rouge en gelée dans la langue baveuse du langage épidémique ultra-violet des croupions universitaires gris malaxés aux mollusques intoxiqués de syntaxe-cafard coulant dans l’épiglotte du claquement psychanalytique blanc des portières la plaie-langue bouchant la cavité-parole atrophiée par les tentacules glosso-pharingiennes orange comme des psycho-huîtres/moules/vagins/ rouges crevant la pseudo-cramouille rose bornée de morale-sanitaire la langue saucisse mixée aux plaquettes-infirmerie croix-rouge avec la langue greffée rose proliférant dans les canalisations glossolaliques du jus d’hygiène sémio-juge fasciste gris marron noir dans les toilettes catholiques grises marrons-moines comme une langue gestapo noir imposant la langue plate grise marron ségrégation soumise aux injections dans les pare-brises célestes transparents encastrés dans le nerf lingual du bulbe de soumission des masses marron engloutis dans la routine grise des vulves contaminées par une normalité marron-maman-langue-bite CRS capo gris bleu noir-assurance maladie marron banque de France perforant le nombril télévision gris marron dans la langue baveuse fouinant les pores dans les crevasses de la peau pastille crème de peau morte de pus dégoulinant marron dans les languettes du langage matraque de l’écran borné gris du crédit agricole…
Joël Hubaut 1976 …………………………………………………………………………

Visuel Action épidémik dans les rues de Sarlat avec Alain Suel ( frère de Lucien Suel ) Joël Hubaut 77

23 septembre 2020

[Chronique] Roland Gori, Et si l’effondrement avait déjà eu lieu, par Jalil Bennani

Roland Gori, Et si l’effondrement avait déjà eu lieu. L’étrange défaite de nos croyances, Les liens qui libèrent, été 2020, 304 pages, 20 €, ISBN : 979-10-209-0864-3.

 

L’effondrement dont il s’agit dans cet ouvrage est celui de nos catégories de pensée et de notre rapport au temps, du lien entre passé, présent et futur. Le psychanalyste Roland Gori, auteur de nombreuses publications et interventions médiatiques, nous revient avec un ouvrage brulant d’actualité en cette période de pandémie de la Covid 19. Il nous montre avec une grande érudition, en s’appuyant sur de nombreux exemples historiques, que les crises résultent d’une rencontre entre un événement et des conditions sociales. Il dénonce avec force l’impréparation de nos sociétés face à un facteur environnemental.

Le drame du Liban, que j’ai appris pendant que je lisais ce livre, justifie pleinement sa thèse. Des milliers de tonnes d’explosifs déposés depuis six ans dans le port de Beyrouth en plein centre de la ville ! Un énorme choc traumatique avec son lot de stupeur, de sidération et d’effroi ! Le contexte particulier de ce pays, tantôt en guerre, tantôt en crise, voisinant avec des combats permanents… Tous les ingrédients de l’effondrement étaient là. L’auteur souligne de façon pertinente que « l’idée de catastrophe, la catégorie de l’effondrement, constituent le retour du refoulé qui se glisse dans le discours d’une civilisation de l’instant, l’irruption d’une temporalité que l’on veut méconnaître à la hauteur de l’oubli de la mort ». Les causes des catastrophes sont bien les inégalités sociales, l’atteinte à la dignité humaine, la dérégulation de la planète, la course à la rentabilité, les exigences toujours plus grandes de productivité et d’utilitarisme.

Parmi les questions qui m’ont fortement interpellé dans ce livre, je retiens celle relative à « l’homme machine ». Tout au long de ses recherches, Roland Gori a été fasciné par le texte de Tausk : « La genèse de la machine à influencer au cours de la schizophrénie ». La construction délirante est la véritable machine qui persécute le schizophrène et elle est isomorphe au corps, plus précisément au fantôme d’une totalité du corps à même de contenir et de donner un sens à ses cénesthopathies. J’avais dans les années quatre-vingt montré dans mon ouvrage Le corps suspect, à quel point l’ouvrier, dont le destin était brisé à la suite d’un accident du travail, s’exprimait comme si son corps était une machine. La subjectivité est cachée et profondément réprimée. Le patient en appelle à une solution technique. Ce corps sans plaisir interroge l’imaginaire du corps médical qui a montré bien des résistances aux notions freudiennes. Un corps auquel il n’a été demandé que d’être corps-machine a accepté ce contrat. En cela, il a rejoint la machine industrielle et la machine médicale. Une machine objectivante et normalisante. Je pense à l’ouvrage L’établi de Robert Linhart. Un livre bouleversant qui raconte ce que représente, pour un Français ou un immigré, d’être ouvrier dans une grande entreprise parisienne. Il montre de manière étincelante le rapport que les hommes entretiennent entre eux par l’intermédiaire des objets, ce que Marx appelait les rapports de production. Robert Linhart a vécu cette expérience en devenant ouvrier spécialisé dans l’usine Citroën de la Porte de Choisy à Paris, en 1968. Il a fait partie des centaines de militants intellectuels qui s’embauchaient dans les usines. Il raconte les rythmes, les méthodes de surveillance et de répression. L’auteur rapporte qu’il n’a jamais autant perçu le sens du mot « économie ». Économie de gestes, de paroles, de désirs. Il faut s’être frotté à cette réalité matérielle pour prendre conscience de sa dureté, des souffrances, des risques et de la mise à disposition du corps au profit de la machine. Roland Gori rappelle bien dans son ouvrage le « spectre » qui hante nos sociétés, la situation des plus pauvres, des plus vulnérables parmi lesquels figurent les migrants. Ils « viennent de notre futur pour hanter notre présent », écrit-il. Sa réflexion sur le temps s’avère ici essentielle : « Penser la catastrophe supposerait que nous puissions changer notre rapport au temps.  Nous sommes aujourd’hui dans un paradoxe : en même temps que l’on nous enjoint de penser à l’avenir, nous nous trouvons contraints par « l’actualisme technique » de la civilisation des machines ». Il dénonce « la religion positiviste » qui vient au service de l’industrie et dont nous sommes les héritiers : « C’est sur les ruines de cette révolution symbolique avec ses exigences de productivité, d’utilitarisme, de positivisme et d’efficacité louant la force et la raison instrumentale que se profilent les risques d’effondrement ».

Roland Gori relève très justement que le sujet de la psychanalyse, a « besoin des normes de son époque pour pouvoir se les réapproprier et les trahir ». Comme l’artiste, le psychanalyste est témoin et acteur de son époque. Je pense à Kader Attia, un artiste de son temps qui a reçu le Prix Marcel Duchamp en 2016. Ses recherches socioculturelles l’ont conduit à la notion de réparation, un concept qu’il a développé philosophiquement dans ses écrits et symboliquement dans son œuvre. Tout système vivant, social ou culturel peut être considéré comme un infini processus de réparation, étroitement lié aux pertes et aux blessures. L’art, comme la vie, est une réparation par les émotions qu’il produit et des juxtapositions des images, des représentations, des installations… Alors que dans les cultures occidentales modernes, la réparation vise à revenir à l’état original, dans les cultures extra-occidentales traditionnelles la réparation procède de l’inverse. Roland Gori écrit très justement : « La vie moderne est une invitation à effacer les traces ». Cacher, masquer la suture d’un objet réparé est une prétention à revenir à l’identique, ce qui est impossible ou pure illusion. Comme la nature, la psyché humaine est constamment l’objet de blessures et de réparations – avec différents concepts et différentes stratégies pour ces réparations, à la fois individuelles et institutionnelles.

Pour l’auteur de Et si l’effondrement avait déjà eu lieu, les notions de progrès liées à une « modernité européenne affirmant sa supériorité intellectuelle » mises en œuvre lors des conquêtes coloniales ne font plus recette dans bien des régions du monde. Il ajoute que si les Lumières ont un côté sombre comme le dénoncent les critiques postcoloniales, cette pensée est hétérogène et « se prête à une lecture qui fait entendre les failles, les tensions et les hésitations » (citation empruntée à Antoine Lilti).

Roland Gori articule avec brio les notions d’individuel et de collectif, en évitant toute confusion entre l’agent social et le sujet de la psychanalyse. Et la référence à Winnicott apporte un étayage essentiel à l’ouvrage : « Le traumatisme a bien eu lieu mais à un moment où, pour une raison ou pour une autre, le patient n’était pas en mesure de l’éprouver… à ce moment de son histoire, il n’avait pas la possibilité d’intégrer le traumatisme qui surgissait », la crainte de l’effondrement devenant alors une tentative de donner au traumatisme une existence psychique et sociale. L’apport de la psychanalyse fut d’apporter un autre éclairage et une autre issue pour sortir du traumatisme. Elle a donné un tournant aux travaux des psychiatres ayant travaillé, décrit, classifié les traumatismes, depuis Charcot, Oppenheim, Kraeplin, Pierre Marie… Avec Freud, un nouveau statut est donné à la notion de trauma : il est psychisé. Il donne un contenu psychologique à la notion de « trauma ». Le traumatique est déjà là, avant qu’un événement ne lui permette de se révéler. Roland Gori s’appuie beaucoup sur Winnicott pour poser cette hypothèse : les effondrements que nous craignons voir advenir dans le futur ou le présent ont déjà eu lieu. Ce qui s’est effondré c’est notre cadre mental, symbolique, psychique pour penser le monde, pour nous penser, ce qui justifie le sous-titre de l’ouvrage L’étrange défaite de nos croyances.

Et si l’effondrement avait déjà eu lieu est un ouvrage fort, psychanalytique, philosophique, sociologique, politique. L’auteur, qui est aussi l’initiateur de l’Appel des appels, un collectif national « pour résister à la destruction volontaire de tout ce qui tisse le lien social »,  nous invite à une réflexion riche et incontournable pour inventer de nouvelles catégories de pensée, repenser notre rapport au temps, le lien entre passé, présent et futur, nos oublis, nos croyances.

18 septembre 2020

[Création] Joël Hubaut, EpidémiK (16)

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — Fabrice Thumerel @ 20:48

Pour cet automne 2020, chers Libr-Lecteurs, vous disposerez d’un objet littéraire déconcertant et bouillonnant, d’une rare vie singulière : la somme épidémike de Joël HUBAUT, écrite dans les années 70 – et introuvable. [Lire le quinzième texte]

Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

Les signaux se répandent par un jeu/geste/travail récitatif, germes inondés qui frappent le blindage horaire, ses parois enduites d’images raisonnables que les signaux vont ensevelir, étouffer – Epidémie de signes – empreintes proliférant par le dessin, le son, l’odeur, etc… petits chromosomes en grains ou en bâtonnets – les plus longs en forme de filaments et fléchettes, croix et cercles marqués sur tous les supports puis redessinés – certaines espèces de mouches ont dans leurs glandes salivaires des cellules à chromosomes géants, ces chromosomes résultent d’un clivage longitudinal répété un grand nombre de fois donnant 4, 8, 16… 256 etc… filaments associés en un faisceau épais dont je reprends le principe d’une façon sonore en utilisant le clairon, la guitare électrique où le tube de caoutchouc et graphique sur tous les supports traditionnels tels que carton – papier – toile – peau – terre – végétaux – minéraux – eau – ciel – etc… les sons où les traces ainsi agglomérés prolifèrent dans l’espace créant une épidémie émotionnelle que favorise l’angoisse et l’obsession. Angoisse de l’uniformité pollutive et de tout le processus envahissant qui chaque jour obscurcit nos possibilités d’individualité. L’épidémie graphique ou sonore peut résulter d’un exorcisme (maladie – mode – pollution – religion – politique) qui strangule par son progrès nos initiatives de connaissances et de créativité – Epidémie picturale par l’ accident – les mouches – la culture, par l’eczéma et par la poésie – pestilence répétitive dont le cerveau vomisseur active le geste perpétuel – les cils vibratiles de notre fontanelle en sont les moteurs essentiels, peindre les teignes sur les toiles déjà couvertes de cellulite puis modeler les menhirs incubés de notre futur jusqu’à l’implosion (épidémie de sens et épidermie)…..
Joël Hubaut 1977… texte paru en 1977 dans la plaquette-catalogue « galerie le fil – Cherbourg »
à l’occasion d’une exposition de groupe ( Audouard- Gwezenneg- Hubaut- Louveau )

Visuel = « EPIDEMIK-BOX » (mission spatiale épidémik) co-production Michel Sohier / Joël Hubaut 1977

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