Libr-critique

28 février 2021

[News] News du dimanche

On découvrira en UNE le programme à venir de Metaclassique, conçu par David Christoffel, puis les « Nouvelles aventures d’Ovaine » (Tristan Felix) et nos Libr-brèves… Mais d’abord un édito libr&critique de circonstance…

 

ÉDITO : En Marche Hunique… (2)
/CUHEL, Heirman et Thomas-Roudeix/ 

Voici les dernières analyses de l’Observatoire des Forces néo-libérales (FNL) en fRANCE.

1/ Pour que les Marcheurs aient un maximum de Suiveurs – comme au Bon-Vieux-Temps ! –, il faut et il suffit de faire diversion et de crier haro sur un baudet quelconque : sous Pétain, ce bouc-émissaire se nommait judéo-bolchévisme ou judéo-maçonnerie ; aujourd’hui, il s’agit de l’islamo-gauchisme.
Telle est la panoplie rhétorique de tout Pouvoir Autoritaire (PA).
La seule Éducation nationale qui marche d’ailleurs en fRANCE, c’est la pédagogie du gouverdément : vive la néo-maïeutique, cet art de coucher les esprits à tout prix.

La question est simple : Pourquoi ça marche ? Quelle sécurité les sujets de Micron 1er croient-ils obtenir pour sacrifier à ce point leurs libertés ? Quelle Égalité croient-ils obtenir pour renoncer à ce point à la Fraternité ?

2/ À quel degré d’infantilisation les sujets de Micron 1er sont-ils parvenus pour croire à sa Toute-Puissance ? Il faut dire qu’on n’arrête pas le Progrès : le pouvoir magique du souverain ne s’attaque plus aux écrouelles, mais aux virus. Micron 1er est notre Grand-Pseudémiologiste ! Il faut dire que Micron 1er est un Grand-Magicien qui manipule avec une grande dextérité choses et chiffres.

© Bernard Thomas-Roudeix

3/ Pour ses excès, le monde en-saignant sera soumis au programme « PUNIR & SURVEILLER », qui lui infligera les dix plaies d’EGIPT (Enseignement = Gauchisme & Islamisme Pour Tous).

  1. Les en-saignant, ex-professeurs, devront désormais suer sang et eau pour éduquer les sauvageons poussés selon la méthode GAFA (Gavage à l’Animosité, aux Fakes et aux Amuseries).
  2. Les en-saignant, ex-professeurs, devront désormais assumer leur liberté d’expression et de manifestation : le Corps des Indomptables Crapauds (CIC) veillera au Respect de l’Ordre.
  3. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais inscrits systématiquement aux stages de l’organisme « Un pays qui se tient sage ».
  4. Les en-saignant, ex-professeurs, sont désormais promus au grade de GAC 40 (Grands Animateurs Cuculturels avec moins de 40 élèves par cours).
  5. Les en-saignant, ex-professeurs, comme tous les autres membres du cheptel étatique hormis les chiens-de-garde, seront désormais labellisés et pucés.
  6. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais inscrits systématiquement au FIS (Fichier des Individus Suspects) après avoir souscrit au Devoir de Soumission (DS).
  7. Les en-saignant, ex-professeurs, bénéficieront désormais d’équipements, de primes et revalorisations inscrits au Registre des Calendes Grecques.
  8. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais soumis au régime des TAS (Tracasseries Administratives Sophistiquées), auxquelles ressortissent les PIP (Programmes In Progress).
  9. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais soumis à la Loi RAR (Retraite au Rabais).
  10. Les en-saignant, ex-professeurs, seront désormais envoyés sur le Front Sanitaire (FS) avec le zèle pour seule arme.

© Joël Heirman

UNE : Metaclassique de David Christoffel

On (re)découvrira l’extraordinaire Metaclassique, conçu par David Christoffel, dont voici le programme en mars :

Mercredi 3 mars 2021 – Metaclassique #109 – Rattraper

Pendant la dictature franquiste, la vie musicale a bel et bien continué. Si certains compositeurs sont quelquefois taxés d’avoir collaboré, leur position est souvent plus ambivalente. En privilégiant une reconnaissance internationale, ils ont pu épanouir leur musique en s’approchant des musiciens des grandes capitales musicales européennes, mais en imaginant l’Espagne en retard par rapport à elles. Entretien avec Igor Contreras, auteur de « Tant que les révolutions ressemblent à cela… » L’avant-garde musicale sous Franco aux éditions horizonsd’attente et Jean-Noël von der Weid qui a publié Luis de Pablo, bâtisseur d’essentiel chez Aedam Musicae.

Mercredi 10 mars 2021 – Metaclassique #110 – Mouiller

Objet de fascination musicale et de curiosité scientifique au siècle des Lumières, l’harmonica de verre sert aussi bien à encenser Franklin qu’à condamner Mesmer. Là où la musique au doigt mouillé porte des sons cristallins qui charment salons et loges maçonniques, elle cristallise des théories plus ou moins rationnelles sur les effets des sons sur l’organisme. Rétrospective historique des grandeurs et misères de l’instrument avec Mélanie Traversier qui signe aux éditions du Seuil, L’harmonica de verre et Miss Davies.

Mercredi 17 mars 2021 – Metaclassique #111 – Mirer

Symétriques face au clavier, les deux mains du pianiste sont en miroir l’une par rapport à l’autre. Mais quand il se regarde dans le miroir de la loge avant d’entrer en scène, le pianiste peut se regarder de travers, avec une attention particulière pour son profil droit, le seul qu’il va montrer au public. En miroir, le pianiste Alexandre Tharaud et le poète et compositeur Jacques Rebotier se prêtent au micro de Metaclassique à des souvenirs partagés, des lectures de textes en miroir et un blind test de musiques renversées.

Mercredi 24 mars 2021 – Metaclassique #112 – Mensualiser

Pour entrer dans le printemps, Metaclassique traverse les douze mois des Saisons de Tchaïkovsky en compagnie de deux interprètes. De variations poétiques sur les dictons saisonniers en débats sur la puissance tchaïkovskienne de l’héroïne Martine ou la difficulté à être l’homme du mois quand on travaille à trois entre le violoniste Boris Borgolotto et le violoncelliste Marc Girard Garcia qui, avec le pianiste Ian Barber, forment le Trio Zadig.

Mercredi 31 mars 2021 – Metaclassique #113 – Claironner

La musique qui claironne veut sortir l’auditeur du sommeil. Elle veut aussi se faire entendre. Et les sirènes nous apprennent que le désir d’être entendu est solidaire du désir de se laisser bercer, attirer par l’oreille.  « La musique adoucit les moeurs qu’elle prépare à la guerre. » Entretien avec Philippe Beck, auteur du Traité des sirènes et de La Berceuse et le clairon (aux éditions Bruit du temps).

♦ On ne manquera pas d’écouter l’émission d’une heure, intitulée « Mordre », consacrée à Meta donna de Suzanne Doppelt.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Félix/

♦ A la petite aube, Ovaine herborise. Elle aperçoit bientot des herbes qui s’arrachent de là.

– Vous êtes folles ! Où allez-vous ?
– Où il fera bon vivre, le temps  nous est compté.

Elle les voit qui s’extirpent de la terre si dure et rampent en traînant leur robe de racines.

Montée en graine, Ovaine les escorte et, de peur qu’elles ne sèchent, les humecte d’un peu de rosée.

Son troupeau d’herbes est si grand devenu que les ovins, défrisés, cessent de brouter à leur passage.

Ovaine, épuisée par cette transhumance, n’ose caresser l’idée d’une tisane.

 

♦ Pour ne rien rater du spectacle du monde, Ovaine dépose ses yeux un peu partout et, le soir, les relève.

La pêche est miraculeuse: une huître dans les bras d’un poulpe, un duo de soles mineures, une course de pétoncles, parfois même un pêcheur endormi dans le ventre de son poisson.

Il arrive que sa vue se trouble: un duo d’huîtres court après le pétoncle qui s’endort sur le ventre du pêcheur.

Hum, c’est égal, Ovaine n’est pas difficile et tout passe à la casserole.

Au moment de déguster, elle hésite un brin : et si tout finissait dans le ventre du pêcheur ?

Alors, elle remet tout à l’eau et lance ses yeux encore plus loin.

 

Libr-brèves

► Actualités Annie ERNAUX :

– Un numéro des Cahiers de L’Herne est en préparation sous la direction de Pierre-Louis Fort.

– Le printemps prochain devrait voir enfin la sortie du film Passion simple (2020), de Danielle Arbid, avec Laetitia Dosch, Sergei Polunin, Lou-Teymour Thion. [Bande-annonce]

– Devrait ensuite paraître (automne prochain ?) L’Événement (2021), d’Audrey Diwan, avec Sandrine Bonnaire et Pio Marmaï.

– Enfin, un film documentaire est en cours de réalisation, de David Ernaux, à partir des films tournés en famille (en super 8 !) dans les années 70 – avec un texte écrit par Annie Ernaux elle-même.

 

â–º Du 1er au 5 mars 2021, Festival Bruits de langues à la faculté de Lettres et Langues de l’Université de Poitiers, dans la Salle des Actes. Les rencontres seront également retransmises en ligne sur UPTV.

Lundi : Contes et catastrophes
13h30 → Ouverture.
14h-14h30 → Lectures scéniques – extraits d’Ali Zamir et Natacha Appanah.
14h30-15h30 → Rencontre avec Ali Zamir.
15h30-16h30 → Rencontre avec Laurine Roux.
16h30-18h → Paroles de conteuses avec Michèle Bouhet & Monique Burg.
Mardi : Histoires vraies et jeu de rôle
14h-15h → Rencontre avec François Beaune.
15h-16h → Rencontre avec T.H. Gabriel.
16h-17h → Rencontre avec Frédéric L’homme.
17h → Jeu de rôle (en ligne).
Mercredi : Mémoires et politique
14h-15h → Rencontre avec Maria Luiza Tucci Carneiro (en ligne).
15h-16h → Rencontre avec Eric Pessan.
16h-17h → Rencontre avec Frédérique Cosnier.
17h-18h30 → Rencontre avec Alfonso Zápico et Toni Fezjula (en ligne).
18h30-19h30 → Vernissage virtuel avec JKal.
Jeudi : Observation et résistance
14h-15h30 → Kathrin Röggla (en ligne) en dialogue avec Lucie Taïeb.
15h30-16h30 → Rencontre avec Régis Lejonc.
16h30-17h30 → Rencontre avec Maylis de Kerangal.

21 février 2021

[NEWS] News du dimanche

D’abord, vu l’état d’un petit état nommé fRANCE, on lira l’ÉDITO libr&critique signé CUHEL, avec les dessins extraordinaires de Joël HEIRMAN et Bernard THOMAS-ROUDEIX ; retrouvez ensuite vos « nouvelles aventures d’Ovaine » (Tristan Felix) et vos Livres reçus… Et préparez cet événement des Enjeux littéraires contemporains 13

 

ÉDITO : En Marche Hunique…
/CUHEL, Heirman et Thomas-Roudeix/

© Bernard Thomas-Roudeix

Il faut être réaliste, la vraie Liberté est illibérale,
puisqu’elle permet de mener la Vraie-Politique sans aucune entrave :
peut-il y avoir une Opposition quand la difféRANCE a trouvé son incarnation ?

Une voie libre est une voie dégagée : déblayons nos avenues
et nos universités de ceux qui ont peur de la difféRANCE et de l’adversité !
Tous les obstacles seront déclarés nuls et non avenus.
Une fois la route bien damée, les fausses routes bien damnées,
vive la Voix hunique, celle de la Raison néolibérale –
de l’immondyalisation du monde par hunification !  

À bas la culture de l’Excuse !
Il faut être réaliste : il y a les dominants et il y a les dominés.
Et quelle excuse pourraient avoir ces derniers de trahir leur condition ?
Tous ceux qui contestent la Raison illibérale sont INTOLÉRANTS.
Pourquoi ceux qui ne suivent pas la Vraie-Voie auraient-ils voix au chapitre ?

En régime Hunique, un seul Salut :
Travaillobéissez et consommobéissez !

© Bernard Thomas-Roudeix

Après avoir mis hors d’état de nuire toutes les pièces à gauche de l’échiquier français et contrôlé celles de droite, il reste aux forces ultralibérales une dernière manœuvre pour faire triompher la difféRANCE : l’annexion de l’espace extrémo-droitiste.

Et pour faire une OPA sur cet espace extrémo-droitiste, quoi de mieux, en CA (Comité pour l’Annexion), que l’adoption des mesures prophylactiques adéquates ? Une bonne campagne de désinfection islamo-gauchiste ! Par temps de disette, la chasse aux sorcières c’est comme la chasse aux loups, ça marche à tous les coups !

Tel est le dernier avatar du karmapitralisme*, l’autoritaro-libéralisme. Sa dernière carte : libérer et intensifier la toute-puissance des Bienfouteurs de l’Homonculité pour assurer l’avènement… de la fin des temps.

© Joël Heirman

* KARMAPITRALISME. Religion innoculée par la secte Çaprofite selon laquelle le Capital est l’opium du peuple.

Virus caméléonesque qui, depuis deux siècles, s’est développé, adapté, transformé et renforcé pour devenir invincible.

Il faut être réaliste, le Karmapitralisme est l’avenir de l’Hommoderne, c’est notre destin.

 

DKANALOGUE

  1. Enfin le monde se fit Un.
  2. Enfin le monde se fit Un.
  3. Enfin le monde se fit Un.
  4. Enfin le monde se fit Un.
  5. Enfin le monde se fit Un.
  6. Enfin le monde se fit Un.
  7. Enfin le monde se fit Un.
  8. Enfin le monde se fit Un.
  9. Enfin le monde se fit Un.
  10. Enfin le monde se fit Un.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Félix/

â—Š Ovaine, en réinsertion, vient de postuler pour un poste d’intégration au compost.

Constellée de pustules, elle rampe parmi les lombrics et numérise l’humus.

Un long ver en sueur, le visage décomposé, l’accoste mollement :

– Je suis à bout, ma mie,  la terre est basse et je suis bien trop long pour mon âge.

Ovaine  en un clin d’oeil le numérise, l’exhume délicatement puis, compatissante, le relève  de ses fonctions.

Dès lors le ver, de toute sa hauteur s’élève au-dessus de la terre rejoindre les âmes seules.

 

♦ Tout au bord des trottoirs, accrochés dans les cheveux, tombés  d’un  cabas, d’une poche ou même des nues, errent des mots en peine, oubliés.

Ovaine les stoque dans un sac : capsule, Acapulco, criquet, polenta, grutier, rat… Il y en a pour tout l’égout.

Elle installe son stand à la sauvette en pleine rue, au pied d’un hospice en ruine.

Viocs et djeuns queutent jusqu’à très loin pour retrouver le bon mot, récupérer le monde.

Les affaires d’Ovaine vont si bon train qu’elle est obligée d’en inventer dans l’urgence, certifiés faux : clapute, alpagure, corlique,  polpita, agruti, rostamalek…

On se les arrache. On prend commande. La maladie d’Elsemeur devient un labo de souvenirs et d’envies merveilleuses.

Libr-événement

Survivez avec l’un des rares événements importants en ce premier trimestre 2021 :

Enjeux 13 « Survivre« , initialement prévu du 2 au 5 décembre 2020 a été reporté du 4 au 6 mars 2021 au Théâtre du Vieux-Colombier Comédie-Française.

Avec Santiago Amigorena, Paul Audi, Jean-Christophe Bailly, Yoann Barbereau, Ugo Bienvenu, Luc Boltanski, Johann Chapoutot, Emanuele Coccia, Eric Dussert, Jean-Michel Espitallier, Claire Fercak, Hélène Giannecchini, Sylvie Germain, Hélène Gaudy, Guka Han, Rémy Jannin, Laurent Jenny, Frédéric Joly, Nathalie Quintane, Charif Majdalani, Sandra Moussempès, Marie-José Mondzain, Baptiste Morizot, Valérie Mréjen, Jean-Luc Nancy, Anne Pauly, Lionel Ruffel, Antoinette Rychner, Emmanuelle Salasc (Pagano), Leïla Sebbar, Vanessa Springora, Barbara Stiegler, François Sureau, Pierre Vinclair, Antoine Volodine.

Et les auteurs des Extensions : Marianne Alphant, Bruno Bonhoure, Jean-Paul Demoule, Sylviane Dupuis, Jean-Pierre Ferrini, Hélène Frappat, Alain Jaubert, Vincent Message, Laurent Olivier, Carlo Ossola, Emmanuel Ruben, Esther Tellermann, Camille de Toledo.

TELECHARGER LE PROGRAMME DE l’EDITION EN LIGNE DU 4 AU 6 MARS 2021.

Libr-6


â–º Le Magasin du XIXe siècle, n° 10 : « Réseaux », éditions Champ Vallon, hiver 2020-2021, 308 pages, 25 €. [Christian PRIGENT a accordé un entretien à cette revue publiée par la Société des Études Romantiques et dix-neuviémistes : « Langagement » – où il est question de Hugo, Rimbaud et Jarry… et aussi du réseau revuiste…

► Christophe ESNAULT, Lettre au recours chimique, éditions Æthalidès, à paraître en mars 2021, 112 pages, 16 €.

► A. C. HELLO, Koma Kapital, Les Presses du réel, coll. « Al dante », à paraître, 112 pages, 12 €.

â–º Samira NEGROUCHE, Traces, Fidel Anthelme X, coll. « La Motesta », Marseille, février 2021, 46 pages, 7 €. [commander : Librairie TRANSIT 45 boulevard de la Libération 13001 Marseille]

â–º Marius Loris RODIONOFF, Procès-verbaux, Les Presses du réel, coll. « Al dante », à paraître, 104 pages, 12 €.

► Ahmed SLAMA, Marche-frontière, éditions Publie.net, février 2021, 130 pages, 13 €.

14 février 2021

[News] News du dimanche

CUHEL commence par vous faire méditer sur notre douce-France… Moussempès en UNE, puis les nouvelles aventures d’Ovaine par Tristan Felix… et nos Lib-livres reçus !

 

Édito : Douce fRANCE /CUHEL/

Le règne de Micron 1er fut celui du CommeSi

[Micron a tout lu tout vu
– il est Tout-UBU !]

fRANCE pays de Liberté – pour les néo-Libéraux et leurs polichiers

[liberté de travailler et de consommer pour les autres]

fRANCE pays d’Égalité – à force d’égaliser les privilèges des assistés (ceux qui ont un net fixe !)

fRANCE pays de Fraternité – envers les capitaux

 

fRANCE mère des Arts (vive Netflix !)
des Armes (pour libérer et sécuriser les sujets de Micron 1er !)
et des Lois (pour assurer la Liberté et la Sécurité des néo-Libéraux !)

 

Priorité à l’Éducation – grâce aux suppressions de postes !

Priorité à la Recherche – de profits !

Priorité à la sécurité sanitaire – à coups de baguettes magiques !

Priorité au Plein-emploi – grâce à la magie des chiffres…

 

Et maintenant, grâce à la néo-maïeutique – cet art de coucher les esprits que maîtrisent les sophistes et les polichiers –, place au CommeÇa : après le CommeSi, c’est CommeÇa !
En marche !

 

UNE : Sandra Moussempès à bout portant…

Suivez en direct l’événement sur la page Facebook ou la chaîne Youtube de la Maison de la Poésie.
➡️ Pour ne pas rater le direct, inscrivez-vous à l’événement Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur notre chaîne Youtube.

Cassandre à bout portant poursuit cette quête obstinée de Sandra Moussempès des objets féminins non identifiés à travers les clichés de l’imaginaire contemporain (celui des séries américaines en particulier), détournés avec une ironie teintée de tendresse. Le ciel s’est éclairci dans l’univers de l’autrice, l’humour semble désormais maintenir à distance les monstres du passé. Ce qui n’ôte rien à l’étrangeté des images que son écriture parvient à susciter, avec une innocence qui n’exclut pas un soupçon de perversité. Jusqu’où peut aller une pin-up assortie à sa fourchette, endormie sur le sol d’une maison hantée ? Telle est l’une des questions que pose ce livre grave, joyeusement décalé.

À lire – Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Poésie Flammarion, 2021.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine… /Tristan Felix/

À l’endroit pile où Ovaine bâtit sa bicoque, une maison se construit.

Ovaine ne se démonte pas. Nuit et jour, elle ôte une à une les pierres et les poutres pour mettre les siennes à leur place.

Le chantier n’avance guère… Ne reculant devant aucune adversité, elle poste son loup en équilibre sur le seuil, prêt à déjouer l’entourloupe.

Mais voilà Ulysse qui revient de loin, rusé de près et vermoulu comme une poutre. Il demande à voir Pénélove.

Le loup, grêle et méfiant, opte pour un silence sidéral.

Alors, Ovaine, immatérialisée, descend des combles de son rêve.

 

Libr-livres reçus

► Marie Delvigne / Raymond Federman, Fourire, Les Contemporains favoris, coll. « Å’uvres complètes », été 2020, 124 pages, 18 €.

► DOC(K)S, série 33/34, numéro 35/36, hiver 2020-2021, 460 pages (+ DVD), 50 € (abonnement pour 4 numéros : commander).

► Armand Dupuy, Selfie lent, éditions Faï Fioc, Boucq (54200), hiver 2020-2021, 112 pages, 13 €.

► Sylvie Durbec, Carrés, ibid., 72 pages, 11 €.

► Didier Henry, Continuo, ibid., 88 pages, 12 €.

 

17 janvier 2021

[NEWS] News du dimanche

Ces premières NEWS du dimanche de 2021 donnent d’emblée le ton : offensifs l’édito et les textes de CUHEL comme de Tristan Felix ! Suivent, en ce temps de médiocre rentrée-de-janvier, notre sélection rigoureuse (LIBR-6), nos Libr-brèves et notre avant-dernière Libr-rétrospective de 2020

Édito

♦ On n’arrête pas le Progrès : des files d’attente et de la flicaille partout, couvre-feu*, angoisse devant un Ennemi invisible… ça nous change la vie : c’est vrai quoi, ça met un peu de piment dans les vies monotones de nos démocraties-molles…  Et puis, c’est inédit au moins, non ?!

* La seule différence avec 1942, c’est que cette fois il concerne tous les (néo)pétainistes – et pas seulement les juifs…


♦ Pour mieux deviner où va cette « France en Marche », on lira l’édito du n° 6 de COCKPIT voice recorder (novembre 2020), signé Christophe Fiat : « Si au printemps, lors du premier confinement, on nous encourageait à faire les Robinson Crusoé : « Robinson Crusoé ne part pas avec de grandes idées de poésie et de récit. Il va chercher dans la cale ce qui va lui permettre de survivre » a-t-on entendu lors d’une visioconférence en direct de l’Élysée, nous n’avons pas d’autre choix, à l’occasion de ce second confinement, que d’être des Don Quichotte. Voilà, le délire du personnage de Cervantès en quête d’aventures tout azimut nous semble plus « adapt頻 – terme d’une Novlangue inépuisable – à la réalité de notre époque que la clarté zélée du personnage de Defoe »…

♦ Pour bien commencer l’An neuneuf, chantons avec La Vie manifeste :

« L’Etat noie, noie l’Etat
il n’y a pas d’argent magique, il n’y a que de l’argent tragique

Déboulonnons le récit officiel
Police abolie, bientôt le paradis
Etranglons les étrangleurs
Télétravail pour les CRS »…

CUHEL, Ode au Coronnard 

Ô Coronnard le Combinard
toi qui n’es pas né de la dernière pluie
MERCI de nous rappeler que nous sommes cuits
Toi l’ultra-libéraliste tu aimes la Liberté
de circuler
pour nous parasiter
tu chéris l’Égalité (et surtout son Boulevard !)
et la Fraternité
pour mieux nous parasiter

Ô Coronnard le Vicelard
qui nous mène la vie hard
tu es le meilleur coach de l’apocalypse
ô vice oh hisse au supplice !

Ô Coronnard le Cognard
tu vas nous débarrasser de tous les nullards
qui nuisent à la sécurité des démerdards
qui empêchent de tourner en rond
notre immonde où seul compte le pognon
un pognon de dingues

Ô Coronnard
toi qui as grandi sur la litière de nos idéaux
sur le terreau de l’immonde expansion des néo-fléaux
toi l’avant-garde des néo-libéraux
pour rassurer les secturitaires
tu vas ramener l’Ordre sur la Terre
l’Ordre en Marche
celui des marchands
à qui profitera le Grand Réchauffement
À bas les sans-dents !
Et vive le Résident de la Réputblik
décoré de l’Ordre du ÇaProfite !

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine, par Tristan Felix

Pour prouver son innocence, Ovaine braque une baraque à frites, en plein soleil. 

Le fritier, désormais client, s’enquiert :

– Où en est ton procès ?
– État stationnaire. Preuve que j’ai rien fait. Et toi ?
– Bah, j’ai pas de preuves que tu m’as tout piqué.
– Veux-tu que je témoigne en ta faveur ? J’ai tout vu, tu sais.
– Tu seras inculpée pour faux témoignage, laisse tomber.

Ovaine, émue, lui double sa dose de mayo.

Transporté par ce vent de solidarité, il demande une barquette géante.

Et de sa langue prélève les cristaux de sel éclatant d’une vérité nouvelle.

 

Libr-6 (Livres reçus : hiver 2020-21)

► Jean-Pierre BOBILLOT, Dernières répliques avant la sieste [notes sur le risible – II & III], éditions Tinbad, coll. « Poésie », 88 pages, 14 €.

► Sophie COIFFIER, Tiroir central, éditions de l’Attente, 88 pages, 11,50 €.

► Suzanne DOPPELT, Meta donna, P.O.L, 80 pages, 13 €.

► Anne KAWALA, Les Aventures d’Orphée Foëne à Dos Romeiros, Série Discrète, 64 pages, 12 €.

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cassandre à bout portant, Flammarion, coll. « Poésie », 174 pages, 18 €.

► Patrick VARETZ, Deuxième mille, P.O.L, 528 pages, 32 €.

Libr-brèves

► On retrouvera ici la visio-lecture de La Sauvagerie qu’a donnée Pierre Vinclair mercredi dernier 13 janvier dans le cadre de Station d’arts poétiques (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon).

â–º Peu après la publication du volume collectif issu du Colloque international de Cerisy sur son œuvre, Valère Novarina : Les Tourbillons de l’écriture, le poète, peintre, dramaturge et metteur en scène vient de recevoir le Grand Prix Paul Morand de l’Académie française, destiné « à l’auteur d’un ou plusieurs ouvrages remarquables par leurs qualités de pensée, de style, d’esprit d’indépendance et de liberté » – et doté de 45 000 €.

Libr-rétrospective 2020 (3)

â–º Créations : Joël Hubaut, « Ã‰pidémiK » [n° 1 ; série à terminer en 2021] ; Philippe Jaffeux, « John Coltrane » ; Julien Blaine, « (Y) » ; Laure Gauthier, « Transpoèmes »Â ; Tristan Felix, « Le Mâle dit de fine amor »

â–º Chroniques : Ahmed Slama sur Ivar Ch’vavar, La Vache d’entropie ; Patrick Beurard-Valdoye, « Fléau et théâtre social »Â [> 3 000 vues] ; Fabrice Thumerel, « Julien Blaine : fin de partie ? » [> 3 500 vues]…

â–º NEWS : Poesie is not dead, « Urgences poésies » [> 5 000 vues] ; « News du dimanche du 17/05 » [> 2 500 vues]…

► Entretien avec Christophe Fiat pour le lancement de la revue Cockpit voice recorder

29 mars 2020

[News] News du dimanche

Afin de résumer la situation, on peut rappeler ce constat d’Ivar Ch’Vavar, cité dans le post d’hier : nous vivons dans un « monde qui a déjà bien avancé dans son recul… Dans sa Dévastation »… Et pour ce qui est de la situation française, on n’arrête pas le progrès : de l’état exceptionnellement autoritaire on est passé à un liberticide état d’exception – qui du reste ignore désormais la sacro-sainte exception culturelle française : vu l’effondrement économique prévisible du monde de l’édition, on peut signer cette pétition « Pour un soutien massif au secteur du livre »
Ce soir, après un très sérieux (hic !) Salut de CUHEL aux confinés, pleins feux sur deux des livres reçus en mars, puis les mots-croisés insolubles de Marcel Navas.

CUHEL : Salut les confinés !

En distanciel, confinément à la législation RGPD en vigueur,
je vous souhaite une bonne survie !

© Julien Blaine

Aux rêveurs…


 UTOPIA

Se délester de l’inessentiel = détester l’inné sans ciel = Nous marchons vers l’A 16, l’autoroute-du-Bonheur…

Sans métro-boulot-agendo-claudo-dingo, sans shopping-outing-running-meeting-profitising-merchandising, etceterasing = ZEN !

L’humoins va repartir d’un bon pas sur l’humus… Virus humanum est ! Pensum humanum est !

Sur le Mont Golgotha, même le gotha revient aux Vraies-Valeurs – et même les voleurs…

 

God dam, toute BellÂme, toute GrandÉcrivaine et tout GrandÉcrivain est un homo-confinus.


Aux pragmatiques…


TO DO (or not to do, that is the question…)

 

  1. Après avoir tondu son gazon, s’occuper de sa toison (du moins, de celle dont s’occupe habituellement la coiffeuse / le coiffeur) – sinon dans deux mois, le remède sera pire que le mal : avec une invasion de moutons hirsutes et décolorés, le déconfinement sera une déconfiture !
  2. Après s’être lavé moult fois les menottes, s’attaquer à la quadrature du cercle de sa cellule, à savoir aux façons de tourner en rond dans un carré… Avec Simone, en route pour un voyage-autour-de-ma-chambre : sachant que la plus grande pièce de l’appartement mesure 5,50 m x 7,50 m, combien de tours faudra-t-il faire pour atteindre 1 KM ?
  3. Autre problème pour occuper les enfants…
    En s’appuyant sur une image satellite quelconque (car l’important, n’est-ce pas, c’est de voir le réel !), partir de la maison comme point de départ et tracer un cercle de 1 000 m de rayon : quel sera le diamètre de ce cercle ? Son périmètre ?
    Quelles sont les chances (!) d’être contrôlé par la police à l’intérieur de ce périmètre ? En dehors ?
  4. Encore un autre, soyons fous !
    Chercher les statistiques du jour : nombre de personnes testées positives, hospitalisées, en réanimation, décédées… Quelles sont vos chances de survie ?
  5. Un p’tit dernier pour la route…
    Se renseigner sur l’état-du-monde : quelles sont les chances pour que la pandémie soit suivie d’un krach boursico-économique ? pour que d’autres virus déclenchent d’autres pandémies ? pour que réapparaisse la grippe espagnole ? pour que surviennent cet été des catastrophes liées au réchauffement climatique ? pour qu’une nouvelle catastrophe nucléaire se produise dans le monde ? en fRANCE, qui n’a pas de pétrole, pas d’idées, pas de moyens, mais qui a de nombreuses centrales vétustes ? pour que l’on assiste à l’effondrement du monde numérique ? du monde tout court ?
  6. Relisez la fable de notre La Fontaine national, « Le Lion et le Moucheron »… Qu’en déduisez-vous sur la situation actuelle ?
  7. Avec Emmanuelle en huis clos, en rut vers l’Empire des Sens !

Allez, bonne semaine les confinés !


Deux livres reçus en mars 2020 /FT/

► Benoît TOQUÉ, Entartête, performances, Les Éditions extensibles, 110 pages, 12 €, ISBN : 979-10-96187-08-9.

« La tarte à la crème porte une vérité.
Cette vérité pénètre dans une tête.
La mémoire  de la tête se brouille. L’archive
vidéo est là pour parler.
Subrepticement, la vérité que porte la tarte à
la crème a pénétré le réel : et elle lui explose
à la face » (p. 31).

Quel rapport entre le titre du livre et l' »art dégénéré » ? Lorsqu’on ne parle pas allemand, dans « entartete Kunst » on lit « entartête »… Dans la lignée du dadaïsme et du surréalisme (belge), de façon têtue et pointue Benoît Toqué s’interroge sur ce « geste burlesque » d’entarter des têtes (ou tout aussi bien de les enfariner ou de les enfriter !), qui transite de l’espace artistique à l’espace social dans son intégralité : sa trajectoire le conduit de Noël Godin à l’entartauteur de Cosmopolis, Don Delillo, en passant par Laurel et Hardy ou Patrick Sébastien.

Avec brio et humour, le poète et performeur analyse les manières dont on entartête une réalité, exercices pratiques à l’appui.

Mais, bien évidemment, « l’important est de maintenir sa propre idiotie à un taux raisonnable »…

 

 

► Christophe ESNAULT, Ville ou jouir, et autres textes navrants, éditions Louise Bottu, 164 pages, 14 €, ISBN : 979-10-92723-36-6. [Commander]

Quelques topos mis à part – ressortissant au cynisme et romantisme noir de l’homme seul –, on pourra apprécier cette vision de la ville comme « dégénérescence »qui « contamine les corps de son poison », de la cité qui favorise la « confrérie des corps aléatoires ». Mais surtout on retiendra de ce recueil les brèves qui offrent d’irrésistibles saillies satiriques sur notre condition, à méditer en ce temps de confinement : « Qu’est-ce qu’il peut être merveilleux / De penser à tous ces gens / Qu’on a la chance / De ne pas connaître » (85) ; « Se reconstituer, cette urgence de se reconstituer quand on a trop côtoyé l’autre » (95)… Quant à « La Tombe éditoriale », elle est à mettre dans les mains de ceux qui se font encore des illusions sur l’actuel espace littéraire.

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES
Problème n° 2

 Horizontalement

  1. Autrefois elle faisait tapisserie, maintenant elle tricote pour les déshérités. – II. Bruits sourds que font les vieux qui retombent en enfance. Autopsie d’une langue morte. – III. Demi-frère. Jeu narcissique à gain nul. Sanction de père sévère. – IV. Se donne du mal pour avoir l’air authentiquement masochiste. – V. Peut fournir la palette et le pinceau mais pas l’encre. Pas de tout repos pour le guerrier. – VI. Institution qui soutient la famille et console les solitaires. – VII. Va-nu-pieds auquel on refuse le confort des pompes funèbres. Canapé convertible en dollars. – VIII. Vice cruciforme. Fait du tort pendant le sommeil, et parfois tue au grand jour. Période difficile à vivre. – IX. Elle n’a pas eu le temps de faire des conjectures. Sort parfois de son lit mais ne dort jamais sous les ponts. – X. On l’a battu comme plâtre et tiré par les cheveux et pourtant il a survécu. – XI. Animal qui finit mal dans les contes de fées. Panier qui peut servir de chaise quand il est percé. -XII. S’habillent d’un rien et se déshabillent de la même façon.

Verticalement

  1. Homme d’intérieur même quand il se produit à l’extérieur. – 2. Sorte de génuflexion très difficile à faire avec le coude. Font figure de loups dans les bals masqués. – 3. Portion incongrue. Dépenses destinées à faire des économies et qui finalement ruinent. – 4. Pour lui, l’heure de vérité est arrivée très en avance. Histoires d’homoncules. – 5. Tantôt il bat la mesure, tantôt la semelle, et dans les deux cas il est perdant. On suppose qu’elle a un bon fond mais sa forme est indéfinissable. Gros lot dont personne ne veut. – 6. On le copie parce qu’il n’a pas son pareil pour faire l’original. – 7. Point de non-retour dont on revient quand même. – 8. Porté à l’exagération. Moins il en fait et plus il est obscène. – 9. À bout de nerf. Pas le genre de père à boire ni à aboyer. Ils cherchent longtemps et finissent par trouver midi à quatorze heures. – 10. Race de chiens qui ont un air d’homme battu. – 11. A fait ses preuves comme soporifique. Tremblement de mer. – 12. Toujours occupé à faire dérailler le train-train quotidien. Écorchent les oreilles.

 

 

22 mars 2020

[News] News du dimanche

Dans cette spéciale : après un Edito de circonstance, de drôles de Libr-brèves et une ingénieuse Libr-(ré)création…

 

Edito /Fabrice Thumerel/

Face à l’innommable, toute littérature fait-elle le poids ? Assurément pas ces journaux coronavirussés où il est question de vaines préoccupations de nantis. (Les grands-écrivains dominants du siècle dernier donnaient dans l’exotisme, le voyage, les expériences gratuites ; les actuelles têtes de gondoles des grands-éditeurs nous offrent au rabais le repli nombriliste).

L’exception cuculturelle française ne fait du reste pas le poids : le circuit de production-distribution de livres est quasiment à l’arrêt (voir l’article récent de Guillaume Basquin). À croire qu’il est plus contagieux de toucher les livres que les denrées alimentaires… De toute façon, les livres ne constituent nullement une nécessité première, n’est-ce pas.

Heureusement, certaines plateformes commerciales ou de libraires indépendants présentent encore certains livres ou leur version numérique (Decitre, Les Libraires.fr, Place des libraires, FNAC, La Librairie.com…). Et il reste le riche catalogue de nos amis de Publie.net : parmi les titres plus ou moins récents, mentionnons L’Homme heureux de Joachim Séné ; Virginie Gautier/Mathilde Roux, Paysage augmenté ; Laurent Grisel, Journal de la crise, 2008… Ou encore, qui vient de paraître, Christophe Grossi, La Ville soûle , qui nous emmène de Paris (« Métropismes » et « Notes du dehors ») à Berlin et Barcelone, nous offrant en outre une « promenade littéraire, musicale, artistique et cinématographique ».

C’est dire que LIBR-CRITIQUE, même à court de Libr-événements, entre dans une période d’intense activité, comme on dit d’un volcan : nous allons vous proposer non seulement des lectures passionnantes – quels qu’en soient les supports –, mais encore des libr-créations et libr-réflexions à goûter et méditer – sans oublier de libr-zigzaguer de site en site et de blog en blog.

 

Libr-brèves

♦ Deux très bonnes nouvelles dans cette ambiance anxiogène.
1. L’armée américaine a annoncé avoir testé avec succès un prototype de missile hypersonique qu’elle espère déployer dans les cinq ans pour concurrencer des armes similaires développées par la Chine et la Russie.
2. L’Eglise catholique a décidé d’accorder, sous certaines conditions, « l’indulgence plénière » ou pardon des péchés aux croyants frappés par le Covid-19. /Jean-Michel Espitallier/

♦ CUHEL, Tourbillons absurdologiques

Le libéralisme, c’est récolter le rien après avoir cherché et semé le plusx ; c’est abandonner la recherche pour mieux trouver le Néant ; c’est libérer l’état de ses responsabilités pour les offrir en fardeaux aux vovotants-consuméristes ; c’est virer des lits dans les hôpitaux pour faire place aux virus ; c’est étendre aux hôpitaux le tri sélectif pour faire de la place ; c’est libérer des flics dans les rues pour répandre la Bonne-Parole ; c’est libérer les humoins de leur fardeau existentiel…

La fRANCE est la 7e puissance économique, donc elle p(and)énurique.

Il faut tousser dans le coude pour mieux se saluer : c’est ainsi qu’on s’allie en fRANCE, où l’on a les coudées franches.

En fRANCE, le travail rend libres ceux qui n’ont pas le choix.

En fRANCE, la liberté c’est se mettre sur orbite, les yeux exorbités, dans son propre quartier, avec à la main un pis-aller.

En fRANCE, lorsque le personnel de santé manifeste pour plus de moyens, on emploie les grands moyens : le pouvoir les salit et les CRS les accueille ; mais lorsque ça sent le cercueil par manque de moyens, on trouve le moyen de les enrôler comme moyens, et le président les salue !

En fRANCE, on a du bon sens, mais ça n’a pas de sens.

La fRANCE arbore l’exception culturelle, mais la mort cruelle ne fait pas d’exception.

La fRANCE a viré ses tests pour donner du lest au virus.

En fRANCE, tests de dépistage, tests d’apprentissage, même combat : vive le PIS-Aller !

En fRANCE, on n’a pas de masques, mais on avance masqués.

En fRANCE, on a des banderoles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des casseroles, mais on n’a pas d’idées.
En fRANCE, on a des véroles, mais on n’a pas d’idées.

Libr-(ré)création

Marcel Navas, MOTS CROISÉS INSOLUBLES
Problème n° 1

Horizontalement

  1. Avec elle c’est toujours la même chose, il faut qu’elle fasse remarquer son indifférence. – II. Plus ça dure et plus ça ramollit. Se fâche tout rouge sans changer de couleur. – III. Bien sûr qu’il était un homme d’expérience ! Preuve de mauvaise foi. – IV. Elle fait ce qu’elle peut et défait davantage encore. À la pointe du combat. Tout en délicatesse. – V. Il faut le boire cul sec pour connaître ses vertus aphrodisiaques. – VI. Pas du genre à se laisser faire, ni à repasser. Agent de texture recommandé aux écrivains dispersés. Il s’imagine qu’il impressionne. – VII. Publicité pour la duplicité. Rattrapage nocturne. - VIII. Pièges à oiseaux. Compliment bien mérité après une interminable série de blâmes. – IX. Sablier impérissable. Clôture des contes. - X. Absences répétées et finalement définitive. Nom usuel des anonymes. Artisan d’un projet irréalisable. – XI. Marques d’affection indélébiles. – XII. Aveugle aux beautés de la peinture, et sourd par dessus le marché de l’art. Dans le cadre du jeu et pourtant hors sujet.

Verticalement

  1. Douleur que seule guérit une longue habitude de la souffrance. – 2. Cet argument serait solide s’il n’avait le défaut d’être liquide. – 3. Il a brillé longtemps par son absence d’esprit puis s’est éteint. – 4. Facilite le divorce des vieux couples italiens. Méandres de la pensée. – 5. Ne peut survivre qu’au prix d’une baisse de revenu. Se donne des airs d’hôtesse. Puissant par sa capacité de nuisance. – 6. Cette manie qu’il a de violer les consciences ! – 7. Meuble d’angle sans grande utilité. Gourmandise jamais punie. Association d’idées sans autre but que récréatif. – 8. Aptitude à passer inaperçu sans pour autant disparaître. Fait le plein avant de vider son sac à malices. Du gaspillage mais pas pour tout le monde. – 9. Elles sont mises en scène ou alors mises en boite. – 10. Remplace avantageusement le remplaçant défaillant. Forme d’ennui à plein temps. – 11. Individu qui joue aux dominos avec sa mère et aux abdominaux avec sa femme. – 12. Lettres retournées à l’envoyeur avec promesse de correction.
Marcel Navas est critique d’art privé et collectionneur. 
Il propose ici des mots croisés qui durent longtemps.
Pour lutter contre la déprime, pour gagner du temps…

 

 

26 janvier 2020

[News] News du dimanche

En cette fin janvier, après l’agenda Lucien Suel, nos Libr-événements et la fin de notre Libr-Rétrospective…

Agenda Lucien SUEL

SAINT-OMER, 1er février 2020, à 17 h, au Foyer du Moulin à Café, Grand-Place, lecture publique de textes connus traduits en picard par mes soins sur une proposition de Guy Fontaine (Les Lettres Européennes), en compagnie de Colette Nys-Mazure, Christian Ghillebaert et Marc Monsigny, une programmation de La Barcarolle (gratuit) :https://www.labarcarolle.org/evenement/rencontre-c-nys-mazure-l-suel-c-ghillebaert/


LA COUTURE
, le dimanche 2 février 2020, présence au 40ème Salon du Livre de 11 h à 18 h 30. Avec notamment mon dernier ouvrage : « Ourson les neiges d’antan ? » aux éditions Pierre Mainard.


CAEN,
à l’IMEC, Institut Mémoires de l’édition contemporaine, Abbaye d’Ardenne, Chemin de Saint-Germain, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, du 4 au 7 février 2020, à l’invitation de Thierry Weyd et avec les étudiants de l’Esam Caen-Cherbourg, animation du workshop « SPEED WRITING / FAST PUBLISHING ». Lecture-performée (ouverte au public) le mardi 4 février à 18 h 30.


CLERMONT-FERRAND
, du 13 au 16 mars 2020, invité en tant que parrain de de la 33ème Semaine de la poésie, Festival de mars, à Clermont-Ferrand et dans la région.

Exposition de 60 poèmes express, du 2 au 27 mars, à l’INSPE Clermont-Auvergne (ex-ESPE), 36, avenue Jean-Jaurès, CHAMALIERES.

Le vendredi 13, à 18 h, pendant l’inauguration à l’INSPE, lecture (10 mn) d’extraits de « D’azur et d’acier » éditions La Contre allée.

Le samedi 14 de 11 h à 12 h, à la Médiathèque des Jardins de la Culture de RIOM, « Une heure avec Lucien Suel, poète et jardinier », suivie d’une séance de dédicace.

Le samedi 14, à 20 h, salle Georges-Conchon, « Deviens le poème ! », lecture d’ouverture, performance d’une heure à partir d’extraits de « Je suis debout » et de « Ni bruit ni fureur », mon anthologie en deux volumes publiée à La Table Ronde.

Le dimanche 15, à 11 h, salle Georges-Conchon, conférence-lecture-rencontre : «  Ma vie avec Jack Kerouac et la Beat Generation »

Le dimanche 15 mars à 16 h, au Cinéma Le Rio, quelques-uns de mes poèmes seront lus par deux élèves de la classe théâtre du Conservatoire Emmanuel-Chabrier de Clermont (extraits de Mort d’un jardinier et Visions d’un jardin ordinaire) en amont de la projection du film documentaire Le potager de mon grand-père de Martin Esposito, 2016.
Le lundi 16 dans la matinée, lecture-rencontre au collège Roger Quilliot.

Pour le programme complet : http://lasemainedelapoesie.assoc.univ-bpclermont.fr/


A
RRAS, 1er et 2 mai 2020, invité au Salon du Livre d’expression populaire et de critique sociale organisé par l’association Colères du présent. Programme à préciser… Programme surprise ?


LIMOGES
, 15 et 16 mai 2020 Festival « Ecouter Voir » à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art, Campus de Vanteaux, 19, avenue Martin Luther King, lecture publique le vendredi 15 à l’invitation des éditions du Dernier Télégramme. Horaire à préciser.http://www.derniertelegramme.fr/

Libr-événements

â–º Dimanche 2 février à 16H, L’Achronique, art et philosophie (42, rue du Mont-Cenis 75018 Paris) :

Dans le cadre de la résidence d’écrivain Ile de France (Poésie et faits divers : contre la fait diversification de la langue), Laure Gauthier reçoit à la galerie l’Achronique le poète Christophe Manon qui lira des extraits de Pâture de vent (Verdier, 2019) et de Vie & opinions de Gottfried Gröll (Dernier Télégramme, 2017), avant d’entamer un dialogue avec la poète autour du lien entre poésie et réel, poésie et faits divers.

â–º Les RV de/avec Mustapha Benfodil autour de son Alger, journal intense :

â–º Jeudi 13 février à 19H, Université de la Sorbonne, Amphithéâtre Guizot : la revue Place de la Sorbonne présente le « Système poétique des éléments »

Donner à voir et à entendre les 118 éléments du tableau périodique de Mendeleïev : c’est ce que nous proposent les 118 poètes du Laboratoire Novalis. Présentés par Katia-Sofia Hakim, Hans Limon et Dominique Tourte, quelques-uns des poètes de PLS au sommaire de cette anthologie chimico-poétique liront leur poème : Laure Gauthier, Irène Gayraud, Laurent Grison, Christine Guinard, Cécile Guivarch, Alexis Pelletier, Dominique Quélen et Sanda Voïca. Ces lectures seront ponctuées par les créations sonores du duo Kairos.
Gratuit sur inscription obligatoire avant le jeudi 13 février 2020.
Organisé par l’association Place de la Sorbonne en collaboration avec les Éditions Invenit, et avec le soutien du service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Libr-rétrospective 2019 (2)

â–º NEWS : Libr-News de septembre 2019…

â–º Création : Laure Gauthier, « Transpoems »Â ; F. CUHEL, « Retraitement du travail »

â–º Chroniques : Prévert, détonations poétiques ; Robert Menasse, La Capitale ; TXT n° 33 ; Patrick Beurard-Valdoye, « Flache d’Europe aimants garde fous » ; Mustapha Benfodil, Alger, journal intense ; Christian Prigent, Point d’appui

17 décembre 2019

[Texte] Cuhel, Retraitement du travail (extrait de « Une tRouée d’R dans l’aire du temps)

[À lire, l’un des derniers textes de CUHEL : « Hymne à la POHÉRÉSIE »]

CHÔMAGE.

C’est comme la Dette ou le Trou-de-la-Sécul : formidable pour bien tenir son monde !

Le chômage est systémique : la fabrique des inégalités produit des non diplômés, et les diplômés ne fabriquent pas forcément de bons petits soldats qui marchent pour le Marché, et le Marché fabrique des raisons que la raison ne connaît pas.

Le chômage est systémique : le hic est donc à trouver du côté des chômeurs.

 

CQFD.

Le chômage frappe lourdement les plus-de-50 ans, donc on rallonge la durée de cotisation pour une retraite à 64 ans.

L’espérance de vie en bonne santé est inférieure à 64 ans, donc on recule l’âge de départ à la retraite : en fRANCE, on aime la Bérézina !

 

ESPÉRANCE DE VIE. 

L’espérance de vie augmente, donc il faut travailler plus et partir plus tard à la retraite.
La retraite coûte cher, il y a trop de retraités – ces assistés !

Le travail c’est la santé. Mais la santé de l’entreprise ne supporte pas les plus-de-50 ans. Il faut donc travailler plus pour être au chômage. Le chômage, c’est bon pour la santé, ça augmente l’espérance de vie. Et quand l’espérance de vie augmente, il faut travailler plus. Et partir plus tard à la retraite.

Et comme l’espérance de vie en bonne santé ne dépasse pas 64 ans, on augmente le Trou-de-la-Sécul.
Et pour combler le Trou-de-la-Sécul, il faut cotiser plus.
Et pour cotiser plus, il faut travailler plus.
Et pour travailler plus, il faut être en bonne santé.
Et pour être en bonne santé, il faut travailler moins.

Pour combler le Trou-de-la-Sécul, il faut rembourser moins.
Et si on rembourse moins, on se soignera moins.
Et si on se soigne moins, on sera en moins bonne santé.
Et si on est en moins bonne santé, on coûtera plus.
Et si on coûte plus, on augmente le Trou-de-la-Sécul.

La question cruciale à traiter est donc celle-ci : combien de temps allons-nous encore financer ces Trous-du-cul de retraités ?

20 octobre 2019

[News] News du dimanche

Avant vos Lib-événements de fin octobre/début novembre (Cécile Portier, Charles Pennequin, Michel Deguy, Éric Chevillard…), une recette particulière avec le duo satirique Cuhel/Heirman… Puis votre Libr-8 suivi de la rubrique « En lisant, en zigzaguant »…

UNE satirique :
La recette de la semaine : une blanquer-de-veau (CUHEL/HEIRMAN)

N’en déplaise aux blanquer-dévots, voici la recette de la blanquer-de-veau…

Dans un saladier de technopicrate, verser

  • une pincée d’épices
  • une cuillerée de malice
  • une poignée d’injustice
  • une louche d’économie(s)
  • une charretée d’avanies
  • une volée de n’importe quoi
  • une overdose de mauvaise foi
  • un mix / une mixture de neuronique et de numérique…

Et le (vilain) tour est joué !

Libr-événements

► Cécile Portier, dont on connaît l’admirable site Petite Racine, sera en résidence à Marseille du 21 au 25 octobre 2019 dans le cadre des micro-résidences d’Alphabetville.

« Mais je ne parlerai pas de politique. Non. Non. Non. Je parlerai de ce qui nous échappe. De ce qui fait que nous ne comprenons pas ce qui nous arrive, et que nous glissons inexorablement le long de la réalité. C’est une réalité qu’on ne peut appréhender avec les méthodes ordinaires » (extrait de « Faux plat, cartographie par la fiction de nos espaces politiques », AOC, 2018).

♦ Le jeudi 24 octobre à 18h30, Faits divers avec Cécile Portier, café-librairie la Salle des machines, Friche la Belle de Mai (41 rue Jobin 13003 Marseille).

Dans le cadre de sa résidence, Cécile Portier présentera « Plusieurs », un texte inédit, publié spécialement dans la revue La première chose que je peux vous dire aux éditions de La Marelle, en partenariat avec Alphabetville. Lecture et échange autour du texte. Entrée libre. Revue : 2 €.

► Jusqu’au 30 octobre

► Vendredi 25 octobre à 20H, Poètes en Résonances (75018) :

► À la Maison de la poésie Paris :

Libr-8 (septembre-octobre 2019)

► Jean-Michel CORNU DE LENCLOS, L’Abysinienne de Rimbaud, Caen, éditions Lurlure, 296 pages, 22 €.

► Sylvain COURTOUX, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir, Les Presses du réel / Al dante, livre de 362 pages + CD, 27 €.

► Alexandre DESRAMEAUX, Saut fixe, Atelier de l’Agneau (33), coll. « Architectes », 78 pages, 16 €.

► Ariane JOUSSE, La Fabrique du rouge, éditions de l’Ogre, 128 pages, 14 €.

► Julien LADEGAILLERIE, Lacrymogenèse, Les Presses du réel, coll. « PLI », 72 pages, 10 €.

► Daniel POZNER, Défense, illustration, impatience et épluchures de la langue française, ibid.

► Sébastien RONGIER, Alma a adoré. Psychose en héritage, Marest éditeur, à paraître le 22 novembre, 176 pages, 19 €.

► Jean-Philippe TOUSSAINT, La Clé USB, Les Éditions de Minuit, 192 pages, 17 €.

En lisant, en zigzaguant…

► « Il faudrait pour connaître la vie et se connaître soi-même être toujours en train d’écrire un récit parallèle (pour disloquer l’ordonnance & et arracher cette pseudo-transparence, la dépouiller – cette opacité qui sonne et trébuche dans le fin fond du moindre mot / chaque mot est une tour pleine de combattants) • de ratures qui laissent lire ce qui peut les oblitérer (un texte qui est à la fois très ressemblant, un texte qui est à la fois tout autre (pratique + événement du ré-agencement – ce jeu qui introduit du possible dans l’impossible) • et tout ceci renvoie, répercute, cite, propage son rythme sans mesure » (Sylvain Courtoux, L’Avant-garde, Tête brûlée, Pavillon noir).

► « Psycho ne produit pas seulement un effet cinéma dans le monde du cinéma. Les bouleversements sont profonds pour de nombreux artistes contemporains qui réfléchissent à la production des images à partir de leur expérience de spectateur. L’enjeu de la notion de « cinématière », développée dans un précédent essai, est de penser le cinématographique comme un matériau qui serait passage et déplacement, une tension qui déborde le champ cinématographique » (Sébastien Rongier, Alma a adoré, en librairie le 22 novembre, p. 137).

► « Des génies, au portail ? Derrière, sérail toi ! La faim, bander. La mort : gargantuesque. Hé oh ! Marcello ! stronzo ! bello !, braguette, ta plaie, pédale, tais, sexe !, mais mort, moteur, marrant, devant ? Démarre ! Démarre ! En tigre, blanchi de glace, rugis, bondis : pile mort, et face : tes non ; et vit, de neige, de nuit, d’été,
Ne plus, baiseras, jamais, tu plus ! » (Alexandre Desrameaux, Saut fixe, p. 15).

21 avril 2019

[News] News du dimanche

Dimanche de Pâques oblige, NOSTRADAMUS vous parle…
Ce qui ne vous empêche pas de vous plonger dans notre sélection Libr-12…

UNE de Pâques : message de NOSTRADAMUS… /F. CUHEL/Joël HEIRMAN/

NOSTRADAMUS a dit :
Ce temple dédié à Notre-Dame, en cinq ans je le reconstruirai !
Pour ce temple j’amasserai l’argent des marchands
Je lèverai une armée d’alarmés…

Vive les riches car le Royaume de Notre-Dame est à eux !

L’État c’est vous donnez donnez donc !

Hosanna au plus haut des cieux !

Monumentum humanum est

Grâce aux fils et filles de pub glorieux !

Heureux les Bellz’âmes
à eux le paradis des ânes !

Et le temple du corps
social ?

– En trois jours
quasi
ment
grosso
modo
et trois p’tits tours…
je le

Libr-12 (début 2019) /FT/

â–º BOBILLOT Jean-Pierre, Prose des rats. Textes pour la lecture/aXion, Atelier de l’Agneau, St Quentin-de-Caplong, 2e édition revue & augmentée, 96 pages, 17 €.
[Le [Ra] dans tous ses états… Quel Rat-fût ! C’est « comm’ le Réel sans les fiXions »…]

â–º CABANNE Grégoire, Michel, Leïla (Lui, Elle, Toi), éditions MF, coll. « Inventions », 224 pages, 15 €.
[Variations pronominales jusqu’au pain noir/pain blanc du Poète…]

â–º CHEVILLARD Éric, L’Autofictif et les trois mousquetaires, éditions de L’arbre vengeur, 216 pages, 15 €.
[« Qui lit encore Éric Chevillard de vos jours ? » (p. 13)… Voici le 11e volume de ce journal décalé !]

â–º CHIAMBRETTO Sonia, POLICES !, éditions de l’Arche, coll. « Des écrits pour la parole », 96 pages, 15 €.
[Des méfaits de la police aux bienfaits des polices de caractères… Un montage très critique !]

► DONGUY Jacques, Chroniques de poésie numérique, Les Presses du réel, 122 pages, 14 €.
[Chroniques parues dans la revue CCP de 1999 à 2012, par celui qui a imposé le label « poésie numérique » après en avoir été le pionnier en France.]

â–º FERRAT Stéphanie, Côté ciel. Notes d’atelier, La Lettre volée, Bruxelles, 60 pages, 14 €.
[« L’atelier est un silence où se posent les yeux »…]

â–º L’Intranquille, Atelier de l’Agneau, n° 16, 90 pages, 17 €.
[Entretien avec Denis Ferdinande ; Blaine, Demarcq ; Herta Müller…]

► MARTIN-SCHERRER Thierry, Nous sommes presque réels, La Lettre volée, Bruxelles, 144 pages, 19 €.
[Correspondance entre Côme et Viviane, avec au centre Lettres à Poisson d’Or de Joë Bousquet.]

â–º Anne-Christine Royère dir., Michèle Métail. La Poésie en trois dimensions, Les Presses du réel/al dante « Ã©tudes », 448 pages, 30 €.
[Une somme essentielle sur une Å“uvre commencée il y a à peu près un demi-siècle : entre poésie sonore, concrète et oulipienne…]

► PRIGENT Christian, Poésie sur place, Les Presses du réel/al dante, 112 pages + CD, 15 €.
[« Lire des textes en public n’est pas déclamer la poésie mais l’effectuer sur place« . Le poète consacré fait le point sur sa poétique de la lecture dans un volume/CD qui regroupe quatorze créations datées de 1977 à 2018.]

► RILKE Rainer Maria, Poèmes nouveaux (deuxième partie), édition bilingue, traduction de Lionel-Édouard Martin, éditions Publie.net, 254 pages, 21,50 €.
[Des « poèmes de l’Å“il » dans la seule édition bilingue disponible actuellement : une trouée dans le sublime ! À défaut de conserver les rimes, la traduction propose des poèmes en décasyllabes et alexandrins – parfois au prix d’une certaine lourdeur, voire d’une encombrante artificialité.]

► TAÏEB Lucie, Peuplié, éditions Lanskine, 136 pages, 15 €.
[« Ma poésie s’est peupliée ? » Le peuple déplié dans un arbre à Paroles… Une histoire d’amour tragique aussi.]

18 mars 2018

[Texte] CUHEL, Hymne à la POHÉRÉSIE

C’est avec ardeur que CUHEL fête la fin de ce 20e Printemps de la poésie qui pour le moins défraie la chronique… Place à la "Foire aux vanupoets" !

Voici la saison

des pâmoisons

devant les arcs-en-ciel à minuit

les hardeurs à midi

la POHÉRÉSIE est une pute

 

voici

l’étang où s’réveillent les piètres zozos

  réveillonnent

s’révolutionnent

pour faire leur tour de fange

 polis aèdes esquintés

 envasés dans la clapœtzi

 

au top des lyres

pro-fées hâtiques

des poltrons minets

tout k®hotés

beaux brins de pus gai

beaux brins de taons

adeptes de la pœtmanie

font cuicui

au bal Mumusette

 

 

 

 prends ta défroque d’albatroc

troce

troche

 

pour faire la manche honorable

 

 ta dépouille d’archipiètre

pour léchouiller l’appeau&s’prit

 

 ton déguisement d’immondain

pour déverser

tes immondices dans la fossepublique

 

 

AVEC LE PRINTEMPS LA POHÉRÉSIE VIENT À VOUS

 

 

pœchie flash                         tapez 1

pœchie crash                        tapez 2

pœchie trash                         tapez 3

 

pœchiethérapie                    tapez 1

ludopœtzi                             tapez 2

libidopœtzi                           tapez 3

 

(hein partouze ?

oui tous purin !)

pœtzipartouze

pour les barbouzes

 

pœscie en promo pour votre bachot

vos réchauds

vos textos

vos libidodos

 

pœchie ennettée

encygnée

enkystée

enkitée

 

pœscie métrée pour métro

chronométrée pour vidéo

 

pœtic potage

garanti sans tache

pœtzischole

100% pure colle

pour les rances du col

 

 

AVEC LE PRINTEMPS LA POHÉRÉSIE VIENT À VOUS

 

 

prends

ton bâton d’pèle-reins

 

ton scalpel à rimes

 

ton zèle&frime

 

ton pœtappeal

 

ta pœtprose de posateur

 ta pose de pœteur

 ton poêle-à-grattin

 ton bottin-à-gratter

 ton prêt-à-enthousiasminer

c’est l’juste prix pour être ânathomisé et

 hantholorigolisé

 

suis les alizés

les hallalis

l’alibi zélé fait le printemps

 

 

AVEC LE PRINTEMPS LA POHÉRÉSIE VIENT À VOUS

 

 

voici

l’étant du pœt qui s’la pète

superspringphœnix

superassuretourix

proversion amuseleurre putblik

VRP = versidangeur réputé pœtblik

= verbonabab de rapacité putblik

= véritable retspublicancanpœt

= véritable rampant pœthétik

= véritable rat de pœthèk

= vieux routard pœtic

= etc.

 

salve

bourgeonnante

bourdonnante

       salve pœta

et son alphabêta

(ç’a de l’avenir

de pœt tire-lyre)

 

pœtaradante

ses jantimomies Þ

lumière/ténèbres

 

 

sève primesautière

de vigie altière

traîne-litière

 

bonheur/malheur

blanc/noir

etc.

 

 

 

  ses antiquincailleries

 

 

faut

  pour faire charrière

faire machine arrière

  ses antiques âneries

  sa pœscie des 4 élédéments

   de charlatan

 

 

 

Foire aux vanupœts

 

le softpœt     est   videur    d’idéhots

le worldpœt  est   vendeur d’idéhaux

recycleur de chutups & de perfs fort rances

 

 

 

Foire aux vanupœts

 

avis aux

ah vice !         O

 

 

 

pœtloustics

pœtmoustics

pœtchics

pœtchiqueurs

pœtchicaneurs

pœtcholéreurs

pœtcollateurs

apœtasieurs

pœtagueurs

pœtrockeurs

pœtfrimeurs

pœtfoireurs

pœtsalonneurs

pœtslameurs

 

pœtcloneurs

pœtcrawneurs

pœtcrameurs

pœtrateurs

pœtdérateurs

pœtrappeurs

pœtdérapeurs

pœtdémarcheurs

pœtmarketeurs

pœtdébloqueurs

pœtblogueurs

pœtblagueurs

pœtposeurs

pœtrazeurs

pœtarnaqueurs

pœtréchauffeurs

pœtplastronneurs

infopœteurs

nymphopœteurs

pœtsloglandeurs

pœtsniffeurs

pœtspoteurs

pœtspéculateurs

pœthésaurisateurs

pœtrimailleurs

pœtmétreurs

pœtniqueurs

pœtscieurs

pœtchieurs

pœtloveurs

pœtlibidineurs

pœtouzeurs

pœtvideurs

pœtvidangeurs

pœtnécroseurs

pœtnévroseurs

fastpœteurs

self-made-pœteurs

 

4 février 2018

[News] News du dimanche

En ces premières NEWS de février, ne manquez pas l’Actu vue par Cuhel/Heirman ; le livre de la semaine : Beurk, Le Salariat pue… Et nos Libr-brèves : AOC, Festival Bruits de Langues…

L’actu vue par CUHEL/HEIRMAN

Grand Président sur son foudre perché
great talker great crooner débiteur d’homélie-mélo
veut rendre plus humaine la mondialisation

Plan A : obliger 120 000 fonctionnaires à partir volontairement de leur plein gré.

Plan B : réforme économique du lycée = – 20 000 postes.

 

Plan Q : les dominants prennent le droit d’homonculiser de leur plein gré les dominés.
Plombé le ministre X ?

Le livre de la semaine

Ruez-vous sur le livre de Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, février 2018, 84 pages, 10 €, ISBN : 978-2-9520493-6-8.

Extrait : "tu peux te démonter, te pendre, te foutre la tête dans la gazinière, te balancer par la fenêtre, ça t’as droit possible, autorisé. ça fera de la place pour d’autres numéros de ton espèce. on peut te remplacer vite fait et pour moins cher. c’est pas ce qui manque les chômeurs, la chair à ordres, économies. merdef. death."

Libr-brèves

â–º Il faut vraiment essayer d’aller voir du côté du nouveau journal indépendant lancé par Sylvain BOURMEAU : AOC = Analyse Opinion Critique

â–º De l’humanité de l’humain dans les arts : du 5 au 7 février à Aix-en-Provence

Intervention de Colette Tron et Patrick Portella sur le thème "Le divers du monde, ou des poétiques et politiques de l’altérité", dans le cadre des journées thématiques organisées par le laboratoire PRISM/CNRS, l’Ecole supérieure d’art d’Aix, COMUE Paris Lumières Qu’est ce que l’humain ? Qui est-il ? Comment le rencontre-t-on ? Comment faire sa connaissance ? Les arts et les artistes peuvent-ils nous guider vers "l’humanité de l’humain" ? Peuvent-ils nous dire sa valeur, ses enjeux ?

â–º Du 5 au 7 février : Ne manquez pas le Festival Bruits de Langues organisé par l’Université de Poitiers !

 

1 janvier 2018

[Chronique] Libr-Nouvel AN

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 22:00

LC vous éclaire pour l’An neuneuf avec le poète CUHEL et le dessinateur Joël HEIRMAN… Plus que jamais, soyons libr&éthiques, libr&critiques – car, ce qui est sûr : « la littérature tout entière ou ce qu’on fait passer pour n’est plus qu’une somme de clichés navrants ; au diable l’écriture "démocratique" et tout le blabla qui l’entoure, on connaît la chanson, merci ! » (Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs, Quidam, 2017, p. 44).

CUHEL : Vive l’An Neuneuf

Dans l’ordre : comptes de Noël ! (C’est important, ça, l’ordre… plus que ça qui compte… Tous les hunains marchent à l’ordre : on n’arrête plus le Progrès…).

Bigre de ConnardTM
Amuse-Bouche-en-chœurTM

Cuistres d’Arnaque-consTM

Chapon melon et hottes de cuirTM
Mottes de Sept-pieuxTM

Embûche glaçanteTM
Embouche-un-conTM

Après les comptes de Noël, les contes de l’An Neuneuf, neuneuf pap bien en ordre : meilleurs vieux, vœux au pieu… Nouvelle Ânerie, strausseries et nunucheries… L’An Neuneuf et ses Bêtisiers : l’e-monde est devenu un Big-Bêtisier ! Rétrospective 2017 = les-événements-qui-vous-ont-marqué-en-2017 ? Rien de spectaculaire, bande de

1. La Planète va de l’avant, c’est clair, tout droit dedans…

2. Le seul Progrès : celui des inégalités…
Lieber tué – Inégalité – Fraterniqué…

 

Le petit Michel-Serres démasqué…
Un naintellectuel, ça sert à quoi ?
(Dessin de Joël HEIRMAN, texte de CUHEL)

La chose est entendue : est réac quiconque ose comparer le présent au passé, et surtout s’il préfère tel ou tel aspect de ce dernier. Ringard, passéiste, en un mot "has been", tout olibrius qui, chiffres et arguments à l’appui, met en garde contre les dérives de l’ultra modernité, refusant de donner dans les prophéties et fariboles des éclaireurs de l’humanité en transe et de la transhumanité qui, du haut de leurs ziggourats high tech nous promettent un avenir radieux :

Heureux les cœurs durs
car ils seront Dieux
Heureux les Hommes-Dieux
car ils règneront sur la Nature

Nul hic
Nul réchauffement climatique
pour Celui qui maîtrisera la mort comme la météo
Et si changement climatique il y a
ce sera bon pour le fric !
Sus aux Pôles !
Et si ça tourne mal sur Terre
on ira voir Ailleurs
Et si les Hunains vont cahin-caha
vive les IA !
Et si les Hunains vont à hue et à dia
on en fera des Transhunains !

À près de 90 ans, M. Michel Serres, académicien de son état, veut montrer aux gogos qu’il n’est pas encore gaga. Muni de sa panoplie de naintellectuel, il s’attaque à un cliché : "C’était mieux avant !" Rien de plus facile pour lui, et ça pourrait lui rapporter gros, comme d’habitude : rien de tel pour combler les Belles-Âmes ! Quoi de mieux pour les Grands-Ânes !

Rien ne sert d’être en avant et en garde
quand on est nimbé de vert
on prend garde
on va de l’avant
on se met en avant
et on est au chaud pour l’hiver…

4 septembre 2017

[Textes] La Rentrée La Rentrée La Rentrée, par Marc Guimo et Cuhel

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 20:43

Marc GUIMO et CUHEL vous en font bouffer de la Rentrée… de quoi la rentrer bien profondément… colère rentrée ?

La rentrée
C’est marrant ce terme
Vu qu’on est peut-être parti
Mais pas vraiment sorti
Des limites de la société
La rentrée
C’est le mirage en bande organisée
Le frottement de mains mondial
Des équipes marketing
Les surfaces deviennent grandes
Les cerveaux convertibles
Les listes hautement tactiques
A ce moment aussi
Les rayons ne sont plus solaires
Aucune fenêtre pour contredire
Et dans ce dispositif rituel
Aussi drôle qu’un rappel d’impôts en 3D
Les objectifs sont simples
On n’est pas loin du mantra fauché
Dans la bouche d’un illuminé
Je vais voir de plus près
Je veux pousser du caddie moi aussi
Je veux ma part du butin
Ma part d’abondance
Même si je n’ai aucun besoin
Dans l’instance
La règle à bord
Tu rentres tu paies après
Cartes bancaires en cours de soumission
Et je vois dans les allées
Les enfants qui managent leurs parents
Les parents bien élevés par le système
Affaires de classe
Classe affaires des marques
Vendre du neuf à des vieux précoces
Vendre du vieux dans de la lingerie neuve
Des palettes chargées de livres ou de viande
Même combat
Des livres qui se demandent ce qu’ils font là
Et nul ne leur répond
Et nul ne se plaint au bout de la chaine
Des caisses en Burn-out
Je commence à reculer
Comme si je venais de voir mon chef dans mon lit
La rentrée c’est pour tout le monde
Gueulent les panneaux
Ils ont bloqué les sorties sans achat
Et posté de nouveaux vigiles
Bien plus balaises que les précédents
Je leur demande si je peux rentrer chez moi
Si je peux quitter la file discrètement
Ils me répondent d’un autre monde
Doigt tendu vers l’infini des codes-barres
La rentrée c’est ici
On a le monopole

Marc GUIMO

♦♦♦♦♦

Comme tous les homoncules
pour la RentréeTM j’me suis fait un p’tit pécule
pour les fournitures les garnitures les tas d’ordures

RentréeTM
l’alloc pour la loque
Rentrée des prix
des prisés et des méprisés
des primés et des dé-primés
des lettrés et des illettrés
Rentrée des listes
To-Do
what could we do
sorties séries et chieries
Best-au-lit

Fini les Reine-Claude
la Rentrée sera chaude

Échaudés par la canicule
les homoncules se magnent le cul
à fond les manettes
sans se prendre la tête
ils ouvrent leurs écoutilles
allez on s’émoustille
on rallume le monde en veille
on se lisse on se hisse
et on crie Ô merveilles !
Mais quoi se faire niquer ?
par une bombe H
H comme Hyper
ça ferait quoi de la chair à conso
en bouillie ?

Béni chaque jour que l’Homoncule fait
vive la Rentrée avec ses vœux pieux
à qui mieux-mieux
vive la RentréeTM
des z’animateurs
des boni-menteurs
des promos
et des gogos
vive les nouvelles têtes d’affiche
de godiche
de gondole
de farandole
chaque jour sera fête !

CUHEL

16 avril 2017

[News] News du dimanche

Rien ne cloche ? Comme si l’on était en République… Comme si le pouvoir politique était indépendant des puissances d’argent… Ne manquez pas le regard de CUHEL. Suivent des Libr-événements : Expo Jean-Luc Parant à Sète, POÉSIE CIVILE #3, RV à Charybde, à La Maison de la Poésie Paris avec Camille de Toledo… Un événement autour de Valère NOVARINA en mai !

Le Libr-regard de CUHEL

Voici venu le temps où, vibrant sur leurs vestiges,
les gens de bien(s) s’agitent s’invectivent tiquent et pronostiquent putanisent et putativent…

Et si les x vovotaient pour y
et si les y vovotaient pour z
et si Machin voulait bien compoter avec Truc…

Excités devant la percée la remontée la déculottée…

Quel bonheur de se faire spectaculer !

Heureux qui comme l’Homoncule
Heureux ceux qui croient qui croient croire
car ils verront
le Mont Cul

Le pécule est au fond du cul

Comme-avant…
Comme-si…
Sinon c’est l’enfer…
L’enfer c’est le faire
Vive le laisser-faire !

Libr-événements

â–º Jusqu’au 29 avril, Exposition Jean-Luc Parant à Sète :

â–º Lundi 17 avril à 19H30, POÉSIE CIVILE #3 : VALEUR D’ÉCHANGE & VALEUR D’USAGE DE LA POÉSIE (26, rue du Docteur Potain 75019 Paris).
Classe ouverte et lectures participatives dans le cadre de l’Université libre de DOC.

Lors de poésie civile#3, vous êtes invités à discuter autour de valeur d’échange & valeur d’usage de la poésie, et pour cela apportez vos propres textes ou ceux d’autres auteur.e.s.

Format proposé par Laura Boullic, Marie Fouquet, A.C. Hello, Anne Kawala, Élodie Petit et Marie de Quatrebarbes.

 

â–º Mardi 18 avril à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : Les Entichés en Charybde pour des lectures et discussions autour des textes de Jonas Hassen Khemiri ("Presque égal à"), Koffi Kwahule ("La mélancolie des barbares") et Mathieu Larnaudie ("Les effondrés").

â–º Mercredi 19 avril à 20H, Maison de la poésie Paris : Lecture-conférence Histoire du Vertige #8 par Camille de Toledo
" Leçon inaugurale " : vers une vie vertigineuse

De la vitesse, de la fiction, de la perte des langues, de l’exil même des choses… Pourquoi le vertige et comment apprendre à l’habiter ?

« Dans cette Histoire du vertige, je poursuivrai une intuition qui a inspiré tout mon travail d’écrivain et de lecteur, où la littérature, les romans sont porteurs d’un savoir inédit, un savoir vertigineux… » Camille de Toledo

À travers les romans et écrivains “sacrés” – de Cervantès à J.L. Borges en passant par Dostoïevski et Faulkner… – les auditeurs seront invités à lire avec – penser avec – la littérature pour cerner les contours de notre contemporain, la façon d’habiter notre temps, ce vingt-et-unième siècle de furies et de colères. Quel “savoir” la littérature porte-t-elle ? Quel mode d’existence peut-elle inspirer ? Quelle forme d’habitation pouvons-nous imaginer avec et par la fiction ? Voilà quelques-unes des questions qui sous-tendront cette Histoire du vertige, cycle de lectures-conférences proposé par Camille de Toledo. Une pensée joyeuse, ouverte, autour et avec la littérature.

En partenariat avec Diacritik et Remue.net.

â–º PAYSAGES PARLÉS, textes de Valère Novarina, par Claire Sermonne et Mathias Lévy dans le cadre de la Nuit des musées

Au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix des Sables d’Olonne le 20 mai 2017 de 19h à 23h

Paysages parlés, suite pour voix (Agnès Sourdillon, comédienne) et cordes (Mathias Lévy, violon improvisé), sur des textes de Valère Novarina.
Entrée libre.

Plus d’informations : http://www.lessablesdolonne-tourisme.com/fiche/detail/17414/Decouvrir~Agenda-Evenements~Expositions/la-nuit-des-mus%C3%A9es
Le site du Musée : http://www.lemasc.fr/masc/

Musée de l’Abbaye Sainte-Croix
Rue de Verdun
85100 Les Sables d’Olonne
Tél : 02 51 32 01 16

17 octobre 2016

[Chronique] Pris par le Nobel… Chanson et poésie dans l’espace littéraire actuel (Fabrice Thumerel)

Suite à la charge satirique de CUHEL dans les NEWS d’hier, laquelle se faisait l’écho déformé de multiples réactions dans les médias et les réseaux sociaux suite à l’attribution du prix Nobel de littérature à Bob Dylan, essayons de prendre un peu de cette distance propice à la réflexion libre et critique – ce qui ne revient pas à prendre aveuglément parti pour ou contre Dylan, à traiter de "réacs" les contempteurs et à délivrer un brevet de vertu hypermoderne aux thurifaires, mais à mettre ce fait littéraire en perspective.

 

Comme toutes les grandes institutions, l’insigne Assemblée suédoise détient le pouvoir symbolique, et par là même le monopole de la circulation des discours légitimes. Autrement dit, elle possède l’insigne privilège de nous faire gloser. Dès lors, on peut comme Christophe Claro sur son blog Le Clavier cannibale  tourner en dérision la comédie socioculturelle que constituent tous les prix littéraires – dont la raison d’être est avant tout d’ordre économique. Ou, comme Pierre Le Pillouër sur Sitaudis, marteler un cinglant rappel à l’ordre : la poésie est un art majeur, la chanson un art mineur. Le plus étonnant est la réaction de bon nombre d’auteurs se revendiquant du pôle autonome : sus aux digues sclérosantes, à bas les frontières transdisciplinaires… et vive le songwriter Bob Dylan ! Si l’icône du rock est plutôt un allié de la poésie qu’un "saligaud" (Le Pillouër, via Baudelaire) – pour emboîter le pas à Julien d’Abrigeon -, appartient-il pour autant au champ littéraire ? Avait-il besoin d’une reconnaissance spécifique, lui qui en son domaine jouit d’une aura populaire et de bénéfices économiques énormes ?

Au reste, la noble institution n’en est pas à son premier coup d’éclat : en 1997, elle a récompensé un auteur qui était sorti du livre avec son théâtre à brûler... Mais quelle différence opérer entre Dario Fö et Bob Dylan ? Le premier se situe aux marges du champ littéraire, tandis que la star made in USA est hors champ. Ou, pour le moins, ce dernier fait partie de l’espace de la chanson, et non de l’espace poétique.

Les pratiques avant-gardistes ayant finalement eu raison de la stricte délimitation hiérarchisée entre chanson et «vraie poésie», que rappelait encore une vedette comme Serge Gainsbourg, les échanges entre ces deux univers et, plus généralement, entre espace poétique et espace musical, se sont développés mais surtout diversifiés. De nombreuses manifestations en témoignent, comme les Poétiques de France Culture au Théâtre du Rond-Point : « Les Poétiques de France Culture se veulent — avec poèmes, chants, musiques et sons — des créations originales » (André Velter, Orphée Studio. Poésie d’aujourd’hui à voix haute, Poésie/Gallimard, 1999, p. 8). Citons encore les collaborations de Michel Bulteau avec Elliott Murphy (Hero Poet), Michel Houellebecq avec Bertrand Burgalat (Tricatel Beach Machine)… Olivier Cadiot avec Alain Bashung (Le Cantique des cantiques, Dernière Bande, 2002) ou Rodolphe Burger pour Cheval-mouvement (Dernière Bande, 1993), extrait de Futur, ancien, fugitif, qui, pour le poète, « est plein de petites boîtes à son, comme dans une installation électroacoustique imaginaire» (Entretien paru dans Galeries Magazine, n° 58, 1994, p. 110). Voici comment il évoque son travail avec Rodolphe Burger : « Pour les chansons, nous prélevions des extraits chantables des livres, mais cette méthode finissant par devenir ennuyeuse, nous en sommes, après nos deux disques où les paroles de chanson sont remplacées par des samples de voix, à essayer de construire une chanson en direct : une lecture de texte d’écrivain se transforme progressivement en "drame radiophonique", puis en quasi-chant pour se finir comme il se doit en chanson, les musiciens prenant le relais ».

Si les chanteurs gagnent en bénéfices symboliques à être intégrés dans la sphère poétique, les musiciens, eux, cherchent à renouveler leurs pratiques : Pierre Boulez trouve dans l’architecture de A la recherche du temps perdu comme dans les mosaïques de René Char matière à innovations formelles (cf. Autrement, n° 203 : « Zigzag Poésie », avril 2001, pp. 156-160) ; depuis plus de trente ans, Jean-Yves Bosseur s’interroge sur « le sonore et le visuel », « le mot dans la partition », « processus musical et texte »… Quant aux poètes expérimentaux, ils puisent dans la musique et la chanson de nouveaux modes d’écriture, échappant à la tradition lyrique par l’invention de processus de tympanisation (conjonction voix / écriture) et de sonorisation (conjonction matière sonore / écriture). Sans compter que sortir la poésie de son huis clos permet de gagner en visibilité et par la même de conquérir une certaine autonomie matérielle. Telle est la situation d’Olivier Cadiot, que commente ainsi Anna Boschetti : « Sa collaboration avec des plasticiens, des musiciens et des metteurs en scène l’a aidé à accéder à une notoriété tout à fait exceptionnelle pour une œuvre exigeante comme la sienne, et lui permet de gagner sa vie sans renoncer à la plus totale indépendance dans son métier d’écrivain » (« Le "Formalisme réaliste" d’Olivier Cadiot », dans Eveline Pinto dir., L’Écrivain, le Savant et le Philosophe, Publications de la Sorbonne, 2003, p. 239).

Dans l’état actuel du champ poétique, seul le label « performeur » est doté d’un fort capital symbolique (celui d’« auteur-compositeur-interprète » est bel et bien daté), et certains auteurs se méfient des doubles labels. Si Maurice Roche refuse l’étiquette d’« écrivain-musicien » car elle a justifié le rangement de ses textes dans la catégorie des « partitions » (cf. Java, n° 25-26), Sapho, quant à elle, tient à distinguer rigoureusement ses activités de chanteuse et de poète : « La chanson est un exercice de style très précis […]. Il y a tout de même cette contrainte d’une structure, avec cette présence du refrain, cette nécessité d’être urbain, quotidien, immédiatement compréhensible […]. Or la poésie est pour moi tout le contraire de l’exercice de style, c’est l’aventure même du langage […]. Pourquoi ne pas penser que la chanson puisse être un genre poétique ? Pour moi, pour une raison simple : comme texte, elle serait orpheline de sa musique » (Zigzag Poésie, pp. 152-153). Et, dans sa Caisse à outils (Agora, 2014), Jean-Michel Espitallier de préciser : « La chanson, par sa durée, ses modes d’écriture, sa destination, répond à des exigences et des processus qui ne sont pas ceux de l’écriture d’un poème. Qu’il y ait des similitudes, des convergences et des contiguïtés, bien entendu. Mais ce n’est pas tout à fait la même chose. Il faut redire ici que c’est un contresens (ou un jugement mal intentionné) que d’associer l’une et l’autre » (p. 98).

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