Alors que j’apprends ce matin la mort de J.G Ballard à l’âge de 78 ans, je reviens avec ce texte, sur un article dont j’avais le projet et que je n’avais pas encore fini. Si Ballard a une grande importance au niveau littéraire, ce n’est pas tant par son écriture, son style, que par sa mise en question de l’ère contemporaine à partir de la description quasi-clinique des processus psychologiques humains. S’il est rangé dans le genre SF, ou bien anticipation, genre dévalorisé, toutefois, c’est bien dans le creuset de ce genre, en tant qu’il permet de libérer l’imagination du principe de réalité, que peuvent être interrogés certains devenirs de notre humaine condition. Il a fait partie avec Philip K. Dick, de ces auteurs qui ont ouvert avec insistance la réflexion littéraire au monde contemporain : interrogation aussi bien sur les logiques de devenir technologique que sur les variations psychologiques des hommes dans des univers aliénant.