Libr-critique

15 novembre 2020

[News] News du dimanche

Dans-le-monde-d’après-le-11-septembre-2001… dans-le-monde-post-démocratique… dans-le-monde-d’après-la-crise-sanitaire…

Où en sommes-nous au juste ? Dans le monde d’après le monde d’après le monde d’après ?

Il n’y a plus d’après : le monde du post- est celui du déni ou du repli, celui du comme-si – celui des dominants.

Le monde réel – le nôtre ! – est celui dans lequel il nous faut défendre concrètement nos libertés, à commencer par celle d’agir pour la survie du vivant, laquelle englobe celle de lire et de s’exprimer. C’est dans cet esprit qu’il convient de lire notre Libr-12 (Livres reçus) et nos Libr-brèves

Libr-12 (Livres reçus : automne 2020)

► 591, revue internationale, éditions Terracol, n° 8, 290 pages, 18 €.

► Bénédicte GORRILLOT dir., L’Héritage gréco-latin dans la littérature française contemporaine, Droz, Genève, 544 pages, 48 €.

â–º Julien BLAINE, La Cinquième Feuille. Aux sources de l’écrire et du dire. Édition établie par Gilles Suzanne. Presses du réel/Al dante, 464 pages, 30 €.

â–º Roland CHOPARD, Parmi les méandres, cinq méditations d’écriture, L’Atelier du Grand Tétras, Mont-de-Laval (25), 96 pages, 13 €.

► Pierre ESCOT, Spermogramme, postface de Julien Cendres, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 162 pages, 15 € [disponible début 2021].

► Christophe ESNAULT, L’Enfant poisson-chat, éditions Publie.net, coll. « L’Esquif », 112 pages, 12 €.

► Denis FERDINANDE, L’Arche inuit, Atelier de l’Agneau, coll. « Architextes », St Quentin-de-Caplong (33), 150 pages, 18 €.

► Jean FRÉMON, Le Miroir magique, P.O.L, 336 pages, 21 €.

► Martine GROSS, Détachant la pénombre, dessin de Denis Heudré, Tarmac éditions, Nancy, 60 pages, 12 €.

► Sarah KÉRYNA, Le Reste c’est la suite, Les Presses du réel, coll. « Pli », 88 pages, 10 €.

► Marc-Alexandre OHO BAMBE, Les Lumières d’Oujda, Calmann-Lévy, 330 pages, 19,50 €.

► Benoît TOQUÉ, Habiter outre, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 15 € [disponible début 2021].

Libr-brèves

â–º // 🔴 EN DIRECT // Encore quatre RV à ne pas manquer avec la Maison de la poésie Paris, en partenariat avec l’institut du monde arabe : Les Nuits de la poésie, couvre-feu poétique

Suivez en direct l’événement sur notre page Facebook.
Vous pouvez ensuite retrouver la vidéo à tout moment sur la chaine Youtube de l’Institut du monde arabe !

Les consignes sanitaires ne permettant pas de maintenir la Nuit de la Poésie dans son format initial mais nous avons voulu proposer ce rendez-vous symbolique et numérique qui garde tout son sens dans le contexte actuel.  Rendez-vous les samedis 21 et 28 novembre et 5 et 12 décembre de 22h à minuit en direct sur les pages facebook de Maison de la Poésie et de l’IMA.

Avec notamment :

Les musiciens et chanteurs :  Mohanad Aljaramani, Kamilya Jubran, Sarah Baya, M’hamed El Menjra, Abdallah Abozekry et Baptiste Ferrandis, Omar Haydar, Marc Codsi, Lola Malique, Skander Mliki, Batiste Darsoulant, Sanguebom…

Les comédiens :  Léon Bonnaffé, Violaine Schwartz, Pierre Baux, Majd Mastoura, Clémence Azincourt…

Les poètes et écrivains : Abdellatif Laâbi,  Breyten Breytenbach, Mahmoud Darwich, Charif Majdalani, Fadhil Al Azzawi, Dima Kaakeh, Marc Alexandre Oho Bambe, B40…

Les performeurs : Michelle Keserwany, Zoulikha Tahar, Lamya Yagarmaten…

Les danseurs : Mehdi Kerkouche, Smaïl Kanouté…

â–º On pourra découvrir les magnifiques livres et cahiers d’auteur que propose les éditions Faï Fioc.

â–º Des articles à méditer sur AOC en ces longues soirées de confinement (on peut s’abonner ou s’inscrire pour 3 lectures gratuites) : Jean-Charles Massera, « Le Grand Ménage » ; Mathieu Larnaudie, « Trash vortex » ; Frédéric Sawicki et Olivier Nay, « Sauver le CNU pour préserver l’autonomie des universités » (16/11)…

11 octobre 2018

[Chronique] Denis Ferdinande, Astéroïdes, par Christophe Stolowicki

Denis Ferdinande, Astéroïdes. Un carnet de notes, Atelier de l’agneau, coll. « Architextes », septembre 2018, 114 pages, 16 €, ISBN : 978-2-37428-016-5.

Sur le prurit d’un agacement léger dansant comme la cigale, un fourmillement de pensées naines que l’écriture draine, enchaîne, enchâsse, un contingent de joyaux distribués dans l’alternance en escalier, dans le beat à deux temps têtu trompeur d’un hard rock qui d’un texte pleine page en note un peu verticale respire – ne pas se fier à l’apparence lisse binaire d’un livret alternant pleine page son corps principal et en notes ménageant du blanc son corps cadet, nous frustrant du corps puce en bas de page de vraies notes que des astérisques distribués au pénultième hasard appellent, rappellent, appelants comme l’oiseau mutilé, de tout un corpus critique chaotique prédateur. Astérisques échus à point innommé, nommés astéroïdes que « qui a jamais vu[s] de ses yeux vu ? » confond volontiers avec « météorites, astres et météores » ; alunis de préférence dans le corps principal, incestueux s’égarant parfois dans les notes et qu’absorbe par exception une torrentielle chute.

Frotté de syntaxe mallarméenne un art de la digression qu’anime une ponctuation émotionnelle, une syncopée dentelle tout en méandres, incises et affluents, embranchements, bifurcations de labyrinthe, se rétablissant à l’abrupt, tant couru le marathon que s’y loge un éclat de sprint, ou de verre dans le cœur d’un oiseau de passage qu’a trompé la franchissable vitre. Onirique gigogne de mille & une nuits.

Réflexions sur l’écriture qu’appelle le récit, les notes bientôt infusent ce qui de narration demeure à telle enseigne que la scène sombre dans l’empeigne d’une chaussure à son trépied – d’un « soit dit en passant », d’un double astérisque notifié le cran d’intériorité dont se resserre la resserre, la desserte, la tautologie.

Phrases de réveil. Autre sujet le temps, en récolte, émerveillement ou en murmure, découvrir son temps, son aoriste onirique, son plus-que-présent, son parfait qu’en grec on traduit toujours au présent, le temps du rêve que la grammaire a négligé ; les mots à présent se rapportent à ce qui les porte, de rêve en rêve le journal approfondit sa cohérence réflexive, et l’amour fait, à faire, y devient repère, reperd ce qui l’a motivé, une irrépressible angoisse.

À deux voix, peu clivées. En reprises, à gros fil et à torons de nacre, d’un en deux de corps un en corps deux encordé sur l’à pic et sur l’aléatoire. Corneille en prose, racine carrée. Dans la retraite, dans le retrait, dans l’amalgame les thèmes s’emboîtant, en dérive au cours long épique, Odyssée ou exode contemporains, par voie de terre de déserts pavée de plages. De « syntaxe déréglée », « dissémination de virgules », de déprise en déconstruction, à mi-chemin du rêve et de la résidence d’écriture dans une Cordoue plus imaginaire que rêvée, un verbe défectif pour salut, un « dépourvoir » pour ultime vue sinon la préhistorique anfractuosité de roche où loger sa sacoche d’écrivain vagabond – le récit du non-récit expansé, rétréci, enrichi de café en café, cinq à sept, de trois supplémentaires cahiers.

Effets d’hiver que lustrale commente la photographie de couverture de Françoise Favretto de la place Monge prise par le gel, recadrée comme en sortie de rêve sur les capitales de METRO sur fond amarante et de squelettes d’arbres.

29 avril 2017

[Entretien] L’Intranquille Agneau, entretien de Françoise Favretto avec Fabrice Thumerel

Avant que de présenter quelques titres de la collection "Architextes", nous remercions la passionnée Françoise Favretto d’avoir bien voulu répondre à cinq questions sur les éditions de l’Agneau, leur revue L’Intranquille et leurs collections.

 

FT : On commencera par le commencement : pourquoi avoir choisi ce nom, l’Atelier de l’agneau ? Il est vrai que la Bergerie française de l’édition est envahie par les loups…

FF : N’étant pas à l’origine des éditions, je les ai reprises avec leur nom que je n’ai pas modifié. C’est dans l’ancien atelier d’un peintre que l’Atelier de l’agneau a vu le jour. Dans une rue au centre-ville de Liège, la rue de l’agneau. Je n’ai pas connu ce lieu mais je sais qu’il y avait une presse à gravure, des artistes, des écrivains, et comme figure fondatrice et unifiante Jacques Izoard. L’écrivain Eugène Savitzkaya fait partie des fondateurs, il devint assez vite un auteur reconnu publié chez Minuit et il apprécie que j’aie pu continuer les éditions.

 

FT : Pourriez-vous retracer votre itinéraire personnel, puis votre parcours au sein de cette maison ?

FF : Diplômée en littérature et linguistique, je n’ai enseigné que de façon sporadique, trouvant davantage de liberté dans le travail des revues (j’en ai réalisé 4), plus spontané, qui privilégie les échanges. J’ai donc commencé avec la revue 25. Puis l’édition. J’ai beaucoup écrit de critiques de livres et de revues, et je continue, lisant toujours un crayon à la main… Parler de lectures… Annoter les manuscrits… J’écris aussi des textes personnels, je dessine, voyage, photographie et crée des livres d’artistes… organise des lectures publiques. J’essaie de créer un espace pour la littérature exigeante.

 

FT : Sur votre site éditorial est indiqué que vous préférez des textes qui privilégient la « forme » … Qu’entendez-vous par là ? De quelle « forme » s’agit-il ?

FF : Je ne parle pas, bien sûr, des formes fixes comme le sonnet, la ballade… Par exemple, si j’aime les arbres, c’est surtout pour leur forme, ovale ou ébouriffée. Et leur ombre fantomatique dans la nuit, effrayante. L’impact, l’ombre, le contour… Je regarde d’abord cela et ensuite ce qu’ils produisent : des cerises, des kiwis…

De même pour les textes, la narration ne m’intéresse pas vraiment, n’étant pas lectrice de « romans ». La « forme » pour moi c’est au sens spécifique de gestalt en allemand, qui vient du verbe gestalten, « mettre en forme mais en donnant une structure qui donne du sens ».

La poésie n’advient qu’avec le travail de la forme, qui peut s’adjoindre le son. Qu’on me raconte n’importe quoi, je n’y suis sensible que si je vois/sens/entends une construction, un mouvement, une intention, un rythme. Quelque chose de structuré. En ce sens, cela peut être de la prose, je ne vois pas de grande différence entre ces genres s’il y a un travail de la pâte, soyez de bons boulangers…

A part quelques textes d’art brut, directs, tellement bouleversants, où l’on ne peut que s’incliner – mais ils sont très rares – je ne crois pas à la poésie spontanée, au « jet fulgurant ». Le poète doit trouver « sa » forme. Je dois parfois expliquer cela aux jeunes poètes : écrire est un travail…

 

FT : Le nom de votre revue, L’Intranquille, convient parfaitement à votre projet éditorial, non ?

FF : Agités du bocal, poissons rouges dans une écume blanche, rejetons de l’impossible, traducteurs du miroitement, décalés du corps et de l’âme, revisités à l’aune de l’intrépide, remués et remuants, troublés et troublants, les auteurs de l’intranquille vous saluent.

Le livre de l’intranquillité de Pessoa a donné son nom à la revue. On a aussi penché pour « Le sel des Garamanthes », symbole des longues marches des peuples du désert qui ne vivaient que de vente de sel. L’image âpre qui y était connotée révélait une nostalgie première et un peu trop ascétique, alors que « l’intranquille » dit bien l’époque. Des thématiques ont surgi d’emblée : « dégage » en 2011, « le triple A » (pour amuser les artistes visuels), « genres d’après », « servitude volontaire », « concrétisez ! » par exemple. Présenter de nouveaux poètes nous a semblé indispensable et aussi des traductions de tous pays : indiens d’Amérique (sioux), langue de Mauritanie, femmes d’Iran et tous pays européens. Une partie critique abondante termine le numéro après un passage dans l’histoire littéraire, du XVIIIe à nos jours, en essais ou journaux intimes (Michel Valprémy, Ford Madox Ford, Flaubert, Doris Lessing, etc.). Des artistes actuels illustrent ces 90 pages, surtout de dessins.

 

FT : Pourriez-vous maintenant esquisser l’archéologie de votre collection « architextes », qui a une place particulière dans votre maison ? Quel a été son fil rouge ? Quels liens établissez-vous entre des auteurs aussi différents que Edith Azam, Jean-Pierre Bobillot, Jacques Demarcq, Sébastien Dicenaire, Philippe Jaffeux, Marius Loris, ou encore Sylvie Nève ?

D’autres collections aussi : « transfert », « 25 », « Litté-nature » (Virgile, Rousseau, Thoreau, Reclus), « archives », « géopoétique », « ethnopoésie »…

Pour « architextes », donc : une annonce parue dans un journal comportait une coquille « cherche architextes » au lieu de « architectes ». Alors je me suis mise à en chercher… avec un pochoir (encore la forme), un critère : archi = excès, débordement…

J’ai établi une règle interne et personnelle que voici :

Les textes doivent déborder de la norme jusqu’au syntagme. Le mot doit donc être attaqué dans le procès de démolition de l’ordre langagier établi. A partir de cela, s’est formé (oui, encore la forme) un collectif de 29 auteurs, « ARCHITEXTES 2 », préfacée par Guilhem Fabre. Puis une collection du même nom : 26 livres à ce jour et plusieurs autres en cours.

Les auteurs que vous citez dans votre question remuent les mots, peuvent casser à outrance ou pas, mais s’activent dans la destruction/recomposition.

Azam est l’invention même, achoppe sur les mots, tourbillonne et refait. Demarcq à partir des bruits d’oiseaux retrace des itinéraires poétiques. Jaffeux qui scinde, troue et perce. Dicenaire imagine une « potentiologie » où la poésie peut sauver le monde. Marius Loris tend à l’excès dans la retranscription sonore de ses textes : les lisant, il dégrade les syllabes par sa vitesse d’élocution et finit sans plus pouvoir respirer…

Et Sylvie Nève qui a toujours joué du langage comme d’une scie, Bobillot, théoricien savant,  allant à l’extrême du verbe relooké…

De mon point de vue, ils ne sont donc pas différents. Tous passent par la voix, le sonore. J’en ajouterais quelques autres : les logorrhées surinvesties du si discret Denis Ferdinande (5 livres), le multilinguisme de Christoph Bruneel « ga’goes’ goet’ gro groins », les indépassables narrations de L.M. De Vaulchier envahies de dessins, Jandl et Mayröcker traduits par Lucie Taïeb pouvant passer allègrement de la collection « transfert » (traductions donc) à « architextes » tant les expériences comiques pour l’un, sensuelles pour l’autre, donnent modèle aux nouveaux auteurs.

 

 

22 août 2006

[Livre] théoriRe, actes (essai), Denis Ferdinande

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , , — rédaction @ 18:02

Denis Ferdinande théoriRe, actes (essai), Atelier de l’agneau , isbn : 2-930188-85-5, 101 pages, accompagné du DVD :  » Dolly ou les oies sauvages » 15 €.

4ème de couverture :
« … la voix, telle voix comme il est plus que susceptible d’en passer dans l’air du temps, de qui passe et pense : « Où en est-on (où en êtes-vous, littérateurs) avec cela qui s’appelle « littérature » ? Que s’y passe-t-il encore ? Y a-t-il une justification (un sens) à cet « encore » de la littérature ? Qui peuvent bien être les acteurs d’un tel « encore » à l’heure où se pose la question de sa justification (de son sens) ? Quelle heure est-il d’ailleurs, ou alors : … de quand date-elle, cette heure ? Sauraient-ils — fût-ce un seul d’entre vous ces acteurs — se dérober à la question, voire : sauraient-ils s’y dérober si la question leur était posée de sorte qu’ils ne puissent s’y dérober ? Si oui, qu’advient-il ? Et qu’advient-il de la question si rien n’advient ? À l’inverse, qu’advient-il si aucun ne s’y dérobe ? »

Un essai — voire « essai d’essai » — essai de réponse, réponse si possible, en fait : façon (singulière) de réponse, à la demande — hier formulée par nombre d’aînés, non des moindres, à l’adresse des jeunes auteurs — de s’atteler à quelque chose comme la théorie-en-littérature… Théorire, donc : il y aura eu de toute évidence malentendu de ma part, ou alors aurais-je initialement souhaité répondre de façon stricte, avant la survenue de tel incident, fâcheux : l’auriculaire dérapant sur le clavier, faisant intervenir dans le mot « théorie » la lettre dont la chance voulait qu’elle ne fût pas complètement méconnue… Pas méconnue, en effet, depuis A. Jarry qui au début du XXème siècle » l’introduisit, puis reprise à bon compte par C. Prigent (Ceux qui merdRent) et J.-P. Bobillot (la FaRce cRachée de la pRoésie au XXème siècle). — Vous avez dit (et rit) « filiation » ? ThéoriRe, donc : ou un certain sens du toucher, au sens exactement mallarméen du terme (traduisez :  » on a touché… à la théorie en littérature ! »). Toucher de prime abord irrecevable — est-ce à dire sacrilège ? — qu’il s’agira de maintenir comme tel afin d’explorer ou plutôt exposer, en tant que fable, le socle ou le principe de toute recevabilité en la matière. Est-ce à dire de façon toute théorique ? Ne serait-ce pas là précisément le risque, risque d’aporie ? Pour autant…

Denis Ferdinande est né en 1978 à Lille et vit actuellement à Montpellier. Il a déjà publié, chez le même éditeur, Critère du cratère (collection architextes), et anime la revue littéraire et critique Marge 707.

Premières impressions :
Ce texte, accompagné d’un DVD, se présente bien en effet comme un essai sur l’essai. Essai, non pas à comprendre en tant qu’objet intellectuel, formaté universitairement, mais essai compris dynamiquement, en tant que tentative. Ce livre se présente comme un essai : il regroupe par fragments, par grappes de remarques, par colonnades, par chapitres qui se juxtaposent, par textes qui sont biffés, ordonnés, un ensemble de remarques, d’injonctions, de détails, concernant cette question de la possibilité d’une pensée théorique concernant la langue, la poésie. Essai qui dès lors se découvre théorire : à savoir qui en chacun de ses instants vient nier le sérieux de ce qui est énoncé, le travestit, le parodie, en montre les mécanismes, les logiques, les stratégies et ceci par le glissement constant tout aussi bien de la langue que de ses argumentations.
D’emblée, le livre de Denis Ferdinande, frappe par sa qualité et sa maturité critique. De même le DVD, « Dolly ou les oies sauvages », film documentaire fictionné sur la possibilité de faire un film, de raconter cette histoire là dont il sera question, témoigne d’un travail très maîtrisé, entre Godard et Léo Carax.
À n’en point douter je reviendrai sur ce très bon livre de Denis Ferdinande en chronique. PB

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