Libr-critique

9 novembre 2007

[Livre + chronique] abâdon de Michèle Dujardin

  Michèle Dujardin, Abadôn, éditions Seuil, collection Déplacements, 110 p.
ISBN : 978-2-02-096072-4 // Prix : 14 €

[site de la collection] (more…)

6 octobre 2007

[Emission] News de la Blogosphère

newsblogo.jpgProgramme de l’émission n°5 du 7 octobre, en direct dur Libr-critique.com à 11H du matin.
News du web-littéraire :
[+] Une expérience flash violente et enthousiasmante Young Hae Chang Industries Lourdes
[+] Le blog d’Eric Chevillard.
[+] Une belle installation web trouvée par Jérôme Bonnetto et qu’il a publié en tant qu’invité. Les photos de Pascal Tarraire.
[+] Le blog de Maud Piontek : analyse, digression, paroles légères et non moins souvent pertinentes.
[+] Les coups de sang de Le Pillouër sur sitaudis. Sitaudis cherche l’affluence par le viscéral.
[+] L’affaire du site La lettrine : arnaque aux agents littéraires. J’ai découvert cette affaire par François Bon sur le Tiers-livre, et elle a été relayée aussi par La feuille. Anne-Sophie Demonchy, qui édite le blog de La lettrine, suite à une mise en lumière des agissements criticables d’un agent littéraire, s’est vue retirer l’accès pendant une demi-journée à son site. Ce que j’ai pu voir en direct par le message d’erreur de netvibes. Deux affaires en une seule : 1/ le développement de certaines arnaques liées à internet et ses niches. 2/ Le rapport des hébergeurs de site ou des plateformes de site avec leurs clients.

Livres reçus :
Aujourd’hui nous parlerons exclusivement de la collection Déplacements de François Bon, car viennent de sortir les deux nouveaux titres :
[+] La loi des rendements décroissants de Jérôme Mauche.
abadôn de Michèle Dujardin.
DOSSIER :
La littérature à l’ère du numérique. Nous discuterons de la question de la littérature en rapport au numérique, afin de présenter le forum organisé par la SGDL le 8 octobre.

20 mai 2007

[LIVRE] Pascale Petit, Manière d’entrer dans un cercle & d’en sortir

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 8:40

pascale_petit.jpgManière d’entrer dans un cercle & d’en sortir, Pascale Petit, ed. Seuil, coll. Déplacements, 207 p. ISBN : 978-2-02-093053-6, 16 €
[site du seuil]
[site de François Bon présentant la collection Déplacements]
4ème de couverture :
Un éclatement de formes où interviennent des lettres, des phrases d’enfant, des descriptions d’objets scientifiques et des listes d’inventions à faire. Le monde : d’étranges jardins, parfois familiers, parfois fantastiques. Il ne s’agit plus d’un homme, d’une femme, et du témoin de leur relation, mais les personnages deviennent roi, reine, coiffeur. Un univers qui fait de notre quotidien le palais de notre relation à l’autre. En quoi le monde aujourd’hui modifie le plus élémentaire de cette relation d’un être à un autre. Pascale Petit n’invente pas de roman, ne décrit pas le monde, ne se réfugie jamais dans l’allégorie : elle met à l’épreuve ce qui nous lie à nos proches, dans le contexte le plus actuel de ce qu’est vivre aujourd’hui. F.B.

Pascale Petit a notamment publié Tu es un bombardier en piqué surdoué, aux éditions Bleu du Ciel en 2006, Salto Solo aux éditions L’Inventaire et des pièces de théâtre à L’École des Loisirs.

Premières impressions :
Pascale Petit, à travers cette relation triangulaire, du roi, de la reine et du coiffeur, explore non pas la relation directe, mais les relations possibles que chacun d’entre eux tisse aussi bien à eux-mêmes qu’aux autres. En effet, à travers leurs lettres, leur journal ou leurs messages, ce qui se constitue n’est pas le plan solide d’une mise en jeu relationnelle définissable, ni non plus un monde appréhendable, mais c’est l’indéfinissable des univers de chacun des protagonistes, qui sont pris, surtout pour le roi et la reine, dans l’impossible fixation de leur propre pensée et delà l’impossible de leur relation.
Ainsi on suit la multiplicité des inventions scientifiques et techniques du roi. Inventions relayées aussi bien par lui que par la reine ou leur témoin. Chacune d’entre elles, apparaît comme une mécanique plus ou moins absurde, aux fonctions parfois peu discernables. Et c’est bien tout l’univers de ce texte qui se révèle comme ces mécaniques : une forme d’assemblage mouvant, aux parties précises mais aux combinaisons précaires, que chaque protagoniste endure dans la solitude de sa propre parole.
Ce texte ne cherche pas tant à créer un univers qu’à montrer la fragilité des assemblages mentaux de l’humanité ici en jeu avec ces trois présences. La reine, femme, prise dans sa position de femme, qui tend vers le roi, toujours déjà absent, retiré dans l’amphithéâtre de sa pensée, obnubilé par lui-même, au point qu’il ne l’entende pas, de sorte que, comme elle l’écrit dans ses brouillons de lettre au roi : « Plus je vous appelle, moins je vous parle. Ce sont des cris d’appel qui signifient autre chose ». La reine prise dans les affres de ses désirs, notamment celui des enfants, qu’elle ne peut toutefois parvenir à imaginer, car tel que le dit le coiffeur : « Elle a essayé de compter tous les enfants qu’elle n’a pas eus. Mais elle n’y arrive jamais : »Ils bougent tout le temps, ils sont tellement vivants ».
Le roi, enfermé dans ses inventions, notamment son tricycle, élaborant un univers complexifié de poulies, de cordes et de ficelles, lui-même ne peut se saisir. Pris sans doute dans sa propre tentative d’agrandissement de l’espace, il ne peut maintenir son propre temps, le stabiliser dans ses souvenirs : « Il y a des cas où il est strictement impossible de pouvoir prendre des notes sur ce qui se passe dans sa propre vie & ce qu’on peut cependant recueillir s’avère parfaitement inutilisable. »
Ces univers donnés à lire par Pascale Petit sont ainsi non pas tant lapidaires, que fragmentaires, tout à la fois très concrets, et dans une certaine forme de dérive, où peu à peu ce qui insiste tient bien de la question de la relation, de sa possibilité : tout à la fois dans la parole et les secrets.
En lisant une première fois ce texte, m’est revenue une phrase de Godard, glissée dans Nouvelle Vague : « Les femmes sont amoureuses, les hommes solitaires ». Ce qui se noue et dénoue dans ces lettres destinées à l’autre, ces écrits donnés seulement pour soi, me semble entrer en écho avec cet énoncé. D’un côté une femme en tension vers l’homme et qui est submergée par son désir et l’univers en décomposition de ce désir toujours différé dans sa réalisation, et de l’autre la posture masculine du roi, tout à la fois ouvert à la reine, mais ouvert dans une forme de dénégation, au sens où toute relation du roi à la reine est inscrite dans une autre relation : celle qu’il a avec lui-même./PB/

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