Libr-critique

5 mars 2008

[Livre + chronique] Derniertélégramme d’al jack, de Jacques Sivan

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  Jacques Sivan, Derniertélégramme d’al jack, éditions Dernier Télégramme, col. Longs courriers, 13 p. ISBN : 978-2-917136-07-2, Prix : 5 €.

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7 septembre 2007

[CD + livre] Julien Blaine au Blockhaus DY 10

blaine_dy.jpgJulien Blaine au Blockhaus DY 10, Nantes le 16 mai 2001, avec Julien Blaine, Sylvain Courtoux, Basile Ferriot, Carine Léquyer, Emmanuel Rabu et Phil Tremble, éditions Dernier Télégramme, livret de 26 p. CD de 34 mn.
ISBN : 978-2-917136-00-3. 12 €.
[site des éditions]

Présentation :
Ce CD et sa participation sur livret sont issus d’un enregistrement public. Il a eu lieu au moment de la pleine effervescence du Bunker DY 10 à Nantes où se concentraient plusieurs associations. Durant ces années, Emmanuel Rabu organisait de nombreuses rencontres et soirées de poésie. Cet enregistrement est le fruit de l’une d’elle. Dans celui-ci dont nous donnons un court extrait [début de la partition], nous entendons Julien Blaine dans un contexte sonore expérimental, résultat de l’entrecroisement de plusieurs pratiques. Si nous connaissons sa liaison au travail de contre-basse de Joëlle Léandre, ici c’est une autre dimension qui s’ouvre grâce aux croisements sonores de la harpe préparée (Carine Léquyer), des percussions (Basile Ferriot), de l’ARP odyssee (Sylvain Courtoux), de voix (Emmanuel Rabu) et du mixage opéré par Phil Tremble.
Ce CD montre en quel sens la poésie contemporaine est reliée aussi aux recherches expérimentales de la musique contemporaine ou de la musique concrète. Ceci nous permet de rappeler que le premier morceau donné à entendre par Xenakis et Varèse lors de l’exposition universelle de 1958, s’appelait Poème électronique. On retrouve ici des liaisons évidentes lorsque l’on considère le fourmillement sonore du synthétiseur ARP de Sylvain Courtoux.
Ici,en ce sens, loin d’entendre seulement un accompagnement sonore, ce qui malheureusement est trop souvent le cas dans le rapport musique/poésie, il y a un double espace d’écriture/modulation de médiums qui se répondent et s’inter-pénètrent pour constituer une seule réalité sonore où chaque élément a une place essentielle./PB/

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27 juin 2007

[revue/spécial Expoésie] OUSTE n°15 – conspiration 2007

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ouste 15OUSTE n°15 – conspiration 2007, ed. Féroce Marquise/Dernier Télégramme, 100 p. ISBN: 978-2-917136-03-4, 10 €.
Présentation :
Ce numéro de Ouste est pour plusieurs raisons remarquables : tout d’abord, Féroce Marquise, l’association d’Hervé Brunaux a travaillé avec Le Dernier Télégramme, dont nous avons présenté sur libr-critique plusieurs titres, dont l’excellent Cargo Culte d’Emmanuel Rabu. Ce partenariat entre deux associations proches régionalement (Limoges et Périgueux) montre une dynamique dont nous nous réjouissons, et se propose aussi certainement comme une possibilité de mobilisation de moyens plus efficaces pour défendre la poésie contemporaine. La revue est donc co-éditée entre ces deux associations, et adopte un nouveau format, plus petit, compact, léger, comme un petit livre de poche à emporter avec soi. La couverture glacée offre un beau collage de Villeglé, et au dos l’affiche de Expoésie réalisée par Combas.

Ce numéro est aussi étonnant de par le nombre d’auteurs qu’il rassemble : 68 ! Il a quelque chose de l’ordre de l’anthologie, et en même temps il y échappe, par son caractère plus léger, plus dynamique. Parmi ces 68 auteurs, on retrouvera de nombreux écrivains invités au festival Expoésie comme Charles Pennequin, Julien Blaine, Antoine Boute, Edith Azam, Olivier Cadiot, Alain Veinstein, Katalin Molnar, ainsi que des poètes et performeurs confirmés et reconnus comme Démosthène Agrafiotis, Nicola Frangione, Esther Ferrer, Jean-Luc Parant, Fernando Aguiar, Elvira Santamaria, Georges Hassoméris, Clemente Padin, Michel Giroud. Cette génération côtoient des écrivains plus jeunes comme Philippe Boisnard, Franck Doyen, Pierre Escot, Laurence Denimal, Laurent Albarracin, Marie Delvigne, ainsi que nouveaux noms, Julien Lereusteux, Rorik Dupuis, Stéphane Riegel, dont on découvre les travaux … La revue est constituée essentiellement de textes trés courts, une à deux pages, tous les textes ne font pas corps, leur qualité est assez inégale, certains auteurs comme Adeline Baldachino, Joana Mico, Guillaume Vivier, ou Amandine Marembert dénotent même un peu, mais l’ensemble reste de bonne facture, ce qui n’était pas a priori un pari évident au vue du nombre de contributions et de leur taille.

Ce qui est intéressant, c’est de voir comment certains travaux se répondent entre eux, les recherches de poètes (Fernando Aguiar, Alain Robinet, Clemente Padin, Bartolomé Ferrando, thierry Thillier, Lucien Suel…) faisant écho à celles de plus jeunes (Hervé Brunaux, Emmanuelle Lauer, Quentin Perrochon,…) pour tisser des résonnances inter-générationnelles, notamment parmi les nombreux travaux visuels, de poésie concrète, de collages et autres fac-similé. On retiendra entre autres l’énergie folle du texte d’Antoine Boute, le trés beau texte d’amour de Kristell Loquet, les exclamations phonétiques de Katalin Molnar, la PTT (la Poésie Totalement Totale) de Michel Giroud, le nouveau travail de Laurence Denimal, qui poursuit la description de son quotidien, codifié comme dans son Joubor, mais de façon plus narrative et plus lisible, ce qui donne une sorte de journal intime tout à fait étonnant dans l’écriture, et trés intéressant.

>Ouste, par sa sortie, est un écho papier et annonce le festival Expoésie, dont nous annonçons dès à présent, qu’il sera en partie retransmis sur internet par nos soins. Cette retransmission en quasi direct aura lieu sur Libr-critique.com, sur Vlog-trotter.org et via iTunes, pourra être suivi en videopodcast sur les iPod.

12 mai 2007

[Livre] Cargo culte de Emmanuel Rabu

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rabu_cargo216.jpgEmmanuel Rabu, Cargo Culte, ed. Le dernier télégramme, 29 p. ISBN : 978-2-9524151-9-4, 9 €
[site du dernier télégramme]
Extrait :
En 1989 dans une interview sur RFI Serge Gainsbourg explique que le modèle dont il s’est inspiré pour écrire l’histoire de Melody Nelson est La Vénus au miroir de VELASQUEZ.

« Le scénar de Melody Nelson ? Je pourrai dire que c’est La Vénus au miroir du Titien. Il a mis en scène La Vénus au miroir, on lui voit son cul mais on ne voit pas sa gueule. Et, on lui voit sa gueule parce qu’elle tiet un miroir. Ça c’est un grand chef opérateur et un grand metteur en scène qui a fait cela. Donc c’était Lolita. Je cherchais la Lolta de mes instincts, je ne dirais pas physiques mais fantasmagoriques, instinctuels. La petite Lolita qui sait finaliser dans l’amour, dans sa beauté, dans sa jeunesse. Je fais s’éteinre Melody dans un crash d’avion. Melody, où es-tu Melody ? »

Impressions :
roussel.jpg Ce petit texte d’Emmanuel Rabu s’inscrit dans la lignée de son Tryphon Tournesol et Isidor Isou [présentation générale, chronique], il pourrait même en être une des clés explicatives. En effet, Cargo culte, s’il met en perspective selon un cheminement chronologique l’élaboration de Melody Nelson, entre autres, il est surtout une mise en évidence d’une élaboration poétique liée à Raymond Roussel. En ce sens, il correspondrait à ce qu’énonce d’emblée Roussel dans Comment j’ai écrit certains de mes lives : « Ce procédé, il me semble qu’il est de mon devoir de le révéler, car j’ai l’impression que des écrivains de l’avenir pourraient peut-être l’exploiter avec fruit. » Le travail de Rabu prenant appui sur la logique de l’holorime de Roussel, la déplace pour comprendre en quel sens la conjonction entre d’un côté La Vénus au miroir de Velasquez et de l’autre Eleanor Velasco Thornton, donne Melody Nelson de Serge Gainsbourg. Il s’agit ainsi dans Cargo culte de montrer deux cheminements parallèles avec leurs ramifications historiques et de saisir de quelle manière ces deux cheminements sont reliés selon la logique rousselienne : comme deux ph(r)ases quasi similaires qui inaugurent et achèvent un conte, mais qui pourtant sont différentes dans leur signification. S’éclaire ici la couverture énigmatique du livre : un cable RCA Left/Right.
Si ce texte d’Emmanuel Rabu, comme pour son précédent livre, obéit à une économie minimale de l’écriture — ce qui définit sa propre spécificité et qualité — reste cependant, qu’en tant que livre il est dommage qu’il soit si onéreux. En effet, le prix de 9 € semble cher pour ce livre, qui est très court [à peine 16 pages, où souvent il n’y a qu’une phrase ou deux.] /PB/

23 mars 2007

[Livre] Lambiner de Charles Pennequin

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pennequintelegramme203.jpgCharles Pennequin, Lambiner, éditions Le dernier Télégramme, 15 p. isbn:2-9524151-7-X, 5 €.
[site de l’éditeur]
Extrait :
moi je fais de la merde / moi je fais des poèmes / les poèmes sont merdiques / les miens sont dans la merde / on n’a pas l’intention de relever le défi / on n’a pas l’intention de faire monter la sauce / moi mes poèmes font monter quelque chose / c’est chose merdique / il faut le dire / la pensée est merdique / il faudrait l’avouer / soyons honnêtes / ce que je fais c’est entièrement recouvert / entièrement et honnêtement / il faut l’admettre / la poésie a un petit quelque chose en elle qui la rend quelque part un peu recouvert / et qui demande à sortir / demande à se voir / à se sentir / à s’affronter / à se battre / à se coaguler / à se perforer / performer / pour finir en flaque / en grosse flaque toute mélangée de corps / toute mélangée d’affects et de sueurs de corps / une flaque d’huile de corps / une boue / une grosse mare boueuse qui sent fort la merde

Premières impressions :
Ce texte entre en écho avec Poubelle la vie que nous avions publié sur Libr-critique. Il s’agit d’un texte poético-théorique, à savoir qui dans le flux de la langue poétique observe l’apparition de la langue poétique elle-même, ses conditions. Les conditions ne sont pas internes à la langue seulement, ni non plus internes au seul sujet [c’est pour cela qu’il ne peut y avoir de réduction de l’écriture de Pennequin aus seuls motifs psychologiques] mais les conditions sont celles qui apparaissent dans le rapport de tension, entre le contexte époqual de l’Occident et ce corps-là, ce corps qui n’est pas seulement biologique, mais qui est celui synthétique de la langue-corps. C’est en ce sens que d’emblée, tournant autour de [c/s]es conditions, il peut exprimer que « la poésie (la mienne ou celle de quelques autres) se fait en milieu naturel »./PB/

11 mars 2007

[livre] Édith Azam, Létika klinik

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azam196.jpgÉdith Azam, Létika Klinik, précédé d’une préface de Claude Chambard, éditions le Dernier Télégramme, 46 p., ISBN : 2-9524151-6-1, prix 10 €.
[site de l’éditeur]
[présentation de l’auteur sur Poézibao]

Extraits :
C’est un vieux cahier d’écriture
Je le reprends pour toi.
Souvent dans ma tête : ton prénom.
Il tourne en boucle,
C’est joli,
Et le perrier, ça fait des bulles

Il y a des écureuils dans le parc,
Des écureuils,
Le temps…
J’écris,
Je lis des poèmes et…

J’essaie de réfléchir au propre.
Je réfléchis : c’est déjà ça.

Alors ce vieux cahier d’écriture,
Ces choses que je veux près de toi.
Moi j’ai la marque sur le poignet,
Ça fait comme un léger sourire.

À table personne ne parle,
À table, on ne parle pas.
Les repas à table sont glauques,
Et puis… c’est plus profond que ça –
C’est la façon de machouiller huit minutes
La boulette de viande;
C’est la tête qui tremble et puis,
Le corps entier;
C’est celui qui bégaie,
C’est l’autre qui se moque;
C’est moi… qui n’ai plus faim.
Je repars lire alors –

Je t’aime –

Les médicaments, les médicaments…
Les médicaments j’ai peur de les prendre,
Les médicaments, ça me cailloute le ventre :
Et puis pareil quand je técris : me répéter 100 fois
Ça me cailloute encore :
Le Perrier sur la table
Clic-clac qu’elles font les bulles

Premières impressions :
[lire la chronique]

1 février 2007

[Manifesten] 2nde vidéo : lectures & performances

image-48.pngCette 2nde vidéo, redonne dans leur ordre de passage, les interventions de la 1ère soirée du festival Manifesten#1. Cette soirée a eu lieu au café du théâtre de l’union et a été organisée par Le dernier télégramme.
édith azam + the cut up conspiracy (Sylvain Courtoux & Jérôme Bertin) + Julien Blaine + Charles Pennequin + Asymétrie.

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14 décembre 2006

[News] L’hécatombe se poursuit !

Le Tiers-Livre de François Bon et Poezibao de Florence Trocmé l’annoncent, les éditions Farrago, ex-Fourbis, dirigées par Jean-Pierre Boyer et sa femme, viennent de déposer le bilan.

Tel que l’énonce François Bon, après Al Dante, la fin de Lignes, l’arrêt des diffusions Leo Scheer et donc la mise en danger aussi bien de maison d’édition comme Comp’act ou des revues comme Fusées, c’est encore une nouvelle triste qui touche le milieu des littératures contemporaines et engagées.
Mon souvenir de Farrago restera attaché, c’est évident à la découverte de Chloé Delaume, que certes je connaissais avant sa première publication, mais qui m’aura marqué notamment et surtout avec Le cri du sablier. Mais il y aura eu aussi, avant cela, la découverte de Michel Surya et de Olivet, découvert d’abord sur scène monté par Christophe Bident puis dans le texte lui-même.
Farrago explorait les langues, de Maïakovski et son Universel reportage à Josée Lapeyrère et sa Grammaire en Forêt, et savait éditorialement nous faire partager cette exploration avec des essais de très grande qualité.
Ce soir je suis un peu las face à ce tournant dans l’édition, tournant au sens où ce sont bien des maisons d’éditions indépendantes qui chutent ainsi, ou qui sont en difficulté, quelle que soit ensuite les promesses faites par des grands éditeurs [et si je peux me réjouir de la nouvelle collection poésie du Seuil à paraître en mars, car des amis sont concernés, reste que la cuisine dont on m’a parlé ce week-end et l’auto-promotion voilée de certains auteurs montrent la nécessité de maisons totalement indépendantes et dirigées surtout par des lecteurs et non des écrivains comme c’était le cas avec Al dante ou bien avec Farrago].
Certes heureusement de nouvelles éditions se montent, telle celle du dernier Télégramme dont je parlais ce matin dans ma chronique sur Lucien Suel, ou bien les éditions Ragage dont je parlais avant hier à partir de Virgile Novarina, ou bien encore Le quartanier à Montréal. Et d’autres se poursuivent comme les éditions è®e, ou bien les éditions Hermaphrodite qui m’éditent fin février 2007 Pan Cake.
Mais cela ne saurait me faire oublier à chaque fois la fin de celles qui disparaissent et qui m’ont donné tant de plaisirs en tant que lecteur.

[Livre] Lucien Suel, Transport visage Découvert

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Transport Visage Découvert de Lucien Suel, éditions Le dernier Télégramme, 14. p, ISBN : 2-9524151-4-5, prix : 5 €.
[site du Dernier Télégramme]
adresse: Le dernier Télégramme /39 rue des Arènes / 87000 Limoges

sueltransport146.jpgExtrait :

Je dis rouge.
J’entends jaune
Je sens bleu.

IMAGE DE LA CARESSE CARESSE DE L’IMAGE IMAGE DU GOÛT.
Les puces prolifèrent colonisent le temps & l’espace. Pour encore oser, Cosmik Galata se laisse glisser à terre au risque d’empoussiérer son pantalon de tergal noir. Depuis le début de l’histoire, deux films se déroulent ensemble comme si l’ordinateur avait ouvert en même temps Real Player (le joueur pour de vrai) et Quick Time (Le Temps vite). Dans cette méditation les microprocesseurs sont perturbés par la folie de l’Histoire.
Sang bleu coulant dans le sable vermillon.
Nu dans l’inter-fréquence, toujours actif, ce mec a vécu 33 ans depuis longtemps jusqu’à ce bon vendredi d’avril à Lille. Pour se contenir, il faut se vider. C’est un imparable paradoxe. Thérèse Davila, on la retrouve, elle caresse sa souris de plastique et cette caresse provoque de temps à autre l’éveil d’un virus endormi. Accrochée au sein des fichiers, une routine mutante met en péril la République.

Premières impressions:
Nous sommes très heureux de parler, tout d’abord, des éditions du Dernier Télégramme dirigé par Fabrice Caravaca, qui développe peu à peu une belle édition de poésie contemporaine liée à la modernité critique, voire politique, comme cela se voit aussi bien par le premier texte publié Action Writing [ici], que par celui de Christophe Manon L’éternité, dont nous parlerons prochainement. Le travail éditorial est de qualité, les textes choisis pertinents, même si, sans réel risque, au sens où tous les auteurs publiés sont déjà reconnus, et ce type de littérature déjà intégré éditorialement. En ce sens, nous espérons, que Fabrice Caravaca s’ouvrira à d’autres perspectives d’écriture.
Ensuite, parlons de ce petit texte de Lucien Suel, qui est publié dans la collection Longs Courriers, qui d’après ce qu’indique le catalogue (avec celui de Charles Pennequin) semble témoigner de textes plutôt un peu manifeste, de textes correspondances. Le texte de Lucien Suel apparaît s’inscrire dans une tradition qu’il connaît bien celle des Beat. Longue prosodie où l’on suit Cosmik Galata, « policier, flicaillon, cop, bourre », prosodie dont on ne peut pas ne pas entendre la voix de Suel lorsqu’il lit seul ou accompagné par Arnaud Mirland, prosodie rythmée de séquences qui viennent comme battre, régulièrement le tempo, marquer un refrain par séquençage. Ce texte est véritablement musical, et il retrace notre temps à travers trois personnages « William Lee (Le Pasteur), Cosmik Galata (Le Vieux Rocker), Thérèse Davila (La Madone des Sleepings Bags) », notre rapport au temps via la tranformation du monde opérée par les technologies, rapport aussi à notre corps, à nos sensations, avec ou sans intermédiations. En bref, un très bon petit livre à découvrir !

10 mars 2006

[Livre] Action-Writing de Sylvain Courtoux

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courtoux

Action-Writing (manuel), Sylvain Courtoux, éditions -Dernier Télégramme-, ISBN : 2-9524151-0-2, prix 10 €.

4ème de couverture :
« Les « avant-gardes » (modèle XXème siècle), sont mortes. Oui. Est-ce que ça a tué ce qui fit qu’il y eut des avant-gardes ? Non. Rien ne tue en art, la passion de l’inouï. Qu’est-ce que l’inouï ? Ce qui détruit les représentations mortes. Quelles représentations ? Celles du monde. La littérature est posée face au réel — dont la violence insensée la défie. Réel ? Rien à voir avec la « réalité » — qui n’est que le réseau des représentations codées, l’articulation du possible (l’idéologie). Rien n’y répond de l’expérience que nous faisons du monde. Tout y vide cette expérience de sens, la mortifie. Tout nous y voue à l’assentiment stupide du lieu commun. De quoi est fait ce réseau ? Des langues qui chaque jour socialement nous parlent. Elles sont médiatiques, politiques, publicitaires, pornographiques, mercantiles, psychiatriques. C’est même plus qu’un réseau : c’est un mur. Il faut le traverser, sauf à ne jamais rien toucher du réel. Traverser est une action. Une action d’écriture : action writing, comme on a dit action painting. C’est donc un geste (une performance), d’abord intransitif. Il s’identifie à sa propre énergie négative : couper, cut-uper, monter, sampler, rythmer au fil de cette passion destructrice des discours de l’idéologie. Mais il est aussi transitif (critique) : il fonde en acte son refus du monde tel qu’il est et de la réalité qui nous programme bêtes de somme des procès d’aliénation. Et il dessine, en creux, un autre réel, irreprésentable — mais identifiable à l’innommable énergie qui impulse la traversée du mur. Voilà ce que tente Sylvain Courtoux. Salut à son formidable effort. Salut à sa rage d’expression. »
Christian Prigent.

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