Libr-critique

30 octobre 2019

[Chronique] Sarrazine, numéro 19 : « N’importe quoi », par Christophe Stolowicki

Sarrazine, A.I.C.L.A., n° 19 : « N’importe quoi », automne 2019, 144 pages, 16 €.

Paul de Brancion

Cap au nord, nord-est – et, « monothème très ouvert », (n’)importe quoi retourné comme onguent de fumées propices dans le chaos. Oui, la poésie importe et dresse ses valeurs en contrefeu, écrit dans l’éditorial Paul de Brancion.

Dès l’abord se détache la révélation (en France, en Pologne il est déjà emblématique) de Tomasz Bąk, né en 1991. Une nouvelle génération de poètes polonais (tels Marcin Świetlicki, au cynisme appuyé, Justyna Bargielska, entrouvrant le gouffre de l’insoutenable au pays très chrétien) concasse dans une centrifugeuse le lyrisme séculaire que raillait Gombrowicz. De crudité neuve Tomasz Bąk improvise son jazz dans les gravats : « big band dans une parapharmacie. Devant le croisement on passe au chill, / – une petite impro sur un trottoir en travaux […] // Je suis nu, jazz botté large […] je plais pas au public, je me casse / la queue entre les jambes ».

Chaos, celui que décline le très décliniste (« chaque fois que quelqu’un exprime son espoir pour l’existant / je me sens mal physiquement ») Theis Ørntoft, danois né en 1984, épelant avec un humour à vif toute la gamme de ses panoplies métaphysiques et triviales, de ses traumatismes (« merci à l’avocat qui a violé ma grand-mère / pour qu’il y ait un peu de droit dans mon ADN »), jusqu’à la chute « dans le revers d’une couleur ».

Chaos très maîtrisé, plus troué qu’ajouré (« des statues de géomètres / partout cachées / dans le paysage »), celui de Dominique Quélen, de poésie efficace plutôt qu’efficiente (« parle micro plié parle / un son très mou te sorte / ni mou ni aucun », sachant distraire (« neige où je boite / boîte où je neige / tube où tu butes »), mallarméen en gageure (« loin et aucun / écart que tenir fait / mien ou à toi / son reflet ») en un précis de grand écart sinon dégagement.

Lente mesure de son amour démenée jusqu’au chaos (« completely sucked out / and the question of my future becomes insistent »), celui d’Elke de Rijcke, chaos, amour nourris de grands blancs jusqu’à ce que le français, sa langue d’écrivain, ne suffise plus, « une fois que [s]on cœur aura encaissé la vérité », et que seuls les bas de pages blanches recueillent ce qui réchappe au désastre.

Au moins « forte houle de soi estampe d’un cœur charcuté / Soigneusement » celle de Paco Friez, né à Paris en 1989 – vivant de maraîchage et d’apiculture. En vers centrés l’ordinateur chahute (« Id : à remplir si l’argument du refus est géographique / transport ») ses amours défuntes « Bérénice Nina […] / de loin en proche Alice Suzanne », lui roulant vers d’autres nébuleuses. Comme un contrepoint d’Elcke de Rijcke.

Retour nord toute avec, insoutenable d’humanité, le récit de rêve d’Ingrid Storholmen, norvégienne, dix ans quand est passé le nuage de Tchernobyl, jouant au jardin avec ses deux sÅ“urs qui ont dû subir une ablation de la tyroïde. Écrit en 2001 et 2002, avant et après son voyage en Ukraine et en Biélorussie, au plus près de la centrale nucléaire encore en décomposition irradiante. « Je ne peux pas voir mes pieds […] ne distingue qu’un gros, un énorme ventre en forme d’ellipse, fougueux, l’enfant pourrait arriver bientôt. Cela fait des jours que je sens ses poings boxer contre ma peau. Ils boxent et boxent, furieux, ou alors l’enfant essaie de me dire quelque chose […] Dans le rêve […] je regarde le plafond de la grotte, les stalactites, ça goutte sur moi à intervalles irréguliers […] un visage surgit entre deux épaules, tourné vers moi […] un regard que je n’ai vu que chez des gens extrêmement âgés […] Peut-on aimer un tel mutant ? […] il respire, ses mains boxent, et c’est là que je vois, entre les épaules, à hauteur du cÅ“ur, un troisième bras, avec des doigts […] Les deux mains normales continuent à frapper, la troisième se tend vers moi, me touche. / Je ne suis pas encore éveillée, je n’ose pas, mais nous avons conclu un pacte, la main tendue et moi, la prochaine fois je l’agripperai, je la tiendrai. »

Livraison illustrée à deux registres de photographies : celles très fondues, estompées, volontiers surexposées, rendant l ‘immatérielle matière du voyage, l’(ir)reconnaissable mêlée de touches mémorielles que démêle un code secret, celui (pour la plupart) de Jean de Breyne ; et les brutes à bout touchant de murs nus décrépits graffités, de Gérard Zlotykamien, le réel dans tous ses états, mémoriel à deux temps, vrai pendant du surréel.

18 novembre 2018

[News] News du dimanche

Vos RV pour terminer novembre en beauté : Cabaud & Favre, Espitallier, Emmanuèle Jawad et les éditions Lanskine, lancement d’une nouvelle collection aux éditions Vanloo, « Poésie et musique »…

â–º mercredi 21 novembre 2018 à 18h30, Jean-Baptiste Cabaud & Claude Favre, Salle Kantor de l’ENS Lyon (15, parvis Descartes, sur l’avenue Jean Jaures – en face du 249).

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â–º Jeudi 29 novembre, 20h, théâtre Jean-Vilar, Vitry/Seine : Jean-Michel Espitallier, « She Was Dancing » (chorégraphie Valeria Giuga).

► Vendredi 30 novembre à 19H, Maison de la poésie Paris, « POÉSIE & MUSIQUE » : DOMINIQUE QUÉLEN, PHILIPPE BECK, LAURENT COLOMB, AURÉLIEN DUMONT, ARIELLE BECK & LUCAS BELKHIRI. Rencontre animée par Laure Gauthier & Sébastien Rongier.

Tarif : 10 € / adhérent : 5 €

Comment renouer les liens distendus entre poètes et compositeurs de musique écrite afin d’inventer de nouvelles voies de réflexion et de collaboration ?
La soirée donne la parole à trois poètes et un compositeur qui proposent de nouvelles façons de faire dialoguer poésie et musique contemporaines et repensent la question du lyrisme ou encore de la voix. Lectures, performance et musique sont au programme de cette soirée qui sera suivie d’une discussion.

10 juin 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier jour du 36e Marché de la poésie, tout d’abord le Libr-20 des volumes (dont une revue) de/sur la poésie ; suivent quatre Libr-événements : RV autour de Bernard Noël et de Laurent Grisel à Paris, avec Griot/Manon dans la région parisienne, sans oublier Poésie civile #15…

Poésie : en ce dernier semestre, LC a reçu, a lu et recommande

♦ Olivier Penot-Lacassagne dir., Beat Generation. L’Inservitude volontaire, CNRS éditions, 2018, 392 pages, 25 €.

REV(u)E : 17, Un thé chez les fous, 2018, 230 pages, 30 €. [Un superbe collectif, avec pour exergue : "Tous ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité"]

♦ Nikola Akileus, Éreintique, éditions Vermifuge, hiver 2017-2018, 140 pages, 15 €.

♦ Édith Azam, Le Temps si long, éditions Atelier de l’Agneau, Limoges, printemps 2018, 78 pages, 15 €.

♦ Gilles Bonnet, Pour une poétique numérique, Hermann, hiver 2017, 376 pages,  €. [Essai très stimulant !]

♦ Didier Bourda, Galerie montagnaise, Lanskine, 2018, 152 pages, 14 €.

♦ Patrick Bouvet, Trip machine, éditions de l’Attente, automne 2017, 132 pages,14 €.

♦ Sophie Coiffier, Paysage zéro, éditions de l’Attente, automne 2017, 144 pages, 14 €.

♦ Bernard Desportes, Le Cri muet, Al Manar, printemps 2018, 96 pages, 18 €.

♦ Dominique Fourcade, Improvisations et arrangements, P.O.L, mai 2018, 464 pages, 24 €.

♦ Emmanuel Hocquard, Le Cours de Pise, édition établie par David Lespiau, P.O.L, mars 2018, 624 pages, 23,90 €.

♦ Christine Jeanney, Yono Oko dans le texte, Publie.net, 2018, 176 pages, 16 €.

♦ Christophe Manon (avec Frédéric D. Oberland), Jours redoutables , Les Inaperçus, 2017, 72 pages, 14 €.

♦ Christophe Manon, Vie & opinions de Gottfried Gröll, Dernier Télégramme, hiver 2017-2018, 120 pages, 13 €.

♦ Véronique Pittolo, Monomère & maxiplace, éditions de l’Attente, automne 2017, 104 pages, 11 €.

♦ Daniel Pozner, À Lurelure, PROPOS2 éditions, 2017, 114 pages, 13 €.

♦ Dominique Quélen, Revers, Flammarion, 2018, 124 pages, 16 €.

♦ Olivier Quintyn, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €. [Essentiel pour qui veut comprendre la poésie contemporaine]

♦ François Rannou, La Pierre à 3 visages (d’Irlande), Lanskine, printemps 2018, 48 pages, 12 €.

♦ Pierre Vinclair, Terre inculte. Penser dans l’illisible : The Waste Land, Hermann, 2018, 204 pages, 22 €. [Une réflexion fondamentale sur l’illisibilité poétique à partir du célèbre poème de T. S. Eliot]

Libr-événements

â–º Lundi 11 juin 2018, Maison de la poésie Paris, 20H : Carte blanche à Bernard Noël. Avec Bernard Noël, Jean-Luc Bayard, Léonard Novarina-Parant, Jean-Luc Parant, Laurine Rousselet & Esther Tellermann.

Né en 1930, Bernard Noël signe son premier livre Les Yeux chimères, en 1953 et en 1958, Extraits du corps. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il publie son troisième ouvrage, La Face de silenc. La publication de ces poèmes lui ouvre alors les portes de l’édition où il travaille comme lecteur, correcteur et traducteur.  À partir de 1971, Bernard Noël prend la décision de se consacrer entièrement à l’écriture. Il compose ainsi une œuvre majeure, (…)

â–º Climats de Laurent Grisel a été écrit sur une proposition de Cécile Wajsbrot, de janvier 2014, bien avant que la future « COP21 » de novembre-décembre fasse parler d’elle, à octobre 2015, et ses lecteurs eurent et ont de quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses  héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 

La comédienne, diseuse, musicienne et chanteuse Anna Desreaux en donne son interprétation, qui est forte et belle, au café-théâtre de La Vieille Grille lundi prochain : le lundi 11 juin à 20h30, 1, rue du Puits de l’ermite 75005 PARIS / Métro Monge [Il est important de réserver au 01 47 07 22 11. Vous trouverez toutes sortes d’informations pratiques sur le site du lieu : https://www.vieillegrille.fr/tiki-view_articles.php?topic=13]

â–º Lundi 18 juin à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris), Poésie civile #15 : où ça avance…

â–º Vendredi 22 juin à 20H, Parc de Rentilly (1 rue de l’étang 77600 Bussy-Saint-Martin) : Griot/Manon.

29 août 2017

[Livres] Libr-vacance (2)

On profite de la fin de l’été pour prendre le temps de faire le point : qu’a-t-on pu manquer ces derniers temps comme lectures importantes ?… Une Libr-sélection de 5 livres vous est d’abord présentée, puis 30 titres vous sont recommandés. [Libr-vacance 1]

Libr-sélection /FT/

â–º Jacques BARBAUT, H ! Hache ! Hasch !, Nous, Caen, 2016, 112 pages, 16 €.

On connaît l’attrait des Lettristes et des Oulipiens pour les lettres de l’alphabet. Dans cet opus plein de fantaisie, qui ressortit à la fois à l’ouvroir poétique, au dictionnaire de littérature, des formes et des symboles, l’auteur alterne divagations, graphismes et citations passionnantes et érudites.

â–º Guy BENNETT, Ce livre, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages, 11 €.

À la suite des Poèmes évidents, Ce livre fonctionne de façon ironique, dévoilant les stratégies scripturales / éditoriales. N’est pas épargné « le monde de l’édition en ligne, où l’écriture se dit simplement "contenu", les écrivains "fournisseurs de contenu" et les plateformes d’édition en ligne […] "systèmes de gestion de contenu" » (35)… Vous y attend tout l’outillage moderne et contemporain : réflexivité, autoréflexivité, post-littérature, édition post-matérielle

â–º Jérôme BERTIN, Lettre à Nina, Atelier de l’Agneau, St-Quentin-de-Caplong (33), été 2017, 20 pages, 9 €.

Moins légère que les rimbaldiennes "Réparties de Nina", cette Lettre à Nina – Nina, "garçonne à cheveux corbeau" – qui commence par "Cher Amour" constitue un oasis azuré dans l’œuvre de Jérôme Bertin : le romantisme noir se fait bleu-rose et l’écriture tire un peu du côté du symbolisme, voire du surréalisme :

"que je vertige en ré mi
sol tranché par
ta pro-

messe masse noire
de tes che-
veux fous" (14).

â–º Paul de BRANCION, L’Ogre du Vaterland, éditions Bruno Doucey, été 2017, 120 pages, 14,50 €.

Où il est question d’un père "retors jusqu’à la fellation du monde", de "Ich" que ne peut supporter Léon Jacques S., d’une configuration familiale digne du conte – d’un récit qui dialogue avec des extraits des contes de Perrault. Un bonheur de lecture vous attend avec cette autofiction fantaisiste en double bande.

"Ich aimais Platon et Socrate car ces deux pédérastes-là ne trouvaient pas grâce aux yeux de Léon Jacques" (43).

â–º Laurent GRISEL, Climats, Publie.net, hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €.

Voici "une épopée" du climat, avec chiffres, histoires et Histoire… Et ce type d’agencement répétitif pour mettre en évidence les mécanismes implacables : "la lutte entraîne la répression / qui entraîne la lutte / qui entraîne la répression / qui entraîne la lutte" (p. 13) ; "moins d’eau donc moins d’arbres / donc moins d’eau des nuages accrochée par les arbres / donc moins d’arbres / donc, de saison en saison / de moins en moins / d’eau" (27)…

Libr-critique a reçu, a lu et recommande

♦ Nadine AGOSTINI, Ariane, éditions Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", Martigues, automne 2015, 28 pages, 4 €.

♦ Jean-Luc BAYARD, P.O.L nid d’espions, P.O.L, été 2015, 222 pages, 16 €.

♦ Sereine BERLOTTIER, Louis sous la terre, Argol, 104 pages, 18 €.

♦ Jean-Pierre BOBILLOT et Sylvie NÈVE, Vers de l’âme-hors, Plaine page, Barjols, automne 2016, 54 pages, 10 €.

♦ Nicolas BOUYSSI, Décembre, P.O.L, printemps 2016, 496 pages, 22 €.

♦ Mircea CARTARESCU, La Nostalgie, traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, P.O.L, février 2017, 496 pages, 29,90 €.

♦ Angela CARTER, Les Machines à désir infernales du Dr. Hoffman, éditions de l’Ogre, hiver 2015-2016, 356 pages, 23 €.

♦ Franck DOYEN, Collines, ratures, La Lettre volée, Bruxelles, automne 2016, 58 pages, 14 €.

♦ Virginie GAUTIER, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, Publie.net [version papier + numérique], 2014, 84 pages, 12 €.

♦ Liliane GIRAUDON, L’Amour est plus froid que le lac, P.O.L, décembre 2016, 106 pages, 13 €.

♦ Rada IVEKOVIC, Réfugié-e-s. Les Jetables, Al dante, Marseille, été 2016, 88 pages, 13 €.

♦ Gabriel JOSIPOVICI, Infini. L’histoire d’un moment, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2015-2016, 158 pages, 18 €.

♦ Anne KAWALA, Le Déficit indispensable, Al dante, 2016, 152 pages, 17 €.

♦ Claudie LENZI, Elle t’enceinte, Plaine page, 32 pages, 5 €.

♦ Cédric LERIBLE, Giratoires, Plaine page, Barjols, printemps 2015, 70 pages, 5 €.

♦ Cécile MAINARDI, L’Histoire très véridique et très émouvante de ma voix de ma naissance à ma dernière chose prononcée, éditions Contre-Pied, hiver 2016-2017, 36 pages, 4 €.

♦ NATYOT, Je suis d’accord, Plaine page, "Les Oublies", été 2017, 28 pages, 5 €.

♦ Leopoldo María PANERO, Ainsi fut fondée Carnaby street, Le Grand Os, Toulouse, automne 2015, 88 pages, 12 €.

♦ Anne PORTUGAL, Et comment nous voilà moins épais, P.O.L, mai 2017, 124 pages, 13 €.

♦ Dominique QUÉLEN, Éléments de langage, Publie.net, coll. "L’Inadvertance" dirigée par François Rannou, automne 2016, 272 pages, 20,50 €.

♦ Jacques REBOTIER, Black is black, Plaine page, coll. "Les Oublies", 14 pages ([petit coffret original], 5 €.

♦ Jean Louis SCHEFER, Squelettes et autres fantaisies, Main courante 5, P.O.L, printemps 2016, 160 pages, 14 € ; L’Image et l’Occident. Sur la notion d’image en Europe latine, ibid., printemps 2017, 142 pages, 13 €.

♦ Patrick SIROT, Procès verbal, Plaine page, 110 pages, 10 €.

♦ Pierre-Yves SOUCY, Neiges. On ne voit que dehors, La Lettre volée, Bruxelles, hiver 2015-2016, 80 pages, 15 €.

♦ Juliana SPAHR et David BUUCK, Une armée d’amants, traduit de l’anglais (USA) par Philippe Aigrain, Publie.net, 2016, 150 pages, 15 €.

♦ Anne de STAËL, Le Cahier océanique, La Lettre volée, hiver 2015-2016, 160 pages, 19 €.

♦ Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, hiver 2014-2015, 200 pages, 17 €.

♦ Jean-Jacques VITON, Cette histoire n’est plus la nôtre mais à qui la voudra, P.O.L, hiver 2016-2017, 80 pages, 13 €.

♦ Julie WOLKENSTEIN, Le Mystère du tapis d’Ardabil, P.O.L, hiver 2015-2016, 384 pages, 23 €.

31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

6 mars 2016

[News] News du dimanche

Qui dit mars, dit vraiment "printemps-de-la-poésie" ? Ah que NON, répond Julien d’Abrigeon ! Pleins feux sur Annie ERNAUX ; puis, RV avec le festival POEMA, Eric Pessan, Sandra Moussempès…

Pohérésie – Le parti pris de Télérama

Deux raisons valant mieux qu’une (et le printemps-de-la-poésie et le 50e anniversaire de la collection "Poésie" chez Gallimard), Télérama – filiale du Monde – s’intéresse à un autre grand groupe, celui de Gallimard : et voici un panorama de plus d’un siècle de poésie qui repose presque uniquement sur des auteurs maison (Gallimard et ses filiales, P.O.L et Mercure de France – mais, bien entendu, entre autres, il manque Novarina et Prigent…)… Et le tout orchestré par un André Velter dont la lucidité ne peut que laisser coi : les poètes d’aujourd’hui ? "Franck Venaille le capitaine de nos peurs, Serge Pey le chaman aux bâtons, Jacques Darras l’outrepasseur, Jean-Paul Michel qui vise au style éternel, François Cheng qui réveille le vide et actionne le non-agir…" Excusez le peu – le vide, a-t-il dit. /FT/

♦ Julien d’Abrigeon : « Mars, c’est toujours le mois du combat. A cause de cette sacrée plaie de "Printemps (à la con) des poètes (à la con)", on va se retrouver avec des récitations, avec le ton, de Saint-John Perse, des acteurs qui font leur blé de l’année avec des animations poétiques, du Prévert à en vomir, des trucs RATP à chier, du "poétique" de partout, de la poésie (presque) nulle part, une nuit Enrico Macias sur France Culture, des regards plissés, des yeux fermés, des CD "Natures & découvertes" en fonds sonores, des lectures nulles accompagnées de jazzmens nuls, du Petit Prince qui n’a rien à foutre là, du Maurice Carême illustré par le petit, du "vaz-y-que je te souffle du Jean-Pierre Siméon dans un tube dans ton oreille avec mes miasmes de fin d’hiver", du slam bien rimé par le petit jeune du quartier qui a lu Baudelaire l’an dernier et qui est gentil, tu vois, du poète maudit qui est maudit parce qu’il boit trop de Villageoise et qu’il fronce le front en disant "merde, sperme, société", de la pré-vielle bab qui lit ses trucs sur la glaise, l’ocre et le givre en offrant le thé, de l’article sur la poésie contemporaine jusqu’à 1952, de Sapho lit Jacques Bonaffé ou l’inverse, je ne sais plus, du "ah mais, c’est pas de la poésie, ça", du "Heidsieck, connais pas/c’est froid"…
Bref, c’est le mois où on s’énerve, on s’arme, on déploie, on attaque, contre-attaque, jusqu’à épuisement ! Courage les amis ! LA POESIE MENACE ! »

 Tweet de Julien d’Abrigeon, fondateur de tapin2, qu’on pourra aller visiter sur le champ : "Pas de printemps pour. La poésie, à l’instar des pizzas, c’est 4 saisons. Misère du croutonisme velterosiméonien dans le HS de Télérama"…

Pleins feux sur Annie ERNAUX

â–º Mardi 15 mars, 12H-14H, Université Paris XIII-Villetaneuse. Dans Les Années, l’histoire individuelle rencontre l’histoire sociale de la seconde moitié du XXe siècle. Annie Ernaux répondra aux questions d’Anne Coudreuse au sujet de cette autobiographie et plus largement de son œuvre. C’est aussi l’occasion d’évoquer son prochain livre, Mémoire de fille, à paraître aux éditions Gallimard en avril.

L’entretien sera suivi d’une séance de dédicaces et d’un buffet. Inscription conseillée : serviceculturel@univ-paris13.fr

â–º Lundi 11 avril à 19H, Maison de la poésie Paris, rencontre avec Annie ERNAUX animée par Michel Abescat.

Tarif : 5 € / adhérent : 0 € RÉSERVER

« J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et  son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. » Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S. dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

À lire : Annie Ernaux, Mémoire de fille, Gallimard, à paraître en avril 2016.

 Libr-événements

â–º

â–º Du 9 au 13 mars, festival POEMA Nancy-Vandœuvre, avec notamment Bernard Noël, Frédéric Forte, Julien Blaine, Patrick Dubost, Liliane Giraudon, Christophe Manon, Eugène Savitzkaya, Vincent Tholomé… Le 18 mars, ce sera à Bar-le-Duc avec Dominique QuélenProgramme complet (les manifestations se prolongent jusqu’en juin).

â–º Mardi 15 mars, Sandra Moussempès sera au Mamco de Genève pour une lecture-performance Beauty Sitcom ; le lendemain elle interviendra dans le cadre d’un workshop avec les étudiants de la Head Genève.

12 février 2016

[Chronique] Daniel Cabanis, Onomastique élastique, par Bruno Fern

Daniel Cabanis, Onomastique élastique, préface de Dominique Quélen, éditions D-fiction, collection ArtPoText, janvier 2016, 92 pages, 7,99 €, ISBN : 978-2-36342-001-5.

 

Daniel Cabanis est un habitué de Libr-critique et de quelques autres lieux du net où, depuis une dizaine d’années, il publie des textes seuls ou des ensembles images + textes, ainsi que dans diverses revues papier (Nioques, Papier Machine). Bien que titulaire d’une carte officielle de contre-producteur, il fabrique en outre des « pense-bêtes idiots ». En 2014-2015, son texte 36 Nulles de Salon a été mis en scène et joué par Jacques Bonnaffé, en compagnie d’Olivier Saladin.

Tout d’abord, il faut avouer qu’il est difficile d’écrire quelque chose sur cet ouvrage numérique après avoir lu l’impressionnante préface de Dominique Quélen, aussi précise que savante, et qui coupe la mastication du texte sous le pied. On connaissait déjà les Dix-neuf poèmes élastiques de Cendrars, mais la langue y est plutôt tirée à la verticale tandis qu’ici ce sont des noms propres peu communs qui sont étirés à l’horizontale par Daniel Cabanis, donc de chaque côté, en lignes présentées sous la forme d’une colonne centrée dans la page et parfois évocatrice (entonnoir, drapeau flottant, sablier, poire[1], etc.). L’entreprise peut rappeler certains textes de Valère Novarina ou de Philippe Boutibonnes[2], mais le sous-titre (fictions) indique clairement qu’il s’agit, la plupart du temps[3], de 81 histoires nommées appels. Chacune d’elle est composée de 25 minuscules personnages qui, à peine apparus, sont aussitôt engloutis les uns par les autres dans un anonymat que l’exergue annonce (« Faites l’appel / vous verrez / qu’il n’y a / personne ») et ce sous l’effet implacable d’un mécanisme plaqué sur du vivant (air connu) qui tient à la fois du burlesque et du tragique, les deux brins étant étroitement tressés comme ils le sont souvent en cette existence. Allant d’une série de dédicaces portant le titre de « mielleux et ridicule » jusqu’aux « derniers messages », le lecteur rencontrera au fil du livre des groupes sociaux à la durée très variable : des élèves lors de la traditionnelle photo de classe aux membres d’un gouvernement, en passant par des patients dans une salle d’attente, les invités à un vernissage, un réseau d’espions, un arbre généalogique et les usagers d’un vestiaire filmés par la vidéosurveillance !

Cela dit, la contrainte d’écriture choisie pour dresser cette litanie de noms demeure suffisamment souple pour permettre qu’il y ait aussi du jeu dans tous les sens du terme car, d’une part, le peu qui figure autour de chaque patronyme incite à ouvrir des espaces, à imaginer une suite, et d’autre part le rire est fréquent, même s’il lui arrive d’être teinté de jaune ou de noir :

(hésitations)

et le champion c’est Grolls un type qui hésite

des années durant Thersipiani dit depuis

sa naissance et Filandeau confirme

il est né ainsi Ras-Longuy pense

quel handicap Berginiac affirme

c’est génétique Kitouré n’en sait rien

 

(mes amis devenus)

il foire tout ce qu’il entreprend c’est un raté Baroniane pense qu’il n’arrivera même pas à

se suicider dans ce sens-là il s’en sort bien Boudiliant a écrit deux ou trois romans qui

n’intéressent personne je ne les ai pas lus Sapiquet voulait en lire un mais il est mort

juste avant écrasé par un autobus quant à Ryms ça fait dix ans que je ne l’ai plus vu

 

À force de tirer ses élastiques (davantage comme délire que comme des lyres), l’auteur lui-même se retrouve finalement happé par sa machine quelque peu infernale : « on a entendu un choc violent suivi de bris de verre / et la baie vitrée que Cnissé venait de percuter avec sa tête s’est répandue en mille morceaux / sur le balcon puis Dacab s’est mis à jurer par tous les noms tel un onomaste devenu fou »… Précisons enfin que dans son emportement calculé Daniel Cabanis mêle allègrement les niveaux de langage, glisse en douce les références les plus variées, et on comprendra qu’il y a largement là de tout pour faire un monde.



[1] Qualifié ainsi en clin d’oeil à Satie : « en forme de poire ».

[2] « C’est pas rien le nom : ça vous suit, au mieux ; ça vous nuit, au pire » (Le beau monde, éditions NOUS, 2010).

[3] Certains textes relèvent plus de la « simple » liste.

30 juillet 2015

[Libr-relecture] Dominique Quélen, Enoncés types, par Emmanuèle Jawad

Dominique Quélen, Énoncés types, Théâtre typographique, Courbevoie, 2014, 120 pages, 18 €, ISBN : 978-2-909657-47-9.

 

Enoncés-types de Dominique Quélen propose, sous un aspect programmatique, un dispositif d’écriture mettant en place un agencement de propositions relevant le plus souvent de l’abstraction et de l’étrangeté jusqu’à l’absurde, fonctionnant remarquablement dans leurs combinaisons, par récurrences et motifs.

Enoncés-types repose, dans ses contraintes d’écriture, sur deux sections intitulées Dizains et Douzains, chacune d’elle proposant deux blocs de prose espacés retenus dans la partie supérieure et inférieure de l’espace de la page.

Le fonctionnement, dans l’agencement des énoncés, s’établit par réitérations à intervalles plus ou moins rapprochés, à l’intérieur d’un même paragraphe, souvent d’une phrase à la suivante ou dans des écarts plus importants, pouvant aller d’une section à l’autre. Ainsi l’énonciation d’un « creux à l’intérieur et au fond. Une serrure plate » dans le paragraphe ouvrant le livre, repris modifié en « creux qui est presque plat », dans un troisième paragraphe, et en fin de section, devenant « Il y a un creux presque plat à la surface. »

L’avancement dans le texte se produit dans des récurrences avec les modifications qui les affectent et qui peuvent être ajouts, développements (« Actes » précisés ainsi plus loin dans le texte « Actes de parler »).

Les modifications s’opèrent également en reprenant et en attribuant, selon les paragraphes, différents caractères à un même référent (« le vélo en marbre » dans une deuxième section devenant « ton vélo en métal »). Faisant motif, de multiples variantes d’un « trajet entre a et b » sont développées. On notera les motifs prégnants du corps démis de son unité (par parties : main, épaule, bras et jambes, œil unique), du loup, et celui de l’écriture dans son travail de la langue (« il faut aimer l’idée de la matière dans la poésie »).

Dans l’avancement, les propositions, dans leurs reprises, peuvent faire l’objet d’une condensation, le réagencement et le déplacement produisant alors d’autres significations dans la contraction, les éléments de deux propositions distinctes associés renouvelant les propositions elles-mêmes dans le champ sémantique (selon le même exemple, « creux à l’intérieur et au fond. Une serrure plate (texte 1) devenant par contraction et soustraction « creux qui est presque plat » dans le texte 3). Des éléments lexicaux peuvent être également prélevés dans une proposition principale et leurs segments réajustés, coordonnés différemment, induisant alors une réitération accompagnée d’un glissement et d’une recombinaison de mots. Le procédé peut enfin relever d’un développement dans un champ lexical donné (ainsi « serrure », « clé » etc).

Les phrases simples relevant souvent d’un minimalisme, courtes voire segmentées, peuvent aussi apparaître défaites de leur terminaison syntaxique (ainsi « L’écart disparaît entre. »).

Les phrases juxtaposées, dans les blocs de prose, se réfèrent à différents registres et, si la forme reste régulière dans la mise en place de paragraphes, le travail de montage se réalise par télescopages et combinaisons abruptes de phrases. Ces dernières sont démises de leur contexte, produisant alors une étrangeté dans le propos, pouvant aller jusqu’à relever de l’absurde (ainsi dans les Douzains, « j’étanche ma soif avec un marteau »). Des qualificatifs incongrus sont donnés à des objets, des matières inhabituelles leur sont attribuées, (« des vêtements en bois »), les objets devenant interchangeables dans leurs propriétés, les éléments naturels dans leur état physique (« L’eau est pliée dans la valise. »/ « (…) le combiné du téléphone est tout fripé. » / « les enfants en plastique » / « Les montagnes sont remplacées par du plâtre. »). L’hétérogénéité affecte les phrases elles-mêmes, soumises alors à une absence de lien interne, entre leurs segments, dans les champs sémantiques de référence (« Une poésie de cartes et de relevés est garée dans le parking au niveau moins un. » / « La partie rédigée est fautive dans un bocal sur trois mètres carrés. » / « De fortes nuits sont facilement glissées entre le pouce et l’index. »).

Dans les Enoncés-types de Dominique Quélen, les propositions relèvent le plus souvent de l’abstraction. Le corps même est dénué d’affects (« Le haut de ton corps fait partie des dimensions. »), les énoncés et les propositions sont mis à distance. La géométrie reste omniprésente (« la forme d’une figure », « des animaux géométriques », « mesurer des diamètres »). L’expérience du réel se fait par l’introduction de corps perçus dans leurs segmentations, d’objets, d’actions. Ces dernières sont objectivées, hors narration, non contextualisées, se référant au registre de l’observation distanciée (« Comme si c’était un examen des actes, c’en est un. »). Un réel qui serait alors combinaison d’objets, d’actes et de notions, travaillé par les opérations du langage.

 

28 juin 2015

[News] News du dimanche

Avant la présentation de quelques Libr-événements (Manifesten à Marseille, le "Paris des écrivains" à Paris, le "Repas des langues" à Villeneuve d’Ascq), pour terminer la saison : notre projet LIBR-VACANCE…

 

LIBR-VACANCE

En cette période estivale, prenez le temps de vous mettre en "vacance". Nous avons demandé à plus d’une centaine d’auteurs de nous faire partager leurs libr-choix de (re)lectures et d’événements et de nous faire part de leurs projets. Pour lancer la rubrique, deux auteurs LC :

♦ Emmanuèle JAWAD (poète et critique) : en projet, une libr-relecture des Enoncés-types de Dominique Quélen et une chronique prochaine à la parution du livre d’Anne Kawala Le Déficit indispensable (éditions Al Dante).

♦ Fabrice THUMEREL : en projet, un dossier BLAINE ; chroniques à venir sur Badiou, Dufeu, Rongier, Verheggen… Relecture complète de Alain Touraine, La Fin des sociétés (2013, rééd. 2015)… Et je vous recommande d’ores et déjà un texte qui va paraître juste avant septembre, un théâtre d’ombres poétique fascinant : Christophe MANON, Extrêmes et lumineux (Verdier).

Libr-événements

â–º Mercredi 1er juillet à 20H, MANIFESTEN – Al dante (59, rue Thiers 13001 Marseille), "Brève histoire des superhéros Black Panther et Magneto dans l’univers Marvel" :
– Comment sont construites les représentations des héros racisés dans la culture pop américaine et française ?
– Qu’est-ce que ces représentations disent du racisme ordinaire ?
-Comment inventer des personnages de fiction dont la dimension politique coïncide avec les réalités sociales
des non blancs dans la culture occidentale ?
En présence d’Angles Morts, collectif de lutte contre les violences policières et traducteur du texte « Super pouvoir noir. Les comics à l’épreuve du Black Power » (Jef Klak N°2)
&
et de Pierre Chopinaud, membre du collectif La voix des Rroms, pour parler du personnage de Magneto et, au-delà, des Rroms parmi les mutants
&
du collectif de la revue Jef Klak.

En partenariat avec la librairie Le Lièvre de Mars.
Une caisse de soutien pour le "Comité Vérité et Justice pour Morad" sera proposée.

Entrée libre.

â–º Jeudi 2 juillet, 16H30-19H30, le Pari des libraires : rencontre autour du Paris de deux écrivains, Modiano et Prévert. Dans le cadre du pari des libraires, coordonné par l’association Paris Librairies, la Librairie Nordest propose une après-midi autour de deux livres de la collection « Le Paris des écrivains » des Editions Alexandrines.

Danièle Gasiglia-Laster, grande spécialiste de Jacques Prévert et co-auteure avec Arnaud Laster des 2 volumes des œuvres complètes de Prévert en Pléiade, va présenter son livre sur le Paris de Prévert.

Béatrice Commengé, auteure de nombreux romans et traductrice entre autre du Journal non-expurgé d’Anaïs Nin, présentera son livre sur le Paris de Modiano.

Chacun à leur façon, Prévert et Modiano ont exprimé leur attachement à la liberté et dénoncé avec force l’oppression sous diverses formes. Nous demanderons à nos deux auteures de s’exprimer sur ce sujet précis.

Des lecteurs seront invités à venir parler d’un livre sur le thème de la liberté qui compte pour eux et qu’ils ont envie de faire partager.

Librairie Nordest
34bis, rue de Dunkerque 75010 Paris
01 48 74 45 59 / librairienordest@orange.fr
http://www.librairienordest.fr/

http://www.alexandrines.fr/alexandrines-la-france-des-ecrivains/25-le-paris-des-ecrivains
http://quefaire.paris.fr/programme/115668_le_pari_des_libraires

â–º Jeudi 2 juillet 2015 à partir de 19h30 (lectures dès 20h) à la Galerie Une Poussière Dans L’Oeil (17bis, Chemin des Vieux Arbres 59650 Villeneuve d’Ascq – Métro Hôtel de Ville).

L’Association La Belle Epoque [Arts Contemporains] organise un nouveau REPAS DES LANGUES [texte, poésie, performance contemporaines] avec des lectures proposées par Laura Vazquez et la Revue Muscle (lectures de Laura Vazquez, Simon Allonneau et Benoît Toqué).
La sortie de : "Les spectres de la ligne 79" d’Emmanuelle Gailliez dans la collection "Or" (dessins) ; "Papi jute dans la sauce aux câpres" de Christophe Siébert (texte porno-trash culinaire) ainsi que la dernière "Grande tentation" de Marc Brunier Mestas : sérigraphie 6 couleurs, 32×32 cm (voir visuel de l’événement).

5 avril 2015

[News] News du dimanche

La question s’impose en ces temps hypermodernes : êtes-vous au TOP ? (UNE). Suivent vos Libr-événements : rencontre avec Etel Adnan, RV avec les éditions de l’Attente, Dominique Quélen… RV pour les 20 ans de Cassandre/horschamp.

 

UNE : Au TOP ! /FT/

La société des égaux est bel et bien devenue celle des EGO, qui doivent se développer jusqu’à l’hypertrophie. Dans la société du simulacre, comme dans la téléréalité, place aux Top-EGO, à la trappe les losers !

Dans l’EGO-society, il faut être au TOP :
au TOP les sportifs,
au TOP les productifs,
au TOP les industriels,
au TOP les lunes-de-miel,
au TOP les commerciaux,
au TOP les fonds spéciaux,
au TOP les chercheurs,
au TOP les producteurs,
au TOP les animateurs,
au TOP les spéculateurs,
au TOP les popolitiques,
au TOP les anxiolytiques…

Tout au TOP, et sans hic…

Et tout consommateur, parce qu’il le vaut bien, a droit au TOP :
au TOP des produits,
au TOP du fortuit,
au TOP des spectacles,
au TOP des pinacles,
au TOP des voyages,
au TOP des mirages,
au TOP des livres,
au TOP délire…

Au TOP de toutes les listes, listages, listings…

Au TOP des lycées, nonobstant l’égalité des chances – comme de bien entendu. Et le Grand-Public plébiscite les listes qui guident ses envies en lui évitant les prises-de-tête : faut être réaliste, on va quand même pas se prendre  la tête à réfléchir sur les critères de sélection/promotion des bons-vins, des bons-livres, des bons-alcools, des bonnes-écoles…

Aujourd’hui, on a atteint
le TOP-nigaud !

Libr-événements

â–º Rencontre avec Etel Adnan le jeudi 9 avril à 19h30 autour de LÀ-BAS (conversation avec Jean Frémon).

Tschann Libraire 125 bd du Montparnasse
75006 Paris Tél 0143354205

librairie@tschann.fr

M° Vavin, Raspail, N-D des Champs RER Port-Royal Bus 68, 83, 91

 

â–º Du 10 au 12 avril, les éditions de l’Attente seront présentes à l’Escale du livre de Bordeaux, sur le stand L29 de 10h à 20h.

Vendredi 10, signature de Laurence de la Fuente et Bruno Lahontâa de 17h à 20h pour leur livre Performances éthologiques de Font.

Samedi 11, signature de Juliette Mézenc de 17h à 20h pour son livre Elles en chambre.

Dimanche 12 à 16h, rencontre "Une chambre à soi" à l’espace Comptoir des mots avec Juliette Mézenc autour de son livre Elles en chambre. Rencontre animée par Elsa Gribinski, critique littéraire.

♦ Juliette Mézenc, Elles en chambre, éditions de l’Attente, hiver 2014, 140 pages, 15 €, ISBN : 978-2-36242-049-8.

"Woolf nous ramène à l’évidence : la liberté intellectuelle dépend des choses matérielles.
La poésie dépend de la liberté intellectuelle
" (p. 54).

"J’ai besoin de cette espèce d’exosquelette qu’est ma chambre-bibliothèque", nous confie l’auteure. D’où cette interrogation, qui, à défaut d’être originale, a le mérite de déboucher sur une démarche personnelle : "quels liens entre chambre et création, entre conditions matérielles et productions littéraires ?" La visite se limite à quelques chambres d’écrivaines postérieures à Virginia Woolf : Danielle Steel, Sylvia Plath, Shahrnoush Parsipour, Monique Wittig, Nathalie Sarraute, Hélène Bessette, Gertrude Stein. /FT/

 

â–º IVY WRITERS PARIS vous invite à une soirée de lectures bilingues le 14 avril 2015 AU DELAVILLE CAFE avec les poètes :

Gillian Conoley (USA)
et Dominique Quélen (France)
accompagnés par Barbara Beck (traductrice, USA)

14 April from 19h30: Ivy Writers Paris says DELAVILLE is back and we are going to bask in the ambiance with fabulous readings by visiting American author Gillian Conoley and French poet who is making a special trek to Paris for us, Dominique Quélen. Barbara Beck will also share some of her translations of Quélen!

At : Delaville Café (1er étage—mais rdv au bar)
34 bvd bonne nouvelle
75010 Paris
M° Bonne nouvelle (ligne 8 ou 9)

Notre blog: http://ivywritersparis.blogspot.fr/
Notre groupe FB—rejoignez-nous ! https://www.facebook.com/groups/101898279922603/
Notre nouvelle page « Ivy Writers Paris communauté » sur FB : https://www.facebook.com/ivywritersparis?fref=ts

 

â–º Les 20 ans de Cassandre/Horschamp à la Maison de l’Arbre les 24-25-26 avril

Trois jours de partage artistique et de débats ininterrompus avec toute l’équipe de Cassandre/Horschamp et beaucoup d’invités
(illustration en arrière-plan ; voir le programme détaillé avec ce lien : http://www.horschamp.org/spip.php?article4467)

Réservation indispensable à resa2@horschamp.org

La Parole errante à la Maison de l’Arbre
9, rue François Debergue
93100 Montreuil
(Métro Croix de Chavaux – ligne 9)

5 décembre 2014

[News] Spécial Maison de la poésie Paris

Finalement, c’est à deux RV que vous êtes conviés demain à la Maison de la poésie Paris : lectures de Sereine Berlottier, Dominique Quélen & Caroline Sagot Duvauroux ; soirée avec Laure Limongi.

 

â–º Samedi 6 décembre 2014 – 17H00

Lectures de Sereine Berlottier, Dominique Quélen & Caroline Sagot Duvauroux

Cycle : Résidences en IDF – Lectures

Soirée conçue par Mathieu Brosseau Lecture

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €
12-06-17h S. Bertollier (c) Sébastien Rongier

« Le phénomène est sans doute plus réel que les objets qui le composent. Imaginons ne rien posséder, pas même la définition des choses qui nous entourent. Imaginons un homme araignée. Il a deux objets : sa toile et puis les limites de celle-ci ; il a sa proie qui le fait survivre et son cadre qui est son propre piège. Imaginons-le aujourd’hui dans sa plus grande nudité, hors cadre, sans la pensée tissant sa propre fin. »
Ces quelques phrases ont été conçues comme un prétexte. Il s’agissait d’inviter les trois poètes, Sereine Berlottier*, Dominique Quélen et Caroline Sagot Duvauroux – à l’écriture et à la voix puissantes et innovantes – et de les faire lire un ensemble écrit ou façonné pour l’occasion.
 
Lectures proposées dans le cadre du cycle « Écrivains en résidences en Région Île-de-France ».
 
* Sereine Berlottier est en résidence à la Scène du Balcon (Paris 20e) jusqu’en février 2015.
 
© Sébastien Rongier

 

â–º Samedi 6 décembre 2014 – 19H00

Laure Limongi – « Cahiers cousus & mousse au chocolat »

Cycle Résidences en IDF

Performance

Tarif : 5 € / adhérent : 0 €
12-06- Laure limongi ©C.Hélie

À travers une forme hybride entre conférence et performance, Laure Limongi évoquera le destin des livres et celui des recettes de cuisine, entre consistance et possibilité d’oubli, affection dévorante et épuisement, gourmandise et révolution numérique. Certains de ses auteurs fétiches seront convoqués, tels B.S. Johnson ou Hélène Bessette, dans un moment éminemment digressif et joyeux.
 
Performance proposée dans le cadre du cycle « Écrivains en résidences Région Île-de-France ».
Laure Limongi est en résidence à la librairie Le Monte-en-l’air (20e) où elle a initié le projet « L’Hospitalité ».
 
_____
 
À lire : Laure Limongi, Indociles (essai littéraire sur Denis Roche, Hélène Bessette, Kathy Acker et B.S. Johnson), Léo Scheer, 2012 ; Soliste, Inculte, 2013. À paraître en mars 2015 aux éditions du Monte-en-l’air : Ensuite, j’ai rêvé de papayes et de bananes (fiction, avec une création graphique de Fanette Mellier).
À voir : www.laurelimongi.com
À suivre : « L’Hospitalité », résumé sur remue.net

21 septembre 2014

[News] News du dimanche

Après avoir appris par cœur la chanson circonstanciée de Mathias Richard et pris note de "LC mode d’emploi", vos Libr-événements présentés dans le détail : RV à la Bibliothèque Marguerite Audoux (Paris) avec les revues La Tête et les Cornes et larevue* ; Vincent Tholomé à Bruxelles ; Hors lits 14 à Marseille ; à Paris, Doubrovsky et Quélen/Waldman ; Daniel Cabanis à Ivry sur Seine.

 

UNE : chanson de Mathias Richard à entonner au boulot, dans la rue, dans les administrations, les médias, à l’Élysée…

L’État veut faire des économies,
L’Unédic veut faire des économies
EDF veut faire des économies
Les entreprises veulent faire des économies
Pôle Emploi veut faire des économies
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES

Agence immo veut faire des économies
Ministère veut faire des économies
Quick Assurance veut faire des économies
Optic Center veut faire des économies
GDF, Auchan et la Mairie veulent faire des économies
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES
JE VEUX FAIRE DES ECONOMIES

 

LIBR-CRITIQUE mode d’emploi

â–º Libr-critique.com est un site qui se concentre sur les rapports entre littérature et sciences humaines, sur les écritures expérimentales actuelles ; plusieurs fois par semaine, vous sont proposées par des auteurs exigeants des chroniques et réflexions diverses, des créations et infos. Il n’a donc pas vocation à être éclectique, ni même à être exhaustif. [Notes autoréflexives sur la situation de LC]

â–º Parmi les works in progress en cours : Libr-@ction ; dossier sur la subversion ; "Manières de critiquer : le roman contemporain"…

â–º Chiffres : près de 1700 posts en 9 ans environ ; plus de 20 000 visiteurs uniques/mois ; le nombre de vues affiché par post remonte à septembre 2013, date de la refonte du site par Philippe Boisnard.

â–º Ne pas oublier d’utiliser la barre du haut (rubriques), en plus du moteur de recherche interne (en haut à droite).

 Libr-événements

â–º Jeudi 25 septembre à 19H, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75 003 Paris) : lancement de la revue La Tête et les Cornes.

"La parole doit traverser. Pour simplement s’envoler ou advenir. C’est pour cela qu’on la cherche jusqu’au bégaiement" (C. Sagot Duvauroux).

Dans ce numéro, entre autres : un extrait de Marc Perrin, "Spinoza in China", un entretien de poétique avec Caroline Sagot Duvauroux (l’étranger, acédie et lyrisme, etc.), une anthologie de poésie contemporaine coréenne…

La Tête et les Cornes, z : éditions, été 2014, 72 pages, 12 €, ISBN : 978-2-37128-008-3.

 

â–º C’est la 67ème saison des Midis de la Poésie (Bruxelles) : reprise, mardi 30 septembre, de 12h40 à 13h30, aux Musées royaux des Beaux-Arts, petit auditorium, rue de la régence n°3.

En compagnie du poète et performeur Vincent Tholomé, dans le rôle de conférencier, et Laurence Vielle, dans le rôle de lectrice pour illustrer ses propos.

Cette année, William S. Burroughs aurait eu 100 ans. Occasion rêvée de revenir sur un auteur qui, avec le temps, est devenu culte. Mais qui le lit encore ? Qui ouvre encore, de nos jours, un livre de Burroughs et le lit entièrement ? Il est possible de trouver sur le net un nombre invraisemblable d’anecdotes sur sa vie. Il est possible également d’y consulter de nombreuses vidéos où l’on voit, par exemple, l’auteur dégainer sa célèbre canne-épée, l’auteur fumer comme un pompier, l’auteur manipuler ses armes à feu. Des photos circulent également où on voit l’auteur entouré de personnalités célèbres, ses amis de la Beat Generation, musiciens et chanteurs rock, d’Iggy Pop à Patty Smith, en passant par Tom Waits. On pourrait discourir longtemps sur l’influence de Burroughs. Retracer comment, au fil du temps, il est devenu « quelqu’un qui compte ». Un « people », comme on dit de nos jours. On pourrait, a contrario, s’interroger tout aussi longuement sur le fait de savoir si, oui ou non, Burroughs est un auteur surfait, est un auteur important. Cela n’aurait que peu d’intérêt. Raterait l’essentiel. Ce serait oublier qu’au-delà des anecdotes et des chromos, Burroughs est avant tout un écrivain. C’est-à-dire quelqu’un qui écrit. Cette année, il aurait eu 100 ans. Occasion rêvée d’ouvrir quelques pistes, de replonger dans son écriture. De revenir sur ses enjeux. Sur la logique narrative singulière que ses textes instaurent. Sur la disponibilité d’esprit qu’ils requièrent et les raisons pour lesquelles, un jour, un homme, un écrivain, a décidé d’écrire des textes réputés illisibles plutôt que de se conformer au modèle narratif dominant. Deux ou trois réflexions, donc, pour tracer quelques pistes, pointer quelques balises possibles pour qui veut, aujourd’hui, rentrer dans l’une des oeuvres les plus singulière du XXième siècle.

 

â–º Mercredi 1er et jeudi 2 octobre 2014 : HORS LITS 14 MARSEILLE
"…nous exerçons nos désirs là où nous sommes…"



Depuis 2005, les soirées du réseau "Hors Lits" s’inscrivent dans une démarche sensible de réécrire l’intime en ouvrant des espaces alternatifs entre artistes, habitants et spectateurs. Ces événements, proposés en appartements se développent et s’exportent dans plusieurs villes (Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Rennes, Vevey, Barcelone, Beziers, Aix en Provence, Nantes, Nîmes, Paris, Bruxelles..) sous formes de "rhizomes d’artistes" rassemblés autour d’un concept commun : un parcours citadin guidé durant lequel les participants visitent 4 lieux de vies habités chacun par un acte artistique de 20 minutes.

Les 1 & 2 octobre, dans les huit salles, les petits groupes de spectateurs découvriront selon un double parcours proposé : Mathias Richard, Muerto Coco, Lauren Rodz, Vincent Lajus, Leonardo Montecchia, Lolita Morales, Trio Haïku, Elsa Decaudin, Élodie Rougeot, Lisa Reboulleau, Aliette Cosset…

Réservation indispensable et urgente (nombre de places réduit) : horslits.marseille@gmail.com

 

â–º Paris, jeudi 2 octobre à 19H30 : Quélen et Waldman.

â–º Vendredi 3 octobre à 19H30, Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : rencontre autour de larevue * 2014.

Dans ce numéro annuel, entre autres : textes de Dominique Quélen, Philippe Boutibonnes ; dessins drolatiques de Petr Herel ; "cases tête" de Typhaine Garnier… Ne manquez pas les curieux télescopages isotopiques de Jean-Patrice Courtois, provoqués par des échanges de propriétés : "Bientôt une population de composés chimiques habitera les glaces non éternelles en résidence principale […]"… "Seuls les atomes peuvent relever d’une politique de l’immortalité"… Pour notre plus grand plaisir, le catastrophisme surmoderne n’empêche pas l’humour d’affleurer : "Longtemps la chimie s’est couchée de bonne heure"… /FT/

larevue*, revue dirigée par Mathieu Nuss et Bruno Fern, été 2014, Julien Nègre éditeur, 140 pages, 15 €, ISSN : 2268-6320.

â–º Samedi 4 octobre à 19H, Maison de la Poésie Paris (Passage Molière : 157, rue Saint-Martin 75003 Paris) : à l’occasion de la parution très attendue du Monstre (Grasset, fin septembre 2014), causerie entre Serge Doubrovsky et Isabelle Grell autour de l’écriture du Je et de l’autre.

Présentation éditoriale. Ce "roman" est , par son contenu, son volume et sa forme, un ouvrage si extravagant, si unique en on genre, qu’il convient d’en rappeler brièvement la généalogie.
 Au début des années 1970,  Serge Doubrovsky commença la rédaction d’un ouvrage monumental qui, selon son auteur, devait jeter les bases théoriques de ce qui sera plus tard défini comme « autofiction ». Une fois achevé, ce manuscrit comptait près de 3000 pages et aucun éditeur ne consentit à le publier en l’état. Une partie, réaménagée, réduite à 450 pages, de ce livre parut néanmoins en 1977, sous le titre de Fils, après quoi son auteur dispersa aux quatre coins du monde le manuscrit non publié.
Isabelle Grell, chercheuse et spécialiste de l’œuvre de Serge Doubrovsky, entreprit de rassembler pieusement ces pages, de recomposer le tapuscrit originel qui, augmenté d’une double préface, est publié ici. L’aspect torrentueux de ce "texte retrouvé" rendait délicate une publication classique: Grasset a donc choisi de reproduire ce manuscrit, tel quel, et ce parti-pris éditorial a semblé d’autant plus légitime qu’il est en affinité avec le projet littéraire de Serge Doubrovsky.
 Voici donc, à l’état brut, un texte craché, originel, véhément –  rigoureusement fidèle aux stratégies de l’autofiction.

â–º Ivry sur Seine, les 4 et 5 octobre : expo Daniel Cabanis.

18 mai 2014

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : après deux livres reçus (On sait l’autre d’Édith AZAM et Du bitume avec une plume de SKALPEL), nos Libr-événements (Polyphonies de Rennes, Théâtre à Toulouse, "Chantier" à Arras, Supersonique Littérature à Angoulême, retour du Général Instin…).

 

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

Édith AZAM, On sait l’autre, P.O.L, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2094-4.

"Toujours la vieille affaire : le langage, le corps : l’autre" (p. 33).

Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier

Le texte nous indique lui-même sa propre dynamique scripturale : "Parler le vertige des oiseaux. Écrire des phrases courtes que l’on tourne jusqu’en boucle pour qu’elles nous relèvent ou, pourquoi pas, en inversant les lettres, qu’elles : nous révèlent. Le vertige nous parle des oiseaux" (22). On notera ici le trait idiosyncrasique d’Édith Azam : les deux points servent à rythmer la phrase, à la dramatiser, finissant par provoquer une vision épiphanique. Deux autres exemples : "Toutes les vies nous les volons pour prendre à l’autre son visage : on ne fait pas si vite face : à son absence : d’identité" (37) ; "[…] l’homme est la plus belle nature : morte" (101).

 

SKALPEL, Du bitume avec une plume, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-769-6.

Voici un texte-cri salutaire qui entend donner voix aux marginaux. On ne peut s’empêcher de citer quelques saillies d’anthologie : "Le métro ou le RER, ça peut être dangereux. T’as des justiciers qui attendent de passer à l’action" (9) ; "On tape sur le plus faible quand on n’a pas le courage de se révolter contre celui qui nous opprime réellement. Un vieux classique de l’histoire des dominants" (19) ; "[…] cet enfoiré de crasseux réactionnaire de Houellebecq. Un petit écrivain-éditocrate-réactionnaire pour bourgeois hystériques et dissidents frustrés d’extrême-droite" (24) ; "Ne me parlez pas de nature humaine à la con. Rien à foutre de ça" (39)… Dommage, néanmoins, que ce soit trop brut de coffre.

 

Libr-événements

â–º POLYPHONIES Rennes, du 23 au 25 mai à la Maison de la poésie (47, Allée Antoine Rebillon à Rennes / 02 99 51 33 32) : ouverture le vendredi 23 à 18H30, puis inauguration de la fresque poétique ; samedi 24 mai à 20H30, lecture de Christian Prigent au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…

â–º En Compagnie des Barbares présente une soirée en deux temps et une exposition au Théâtre du Grand Rond à Toulouse du 20 au 24 mai 2014 à 21h : CRI & CO, d’après le recueil de Christophe Macquet publié par Le Grand Os en 2008, suivi du TAROT DES FÉTICHES (tirage de tarot pour une personne à la fois d’après le jeu de lames de Karine Marco et les poèmes d’Ana Tot).

Retrouvez les livres de Christophe Macquet, Ana Tot et Karine Marco au coin librairie du théâtre

Réservations et infos / Théâtre du Grand Rond : Tél : 05 61 62 14 85

â–º Du 26 mai au 5 juin, "Chantier (œuvre en cours)" >> Workshop de MIET WARLOP / Être lieu (21, Bd Carnot à Arras)


Lundi 26 mai – chantier #1 (Vernissage à 18h)
Mardi 27 mai – chantier #2
Merc. 28 mai – chantier #3

(Chantier ouvert au public à 18h)

>> Lundi 2 juin à 17h
SECRET CHANTIER ( 60 ’)
Un film de Catherine Lefebvre
Film réalisé en 2007 aÌ€ l’occasion de la rénovation du Channel, SceÌ€ne Nationale de Calais. Catherine Lefebvre, la réalisatrice, a obtenu du directeur artistique Francis Peduzzi une carte blanche et un terrain de jeu de tous les possibles, ainsi que l’accord des ouvriers qui travaillaient dans ce grand chantier. MeÌ‚lant documentaire fictif et réalité, elle invite les protagonistes aÌ€ entrer dans sa danse, dans son jeu. Ce film a été projeté lors de l’inauguration du nouveau Channel.

>> Mardi 3 juin à 17h
CHORÉGRAPHIES CONTEMPORAINES : LE DÉSOEUVREMENT AÌ€ L’OEUVRE ( 60 ’)
Conférence de François Frimat
auteur de Qu’est-ce que la danse contemporaine ? Presses universitaires de France

>> Jeudi 5 juin à 20h 30
SPRINGVILLE ( 60 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Miet Warlop entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

Dans Springville, nous assistons aÌ€ la métamorphose d’un micro univers dans lequel les personnages mi-hommes, mi-objets tentent de cohabiter et de conjuguer leurs efforts. Obéissant aÌ€ une logique absurde, ces créatures disproportionnées nous émeuvent par leur dysfonctionnement exprimé dans un langage visuel poétique qui respire le chaos, crée le suspense et force l’étonnement. Peu é peu, elles changent de physionomie pour former une série de tableaux vivants, anarchiques mais muets, qui prolifeÌ€rent aÌ€ l’infini. Springville est une performance dans laquelle l’image prime. La scénographie, les costumes, les attributs et les personnages sont inextricablement liés et se confondent.

>> La thématique “ EN CHANTIER “ ouvre aÌ€ d’autres expériences (pédagogiques et artistiques) qui seront présentées dans les espaces arts plastiques annexes :

LES BERGERS DE HEILPALEN ( 16 ’)
Film réalisé en 2006, “ Les bergers de Heilpalen “ nous montre l’étrange métier de Jos et Dominique au milieu d’un chantier. Catherine Lefebvre emploie le vocabulaire du documentaire et nous fait découvrir l’intimité de ces deux bergers singuliers.

CHANTIERS DE CREATION : DE LA POSSIBILITE DE RESTITUER UN SPECTACLE THEATRAL
Le spectacle NO US (ouÌ€ vont tous ces gens qui marchent sans regarder) de la compagnie québécoise “Les productions Alfred avait raison“ fut présenté le 3 avril aÌ€ la suite d’une courte résidence aÌ€ L’eÌ‚tre lieu en partenariat avec l’université d’Artois et le festival ARSEÌ€NE 2014. Photos, vidéo, témoignages… proposeront la restitution aÌ€ distance
de ce chantier de création.

CHANTIER MATERNELLE : FACE A SPRINGVILLE
ApreÌ€s avoir visionné le spectacle “ SPRINGVILLE “ de Miet Warlop, les enfants de l’école maternelle Florent Delattre aÌ€ Anzin-Saint-Aubin ont inventé leur propre chantier. Diffusion de la vidéo qui relate cette expérience pédagogique.

Dans le cadre des Ch’mins de Traverse, d’autres événements sont aÌ€ découvrir :

LA PART DU RITE ( 40 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Latifa Laâbissi
Jeudi 5 JUIN à 19h 00
MUSEE DES BEAUX-ARTS D’ARRAS, 22 rue Paul Doumer 62000 ARRAS Entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

BIG BAD COLD ( 40 ’)
Une performance de Miet Warlop et 8 performeurs
Dimanche 1er JUIN à 15h 00
ACCEÌ€S LIBRE ET GRATUIT
LA BRASSERIE d’art, 5 rue Basse 62111 Foncquevillers – www.artbrasserie.com Navette gratuite au départ de l’eÌ‚tre lieu aÌ€ Arras, 21 Bd Carnot aÌ€ 14h 00 réservation obligatoire : 09 54 68 69 04

Programme détaillé : http://fr.calameo.com/read/0001067128afe3e768676

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

 

â–º Du 30 mai au 8 juin 2014, exposition et performances – littérature, street-art, sons… performances vendredi 30, samedi 31 mai, jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 juin à 20 h ; vernissage samedi 31 mai à 19 h / galerie ouverte tous les jours sauf lundi de 15 h à 19 h (22 bis rue Dénoyez 75020 Paris, métro Belleville) : avec + de 30 artistes, et la participation d’élèves du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes

Général Instin (GI) revient prendre d’assaut la rue Dénoyez et son mur dévolu au street-art à Belleville.

Point de départ de l’événement : une œuvre de Vincent Tholomé et Maja Jantar présentée dans la galerie, Conquête du pays Ugogo, carte dessinée retraçant l’exploration d’un pays exotique imaginaire par une bande de soldats qui remontent un fleuve vers sa source pour y disparaître.
Pour cette deuxieÌ€me édition d’Instin Belleville, écrivains et street-artistes collaborent à la création d’une fresque monumentale sur le mur de la rue Dénoyez, reprise en écho dans la galerie du 22 Bis. Performances, lectures, musiques ponctuent ce joyeux cérémonial. Au total, une trentaine d’artistes sont mobilisés pour fêter la déroute légendaire de leur Général.

Programme

Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
Delphine Bretesché, Mathieu Brosseau, Marie Decraene, Alexis Forestier, Maja Jantar, Sunny Jim, Itto Mehdaoui, Jérôme Mesnager, Pedrô !, SP 38, Vincent Tholomé
journal de Benoît Virot
et travaux d’élèves de 1re du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, classe de Sébastien Rongier

Lectures / performances / musique etc. à 20 h
vendredi 30 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Marlène Jean, Cécile Portier, Lucie Taïeb, David Tuil
samedi 31 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Maël Guesdon, Marlène Jean, Anthony Poiraudeau, Marie de Quatrebarbes, David Tuil
jeudi 5 juin Séverine Batier, Christophe Caillé, Sylvain Granon, Alice Letumier, Anne Savelli, Joachim Séné
vendredi 6 juin Jean-Philippe Gagnon, Maja Jantar, Christophe Manon, Vincent Tholomé
samedi 7 juin Delphine Bretesché, Juliette Mézenc, Mathilde Roux, Benoît Vincent

festival proposé par Patrick Chatelier et SP 38, avec Nadege Derderian
photographies Thierry Lainé

Général Instin,

projet artistique ouvert, initié par l’écrivain Patrick Chatelier et inspiré du vitrail tombal du général Hinstin (1831-1905) au cimetière Montparnasse, existe depuis 1997 et compte près de 150 participants, en majorité écrivains mais aussi plasticiens, street-artistes, musiciens, vidéastes, comédiens…
Général Instin est une suite de gestes artistiques qui se répondent et se complètent, toujours en devenir.
C’est aussi un soldat fantôme, spectre du véritable général Hinstin (par ailleurs totalement oublié).
C’est le personnage en train d’apparaître (ou disparaître) d’une fiction collective.
C’est une réplique du processus de création avec ses incertitudes, ses tâtonnements, ses impasses.
C’est une prolifération formant comme un paysage géologique qui grandit de ses dépôts successifs.
Quoi d’autre ? Chacun a son Général.

La quête de l’Aïeule universelle

En filigrane, avec la mémoire et la guerre comme lignes thématiques, le projet Instin fait référence aux tragédies passées dont nous sommes les héritiers : conflits mondiaux ou génocides, par exemple. La Conquête du pays Ugogo (ugogo signifie « aïeule » en zoulou), progressant vers le cœur des ténèbres, pourrait ainsi évoquer la colonisation. Cet arrière-plan de la folie humaine, soumis à la distance artistique, est détourné selon des voies parfois graves, parfois loufoques. Le soldat Miguel de Cervantès avec son Don Quichotte ne faisait pas autre chose.

Exploration de formules nouvelles, utilisation de nombreux supports réels ou virtuels, fabrique multidimensionnelle de déplacements, associations inédites entre matières, entre formes, entre disciplines, entre populations, entre artistes et non-artistes, sont des leitmotivs du GI.
De l’épars, du fragment, du diffracté, du paradoxe, composons une force : composons un réseau, une nébuleuse, une mouvance. Pour conquérir les moyens de combat et de résistance du XXIe siècle.

4 décembre 2013

[Livre-news] Patrick Varetz, Premier mille

Patrick Varetz lance ce soir à Lille son Premier mille – recueil de 1000 poèmes. Parcourons cette somme éminemment varetzienne.

Patrick Varetz, Premier mille, P.O.L, décembre 2013, 528 pages, 29 €, ISBN : 978-2-8180-1933-7.

Ce soir à 19H, rendez-vous avec Patrick VARETZ à la Librairie Le Bateau Livre (154, rue Léon Gambetta à Lille) pour la présentation de Premier mille. L’entretien sera mené par Dominique Quélen, et plusieurs amis de l’écrivain — Katrine Dupérou, Carole Fives, Cécile Richard et Patrice Robin — liront quelques extraits. [Sur LC, lire les poèmes 790 à 794 : un avant-goût du Deuxième mille]

Présentation éditoriale. Patrick Varetz a décidé d’écrire mille poèmes parce qu’il a besoin d’écrire sans cesse, matin, midi, soir, la nuit quand il ne dort pas, parce qu’il aime l’idée d’un gros recueil.
Au début, le vers est libre, c’est plus l’instinct que la volonté qui guide la césure. Et puis, peu à peu, la longueur de chaque vers tend à s’uniformiser, les enjambements se multiplient, le texte se scinde régulièrement en tercets. On croirait le corps glissé dans un corset, les vers imparfaitement justifiés évoquant le relief des vertèbres. Et enfin la structure 3-3-3-1 domine.
Le Je est absent de ce travail, pratiquement. Il s’efface au profit du Tu qui désigne aussi bien l’auteur que ses proches ou le lecteur, voire même, parfois son éditeur.
Les sujets : la colère et le renoncement, le vide et l’imposture, la haine du père, de la maladie, de la mort, du suicide par pendaison, de l’art poétique. Il évoque le roman qu’il est en train d’écrire, le livre qu’il vient de lire, la musique qui le poursuit, le pays où il voyage. S’appropriant d’autres champs sémantiques que le sien, il se livre, en italiques, à des imitations : le livre de Job, celui des Lamentations, l’Isa Upanishad, Walt Whitman, ou Victor Hugo. Il organise son chaos intérieur… Venant buter sans relâche contre l’os de l’âme, il ne cesse d’interroger le vide qu’il ressent sous son cœur…

Premières impressions.

"Qui es-tu pour autoriser le
Je et aplanir la question du
Vide […]"

Avec ce millier de poèmes régis par une contrainte formelle (strophes hétérométriques en vers libres, avec rappel d’un vers en fin de poème), nous entrons dans la fabrique de l’écrivain. Celle de l’invention verbale : "Je TMOI et MTOI […] Vain babil du MJOI" ; "Je désuni JE le père / Fragment de colère"… Celle d’un univers dont les maîtres mots sont recensés dans l’index : "agonie", "colère", "écrire", "imposture", "inconnaissable", "misère", "père", "renoncement", "rêve", "vacuité", "vanité"…Cet univers est celui des romans, et en particulier Jusqu’au bonheur : un bas monde angoissant où règne la parentèle et où sévissent le docteur Kuzlik et Samuel Caudron ; la hantise du double et de la mort, la folie, la déréliction de l’avorton, l’autodestruction jusqu’au bonheur…

Patrick Varetz n’hésite pas à se mettre en scène comme écrivain : les morts – qui "se glissent / entre [les] lignes sans ponctuation ni artifice" – viennent "alimenter" ses ambitions littéraires ; consultant "les oracles sur internet", il s’aperçoit que "Jusqu’au bonheur exige une / Infinie patience livraison gratuite" ; s’il avait lu la Revue de Littérature Générale, sans doute son parcours eût-il été différent… Jusqu’à l’autodérision :

  "L’orgueil abscons
De Patrick Varetz
Et la fragilité de
Ses constructions.

Et sa faiblesse
À laisser publier
Un livre imparfait" (211).

Et sans oublier de rendre hommage à son éditeur : "Par votre intervention / Vous m’avez (sans le / Savoir) permis de dé- / Livrer l’âme en dés- / Hérence de ma mère" (287). Ni à d’illustres écrivains : Hugo, Mallarmé, Dostoïevski, Whitman, Doris, Cliff, Lucot, Modiano, Tarkos…

28 novembre 2013

[Agenda] Escales lilloises hivernales…

Lille, jusqu’au bonheur en cette fin d’automne : Pascal Bavencove, Pierre Gauyat, Jérôme Leroy, Jacques Roillet, Gérard Streiff et Fabrice Thumerel vous attendent sur le roman social ce samedi toute la journée ; Patrick Varetz mercredi prochain pour la sortie de son Premier mille (P.O.L) ; les Escales hivernales les 7 et 8 décembre pour une manifestation de grande ampleur. Voilà qui mérite bien un détour par Lille et/ou par Libr-critique pour découvertes et réflexions.

â–º Rencontres Écrits du peuples, écrits du Nord

L’association Espace Marx organise le samedi 30 novembre les Rencontres "ECRITS DU PEUPLE – ECRITS DU NORD", au 6 bis rue Roger Salengro à Hellemmes (accès Métro : Ligne 1 – Station Marbrerie)

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Au programme : Lecture, Ecriture, Création littéraire d’inspiration sociale.
Avec la participation de romanciers, nouvellistes, essayistes, poètes, chercheurs universitaires, et autres "passeurs-médiateurs" de l’écrit

– 10h-10h30 : Ouverture des rencontres par Jacques Roillet, président d’Espace Marx et allocution de Jérôme Leroy, écrivain, parrain de l’événement.
– 10h30-12h30 : rencontre-débat, "Quel travail !? Les représentations du travail en France dans les récits contemporains".
Avec Fabrice Thumerel, Université d’Artois (Arras), spécialiste en sociologie de la littérature contemporaine.

Que les représentations du monde du travail dans la littérature française soient historiquement et politiquement marquées ne sauraient étonner. Ainsi l’effacement progressif, au cours du XX° siècle, de la centralité d’une classe ouvrière organisée et solidaire, identifiée comme telle dans la vie sociale, est allé de pair avec la reconquête par les acteurs d’un capitalisme managérial, quelle que soit sa crise, d’une hégémonie idéologique dont les termes "concurrence", "compétitivité", "efficacité", "performance" sont devenus les maîtres mots. Si les acteurs anciens du travail sont peu à peu devenus invisibles, la question du travail reste une donnée sociale, économique et politique majeure. "Rien d’étonnant" donc, selon Fabrice Thumerel, "à ce que l’on puisse déceler une homologie entre, d’une part, les mutations économiques et socioculturelles, et, d’autre part, les nouvelles formes d’écriture du travail", quels que soient par ailleurs les labels choisis pour en rendre compte.

– 12h30-13h15 : Poursuite de la discussion avec les intervenants et auteurs. Dédicaces.
– 13h15-14h30 : Pause-repas.
– 14h30-16h30 : Table ronde "Les passeurs de parole et médiateurs de l’écrit – Richesse et diversité des expériences de terrain", animée par Ricardo Montserrat, écrivain et auteur dramatique, et Laurence Mauriaucourt, journaliste à L’Humanité, avec la participation d’associations d’éducation populaire et de solidarité, d’animateurs d’ateliers d’expression orale et écrite…
– 16h30-17h: Pause dédicaces.
– 17h-19h: Débat "Le Roman noir – littérature de contrebande et de subversion ?"
Avec Gérard Streiff, auteur de "polars" et Jérôme Leroy, écrivain, animé par Pierre Gauyat, auteur de "Jean Meckert, du roman prolétarien au roman noir contemporain" (Encrage, 2013), et Pascal Bavencove, écrivain et militant syndical.

â–º Mercredi 4 décembre 2013 à 19H, Libr-critique vous donne rendez-vous avec Patrick VARETZ à la Librairie Le Bateau Livre (154, rue Léon Gambetta à Lille) pour la présentation de Premier mille (P.O.L, en librairie le lundi 2 décembre 2013, 529 pages, 29 €) : un recueil de 1000 poèmes. L’entretien sera mené par Dominique Quélen, et plusieurs amis de l’écrivain — Katrine Dupérou, Carole Fives, Cécile Richard et Patrice Robin — liront quelques extraits. [Sur LC, lire les poèmes 790 à 794 : un avant-goût du Deuxième mille]

Présentation éditoriale. Patrick Varetz a décidé d’écrire mille poèmes parce qu’il a besoin d’écrire sans cesse, matin, midi, soir, la nuit quand il ne dort pas, parce qu’il aime l’idée d’un gros recueil.
Au début, le vers est libre, c’est plus l’instinct que la volonté qui guide la césure. Et puis, peu à peu, la longueur de chaque vers tend à s’uniformiser, les enjambements se multiplient, le texte se scinde régulièrement en tercets. On croirait le corps glissé dans un corset, les vers imparfaitement justifiés évoquant le relief des vertèbres. Et enfin la structure 3-3-3-1 domine.
Le Je est absent de ce travail, pratiquement. Il s’efface au profit du Tu qui désigne aussi bien l’auteur que ses proches ou le lecteur, voire même, parfois son éditeur.
Les sujets : la colère et le renoncement, le vide et l’imposture, la haine du père, de la maladie, de la mort, du suicide par pendaison, de l’art poétique. Il évoque le roman qu’il est en train d’écrire, le livre qu’il vient de lire, la musique qui le poursuit, le pays où il voyage. S’appropriant d’autres champs sémantiques que le sien, il se livre, en italiques, à des imitations : le livre de Job, celui des Lamentations, l’Isa Upanishad, Walt Whitman, ou Victor Hugo. Il organise son chaos intérieur… Venant buter sans relâche contre l’os de l’âme, il ne cesse d’interroger le vide qu’il ressent sous son cœur…

â–º 8e Fête du Livre de Lille Escales hivernales

 

CCI GRAND LILLE

7 & 8 décembre 2013

Plusieurs dizaines d’écrivains et d’artistes, des poètes, des romanciers, des nouvellistes, des auteurs de théâtre, de polars, des auteurs de livres jeunesse – parmi lesquels : Éric Clémens, Sylvain Coher, Dominique Fabre, Ian Monk, Patrice Robin, Jean Rouaud, Valérie Rouzeau, Vincent Tholomé, Jean-Pierre Verheggen… Près de mille mètres carrés accueillant les nombreux stands de maisons d’édition, de librairies et de structures culturelles… Des rencontres, des débats, des animations, des ateliers et des lectures… Cette année encore la ville de Lille sera, en ce début du mois de décembre et dans l’écrin prestigieux de la Chambre de Commerce et d’Industrie, au rendez-vous du livre et des littératures. [Télécharger le programme complet]

13 décembre 2012

[News] Hivernales littéraires (2)…

Les temps sont-ils à la fête (sinon à la fête du livre !) ? Fête de fin damnée avec PODROME, encore une manifestation al dantesque qu’il ne faut pas manquer à Marseille à partir de demain soir (Gruppo, Prexl, Nowak Papantoniou…). Pour la 7e fête du livre de Lille, Escales hivernales, ce sera ce week-end, avec du beau monde (Caligaris, Emaz, Pennequin, Quélen, Varetz…). Entre Marseille et Lille, ça chauffe…

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