Libr-critique

8 juillet 2018

[Chronique] Edith Azam, Oiseau-moi, par Christophe Stolowicki

Edith Azam, Oiseau-moi, dessin de couverture signé Eléa Damette, éditions Lanskine, printemps 2018, 36 pages, 12 €, ISBN : 979-10-90491-74-8. 

Quand Seine rime avec souvienne mais que « Mais s’en fout bien Hannah » coupe court au fond musical, se désarticule d’intériorité l’oiseau porté en soi au pénultième ciel. Auteur moteur coupé enroue le libre usage de son vers. Quand deux point à la ligne, aligne son horizon, capte les simples sons, un et deux font deux, font d’elle le confondant auteur d’une motrice en soi. D’une émettrice qui maîtrise son pénultième soi, qu’électrise aux lectrices (et à quelques lecteurs) son féminin singulier à « corps ouvert » de « manque d’espace » quand « l’air est hirsute ». L’humour dispute à l’émotion le but en blanc. De but en banc de touche (non, là j’exagère, André Breton me taperait sur les doigts) la poésie mise à l’épreuve emporte à faux son authentique visage.

 

Le lyrisme s’est entrecoupé, ce qu’il en demeure hoquette en quête d’intériorité. Une petite musique bute sur le hic et nunc, ici et maintenant une scie associe un amour défunt à tout ce que la poésie dérobe de l’auteur qui « préfère écrire de droite à gauche, cela lui paraît mieux illisible. » Le dit d’Hannah met à mal la mâle grammaire qui sous les ponts s’affaire comme dans la plaie le fer d’un jour ou d’une vie. Le mire a beau égrener ses vers plus verticaux tumeur des jours heureux, plus familier tu meurs, d’Illiers en Montjouvain le temps affinitivement perdu. « Hannah Hannah / My Osotis » court son palindrome sa prétentaine comme l’ant(i)enne qu’un « caillou [jeté]sur la Seine » assène et retire de l’ô. Le chagrin se rétracte en peau de poème. De deux points en deux points de chute sur chute surlignées le rapide court son Niagara plus peur que pleurs.

 

Ce livre appelle une lecture seconde, avant-première, une lecture sonde qui débonde son objet, l’on y adhère à tire d’elles. Grand ouverte, de parataxe une syntaxe se déboîtant, court la verticale du souffle long. De piétinement, d’arrache les « mots [pèsent des tonnes » qu’un feu de paille éblouit. 

 

Dessin de couverture d’un voyage au centre de soi en devisement du monde, géographie cartographiée où des langues de mer s’enfoncent dans un continent de palimpseste, de Elea Damette. 

10 juin 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier jour du 36e Marché de la poésie, tout d’abord le Libr-20 des volumes (dont une revue) de/sur la poésie ; suivent quatre Libr-événements : RV autour de Bernard Noël et de Laurent Grisel à Paris, avec Griot/Manon dans la région parisienne, sans oublier Poésie civile #15…

Poésie : en ce dernier semestre, LC a reçu, a lu et recommande

♦ Olivier Penot-Lacassagne dir., Beat Generation. L’Inservitude volontaire, CNRS éditions, 2018, 392 pages, 25 €.

REV(u)E : 17, Un thé chez les fous, 2018, 230 pages, 30 €. [Un superbe collectif, avec pour exergue : "Tous ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité"]

♦ Nikola Akileus, Éreintique, éditions Vermifuge, hiver 2017-2018, 140 pages, 15 €.

♦ Édith Azam, Le Temps si long, éditions Atelier de l’Agneau, Limoges, printemps 2018, 78 pages, 15 €.

♦ Gilles Bonnet, Pour une poétique numérique, Hermann, hiver 2017, 376 pages,  €. [Essai très stimulant !]

♦ Didier Bourda, Galerie montagnaise, Lanskine, 2018, 152 pages, 14 €.

♦ Patrick Bouvet, Trip machine, éditions de l’Attente, automne 2017, 132 pages,14 €.

♦ Sophie Coiffier, Paysage zéro, éditions de l’Attente, automne 2017, 144 pages, 14 €.

♦ Bernard Desportes, Le Cri muet, Al Manar, printemps 2018, 96 pages, 18 €.

♦ Dominique Fourcade, Improvisations et arrangements, P.O.L, mai 2018, 464 pages, 24 €.

♦ Emmanuel Hocquard, Le Cours de Pise, édition établie par David Lespiau, P.O.L, mars 2018, 624 pages, 23,90 €.

♦ Christine Jeanney, Yono Oko dans le texte, Publie.net, 2018, 176 pages, 16 €.

♦ Christophe Manon (avec Frédéric D. Oberland), Jours redoutables , Les Inaperçus, 2017, 72 pages, 14 €.

♦ Christophe Manon, Vie & opinions de Gottfried Gröll, Dernier Télégramme, hiver 2017-2018, 120 pages, 13 €.

♦ Véronique Pittolo, Monomère & maxiplace, éditions de l’Attente, automne 2017, 104 pages, 11 €.

♦ Daniel Pozner, À Lurelure, PROPOS2 éditions, 2017, 114 pages, 13 €.

♦ Dominique Quélen, Revers, Flammarion, 2018, 124 pages, 16 €.

♦ Olivier Quintyn, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €. [Essentiel pour qui veut comprendre la poésie contemporaine]

♦ François Rannou, La Pierre à 3 visages (d’Irlande), Lanskine, printemps 2018, 48 pages, 12 €.

♦ Pierre Vinclair, Terre inculte. Penser dans l’illisible : The Waste Land, Hermann, 2018, 204 pages, 22 €. [Une réflexion fondamentale sur l’illisibilité poétique à partir du célèbre poème de T. S. Eliot]

Libr-événements

â–º Lundi 11 juin 2018, Maison de la poésie Paris, 20H : Carte blanche à Bernard Noël. Avec Bernard Noël, Jean-Luc Bayard, Léonard Novarina-Parant, Jean-Luc Parant, Laurine Rousselet & Esther Tellermann.

Né en 1930, Bernard Noël signe son premier livre Les Yeux chimères, en 1953 et en 1958, Extraits du corps. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il publie son troisième ouvrage, La Face de silenc. La publication de ces poèmes lui ouvre alors les portes de l’édition où il travaille comme lecteur, correcteur et traducteur.  À partir de 1971, Bernard Noël prend la décision de se consacrer entièrement à l’écriture. Il compose ainsi une œuvre majeure, (…)

â–º Climats de Laurent Grisel a été écrit sur une proposition de Cécile Wajsbrot, de janvier 2014, bien avant que la future « COP21 » de novembre-décembre fasse parler d’elle, à octobre 2015, et ses lecteurs eurent et ont de quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses  héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 

La comédienne, diseuse, musicienne et chanteuse Anna Desreaux en donne son interprétation, qui est forte et belle, au café-théâtre de La Vieille Grille lundi prochain : le lundi 11 juin à 20h30, 1, rue du Puits de l’ermite 75005 PARIS / Métro Monge [Il est important de réserver au 01 47 07 22 11. Vous trouverez toutes sortes d’informations pratiques sur le site du lieu : https://www.vieillegrille.fr/tiki-view_articles.php?topic=13]

â–º Lundi 18 juin à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris), Poésie civile #15 : où ça avance…

â–º Vendredi 22 juin à 20H, Parc de Rentilly (1 rue de l’étang 77600 Bussy-Saint-Martin) : Griot/Manon.

29 avril 2017

[Entretien] L’Intranquille Agneau, entretien de Françoise Favretto avec Fabrice Thumerel

Avant que de présenter quelques titres de la collection "Architextes", nous remercions la passionnée Françoise Favretto d’avoir bien voulu répondre à cinq questions sur les éditions de l’Agneau, leur revue L’Intranquille et leurs collections.

 

FT : On commencera par le commencement : pourquoi avoir choisi ce nom, l’Atelier de l’agneau ? Il est vrai que la Bergerie française de l’édition est envahie par les loups…

FF : N’étant pas à l’origine des éditions, je les ai reprises avec leur nom que je n’ai pas modifié. C’est dans l’ancien atelier d’un peintre que l’Atelier de l’agneau a vu le jour. Dans une rue au centre-ville de Liège, la rue de l’agneau. Je n’ai pas connu ce lieu mais je sais qu’il y avait une presse à gravure, des artistes, des écrivains, et comme figure fondatrice et unifiante Jacques Izoard. L’écrivain Eugène Savitzkaya fait partie des fondateurs, il devint assez vite un auteur reconnu publié chez Minuit et il apprécie que j’aie pu continuer les éditions.

 

FT : Pourriez-vous retracer votre itinéraire personnel, puis votre parcours au sein de cette maison ?

FF : Diplômée en littérature et linguistique, je n’ai enseigné que de façon sporadique, trouvant davantage de liberté dans le travail des revues (j’en ai réalisé 4), plus spontané, qui privilégie les échanges. J’ai donc commencé avec la revue 25. Puis l’édition. J’ai beaucoup écrit de critiques de livres et de revues, et je continue, lisant toujours un crayon à la main… Parler de lectures… Annoter les manuscrits… J’écris aussi des textes personnels, je dessine, voyage, photographie et crée des livres d’artistes… organise des lectures publiques. J’essaie de créer un espace pour la littérature exigeante.

 

FT : Sur votre site éditorial est indiqué que vous préférez des textes qui privilégient la « forme » … Qu’entendez-vous par là ? De quelle « forme » s’agit-il ?

FF : Je ne parle pas, bien sûr, des formes fixes comme le sonnet, la ballade… Par exemple, si j’aime les arbres, c’est surtout pour leur forme, ovale ou ébouriffée. Et leur ombre fantomatique dans la nuit, effrayante. L’impact, l’ombre, le contour… Je regarde d’abord cela et ensuite ce qu’ils produisent : des cerises, des kiwis…

De même pour les textes, la narration ne m’intéresse pas vraiment, n’étant pas lectrice de « romans ». La « forme » pour moi c’est au sens spécifique de gestalt en allemand, qui vient du verbe gestalten, « mettre en forme mais en donnant une structure qui donne du sens ».

La poésie n’advient qu’avec le travail de la forme, qui peut s’adjoindre le son. Qu’on me raconte n’importe quoi, je n’y suis sensible que si je vois/sens/entends une construction, un mouvement, une intention, un rythme. Quelque chose de structuré. En ce sens, cela peut être de la prose, je ne vois pas de grande différence entre ces genres s’il y a un travail de la pâte, soyez de bons boulangers…

A part quelques textes d’art brut, directs, tellement bouleversants, où l’on ne peut que s’incliner – mais ils sont très rares – je ne crois pas à la poésie spontanée, au « jet fulgurant ». Le poète doit trouver « sa » forme. Je dois parfois expliquer cela aux jeunes poètes : écrire est un travail…

 

FT : Le nom de votre revue, L’Intranquille, convient parfaitement à votre projet éditorial, non ?

FF : Agités du bocal, poissons rouges dans une écume blanche, rejetons de l’impossible, traducteurs du miroitement, décalés du corps et de l’âme, revisités à l’aune de l’intrépide, remués et remuants, troublés et troublants, les auteurs de l’intranquille vous saluent.

Le livre de l’intranquillité de Pessoa a donné son nom à la revue. On a aussi penché pour « Le sel des Garamanthes », symbole des longues marches des peuples du désert qui ne vivaient que de vente de sel. L’image âpre qui y était connotée révélait une nostalgie première et un peu trop ascétique, alors que « l’intranquille » dit bien l’époque. Des thématiques ont surgi d’emblée : « dégage » en 2011, « le triple A » (pour amuser les artistes visuels), « genres d’après », « servitude volontaire », « concrétisez ! » par exemple. Présenter de nouveaux poètes nous a semblé indispensable et aussi des traductions de tous pays : indiens d’Amérique (sioux), langue de Mauritanie, femmes d’Iran et tous pays européens. Une partie critique abondante termine le numéro après un passage dans l’histoire littéraire, du XVIIIe à nos jours, en essais ou journaux intimes (Michel Valprémy, Ford Madox Ford, Flaubert, Doris Lessing, etc.). Des artistes actuels illustrent ces 90 pages, surtout de dessins.

 

FT : Pourriez-vous maintenant esquisser l’archéologie de votre collection « architextes », qui a une place particulière dans votre maison ? Quel a été son fil rouge ? Quels liens établissez-vous entre des auteurs aussi différents que Edith Azam, Jean-Pierre Bobillot, Jacques Demarcq, Sébastien Dicenaire, Philippe Jaffeux, Marius Loris, ou encore Sylvie Nève ?

D’autres collections aussi : « transfert », « 25 », « Litté-nature » (Virgile, Rousseau, Thoreau, Reclus), « archives », « géopoétique », « ethnopoésie »…

Pour « architextes », donc : une annonce parue dans un journal comportait une coquille « cherche architextes » au lieu de « architectes ». Alors je me suis mise à en chercher… avec un pochoir (encore la forme), un critère : archi = excès, débordement…

J’ai établi une règle interne et personnelle que voici :

Les textes doivent déborder de la norme jusqu’au syntagme. Le mot doit donc être attaqué dans le procès de démolition de l’ordre langagier établi. A partir de cela, s’est formé (oui, encore la forme) un collectif de 29 auteurs, « ARCHITEXTES 2 », préfacée par Guilhem Fabre. Puis une collection du même nom : 26 livres à ce jour et plusieurs autres en cours.

Les auteurs que vous citez dans votre question remuent les mots, peuvent casser à outrance ou pas, mais s’activent dans la destruction/recomposition.

Azam est l’invention même, achoppe sur les mots, tourbillonne et refait. Demarcq à partir des bruits d’oiseaux retrace des itinéraires poétiques. Jaffeux qui scinde, troue et perce. Dicenaire imagine une « potentiologie » où la poésie peut sauver le monde. Marius Loris tend à l’excès dans la retranscription sonore de ses textes : les lisant, il dégrade les syllabes par sa vitesse d’élocution et finit sans plus pouvoir respirer…

Et Sylvie Nève qui a toujours joué du langage comme d’une scie, Bobillot, théoricien savant,  allant à l’extrême du verbe relooké…

De mon point de vue, ils ne sont donc pas différents. Tous passent par la voix, le sonore. J’en ajouterais quelques autres : les logorrhées surinvesties du si discret Denis Ferdinande (5 livres), le multilinguisme de Christoph Bruneel « ga’goes’ goet’ gro groins », les indépassables narrations de L.M. De Vaulchier envahies de dessins, Jandl et Mayröcker traduits par Lucie Taïeb pouvant passer allègrement de la collection « transfert » (traductions donc) à « architextes » tant les expériences comiques pour l’un, sensuelles pour l’autre, donnent modèle aux nouveaux auteurs.

 

 

4 septembre 2015

[Chronique] Edith Azam, Caméra, par Périne Pichon

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 4:28

Edith Azam, Caméra, P.O.L, été 2015, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-3681-5.

Dans son dernier livre, Edith Azam nous donne à lire une fascinante fable sur notre temps – "ultramoderne" si l’on veut.

 

Créature anthropomorphe, Caméra enregistre les images d’un monde qui s’effrite. Caméra est la chambre noire d’une écriture, un œil qui enregistre, une piste qui capte les sons. Par magie typographique, le nom est devenu patronyme, et transforme l’objet en personnage. La raison d’être de Caméra semble contenue dans son nom : il faut capturer, stocker, puis développer les images, et au-delà une langue.

 

Chez Caméra fusionnent le corps et l’objet. L’œil observe et conserve, le corps souffre pour chaque événement saisi. L’écriture joue sur l’ambivalence de cet être qui regarde comme on récolte : les expressions référant au caméscope révèlent la mécanique d’un corps sur le point de se briser, comme le monde qui l’entoure.

 

Caméra pose son sac, sort le long drap qu’elle déchire afin de se couvrir le nez et la bouche, puis fixe son bras fendu, en écharpe. Caméra : vision brouillée. Épuisées, les batteries clignotent.

 

Caméra traverse des paysages de guerre, se heurte à des murs de pierres et de chairs, évolue dans un chaos qui confère au récit son étrangeté. C’est une course en surtension au sein d’un monde apocalyptique mais poétique, où êtres et objets semblent se décomposer et tenter tant bien que mal de se re-composer. En ce sens, Caméra est une résistante. Malgré la violence qui partout éclate, elle avance jusqu’au point de rupture de ses circuits.

 

De fait, Caméra est investie d’un rôle témoin. Mais plus qu’une pellicule elle protège un mystère : le Nom. Trésor et bouclier contre le monde qui s’écroule, il demeure au cœur de la pensée de Caméra, au creux de sa langue. Ce Nom gagne d’autant plus en importance et en opacité que l’écriture, faite d’accélérations puis de heurts, signale l’évidence brusque de certains mots. Ou pose des égalités : "à force de vouloir viser juste, à force de cela, nommer : tue". L’opération de transformation à l’œuvre dans le langage en devient perceptible : une idée, une pensée devient un acte, une réalité. Et le Nom derrière ces mots reste présent mais insaisissable.

 

Le Nom est comme l’inconnue x d’une équation. On peut concevoir la vanité de découvrir cette inconnue. On se contente de suivre la marche de Caméra, dictée elle-même par la force du Nom. Se laisser porter par la langue jusqu’à cet autre mystère humain : le langage.

29 mai 2014

[News] SPÉCIALE Libr-événements

Pour terminer mai en beauté, plusieurs Libr-événements vous attendent demain à Marseille (Little Big Books Artist ; Nowak Papantoniou), Paris (autour d’Antoine Boute : Azam, Hubaut, Montessuis…) et Angoulême (Espitallier, Jallon, Pireyre…) : des manifestations et des écrivains de premier plan !

 

â–º Vendredi 30 mai – 17h00 / Présentation des Little Big Books Artist, Le Monde des Villes – Marseille

André Jolivet, Nadine Agostini, François Bladier, Julien Blaine, Frédérique Guetat-Liviani, Laura Vazquez.

Atelier Vis-à-vis
41 rue Clovis Hugues
13003 Marseille

â–º Vendredi 30 mai à 19H, MANIFESTEN (59, rue Thiers à Marseille) : lecture-performance de Stéphane NOWAK PAPANTONIOU, qui vient de publier GLÔÔSSE aux éditions Al dante (88 pages, 13 €), suivie d’une discussion avec Katerina Zisimou qui témoignera de la situation en Grèce.

Quand les puissances d’argent viennent ruiner plus qu’un pays, une civilisation,
quand l’hostilité vient remplacer l’hospitalité,
quand le discours dominant vient contaminer la langue maternelle,
tout est-il perdu ? Que reste-t-il au poète ? La poésie comme puissance de déconditionnement, libération de la langue… Contre la glose économo-politico-médiatique, "la glossolalie langue coupante", une "langue dégelant la gelée", le coup de glotte de la résistance…

Mêlant narratif et discursif, visualité et oralité, document objectif et inventivité verbale, cette glôôsse qui cligne aussi bien du côté de Prigent que de Rabelais est une hurmouvante descente dans le labyrinthe grec et mondial qu’il faut découvrir de toute nécessité. /FT/

â–º Vendredi 30 mai, GRANDE FÊTE DU POTENTIEL RIGOLO DE LA MORT pour la sortie du livre, LES MORTS RIGOLOS par Antoine, Victor & Lucas Boute (éd. Les Petits Matins) au MONTE-EN-L’AIR (2, rue de la mare, 75020 Paris) à partir de 18h30

avec

– ATELIER SUICIDE AU TRAMPOLINE, par Victor & Lucas Boute

– CONNEXION-TRANSE AVEC NOS AMIS LES MORTS, par Joachim Montessuis

– ALLO LES MARTIENS ? ICI L’INSPECTEUR PENNEQUIN, par Charles Pennequin

– ANDY FIERENS AIME LES ENFANTS, par Andy Fierens

– CONNANSKI CONNEXION, par Loïc Connanski

– EDITH AZAM VOUS PARLE, par Edith Azam

– COURTE PERFORMANCE POST-MORTEM, par Joël Hubaut

– EXAMEN DE PÂQUES, par Martine Doyen & Antoine Boute

– POTAGER EXPERIMENTAL VERSUS FECONDATION IN VITRO, par Ann De Gheest

– IL FAUT FAIRE DES ENFANTS !, par Ariane Bart

– EN AVANT POUR LA REVOLUTION DES ENTERREMENTS, par Antoine Boute

Dans Les Morts rigolos, on ne doute de rien : un type y raconte sa vie à partir d’une blague tout en révolutionnant les enterrements, tout en écrivant un thriller familial avec ses enfants (Victor, 7 ans, et Lucas, 5 ans), tout en se faisant plein de copines et copains clochards, pornolettristes, kamikazes, grossistes en pétrole, éco-féministes, cavaliers anarcho-autonomes, aviatrices, tout en théorisant l’écriture qui tue et en re-fécondant les rapports entre vie, farce, mort et enfance…

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

18 mai 2014

[News] News du dimanche

Programme très chargé ce soir : après deux livres reçus (On sait l’autre d’Édith AZAM et Du bitume avec une plume de SKALPEL), nos Libr-événements (Polyphonies de Rennes, Théâtre à Toulouse, "Chantier" à Arras, Supersonique Littérature à Angoulême, retour du Général Instin…).

 

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

Édith AZAM, On sait l’autre, P.O.L, 160 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-2094-4.

"Toujours la vieille affaire : le langage, le corps : l’autre" (p. 33).

Dehors : trois chevaux, "chevalos-cadavres" qui "se chevalopent" (26-27)… Dedans : la Nausée… On sait l’autre est un agencement répétitif qui s’interroge sur le processus d’identification dans un monde aliénant, sur notre rapport à L’AUTRE… En ce temps de Nausée hypermoderne, l’Autre ce n’est pas l’Enfer, mais l’éboulement, l’effacement, le guêpier

Le texte nous indique lui-même sa propre dynamique scripturale : "Parler le vertige des oiseaux. Écrire des phrases courtes que l’on tourne jusqu’en boucle pour qu’elles nous relèvent ou, pourquoi pas, en inversant les lettres, qu’elles : nous révèlent. Le vertige nous parle des oiseaux" (22). On notera ici le trait idiosyncrasique d’Édith Azam : les deux points servent à rythmer la phrase, à la dramatiser, finissant par provoquer une vision épiphanique. Deux autres exemples : "Toutes les vies nous les volons pour prendre à l’autre son visage : on ne fait pas si vite face : à son absence : d’identité" (37) ; "[…] l’homme est la plus belle nature : morte" (101).

 

SKALPEL, Du bitume avec une plume, Al dante, 40 pages, 7 €, ISBN : 978-2-84761-769-6.

Voici un texte-cri salutaire qui entend donner voix aux marginaux. On ne peut s’empêcher de citer quelques saillies d’anthologie : "Le métro ou le RER, ça peut être dangereux. T’as des justiciers qui attendent de passer à l’action" (9) ; "On tape sur le plus faible quand on n’a pas le courage de se révolter contre celui qui nous opprime réellement. Un vieux classique de l’histoire des dominants" (19) ; "[…] cet enfoiré de crasseux réactionnaire de Houellebecq. Un petit écrivain-éditocrate-réactionnaire pour bourgeois hystériques et dissidents frustrés d’extrême-droite" (24) ; "Ne me parlez pas de nature humaine à la con. Rien à foutre de ça" (39)… Dommage, néanmoins, que ce soit trop brut de coffre.

 

Libr-événements

â–º POLYPHONIES Rennes, du 23 au 25 mai à la Maison de la poésie (47, Allée Antoine Rebillon à Rennes / 02 99 51 33 32) : ouverture le vendredi 23 à 18H30, puis inauguration de la fresque poétique ; samedi 24 mai à 20H30, lecture de Christian Prigent au Jardin de la Maison de la Poésie / Péniche spectacle, et dimanche 25 mai à 15H celle de Dominique Quélen… Et aussi : Laure Limongi et Olivier Mellano, Pascal Commère…

â–º En Compagnie des Barbares présente une soirée en deux temps et une exposition au Théâtre du Grand Rond à Toulouse du 20 au 24 mai 2014 à 21h : CRI & CO, d’après le recueil de Christophe Macquet publié par Le Grand Os en 2008, suivi du TAROT DES FÉTICHES (tirage de tarot pour une personne à la fois d’après le jeu de lames de Karine Marco et les poèmes d’Ana Tot).

Retrouvez les livres de Christophe Macquet, Ana Tot et Karine Marco au coin librairie du théâtre

Réservations et infos / Théâtre du Grand Rond : Tél : 05 61 62 14 85

â–º Du 26 mai au 5 juin, "Chantier (œuvre en cours)" >> Workshop de MIET WARLOP / Être lieu (21, Bd Carnot à Arras)


Lundi 26 mai – chantier #1 (Vernissage à 18h)
Mardi 27 mai – chantier #2
Merc. 28 mai – chantier #3

(Chantier ouvert au public à 18h)

>> Lundi 2 juin à 17h
SECRET CHANTIER ( 60 ’)
Un film de Catherine Lefebvre
Film réalisé en 2007 aÌ€ l’occasion de la rénovation du Channel, SceÌ€ne Nationale de Calais. Catherine Lefebvre, la réalisatrice, a obtenu du directeur artistique Francis Peduzzi une carte blanche et un terrain de jeu de tous les possibles, ainsi que l’accord des ouvriers qui travaillaient dans ce grand chantier. MeÌ‚lant documentaire fictif et réalité, elle invite les protagonistes aÌ€ entrer dans sa danse, dans son jeu. Ce film a été projeté lors de l’inauguration du nouveau Channel.

>> Mardi 3 juin à 17h
CHORÉGRAPHIES CONTEMPORAINES : LE DÉSOEUVREMENT AÌ€ L’OEUVRE ( 60 ’)
Conférence de François Frimat
auteur de Qu’est-ce que la danse contemporaine ? Presses universitaires de France

>> Jeudi 5 juin à 20h 30
SPRINGVILLE ( 60 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Miet Warlop entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

Dans Springville, nous assistons aÌ€ la métamorphose d’un micro univers dans lequel les personnages mi-hommes, mi-objets tentent de cohabiter et de conjuguer leurs efforts. Obéissant aÌ€ une logique absurde, ces créatures disproportionnées nous émeuvent par leur dysfonctionnement exprimé dans un langage visuel poétique qui respire le chaos, crée le suspense et force l’étonnement. Peu é peu, elles changent de physionomie pour former une série de tableaux vivants, anarchiques mais muets, qui prolifeÌ€rent aÌ€ l’infini. Springville est une performance dans laquelle l’image prime. La scénographie, les costumes, les attributs et les personnages sont inextricablement liés et se confondent.

>> La thématique “ EN CHANTIER “ ouvre aÌ€ d’autres expériences (pédagogiques et artistiques) qui seront présentées dans les espaces arts plastiques annexes :

LES BERGERS DE HEILPALEN ( 16 ’)
Film réalisé en 2006, “ Les bergers de Heilpalen “ nous montre l’étrange métier de Jos et Dominique au milieu d’un chantier. Catherine Lefebvre emploie le vocabulaire du documentaire et nous fait découvrir l’intimité de ces deux bergers singuliers.

CHANTIERS DE CREATION : DE LA POSSIBILITE DE RESTITUER UN SPECTACLE THEATRAL
Le spectacle NO US (ouÌ€ vont tous ces gens qui marchent sans regarder) de la compagnie québécoise “Les productions Alfred avait raison“ fut présenté le 3 avril aÌ€ la suite d’une courte résidence aÌ€ L’eÌ‚tre lieu en partenariat avec l’université d’Artois et le festival ARSEÌ€NE 2014. Photos, vidéo, témoignages… proposeront la restitution aÌ€ distance
de ce chantier de création.

CHANTIER MATERNELLE : FACE A SPRINGVILLE
ApreÌ€s avoir visionné le spectacle “ SPRINGVILLE “ de Miet Warlop, les enfants de l’école maternelle Florent Delattre aÌ€ Anzin-Saint-Aubin ont inventé leur propre chantier. Diffusion de la vidéo qui relate cette expérience pédagogique.

Dans le cadre des Ch’mins de Traverse, d’autres événements sont aÌ€ découvrir :

LA PART DU RITE ( 40 ’)
Une performance chorégraphique et plastique de Latifa Laâbissi
Jeudi 5 JUIN à 19h 00
MUSEE DES BEAUX-ARTS D’ARRAS, 22 rue Paul Doumer 62000 ARRAS Entrée 5€
réservations 09 54 68 69 04
billetterie@latitudescontemporaines.com

BIG BAD COLD ( 40 ’)
Une performance de Miet Warlop et 8 performeurs
Dimanche 1er JUIN à 15h 00
ACCEÌ€S LIBRE ET GRATUIT
LA BRASSERIE d’art, 5 rue Basse 62111 Foncquevillers – www.artbrasserie.com Navette gratuite au départ de l’eÌ‚tre lieu aÌ€ Arras, 21 Bd Carnot aÌ€ 14h 00 réservation obligatoire : 09 54 68 69 04

Programme détaillé : http://fr.calameo.com/read/0001067128afe3e768676

â–º SUPERSONIQUE LITTERATURE, performances littéraires et musique : Hughes Jallon & Frédéric D. Oberland / Jean-Michel Espitallier & Kasper T. Toeplitz / Emmanuelle Pireyre & Toog
Vendredi 30 MAI – 20h30 – au Conservatoire Gabriel FAURÉ d’Angoulême

Une soirée organisée par DATABAZ, à l’invitation de la classe d’électro-acoustique du Conservatoire d’Angoulême.

Participation libre mais nécessaire

Venez découvrir trois duos écrivain-musicien qui travaillent dans l’oralité , dans les jeux de langue, les jeux de sonorités en questionnant les conflits contemporains, la mémoire, la violence ou encore les enjeux écologiques selon une approche engagée, mais dans laquelle résonne le rire. Ils feront résonner texte et musique dans une énergie performative, sonique et galopante.
Des écrivains singuliers et des musiciens expérimentaux qui vous feront entendre une parole poétique selon de nouvelles dimensions.

– Kasper T. Toeplitz / Au delà des frontières des musiques contemporaines ou non académiques, Kasper T. Toeplitz compose et interprète une musique électronique puissante faites de drones intenses. Durant son parcours atypique, il est passé du rock-punk à des opéras et des pièces contemporaines ancrées dans le vingtième siècle. Ses références sont alors Scelsi, Ligeti, Penderecki puis Nono, Stockhausen et Xenakis. Il a gagné de nombreux prix et collabore avec des artistes inclassables, les musiciens Eliane Radigue, Zbigniew Karkowski, Phil Niblock, et des chorégraphes, des vidéastes, des photographes.

– Jean-Michel Espitallier est représentatif d’une génération qui opte pour des pratiques poétiques variées, construites, accumulatives et, souvent, drôles, au croisement du texte, du son et de l’image. Poète inclassable, il joue avec des listes, détournements, boucles rythmiques, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie, en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites.

– Hugues Jallon est directeur des éditions la Découverte depuis 2013. Il est l’auteur de trois fictions politiques originales dont la dernière, Le Début de quelque chose (2012), a été monté par Myriam Marzouki au festival d’Avignon en 2013.

– Frédéric D. Oberland est un artiste de l’image et du son (études de cinéma à la Fémis et de sciences politiques). Il manie la guitare électrique avec intensité autant que la caméra pour des films expérimentaux sélectionnés dans de nombreux festivals. Multi-instrumentiste et expérimentateur dans l’âme, il développe à un projet intitulé FareWell poésie, un collectif composé de musiciens parisiens et du poète / cinéaste Jayne Amara Ross.

– Emmanuelle Pireyre alterne écriture de livres et diverses formes mixtes présentées dans des lectures publiques (textes incorporant des vidéos, schémas, conférence Powerpoint …). Elle donne des cours d’écriture à des danseurs, participe comme comédienne aux films d’Olivier Bosson, aime collaborer à des projets collectifs qui décalent l’écriture vers d’autres domaines, musique, théorie, radio. Elle a reçu le prix Médicis en 2012 pour son livre Féerie générale aux éditions de l’Olivier.

– Gilles Weinzaepflen a publié une demi-douzaine de disques sous le pseudonyme Toog sur des labels américains, japonais, allemand, anglais et français Il a beaucoup tourné aux Etats-Unis principalement et au Japon. Il a mis en musique des textes poétiques pour le théâtre et a réalisé un film sur le champ poétique intitulé La Poésie s’appelle reviens. Son travail de poésie est publié dans des revues comme Nioques, et il fait des lecture avec le musicien David Fenech.

 

â–º Du 30 mai au 8 juin 2014, exposition et performances – littérature, street-art, sons… performances vendredi 30, samedi 31 mai, jeudi 5, vendredi 6, samedi 7 juin à 20 h ; vernissage samedi 31 mai à 19 h / galerie ouverte tous les jours sauf lundi de 15 h à 19 h (22 bis rue Dénoyez 75020 Paris, métro Belleville) : avec + de 30 artistes, et la participation d’élèves du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes

Général Instin (GI) revient prendre d’assaut la rue Dénoyez et son mur dévolu au street-art à Belleville.

Point de départ de l’événement : une œuvre de Vincent Tholomé et Maja Jantar présentée dans la galerie, Conquête du pays Ugogo, carte dessinée retraçant l’exploration d’un pays exotique imaginaire par une bande de soldats qui remontent un fleuve vers sa source pour y disparaître.
Pour cette deuxieÌ€me édition d’Instin Belleville, écrivains et street-artistes collaborent à la création d’une fresque monumentale sur le mur de la rue Dénoyez, reprise en écho dans la galerie du 22 Bis. Performances, lectures, musiques ponctuent ce joyeux cérémonial. Au total, une trentaine d’artistes sont mobilisés pour fêter la déroute légendaire de leur Général.

Programme

Exposition et performances, galerie et mur rue Dénoyez, 30 mai au 8 juin
Delphine Bretesché, Mathieu Brosseau, Marie Decraene, Alexis Forestier, Maja Jantar, Sunny Jim, Itto Mehdaoui, Jérôme Mesnager, Pedrô !, SP 38, Vincent Tholomé
journal de Benoît Virot
et travaux d’élèves de 1re du lycée Albert-Camus de Bois-Colombes, classe de Sébastien Rongier

Lectures / performances / musique etc. à 20 h
vendredi 30 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Marlène Jean, Cécile Portier, Lucie Taïeb, David Tuil
samedi 31 mai Philippe Aigrain, Olivier Apert, Maël Guesdon, Marlène Jean, Anthony Poiraudeau, Marie de Quatrebarbes, David Tuil
jeudi 5 juin Séverine Batier, Christophe Caillé, Sylvain Granon, Alice Letumier, Anne Savelli, Joachim Séné
vendredi 6 juin Jean-Philippe Gagnon, Maja Jantar, Christophe Manon, Vincent Tholomé
samedi 7 juin Delphine Bretesché, Juliette Mézenc, Mathilde Roux, Benoît Vincent

festival proposé par Patrick Chatelier et SP 38, avec Nadege Derderian
photographies Thierry Lainé

Général Instin,

projet artistique ouvert, initié par l’écrivain Patrick Chatelier et inspiré du vitrail tombal du général Hinstin (1831-1905) au cimetière Montparnasse, existe depuis 1997 et compte près de 150 participants, en majorité écrivains mais aussi plasticiens, street-artistes, musiciens, vidéastes, comédiens…
Général Instin est une suite de gestes artistiques qui se répondent et se complètent, toujours en devenir.
C’est aussi un soldat fantôme, spectre du véritable général Hinstin (par ailleurs totalement oublié).
C’est le personnage en train d’apparaître (ou disparaître) d’une fiction collective.
C’est une réplique du processus de création avec ses incertitudes, ses tâtonnements, ses impasses.
C’est une prolifération formant comme un paysage géologique qui grandit de ses dépôts successifs.
Quoi d’autre ? Chacun a son Général.

La quête de l’Aïeule universelle

En filigrane, avec la mémoire et la guerre comme lignes thématiques, le projet Instin fait référence aux tragédies passées dont nous sommes les héritiers : conflits mondiaux ou génocides, par exemple. La Conquête du pays Ugogo (ugogo signifie « aïeule » en zoulou), progressant vers le cœur des ténèbres, pourrait ainsi évoquer la colonisation. Cet arrière-plan de la folie humaine, soumis à la distance artistique, est détourné selon des voies parfois graves, parfois loufoques. Le soldat Miguel de Cervantès avec son Don Quichotte ne faisait pas autre chose.

Exploration de formules nouvelles, utilisation de nombreux supports réels ou virtuels, fabrique multidimensionnelle de déplacements, associations inédites entre matières, entre formes, entre disciplines, entre populations, entre artistes et non-artistes, sont des leitmotivs du GI.
De l’épars, du fragment, du diffracté, du paradoxe, composons une force : composons un réseau, une nébuleuse, une mouvance. Pour conquérir les moyens de combat et de résistance du XXIe siècle.

10 octobre 2013

[Agenda] Festival Le Grain de la Voix à Pau

Du samedi 12 au samedi 19 octobre 2013, se déroulera à Pau le Festival Le Grain de la Voix ; y participent, entre autres, des auteurs que défend LC (dont quelques "dreamdrumistes") : Edith Azam, Sonia Chiambretto, Thomas Déjeammes, Antoine Emaz, Olivier Mellano, Bernard Stiegler, Yannick Torlini, Nicolas Vargas…

 

> SAMEDI 12 OCTOBRE :

13H03 > MUSIQUE INATTENDUE > Place Reine Marguerite

"Urbaphonix" sonorise la ville (Cie décor sonore)

14H34 > THÉÂTRE > Place de la Déportation

Un clown qui s’appelait Socrate (Théâtre du caniveau)

17H02 > FILM & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère

La faute d’orthographe du Front National / Film de Bernard Stiegler & Discussion

Conclusion avec un film poétique de Thomas Déjeammes intitulé Projet 125/20.

21H08 > CONCERT > Bar L’imparfait

Un récital poétique de Nathalie Richard et Olivier Mellano

 

> DIMANCHE 13 OCTOBRE

14H34 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.

"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras. (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

18H02 > DINONS-ENSEMBLE > Studio Cie Écrire un mouvement

Danse Buto / Installation / Soupe & Fromage (Quelques instants pour Jacques Dupin)

> LUNDI 14 OCTOBRE

21H06 > LECTURE À VOIX NUE & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un

Extraits de "Caisse Claire" de Antoine Émaz / Poésie Contemporaine ; suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

> MARDI 15 OCTOBRE

21H04 > LECTURE POP UP & THÉÂTRE CHORÉGRAPHIÉ > Chez quelqu’un.

"Mon écriture est laid" de et par Nicolas Vargas ; Suivi de

"L’homme assis dans le couloir" de M.Duras (T. Escarmant / Cie Écrire un Mouvement)

> MERCREDI 16 OCTOBRE

13H06 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Place Royale

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

14H34 > LECTURE > Chez quelqu’un

"Polices !" de Sonia Chiambretto lu par l’auteur

16H07 > JEUNES PUBLICS & P’TIT GOÛTER > Théâtre Bourbaki

Minifocus / Concert électro blues forain pour bambins / Adultes accompagnés tolérés

18H02  > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Palais des Pyrénées

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

21H05 > THÉÂTRE & IMPROVISATIONS > Bar l’Imparfait

Ronan Tablantec / Clown marin pêcheur, cynique, satirique, mais tendre

21H24 > CONCERT > Bar l’Imparfait

"Les Angles" un Récital Poétique de Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa / Voix & Guitare

> JEUDI 17 OCTOBRE

21H02 > CONCERT > Casino de Pau

ARLT, un récital de chansons d’Éloïse Decazes et Sing-Sing

> VENDREDI 18 OCTOBRE

18H02 > RENCONTRE > Librairie Tonnet

avec Sonia Chiambretto, auteur de Chto

21H07 > LECTURE PRÉPARÉE & CONCERT > Chapelle des Réparatrices

"Chto, Interdit au moins de 15 ans"

Théâtre Contemporain pour deux paires de cordes vocales et une guitare.

Par Fanny Avram, Frédéric Jouanlong et Ryan Kernoa ; suivi de

Winter Family / Un duo franco-israélien entre berceuse minimale et cri politique

> SAMEDI 19 OCTOBRE

14H34 > LECTURE POÉSIE CONTEMPORAINE > Chez quelqu’un

Textes de Yannick Torlini lu par l’auteur

17H06 > LECTURE & RENCONTRE > Médiathèque André Labarrère.

ATI Éditions présente ses affiches de 4 poètes contemporains ; suivi

d’une lecture performance d’Édith Azam

21H03 > CIRQUE CONTEMPORAIN > La Centrifugeuse

"L’Iceberg" de Florence Caillon (Cie L’Éolienne)



ET DURANT TOUT LE FESTIVAL :

L’ensemble de l’œuvre poétique de JACQUES DUPIN consultable
à la Médiathèque André Labarrère.


LECTURES À LA VOLÉE :
Il s’appelle Fröde et vous pourrez le rencontrer un peu partout dans la ville.
Il viendra peut-être s’asseoir à côté de vous dans le bus ou à la terrasse d’un café,
ou faire quelques pas à vos côtés sur un bout de trottoir…
Il vous proposera de découvrir quelques lignes des auteurs du festival
mais aussi des invités qui n’ont pu se joindre à nous comme :
Charles Juliet, Antoine Émaz, Bernard Stiegler, Fabienne Courtade, Philippe Breton, Sylvain Crépon…
Mais aussi de quelques uns des piliers des mouvements de pensée de ce festival :
Roland Barthes, Antonio Gamoneda, Pierre Bourdieu, Didier-Georges Gabily,
Joël Pommerat, Michel Foucault ou Jean-Luc Godard.
Il sera parfois accompagné des comédiens du groupe Corps 9 ; compagnie étudiante paloise
ou de celles et ceux qui auront répondu à notre appel à participation.

———————

ENTRÉES GRATUITES
LES ADRESSES DES PARTICULIERS SERONT COMMUNIQUÉES SUR RÉSERVATION.
POUR LES AUTRES REPRÉSENTATIONS, LA PLUPART DES JAUGES SONT LIMITÉES, RÉSERVATIONS VIVEMENT CONSEILLÉES.

RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATIONS : 05 59 40 72 93

 

3 juin 2013

[News] Poésie en marche…

Le Marché de la poésie n’existe pas… N’existe que la poésie en Marche. Celle qui se pratique dans l’aller-vers. Tout le reste n’est que lisseting et markéterature. Parcours en zigue & zag des rendez-vous à ne pas manquer…

31e Marché de la poésie, place Saint-Sulpice (75 006), du jeudi 6 au dimanche 9 juin 2013 : 550 éditeurs et revues de poésie & création littéraire (record battu, of course !) ; invité d’honneur : l’Irlande ; président d’honneur : Serge Pey.

(more…)

26 mai 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de mai, nos Libr-événements : rendez-vous au Monte-en-l’air (Sadin/Biagini ; Farah/Cadiot/Quintane), à la Maison de la Poésie de Paris (avec le tandem Giner/Smith), et aussi avec les poètes en résonance… Et on ne manquera, pas pour terminer, de retrouver le duo CUHEL/HEIRMAN pour le Libr-clin d’œil satirique sur l’Actu (Famille, quand tu nous tiens !…).

(more…)

10 mars 2013

[News] News du dimanche

Puisque le Salon du livre de Paris met à l’honneur la création éditoriale française, commençons par un spécial éditions de l’Attente. On se concentrera ensuite sur d’importants Libr-événements : PAN! po&phi à Limoges, Bernard Desportes sur France Culture, Marc Perrin en tournée pour son Spinoza in China…

(more…)

17 février 2013

[News] News du dimanche

Après être allé faire un tour du côté de chez P.O.L (avec notamment Edith Azam, Décembre m’a ciguë), on s’intéressera aux livres reçus (La Revanche de la pelouse, de Rosmarie Waldrop ; Ago d’Antoine Dufeu ; n° 8 de la revue Avant-poste). Parmi les Libr-événements : Séance qui vive et Soirée Al dante… De quoi attendre le printemps ! /FT/

(more…)

6 novembre 2011

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche du mois, après un spécial Libr-Lille (Citéphilo, festival NEXT, Prigent aux Beaux-Arts et RV sur Radio Campus avec le groupe de slam On a slamé sur la lune), votre Libr-novembre (Bernard Desportes, Philippe Castellin, Annie Ernaux, Mathias Richard, Patrick Varetz, Al dante…) et vos prochains RV avec le Grand OS.

(more…)

25 avril 2008

[Livre + Chronique] amor barricade amor, d’Edith Azam

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — Philippe Boisnard @ 8:01

   Edith Azam, amor barricade amor, ed. atelier de l’agneau, 113 p. ISBN : 978-2-930440-02-6. prix 15 €.

(more…)

30 juin 2007

[Expoésie] Extrait de la lecture d’Edith Azam

Filed under: UNE,videopodcast — Étiquettes : , , — rédaction @ 11:04

edith azamNous avions découvert Edith Azam à Lodève, lors du festival 2006. Nous la retrouvons ici et nous vous donnons à voir sa lecture, toujours aussi efficace et sensible. Pour une plus large présentation, vous pouvez voir sa présentation sur Poezibao, ou bien encore, vous pouvez voir sa lecture de Lodève.

Download Link

11 mars 2007

[Chronique] Edith Azam, en passant à côté de la folie

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:37

[lire la présentation générale du livre]
D’emblée le dire, et très certainement devoir le justifier : je ne fais pas partie de ceux qui sont enthousiastes face aux textes d’Édith Azam. Si j’apprécie beaucoup — comme je l’avais dit — les deux lectures que j’ai pu voir d’elle lors du festival de Lodève, au sens où elle incarne bien un caractère pathologique propre à ses textes, je ne vois rien qui dans ses textes soit réellement remarquable… Face à l’engouement qui la suit, je me prends à réfléchir et je crois devoir justifier mon jugement. Le texte Letika klinik, dont le titre est pourtant je trouve assez remarquable au niveau sonore, en reste à une forme très classique de prose versifiée, proche de l’oralité, travaillée par certaines boucles et décrivant un état psychiatrique qui est loin de nous plonger hors du sens, mais qui se rapproche davantage d’un lyrisme de la folie, jouant sur la fragilité du « je ». La question psycho-pathologique en poésie n’est pas rare, elle est même liée à une poésie de l’intime, de l’implosion ou de l’explosion du sujet, et trop souvent elle tourne autour de caractères assez adolescents, liés à la forme de détresse de ce moment fragile et momentané de la construction de soi.

Le hors-sens psycho-pathologique on le retrouve bien évidemment chez Henri Michaux, qui même s’il aborde aussi bien la folie que la drogue dans des formes linguistiques parfois peu idiolectales, cependant témoigne d’une inventivité cérébrale désarçonnante, qui conduit dans certaines contrées inquiétantes… Connaissance par les gouffres, où « la chute de l’homme est notre histoire » au sens où pour lui il faut se débrouiller « dans la foule en mouvement » qui fissure nos êtres, de sorte que « tout progrès, toute nouvelle observation, toute pensée, toute création, semble créer (avec une lumière) une zone d’ombre ».
Tout autrement, cette folie d’Artaud, tant copiée et glosée, n’est pas celle d’un sens s’accomplissant, mais tient toujours à cette impossible saisie de soi (« il manque une concordance entre la minute de mes états et mes mots »), le conduisant dans les cahiers de Rodez à explorer les voies aussi bien glossolaliques que du dessin. Artaud, de par la vérité qu’il cherche sur lui-même, (s’)expose tragiquement le texte en tant qu’il est sans cesse habité, hanté, par un hors-sens, conduisant jusqu’à l’échec de son écriture. C’est parce qu’il s’affronte à l’innommable, que son écriture, sa voix singulière, obtient cette acuité caractéristique sur son propre état. C’est parce que dans le texte l’imprésentable est à l’oeuvre que loin de tout lyrisme, nous ne faisons face qu’à la présentation crue d’un être en souffrance dans les mots.
Avec le texte d’Édith Azam, tout à la fois, nous faisons face à une langue simple, aux associations un peu convenues parfois, car Perrier c’est fou avec ces bulles et c’est bien évident que la folie c’est avoir un petit vélo dans la tête au point de pédaler à vide dans le crâne, et d’autre part à une description sans réelle amplification, pour être une oeuvre qui décloisonne le sens. Or, ou bien la folie s’immisce dans la textualité, devient ruminante, entraînant dans un par-delà des variations psychologiques classiques (comme c’est le cas dans les premières oeuvres de Pennequin, telle Dedans qui conduit à un étouffement) et la langue alors dévaste toute appréhension dans des circularités, dans des boucles qui obnubilent toute prétention à la saisie, ou bien la folie est représentée, narrée, imagée, et alors on a à faire à tentative de construction de la folie, qui dans bien des cas, recouvre la puissance des dérives psychopathologiques. Cette dernière approche conduit la plupart du temps à une forme de lyrisme, où le caractère pathologique est réduit à l’image. Édith Azam me paraît appartenir à la deuxième dimension : une représentation de soi, plus qu’une présentation, dont les motifs d’écriture, sont assez peu originaux, dès lors qu’il ne s’agit que d’un rapport obsessionnel à l’amour lié à un internement,
Et là… Et là sur ce vieux cahier d’écriture
Sur ce vieux cahier qu’est pour toi :
Je pleure.
Je ne sais pas quoi d’autre faire,
Faire quoi d’autre que : écrire…
Et comment faire alors,
Comment pour que ces trucs-là,
Ces trucs, ces hoquète-coeurs,
Comment faire pour qu’ils s’arrachent

Alors la question qui reste : pour quelles raisons un tel engouement ? Certainement, et ici il faut le souligner, du fait qu’Édith Azam soit une très bonne lectrice de ses textes, leur donnant l’épaisseur qu’ à la seule lecture il ne me semble pas avoir ?

[livre] Édith Azam, Létika klinik

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 9:25

azam196.jpgÉdith Azam, Létika Klinik, précédé d’une préface de Claude Chambard, éditions le Dernier Télégramme, 46 p., ISBN : 2-9524151-6-1, prix 10 €.
[site de l’éditeur]
[présentation de l’auteur sur Poézibao]

Extraits :
C’est un vieux cahier d’écriture
Je le reprends pour toi.
Souvent dans ma tête : ton prénom.
Il tourne en boucle,
C’est joli,
Et le perrier, ça fait des bulles

Il y a des écureuils dans le parc,
Des écureuils,
Le temps…
J’écris,
Je lis des poèmes et…

J’essaie de réfléchir au propre.
Je réfléchis : c’est déjà ça.

Alors ce vieux cahier d’écriture,
Ces choses que je veux près de toi.
Moi j’ai la marque sur le poignet,
Ça fait comme un léger sourire.

À table personne ne parle,
À table, on ne parle pas.
Les repas à table sont glauques,
Et puis… c’est plus profond que ça –
C’est la façon de machouiller huit minutes
La boulette de viande;
C’est la tête qui tremble et puis,
Le corps entier;
C’est celui qui bégaie,
C’est l’autre qui se moque;
C’est moi… qui n’ai plus faim.
Je repars lire alors –

Je t’aime –

Les médicaments, les médicaments…
Les médicaments j’ai peur de les prendre,
Les médicaments, ça me cailloute le ventre :
Et puis pareil quand je técris : me répéter 100 fois
Ça me cailloute encore :
Le Perrier sur la table
Clic-clac qu’elles font les bulles

Premières impressions :
[lire la chronique]

Older Posts »

Powered by WordPress