Libr-critique

19 février 2012

[News – chronique] « Gallimerde » versus Publie.net, ou la Bataille du numérique…

Filed under: chroniques,News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 17:50

En collaboration avec le talentueux dessinateur Joël Heirman – que nous remercions une fois de plus –, revenons sur cette affaire qui enflamme le champ éditorial depuis vendredi : la guerre du numérique entre dans sa phase active.

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5 septembre 2011

[News/chronique] « RENTRÉE LITTÉRAIRE » ?…

Le discours anti-Rentrée tendant à devenir lui-même un topos, on trouvera ici dix notations supra/para/périphénoménales, accompagnées de deux dessins du caricaturiste Joël Heirman.

On pourra par ailleurs s’amuser à relire les posts des années précédentes, somme toute complémentaires : 2010 ; 2009 ; 2008.

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28 octobre 2009

[Texte] SALON D’ALGER : manifeste pour un salon « off », par Mustapha BENFODIL

Filed under: créations,News — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 10:12

Pour la réflexion salutaire qu’il nous offre et pour ce qu’il dévoile de la situation politico-culturelle dans un pays francophone très proche, Libr-critique ne peut que relayer l’appel de cet écrivain ô combien libre et critique, dont nous avons déjà publié une nouvelle époustouflante.

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20 mai 2009

[News] (s)édition et terrorisme…, par Thierry Guichard

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , — rédaction @ 7:50

Nous avons décidé de faire nôtre l’appel de Thierry Guichard, directeur du Matricule des Anges, abasourdis par cette nouvelle pièce au dossier antidémocratique en France… Les dernières nouvelles, plutôt meilleures, ne changent rien aux faits.

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16 décembre 2008

[Entretien] De la critique en terrain miné. Dialogue avec Pierre Jourde (2)

Filed under: entretiens,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , , — Fabrice Thumerel @ 19:09

Voici la fin de l’entretien, qui fait écho à « Libr-critique dans l’espace littéraire numérique. Notes (auto)réflexives » et «De la critique et de la fonction critique en terrain miné ».

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23 février 2008

[News] Création et subvention : Inventaire/Invention

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 15:59

  Il nous semble important de relayer ce message de Patrick Cahuzac, le responsable éditorial d’Inventaire/Invention (maison d’édition + site), structure mise en danger par le désinvestissement de l’État. C’est important parce que nous apprécions à sa juste valeur ce lieu de création devenu crucial, mais aussi pour la survie même de bon nombre de structures culturelles.

Nous appelons à soutenir le mouvement de protestation contre le "désengagement de l’Etat dans la culture" qui, selon le communiqué du site et des éditions Inventaire-Invention, devra prendre l’ampleur nécessaire à partir du vendredi 29 février, à 15 h Place du Palais Royal.
Il y aura aussi des rassemblements en province.
Merci de votre attention.

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17 avril 2007

[News] L’Esprit des péninsules rend l’âme

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 17:15

index_02.jpgDans un champ éditorial où une douzaine de groupes totalisent plus de 75 % de l’activité globale, dominant la production comme la diffusion, il devient de plus en plus difficile d’exister (de subsister). C’est la triste réalité à laquelle vient d’être confronté un « petit éditeur » de plus, après Al dante, Léo Scheer, etc.
La maison d’édition fondée en 1993 par Éric Naulleau, qui compte 180 titres à son catalogue, vient donc de déposer le bilan. Et du seul point de vue littéraire, le bilan est des plus satisfaisants. Mais les succès de Jourde (La Littérature sans estomac, 2002 ; Festins secrets, 2005…) n’ont évidemment pas suffi à lui éviter le naufrage économique.
C’est peu dire que nous regrettons cet esprit frondeur : une telle entreprise est de salut public ! Et devrait donc être sauvegardée comme telle…
[Site de l’esprit des péninsules]/FT/

4 janvier 2007

[NEWS] Aide aux revues du CNL : le numérique n’existe qu’en tant qu’archive !

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 10:31

Grâce au très bon site la feuille, nous venons de découvrir les recommandations du CNL pour l’attribution de l’aide aux revues 2007. Ce qui nous intéresse bien évidemment, au sens où la diffusion de la création littéraire et poétique française ne peut exister dans bien des cas que si elle est aidée, soit par le CNL, soit par des institutions publiques ou privées. Des revues comme Boxon sont rares, au sens où rares sont celles qui peuvent exister sans aucune subvention. A la lecture des deux pages de recommandation : 1/ pour les revues papiers; 2/ pour la numérisation; on s’aperçoit que les revues qui apparaissent spécifiquement sur le web, ne sont pas du tout prises en compte. Seules les numérisations sont encouragées, par contre aucune aide spécifique n’est déterminée pour les revues aussi bien SHS ou LSH qui pourtant en France ont une réelle visibilité, et qui plus est permettent des possibilités peu envisageables au niveau des revues papiers. Car tel que le dit Marin dans un article d’octobre 2006 — publié sur Blogo Numéricus — faisant suite au rapport de Sophie Barluet commandé par Eric Gross en avril 2006, le CNL se pose encore dans des dichotomies qui sont caduques par rapport au développement numérique : l’opposition accès payant/accès gratuit. Mais aussi la question du nombre d’exemplaires diffusés et vendus, etc…

« Il faut applaudir le courage du rapport qui défend l’idée d’un soutien aux créations numériques. Mais s’inquiéter de la conception péjorative qu’elle revèle, définissant une hiérarchie entre ce qui semble relever du bac à sable ou du bouillon de culture, d’une part, et ce qui est érigé sur l’autel du papier, d’autre part. Il faut sortir de l’opposition des supports (papier/électronique) et des modes de diffusion (vente/libre accès) pour parvenir à défendre la seule chose qui nous tient à coeur, l’édition. C’est-à-dire l’émergence, la formalisation, la sélection puis la diffusion de la pensée. »

Nous le savons la diffusion web, qui n’est d’ailleurs pas à confondre avec une diffusion numérique qui peut être sur CD-rom ou bien DVD-rom, n’obéit pas à ce type de distinctions et à ces catégories. S’il y a bien une date de diffusion pour tout article, la diffusion — comme l’avait révélé l’affaire Costes et l’interrogation sur le statut temporel de la publication de ses textes de chanson — est continue sur le net : à savoir un article est toujours disponible [sauf à en restreindre l’accès à l’archive comme le font les sites d’actualités entre autres] et en ce sens il n’y a pas de numéros distincts, mais toute nouvelle publication enveloppe, certes parfois invisiblement, les anciennes.
De plus il n’y a pas de dualité entre les deux types de publication, au sens où de plus en plus de sites de création [tel Libr-critique, mais aussi La revue des ressources, radiolist, etc…] se constituent non pas analogiquement au revue papier, mais selon les spécificités liées au numérique : vidéo, audio, installation de textes selon des logiques dynamiques, publication d’articles qui ne trouveraient pas au vue de leur format facilement d’espace éditorial papier [article par exemple de plus de 30 pages]. Si les revues papiers ont une existence, c’est justement parce qu’elles peuvent développer des formats spécifiques : rappelons-nous TIJA, ou bien encore regardons des revues comme Le Tube optopoétique ou bien encore Talkie-Walkie, qui pour cette dernière articule les deux dimensions selon leur propre nature médiumique.

Tout cela pour dire, que ces recommandations du CNL, sont en retard sur ce qui a lieu au niveau de la transformation du paysage éditorial français, au sens où de plus en plus de travaux aussi bien de création que de théorie vont passer par le web. Je prendrai pour exemple pour terminer, le partenariat fait avec l’Université d’Artois et le centre de recherche CRELID. Libr-critique est leur partenaire en tant que diffuseur de certains colloques sous le label « manières de critiquer« . Non pas en tant que nous numérisons, mais en tant que nous diffusons directement les conférences. Ce type de partenariat permet à l’Université de dépasser le cadre même de sa propre diffusion, en venant rejoindre un espace plus ouvert qui est celui que nous défendons. Or un tel travail, au vue des critères données par le CNL, ne pourra prétendre être véritablement reconnu.

4 décembre 2006

[revues] La revue Livraison

Malgré son ambiance plutôt morne et son ronron poussiéreux (triste absence de Al Dante, Boxon estropié, car Gilles Cabut était grippé et Georges Hassoméris absent, résurrection de Nioques cadavre plutôt fantomatique que phénix, nouvelles jeunes revues déjà vieilles et peu sexy…heureusement qu’il y avait la joyeuse folie d’un Franck doyen et de 22(M)dp, ainsi que l’enthousiasme de Giney Aime et d’Incidences), nous avons découvert lors du Salon des revues trois revues stimulantes, qui existent déjà depuis quelque temps mais mieux vaut les découvrir tard que jamais : MU, Action Restreinte et Livraison. Nous parlerons tout d’abord de cette dernière, publiée par Rhinocéros, dirigée par Nicolas Simonin, (qui dirige aussi la structure de diffusion R-diffusion), et plus particulièrement du dernier numéro, le n°7, coordonnée par Manuel Daull et Chloé Tercé.

Livraison, revue d’art contemporain, n’est pas une revue littéraire, mais une revue d’art et d’écritures, de très belle facture, couverture glacée, 190 pages, sans être un objet lourd, mais au contraire souple, à l’intérieur en couleur, au graphisme épuré, efficace, et tout est bilingue anglais-français. Chaque numéro de la revue est thématique, et ce numéro 7 parle de « bribes / ratures / fragments ».
« « Notre situation postmoderne est caractérisée par la fragmentation ».
On peut regretter la fin des certitudes produites par des grands récits, des identités stables, des formes totales. On peut aussi faire le pari inverse : lâcher les gros mots et les métathéories globales — parce qu’elles sont inadéquates — et utiliser les fragments comme lieux pour des bribes de sens, pour de modestes tentatives d’empêcher la reconstruction des tentations totalitaires. »
Voilà comment débute cette revue. En effet, pas de défense d’une théorie unifiée et unifiante ni d’une pratique, ni d’une école chez Livraison, mais véritablement exploration transmédia d’un thème et confrontation des différentes pratiques de créations actuelles. On retrouve donc à l’intérieur artistes plasticiens, architectes, écrivains, musiciens, graphistes, photographes, ainsi qu’une pluralité de pratiques et de créations. Chaque participant a peu de pages, les travaux sont assez courts, et semblent fonctionner comme des fragments, des traces des œuvres des participants. Malgré les différences importantes entre les médias utilisés et les réalisations, cette multiplicité de pratiques est pourtant très cohérente, le thème est exploré de toute part, jamais de façon démonstrative ou illustrative, mais bien problématique ; et il est intéressant de voir les convergences et les divergences sur le sujet entre les artistes. Le rapport aux médias est intéressant, car il y a un véritable brouillage des genres et des appartenances, la question ne se pose alors plus, et l’exploration de la thématique en sort renforcer. Des architectes font de la photo, des plasticiens de l’écriture, des écrivains des oeuvres visuelles…
Le thème donne donc lieu à des travaux d’écriture sans pour autant être strictement littéraires, et à des travaux plastiques qui questionnent l’écriture. Le texte de Frédéric Dumont, « Condensations pour n décimales de PI [fragment.1.] », est en fait plusieurs blocs de chiffres dans lesquels on distingue à l’intérieur des fragments de phrases. Langage émergeant de l’informulée abstraction, suite de nombres elle-même fragment d’une suite infinie, qui est pris dans ce magma numéraire, pour un faire un matériau poétique au même titre que les lettres. Questionnement du rapport entre structure du langage, de l’écriture et celle du monde, de l’espace, de la matière, que l’on retrouve dans son petit livre Monde. On pense alors au travail d’Espitallier dans son Théorème. Le texte de Manuel Daull, dans une veine/verve proche de celle de Pennequin dans la première partie, est très différent dans la seconde, il crée une déstructuration du prénom John (renvoyant à Steinbeck, Cassavetes, Cage…), par une fragmentation rythmique du texte, comme ayant subi un bug informatique ou ayant été scandé mécaniquement pour en faire une sorte de partition qui appellerait une expérience sonore.
On trouve ensuite encore deux autres textes qui puisent chez les poètes contemporains, celui d’Emmanuel Adely, qui fait un agenda de ses achats avec prix, dates, lieux, dans une logique très proche de celle de Anne-James Chaton, et celui de Jean-Louis Py, qui entoure et barre des phrases dans un texte préexistant, technique du cut bien connue, que pratique notamment de la même façon depuis longtemps Lucien Suel dans ses « poèmes express ». Hugo Pernet donne un texte sibyllin, seuls quelques mots et traits sur des pages d’autant plus blanches et silencieuses, travail énigmatique, qu’il faudrait développer pour en comprendre la cohérence. Seul le texte de Christophe Grossi, poème assez lyrique et narratif sur le corps, se détache des autres travaux littéraires par son classicisme.
Moins littéraires, et plus tournés vers l’interrogation de l’écriture, il y a le texte de Christophe Fourvel qui fait un « portrait de femme magnifique », celui de « Magdalena, dans la Dolce Vita », description romanesque de cette femme fascinante selon une formule assez facile, alors que le texte de Vivien Philizot, « Iconographie de Steven Seagal », lui aussi dans l’écart-rapport entre littérature et cinéma, est plus drôle et intéressant. Il y a aussi des fac similés de listes de courses de Hervé Roelants, ready made du quotidien, jolie visuellement, illustrant bien le thème, mais que dire d’autre ? et les écritures-dessins de Matthieu Messagier sur la notion de rature, sujet mieux exploré chez Charles Mazé, qui nous montre des extraits, des fragments de ses « exTraits », tracés produits par des machines qu’il a lui-même conçu pour produire des dessins aléatoires en grands formats, sorte de sismographies, presque musicale dans leur mouvement, qui semblent retranscrire de multiples vibrations ou intensités, on pense à Michaux mais à un Michaux mécanisé.
Pour les travaux plus plastiques ou autres, il faut souligner les « captures » de Toeplitz, partition pour ses créations sonores et chorégraphiques qui sont de véritables poèmes visuels, graphiques, dommage que les reproductions soient si petites. Ou encore la très belle suite photographique de Thierry Genin, qui a photographié toujours de la même façon les activités de jardinage sur son balcon de son voisin d’en face, durant toute une saison, ce qui produit une sorte de BD muette, mais dans laquelle on peut lire toute une histoire…

Ainsi, si les travaux littéraires ne sont pas très étonnants, ils n’en sont pas moins de qualité, et l’ensemble de la revue est vraiment très bien élaboré et intéressant ; les pratiques plastiques, littéraires, visuelles, se répondent, s’interrogent, et on en arrive presque à se dire qu’il y a plus de littérature dans certaines propositions plastiques ou visuelles que dans des travaux poétiques de certains revues littéraires.
Livraison est véritablement une revue transdisciplinaire, qui relie et confronte de façon très stimulante des travaux hétérogènes sans être dans la dispersion ou la juxtaposition, ou comment la différence et le fragmentaire crée néanmoins de la cohérence et du continu.

NB sur Rhinoceros :

En cette période de reconfiguration des structures éditoriales et des espaces de production artistique, il nous paraît intéressant de parler de la structure Rhinoceros, basée à Strasbourg, association artistique qui organise, met en relation, diffuse des travaux et pratiques d’arts contemporains, mais qui est aussi ouverte aux nouvelles écritures.
Leurs activités, qui ont débuté en 1996 par des expositions dans un atelier, sont l’organisation d’events, de rencontres, de conférence, d’expositions, mais aussi l’édition. Ils publient la revue Livraison, ainsi que des livres et ouvrages d’art, des catalogues réfléchis d’expositions, comme Trouée, perforations, laps de Dominique De Beir + Eric Suchère (2004), des badges créer par des artistes (projet PIN-UP~badges by artists). On peut noter chez eux ce souci de trouver pour chaque œuvre, objet, idée un vecteur spécifique de présentation, d’exposition, de diffusion et « de créer à chaque fois une économie nécessaire à [nos] actions » disent-ils dans un entretien pour le Matricule des Anges.
Comme il est écrit sur leur site, « il n’y a pas d’artistes labellisés rhinoceros, aucune écurie de galerie stable, pas de galerie d’artistes, juste une histoire de réactions en chaîne – que des praticiens ou des acteurs, ou des amateurs du monde de l’art, de passage en quelque sorte, dans un temps et une rencontre donnés. Il n’y a pas de définition possible de rhinoceros si ce n’est la liste des gens qui y participent d’une manière ou d’une autre de façon durable ou pas, même si l’on peut parler de structure d’art associative qui cherche à adapter constamment ses réflexions et ses supports d’apparition en fonction d’un propos – qui crée chaque fois l’économie nécessaire à ses actions autant que leur diffusion, une structure qui cherche à être d’utilité publique, je crois, indéfinie tout simplement »
Cette structure ouverte qui privilégie l’hétérogénéité des croisements à la défense d’une ligne nous semble intéressante ici car elle met en relation la littérature, avec d’autres formes d’écritures, plastiques, vidéos, etc… qui viennent des arts contemporains, et car elle réfléchit à l’économie particulière qu’il faut développer pour défendre de façon pertinente et efficace tel ou tel type d’objet dans l’état actuel

Nous parlerons aussi bientôt des éditions ère et PPT, qui nous semble être dans cette même dynamique de création et de réflexion sur la littérature/l’art, ses supports, et ses vecteurs de diffusion et de circulation.

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