Libr-critique

7 mars 2021

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de mars, des nouvelles de l’Observatoire des Forces Néo-Libérales en fRANCE… Puis nos Libr-Livres reçus et les « nouvelles aventures d’Ovaine » (Tristan Felix)…

 

ÉDITO : Observatoire des Forces Néo-Libérales en fRANCE (OFNLF)
/CUHEL et HEIRMAN/

â—Š LIBERTÉ : « La liberté, mise à toutes les sauces pour mieux faire passer la pilule capitaliste, n’est qu’un pâle verni recouvrant à peine ce qu’il tente vainement de cacher » (Sylvain Martin, « L’Antéchrist du Capital. Un dysangile pour le temps présent », dans Alain Jugnon dir., La Correction, p. 51 : voir ci-dessous) : CQFD / © made in fRANCE 2021.

â—Š fRANCE, mère des AhAh… arts
des Armes (3e exportateur mondial)
et des Lois (Lawaffairs…)

ÉGALITÉ : Les politichiens-de-fRANCE* sont plus égaux que d’autres, bénéficiant des OBP (Opérations de Blanchiment des Politichiens) grâce à la CJR (Corruption de la Justice pour les Ripoux).

* Politichien-de-fRANCE : Incarne la seule fRANCE réelle, celle d’en-haut (PMF : Politichien = Marianne-de-fRANCE).

En fRANCE, on demande aux fonctionnaires un casier judiciaire vierge, mais pas à ceux qui les dirigent…

FRATERNIQUÉ…

© Joël Heirman

Moralité : La 7e puissance économique est classée 23e selon l’Indice de Perception de la Corruption (IPC).
De quoi donner du pain sur la planche à l’association Anticor, en péril
[ANTICOR : Essentiel pour lutter contre le virus de la corruption]

 

Libr-livres reçus

â–º La Revue des revues, n° 65 : « Pour Olivier Corpet », printemps 2021, 168 pages, 15,50 €.

► Alain Jugnon dir., La Correction, éditions Dernier Télégramme, Limoges, février 2021, 240 pages, 15 €.

► Julien BLAINE, Dans les décombres de Julien Blaine (Après Le Grand Dépotoir), coll. « C’est mon daDa », hiver 2020-21.

► Romain FUSTIER, Jusqu’à très loin, éditions Publie.net, coll. « L’Esquif », février 2021, 152 pages, 15 €.

► Sébastien MÉNARD, Quelque chose que je rends à la terre, ibid., 140 pages, 15 €.

► Xavier SERRANO, Pill dream, Flatland éditeur, coll. « La Tangente », février 2021, 104 pages, 8,50 €.

 

Les nouvelles aventures d’Ovaine /Tristan Felix/

Un jour de vache maigre, Ovaine postule pour faire nu dans une académie.
Mais pas question d’ôter ses atours : elle garde ses frusques et son loup.
Le peintre en herbe invente alors la toile blanche où Ovaine, très à son aise, se dévêt dans tous les sens.
L’Å“uvre enfin immaculée échauffe les esprits.
 Ovaine, drapée de dignité, est portée aux nues par une foule en délire.
Le loup grêle et sa nouvelle amie la vache maigre ferment le cortège, en broutant quelques brins.

 

 

29 décembre 2020

[Chronique] Christophe Manon, Testament (d’après François Villon), nouvelle édition, par Bruno Fern et Fabrice Thumerel

Christophe Manon, Testament (d’après François Villon), nouvelle édition revue par l’auteur (première parution : Léo Scheer en 2011), illustrations de Anne Van Der Linden, avec un CD (voix de l’auteur, musique de Thierry Müller), BISOU records / Dernier Télégramme, décembre 2020, 106 pages,  18 €, ISBN : 979-10-96324-05-7.

 

Suivant scrupuleusement le fil du Testament de François Villon (les numéros des strophes de l’original sont indiqués en marge et les pièces intermédiaires – ballades et autres – sont également reprises), Christophe Manon en garde les principales thématiques (la mort omniprésente, bien sûr, mais aussi l’amour et la critique politique et sociale) et, des ballades branquignolesques à la « Ballade des poivrots », le ton général où dominent le burlesque et l’ironie, y compris envers lui-même. Qu’on goûte un peu la satire de ces cibles du XXIe siècle : « aussi aux humanitaires de tous pays / aux compagnons d’Emmaüs / du Secours Cathodique de l’Unicef / qu’ils soient de la Croix-Rouge ou du Croissant / je fais don de sacs de riz / puis quand les télés seront parties / qu’ils s’entretiennent de charité »…

En outre, il insère de nombreux fragments du texte d’origine et en reprend certains traits stylistiques (par exemple, en attribuant des patronymes ridicules à ceux auxquels il fait des dons qui ne le sont pas moins : Félix Popotin, Edmond Tenlèr, Jean Profite, Clotilde Vagalam, Margot Quintal, Michel Trouduc). Utilisant un lexique le plus souvent trivial et opérant un travail formel à première vue minimaliste (ainsi, la quasi-totalité des vers relèvent d’un simple découpage syntaxique) qui veut peut-être faire écho aussi bien à la pauvreté affichée par Villon qu’à une volonté d’être lisible par le plus grand nombre (sans sombrer pour autant dans la platitude de la langue communicationnelle), le poète moderne, se proclamant mauvais garçon comme son modèle (branleur j’ai été et je demeure), s’approprie à sa façon la démarche du poète médiéval en y faisant résonner sa vie et notre époque.

Même si les passages les plus réussis sont sans doute ceux où les deux voix se mêlent étroitement (tel le glissement de Triste, failly, plus noir que meure [mûre], à triste maigre plus noir / qu’immigré clandestin ou bien celui des fils de rois / et conçus en ventres de reines à ceux qui ont été conçus / par des ovules de dictatrices), l’ensemble est plutôt vivifiant et, à travers de multiples décalages, l’auteur parvient indéniablement à retrouver une certaine tonalité villonesque : entre autres illustrations, la Vierge devient Rouge comme il se doit (Dame du ciel, régente terrienne > dame rebelle esprit de la Commune) et les souffrances amoureuses sont toujours les mêmes qu’au 15ème  siècle, à quelques détails près :

aimez donc tant que vous voudrez

traînez dans les soirées et les boîtes

à la fin vous n’y gagnerez rien

et n’obtiendrez qu’une gueule de bois

les amours fous rendent les gens bêtes :

Rimbaud se fit tirer comme un lapin

Woody Allen en perdit ses lunettes

heureux qui n’en a pas

Comme on le voit, la veine drolatique l’emporte largement et, même si ce Testament s’achève inévitablement sur les obsèques du pauvre Manon et les injonctions forcément fatales que le destin lui adresse (résigne-toi Manon), ce dernier, en bon viveur devant l’Eternel, adresse dans le texte en supplément (L’épitaphe de Manon ou Ballade des poivrots) un ultime pied de nez à la Camarde :

 camarade Whisky qui sur tous a maistrie

garde que Cirrhose n’ait sur nous seigneurie :

d’elle n’ayons que faire ni que foutre

poivrots il n’y a point ici de moquerie

mais pissez dru pas dans un dé à coudre

Reste à insister sur ce qui vient enrichir cette édition : les dessins pop art d’Anne Van Der Linden, qui renouvellent la dimension drolatique des danses macabres ; un CD dans lequel les tons et tempos variés de la musique composée par Thierry Müller (synthétiseurs, guitares, samples) mettent en relief la voix chaleureuse de Christophe Manon.

11 octobre 2020

[News] News du dimanche

Après notre nouvelle sélection Libr-8 (la première d’automne), quelques RV importants à venir avec Jean-Michel ESPITALLIER, autour de Carlo Ginzburg, avec Sharon Olds et Pierre Vinclair…

 

Libr-8 (automne 2020)

► Bertrand BELIN, Vrac, P.O.L, 160 pages, 14 €.

► Yves CHARNET, Chutes, Tarabuste, Saint-Benoît-du-Sault, 296 pages, 18 €.

► Tristan FELIX, Faut une faille, Z4 éditions, 164 pages, 13 €.
Laissés pour contes. Journal des douleurs, éditions Tarmac, Nancy, 68 pages, 12 €.

► Jérôme GONTIER, Traité des verticaux, Dernier Télégramme, Limoges, 120 pages, 13,50 €.

► Silvia MAJERSKA, Matin sur le soleil, Le Cadran Ligné, Saint-Clément, 50 pages, 12 €.

â–º Serge Núnez Tolin, L’Exercice du silence, Le Cadran Ligné, 72 pages, 14 €.

► Maud THIRIA, Blockhaus, encres de Jérôme Vinçon, préface de Jean-Michel Maulpoix, éditions Æncrages & CO, Baume-les-Dames, 72 pages, 21 €.

Libr-événements

Agenda de Jean-Michel Espitallier :
• Lundi 12 à vendredi 16. Rencontres, lectures, débats, ateliers dans différents lieux de la ville (festival Les Mercurielles), CHERBOURG.
• Dimanche 18, 16h. Rencontre autour de « Cow-Boy » et de « La Première Année ». Centre culturel de Marchin, LIÈGE.
• Jeudi 21, 20h. À l’occasion de la parution de « Centre épique » (L’Attente/Ciclic), rencontre lecture (avec Laure Limongi et Jérôme Game), Librairie L’Atelier (2bis, rue du Jourdain – XXe), PARIS.
• Mardi 27, 19h30. Lecture de « Centre épique » (soirée CICLIC). Prieuré Saint-Cosme, TOURS.
PARUTIONS OCTOBRE
• « Centre épique », L’Attente (9 octobre)
• « Rock’n Roll! (extraits d’un livre en cours), revue Cockpit n°5
• « À la baguette ! », dans « Plaire », monographie de Stéphane Vigny, Editions amac.
► 
â–º Jeudi 22 octobre à 19H30, Le Monde en l’air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris) : soirée poétique avec Sharon Olds et Pierre Vinclair.

2 mars 2019

[Chronique] Olivier Domerg, La Méthode Vassivière, par Christophe Stolowicki

Olivier Domerg, La méthode Vassivière, Dernier Télégramme, Limoges, 2018, 208 pages, 15 €, ISBN : 979-10-97146-09-2.

Décrire, un arc de cercle, sa trajectoire, de sa personne non de son regard, décrire resté transitif dans un halo pronominal, décrire de toute sa personne concentrée dans le regard, corps et âme, âme corps, et cependant décrire le paysage, s’y immerger, s’en transfuser. Anti-Robbe-Grillet, décrire en vers (de prose), décalés, en strophes ajourées pleine page : serait-ce cela la méthode Vassivière ?

À jeux de mots d’enjeu brassé corps accord, Domerg lance ses boutades lettrées qui touchent à présent à l’essentiel. Venu le temps de dresser de sa vue, de sa vie le mode d’emploi ?

De sa vue, de sa vision, ce que visionne en clairvoyance un sens que son contexte abstrait en concrétudes. En contre-ut de tous ses dièses. Entre ce qu’il voit, ce qu’il conçoit et ce qu’il imagine, les lignes de force et de fracture. Tout ce que l’ouïe plutôt en appoint (« hormis les chants d’oiseaux / […] et les rameaux brisés », « le froufrou de leurs ailes / dans les futaies ») l’odorat (presque) passé sous silence, ont infusé dans le regard. Purs poèmes, imprimés sur le blanc immense d’un paysage ouvert – en regard de l’œuvre de George Oppen. En résidence d’écriture au Centre international d’art et du paysage de l’île lacustre de Vassivière, sur le plateau de Millevaches en Limousin – reliée toutefois au rivage par une route, pas le château des cent-vingt journées.

« Dehors, / une telle beauté. » « Un arbre et non rien » – on ne se pose plus avec Leibnitz la question des questions qui réfute la vanité des vanités. Pourquoi quelque chose plutôt que rien tombe sous le sens, sous l’essaim des sens que prodigue le sens premier, la vue. « Platonique du plateau », non tectonique des plaques ni sa mise à plat. Platonicienne de plain-pied aplanissant Socrate.

Où « un paysage s’approfondit / de colline en colline », « la lumière semble sourdre du vert, / de sa diffraction / et de la qualité de ses nuances », du « duvet moelleux de la vêture limousine » – en un hymne à la vivante clarté qui rappelle celui de l’œuvre de Matisse dans une autre géographie. « Les arbres s’écoulent // et l’herbe est comme de l’eau / le long de l’asphalte. » À plein être pénètrent quelques « pépiements tôt le matin ». « Le lac, // réserve du ciel / en condensé ».

À force de se diffuser dans un paysage ouvert sur le moutonnement de collines par delà un lac, de réinventer l’horizon, le regard décrit une ellipse géante dont remontent des phrases denses, non elliptiques, qui déplacent les pions du réel ; décrire devient l’acte même d’écrire ; quelque chose a bougé, il y a poésie, la tautologie se fait suivant l’étymologie.

« Tu lançais ta ligne tels ces pêcheurs / le paysage prenait ou pas ». La relation au réel du poète démiurge s’est inversée, a tourné en caillé généreux, de cailloux de Poucet a semé l’itinéraire des saisons. Dans « les choses vêtues de ciel », « le lac éteint / couleur étain », au « Savoir incrusté / dans les collines massives », à « poèmes précis / comme le ciel bas », « Le mot / limpide comme les bois », « Yeux écarquillés comme les fleurs de cerisier ». En deux décennies d’écriture le paysage, ce vin vieux d’éternelle jeunesse, nectar cul sec dans l’ambroisie frayant son boyau entre deux talus, grand cru classé ou vin de soif qui désaltère l’inaltérable, a infusé en Domerg, pris de la bouteille, robe sépia ambrée de roux dans l’ambre gris du temps vécu, du temps retrouvé.

« Tu ne te perds pas dans la forêt, / c’est la forêt qui te trouve / perdu. » « Les arbres s’écartent ou cessent // et on débouche. » « L’abstraction, / tel un zoom avant. » « Toute cette enfance enviait / la rumeur de la forêt et du lac. » Deux mois d’immersion.

Des nombreuses citations de George Oppen qui parsèment l’ouvrage, peu ressortent (« le vide de voir » rapporté à la plénitude des choses), beaucoup rappellent du déjà lu.

31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

27 avril 2011

[Série-création] Marc Perrin, Avoir lieu 2011 – I, 23H59

Suite à AVOIR LIEU, livre paru en novembre dernier aux éditions Dernier Télégramme et prolongé par un long et exigeant travail sur le site de l’auteur, Marc Perrin travaille actuellement à une série qui retraite poétiquement le ressassement médiatique. Montage critique d’actualité-fiction, chaque texte-phrases de cette série est associé à l’heure de post d’une dépêche AFP de l’année 2011. Voici la quatrième livraison. [Lire la troisième] /FT/

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25 mars 2011

[Série – création] Marc Perrin, Avoir lieu 2011 – I, 10H17

En cette société spectaculaire où "ont lieu" de nombreux événements et manifestations, en fait rien n’advient… Car n’advient que ce qui s’ouvre vers l’infini des possibles (l’infini de l’Histoire, de l’amour, de la folie, etc.) – et c’est au poète de nous aider à y accéder… Telle est la problématique qui se dégage de Avoir lieu, livre paru en novembre dernier aux éditions Dernier Télégramme et prolongé par un long et exigeant travail sur le site de l’auteur comme dans une Série en cours qui retraite poétiquement le ressassement médiatique : chaque texte-phrases est associé à l’heure de post d’une dépêche AFP… Nous vous proposons d’ouvrir cette série par le montage critique d’actualité-fiction lié à la dépêche de 10H17… Un grand merci à Marc Perrin de s’être engagé dans une telle contribution régulière à LIBR-CRITIQUE ! /FT/

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