Ce soir, tout d’abord, gros plan sur un livre à dévorer : faites le point sur l’autofiction avec Isabelle Grell ! Suivent quelques libr-événements (RV à Lille pour des rencontres autour de littérature et animalité ; RV à Paris – à la Librairie Charybde).
UNE
Isabelle Grell, L’Autofiction, Armand Colin, automne 2014, 128 pages, ISBN : 978-2-200-28973-7.
C’est à ce jour la synthèse la plus complète et la plus stimulante sur le sujet : genèse du concept, définition et enjeux, influence de la psychanalyse, raisons du succès, critiques, apport des travaux génétiques, spectre des auteurs cités, regards sur d’autres horizons (l’autofiction dans les arts du spectacle et dans d’autres littératures)…
Tout juste pourra-t-on regretter l’absence d’index, quelques redondances, une certaine disparité entre les chapitres. Et, avant que d’y revenir plus longuement très bientôt, posons cette question : pourquoi à tout prix vouloir annexer Annie Ernaux, qui arbore un pacte autobiographique en bonne et due forme, tout en refusant tout traitement fictionnel et tout signe extérieur de style littéraire ? /FT/
Libr-événements
â–º RV à L’Hybride (18, rue Gosselet à Lille) du jeudi 16 (19H) jusqu’au samedi 18 octobre, minuit : RENCONTRES, LECTURES / l’élevage, les mutations animales et le retour à l’état sauvage.
En compagnie (entre autres) de : Olivia Rosenthal, Jocelyne Porcher, Jacques Rebotier, Nathalie Constans, Antoine Boute, Madely Schott, Katrine Dupérou, Sophie Quetteville, Francois Annycke.
Le programme tout bien détaillé tout comme il faut : www.litterature-etc.com
â–º Vendredi 17 octobre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : rencontre avec Patrick Bouvet, Mathilde Janin et Olivier Martinelli.
â–º Samedi 18 octobre à L’Écart (26, rue Jeanne d’Arc à Lille), 21H-01H : MyMetro en partenariat avec Littérature, etc. pour son édition Littérature, Faunes, etc. vous propose son AFTER PARTY ANIMALE.
– SELECTOR AKOIBON vs DJ NOORDZEE
– PERFORMANCE ANIMAL BIGBANG de Antoine Boute & Madely Schott
– WE ARE ENFANT TERRIBLE Djs
Annie Ernaux, L’Atelier noir,
jusque La Place (1984), dont il ne lui reste que les feuillets non repris dans la version publiée et le roman commencé sur son père, elle ne garde pas ses manuscrits et brouillons ; depuis Une femme (1986), elle « conserve tous les brouillons, et depuis La Honte, premier texte saisi sur ordinateur, une grande partie des tirages » (entretien avec l’auteure). Un passage de L’Atelier noir, dans lequel le futur antérieur programme un effet de lecture, va nous permettre de saisir tout l’intérêt qu’il y avait pour elle à publier, après une partie de son journal intime (Se perdre en 2001, en plus de quelques fragments en revues), son journal d’écriture : « Ce qui sera bouffon, si on publie un jour ce journal d’écriture, en fait de recherche à 99%, c’est qu’on découvrira à quel point, finalement, la forme m’aura préoccupée. Bref, ce qu’ils appellent la littérature » (p. 125). Nous entraîner dans son laboratoire d’écriture, c’est souscrire à la définition flaubertienne – qui deviendra un canon de la modernité – de la littérature comme souci de la forme, et par là même répondre à ses détracteurs qui l’accusent de « facilité ».