Tout juste quelques jours après la disparition tragique du philosophe atypique Bernard Stiegler (1952-2020), on peut mesurer aussi bien le vide laissé que l’héritage légué : dans la lignée du matérialisme dialectique comme de la phénoménologie ou encore de l’École de Francfort, de Simondon, de Foucault comme de Deleuze, il a apporté une rare pensée critique qui développe à la fois une vision tragique de notre temps et un utopisme combatif. Au passage, on notera que, tout héritage philosophique étant inévitablement incomplet, dans l’exacte mesure où toute pensée est limitée par les conditions de sa production, il appartient à chaque penseur, en situation, de formuler des problèmes pertinents et de reproblématiser des questions anciennes, comme par exemple celle, métaphysique par excellence, de l’infini : « Après la mort de Dieu, que reste-t-il d’une possibilité, pour la folie, d’être encore, dans
la pensée, ce qui saura com-poser l’analyse et la synthèse infinitisant la fin comme sa différance ? La disruption est la dramatisation de cette question, qui soulève mille nouveaux problèmes organologiques et pharmacologiques. Parmi ces problèmes, il y a avant tout le statut de cet organe noétique qu’est la « machine universelle » de Turing comme rêve noétique de la noèse comme exosomatisation » (Dans la disruption, p. 430). Stiegler prend ici comme point de départ le point de vue de Derrida, selon lequel le fameux cogito cartésien est fondé sur une folie qui le dépasse, une infinité nommée Dieu. La science s’étant substituée à Dieu avant d’être annexée par la technè, le problème est le mirage produit par une société hyperindustrielle qui a perdu la raison pour avoir foi dans l’hyper rationalisation : la maîtrise de l’infini au moyen de la rationalité algorithmique est de facto impossible. La folie capitaliste est de prétendre réduire la noèse à la technèse, le pharmakon à l’automaton ; or, comment articuler l’extériorisation numérique de notre mémoire (« fonctions analytiques de l’entendement »), limitée et synthétique, et l’exercice même de notre pensée humaine, c’est-à -dire « la fonction synthétique de la raison », spontané et théoriquement illimité ?
Contre le ludisme et le crétinisme triomphants, le technicisme et le
transhumanisme du XXIe siècle, qui constituent sans doute les dernières ruses de l’idéologie néo-libérale, l’auteur de La Société automatique pose que nous vivons la phase ultime de l’Anthropocène, celle qui conduit à la déshumanisation, moment d’autant plus tragique que la société numérique est ambivalente, se présentant comme un monde de progrès qui renforce la néguentropie, tout en favorisant l’entropie : l’ironie tragique fait que, au moment même où l’hommoderne croit s’être libéré de la matière et des principaux déterminismes qui pèsent sur lui ontologiquement, c’est sa propre perte qu’il occasionne ; nouvel Œdipe, il se condamne dans le même temps qu’il entend exercer sa liberté. En ce sens, l’homo automaticus est un homo absurdus. Mais l’intellectuel critique ne cède pas au fatalisme : il nous revient de réinventer le monde en fondant un nouveau mode de vie (« a european way of life »), de le réenchanter en sortant du capitalisme pulsionnel, en luttant contre son « devenir-barbare » et en opposant la « valeur esprit » au « populisme industriel ».
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Jadis chair à canon, l’individu s’est mué en ego-à -consommation et désormais en gogo-à –rétentions : dans notre société réticulaire qui voit le triomphe de la gouvernementalité algorithmique, ces traces individuelles que sont les données personnelles permettent aux dispositifs rétentionnels de calculer et de programmer les protentions (volitions) de tout à chacun. Tracé, pixellisé, modélisé, on n’existe plus qu’au travers du prisme des prothèses numériques qui le déchargent de son poids existentiel ; désormais prime la rétention tertiaire (automatisation) sur les primaire (perception) et secondaire (imagination), de sorte que, dépossédé de son existence propre puisqu’il ne produit ni ne vit rien de singulier, ne s’attache à aucun objet singulier, cet homoncule n’a pas plus d’être que son avatar virtuel, aliéné comme pouvait l’être le travailleur prolétarisé : si l’ouvrier a été dessaisi de son savoir-faire
technique par la machine, lui c’est son savoir-vivre qu’il perd ; le premier ne conservait que sa force de travail, le second ne dispose plus que de son pouvoir d’achat. Désœuvré, athymique, l’homo automaticus contemple de façon hypnotique le vide d’une société d’hypercontrôle nihiliste qui le plonge dans la misère symbolique. Le malaise dans notre civilisation hyperindustrielle, c’est la mainmise sur la production symbolique des industries de services, c’est-à -dire de ce que d’aucuns ont nommé le « capitalisme culturel » ou le « capitalisme cognitif » : la destruction des circuits de transindividuation et donc du processus d’individuation même vient parachever la désintégration du narcissisme primordial entreprise par une « déséconomie libidinale consumériste » qui a annihilé les mécanismes d’idéalisation et d’identification pour orienter la libido des consommateurs vers les objets consommés.
La disruption est précisément le processus d’extrême rationalisation qui, dépassant les puissances de la raison, mène au contrôle des corps et des esprits par des dispositifs rétentionnels et biotechnologiques, et par là même à l’irrationnel, à savoir à la folie et à la barbarie. C’est dire à quel point notre monde hyperindustriel ne fait plus société : aporétique, c’est-à -dire sans destination, il connaît bel et bien un destin tragique.
Reste cette question cruciale : peut-on être créatif dans l’univers numérique ? Laissons le dernier mot à Bernard Stiegler : « l’infrastructure numérique réticulée […] peut et doit être renversée en une infrastructure néguanthropique fondée sur une technologie digitale herméneutique mise au service de la désautomatisation, c’est-à -dire basée sur l’investissement collectif des gains de productivité issus de l’automatisation dans la culture des savoir-faire, savoir-vivre et savoir-concevoir en tant qu’ils sont par essence néguanthropiques et en cela producteurs d’une nouvelle valeur, seule capable d’instaurer l’ère porteuse d’une nouvelle solvabilité que nous appelons le Néguanthopocène » (La Société automatique, p. 34-35).
Bernard Stiegler en quelques livres :
La Technique et le Temps, 3 volumes, Galilée, 1994-2001 ; rééd., Fayard, 2018.
De la misère symbolique, 2 volumes, Galilée, 2004-2005 ; rééd. Flammarion, coll. « Champs essais », 2013.
États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle, éditions Mille et une nuits, 2012.
La Société automatique, 1. L’Avenir du travail, Fayard, 2015.
Dans la disruption. Comment ne pas devenir fou ?, éditions Les Liens qui Libèrent, 2016.
– Avec le collectif Ars industrialis : Réenchanter le monde. La Valeur esprit contre le populisme industriel, Flammarion, 2006 ; rééd. coll. « Champs essais », 2008.




expliquerait leurs œuvres… Voyez donc la simple liste des chapitres de ce livre : « La Mort du père » ; « La Peste » ; « L’Arrivée à Rome » ; « La Subversion et l’orgie » ; « Allez vous faire foutre » (sic !) ; etc. Le retour de Sainte-Beuve ? Au secours ! Laissons la parole à Marcel Proust dans son bien-nommé Contre Sainte-Beuve : « Il a montré comment il faut s’y prendre pour connaître l’homme ; il a indiqué la série des milieux successifs qui forment l’individu, et qu’il faut tour à tour observer afin de le comprendre : d’abord la race et la tradition du sang que l’on peut souvent distinguer en étudiant le père, la mère, les sœurs ou les frères ; ensuite la première éducation, les alentours domestiques etc. » Mais ce n’est pas le seul problème ; Haenel ne sait tout simplement pas se tenir à distance comme nous l’enseignaient les Straub, ces maîtres de la bonne distance aux choses vues/montrées ; il se vautre dans son idole, comme le faisait un cinéaste très imbu de sa personne comme Vincent Dieutre dans son navet égotiste Mon voyage d’hiver (où il allait carrément jusqu’à caresser les peintures aimées et filmées comme alibi culturel, se roulant dedans, au lieu de se tenir à distance (certaines peintures ne se remettent jamais de tels attouchements physiologiques collants trop collants…)). Voyez donc ça, Le Caravage parlant carrément à l’oreille du poulain Haenel : « Il me chuchotait que le monde peint a partie liée au royaume… la lumière fait signe, voilà ce que me disaient le Caravage, ou Rembrandt ou le Titien. » (Rien que ça…)
Caravage… Certes, on le comprend… mais ça ne suffit pas à faire tenir sérieusement un livre sur un peintre qui a déjà reçu les honneurs de très grands essais iconographiques ; je pense ici au livre (Le Caravage, éd. du Regard, 2004) de celui qui fut l’un des professeurs d’Histoire de l’Art de Pasolini, Roberto Longhi ; mais aussi au remarquable petit essai à deux voix des chercheurs américains Leo Bersani et Ulysse Dutoit, Les Secrets du Caravage (éd. Epel, coll. « atelier », 2002), dont voici un extrait du prière d’insérer : « Fait remarquable, aucune interprétation psychobiographique ne vient parasiter cette étude. » (Soit tout l’inverse de la méthode de notre graphomane.) En effet, dans ce remarquable essai d’iconologie (comme l’appelait, par exemple, de ses vœux le très grand historien de l’Art allemand Aby Warburg), toute l’étude part des tableaux, et rien que des tableaux ; plus exactement même des échanges de regards remarquables et très nombreux dans les tableaux du maître napolitain. Chez Haenel, on ne dépasse jamais le gros plan ou au mieux le plan américain ; quand chez nos universitaires américains on donne à voir les tableaux entiers, les regards, c’est-à -dire les désirs, circulant. Voyez, en preuve par trois (images reproduites) :


trafics, tous les abîmes, mais aussi […] toutes les enfances rêveuses, lascives, inassouvies, et les putains adolescents". Son esthétique : "un roman qui ne raconterait rien, un roman sans autre sujet que la vie même qui n’est faite d’aucune histoire naturellement mais d’une réalité où tout se perd"… Desportes ou l’impossible récit – fût-il autobiographique.
Bernard Desportes, Le Présent illégitime. Réflexions sur une écriture de l’impossible, éditions La Lettre volée, Bruxelles, 2012, 112 pages, 16 euros, ISBN : 978-2-87317-381-4.
 [Ayant reçu le Service Presse de Irritation, le prochain livre de Bernard Desportes (le découvrir
Bibliothèque de Warburg (2002), c’est l’occasion de réexaminer la position particulière qu’occupe Jacques Roubaud (1932) au sein de l’espace littéraire : entré dans le champ à l’époque où, à l’écart des avant-gardes textualistes, l’Oulipo de Queneau livrait sa version du séculaire clivage poétique entre inspiration et travail (contrainte oulipienne versus imagination surréaliste), un peu en marge de ce groupe auquel il s’est rattaché, et contre de nouvelles pratiques (écritures numériques et multimédia notamment) qui, selon lui, n’ont pas conservé la mémoire de la poésie, cet écrivain désormais reconnu n’a de cesse que de défendre, en vers ou en prose, une poésie traditionnellement novatrice.
peut qu’être inachevée" (Autobiographie, chapitre dix, Gallimard, 1977, p.120). Aussi les principes de composition demeurent-ils identiques, mais appliqués à des continuations : la répétition/variation, mais aussi, au plan microstructurel, le rapport entre sous-titres et premières phrases (cf. chap. V).
déjà présent dans Signe d’appartenance, la mort du frère cadet. Passé le seuil cryptique du livre, excroissance centrifuge d’un Nous, nous sommes plongés dans un inextricable dédale de lieux, d’époques, de références culturelles, d’écritures différentes, de jeux oulipiens… Un tel foisonnement hétérogène n’est pas sans poser un problème de lisibilité qui rappelle l’art hermétique du troubadour.
235 : "Personne ne connaît autant de choses sur ma vie que moi-même, je veux la livrer à la Postérité, écrite de mes propres mains. Je déclare que tout y est dit franchement et impartialement, mon seul but étant de prévenir les falsifications et désabuser ceux qui les croient". Se trouve ramassé ici tout ce qui fait problème : grandiloquence, prétention et naïveté, hypostase de la postérité…
indépendante de l’innovation formelle. Ainsi, les chapitres huit, neuf et onze, parallèlement à des explorations formelles (transcription en vers du discours de R. Hooke ; "octonions" du duo Sir James Roubaud / Cayley, inspirés des "quaternions" du mathématicien William Rowan Hamilton) ou l’exploration du tanka, offre de passionnants développements sur la mémoire, la vocation poétique, le temps… Arrêtons-nous enfin sur l’un des chapitres les plus longs, le cinquième, qui doit son nom au dernier vers du sonnet final ("Cherche ce qui se doit"), sonnet dont on apprend le code numérique dans l’"Apendice I" (p. 316) : l’aphorisme et la trilogie éthique ("FLAMME / LOI / ARDU") que dévoilent les acrostiches cachés dans le poème condensant la doctrine d’une secte, la Famille d’amour, viennent éclairer, en cette époque trouble des guerres de religion, l’étonnante trajectoire d’un esprit tolérant, Jacobus Robaldus.
laisser "subsister que les vers ou débuts de vers dont la charge émotive est forte" ; la création d’un sonnet à partir de quatorze vers des Fleurs du mal (pp.120-121)… A ce propos, on se souvient que Autobiographie, chapitre dix (Gallimard, 1977) était un gigantesque centon : l’assemblage de fragments de poèmes en vers libres publiés dans les dix-huit années précédant sa naissance (1914-1932) était pour l’écrivain un moyen d’écrire une autobiographie oblique, c’est-à-dire de porter un regard sur sa propre vie à travers le prisme de son héritage poétique.
J’ai recueilli et adapté dans ce livre douze (plus une) des nombreuses vies de Jacques Roubaud, un peu partout dans le monde, à des époques différentes. Stylite, il est monté à vingt-trois ans prier sur une colonne. Troubadour, il s’est retiré dans une cabane en attendant le pardon de sa dame. Devenu Sir James Roubaud, il a rendu ses lettres de noblesse à Robert Hooke, dont Newton a volé honteusement les travaux sur la gravité. Compagnon de Sébastien Châteillon, il a, sous le nom de Jacobus Robaldus, défendu, en plein seizième siècle, l’idée de tolérance religieuse. Il a été Pierre Corneille Roubaud, abrégeant les pièces classiques pour redonner un plaisir nouveau au public et faciliter le travail des comédiens. Et Orson Roubaud, auteur du fameux chef-d’oeuvre cinématographique La Nuit des lapins géants.
Et pourtant son écriture me semble être, au niveau des fictions contemporaines françaises l’une des plus exigeantes, l’une de celles qui témoignent d’un trajet du désir dans l’écriture assez rare. Loin de la pose avant-gardiste, qui se donne à voir en tant qu’avant-gardiste, comme Pierre Jourde a pu brocarder certains jeunes écrivains dits à la mode, son écriture se présente dès La vie à l’envi (1985) comme une sismographie du désir de vie. Sismo-graphie certes encore retenue dans ce premier texte paru chez Maurice Nadeau, où l’oscillation entre poétique et prose fictionnelle définit le trajet, où le désespoir se laisse peut-être encore déborder par l’insolente force d’une plénitude possible dans le désert, cette solitude de la modernité : "entre l’aurore et le couchant vers la nuit étale / l’enfant au soleil sur la route marche vers quel incertain".
Desportes dès Vers les déserts (Maurice Nadeau, 1999), rompt avec le penchant poétique formalisé, rompt avec une certaine tendance simultanéiste qui habitait La vie à l’envie. Si le désespoir d’une modernité négative imprègne définitivement son travail, toutefois la vie traverse toute tentation nihiliste dans le cri sauvage de corps qui deviennent tout à la fois hyper-sexués et paysages d’écriture (on ne peut pas ne pas penser aux Garçons sauvages de Burroughs). Et ceci à partir d’un motif qui va hanter plusieurs de ses oeuvres : la mère, même si ce premier tome de son triptyque porte davantage sur la figure du frère. Une mère qui hante, mais avec cette intensité bataillienne, beaucoup plus que prigentienne, une intensité de l’enchevêtrement des corps, du sperme, des cris rauques et des étreintes moites de nuits qui n’en finissent plus. Alors que chez Prigent, que cela soit dans Dum pendet filius ou dans Une phrase pour ma mère, la langue par sa saturation en vient à désintensifier la folie du désir, conduisant le texte à rencontrer sa seule donation [et c’est bien là le trait prigentien, l’aporie de l’impossible touché], chez Desportes, la langue beaucoup plus tenue et pourtant cinglante, ouvre aux stupres de désirs incestueux qui contaminent toute région de son monde, qui engloutit l’ensemble du monde qu’il décrit sous la seule charte du désir. Parce que l’oubli chez lui est déterminant, engloutit tout, les possibles de la mère se déplient, se répandent et ceci par ses odeurs, ses "lourds seins tièdes" ses cuisses, sa croupe, ses caresses sur le sexe de lui l’enfant.
Mais il est évident que c’est avec Brèves histoires de ma mère, (Fayard 2003) que la figure de la mère, va insister le plus dans sa langue et que l’intensité va prendre le plus d’ampleur, au point d’être proche d’une écriture de la folie : plus aucune logique temporelle ou linéarité narrative [la rationalité est totalement perdue dans les spasmes du seul corps-mémoire, qui éjacule des bribes chronologiques éparses], plus aucune géographie stable [l’action étant prise dans le tourbillon de trajets incessants aux stations quasi-imprononçables : "cités-dortoirs de Schrut, Kruft, Ghrut, Plrut (…) direction Dlav, arrêts à Slof, Splitch, Splatch, là changement de train, direction Gdarz, Glav, Blav, Glog et Dlav enfin"], plus aucune retenue dans les étreintes des corps : l’homosexualité éclate, inceste qui étourdit l’ensemble dans le solécisme bataillien du désir et de la fureur mêlées, mère dévorée comme une charogne par les chiens errants et mère qui branle et abandonne son enfant "lorsque dans un râle saccadé j’inondais sa main, mon ventre, ses cuisses", passant alors "sa main souillée sur ses lèvres".
Le dernier livre sorti, qui vient clore le triptyque, Vers les déserts, Brèves histoires de ma mère, porte davantage la signature tout à la fois du père et de Bernard-Marie Koltès, auquel il avait consacré un essai Koltès — la nuit, le nègre et le néant (La Bartavelle) au milieu des années 90. Dansant disparaissant, certes témoigne d’une même violence de langage, d’un même cynisme sur l’époque, toutefois, il est habité par une lourdeur plus sombre. Un corps plus lourd à porter, hanté par son trajet et ainsi inquiet de ses désirs et de son dire : "écrire ne pas écrire, j’essaie de me frayer un passage entre ces deux impossibles dans la vaine tentative de me livrer par les mots à la folie d’un désir, à la violence destructrice de l’illusion d’une pensée". Dansant disparaissant ferme le trajet débuté avec Vers les déserts, comme si le désir revenait à lui-même, comme si une mort s’était produite : désir s’invaginant, paysage implosant, visages devenant tous les mêmes dans une mémoire ne pouvant plus se déplier, affrontant le néant de sa présence d’être.