Libr-critique

6 septembre 2020

[News] News du dimanche

En ces semaines de reprise, osons vivre et faire vivre des moments créatifs intenses : quelques RV à Paris et Marseille pour des événements prometteurs…

 

► Centre international de poésie Marseille (2 rue de la Charité, 13002 Marseille), Exposition du 11 septembre au 20 décembre 2020 : Giovanni Fontana – Epigenetic Poetry

Ouverture publique vendredi 11 septembre à partir de 14h00. Performance inaugurale vendredi 11 et samedi 12 septembre à 17h30.

Dans le cadre des Parallèles du Sud de Manifesta 13.

Exposition coréalisée par la Fondation Bonotto, Alphabetville et le Cipm avec le soutien de l’Italian Council (7e édition 2019), programme de promotion de l’art contemporain italien dans le monde de la Direzione Generale Creatività Contemporanea du Ministero per i Beni e le Attività Culturali e per il Turismo.

Sur une proposition de Julien Blaine. Commissaire : Patrizio Peterlini, directeur de la Fondation Bonotto.

► 

 

► RV à la Librairie Charybde (81, rue du Charolais 75012 Paris) le jeudi 17 septembre à 19H30 :

 

â–º Samedi 19 septembre 2020 de 11h30 à 23h, dans le cadre du festival Extra! – Le festival de la littérature vivante
Découvrez toute la programmation de l’événement ici : http://bit.ly/CP_JohnGiornoPoetryday
► Pour rendre hommage au poète John Giorno (1936-2019) un an après sa disparition, et pour célébrer à travers lui la création poétique sous toutes ses formes, le Centre Pompidou s’associe à d’autres lieux de la scène poétique pour proposer THE JOHN GIORNO POETRY DAY toute la journée du samedi 19 septembre (programme conçu par Anne-James Chaton et Jean-Michel Espitallier).
► Cet hommage aura lieu sous forme de lectures performées dans les lieux (certains retransmis en direct sur Internet), et réunira des artistes, des poètes proches de John Giorno, des historiens d’art et de la littérature, ainsi que d’autres invités issus d’une plus jeune génération marquée par l’œuvre et la vie de John Giorno.

 

â–º Maison de la poésie Paris, Poésie et humour d’aujourd’hui, Rencontre & lecture/performance poétique organisée par Remue.net, mercredi 07 octobre à 20H : Rencontre avec Daniel Cabanis & Tristan Felix, animée par Fabrice Thumerel. [Réserver]

Du haut de son piédestal, la Poésie a durant des siècles donné dans le sublime et la célébration. Une fois désacralisée au XXe siècle, place à l’Umour surréaliste et au carnavalesque…

Aujourd’hui, quels poètes pour succéder à Prévert ou Queneau ? Quels types d’humour ? Des noms viennent à l’esprit : Jean-Pierre Bobillot, Jean-Michel Espitallier, Bruno Fern, Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen…

Et aussi ceux qu’on aura le plaisir de voir/écouter en cette soirée : pour ceux qui pourront venir, quelle veine d’assister à des dérapages incontrôlés et de se laisser emporter par des langues imaginaires !
Allez, quelques indiscrétions pour les Libr-lecteurs : sur scène, l’extraordinaire Tristan Felix effectuera une levée des ombres tragi-farcesques, vous proposera un très singulier rêve sonore et une lecture de contelets d’Ovaine la Saga… Quant à l’incorrigible Daniel CABANIS, il vous invitera au BUREAU 9 / PLAINTES IRRECEVABLES et vous emmènera dans une OPTIQUE DE LA FUITE EN AVANT…


Daniel Cabanis
a publié des textes seuls ou des ensembles images + textes dans de nombreuses revues papier ou en ligne. Et aussi des pense-bêtes idiots et autres bricoles dans divers blogs hospitaliers. Il a également été (hélas) Le Corbo de ventscontrairse.net, la revue du Théâtre du Rond-Point où sa pièce Trente-six nulles de salon a été montée et jouée par Jacques Bonnaffé, avec Olivier Saladin. En dehors de ça, il n’a pas froid aux genoux, mange de ce pain-là, et ne vit pas reclus dans un bled paumé des Cévennes. Enfin, il a été qualifié d’écrivain sterno-swiftien par l’éminent critique Marcel Navas, ce qui n’est pas très

sérieux.

Poète polyphrène et polymorphe, Tristan Felix décline la poésie sur tous les fronts. Elle a publié en vers comme en prose une vingtaine de recueils, chroniques et, pendant douze ans, a codirigé avec Philippe Blondeau La Passe, une revue des langues poétiques, laquelle, ensauvagée depuis 2017, renaît en live au Salon de la Revue à Paris sous forme de livres d’artistes. Elle est aussi dessinatrice, photographe, marionnettiste (Le Petit Théâtre des Pendus), conteuse en langues imaginaires et clown trash (Gove de Crustace).

 

30 juillet 2020

[Livres] Libr-vacance (2), par Fabrice Thumerel

Deux courts récits parus au printemps dernier, et pris dans la nasse du confinement, pour habiter/stimuler  votre LIBR-VACANCE 2020…

 

► Arnaud LABELLE-ROJOUX, Récits de la vie de Michelangelo Merisi, dit « Le Caravage », Les Presses du réel, coll. « Al dante », 72 pages, 8 €, ISBN : 978-2-37896-132-9.

Voici la vie trépidante du célèbre peintre en trente stations, « nuit encrapuleuse » (p. 15) pleine de filouteries, racontée dans un récit indécidable, aucun narrateur – et a fortiori aucune voix anonyme – n’étant fiable, même Michelangelo, mêlant faits et « affabuleries » (18), dans une langue truculente pétrie d’argot… Écoutez un peu : « Il raconta qu’avec Spada […] ils s’étaient cachés. […] Quasi ankylosés. Oui ! Eux les dévots croupes vénales. Eux les croupes-touffes licheconins. Eux les suce-queues hume-pétrus. Eux les pugileurs. Les ferrailleurs. Les flibocheurs joviaux. Eux les lampe-calices jusqu’à la lie » (44).

De la même façon que Michelangelo est « exténué par l’existence », l’écriture syncopée de Labelle-Rojoux procède par exténuation des champs lexicaux et isotopies, tout en étant attentive aux échos sonores : « Il raconta qu’il était exténué par l’existence. Par les périples. Les périls incessants. Par la traque. Les tracas. Les bissacs. Les bivouacs. Les escales. La semelle battue. La bosse roulée. Les escapades. Par les cul-de-sac. Les volte-face. Les crocs-en-jambe. Les gouspinades. Les déconvenues. Les coups reçus. Qu’il était éreinté par le jeu de cache-cache » (53)…

 

► Mathieu LARNAUDIE, Blockhaus, éditions Inculte, 112 pages, 13,90 €, ISBN : 978-23-60840-32-8.

Parce que nous vivons dans « un étrange et hermétique réseau de signes » (p. 96), nous aimons raconter ou qu’on nous raconte des histoires. Nulle prise directe sur le monde, nulle communion avec notre « environnement »… C’est à travers le prisme de nos représentations que nous vivons, c’est-à-dire que nous percevons la grande comme la petite histoire. Il en va ainsi pour Suzanne et Rory, les tenanciers d’un petit bistrot dans un petit village près d’Arromanches : qu’y faire après 60 ans, sinon (se) raconter des
histoires, c’est-à-dire réinventer son passé ou peupler son avenir de rêves éveillés ?

Dans Blockhaus, ce récit dynamisé par la tension entre visible et invisible, réel et fantasmagorie, Mathieu Larnaudie met à distance le topos de l’écrivain-en-panne-d’inspiration pour interroger nos mythologies, et en particulier celles de la Seconde Guerre Mondiale : les images muséales accentuant « la contradiction entre la rigueur stratégique, la sophistication ingénierique et la stupeur des corps, l’épuisement stupéfait des visages » (79), le narrateur essaie d’appréhender le processus d’imagerie mystificatrice qui transforme de « pauvres diables » en « héros » (85).

14 juin 2020

[News] News du dimanche

Ouf ! Peu avant l’été, la vie littéraire dans sa dimension sociale semble se rêveiller pour de bon : les livres débarquent, les événements reviennent… On commencera par découvrir une sélection de 7 livres remarquables (Libr-7), puis nos Libr-évenements

 

Libr-7 (printemps 2020)

► Philippe CHAUCHÉ, En avant la chronique !, éditions Louise Bottu, 174 pages, 16 €.

â–º Jérôme GAME, Album photo, éditions de l’Attente, 144 pages, 13 €.

â–º Jean GILBERT, XX.com, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 264 pages, 20 €.

► Natacha GUILLER, Mocassin, je me prépare et autres récifs en cours, Nouvelles éditions Place, 80 pages, 10 €.

â–º Manuel JOSEPH, Aubépine, hiatus, Kremlin, Netflix & Aqmi ou les Baisetioles, éditions Questions théoriques, coll. « Forbidden beach », 112 pages, 13 €.

► Mathieu LARNAUDIE, Blockhaus, éditions Inculte, 112 pages, 13,90 €.

â–º Vincent THOLOMÉ, Mon épopée, éditions Lanskine, coll. « Poéfilm », 132 pages, 15 €.

 

Libr-événements

â–º Retrouvez Le Grand Dépotoir de Julien BLAINE à La Belle de Mai à Marseille : l’exposition reprend ce mercredi 17 juin jusqu’au dimanche 9 août.

â–º Chaque lundi jusqu’au 17 août à la Kunsthalle de Mulhouse : Eddie Ladoire, Anna Byskov, Chourouk Hriech, Lena Eriksson, Marianne Marić, Pusha Petrov, Elise Alloin, Katrin Ströbel, Guillaume Barborini, Jan Kopp, Stine Marie Jacobsen, Youssef Tabti.
Le Petit Programme réunit 12 artistes familiers du centre d’art. Ce sont des partenaires fidèles de la programmation de La Kunsthalle. Ce projet inédit et inhabituel leur consacre tour à tour une semaine de carte blanche pendant laquelle ils proposeront chacun un ensemble de trois Å“uvres.

Le Petit Programme de chaque artiste sera visible en ligne, pendant une semaine, sur les réseaux sociaux et le site internet du centre d’art. En parallèle, l’espace de La Kunsthalle sera un lieu de consultation dans lequel les Å“uvres s’accumuleront au fur et à mesure de l’été. Le public pourra se rendre dans l’espace d’exposition pour des visites pas tout à fait ordinaires mais résolument sécurisées.
En reprenant dans ses codes et ses formats les contraintes dictées par la crise sanitaire et ses répercussions sociales, en s’inscrivant dans un temps suspendu et propice à la réflexion, l’équipe de La Kunsthalle espère participer à un vaste débat consacré au monde d’après.

Programme en cours de construction… à suivre en ligne :
> http://kunsthallemulhouse.com/evenement/petit-programme/
> https://www.facebook.com/La.Kunsthalle.Mulhouse/
> https://www.instagram.com/la_kunsthalle_mulhouse
> https://twitter.com/la_kunsthalle

A La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain, les Å“uvres seront diffusées au fur et à mesure des semaines pour composer un ensemble complet à la fin du mois d’août !
En entrée libre du jeudi au dimanche > 15:00 à 18:00 (fermé le 15 août) – sous réserve de réouverture prochaine.

► Du 27 juin au 5 juillet, Festival des écritures bougées à Alfortville (94).

Cette édition du festival des écritures bougées propose à une vingtaine d’artistes, écrivain-es, sculpteur-es, performeurs-ses, chorégraphes, vidéastes, de présenter une vidéo-action, une lecture-vidéo, des images-mots, une lecture-action enregistrée ou en direct visible en ligne samedi 27, dimanche 28 juin, samedi 4 et dimanche 5 juillet 2020 à 18h sur Zoom et en collaboration avec le Centre d’art contemporain La Traverse.

Six titres de films emblématiques rencontrent une chanson qui parle de cinéma et un titre de roman aux allures très cinématographiques, À l’ombre des jeune filles en fleurs, image de la fugacité du désir et de la recherche infinie de l’amour. Toutes ces œuvres parlent d’amour, de tous les amours possibles. À partir de ces titres une infinité de combinaisons se dessinent, huit sont proposés comme autant de films à imaginer.

Décomposés, recomposés, ces titres deviennent des poèmes, des mots isolés les uns des autres, déclencheurs de désir. Parce que les œuvres auxquelles ils font référence viennent d’époques et d’esthétiques différentes, ces titres présentent la vie comme un feu d’artifice sensuel et amoureux. Les mots ici agissent comme des ouvroirs d’images ou de films potentiels. Ils sont à la fois une idée, une lumière, un décor, le personnage central et les figurants.

Film à venir, lecture sans précédent, film impossible, film sans mot, film avec corps qui bougent, lecture à demi-mot, film sonore, images de mots qui bougent, lecture-action nocturne, film typographique, film sans personne, image muettes, lecture chuchotées, film de désir, lecture-marche, film sans image, images météorologiques, images vidées, lecture-démarche, films noirs, images-mots…

Cette année le Festival des écritures bougées aura lieu du fait de ce contexte particulier en ligne, tout en conservant cette même envie de bouger l’écriture. L’évènement à cette occasion sera centré sur le désir et l’amour sous toutes ses formes, la thématique reste ouverte et permet toutes les libertés !
Le festival se déroulera à 18h samedi 27 & dimanche 28 juin 2020 ainsi que samedi 4 & dimanche 5 juillet 2020.
Chaque vidéo ou intervention (lecture, lecture-action) en temps réel sera comprise entre 2 et 10 minutes et accessible en direct sur Zoom.
Les soirées dureront environ 40 minutes chacune, entre quatre et six artistes y participeront selon le temps d’intervention de chacun.

PROGRAMME

Samedi 27 juin 2020 — 18h00

À l’ombre de mes nuits blanches : Yoann Thommerel (Caen), Caroline Kervern (Bruxelles), Mathilde Ganancia (Paris).

À bout du désir : Céline Ahond (Montreuil), Sarah Klingemann (Paris), de Charme, Morgan Azaroff, Alisson Schmitt (Rennes), Bettie Nin (Alfortville).

Dimanche 28 juin 2020 — 18h00

La fille moi non plus : Charlie Jeffery (Paris), Corentin Malvoisin (Paris), Hilary Galbreaith (Rennes).

L’inconnu du botaniste : Elsa Pallarès Hugon (Olot, Espagne), Claire Finch (Paris), Cécile Bicler (Paris).

Samedi 4 juillet 2020 — 18h00

Les ailes de souffle : Adrien Lamm (Paris), Laure Mathieu (Paris), Yaïr Barelli (Paris).

La pleine lune du lac: Barthélemy Bette (Paris), Loris Humeau (Paris), Cécile Paris (Paris).

Dimanche 5 juillet 2020 — 18h00

Sur l’écran noir des jeunes filles en fleurs : Fabrice Michel (Paris), Arnaud Labelle-Rojoux (Paris), Yves-Noël Genod (Paris).

Je t’aime Les nuits : Aziyadé Baudouin-Talec (Paris) , David Evrard (Bruxelles), Lubovda, Valentina Traïanova & Antoine Dufeu (Paris).

26 mars 2020

[Chronique] Jean-Michel Espitallier, Cow-boy, par Fabrice Thumerel

Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, janvier 2020, 144 pages, 15,90 €, ISBN : 978-23-60840-22-9. [Commander]

« Les mythologies des familles sont des constructions en équilibre instable,
agencements de petits faits pas vrais, récits au tamis,
tris sélectifs et bricolages pour que l’histoire présente bien.
Il y a les braves types surexposés sur les commodes.
Il y a les drôles de loustics enfouis au fond des tiroirs.
La gloire ou le passage à la trappe. Pour mon grand-père Eugène,
ce fut la seconde destination » (exergue, p. 9).

 

Comment faire pour saisir un fantôme, c’est-à-dire une figure familiale reléguée aux oubliettes ? Et pourquoi mener l’enquête ? Comment / que raconter quand on ne sait rien ou presque ? C’est là que commence l’écriture, nous suggère Jean-Michel Espitallier : faire parler le silence… non pas combler le vide, mais jouer avec, flirter avec le trou béant, faire affleurer le je d’un jeu avec le temps (et) des origines…

Écrire, pour le poète, c’est traverser la nuit-des-temps, « les filtres de la famille » et « des souvenirs de souvenirs » (115), les représentations scolaires et socioculturelles les plus diverses, pour évoquer l’absent de tout bouquet familial, « le cow-boy qui se retourne [et] ne tarde pas à se faire flinguer par la sédentarité des familles rurales » (96)… C’est ici réussir une attachante (anti)mythobiographie.

Ce récit indécidable – qui multiplie donc les hypothèses – se distingue avant tout par ses processus de distanciation et de relativisation. Relève du premier un sens du paradoxe qui peut être empreint d’humour : d’emblée, le narrateur annonce qu’il va « raconter l’histoire d’un pauvre cow-boy solitaire », mais que « de cette histoire » il ne sait rien (14) ; les immigrés sont accueillis à Ellis Island, un « camp de concentration » dont le nom est une antiphrase, « la Golden door » (28) ; « L’Américain passe du vide (indien) au plein (américain) en moins de six générations » (35)… Espitallier excelle dans le jeu avec les représentations toutes faites, scolaires et légendaires, parodiant les récits d’aventure, les westerns et les « glorieuses épopées » destinées à « faire rêver les foules et amuser les petits enfants » (38), et multipliant les clins d’Å“il amusés à Flaubert, Zola, Mallarmé, Proust, Apollinaire, Giono, ou encore à L’Odyssée de l’espace de Kubrick. Terminons la brève analyse du processus de distanciation par l’examen d’un passage révélateur : « The winner is ? Celui qui tire le premier, parce que sinon il est le premier à être tiré. Celui qui tire le premier est toujours celui qui va s’en tirer » (40). Le détournement d’un lieu commun débouche ici sur un agencement répétitif (avec une antanaclase) qui dédramatise le sort tragique du cow-boy.

Ressortissent au processus de relativisation les listes du début, qui replacent l’histoire particulière d’Eugène dans la grande, celle des autres pionniers partis comme lui à l’aventure, et surtout l’odyssée même de l’espèce humaine (avec l’allusion indiquée à Kubrick). Pour ce qui est de l’histoire américaine du début XXe siècle, dans laquelle la vie du grand-père s’est inscrite, l’écrivain l’évoque au moyen de l’épitomé, cette technique simultanéiste qu’ont utilisée les romanciers américains, de même que Sartre et Giono : « Au même moment a lieu la première communication téléphonique entre New York et San Francisco, Californie. Au même moment a lieu la première communication intercontinentale par TSF entre Arlington, Virginie, et Paris. Au même moment, William J. Simmons et ses hommes réunis sur Stone Mountain, Géorgie, plantent une croix qu’ils font brûler, marquant la renaissance du Ku Klux Klan » (54)… Le destin du grand-père est également et enfin intégré dans une temporalité générationnelle : « Que resta-t-il d’Eugène pour les générations futures ? Rien. Rien, sinon des souvenirs de souvenirs » (115)…

Si on a tous quelque chose en nous de Californie, il n’empêche, pauvres de nous, que tout est vanité.

12 janvier 2020

[News] News du dimanche

Pleins feux sur les deux livres remarquables qui vont paraître ces jours-ci : Cinéma de l’affect, de S. Moussempès, et Cow-boy de Jean-Michel Espitallier. Puis nos Libr-événements, dont certains sont liés à ces livres.

UNE : les deux livres – remarquables ! – de la semaine

Les deux livres à la UNE cette semaine ont pour points communs d’avoir fait l’objet d’une édition soignée (bravo aux éditions de l’Attente et à Inculte !) et de traiter de fantômes : Sandra Moussempès poursuit sa spectrographie/spectrophonie ; quant à Jean-Michel Espitallier, il se lance au galop à la poursuite de son fantôme de grand-père…

► Sandra MOUSSEMPÈS, Cinéma de l’affect. (Boucles de voix off pour film fantôme), éditions de l’Attente, à paraître le lundi 13 janvier 2020, 104 pages, 13 €, ISBN : 978-2-36242-085-6. [Commander]

Ce volume qui résume toute l’entreprise de Sandra Moussempès est à lire en écoutant l’album Vox Museum, qui ressortit à « la poétique de l’audio-poème » : la voix est le médium de l’affect et nous plonge de façon hypnotique dans une boîte à fantômes et à fantasmes. D’un entremêlement de notations, de graphiques, de photos et de voix, surgissent aussi bien « l’amoureux errant de ce dédale » qu’une figure familiale, l’impressionnante cantatrice sicilienne Angelica Pandolfilni, maîtresse de Toscanini.

Impossible de s’en tirer, envoûté que l’on est par ce « conte de fée psychique », ce « théâtre mental », ce « Muséum des tessitures flottantes »…

► Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, à paraître le mercredi 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €, ISBN : 978-23-60840-22-9. [Commander]

« Les mythologies des familles sont des constructions en équilibre instable,
agencements de petits faits pas vrais, récits au tamis,
tris sélectifs et bricolages pour que l’histoire présente bien.
Il y a les braves types surexposés sur les commodes.
Il y a les drôles de loustics enfouis au fond des tiroirs.
La gloire ou le passage à la trappe. Pour mon grand-père Eugène,
ce fut la seconde destination » (exergue, p. 9).

Comment faire pour saisir un fantôme, c’est-à-dire une figure familiale reléguée aux oubliettes ? Et pourquoi mener l’enquête ? Comment / que raconter quand on ne sait rien ou presque ? C’est là que commence l’écriture, nous suggère Jean-Michel Espitallier : faire parler le silence… non pas combler le vide, mais jouer avec, flirter avec le trou béant, faire affleurer le je d’un jeu avec le temps (et) des origines…

Écrire, pour le poète, c’est traverser la nuit-des-temps, « les filtres de la famille » et « des souvenirs de souvenirs » (115), les représentations scolaires et socioculturelles les plus diverses – parmi lesquelles les univers de Flaubert, Zola, Mallarmé, Proust, Apollinaire, Giono, ou encore les récits d’aventure, les westerns et L’Odyssée de l’espace de Kubrick –, pour évoquer l’absent de tout bouquet familial, « le cow-boy qui se retourne [et] ne tarde pas à se faire flinguer par la sédentarité des familles rurales » (96)… C’est ici réussir une attachante (anti)mythobiographie.

Libr-événements

► Le jeudi 23 janvier à 21 heures, la Cav’Po de Toulouse, 6 € ; RÉSERVER
Sandra Moussempès (poète performeuse) : Dans son nouveau livre, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), qui vient de paraître aux éditions de l’Attente, elle accorde une place prépondérante à la voix en tant que dispositif sonore et amoureux via ses propres mémoires vocales archivées et son lien avec son ancêtre, la célèbre cantatrice Angelica Pandolfini. Elle lira des passages de ce nouveau livre et donnera à entendre en miroir sonore des extrais de sa création vocale Vox Museum (Editions Jou).
◊ RV également le 6 février à 19h30 : Lecture-dédicace à la libraire Charybde Ground Control.

► Mercredi 15 janvier à 19H, L’arbre à Lettres Bastille (62, rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) : Lancement de Cow-boy avec Jean-Michel Espitallier.

► Mardi 14 janvier, Les Champs Magnétiques (80, rue du RV 75012 Paris) : « Explorer, avec Benoît Casas – Toutes les distances de langage ». Organisé par Luc Benazet et Benoît Casas.

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24 novembre 2019

[NEWS] News du dimanche

En ce dernier dimanche de novembre, les RV de Christian Prigent puis avec Sandra Moussempès, avant notre LIBR-10 (nouvelle sélection des livres reçus) et une spéciale sur le Festival BIFURCATIONS #5

Agenda de Christian Prigent

Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 30 novembre 2019, à 15 h 30. A la Maison Louis Guilloux, 13 rue Lavoisier, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture et discussion. Contact : 06 77 68 56 72
 
Christian Prigent à Saint-Brieuc. Le samedi 07 décembre 2019, de 17 h 30 à 19 h. A la librairie « Le Pain des rêves », 13 rue Saint-François, Saint-Brieuc. A propos de Point d’appui (éditions P.O.L), lecture (avec Vanda Benes), discussion, dédicace. Contact : 02 96 61 36 55 ; www.lepaindesreves.fr
 
Christian Prigent à Rennes. Le jeudi 16 janvier 2020, à 19 h. A l’auditorium MIR, 7 Quai Chateaubriand, Rennes. Avec la revue TXT. Lecture. Contact : Maison de la Poésie de Rennes, 02 99 51 33 32 ; contact@maisondelapoesie-rennes.org
 
Christian Prigent à Lyon. Le mercredi 29 janvier 2020, à la « Scène poétique » de l’Ecole Normale supérieure, 15 parvis René Descartes, 69342 Lyon (04 72 72 80 00). Lecture et discussion. Contact : Patrick Dubost  09 50 25 23 21 – 06 80 06 13 19.
 
Actualité de Sandra MOUSSEMPÈS
Vox Museum de Sandra Moussempès : Album fichiers wav + mp3, 5 euros, durée 36 min., octobre 2019.
Par chèque : ordre Association JOU (60 rue Édouard Vaillant 94140 Alfortville)

Sandra Moussempès invente un langage vocal, hors mots, lié aux perturbations amoureuses et aux phénomènes paranormaux. Sa voix chantée, tour à tour éthérée, lyrique, chamanique ou bruitée se matérialise en fragments envoûtés.

Vox Museum
(Sculptures vocales)
1 Contusion of love
2 Ghost elevation (Black Sifichi Mix)
3 Esprits phonographiés
4 Contusion of love  (Black Sifichi Remix )
5 Perturbation lyrique
6 Sweetie’s diary (Black Sifichi Remix)
7 Vocal expectation
8 Vox Museum
9 Sweetie’s diary

Chants, voix, compositions & conception sonore : Sandra Moussempès
Clavier & composition sur « Contusion of love » : Virgile Carballo Moussempès
Conception sonore sur Ghost elevation & tous les Remixs : Black Sifichi

Libr-10 (novembre-décembre 2019)

Sereine BERLOTTIER, Ciels, visage, Lanskine, 88 pages, 14 €.

Marc CHOLODENKO, Sarabandes, Passacailles, naïades en bikini, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 70 pages, 13 €.

Jean-Michel ESPITALLIER, Cow-boy, éditions Inculte, en librairie le 15 janvier 2020, 144 pages, 15,90 €.

Liliane GIRAUDON, Le Travail de la viande, P.O.L, en librairie le 5 décembre, 160 pages, 16 €.

Virginie POITRASSON, Une position qui est une position qui en est une autre, Lanskine, 80 pages, 14 €.

Daniel POZNER, Chuchoté au petit matin, éditions Fidel Anthelme X, 44 pages, 7 €.

Christian PRIGENT, Point d’appui 2012-2018, P.O.L, 464 pages, 22,90 €.

Nathalie QUINTANE, Les Enfants vont bien, P.O.L, 240 pages, 18 €.

Nicolas RICHARD, Peloton, éditions Supernova, coll. « Dans le vif », 70 pages, 10 €.

Lucien SUEL & William BROWN, Ourson les neiges d’antan ?, éditions Pierre Mainard, 90 pages, 20 €.

Festival BIFURCATIONS #5, du 28/11 au 1er décembre

 

16 septembre 2018

[News] News du dimanche

« Reprise », dites-vous ? Mais quelle prise avez-vous sur le « Réel » ?
« Rentrée », dites-vous ? Parce que vous étiez partis ? Où cela ? – « Je reviens vers vous », dites-vous…
Ah ces Français, toujours à l’école… De grands enfants, non ?
Et cette « rentrée », vous la voulez « littéraire »… C’est-à-dire conforme aux canons de ce qui est estampillé « littérature », aux modes de ce qui s’appelle « la vie littéraire » – celle qui se ressent sur les plateaux de TV, dans les studios de la radio, en lisant les gros titres rescapés de la presse… Drôle, non ?
Et quel est mon « ressenti littéraire » en cette « rentrée littéraire » : un effet d’étrangeté… ça existe, ça ? /FT/

Agenda de Christian PRIGENT

► Radio Ritournelles a enregistré quelques « TXT » (anciens et nouveaux) invités en juin 2018 au Marché de la poésie de Paris.

â–º Où l’on retrouve le duo de choc Vanda Benes / Christian Prigent le 28 septembre à La Passerelle, scène nationale de St Brieuc

► Écho au n°32 de TXT, RV le 13 octobre à Caen

Libr-événements

â–º Mardi 18 septembre à 19H, L’Arbre à Lettres Bastille (75012) : rencontre avec Jean-Michel Espitallier pour son poignant récit de deuil, La Première Année (Inculte). On y reviendra tout bientôt…

â–º Jeudi 20 septembre à 19h, Galerie Elizabeth Couturier (25 rue Burdeau 69001 Lyon), Exposition – Rencontre avec Nadège Druzkowski et Béatrice Brérot autour de leur livre :
dix mille êtres dedans est un poème, un long poème à lire. C’est aussi un poème symphonique à écouter (sonorisé par l’auteur), un texte radicalement vivant, auto-généré, arborescent, lâché sur les chemins de la pensée et ceux de la Terre.

► Vendredi 21 septembre à 19H, Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004) : lancement de De toutes pièces (Quidam éditeur), signé Cécile Portier. On y reviendra bientôt également.

► À partir de ce dimanche 23 septembre, exposition Albert Aymé

.

► Mardi 25 septembre à 19H, Tropismes Librairie à Bruxelles : rencontre avec Véronique Bergen pour son dernier roman, qui ne manque pas de chien, Tous doivent être sauvés ou aucun (ONLIT éditions).

26 août 2018

[News] Libr-vacance 2018/2

Tandis qu’on nous serine que « c’est la rentrée » – « littéraire », entre autres -, efforçons-nous de nous maintenir encore un peu en état de libr-vacance : avec tout d’abord la rubrique « En lisant, en zigzaguant », puis avec douze invitations à la lecture…

En lisant, en zigzaguant…

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel [dystopie ultramoderne] :
« Je suis la nouvelle Eve, le fantasme incarné
Je suis la nouvelle chair, virale et délectable
Je suis ton désir, au plus profond de l’absence du désir
Je suis le futur de ton corps dès lors
que tu me baises
Je suis la nouvelle Eve, la nouvelle ère,
le corps mutant qui peut sauver l’humanité […] ».

« L’altérité de la chair est déclencheur des fantasmes de la différence, des fantasmes qui déclenchent les angoisses. La différence est intrusion dans la sécurité qui nous est nécessaire. Ils ont été le cancer de notre humanité, notre immunité les a pulvérisés. Au karsher, nettoyer tout espace de leur présence, au napalm les brûler vif dans la moindre contrée » (Editions Supernova, été 2018, p. 46 et 79).

► Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans [épopée cosmopoétique] :
« dedans dix mille êtres dedans
en terre les mots
dedans dix mille êtres dedans
ont terre à dire
en boucle
tourne tourne
pas toujours rond dans la tête
tourneboule en tête à terre
tourneboule bulbe s’accumule
pelote pelotonne aux pliures
encoincements
empilements de vésicules » (COLOR GANG, été 2018, p. 31).

Libr-12 : LC a reçu, lu et vous recommande

* Pascal Durand et Tanguy Habrand, Histoire de l’édition en Belgique : XVe – XXIe siècles, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, mai 2018, 576 pages, 26 €.

* Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III/Presses du Septentrion, n° 329 : « Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles », printemps 2018, 296 pages, 28 €.

* La Revue des revues, n° 59, printemps 2018, 128 pages, 15,50 €.

* Frédéric ACQUAVIVA, The 120 days of music, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s.p., 15 €.

* Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 96 pages, 10 €.

* Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans, estampes de Nadège Druzkowski, éditions COLOR GANG (66), été 2018, 64 pages, 13 €.

* Jalal EL HAKMAOUI, Ce que je n’ai pas dit à Bob Dylan, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 48 pages, 8 €.

* Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, éditions Inculte, août 2018, 192 pages, 17,90 €.

* Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, août 2018, 264 pages, 20 €.

* Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

* Antoine SIMON, C’est Rimbaud qu’a foutu la merde, Parole Auteur, Toulon, 154 pages, 12 €.

* Frédéric VALABRÈGUE, George Brecht, histoire d’un effacement, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, 120 pages, 15 €.

12 avril 2018

[Livre] Lettre de François Rannou à André Marcowicz à propos de L’Appartement

André Marcowicz, L’Appartement, photographies de Bérangère Jannelle, éditions Inculte/Dernière Marge, mars 2018, 157 pages, 16,90 €, ISBN : 979-10-95086-67-3.

 

Cher André,

 

terminé de lire ton "Appartement" et voici :

d’abord je ne connais pas ton travail de traducteur, je veux dire, il faudrait ne pas connaître ton travail de traducteur…

parce que tu en parles, tu nous dis que tu traduis bien sûr mais c’est une traduction bien plus essentielle et ombreuse qui est en jeuet là évidemment je pense aussi à une sorte d’être humain seul qui traduirait pour lui, pour exister, pour ne pas perdre pied, personne ne le saurait et c’est un peu au fond comme si ton travail visible, audible, il faisait comprendre aussi tout cet impossible à dire et à vivre qui se tapit sous tes voix… alors je comprends mieux…

Oui, à la fin, tu traduis la voix de cette femme qui vivait dans cet appartement que tu as voulu racheter à Pétersbourg… tu traduis "sa" voix… mais surtout c’est en français une belle voix, qu’on entend : récit, en vers, décasyllabe (plus vieux vers), une épopée, intime, et ça tourne autour du 10, et c’est remué, brinquebalé par ce qui pousse sous la langue, fait que l’accentuation de ta voix dans la voix essaie de se forger un rythme et puis c’est une longue phrase, seule longue phrase infinie, ça veut dire que ta phrase dans l’absolu, elle ne peut pas s’achever, elle continue à vivre une fois le livre fini, c’est une parole qui dit, pense, médite, songe, reprend, s’oublie, s’épanouit, s’écoule, se vivifie, se retrouve dans le puits de toute parole…

Et c’est la confluence (j’aime ce mot tu sais bien, Quimper, lieu de confluence, et qu’un père, moi qui en ai eu deux sans en avoir aucun) de ton russe, dont tu as reconnu toi-même l’héritage et de ta langue française travaillée par ça… et ça revivifie et ouvre la poésie française à ce qu’elle ne sait pas, comme si le passé et le plus extrême vivant du monde et de soi se trouvaient réunis l’air de rien, parce que l’air qu’on respire, on ne sait jamais qu’on le respire : il est là et on vit…

 

Et les voix des autres sont aussi ta voix, le poème des autres est aussi ton poème…

Je te lis et je vois tes gestes et l’appartement et ton ami oublié, comment vous vous êtes perdus, l’un l’autre, et le temps qui passe et se resserre, oui, tout cela sans pathos avec une sorte de confession libre pour mieux prendre une photo de sa vie mais une photo mouvante et sans maîtrise…

Alors même qu’on voudrait cette maîtrise, on voudrait comprendre mais il n’y a rien à comprendre…

 

Il y a des moments comme ça où la lumière est plus forte et crue, alors ton livre comme une respiration bienvenue,

m’accompagnant comme présence amicale et forte,

François Rannou

 

10 février 2013

[News] News du dimanche

Ce soir, non seulement vous pouvez suivre une ligne poétique de Bruno FERN, mais encore vous avez rendez-vous avec Daniel FOUCARD pour NUDISM (Inculte) et avec Sylvain LAZARUS pour L’Intelligence politique (Al dante).

Mais auparavant, nous lançons un appel pour soutenir un éditeur en difficulté : si comme nous vous avez à cœur de militer pour le développement et la survie d’éditeurs vraiment créatifs, n’hésitez pas à consulter l’extraordinaire catalogue des éditions è®e et à commander. /FT/

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30 octobre 2011

[News] News du dimanche

Libr-critique ayant eu besoin d’une petite cure de maintenance – parce que machinerie devenue complexe -, nous reprenons après une quinzaine de jours d’arrêt. Vous attendent des libr-événements (rencontre avec Eric Sadin, stage au Centre DATABAZ et L’Autre salon), la parution retenue de la semaine (Claude Ollier, Simulacre, POL), les prix obtenus par des livres libr-critiquement analysés et le programme à venir sur le site.

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28 août 2011

[News] News du dimanche

Après le clin d’œil humosarcastique de Joël HUBAUT, et avant même que nous ne fassions un point sur cette "rentrée" et sur la 6e saison de LIBR-CRITIQUE, septembre étant traditionnellement riche en événements, voici quelques premiers RV : avec les éditions Inculte et LC éditions ; sur le site leo.hypotheses.org.

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25 mars 2010

[News] Faites votre Salon avec Libr-critique…

Salon du Livre de Paris : Porte de Versailles, Pavillon 1, Boulevard Victor, Paris 15ème. Métro : Ligne 12 / Porte de Versailles – Ligne 8 / Balard. Tramway : Ligne T2 & T3, arrêt Porte de Versailles. Bus : lignes 39 – 80, station Porte de Versailles.

Inauguré ce soir, ce 30e SALON ouvrira ses portes au public à partir de demain, et jusqu’au mercredi 31 mars 2010. Cette année se présente comme exceptionnelle en raison de ce trentième anniversaire : c’est pourquoi, en lieu et place d’un pays invité, seront à l’honneur 90 auteurs français et étrangers [lire le programme]. Comme l’indique Thierry Guichard, rédacteur en chef du Matricule des Anges à qui le Centre National des Lettres a demandé de proposer, non pas un palmarès, mais une sélection de trente auteurs : c’est " l’occasion d’affirmer, à contre-courant des idées reçues, combien la littérature française est ouverte sur le monde extérieur. Épinglée comme narcissique, repliée sur elle-même, notre littérature souffre en France comme à l’étranger d’un poncif qui lui colle aux couvertures comme un mauvais chewing-gum aux semelles du Capitaine Haddock. Afin de renvoyer la critique paresseuse à un peu plus d’acuité, la programmation met en évidence cette ouverture, sa richesse et sa variété. Débats, dialogues, lectures rythmeront les après-midi du CNL et François Salvaing livrera chaque jour une chronique du Salon aux petits oignons…"

Cette trentième édition est d’autant plus exceptionnelle que l’on n’est pas sûr que la trente et unième verra le jour, ou qu’elle ne sera pas doublée par une manifestation plus "professionnelle" et internationale…

Pour vous faciliter le cheminement littéraire, quelques suggestions…

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8 novembre 2009

[News] News du dimanche

Cette semaine, paraissent aux éditions Mots tessons les recueils de Mathieu Brosseau et de Philippe Rahmy/Stéphane Dussel ; commence à Lille Citéphilo 2009 et se tiennent à Marseille les prometteurs Instants Vidéo (avec J. BLAINE et HP-Process = Ph. BOISNARD et H. GAUTIER). À part ces infos qui seront développées parmi d’autres, le livre reçu sur lequel nous attirons votre attention : P. Thiellement, Led Zeppelin occulte.
N’oubliez pas de poster vos commentaires et/ou de nous envoyer vos suggestions comme vos propositions de textes et créations diverses : libr.critik@yahoo.fr.
Opération Libr-fêtes : si l’on effectue un retour sur ces deux dernières années, quels livres ou CD/DVD souhaitez-vous recommander en cette fin d’année ?

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21 avril 2007

[chronique spéciale élections] à propos de Changer tranquillement la France et de avril-22

[présentation générale de Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c’est possible, du coll. Inculte]
[présentation générale de Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, coord. par Alain Jugnon]
inculte_election.jpg [Cette chronique, qui problématise Changer tranquillement la France et Avril-22, est en fait une analyse de certains enjeux du rapport entre littérature, politique et peut-être démocratie]
Engagement ? — François Bégaudeau dans Devenirs Roman, exprime dans son article Les engagés ne sont pas légion, que la littérature a un problème face à la question politique, au sens où la question du politique dépasserait “le seuil de tolérance” que la littérature pourrait accepter, et en ce sens elle en serait trop “hétérogène”, au point que la littérature ne pourrait pas “suturer” l’écart qui pose en distance cette problématique.
avril_22.png Avec la sortie d’une part de Changer tranquillement la France de toutes nos forces c’est possible, par le collectif Inculte dont F. Bégaudeau fait partie, et d’autre part Avril-22, ceux qui ne préfèrent, aux éditions Le grand souffle, apparaît justement deux formes possibles de compréhension du rapport entre la littérature et le politique.

Lorsque l’on fait face d’un côté au livre publié par Inculte, de l’autre au livre publié par les éditions Le grand souffle, si tous les deux posent à la fois l’exigence d’une forme d’engagement politique et le rapport entre politique et littérature voire philosophie pour le second, toutefois, ils se présentent chacun d’une manière différente. Il me semble, et c’est ce que je vais essayer de montrer, que ces deux démarches hétérogènes dans la forme, toutefois rejoignent une même question qui pourrait se poser en rapport à celle de la démocratie liée à la littérature tel que Derrida l’a posée, au sens où “l’affirmation sans limite de ce droit inconditionnel à une pense affranchie de tout pouvoir, et justifiée à dire ce qu’elle pense publiquement […], c’est une figure de la démocratie, sans doute, de la démocratie toujours à venir, par delà ce qui lie la démocratie à la souveraineté de l’État-nation et de la citoyenneté” [Inconditionnalité ou souveraineté, ed. Patakis].
Donc, il va s’agir de comprendre en quoi, l’expression tant critiquée de F. Bégaudeau, de littérature engagée aurait peut-être un sens, à réfléchir ici historiquement, au lieu de renvoyer à la fin des avant-gardes. En quoi l’engagement de la littérature : 1/ ouvre une condition de possibilité de compréhension du politique, une condition peut-être même nécessaire à toute forme de pensée démocratique, 2/ implique aussi simultanément, une forme d’effet, de performativité, certes infime, mais réelle, par rapport à la manière dont s’articule le langage au niveau politique ?
littérature et politique : la reprise de la question du roman — Le livre d’Inculte, s’il laisse apparaître quelques saillies liées à la signature d’auteurs [mais j’y reviens], cependant tient davantage de la création collective d’un objet que l’on pourrait définir comme une fiction politique. Ce livre n’est pas en-dehors de la littérature, de même que le dernier livre publié par F. Bégaudeau, A. Bertina et O. Rohe chez Gallimard : Une année en France. En ce sens, parlant d’Une année en France — qui porte sur trois événements qui ont marqué la société française entre 2006 et 2005 — face à la première question de Thierry Guichard pour Le matricule des anges (“Pourquoi avoir fait ce livre, qui vous éloigne un peu (encore que…) de la littérature ?”), leur réponse commence par cette reprise du doute : “tout est dans le encore que… Nous n’avons pas le sentiment que ce livre nous éloigne de la littérature”. Cette indication entre en écho avec ce qu’énonce F. Bégaudeau dans Devenirs Roman, alors qu’il semblerait entendu que dès lors qu’il y a écriture sur l’époque, sur la question de la société, sur la politique, on s’échapperait en quelque sorte de la littérature pour se positionner dans l’essai, la critique sociale, la réflexion philosophique, il serait possible selon lui de suturer l’écart entre littérature et politique. Ainsi les trois auteurs exposent que la question politique peut être abordée au coeur même du travail littéraire, et ceci impliquant alors sans doute d’expérimenter de nouvelles formes de fictionnalisation.
Le livre sur les élections, Changer Tranquillement la France, correspond à une même perspective, tout à la fois dans l’écriture, liaison entre plusieurs écrivains sous le mode de la disparition des signatures, donc suite fragmentaire dans le flux, et construction d’une fiction. S’agit-il d’un roman ? Approfondissons …

30 mars 2007

[Livre] Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c’est possible, collectif Inculte

inculte_election.jpgInculte, Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c’est possible, éditions Inculte, 216. p, ISBN 13 : 978-2-915453-96-6, 9€.
[site des éditions]
4ème de couverture :
Les présidentielles ont bien eu lieu. Une équipe de spécialistes analyse les résultats, revient sur les faits marquants du scrutin et vous fait revivre ses meilleurs moments, ses surprises, ses scandales et ses coups de théâtre.

Premières impressions :
Je vais présenter successivement deux livres qui croisent à leur façon, d’un côté la question politique des élections présidentielles, et de l’autre la littérature et philosophie. Deux livres aux approches distinctes : le premier, celui édité par Inculte, le second, celui auquel j’ai moi-même participé, édité sous la direction d’Alain Jugnon aux éditions Le grand souffle : Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, qui réunit au niveau philosophique Jean-Clet Martin, Cyril Loriot, Alain Brossat, Michel Surya, Mehdi Belhaj Kacem, … et au niveau des expériences littéraires, Eric Arlix, Nathalie Quintane, Sylvain Courtoux, Alain Badiou (à travers un dialogue théâtral court mais fulgurant)… Il s’agira, in fine, de montrer deux types de logique liant la philosophie à la littérature afin de voir tout à la fois les qualités de ces modes opératoires et de l’autre leurs limites, mais aussi leur horizon de constitution.
Le livre d’Inculte d’emblée précisons-le, ne se donne pas, à proprement parlé, selon une logique dichotomique entre le travail littéraire et le travail de réflexion politique. En effet, le livre se compose selon une logique où les deux versants sont entrelacés, même lorsqu’à la fin des deux tiers du livre nous avons deux approches réflexives qui sont proposées : celles de François Bégaudeau et de Gaëlle Bantegnie, car ces deux phases d’analyse, même si elles sont en liaison avec la réalité politique que nous vivons actuellement, pourtant sont temporellement constituées selon une logique de politique fiction puisqu’elles sont écrites après l’élection présidentielle et ses résultats.
Ce livre sur les élections retrace donc toute la campagne présidentielle, et l’après campagne, selon un mode informationnel, de brèves, de rapides comptes rendus, assez proches par moment, je m’en suis rendu compte, du Canard Enchaîné. Nous suivons jour après jour à partir du 22 mars jusqu’à la formation du gouvernement, les tournants, les sursauts, les tensions de la campagne. Et ceci selon plusieurs régimes d’approches.
On l’aura compris, partant du fait réel, et introduisant un certain nombre d’éléments politico-fictionnels qui agissent comme des bifurcations possibles de la réalité électorale, se constitue une ligne possible de réalité, qui implique alors une résolution spécifique. Bien évidemment je ne dévoilerai pas ici cette résolution, à savoir le candidat qui à travers cette fiction-politique, est élu./PB/

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