Libr-critique

1 février 2014

[Chronique] Daniel Pozner, Trois mots, par Périne Pichon

On perçoit notre environnement dans son ensemble, sans s’arrêter particulièrement pour regarder. Mais si on s’amuse à repérer les détails, à les collectionner, à les accommoder suivant une règle, un jeu, par exemple une règle de trois… Par ajouts successifs de lignes de trois, voici Trois mots de Daniel Pozner.

Daniel Pozner, Trois mots, Le Bleu du Ciel, 2013, 76 pages, 12 €, ISBN : 978-2-915232-85-1.

D’abord, les mots s’y bousculent, cherchent leur ordonnance, dans une sorte de murmure, de balbutiement : « Mots en main/ Si nous ne/ Bille en – chut !/ Ah ! Nous a-/Pprîmes langue – nouvelle ? » jusqu’à l’exclamation qui donne son impulsion à la locomotive poétique :

Larguez les amarres !

Toi joue drap

Câbles dents heures

Mèches paumes vagues

Becs oubli redite

 

Et ce chiffre trois, ces lignes de mots par trois, des mots qui se heurtent et explosent en superpositions. Pourquoi trois ? Et pourquoi pas trois ? Trois est un chiffre magique, symbolique, celui de la valse. Trois mots et une rythmique dansante.

On se souvient d’ailleurs des comptines : « et un deux trois, nous irons au bois, quatre cinq six, cueillir des cerises… » Sur un jeu similaire, les Trois mots de Pozner construisent une balade cadencée, – une ballade « qu’à danser ? » – avec reprises et répétitions à intervalles réguliers. Loin de figer la forme, celles-ci participent au roulement du texte : elles n’occupent pas la même place et sûrement pas la même fonction, si on s’attache à la grammaire. La rupture de la syntaxe, contenue dans une forme relativement régulière (triades de strophes de cinq vers), motive la cadence du texte. Le lecteur est emporté dans les trois temps d’une valse. Des impressions, des expressions fugitives sont capturées ici et là, dans le mouvement de la danse : des rideaux sur une vitre, un chat gris, une boîte, des lettres. Des objets saisis du coin de l’œil et, des « mots-objets » aussi et surtout sont cueillis puis regroupés par poignées de trois sur la page. Ces mots se croisent et se chevauchent, se juxtaposent dans une sorte de collage-colportage, où le mot ramassé ici et recollé là pour revenir là-bas, déformé, déguisé, comme ce participe : « déchiffré » qui passe à « déchiré » pour qu’un coup de « dé » (celui de Mallarmé ?) plus loin le fasse devenir un néologisme – « débiffé » – et enfin, laisser le « dé » là pour se changer en « biffure ».

Nuages déchiffrés nus

Journaux déchirés mots

Les mêmes jamais

Les mêmes phrases

Délicieux sens doublés

 

Le mot est un jouet, on le prend, on le voit, on le lit on l’arrache et on le coupe, on l’écrit, au crayon, sur une page, dans un calepin. Ils sont recollés, assemblés et montés dans ce cadre de jeu par trois, où ils prennent une densité troublante. Jamais totalement fixés, toutefois, ils frappent, réveillent et se révèlent, en s’épanouissant soudainement à travers le jeu entre la contrainte formelle et la mobilité. Le signifiant devient insolite dans son apparente banalité, mais loin de donner lieu à une inquiétude, il amuse. On aimerait pouvoir le déchiffrer, peut-être en le chiffrant encore, afin qu’il déroule ses potentialités. Qu’il nous fasse découvrir dans toute son amplitude, son signifié, toujours s’échappant. Qu’on puisse peut-être contempler le paysage. Mais impossible d’arrêter la machine, il faut saisir les mots sur le vif, dans leur intensité et leur immédiateté, les retenir sur le papier et les laisser s’additionner, puis muter. De superposition en superposition, on apprend à lire et à voir autrement.

22 janvier 2014

[Chronique] Claude Chambard, Tout dort en paix, sauf l’amour, par Périne Pichon et Fabrice Thumerel

Pour ce texte fascinant de Claude Chambard, nous vous proposons une lecture à double voix : une vue synthétique par Fabrice Thumerel, suivie de l’analyse de Périne Pichon.

â–º Claude Chambard, Tout dort en paix, sauf l’amour, Un nécessaire malentendu V, éditions Le Bleu du ciel, Coutras (33), automne 2013, 112 pages, 16 €, ISBN : 978-2-915232-88-2. [Site de l’auteur]

"Vivre, c’est comme écrire, mais sans pouvoir rien corriger" (António Lobo Antunes).

Que ceux qui, à la seule considération du titre, soupçonneraient une quelconque cuculerie, se rassurent en lisant ne serait-ce que la page 17 : "Oui, tout dort en paix, sauf l’amour, me disais-je, pris par une redoutable envie de pisser"… Ou 17 : "C’est la mi-nuit, les sexes sont sur les tombes, ils regardent la nostalgie & les bougies & le canal & le vent secoue tout vers le bas & les sexes rétrécissent & ma tête pèse sur les vagues gonflements & prend les baisers rouges"… Dans ce "récit incontinu" ressortissant à la proésie (p. 51), nous fascine un art subtil de l’ellipse et du télescopage, du figuré comme de l’incongruité, un phrasé mêlant affects et percepts, souvenirs et visions hallucinées, réflexions et évocations. Écrire pour Claude Chambard : "Comme un saut dans le vide                               de la langue" (69). Son livre : "l’histoire enfouie en moi & dont personne ne comprendra rien" (87). Une archéologie de la mémoire – sensible et culturelle – que rend encore plus critique le jeu de notes en fin de volume. /FT/

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â–º Tout dort en paix sauf l’amour apparaît comme un carnet de voyage où ont été consignés des notes, des photographies, des souvenirs… Le narrateur, d’ailleurs, ouvre son discours sur « la montée des Couardes », entreprise avec son Grand-père, autrement dit un souvenir d’enfance. Mais ensuite, les références à une quelconque temporalité ou chronologie d’événements se brouillent : s’agit-il d’un homme embarqué pour un voyage qui se souvient de son enfance ? D’un homme qui cherche à écrire et qui se souvient de son enfance et de son voyage ? Ça prend la forme d’une liste en vrac de souvenirs, de fantasmes, de fictions. La mémoire elle-même, interrogée, n’est pas sans tache, et plutôt qu’un souvenir raconté, nous lisons l’histoire au présent d’un souvenir du passé déformé et transformé par le temps et par l’imagination. Ainsi, la grand-mère du narrateur apparaît aux yeux de l’enfant d’avant et de l’adulte du maintenant comme une harpie concupiscente :

« Je vois le corps nu de Grandmère dans l’encadrement de la porte. Je vois ses mamelles & sa touffe noire. J’ai honte. Elle rit, elle se moque de moi. J’entends crier & je sais que c’est dans la ferme à côté. Elle se couche sur le seuil de la porte. »

 

L’atrocité de la vision du narrateur s’impose par la répétition de l’action de voir au présent. Quel que soit le moment de la narration : celle-ci demeure présente face au « je ». Cette femme nue couchée sur la porte comme une bête – elle a des « mamelles » comme une vache, non des seins comme on l’attendrait d’une femme – s’assimile à un monstre de cauchemar, opposée et s’imposant au narrateur-enfant. Son alter ego positif, c’est le grand-père protecteur chargé d’initier son petit-fils à la chasse à l’ours en pleine forêt. Finalement, on ne sait plus bien s’il s’agit d’un temps rêvé ou d’une vision du passé. Le nom de « Sigmund » dans la première page peut, à ce propos, nous faire doucement cogiter. Les quelques réveils et pertes de conscience inopinées du narrateur également. Les frontières entre le temps rêvé et le temps qui s’écoule se brouillent. Il semble impossible de construire une chronologie des faits ici ; dès qu’on s’y essaye, le récit se brise en fragments d’enfance, en descriptions du paysage, dans le rappel d’un amour anonyme.

 

À ce brouillage d’une hypothétique réalité se superpose la confusion des temporalités. En effet, le temps n’est pas linéaire, tous les faits sont permanents, éternels, tout se raconte au présent. On vogue sur cette singulière ligne temporelle qui traverse la mémoire pour la ramener à une immédiateté : ce dont « je » se souvient, c’est maintenant que ça se passe, pas avant pas après. L’univers qui se dégage de cet ensemble est poreux ; le présent et le passé se contaminent, la veille et le rêve se confondent.

« Je m’éveillais, le nez tordu sur ma table de travail, au milieu d’un cauchemar. Ne parvenant pas à le retrouver dans la veille, j’entrepris la lecture de mes carnets – ou ceux de quelqu’un d’autre, comment être sûr […]. »

 

Finalement, après des détours et des voyages par prolepse et analepse, apparaît une certitude : il existe un ici, un « maintenant » et un « je » qui se construit progressivement et tente de se retrouver dans ce listage labyrinthique des faits de sa mémoire. Un « je » qui tente de raconter une histoire, peut-être la sienne – d’écrire un livre – mais qui se heurte au labyrinthe, qui s’est « perdu dans la langue ». Alors, il faut recommencer, lancer une nouvelle tentative pour trouver le chemin du récit, apparenté à la montée des Couardes, à une marche avec ses hoquets, ses difficultés. Parmi elle, il y a ce nœud qui apparaît entre les pages, à chaque fois à l’emplacement de la conjonction « et » : la perluète.

« Un nœud errant en avant & et en arrière : c’est mon vrai nom, imprononçable. La liberté n’est jamais convenable ou ce n’est pas la liberté. J’ai arraché le cordon ombilical avec mes dents mais c’est pour ne pas être empoisonné plus longtemps. »

Mais la perluète est une ligne tordue qui, répondant à un autre symbole, le « _ », peut nous rappeler que le temps n’est pas seulement linéaire, mais qu’il se noue et se dénoue avec l’écriture. Car l’écriture est un moyen d’exploration, une formule pour « traverser les frontières » mais aussi pour créer un « ici » et un « maintenant » où le « je » peut s’ancrer malgré l’intangibilité du réel. /PP/

27 octobre 2013

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’octobre, nous entrons dans le maelström automnal : VUAZ de V. Tholomé et Tout dort en paix, sauf l’amour de Claude Chambard (livres reçus) ; Agenda Christian Prigent ; Citéphilo et Festival NEXT autour de Lille, "Paroles d’éditeurs" à Merdignac, Sandra Moussempès à la Maison de la poésie de Paris (libr-événements).

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

â–º Vincent Tholomé, VUAZ, éditions Maelström, coll. "CompAct", Bruxelles, automne 2013, 108 pages, 8 €, ISBN : 978-2-87505-158-5.

Si Bernard Heidsieck avait son Vaduz, Vincent Tholomé, lui, a son VUAZ.

Cependant, il ne s’agit pas ici de partitions, mais de trois marches  – lyriques/bucoliques/épiques.

Et zou, et zou, au fond du trou,
au fond de l’existence,
VUAZ.

 Prenez et tenez en tous sens ce livre relevant à la fois de la poésie visuelle et de la poésie orale,

et laissez-vous emporter par le flux de ce rythme capricant.
Prenez votre souffle,
et par monts et par vaux,
prenez votre envol
entre brailleries et "langue bébé"…

"Blagueurs de VUAZ.
Les 3000 et 2 fois 15 matins.
Les 8 3 et 14 ans millénaires passés ensemble.
Dans le trou.
La faille.
Le fond.
Le tout au fond à l’ombre."

 

â–º Claude Chambard, Tout dort en paix, sauf l’amour, Un nécessaire malentendu V, éditions Le Bleu du ciel, Coutras (33), automne 2013, 112 pages, 16 €, ISBN : 978-2-915232-88-2. [Site de l’auteur]

"Vivre, c’est comme écrire, mais sans pouvoir rien corriger" (António Lobo Antunes).

Que ceux qui, à la seule considération du titre, soupçonneraient une quelconque cuculerie, se rassurent en lisant ne serait-ce que la page 17 : "Oui, tout dort en paix, sauf l’amour, me disais-je, pris par une redoutable envie de pisser"… Ou 17 : "C’est la mi-nuit, les sexes sont sur les tombes, ils regardent la nostalgie & les bougies & le canal & le vent secoue tout vers le bas & les sexes rétrécissent & ma tête pèse sur les vagues gonflements & prend les baisers rouges"… Dans ce "récit incontinu" ressortissant à la proésie (p. 51), nous fascine un art subtil de l’ellipse et du télescopage, du figuré comme de l’incongruité, un phrasé mêlant affects et percepts, souvenirs et visions hallucinées, réflexions et évocations. Écrire pour Claude Chambard : "Comme un saut dans le vide                               de la langue" (69). Son livre : "l’histoire enfouie en moi & dont personne ne comprendra rien" (87). Une archéologie de la mémoire – sensible et culturelle – que rend encore plus critique le jeu de notes en fin de volume.

 

Agenda : Christian PRIGENT

â–º Samedi 23 novembre 2013, dans le cadre de Citéphilo 2013.

14h30 > 16h30 : Projection de La belle journée (1h07, coul., 2010)
en présence de la réalisatrice :
Ginette Lavigne, réalisatrice, monteuse
A également réalisé : La nuit du coup d’Etat, Lisbonne, avril 1974 (2001), Un voyage en Israël (2008), Jean-Louis Comolli, filmer pour voir ! (2013)
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Jacques Lemière, Institut de sociologie et d’anthropologie, CLERSE (UMR 8019 CNRS), Université Lille 1
Monteuse (notamment des films de Jean-Louis Comolli, L’Affaire Sofri, la série des films sur Marseille, et beaucoup d’autres), Ginette Lavigne est aussi réalisatrice. Dans La Belle Journée, elle se met au défi de la réalisation du film sur et avec un poète, Christian Prigent, sur son monde et sur son œuvre, à partir (texte et chansons du film) d’extraits de quatre ouvrages de l’écrivain : Commencement (1989), Une phrase pour ma mère (1996), Grand-mère Quéquette (2003), Demain je meurs (2007), tous parus chez POL. Rigoureux et inventif travail cinématographique, qui sera reçu en tant que tel, et aussi, parfaite introduction à la rencontre-lecture avec Christian Prigent, qui suivra, deux heures plus tard, à la Médiathèque Jean Levy de Lille.

 

 
Palais des Beaux-Arts – grand auditorium – Place de la République – Lille
 
18h30 > 20h30 : Christian Prigent ou l’acte poétique
En partenariat avec les médiathèques de Lille
Christian Prigent, poète, romancier, essayiste
A notamment publié : La vie moderne. Un journal (POL, poésie, 2012), Les enfances Chino (POL, roman, 2013) 
Présentation : Gérard Briche, professeur de philosophie à l’Ecole Supérieure d’Art de Tourcoing
L’homme qui parle scande les phrases, éclate les mots, triture la langue. Cet homme, c’est Christian Prigent, et il dit de la poésie. Mais cette poésie passe par le corps – littéralement. Car c’est dans l’acte que la poésie, la vraie, advient. Dans cet acte, dans cette performance, c’est toute la réalité matérielle qui passe, et d’abord la réalité biographique du poète. Ainsi la poésie est-elle pétrie de toute la matière de la vie, et jusqu’à ses aspects les plus triviaux, mais les plus rigolos aussi. Christian Prigent : la poésie, c’est d’abord ce qu’on imagine être le plus étranger à la poésie.
 
Médiathèque Jean Lévy – 32/34 rue Edouard Delesalle – Lille

â–º Lecture/conférence de Christian Prigent : "Martial, grande brute !" (quelle traduction contemporaine de l’obscène latin ?).

" Rapide, vacharde, pittoresque, rigolote, souvent obscène, toujours à la fois savante et désinvolte, la poésie épigrammatique de Martial s’inscrit dans la tradition, mineure mais vivace, d’une poésie non idéaliste qui « sent l’homme » quotidien. Du coup, elle tente l’effort de traduction des « modernes » de toutes les époques. Les 650 textes que j’ai essayé de « recycler » dans une forme méticuleusement métrée et travaillée par la distance des anachronismes paraîtront chez POL en avril 2014." (C. Prigent)

Dans le cadre du séminaire de MASTER 1 & 2 "L’obscénité en perspective : antiquité/ modernité", le jeudi 12 décembre 2013 de 11H à 13H – Université de Valenciennes , Site du Mont Houy, Bâtiment Matisse, Salle 208 -, B. Gorrillot invitera Christian Prigent, l’un des grands poètes français actuels, à l’occasion de la publication prochaine de sa traduction de DCL épigrammes de Martial (Paris, P.O.L, 2014). Cours ouvert à tous.

 Libr-événements

â–º Du 6 au 26 novembre 2013, autour de la métropole lilloise, Citéphilo : "Pseudo. Ressemblances et faux-semblants". Avec cette année, le Japon comme invité d’honneur. Rens. : 03 20 55 66 34. On notera d’ores et déjà les RV du mercredi 13 novembre : "Les identités numériques" ; Vincent Descombes, "Les Embarras de l’identité". [Programme]

â–º Exposition "Paroles d’éditeurs" de Mélanie Gribinski à la médiathèque de Mérignac du 25 octobre au 16 novembre 2013.
Les Éditions de l’Attente, L’Atelier de l’agneau éditeur, les Editions Finitude, Le bleu du ciel, Gaïa et le Castor Astral exposent des livres, livres d’artistes, manuscrits et autres objets rares, introuvables, inédits ou jamais vu…
Rencontre le 8 novembre à 19h en présence des Editions Finitude.

â–º Du 15 au 30 novembre 2013, Festival NEXT (métropole lilloise, Courtrai et Tournai). Avec en particulier la dernière création de Jan Fabre, Tragedy of a friendship (© photo en arrière-plan).

â–º Jeudi 21 novembre 2013 à la Maison de la Poésie de Paris, 19H-20H : "Résurgences momentanées des sensations visuelles", lecture performée de Sandra Moussempès. En écoute : https://soundcloud.com/user9376239
Infos :
http://www.maisondelapoesieparis.com/programmes/y/2013/mois/11/

 

20 octobre 2013

[News] News du dimanche

Pour donner du chien/du relief/de la profondeur à vos longues soirées automnales, deux livres reçus (Véronique Vassiliou, Échantillons ; Hubert Lucot, Je vais, je vis) et trois Libr-événements remarquables (parution du numéro 6 des Cahiers de M@gm@ ; rencontre poétique à la Bibliothèque Marguerite Audoux ; le spectacle C’est la faute à Rabelais (Durif/Compagnie de l’Envers du décor). /FT/

Livres reçus (Fabrice Thumerel)

â–º Véronique Vassiliou, Échantillons, Le Bleu du ciel, Coutras (33), octobre 2013, 72 pages, 12 €, ISBN : 978-2-915232-89-9.

"D’abord la couleur, puis la matière puis la forme. Exercice de style" (p. 43).

Memento vestibus

Celle qui "se demande ce que serait un mot-robe, un mot-soutien-gorge, un mot-short, un mot-jupe", préfère les cache-cœurs aux cache-nez et cache-sexe… se pose des tas de questions : "Une robe, comme mythe, ça mène où ?" ; "Une histoire de fil en aiguille ou un écheveau maëlstrom touffu de fibres et de couleurs ? Les deux ?" ; "Qu’est-ce que le contraire de l’uniforme ? L’hybride, le multicolore, l’informe, le déformé ?"… Rien d’étonnant à cela : "Poesia visiva – les vêtements vêtent, se voient, posent des points d’interrogation, suscitent des questions, des réponses, engagent la conversation. Ce sont des histoires. Et ses histoires sont ses vêtements." Car la poésie ne vient pas forcément du dedans : "ça vient aussi du dehors"… D’où ce clin d’œil à Proust : "Le second souvenir est stimulé par l’encolure. Un manteau à col châle dans un magnifique cachemire, jeté pour cause de mitage. A chacun, ses madeleines." Poesia visiva : "La langue maternelle, la langue des vêtements, silencieuse et visible. Une langue concrète."

À coup sûr, Véronique "a dû trop lire de contes ou s’est fait trop de films"…

Curieuse "histoire en écheveau" que celle inventée par Véronique Vassiliou, qui n’hésite pas à se mettre en scène via un avatar particulier (une figurine/un idéogramme). C’est dire qu’il faut vous attendre à perdre le fil, à en voir de toutes les couleurs…

Exercice de style loufoque, cette autofringographie jongle avec les mots et les couleurs, joue avec les expressions toutes faites comme avec les normes littéraires, agence avec virtuosité listes, collages, éléments autobiographiques et interrogations sur les mythologies contemporaines… mais aussi ce genre de réflexion esthétique : "Une belle composition s’épuise visuellement. C’est la différence avec un Cézanne ou un Caravage. D’eux, on ne se lasse pas. La composition n’est pas un paysage."

â–º Hubert Lucot, Je vais, je vis, préface de Martin Winckler, éditions P.O.L, octobre 2013, 672 pages, 25 €, ISBN : 978-2-8180-1945-0.

"[…] mon corps est-il tout ce qui me reste ? La conscience d’être est mon plus grand bonheur"…

Au moment même où les éditions P.O.L rééditent en format poche Autobiogre d’A.M. 75 (1980), paraît une impressionnante somme qui constitue en partie le journal de la maladie et de la mort d’A.M. (Anne-Marie, son épouse, décédée le 9 août 2012) – AMour… Amour et Maladie/Mort… Celui qui n’éprouve "nul désemparoi" à la perte d’une compagne avec laquelle il a construit un "nous" pendant plus d’un demi-siècle est aussi celui qui, au milieu du sang et de la merde, ne baisse pas les bras, embrassant au contraire celle en qui il continue de voir une Vénus – laquelle pose les lèvres sur le "pénis enfantin" de celui qui fait tout rentrer dans l’ordre… (Scène d’un sublime aussi rare que sobre).

Comme Liliane Giraudon après avoir terminé Le Noyau de toute chose, on "comprend et apprécie mieux la vie après cette lecture"… D’autant que Je vais, je vis combine journal existentiel et journal intellectuel : le moment étant venu pour le septuagénaire de contempler le monde dans sa tête, sans nulle nostalgie du reste, s’enchaînent de subtiles réflexions politiques et esthétiques. On en restera momentanément sur celle-ci : "Tous les peuples de la planète font le procès du capitalisme, les équipes ayant pour loi la déréglementation capitaliste l’imposent à tous."

Libr-événements

â–º Parution annoncée pour le 31 octobre 2013 : "Le magma constitutif de l’imaginaire social contemporain", Les Cahiers de M@gm@, vol.6, Aracne Editrice, Roma – (dir.) Georges Bertin, Orazio Maria Valastro, Alberto Abruzzese, Jean-Michel Barreau, Massimo Canevacci, Panagiotis Christias, Augusto Debernardi, Cecilia Edelstein, Mabel Franzone, Philippe Joron, Maria Immacolata Macioti, Michel Maffesoli.

Introduction

Le magma constitutif de notre être ensemble ou le jeu du solide et du fluide
Georges Bertin p. 11

Le magma constitutif de l’imaginaire social contemporain

Magmas réactionnaires Est-Ouest/Nord-Sud: invariants de civilisation
Jean-Michel Barreau p. 17

Le magma castoriadien et l’intelligence des situations de crise, de François Rabelais à Michel Maffesoli, la crise comme révélation
Georges Bertin p. 31

Dionysus redivivus
Michel Maffesoli p. 45

Damanhur: una federazione di comunità
Maria Immacolata Macioti p. 53

Disabilità
Alberto Abruzzese p. 67

Le magma poétique du kaïros et le métissage de l’écriture de soi
Orazio Maria Valastro p. 75

Magma énergétique et dépense anthropologique
Philippe Joron p. 95

Le sens commun à l’ère de la mondialisation
Panagiotis Christias p. 111

Il senso comune nell’era della mondializzazione
Panagiotis Christias p. 119

Sur le dos d’un âne
Mabel Franzone p. 125

Sul dorso di un asino
Mabel Franzone p. 131

Libero accesso
Cecilia Edelstein p. 137

Epigrammi di sociologia qualitativa: per un possibile istituente
Augusto Debernardi p. 149

Gramsci e Keats: il poetico e il politico discutono in un cimitero romanticamente antropologico
Massimo Canevacci p. 159

â–º Dans le cadre de Paris en toutes lettres 2013, un spectacle proposé par la Maison de la Poésie et la Bibliothèque Marguerite Audoux (10, rue Portefoin 75003 Paris) : Est-ce une bête qui t’anime, au centre ?, samedi 9 novembre 2013 à 19H.

Et si le poète était forcément soufflé par l’animal, en lui, par désirs projetés ? Et si la langue humaine ou sa recherche, et si la pensée n’était qu’air brassé, comme dans toutes les gueules ? Et si les sciences voyaient par cécité ? Et si rien n’avait séparé l’homme de la bête, jamais. Et s’il fallait préférer chanter ? Et si rien n’avait jamais séparé l’homme de sa tête ? Et si le devenir-animal n’était pas un devenir-autre mais un devenir-soi.

Quand on pense à l’être ou au devenir, on cherche qui parle… Et plus précisément qui parle qui. Dans qui. Ou dans quoi. Cela pour éviter les fantômes, l’image des spectres qui repousse la spontanéité du sauvage.

Et si les gueules animales sont faites de viandes, les poèmes pneumatiques de Sébastien Lespinasse, de Vincent Tholomé (avec Maja Jantar) respirent au grand air, VUAZ, et répondent au deuil et au vide par la tête charnelle, celle qui n’a qu’un temps. Le corps de chair du poète devient instrument, instrument conjurateur, crâne animal, animal central. Animal sensible. Car la sensibilité n’a qu’un temps.

Poètes sonores, poètes performeurs, Sébastien Lespinasse et Vincent Tholomé viendront dire quelques uns de leurs textes autour d’un thème fondateur, celui de l’animalité. De celle qui nous parle.

♦ VINCENT THOLOMÉ

Poète, lecteur-performeur, belge, né dans les années 60, ayant commis une quinzaine d’ouvrages où les genres (fiction, poésie, BD, harangue, etc.) croisent le fer, où la langue pulse avec joie

Des livres : CAVALCADE (2012), paru chez 2 éditeurs, dans 2 versions un peu différentes et VUAZ (2013)

En tant que lecteur-performeur, a fait partie et fait partie de divers groupes et groupuscules, dont le Trio WYRD, la Troupe Poétique Nomade, et bon nombre de duos, notamment avec Xavier Dubois (guitare) et Maja Jantar (voix) + + +

Travaux en cours : suite de VUAZ + + + co-adaptation en ciné-poème de CAVALCADE, avec Maja Jantar et Gaëtan Saint-Remy + + + CD et perfs autour de VUAZ et de sa suite, avec Xavier Dubois + + + bande-son et CD de CAVALCADE

♦ MAJA JANTAR

est une artiste vocale pratiquant la polypoésie. Polypoésie = poésie + souffles + arts visuels + bruits de bouche + arts sonores + land art + rituels + arts de la scène + (…) + (…) + (…) = une pratique poétique sans limite.

♦ SEBASTIEN LESPINASSE : né le 8 décembre 1975 à Marseille ; vit, dort, rêve et travaille entre Toulouse & Montreuil.

Entrepreneur d’expériences, laboureur de langues, activiste polyglotte, redécouvre et interprète les pionniers de la poésie sonore (futuristes, dada, lettristes… ), tisse étroitement les sons et les sens dans des improvisations poétiques, prend les mots à la gorge et les jette par dessus page, perfore les métaphores lors de performances souvent ludiques, bute, cogne, frotte les oreilles, tympans, peau, yeux, œsophage, estomac, tripes, etc…

« On gonfle les mots ils gonflent leur peau de mots autour de nos souffles ils me regonflent quand j’expire on ne se dégonfle pas je continue la pression mes doigts crissent le long de la peau plastique ils sont gonflés à bloc parfois les mots me gonflent parfois les mots nous crèvent parfois les mots éclatent. »

Des livres : Tendresses Animales, avec Sabine Petit, éd. Le Chant des Muses, Béziers, 2010.

&, avec Maëlle Chastanet, éd. Book Machine Press, Beaubourg Paris, 2013.

Fougax et Barrineuf vont en bâteau, éd. Gros Textes, Châteauroux-les-Alpes, 2013.

Des disques : "Pneuma-R", mars 2012 (éd. Trace Label)

"Pneuma-Récital, live in Barjols", avril 2008 (éd. Z.I.P / Plaine Page).

Des créations pour la scène : Animaux du Sensible, dispositif de lecture, création au Théâtre Le Hangar (Toulouse) en mars 2011 pour le festival Les Perforeilles puis nombreuses reprises dans d’autres lieux et festivals.

Une voie vers les Bouches-Poubelles, conférence-action avec Yves Le Pestipon, création en mai 2012 au Théâtre Garonne (Toulouse).

â–º Du jeudi 14 au samedi 30 novembre 2013 à 20H, Théâtre de l’Athénée à Paris, Eugène Durif et la Cie l’envers du décor présentent : « C’est la faute à Rabelais »
– Théâtre musical et burlesque –
D’Eugène Durif. Chef de troupe : Jean-Louis Hourdin. Musique : Pierre-Jules Billon
Avec Eugène Durif et Pierre-Jules Billon.

Contact compagnie / Invitations pros :
Cie l’Envers du décor
06 83 35 27 77
cie_enversdudecor@yahoo.fr
www.cie-enversdudecor.com

> DU 14 AU 30 NOVEMBRE <
Théâtre de l’Athénée – Louis Jouvet
Paris

Deux saltimbanques s’arrêtent dans un lieu qu’ils vont habiter un instant. Ils vont faire naître du théâtre avec trois fois rien…. Sans rime ni raison, mais en musique, chansons et calembours, contrepèteries, recettes de cuisine et blagues, mots-valises et coqs à l’âne, onomatopées, et autres…

« L’accueil à la Durif, c’est une dégelée de mots bazardée à la face des « gueux emmitouflés ». Dans son théâtre de troubadour, fait d’un petit chapiteau-coulisse et d’accessoires saltimbantesques – des instruments, une caisse et la dive bouteille car « propos de bien ivre sont propos de bien vivre » –, il exhume moult fatrasies délicieuses et chansonnettes tristes, même un blason de Clément Marot sur le téton. Non content d’être l’une des plumes de théâtre les plus riches, élégantes, et imagées, M. Eugène est aussi l’un des plus aimables lettrés. Son sourire et sa douceur ravissent. Air bonhomme émerveillé, pour qui la bonne chair n’est pas triste, notre troubadour est de ces humoristes noirs tendance pince-sans-rire, à penser que « ceux qui ont un pied dans la tombe ont toujours l’autre pour s’en sortir ». Spectacle sans une once de vulgarité, mais émaillé de joyeusetés d’amour et de mort, sans queue ni tête. »
Cédric Enjalbert – Les Trois Coups
(21 juillet 2011)

 

10 juillet 2013

[News] Libr-estivales

Avant même la pause estivale (de fin juillet à fin août), voici d’ores et déjà un avant-goût de ce que l’on appelle la "Rentrée romanesque" : Pierre Jourde, La Première Pierre (Gallimard) et Iegor Gran, L’Ambition (P.O.L). Mais auparavant, à partir de demain, RV à la Friche Belle de mai à Marseille pour EXHIBITION – Corps et Histoire ; et nos Livres de poésie reçus : Daniel Pozner, Trois mots (Le Bleu du ciel) et Jean-Marc Undriener, Zugzwang (éditions Centrifuges).

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3 juin 2013

[News] Poésie en marche…

Le Marché de la poésie n’existe pas… N’existe que la poésie en Marche. Celle qui se pratique dans l’aller-vers. Tout le reste n’est que lisseting et markéterature. Parcours en zigue & zag des rendez-vous à ne pas manquer…

31e Marché de la poésie, place Saint-Sulpice (75 006), du jeudi 6 au dimanche 9 juin 2013 : 550 éditeurs et revues de poésie & création littéraire (record battu, of course !) ; invité d’honneur : l’Irlande ; président d’honneur : Serge Pey.

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3 mars 2013

[News] News du dimanche

Pour commencer un mois ordinairement riche en événements : Spécial PRIGENT ; Libr-événements (rencontres avec Bruno Fern, Patrick Bouvet, Daniel Foucard, Cécile Mainardi, Stéphane Korvin… Carte blanche au Bleu du ciel).

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3 janvier 2013

[Chronique-News] Libr-13…

Faisons fi des superstitions et commençons l’année avec 13 notes dissonantes (Libr-réflexions, Libr-retours, Libr-anticipations, Libr-événements)… /FT/

[Où il sera question de Babel, de changement de / de fin du monde, de "crise"… Mais aussi, entre autres, de Samuel Rousseau, Luc Dellisse, Jean-François Amadieu, Frédéric Lordon, Sylvain Lazarus, Nicole Caligaris… Eric Chevillard, Bernard Desportes, Annie Ernaux, Jean-Michel Espitallier, Claude Favre, Pierre Jourde, Marc Perrin, Christian Prigent, Mathias Richard, Cole Swensen…]

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23 décembre 2012

[Livres] Libr-kaléidoscope hiver 2012

Voici le premier volet de notre Libr-kaléidoscope hiver 2012, consacré à des livres qui ont marqué le second semestre et dont nous n’avons pu encore parler : François Bon, Autobiographie des objets ; Suzanne Doppelt & François Matton, Magic Tour ; Mathieu Potte-Bonneville & F. Matton, Dictionnerfs.

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14 novembre 2010

[News] News du dimanche

En cette semaine de dé-pression médiatique (post-partum mondano-littéraire), où même certains oracles universitaires ont complaisamment rallié le choix de l’académique jury Goncourt, nous vous invitons à lire l’article en cinq temps du sociologue Eric Fassin sur Michel Houellebecq ("Une société des classes moyennes", "Une critique de l’individualisme sexuel", "Sexualité et différence des sexes", "Ni droite, ni gauche", "Un pacte littéraire paradoxal") ainsi que, sur son blog,  la vive réaction de Juan Asensio – qui a également recensé le roman de Romain Verger, second des livres reçus présentés ce soir, après Les Légumes verts hauts en couleur de Philippe Adam et Aurélie Pétrel. Quant à nos Libr-brèves, elles vous donnent rendez-vous à l’Atelier National pour une exposition Poivret, Pérez, Mura, Gette ; à la 1ère session d’automne du Marché de la poésie ; à une lecture de Philippe Boutibonnes. Mais auparavant, il est urgent de soutenir la liberté de la presse en France au travers de Mediapart. /FT/

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11 décembre 2009

[Livre-chronique] Xavier Person, Extravague

Xavier Person, Extravague, Le Bleu du Ciel, automne 2009, 80 pages, 12 €, ISBN : 978-2-915232-63-9.

Tout d’abord, s’impose le trait d’union entre trois auteurs que nous avons abordés récemment : l’admirateur d’Emmanuel Hocquard est aussi celui qui, dans un entretien avec Suzanne Doppelt auquel est emprunté le titre de cette chronique (extrait de l’exergue même), évoque le travail du rêve (métamorphose et hybridation). Par ailleurs, résonne ici le propos que Xavier Person (1962) a tenu en 2008 à Marc Villemain : "Ce n’est pas tant la question de la langue que celle du langage qui m’intéresse. Ce qui se dit quand quelqu’un commence à parler est toujours quelque chose d’étrange, dès lors qu’on y prête attention, c’est une fabrication de nuage ou de brume, une composition flottante."

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5 juillet 2009

[News] News du dimanche

Avant la pause estivale (dans deux semaines environ), LIBR-CRITIQUE vous aidera à choisir vos lectures de vacances et vous invitera à laisser vos recommandations… Dans l’attente, nos ESTIVALES : en plus de l’hommage en six livraisons que Stéphane Rouzé rend à Raymond Federman (déjà deux extraits publiés), nous vous invitons à (re)vivre le Festival EXPOÉSIE 2009 (déjà trois enregistrements) et en août mettrons en ligne la vidéo de la manifestation autour de Pierre Jourde (voir ci-après dans nos Libr-brèves, qui vous permettront également de revivre la Nuit Remue 3)…
Mais avant ces Libr-brèves, nos rubriques Autour de Christian Prigent et Publie.net (à découvrir, Le Silence du monde, de Jean-Philippe Cazier, et le n° 3 de la revue que dirige Pierre Ménard sur Publie.net, D’ici là…), en plus de nos Livres reçus (Écrits sur l’art de Philippe Lacoue-Labarthe et Richard Martel, Gymnastiques d’étendues – livre + CD). /FT/

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17 juin 2009

[News] Marché de la poésie : du Bleu du ciel au Grand os…

Libr-critique ne saurait soutenir en soi un Marché dont les impératifs marchands vont à l’encontre des maisons d’édition les moins économiquement rentables. C’est bien parce que nous regrettons que bon nombre d’entre elles ne puissent y participer, faute de moyens financiers suffisants, que nous soutenons celles qui y seront pour les meilleures raisons qui soient : faire découvrir et circuler des formes et des idées. C’est ce commerce-là qui nous réunira Place St Sulpice (Paris, 6e arrondissement) du jeudi 18 au dimanche 21 juin. Projecteurs, donc, sur Le Bleu du ciel et Le Grand Os.

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12 avril 2009

[News] News du Dimanche

Cette semaine, un hommage à Henri Meschonnic, nos Libr-brèves… à découvrir, si ce n’est déjà fait : Viva Democratie, le blog de la résidence d’Éric Arlix et de Jean-Charles Massera (le dernier bulletin qui a été publié, et que nous sommes un certain nombre à recevoir, date de mars 2009). Livres reçus : Frank Smith, Clément Ribes, la revue Contre-Attaques et le CD-audio Crunchy Crunch, 4ème opus de Fractal Musik.

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