Libr-critique

11 mars 2018

[News] L’Autre salon du Livre

En fin de semaine, on ne manquera pas de se rendre à ce RV alternatif où l’on retrouvera des éditeurs/lieux de publication que nous apprécions/défendons : entre autres, Atelier de l’Agneau, éditions de l’Attente, CIPM, MaelstrÖm, Tinbad, Tituli…

UN NOUVEAU SALON DU LIVRE, salon « off Versailles », de l’autre LIVRE

Fondée en 2002, l’association l’autre LIVRE donne depuis 2008, un rendez-vous incontournable d’échanges entre et avec les éditeurs indépendants – plus de 200 en 2018 – : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels, le salon de l’autre LIVRE d’automne. Il s’installe pour 3 jours aux Blancs Manteaux en plein cœur du Marais, à Paris. C’est un lieu stratégique pour défendre toutes ces maisons indépendantes et une réelle possibilité de rencontrer de nouveaux lecteurs et alerter les citoyens sur la situation du livre et son rôle dans le débat d’idée et le lien social.

Il devenait urgent, afin de satisfaire un plus grand nombre d’adhérents, de proposer un second salon dans l’année. Ce sera l’autre salon, dont la toute première édition se déroulera sur trois jours, les 16, 17 et 18 mars 2018 au sein d’un autre haut lieu parisien, le mythique palais de la Femme, 94 rue Charonne, 11°, qui appartient à l’Armée du Salut.

Il tombe par hasard en même temps que le salon du livre de la porte de Versailles LIVREPARIS et fait figure de « off » avec entrée gratuite. Il n’a pas pour but d’alimenter par ses recettes les fonds de pensions américains… Son intention est bien de lier les auteurs, les éditeurs et leur public sans passer par une ringarde foire aux best-sellers alimentée par des coups de promotion exorbitants, où se bouscule un public anesthésié, inconscient des difficultés de l’édition indépendante, poussé à faire des queues de plusieurs heures pour un autographe du Prix Machin — l’un de ces Prix qu’entre Vrais Pros de l’édition on se repasse d’année en année, en bons copains qui savent se partager « le gâteau » et tous ses avantages.

A l’autre LIVRE, les lecteurs viendront parler directement avec éditeurs (dont belges et suisses) et auteurs, découvriront des genres souvent abandonnés par médias et librairies comme la poésie, les livres d’artistes, la véritable édition de création. Ouverture : vendredi 16 de 14h à 20h Samedi 17 de 11h à 20h Dimanche de 11h à 20h entrée gratuite   SITE www.lautrelivre.fr.

Une librairie est ouverte depuis plus de deux ans au 13 rue de l’école polytechnique 5° (sauf w.end)

12 novembre 2017

[News] News du dimanche

Vos RV à venir : agenda de Jean-Michel Espitallier ; rencontres à la Maison de la poésie Paris (Allonneau/Vazquez ; Anne Savelli) ; 15e salon des éditeurs indépendants à Paris ; Elsa Dorlin à Manifesten (Marseille)…

â–º Agenda de Jean-Michel Espitallier :
SHE WAS DANCING (avec Valeria Giuga, Lise Daynac, Aniol Busquets, Roméo Agid)
– 4-9 novembre. Résidence de création, CCN Belfort.
– 16 novembre, Nantes (musée d’art)
– 21 novembre, Nantes (Théâtre universitaire)
– 7 décembre, Paris (Carreau du Temple)
♦ En écoute : deux pièces sonores (« Comptes africains » et «l’ibiscus n’est pas un animal ». Festival Feuilles d’automne, Institut français, Tokyo (avec Anne-Laure Chamboissier).

â–º Vendredi 17 novembre à 19H, Maison de la poésie Paris

â–º L’Autre Livre, 15e salon des éditeurs indépendants : du vendredi 17 au dimanche 19 novembre 2017
Espace des Blancs Manteaux
48 rue Vieille du Temple
Paris 4e — Métro Hôtel de ville

400 auteurs pour 170 éditeurs, parmi lesquels :
– Atelier de l’Agneau (B 04) ;
– Le Cadran ligné (B 07) ;
– Dernier Télégramme (C 16) ;
– Le Grand Os (B 07) ;
– Le Lampadaire (A 01-03) ;
– Lanskine (B 15) ;
– Maelström (B 01) ;
– Nous (A 14) ;
– éditions de l’Ogre (D 22) ;
– Publie.net (stand B 25), avec Anne Savelli, Joachim Séné, G Franck et Lou Sarabadzic.
– Tinbad (A 25)…

 

â–º Jeudi 23 novembre à 20H, Manifesten (59 rue Thiers – 13001 Marseille) : discussion avec Elsa Dorlin, Se défendre.

Se défendre. Une philosophie de la violence est un livre publié chez Zones éditions. Un livre d’Elsa Dorlin. Un livre pour penser et la violence et les techniques d’autodéfense.
Avec cet ouvrage Elsa Dorlin met au jour un dispositif de pouvoir qui légitime la défense pour certain-es et l’interdit pour d’autres. C’est tout une généalogie de ce dispositif qui se déplie dans le livre à partir des thèses de Jon Locke et qui trouve son expression concrète dans la violence raciste des suprémacistes blancs et dans la pratique des justiciers vigilants.
Mais ce livre c’est aussi une histoire des tactiques défensives des corps tenus dans la violence. Une histoire de l’autodéfense. Une histoire de celles et ceux qui n’ont pas légitimité à se défendre. Techniques d’autodéfense des suffragistes anglaises, techniques d’autodéfense du Black Panther Party For Self-Defense, techniques d’autodéfense en Europe de l’Est par les organisations juives contre les pogroms, autodéfense dans le ghetto de Varsovie, patrouilles d’autodéfense queer…
En s’appuyant sur les analyse de Franz Fanon, Elsa Dorlin, s’intéresse à la manière dont le sujet politique fait irruption dans le fait de retourner la violence et de ne plus la subir. Ce livre est donc aussi une histoire politique du déploiement d’un muscle. Ou comment la proie devient sujet.
A écouter sur le site laviemanifeste.com un entretien avec Elsa Dorlin > http://laviemanifeste.com/archives/11584
Elsa Dorlin est professeure de philosophie politique et sociale au département de Science politique de l’université Paris VIII. Elle a notamment publiée en 2006, La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française.

â–º Vendredi 24 novembre à 20H, Maison de la poésie Paris : rencontre avec Anne Savelli animée par Sébastien Rongier

Depuis « Fenêtres open space » Anne Savelli arpente les espaces urbains et sa mémoire, liant son intimité aux lieux de la ville. Avec « Décor Daguerre » et « À même la peau » parus en 2017, l’œuvre d’Anne Savelli se poursuit et s’intensifie. Nous parlerons donc de ses livres, de ses projets, de ses collaborations d’écriture et de ses vies numériques qui tissent un vrai monde littéraire contemporain.

Soirée proposée par remue.net

À lire – Anne Savelli, « Décor Daguerre », éd. de l’Attente, 2017 – « À même la peau », publie.net, 2017.

tarif : 5 € / adhérent : 0 €



10 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de septembre, la suite de vos RV de fin d’été : Eric Arlix, Thomas Déjeammes, Le Grand Os, Carole Aurouet à la Maison Prévert, Bruno Fern, Valère Novarina, le trio Bory/Bobillot/Demarcq…

â–º Mercredi 13 septembre 2017 à 20H, Eden à Charleroi (Bd Jacques Bertrand) : Eric Arlix, Golden Hello (5 €).

Concert-lecture conçu à partir de situations et d’aventures tirées des écrits hyperréalistes d’Eric Arlix (écrivain chercheur de formes-lecture) et mis en musique par Serge Teyssot-Gay (ex Noir Désir, Interzone-guitare) et Christian Vialard (créateur sonore-électronique).

Golden Hello est le terme utilisé en anglais pour « prime de bienvenue », cette dernière concerne uniquement les managers de très haut niveau. Ces textes, aux sujets très différents (une supérette, une vidéo, un hashtag…) dialoguent avec les ambiances électro-free-rock distillées par les musiciens, dressent un portrait critique du monde contemporain et d’individus qui luttent, chacun à leur manière, pour leur survie.

â–º Jeudi 14 septembre à 19H, Rezdechaussée à Bordeaux (66, rue Notre-Dame) : vernissage de l’Exposition de Thomas Déjeammes.

« 198 120 062 017 » est une fiction autobiographique d’anticipation à travers le médium photographique et plus particulièrement à travers la photographie argentique. Ce projet regroupe différents travaux de l’artiste allant d’agencements réalisés à partir de bouts d’essais jusqu’à l’image idéalisée au moyen format.
Ce projet s’ancre dans la ville de Bordeaux et ses alentours. A la quête des traces du passé dans le présent, ces mises en relation photographiques mais aussi sonores, élaborées avec la complicité des Morphogénistes, explorent notre rapport au temps et notre construction personnelle dans un lieu, à travers nos transformations silencieuses journalières. De 1984 de Georges Orwell à La jetée de Chris Marker en passant par Point de vue du Gras de Nicéphore Niépce, au pictorialisme … Thomas Déjeammes fait surgir dans un paysage à la fois mental et concret, nos «constellations d’impasses » (A. Artaud), retravaillant ainsi une mémoire collective, individuelle, historique, personnelle, photographique, d’un presque même lieu.
L’œuvre de Thomas Déjeammes cherche la variation, au sens musical, en tirant partie de ses projets existants. Il fait évoluer ses diverses recherches selon les rencontres et les lieux de ces rencontres.
http://thomasdejeammes.fr/
https://www.morphogenistes.org/
http://rezdechaussee.org/evenements.php

Exposition ouverte du mercredi au samedi de 14h à 19h
Sur rendez-vous en dehors au 0664618887
Vernissage / jeudi 14 septembre, 19h.
Lecture performée de l’artiste / samedi 30 septembre 18h dans le cadre du WAC

â–º Vendredi 15 septembre à 19H30, Texture Librairie (94, Bd Jean-Jaurès 75019 Paris) : Rencontre avec les Inaperçus (Manon/Obernand/Bouquet/Riboulet)

Jours redoutables, en présence de Christophe Manon et Frédéric D. Oberland
Or, il parlait du sanctuaire de son corps en présence de Mathieu Riboulet (sous réserve)
Les Oiseaux favorables en présence de Stéphane Bouquet et d’Amaury da Cunha

â–º Chez René, bazar littéraire Cave Poésie Toulouse du 15 au 17 septembre. Le Grand Os y sera avec ses livres samedi 16/09 – 11h-19h / dimanche 17/09 – 11h-18h

Lecture de "Génial et génital" 
du Cambodgien Soth Polin
par la comédienne Nathalie Vinot

le samedi 16 à 14h (entrée libre)

â–º A l’occasion des Journées européennes du patrimoine les 16 et 17 septembre 2017, la Maison Jacques Prévert vous accueille pour une visite libre et gratuite de la dernière demeure du poète. La maison du Val, c’est à la fois celle de l’artiste, où l’on marche dans les pas de Jacques Prévert, et un musée, présentant des œuvres originales et des expositions. Le samedi 16 septembre, à partir de 14h30 : rencontre avec Carole Aurouet, spécialiste de Jacques Prévert et auteur de nombreux ouvrages sur l’artiste, pour une séance de dédicace.

â–º Samedi 16 octobre à 14H30 : Lecture de Bruno Fern à la Médiathèque d’Argentan (1-3, rue des redemptoristes), avec le guitariste Guillaume Anseaume.

â–º Du 20 Septembre au 15 Octobre 2017 (du mardi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h) : L’Homme hors de lui, création à La Colline ( Petit Théâtre ; durée : 1h10 environ), texte, mise en scène et peintures de Valère NOVARINA ; avec Dominique Pinon.

Musique : Christian Paccoud / Ouvrier du drame : Richard Pierre/ Collaboration artistique : Céline Schaeffer / Lumières : Joël Hourbeigt / Scénographie : Jean-Baptiste Née / Dramaturgie : Roséliane Goldstein / Production/diffusion : Séverine Péan / PLATÔ / construction du décor : Atelier de La Colline.

 

« Les hommes ne parlent que rarement à eux-mêmes, et jamais aux autres, des choses qui n’ont point reçu de nom. » (Albert Fratellini)

Valère Novarina est à la langue ce que la mécanique quantique est à la science. Sa manière de creuser les mots, dérouter les phrases, libérer la pensée, crée une musicalité qui ouvre les sens et d’où surgissent des perspectives inattendues.

Il est surprenant à chaque instant parce qu’il est inventif, jubilatoire et tragique, métaphysique et burlesque. Marie-José Mondzain dit de cet artiste : « Si son théâtre est énigmatique ce n’est pas parce que Novarina est un homme du secret ou de l’ésotérisme, mais parce que c’est un homme de la révélation. Mais il s’agit de la révélation de l’homme par l’homme dans ce qu’elle a d’aveuglant, d’apocalyptique, d’explosif et de déroutant ».

Après L’Origine rouge en 2000, La Scène en 2003 et L’Acte inconnu en 2007, L’Homme hors de lui, monologue « invectif » sera répété et créé à La Colline. Pour cela, Valère Novarina retrouve Dominique Pinon qui saura donner aux lettres du livre leur pleine vérité concrète et leur liberté rythmique.

Un homme entre, écoute les herbes, s’adresse aux rochers et à nos trois cents yeux muets. Il donne des noms nouveaux aux insectes, aux oiseaux. Il se pose cinq questions ; lance en l’air quatre cailloux qui ne retombent point.
La parole écrit dans l’air.

â–º

29 août 2017

[Livres] Libr-vacance (2)

On profite de la fin de l’été pour prendre le temps de faire le point : qu’a-t-on pu manquer ces derniers temps comme lectures importantes ?… Une Libr-sélection de 5 livres vous est d’abord présentée, puis 30 titres vous sont recommandés. [Libr-vacance 1]

Libr-sélection /FT/

â–º Jacques BARBAUT, H ! Hache ! Hasch !, Nous, Caen, 2016, 112 pages, 16 €.

On connaît l’attrait des Lettristes et des Oulipiens pour les lettres de l’alphabet. Dans cet opus plein de fantaisie, qui ressortit à la fois à l’ouvroir poétique, au dictionnaire de littérature, des formes et des symboles, l’auteur alterne divagations, graphismes et citations passionnantes et érudites.

â–º Guy BENNETT, Ce livre, traduit de l’américain par Frédéric Forte et l’auteur, éditions de l’Attente, 2017, 96 pages, 11 €.

À la suite des Poèmes évidents, Ce livre fonctionne de façon ironique, dévoilant les stratégies scripturales / éditoriales. N’est pas épargné « le monde de l’édition en ligne, où l’écriture se dit simplement "contenu", les écrivains "fournisseurs de contenu" et les plateformes d’édition en ligne […] "systèmes de gestion de contenu" » (35)… Vous y attend tout l’outillage moderne et contemporain : réflexivité, autoréflexivité, post-littérature, édition post-matérielle

â–º Jérôme BERTIN, Lettre à Nina, Atelier de l’Agneau, St-Quentin-de-Caplong (33), été 2017, 20 pages, 9 €.

Moins légère que les rimbaldiennes "Réparties de Nina", cette Lettre à Nina – Nina, "garçonne à cheveux corbeau" – qui commence par "Cher Amour" constitue un oasis azuré dans l’œuvre de Jérôme Bertin : le romantisme noir se fait bleu-rose et l’écriture tire un peu du côté du symbolisme, voire du surréalisme :

"que je vertige en ré mi
sol tranché par
ta pro-

messe masse noire
de tes che-
veux fous" (14).

â–º Paul de BRANCION, L’Ogre du Vaterland, éditions Bruno Doucey, été 2017, 120 pages, 14,50 €.

Où il est question d’un père "retors jusqu’à la fellation du monde", de "Ich" que ne peut supporter Léon Jacques S., d’une configuration familiale digne du conte – d’un récit qui dialogue avec des extraits des contes de Perrault. Un bonheur de lecture vous attend avec cette autofiction fantaisiste en double bande.

"Ich aimais Platon et Socrate car ces deux pédérastes-là ne trouvaient pas grâce aux yeux de Léon Jacques" (43).

â–º Laurent GRISEL, Climats, Publie.net, hiver 2015-2016, 88 pages, 9,50 €.

Voici "une épopée" du climat, avec chiffres, histoires et Histoire… Et ce type d’agencement répétitif pour mettre en évidence les mécanismes implacables : "la lutte entraîne la répression / qui entraîne la lutte / qui entraîne la répression / qui entraîne la lutte" (p. 13) ; "moins d’eau donc moins d’arbres / donc moins d’eau des nuages accrochée par les arbres / donc moins d’arbres / donc, de saison en saison / de moins en moins / d’eau" (27)…

Libr-critique a reçu, a lu et recommande

♦ Nadine AGOSTINI, Ariane, éditions Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", Martigues, automne 2015, 28 pages, 4 €.

♦ Jean-Luc BAYARD, P.O.L nid d’espions, P.O.L, été 2015, 222 pages, 16 €.

♦ Sereine BERLOTTIER, Louis sous la terre, Argol, 104 pages, 18 €.

♦ Jean-Pierre BOBILLOT et Sylvie NÈVE, Vers de l’âme-hors, Plaine page, Barjols, automne 2016, 54 pages, 10 €.

♦ Nicolas BOUYSSI, Décembre, P.O.L, printemps 2016, 496 pages, 22 €.

♦ Mircea CARTARESCU, La Nostalgie, traduit du roumain par Nicolas Cavaillès, P.O.L, février 2017, 496 pages, 29,90 €.

♦ Angela CARTER, Les Machines à désir infernales du Dr. Hoffman, éditions de l’Ogre, hiver 2015-2016, 356 pages, 23 €.

♦ Franck DOYEN, Collines, ratures, La Lettre volée, Bruxelles, automne 2016, 58 pages, 14 €.

♦ Virginie GAUTIER, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, Publie.net [version papier + numérique], 2014, 84 pages, 12 €.

♦ Liliane GIRAUDON, L’Amour est plus froid que le lac, P.O.L, décembre 2016, 106 pages, 13 €.

♦ Rada IVEKOVIC, Réfugié-e-s. Les Jetables, Al dante, Marseille, été 2016, 88 pages, 13 €.

♦ Gabriel JOSIPOVICI, Infini. L’histoire d’un moment, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2015-2016, 158 pages, 18 €.

♦ Anne KAWALA, Le Déficit indispensable, Al dante, 2016, 152 pages, 17 €.

♦ Claudie LENZI, Elle t’enceinte, Plaine page, 32 pages, 5 €.

♦ Cédric LERIBLE, Giratoires, Plaine page, Barjols, printemps 2015, 70 pages, 5 €.

♦ Cécile MAINARDI, L’Histoire très véridique et très émouvante de ma voix de ma naissance à ma dernière chose prononcée, éditions Contre-Pied, hiver 2016-2017, 36 pages, 4 €.

♦ NATYOT, Je suis d’accord, Plaine page, "Les Oublies", été 2017, 28 pages, 5 €.

♦ Leopoldo María PANERO, Ainsi fut fondée Carnaby street, Le Grand Os, Toulouse, automne 2015, 88 pages, 12 €.

♦ Anne PORTUGAL, Et comment nous voilà moins épais, P.O.L, mai 2017, 124 pages, 13 €.

♦ Dominique QUÉLEN, Éléments de langage, Publie.net, coll. "L’Inadvertance" dirigée par François Rannou, automne 2016, 272 pages, 20,50 €.

♦ Jacques REBOTIER, Black is black, Plaine page, coll. "Les Oublies", 14 pages ([petit coffret original], 5 €.

♦ Jean Louis SCHEFER, Squelettes et autres fantaisies, Main courante 5, P.O.L, printemps 2016, 160 pages, 14 € ; L’Image et l’Occident. Sur la notion d’image en Europe latine, ibid., printemps 2017, 142 pages, 13 €.

♦ Patrick SIROT, Procès verbal, Plaine page, 110 pages, 10 €.

♦ Pierre-Yves SOUCY, Neiges. On ne voit que dehors, La Lettre volée, Bruxelles, hiver 2015-2016, 80 pages, 15 €.

♦ Juliana SPAHR et David BUUCK, Une armée d’amants, traduit de l’anglais (USA) par Philippe Aigrain, Publie.net, 2016, 150 pages, 15 €.

♦ Anne de STAËL, Le Cahier océanique, La Lettre volée, hiver 2015-2016, 160 pages, 19 €.

♦ Rudolf di STEFANO, Vive le cinématographe !, Al dante, hiver 2014-2015, 200 pages, 17 €.

♦ Jean-Jacques VITON, Cette histoire n’est plus la nôtre mais à qui la voudra, P.O.L, hiver 2016-2017, 80 pages, 13 €.

♦ Julie WOLKENSTEIN, Le Mystère du tapis d’Ardabil, P.O.L, hiver 2015-2016, 384 pages, 23 €.

4 septembre 2016

[News] News du dimanche

Pour ces NEWS de reprise, nos Libr-brèves : Le Grand Os à Cahors ; la Poésie dans les chais à Lacommande (pré-ouverture au festival accès)s( #16. Nous terminerons par notre soutien aux éditions Al dante.

 

Libr-brèves

â–º Du 3 au 28 septembre 2016, Exposition LE GRAND OS à la Médiathèque du Grand Cahors

éditions et livres d’artistes
+ Peintures de León Diaz Ronda
+ Photographies de Alain Moïse Arbib

Vernissage le samedi 3 septembre à 11h30

samedi 24 septembre 2016 :
– 14 h – 17 h : Atelier d’écriture autour des éditions Le Grand os, proposé par l’Humus des mots
– 17h30 : Rencontre et lecture bilingue français-espagnol par Aurelio Diaz Ronda et Huilo Ruales Hualca

Médiathèque du Grand Cahors
185, avenue Jean Jaurès
46000 Cahors
05 65 20 38 50
mediatheque@grandcahors.fr
http://www.mediatheque.grandcahors.fr/node/tag/tid/1676

â–º Jeudi 15 septembre, 19H-22H, à la Commanderie de Lacommande (64320) : Poésie dans les chais, en pré-ouverture du festival accès)s( # 16 – Frontières et projections
– en partenariat avec la Route des Vins du Jurançon. [Programme]

â–º 19h : vin blanc offert
+ Inauguration de l’exposition "Contours variables" – (poésie / vidéo / photographie) commissariat François Loustau / La Maison
L’idée d’un monde immuable, figé dans une cartographie rigide, est illusoire. Tout bouge, se déplace, entre
en translation. (..) Et pourtant l’Histoire s’évertue à compartimenter, à cloisonner, à définir des zones, à filtrer. (..)
L’exposition distille des relations aux paysages, à l’histoire, à la société pour une douce reconsidération des
rapports que l’on peut engager dans ce monde sous tension. Ainsi peut survenir l’évocation de territoires
intermédiaires, de zones transitoires, de migrations, de fractionnement de l’espace.!
Mais au delà des séparations imposées, les artistes de l’exposition proposent une ouverture possible vers
l’émotion, comme une évidence.!
artistes : HALIDA BOUGHRIET / DAVID DUCHON-DORIS / MICKAEL VIVIER

â–º 20h15 : concert de Stéphane Garin
Stéphane Garin est musicien multi-instrumentiste. Il est diplômé et a reçu de nombreux prix pour sa discipline de prédilection, la percussion. Il mène également un travail de composition et de phonographie sonore.
Actuellement membre de l’Orchestre Pau Pays de Béarn, de l’ensemble de musique contemporaine Dedalus et du collectif de phonographes en Pays Basque Soinumapa, Stéphane Garin s’est produit au sein de l’Ensemble Intercontemporain, de l’Orchestre Les Siècles, de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen, du Brussels Philharmonic, des Dissonances, sous la direction de chefs comme Pierre Boulez, Péter Eötvös, Léon Fleisher, Philippe Jordan, David Robertson, Pascal Rophé ou encore François-Xavier Roth.
Il a également collaboré avec de nombreux musiciens, danseurs, performeurs et metteurs en scène dont Olivier Bernet avec qui il enregistre la musique du film Persepolis et Ryoji Ikeda. Stéphane Garin se produit régulièrement en Europe, en Asie, en Europe et aux États-Unis.
Membre fondateur du collectif 0 (prononcez zéro), il enseigne la percussion depuis près de dix ans au sein des écoles de musique et des conservatoires des Pyrénées-Atlantiques et des Landes. Il organise également des séances d’écoutes régulières au sein des médiathèques du terrioire.

â–º 20h45 : Buvette tapas (ferme Hondet – Lasseube)

â–º 21h15 : lecture de Jean-Michel Espitallier
Poète inclassable, Jean-Michel Espitallier (né en 1957) joue sur plusieurs claviers et selon des modes opératoires constamment renouvelés. Listes, détournements, boucles rythmiques, répétitif, proses désaxées, faux théorèmes, propositions logico-absurdes, sophismes tordent le cou à la notion si galvaudée de poésie en inventant des formes neuves pour continuer de faire jouer tout le bizarre de la langue et d’en éprouver les limites. Entre rire jaune, tension comique, syllogismes vides et dérision, la poésie de Jean-Michel Espitallier, proche en cela de l’art contemporain, use de la plus radicale fantaisie pour faire voler en éclat et problématiser encore davantage, la notion de genre et de frontières esthétiques (donc éthiques…).
Jean-Michel Espitallier est l’auteur en 2016 de France Roman, un recueil de plusieurs milliers de noms de communes françaises sélectionnés en fonction de leur coefficient poétique et « illustrés » par un fait divers, une légende locale, un extrait de manuel scolaire,une recette de cuisine, des statistiques, des petites annonces, etc.; une rêverie toponymique qui laisse toute la place à l’imaginaire.

 

Soutien à Al dante /Fabrice Thumerel/

Al dante, c’est un peu comme la poésie selon Prigent : toujours en crise, et toujours renaissant de ses cendres comme le phénix… Espérons que ce soit encore une fois le cas, dans un contexte de crise sans précédent ! Afin de sauver Al dante, plus que quelques jours pour faire d’une pierre deux coups : apporter son obole en achetant des titres du catalogue, et se faire plus que plaisir… Merci de cliquer ici.


On ne peut que saluer la ténacité de Laurent Cauwet (entretien avec Fabrice Thumerel) et rappeler que c’est le plus riche catalogue français actuel !

Libr-critique a toujours soutenu cette aventure extraordinaire. Voici donc quelques idées de choix inouïs…

â–º Véronique BERGEN, Le Cri de la poupée, Al dante, Marseille, été 2015, 248 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-742-9.

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash de 2013 consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971) – l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque" – et la biofiction portant justement sur MM (Marylin. Naissance, année zéro, 2014), toutes deux parues chez Al dante, voici une tout aussi sidérante anti-narration, au centre de laquelle gît la femme-marionnette Unica Zürn, artiste et écrivaine allemande (1916-1970) qui s’est défenestrée après un destin tragique fait de "résidus de fragmentations atomiques".

Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre" (Edie). C’est ici à travers le regard d’entomologiste de sa rivale Christa (anagramme de "Trichas"), qui fut également la maîtresse de Hans Bellmer, que, à coups de mots-torpilles et de bégaiements syntaxiques – caractéristiques de l’écriture-crachat -, prennent vie les schizogrammes de celle qui n’a pu "ni vivre ni mourir sans bourreau".

Après ce troisième volume de la série, nul doute que Véronique Bergen fait déjà partie des voix actuelles les plus singulières.

â–º Quelques liens sur LC : Amandine André, De la destruction ; Jérôme Bertin, Retour de Bâtard ; Jean-Philippe Cazier, Ce texte & autres textes ; Sylvain Courtoux, Consume rouge ; Bernard Desportes, L’Éternité ; Jean-Michel Espitallier, L’Invention de la course à pied ; Anne-Claire Hello, Naissance de la gueule ; Jacques-Henri Michot, Un ABC de la barbarie 


7 août 2015

[Livres – news] Libr-vacance (2)

Après une Spéciale Libr-vacance, notre Libr-sélection (Bergen, Verheggen, G. Mar, Guesdon, Parlant, Gare Maritime 2015)… De quoi attendre fin août la reprise de Libr-critique. (Vous pouvez également remonter les pages LC et vous servir du moteur de recherche en haut à droite : vous attendent près de 2000 posts !).

 

Spéciale Libr-vacance

â–º Marie-Christine Masset (poète, membre du conseil de rédaction de la revue Phoenix cahiers littéraires internationaux ; collaboratrice de Libr-critique) :

♦ Du 2 au 5 juillet a participé à la deuxième édition du Festival C’Mouvoir dans le Cantal. A découvert avec bonheur le poète Antoine Mouton et écouté Raphaël Monticelli. Est en train de travailler à la traduction d’un recueil de poésie aborigène.

Lectures Libr-juillet :
Osiris 80, Contemporary Poetry/ Poésie Contemporaine (106 Meadow Lane Greenfield Massachusetts 01301 USA)
Estuaire, numéro 161 (Outremont Québec)
Contre-Allées, 35/36
Les Cahiers du Sens, n°25 : Le Feu
Ce qui est écrit change à chaque instant, anthologie quarante ans de poésie, Le Castor Astral
Elise Turcotte, Dark Menagerie, Guernica Editions
Tim Winton, Eyrie
Antoine Mouton : Les Chevals morts, Les Effarées
Raphaël Monticelli : Les mers intérieures, Motus

Relectures prévues :
William Faulkner, Lumière d’Août, Folio
Angèle Paoli : Les Feuillets de la Minotaure, Editions de Corlevour/Revue Terres de Femmes
Tim Winton : Cloudstreet, Pinguin Books

â–º Corinne Lovera Vitali, poète qui participe ponctuellement à LC (prochaine contribution : "Monsieur Rabbit"), va publier à la rentrée : Absence des cowboys, dessins de Stéphane Korvin, Ripopée ; "Apnée" aux éditions Contre-Mur.

 

Libr-sélection /FT/

â–º Véronique BERGEN, Le Cri de la poupée, Al dante, Marseille, été 2015, 248 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-742-9.

Après Edie. La Danse d’Icare, épopée trash de 2013 consacrée à Edie Sedgwick (1943-1971) – l’actrice et mannequin qui a représenté "la Marilyn Monroe de la contre-culture", celle dont l’"état naturel, c’est le manque" – et la biofiction portant justement sur MM (Marylin. Naissance, année zéro, 2014), toutes deux parues chez Al dante, voici une tout aussi sidérante anti-narration, au centre de laquelle gît la femme-marionnette Unica Zürn, artiste et écrivaine allemande (1916-1970) qui s’est défenestrée après un destin tragique fait de "résidus de fragmentations atomiques".

Rappelons l’enjeu de ce type de texte : "passer le matériau brut de vies au travers du prisme de la fiction […] redonner vie, couleurs, voix, étoffe à des personnes réelles coulées dans les eaux de l’imaginaire ne va pas sans le souci de laisser intacte leur part d’ombre" (Edie). C’est ici à travers le regard d’entomologiste de sa rivale Christa (anagramme de "Trichas"), qui fut également la maîtresse de Hans Bellmer, que, à coups de mots-torpilles et de bégaiements syntaxiques – caractéristiques de l’écriture-crachat -, prennent vie les schizogrammes de celle qui n’a pu "ni vivre ni mourir sans bourreau".

Après ce troisième volume de la série, nul doute que Véronique Bergen fait déjà partie des voix actuelles les plus singulières.

 

â–º Jean-Pierre VERHEGGEN, Ça n’langage que moi, Gallimard, printemps 2015, 128 pages, 13,90 €, ISBN : 978-2-07-014924-7.

De quoi ci-gît-il ?
En retraite, ce docteur horroris causa du langagement envisage avec "humort" ses activités de septuagénaire, avec "conjugaison gaga" et craductions latines à la Prigent, et même sa façon de quitter cette terre complètement "calembourré" pour mériter un "monument funérire"… Ce qui ne l’empêche pas de s’en prendre avec verve aux snobinards, aux ultra-contemporains, à "Madame Supermarché", ou encore aux technophiles – "télédéchargeurs précoces"… C’est dire que, pour notre plus grand plaisir, nous assistons une fois de plus à un carnaval des mots (mots-valises, calembours et à-peu-près, etc.).

 

â–º G. MAR, Nocturama, textes-rêves & hypnagogies, Toulouse, Le Grand Os, coll. "poc !", hiver 2014-2015, 96 pages, 12 €, ISBN : 978-2-912528-21-6.

Les meilleurs passages de ce livre qu’il faut absolument découvrir ne résident pas tant dans l’inventivité surréaliste que dans les jeux avec le temps et les codes : l’agencement répétitif va jusqu’à alterner réel et virtuel, la narration étant informée par le jeu électronique. Entre deux mondes, les lecteurs ébahis peuvent contempler leur devenir, le parcage de l’humanité : "Le parc a pour objectif de préserver cette forme ancienne de l’humanité et l’offrir en spectacle à nos contemporains afin d’en entretenir la mémoire vivante […] le Monde Nouveau est là qui nous attend avec ses promesses d’harmonie sociale […] une forme très futuriste (postmoderne) de zoo humain…" (p. 25-26).

 

â–º Maël GUESDON, Voire, Corti, hiver 2014-2015, 88 pages, 14 €, ISBN : 978-2-7143-1143-6.

Pour Maël Guesdon, jeune poète de 28 ans, la poésie n’est ni dans le voir, ni dans le savoir, mais dans l’insu, le voire. À même les choses. Et même sans figures – littérale. "Soumise aux choses inanimées", elle "défait le lien de vivre et raconter". D’où sa poétique : "coupes où le flux n’a pas de reprise". Le texte présente ici un type d’illisibilité particulier lié à l’indétermination pronominale et énonciative, aux apocopes et juxtapositions syntaxiques…

 

â–º Pierre PARLANT, Exposer l’inobservable, Contre-Pied, coll. "Autres & Pareils", hiver 2014-15, 32 pages, 4 €, ISBN : 978-2-916252-46-9.

Examinant le travail du "bricoleur-artiste-photographe" Denis Bernard, Pierre Parlant est frappé par sa façon paradoxale d’"exposer l’inobservable" : ses recherches expérimentales visent à rien moins qu’à montrer l’au-delà du voir, ce qui échappe à l’œil en tant qu’organe, mais non en tant qu’éclaireur de l’imagination. Car "l’œil, sitôt ouvert, est un faiseur d’intrigue."

 

â–º Gare maritime, anthologie écrite et sonore de poésie contemporaine, Maison de la poésie de Nantes, été 2015, 108 pages + CD, 17 €.

Liée à la programmation des diverses manifestations que cette institution a organisées en 2014, cette publication nous offre un bon cru 2015 : en plus de lieux poétiques cruciaux (Le Bleu du Ciel, Héros-Limite, Plaine Page, La Barque, la revue Espace(s)), sont présentés par d’autres auteurs – avec extraits textuels et sonores -, entre autres, quelques-unes des voix poétiques actuelles des plus singulières, dont Libr-critique vous entretient régulièrement (Valère Novarina, Patrick Beurard-Valdoye, Claude Favre, Mathias Richard, Philippe Jaffeux, Marie de Quatrebarbes…).

9 mars 2014

[News] News du dimanche

Avec l’arrivée du printemps, Libr-critique vous offre un citron poétique grâce au drôle d’opus signé Laurent Albarracin (Le Grand Os). Suivent des RV tout aussi printaniers à ne pas manquer : rencontres avec Bruno Fern et Sébastien Doubinsky à Paris ; lancement de la résidence de Laure Limongi au Monte en l’air (75020) ; Anne-James Chaton & Andy Moor, et aussi E. Rabu et Cécile Portier à DATABAZ (Angoulême).

 

LC a reçu et recommande (Périne Pichon)

Laurent Albarracin, Le Citron métabolique,  éditions Le Grand Os, 71 pages, 9 euros, ISBN : 978-2-912528-18-6.

Le citron y est ici pressé, épluché, pressurisé dans toutes ses formes et dans tous ses sons :

beaucoup de

mais aucun pour empêcher

la hache

du chaque

dans le tronc

de l’ici

L’acide du fruit ainsi disséqué semble avoir altéré le langage ; celui-ci se décompose en syllabes « ci » et « on », et « tronc », pour composer le poème. Une conséquence de l’épluchage : cet adverbe « ici » qui ne cesse de s’affirmer. Il creuse, par sa présence incisive, un moule pour le fruit absent mais pourtant « ici » et presque « là ». Transformé en nom, « ici » en vient également à désigner le texte comme un lieu ; dans le mot « citron » se crée alors comme un espace-lettre doté d’une ampleur et d’une profondeur où prennent place des « pépins /comme des ballons ».

Ce lieu reste hypothétique puisque le poème est au conditionnel. Un mode sous-tension, entre le possible et l’inexistant, pour décrire un monde aux allures de promesse. On est suspendu au « presque », piqué par l’acidité de l’agrume. Et par les jeux de langage du poète qui dessine un univers sphérique, où les extrémités se touchent et le peu devient « [ …] l’ombre/ du beaucoup ». Partis du jeu des sons, les mots se rapprochent : « côtelé » et « cauteleux » ; « oscillation », « vieille scie du monde », et fournissent l’illusion d’une similitude tronquée. Les lettres sont toujours les mêmes, pourtant les noms changent. Ce processus familier devient étrange quand il part d’un zeste d’agrume.

Attention, le citron n’est pas le support du poème (comme chez Francis Ponge), mais bien sa matière. Il est transformé plutôt que révélé. Toutefois, cette transformation s’inscrit dans un cycle : il donne la matière pour créer le texte, et le texte retourne au citron, comme dans ce petit chiasme : « citron tel/ que citron/ se donne ». La forme même du poème – des vers coupants parfois réduits à un mot – participe à la décomposition du signifiant « citron ». Décomposition nécessaire pour produire quelque chose de nouveau, comme d’autres mots s’agençant autrement, pourtant soumis au même processus de dégradation/transformation. Ainsi se crée un « métabolisme » poétique.

 Libr-événements

 

â–º Jeudi 13 mars 2014 à 19H30, Texture Librairie (94, av. Jean Jaurès 75019 Paris), rencontre avec Bruno Fern pour ses Reverbs (déjà présentés dans le récent Libr-Kaléidoscope 1/2 ; paraît cette semaine la longue chronique de Typhaine Garnier).

â–º Jeudi 13 mars à 19 h, débutera de la résidence de Laure Limongi à la librairie-galerie Le Monte-en-l’air (75020) : L’Hospitalité.

 Premier invité : PACÔME THIELLEMENT.

Puis, CLARO, dont l’essai vient de paraître aux éditions Inculte : Cannibale lecteur : « “On peut juger de la beauté d’un livre, à la vigueur des coups de poing qu’il vous a donnés et à la longueur de temps qu’on met ensuite à en revenir” : cette phrase de Flaubert, qui fait de la lecture une empoignade, dit assez clairement ce dont il s’agit ici : non pas simplement évoquer des livres, mais tenter d’écrire depuis leurs turbulences… » ainsi débute la présentation de ce livre qui évoque Michel Butor, Tarkos, Claude Simon, Imre Kertész, Éric Chevillard, Antoine Volodine, Jérôme Ferrari, André Hardellet, Hélène Bessette, Pierre Michon, Thomas Bernhard, Ramón Sender, Jonathan Littell, William Faulkner, Louis-Ferdinand Céline et William Gass. [Bientôt sur LC]

â–º Samedi 15 mars 2014, 20H30 au Centre Databaz (Philippe Boisnard et Hortense Gauthier : 100, rue du Gond à Angoulême), PERFORMANCES ET LECTURES AUGMENTÉES : Anne-James Chaton & Andy Moor / Emmanuel Rabu / Cécile Portier

Une soirée pour jouer avec les codes du langage, pour déplier des listes, pour se laisser porter par les rythmes frénétiques des flux de paroles, de mots, de phrases au coeur des boucles de guitare, en collision et synchronisation avec des espaces graphiques et sonores, une soirée où les mots en boucles vous entraîneront dans de nouvelles spirales du sens …..

_ Anne-James Chaton & Andy Moor
Opérant régulièrement ensemble depuis un concert initiatique en 2004, le Français Anne-James Chaton – l’une des voix les plus magnétiques de la poésie (sonore) contemporaine – et l’Anglais Andy Moor – intrépide guitariste, membre du crucial groupe post-punk The Ex – forment un binôme tout à fait épatant. Eminemment singulières, leurs productions combinent élaborations textuelles et musicales en un langage hybride de haute précision, mû en profondeur par un virulent désir d’expérimentation.

_ Emmanuel Rabu
né en 1971. Il a publié quatre livres : Èv-zone (Derrière la salle de bains, 2002), Tryphon Tournesol & Isidore Isou (Le Seuil, Fiction & cie, 2007), Cargo Culte (Dernier Télégramme, 2007), Futur fleuve (LaureLi/Léo Scheer, 2011). Écrivain et poète sonore, il a créé et dirigé des festivals et événements autour de la poésie sonore et de la musique improvisée. Il a également dirigé plusieurs revues et collectifs notamment la revue PlastiQ (éditions MeMo, 1999) revue papier + CD consacrée à la poésie et aux musique dites expérimentales, et Écrivains en séries (Laureli/Léo Scheer, deux volumes, 2009 et 2010) collectif faisant se rencontrer écrivains et séries télé. Il travaille en duo depuis 1999 avec le musicien Basile Ferriot : nombreuses programmations en France et à l’étranger.

_ Cécile Portier
Elle mène une activité d’écriture, a écrit deux récits et des textes courts dans différentes revues littéraires. Elle tient un blog, www.petiteracine.net, où, à travers différents projets conçus comme des chroniques où images et textes se répondent, elle s’attache à explorer comment s’articulent aujourd’hui le social et l’intime. Elle travaille aujourd’hui à un projet « d’écriture augmentée » visant à interroger par la fiction la mise en données croissante du réel et de nos vies.

 

â–º Lundi 17 mars 2014, 17H-19H, rencontre avec Sébastien Doubinsky à la Librairie Parallèles (47, rue Saint-Honoré). A l’occasion de la parution numérique de deux textes inédits La solitude du baiseur de fond suivi de La bataille de Koursk, Parallèles vous propose une rencontre avec l’auteur Sébastien Doubinsky, spécialement venu du Danemark et E-FRACTIONS éditions.

Sébastien Doubinsky est né à Paris, en 1963. Bilingue, il écrit en français et en anglais. Il a publié des romans et des recueils de poésies en France, en Angleterre et aux USA. Il vit actuellement à Aarhus, au Danemark, avec sa femme et ses deux enfants.

Interview : http://salon-litteraire.com/fr/interviews/content/1811121-sebastien-doubinsky-je-suis-toujours-en-exil

Blog : http://sebdoubinsky.blogspot.fr/
https://www.facebook.com/pages/Sébastien-Doubinsky/51129079766

Biblio sommaire :
Romans :
Le Feu au Royaume, Marseille : éditions L’Écailler, March 2012.
La Trilogie Babylonienne, Paris : Joelle Losfeld/Gallimard, 2011.
Quién es?, Paris : Joelle Losfeld/Gallimard, 2010.
Poésies :
Danmark. Marseille : Editions des États-Civils, 2011.

E-FRACTIONS ÉDITIONS
Éditeur de littérature contemporaine exclusivement, sur support numérique et papier.
Cette jeune maison a la particularité d’avoir imaginé un concept d’ eBook-Cartes pour diffuser "physiquement" chez les libraires la version numérique de leurs publications. Pour chaque oeuvre, la version numérique est publiée en première instance, à un prix accessible, dans le but de faciliter l’accès de tous à cette littérature contemporaine qu’ils éditent et défendent.
E-FRACTIONS Éditions vient également de mettre son concept d’eBook-cartes au service d’autres éditeurs indépendants de littérature contemporaine, afin de favoriser la diffusion de leurs catalogues en version numérique.
http://e-fractions.com/
https://www.facebook.com/pages/E-FRACTIONS-EDITIONS/247352058701586?fref=ts

3 juin 2013

[News] Poésie en marche…

Le Marché de la poésie n’existe pas… N’existe que la poésie en Marche. Celle qui se pratique dans l’aller-vers. Tout le reste n’est que lisseting et markéterature. Parcours en zigue & zag des rendez-vous à ne pas manquer…

31e Marché de la poésie, place Saint-Sulpice (75 006), du jeudi 6 au dimanche 9 juin 2013 : 550 éditeurs et revues de poésie & création littéraire (record battu, of course !) ; invité d’honneur : l’Irlande ; président d’honneur : Serge Pey.

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14 avril 2013

[News] News du dimanche

Pour ces dernières NEWS du dimanche d’avril (petite pause à partir du 21), le programme est chargé : après un Libr-soutien à Publie.net, gros plan sur le livre de la semaine que nous avons sélectionné pour vous (Jean-Louis Schefer, Monsieur Teste à l’école, P.O.L), la rubrique LC a reçu, lu et recommande (Jean-Michel Espitallier et Ana Tot !), nos Libr-événements (Claude Favre ; Colette Tron à Marseille dans le cadre du "numérique se donne en spectacle") et le regard sur l’actualité du satiriste bien connu des Libr-lecteurs, Joël Heirman – dont on visitera le site. /FT/

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6 novembre 2011

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche du mois, après un spécial Libr-Lille (Citéphilo, festival NEXT, Prigent aux Beaux-Arts et RV sur Radio Campus avec le groupe de slam On a slamé sur la lune), votre Libr-novembre (Bernard Desportes, Philippe Castellin, Annie Ernaux, Mathias Richard, Patrick Varetz, Al dante…) et vos prochains RV avec le Grand OS.

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27 décembre 2010

[News] LIBR-KALÉIDOSCOPE 2010-2011 (2)…

Cette suite à notre tour d’horizon bigarré de l’actualité hivernale est centrée sur la poésie : Andrea d’Urso et Aurelio Diaz Ronda (Le Grand Os), Gwenaëlle Stubbe (P.O.L) ; une invitation à lire/entendre deux entretiens avec Fred Griot. /FT/

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22 octobre 2010

[Revue] LGO, numéro 4

LGO, n° 4, éditions Le Grand Os, été 2010, volume de 116 pages + CD, 15 €, ISBN : 978-2-912528-11-7.

LGO, ça a une identité : c’est l’organe poétique qui donne à voir notre quotidien autrement au moyen d’Agencements Répétitifs Neutralisants (ARN) ; qui passe en revue diverses formes de poésie sonore et de réflexion sur la poésie ; qui a organisé le Festival "Les Perforeilles 2009" – dont on trouvera les échos dans le CD joint à ce stimulant numéro 4.

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26 septembre 2010

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche automnal, l’actualité est dense : Pleins Feux sur Le Grand Os (éditions + revue) ; premier aperçu du 20e Salon de la Revue ; Libr-brèves (Prigent, Bouvet).

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30 mai 2010

[News] News du dimanche

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 20:06

En ce dernier dimanche de mai, nous tenons à vous donner un aperçu du très prometteur mois de juin : "Attendons l’été avec LIBR-CRITIQUE" ; Libr-événements (les prochains RV du Grand Os ; Julien Blaine sur WebSYNradio ; rencontre Ernaux/Eribon).

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6 mars 2010

[News] News du dimanche

En cette première semaine de mars, l’actualité est très chargée : après deux publications à découvrir (J. Liron et A. Dupuy, L’Évidence feuilletée d’un monde ; Éléonore Mercier, Je suis complètement battue), les rendez-vous de DATABAZ (le Centre d’art expérimental littératures et nouvelles technologies associé à Libr-critique puisque dirigé par Philippe Boisnard et Hortense Gautier), le Festival les Perforeilles et nos Libr-brèves.

RAPPEL : N’hésitez pas à réagir par vos commentaires et suggestions… pour toute proposition ou envoi de contributions : libr.critik@yahoo.fr.

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17 juin 2009

[News] Marché de la poésie : du Bleu du ciel au Grand os…

Libr-critique ne saurait soutenir en soi un Marché dont les impératifs marchands vont à l’encontre des maisons d’édition les moins économiquement rentables. C’est bien parce que nous regrettons que bon nombre d’entre elles ne puissent y participer, faute de moyens financiers suffisants, que nous soutenons celles qui y seront pour les meilleures raisons qui soient : faire découvrir et circuler des formes et des idées. C’est ce commerce-là qui nous réunira Place St Sulpice (Paris, 6e arrondissement) du jeudi 18 au dimanche 21 juin. Projecteurs, donc, sur Le Bleu du ciel et Le Grand Os.

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