Libr-critique

28 avril 2016

[News] Libr-brèves

Avis aux curieux : après notre Libr-carte blanche à Antoine Dufeu (nouvelle rubrique), présentation de Leur patient préféré de Violaine de Montclos, puis RV avec la dernière émission de radio de Sylvain Courtoux, le dernier chantier poétique de Bourges et la soirée marseillaise de Jean-Michel Espitallier et Véronique Vassiliou…

Libr-carte blanche à Antoine Dufeu

La récente parution des Chroniques bretton-woodsiennes chez Mix, qui vient de se relancer cette année avec la parution de six livres, a été l’occasion d’interroger Antoine Dufeu le 14 avril dernier à Paris – écrivain bien connu de nos Libr-lecteurs qui codirige désormais la collection "gris" de Mix avec Fabien Vallos.

Entretien avec Fabrice Thumerel : https://soundcloud.com/fabrice-thumerel/libr-carte-blanche-a-antoine-dufeu

â–º Antoine Dufeu, Chroniques bretton-woodsiennes, Mix, 2016, 136 pages, 14 €, ISBN : 979-10-90951-08-2.

Présentation éditoriale. Oui, nous avons décidément besoin de penser à nouveau la politique sinon toute rébellion sera destinée à se transformer tôt ou tard, plus vite que l’ombre qu’elle aura projetée sur les premières heures de ses manifestations, en jetons échangeables dans la première caisse du casino du coin dont la monnaie alors sonnante et trébuchante sera destinée à la couverture des frais de gestion des bonnes œuvres du club resort des anciens présidents de la cinquième république française, lequel n’existe pas à ma connaissance.

Extrait. « Arthur s’imagine seul là haut hurler d’une envie intraitable.
"Bonjour les prix. Bonjour l’argent ! Bonjour la finance ! Bonjour les tulipes ! À quoi sert tout l’argent du monde !" Et encore de crier : "bonjour le fer, le cuivre, le souffre, les diamants. Bonjour les chambres de compensation. Bonjour la spéculation et bonjour l’excitation boursière. Bonjour le paroxysme de la vitesse de circulation de l’argent et de son accumulation en bourse. Bonjour exubérance irrationnelle, irrégularité intrinsèque de l’économie réelle" » (p. 19).

â–º Fabien Vallos, Chrématistique & poièsis, Mix, 2016, 302 pages, 20 €, ISBN : 979-10-90951-05-1.

Ce livre commence avec un problème de nomination de ce que l’on appelle économie et avec la disparition du terme chrématistique. Il pose l’hypothèse qu’il s’agit d’un problème métaphysique d’interprétation du réel et du monde. Le livre continue avec l’hypothèse étrange qui consiste à dire que la disparition du terme chrématistique est en lien avec la transformation substantielle et radicale du terme poièsis. Il pose alors la thèse qu’il y a une source fondamentale pour penser le problème de l’agir et de l’opérativité et pour interpréter ce que l’on nomme une économie de l’œuvre. Enfin ce livre indique des manières de lire l’œuvre moderne et contemporaine en supposant qu’il y a eu, à cet endroit, un irrémédiable tournant : c’est ce que nous appelons critique de la poièsis.
Ce livre pourra être lu de trois manières différentes et conjointes : comme un traité métaphysique de l’opérativité et de la disqualification des agir, comme un traité esthétique pour la lecture moderne du concept de poièsis (autrement dit de l’œuvre et de ses crises) et enfin comme un traité de philosophie politique en vue de faire face à ce qui tient de notre extrême et scandaleux contemporain.

Libr-brèves diverses

â–º Violaine de Montclos, Leur patient préféré, Stock, février 2016, 176 p., 17 €. [17 récits de psychanalystes, parmi lesquels Pierre Streliski, Gérard Bonnet, Michael Larivière, Jean-Pierre Winter.]

À un ogre de livres, antihéros-limite trébuchant à fleur de mots, sur la durée d’une ou l’autre vie épargné l’hôpital. Un assassin en vingt ans de prudente ménagerie extrait de sa cage. Surdoué funambule, qu’un bizutage a tué. Ou « silence contre silence », le circonspect dénouant le taiseux de la fosse à purin où est mort un enfant. Un livre de journaliste, d’écriture inégale, au titre détestablement vendeur. Où cependant dès le premier récit affleure une neuve dramaturgie de longue patience étirant son rhizome, en quelques phrases contractant les années – celle qui a déserté le roman. Alerte centenaire, la psychanalyse investit ses servants chacun d’un « patient-princeps » comme d’un hapax qui le fait roi mendiant. /Christophe Stolowicki/

 

â–º On écoutera avec grand intérêt la deuxième émission radio de Sylvain Courtoux sur Soundcloud : https://soundcloud.com/sylvain-courtoux/les-poetes-vestiaires-poesie-sonore-sarl-emission-du-22-avril-2016

 

â–º Jeudi 28 avril, 18H30, 4e rendez-vous Chantiers poétiques de Bourges : soirée de clôture avec Amandine André, Justin Delareux, A.C. Hello, Yannick Torlini et Laura Vazquez Médiathèque Les Rives d’Auron bd Lamarck BP 18 18001 BOURGES cedex.

â–º Vendredi 29 avril à 19H, RV à Marseille avec Jean-Michel Espitallier et Véronique Vassiliou.

21 février 2016

[News] News du dimanche

Ce soir, pleins feux sur le puissant et poignant témoignage de Patrice Robin, Des bienfaits du jardinage ; RV, ensuite, avec les éditions Mix mais aussi au CNES…

Vient de paraître…

Patrice Robin, Des bienfaits du jardinage, P.O.L, février 2016, 128 pages, 9 €, ISBN : 978-2-8180-3871-0.

Présentation éditoriale. En mars 2014 on a proposé à Patrice Robin une résidence d’écriture dans un établissement Public de Santé Mentale et plus précisément dans le centre horticole implanté en son sein. Il a hésité, d’abord parce qu’il s’imaginait mal écrire sur le jardinage, ensuite et surtout parce qu’il ne se voyait pas passer du temps dans un hôpital psychiatrique à l’heure où sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis huit ans, sombrait dans la démence. Puis il a visité le jardin, rencontré les patients et pensé qu’écrire sur eux lui permettrait peut-être d’écrire aussi sur elle, via leur étrangeté commune, d’écrire sur la vie qu’ils vivaient encore un peu ensemble et ainsi, qui sait, de ralentir, un temps, leur irrémédiable éloignement. Des bienfaits du jardinage dit les allers-retours de Patrice Robin entre elle et eux durant ces quelques mois de résidence, allers-retours entre les vies, celles brisées parfois, tassées souvent, de ces hommes et femmes lourdement médicamentés, celle de plus en plus immobile et silencieuse de sa mère. Des bienfaits du jardinage dit aussi la sienne, déstabilisée, accompagnant sa mère, en fils, vers sa fin, mais aussi l’enregistrant et la prenant en photo, en écrivain, comme il prenait en photo le jardin et recueillait les témoignages de ses usagers. Des bienfaits du jardinage dit son trajet vers ces derniers, lent, difficile, douloureux parfois, puis apaisé enfin, dit surtout comment ils l’ont accompagné, apporté un peu de paix, sans le savoir, tout au long d’un printemps, d’un été et d’un début d’automne.

Note de lecture : Au bord de ma mère… /Fabrice Thumerel/

"Il pousse plus de choses dans un jardin qu’on n’en a semé"
(proverbe serbo-croate cité en exergue).

"Est-ce qu’écrire n’est pas une façon de donner"
(Annie Ernaux, Une femme).

Celui qui a toujours voué une admiration à l’œuvre d’Annie Ernaux finit par rencontrer la même maladie que celle qui a touché la mère de l’écrivaine : Alzheimer – doublée ici d’une "aphasie de Broca" (p. 31). Glacé par le "froid constat" médical (57), le narrateur assiste avec appréhension au "lent mourir" (114) de celle pour qui la compréhension comme la préhension sont problématiques : "elle ne tenait plus rien autour d’elle, ni le fil des heures, […] ni l’ordre des années, […] encore moins celui des mondes" (39)… Dans Des bienfaits du jardinage, nulle écriture de l’entre-deux – de la tension entre Eros et Thanatos – comme chez Ernaux, mais une même volonté de retenir la vie. Et vivre, "c’est être caressé, touché" (Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma nuit) : ce que n’oublie pas un fils qui accompagne sa mère jusqu’au bout de sa nuit ! Mais écrire, c’est pour lui une revanche contre cette "incapacité totale à nommer" (31) qui a frappé sa mère, c’est faire fleurir les amandiers (allusion à Camus), c’est la faire passer de la nuit à la lumière (dernières lignes : "Le soleil éclaire son visage, le rend extrêmement pâle. Elle se tient de profil, bras levés, sourit doucement, lèvres closes, entourée de roses rouges").

Cependant, au moment même où il sent sa mère lui devenir étrangère, l’écrivain en résidence se rapproche de ceux qui lui étaient étrangers, les patients d’un hôpital psychiatrique qui s’adonnent au jardinage : "René le bougon", "Abdel l’élégant", "la femme libre", "l’homme à la cuirasse", "Nadia au doux sourire"… Le récit autobiographique se double ainsi de micro-récits de vie, l’auteur d’Une place au milieu du monde (P.O.L, 2014) se révélant attentif aux souffrances de ses compagnons d’infortune, à leurs passions comme à leur façon de parler.

 

Libr-événements

â–º Jeudi 25 février 2016 à 19H : rencontre avec Patrice Robin à la Librairie Le Bateau Livre (154, rue Gambetta à Lille).

â–º Jeudi 25 à 19H, Librairie Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris) : présentation des nouveautés aux Éditions Mix, avec Gilles A. Tiberghien, Alessandro De Francesco, Antoine Dufeu & Fabien Vallos.

â–º Du 18 au 20 mars 2016, au CNES (2, place Maurice Quentin 75001 Paris) : Faites l’expérience de l’Espace pendant trois jours au siège du Centre National d’Etudes Spatiales transformé pour l’occasion en un lieu peuplé de cyborgs, robots et autres compagnons. Partez à la rencontre d’artistes qui s’inspirent de l’Espace dans un lieu étonnant peuplé de formes de vie hybrides. [Programme détaillé]

Dans la Salle de l’Espace :

Vendredi 18 mars à partir de 20h30 :
– Ex Nihilo de Corinne Frimas et Guillaume Roy
– Bla-Bla-Car de Jeanne Moynot, Anne-sophie Turion et Erik Billabert
– QuiManipuleQui ? de Jean Louis Heckel avec Pascale Blaison, Anne Shreshta et Michel Viso
– Le corps infini… prémisses de Kitsou Dubois avec Léo Manipoud, Thierry Miroglio, Petteri Savokorpi et Anne Sedes

Samedi 19 mars 20h30 :
– Space Audity de Pascal Battus et Angie Eng
– Tatayet astronaute de Michel Dejeneffe
– Prophylaxie de Pamina de Coulon
– Troisième corps de Jeanne Morel, Paul Marlier et Aina Vela
– La Main de l’âme de Didier Petit, Jean Gaudy, Anaïs Moreau et Jean Yves Cousseau

Dimanche 20 mars 16h-18h :
– Idéal Indéfini de Valérie Cordy
– My Dog is My Piano de Antonia Baehr et Frederic Bigot
– CosmOsEroS de Hortense Gauthier
– Apocalypse de Aymeric Descharrières, Fabien Duscombs et Sylvain Kassap

Dans le Caravansérail de l’Espace :

Samedi et dimanche à partir de 14h, en accès libre et gratuit
Artistes, écrivains, scientifiques et machines feront vivre ce lieu avec des œuvres plastiques, des projections, des lectures et des entretiens.
Avec Jakuta Alikavazovic, Gael Baron, l’humanoïde Brioux, David Christoffel, Éric Cordier, Raphaël Dallaporta et Bertrand Rigaux.

11 novembre 2015

[News] News automnales

Ce soir, un florilège de RV jusque début décembre : Laurent Grisel, William Marx, le salon de l’Autre livre, NEXT festival, Goria & Poyet, Sébastien Rongier, les éditions MIX…

 

â–º  Retour sur la rencontre au Bateau Livre du 30/10/2015, avec Christophe Manon et Stéphane Vanderhaeghe, grâce à la vidéo de Aurélie Olivier.
Précisons que le roman de C. MANON, Extrêmes et lumineux, vient de recevoir le prix Révélation de la Société des Gens de Lettres.

â–º Agenda de Laurent Grisel.

Le 24, paraît le poème Climats ; auparavant, le 18, réédition de Un Hymne à la paix (16 fois).
En mai dernier est paru 2006, premier volume du Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d’avant et d’après.
Ces trois livres sont soit en édition papier (epub inclus) – à commander dans n’importe quelle librairie – soit en epub seul.
Le 13 novembre à partir de 18h00 et le 14 à partir de 14h00 Laurent Grisel sera au Bastille Design Center, 74 boulevard Richard Lenoir, Paris onzième, dans le cadre d’une exposition collective intitulé Chroniques ; Mirella Rosner a créé une sculpture-installation sur un texte extrait de 2006 ; l’auteur lira quelques extraits de ce livre.
Le 24 novembre à 20h00, il sera accueilli, en compagnie de Philippe Petit, par la librairie Tschann, 125 bd du Montparnasse, Paris sixième. Brèves lectures, questions, discussions.

â–º Jeudi 12 novembre à 18H30, Librairie Compagnie (58, rue des Écoles 75005 Paris), rencontre avec William Marx pour son dernier essai, La Haine de la littérature.

â–º Du 13 au 15 novembre, Le salon de l’Autre Livre à l’Espace des Blancs Manteaux (48, rue Vieille du Temple 75004 Paris).

L’Association L’Autre Livre vous offre, du 13 au 15 novembre 2015, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelque 400 auteurs de 160 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.

Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels.

â–º Du 13 au 28 novembre, NEXT festival autour de Lille Métropole (France/Belgique) : programme.

â–º Je digitalise comme un fou, 3.1 (lecture écrans performés) e|m|a|rencontre Chalon-sur-Saône [cf. image en arrière-plan]

Performance de Françoise Goria et Pascal POYET
18 novembre 2015 — 19h — Auditorium
ouvert à tous

Une « lecture écrans performés » est une table de travail. Un texte et un corpus de photographies sont mis en mouvement par leurs auteurs respectifs, par la lecture et la projection numérique. Ils ont d’abord été élaborés séparément. Lorsqu’ils sont diffusés simultanément (lorsqu’ils sont « performés »), les deux ensembles, mots et images, peuvent coïncider ou diverger. Chaque auteur-opérateur « réalise », au sens cinématographique du terme, deux phrases empruntées à Jacques Derrida : « Depuis longtemps, je dis qu’on écrit des manuscrits pour deux mains. Et je digitalise comme un fou. »
La performance publique est la dernière étape d’un processus de fabrication du sens.

â–º Samedi 21 novembre, Librairie du Cinéma du Panthéon (15, rue Victor Cousin 75005 Paris), rencontre avec Sébastien Rongier autour de Cinématière.

Le cinéma s’est nourri et se nourrit des autres formes artistiques. En s’imposant à la fois comme valeur culturelle et comme patrimoine, le cinéma devient lui-même une source d’inspiration et d’interrogation pour les autres formes artistiques.
Cinématière est un livre dense et passionnant qui interroge la place des images cinématographiques dans l’art contemporain et dans la littérature d’aujourd’hui. Le concept de "cinématière" est donc l’occasion d’étudier les relations entre cinéma et les autres arts, d’envisager les déplacements esthétiques et de repenser l’idée d’image à partir d’œuvres contemporaines.

Sébastien Rongier est écrivain et essayiste, membre du comité de rédaction du site littéraire remue.net.
Derniers ouvrages parus : Cinématière, essai paru chez Klincksieck en février 2015 et 78, roman paru en août 2015 chez Fayard.
A paraître : Théorie des fantômes. Pour une archéologie des images, essai paraissant aux Belles Lettres le 12 février 2016.

â–º Vendredi 4 décembre 2015 à 19H, Lafayette Anticipation (46, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnière 75004 Paris) : soirée pour les 10 ans des éditions MIX + tombola + présentation des nouveautés. Le ticket de tombola est à 65 € (édition Dieudonné Cartier + 3 ouvrages offert) et lots exceptionnels à gagner. Et en plus, le nouveau site est opérationnel !

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