Libr-critique

16 septembre 2009

[Livre-chronique], Mathieu NUSS, Agio, par Bruno FERN

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Mathieu NUSS, Agio, vignettes de Jean-Marc Scanreigh, VOIX éditions / Richard Meier, collection « Vents Contraires », 2009, 64 pages, 13 €, ISBN : 978-2-914640-83-8.

Bruno FERN

Dans son deuxième livre (le premier est paru aux éditions Ragage) , Mathieu Nuss cherche à établir, en 7 blocs de versets, une différence avec les coutumes en vigueur, c’est-à-dire la valeur ordinairement accordée à la langue selon le taux communicationnel dont les exemples ne manquent pas : la langue de (grande) surface, tant « le discours publicitaire est devenu le maître des discours » (Dominique Quessada, L’Esclavemaître, Verticales, 2002), qui se rate elle-même à force se croire transparente. C’est ainsi que l’on pourrait comprendre, du moins en partie, le titre de l’ouvrage, comme ce plus espéré par l’investissement total de miettes de langage.

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21 avril 2007

[Livre] Karaokétêtés par les pieds, André Gache

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gache213.jpgAndré Gache, Karaokétêtés par les pieds, Voix éditions, collection vents contraires, 79 p. ISBN : 2-914640-68-4, 12 €.
4ème de couverture :
Ce livre est un quadrimoteur à faire démarrer tous ensemble, mais voilà. Comment, serait très exactement la question que poserait l’axe du premier (moteur) par quoi tout commence, ou rien n’est fini.

On y traverse à hauteur de terre, voire de boue, un monde des êtres et de situations tellement loufoques, hilarants, terribles et infâmes qu’il faut bien être quatre moteurs pour avancer, c’est-à-dire creuser.

Depuis un démiurge mieux sétonnant d’avoir créé tant d’étages à Manhattan et dans laquelle il traîne ses loques, jusqu’au train de l’amour lancé à fond de bielle à travers des marguerites au regard bovin, en passant par l’abject discours trompeur des puissants, la course est folle d’une folie en définitive sauvée par le langage. Qui jouit, lui ; pas-de-porte vers la parole, c’est-à-dire vers l’homme

Premières impressions :
C’est d’abord toujours une joie de présenter un titre publié par Voix éditions, du fait de la grande qualité du travail d’édition, travail qui s’il a trouvé parfois son paroxysme au niveau graphique avec Pierre Tilman, ou bien encore Joseph Mouton, ici est très bien réalisé graphiquement, la page étant dynamisée par un équilibre savant des polices, des empattements, des tailles et des dispositions. De ce point de vue, Voix éditions, avec quelques rares autres comme les éditions de L’Attente notamment avec Frédéric Léal, accomplissent un très beau travail pour des poésies qui exigent ce type de variation.
Nous voici donc face au titre d’André Gache, et je dis bien, face au titre, car la première impression vient bien du titre et de ce qu’il enveloppe : jeu de mots, télescopage sonore et constitution d’un nouveau signifiant. Le titre est symbole de l’ensemble du texte : l’ensemble se produit dans les glissements de calembours, de dilatations sonores ou graphiques, de télescopages de termes ou de thèmes hétérogènes, tel par exemple l’une des dernières parties du livre le bkptmsqrncvlhdzf de la moue, où se juxtaposent métaphorisation locomotive de l’amour et du désir, et paragraphe sur le désir et la sexualité.
André Gache nous aura prévenu en fait, ce qu’il pense en tant que poésie, tien à cette persistance du poète à être « dans la langue » à « l’étirer » au point que « j’létrons en lannières à angles aigusons j’la découplons j’l’a polissons pas j’la mâcha j’la rutmina j’la déglutinabula j’l’explosa j’a ria »…

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