Libr-critique

30 juillet 2017

[News] Le Banquet du Livre d’été 2017

Du jeudi 3 au samedi 12 août, un événement extraordinaire à ne pas manquer : RV à Lagrasse…

penser rêver agir

Il faut choisir : se reposer ou être libre (Thucydide)

Depuis quelques années, le Banquet d’été s’interroge sur la place de chacun dans la société, sur ce que peut encore signifier aujourd’hui le « commun », l’être-ensemble.
L’édition de l’été dernier a marqué le début d’un cycle : plusieurs interventions ont pointé l’exigence d’une nouvelle pensée de l’action pour notre monde, traversé par des crises et des questions inédites et aiguës. Le Banquet 2017 fera donc un pas plus avant en questionnant les modalités d’articulation entre penser et agir : des utopies à la confrontation au réel, des idéaux moraux aux exigences, éthiques, pour sa propre existence.
Comment la pensée trouve-t-elle un accomplissement dans l’action ? Comment celle-ci peut-elle conserver en elle l’intention qui l’a initiée ? L’action ne fait-elle que mettre en œuvre ce qui a été préalablement conçu ? L’acte une fois accompli ne transforme-t-il pas la volonté ou le désir dont il procède ? Dans son rapport à l’action, la pensée se réduit-elle au concept ? Ne mobilise-t-elle pas aussi des images, des figures, des modèles, des récits qui peuvent prendre la forme de mythes, de fantasmagories ou d’utopie ? Dans son désir de concrétisation ou même plus simplement d’efficacité, la pensée ne rencontre-t-elle pas sa propre limite sous la forme de la croyance qui, certes, pousse à l’action mais dégrade aussi l’effort de penser ?
Au plan collectif, la politique ne peut se contenter d’être une pure pratique du discours déconnecté de tout souci d’action réelle, ni une manière d’agir, un pur pragmatisme, insouciant de la vérité du discours qu’il déploie pour justifier ses actions. Dans l’histoire, les révolutions font partie des moments où – quels soient les errements ultérieurs – la pensée mise en acte, l’exigence d’une action qui corresponde enfin à la parole cherchent à transcender les impasses du discours politique. C’est cette corrélation de l’acte et de la pensée qui nous intéresse, cette pensée pratique – morale ou politique en un autre sens. Pensée qui s’adosse aussi au rêve, à l’utopie prolongeant la réflexion et suscitant des formes d’action censément neuves mais aussi des mythes et des croyances, idoles encombrantes.

Au cours de ce Banquet, nous réfléchirons à l’exigence d’une conduite juste dans un monde qui ne l’est pas.

UN BANQUET DU LIVRE OUVERT ET MULTIPLE

Le Banquet se déroule dans l’abbaye et le village de Lagrasse, au cœur des Corbières, dans le département de l’Aude. L’abbaye médiévale, l’école, la salle des fêtes et les places du village accueillent les ateliers et les rencontres.

DEUX LIBRAIRIES

LE NOM DE L’HOMME, la librairie permanente de La Maison du Banquet et des générations, installée dans l’abbaye, propose sa sélection de livres de littérature et de sciences humaines, fonds et nouveautés ;
LA LIBRAIRIE DU BANQUET, librairie temporaire organisée le temps de la manifestation par notre partenaire Ombres Blanches de Toulouse. Déployée dans le cellier des moines de l’abbaye, cette librairie exceptionnelle présente tous les livres en rapport direct avec les auteurs invités et le thème abordé ; elle offre une sélection d’ouvrages en littérature contemporaine, philosophie, histoire et sciences humaines, en complément de la librairie permanente. Ouverture de 10h à 20h, tous les jours.

ATELIERS ET SÉMINAIRES

Séminaire inaugural de philosophie, avec Gilles Hanus
Jeudi 3 et vendredi 4 août, L’acte et la pensée. À l’abbaye, cour de la librairie
Séminaire de philosophie de Jean-Claude Milner
Mercredi 9 août (14h-16h). À l’abbaye, boulangerie
Marcher dans la garrigue
À 9h de lundi 7 au jeudi 10 août. Partez sur les sentiers autour de Lagrasse pour une promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
Rebonds
9h, lundi 7 au vendredi 11 août. « Quelques » bâtons rompus avec un des intervenants de la veille. Dans le village. En terrasse à la Porte d’eau
Atelier Cinéma. La Révolution française et le cinéma
9h30, mardi 8 au vendredi 11 août. Projections accompagnées de commentaires-débats avec les cinéastes Jean Narboni et Jacques Comets. À l’abbaye, cellier
Atelier de littérature et civilisation grecque
10h, dimanche 6 au vendredi 11 août. Dominique Larroque-Laborde propose une lecture des chants de L’Iliade, d’Homère. Dans le village, cour de l’école
Atelier de philosophie
11h, mardi 8 au vendredi 11 août. Animé par Françoise Valon, professeur de philosophie. À l’abbaye, cour de la Librairie
Histoire mondiale de Lagrasse
12 h 30, lundi 7 au vendredi 11 août. Par Patrick Boucheron. Dans le village, place de la Mairie, sous la Halle

LES RENCONTRES DE L’ABBAYE

Chaque après-midi, deux rencontres se déroulent avec les auteurs invités.
À 16h et à 18h ; un écrivain, un historien, un scientifique… traite librement de la thématique du Banquet.

LES LECTURES

À la nuit venue, une lecture de textes littéraires, par un des écrivains invités, ou par un comédien.

LES AUTEURS INVITÉS

Emmanuel Adely, écrivain ; La Très Bouleversante Confession de l’Homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté, Inculte, 2014
Jean-Christophe Bailly, écrivain ; L’Élargissement du poème, Bourgois, 2015
Jean-Baptiste Brenet, écrivain, philosophe ; Je fantasme, Verdier, 2017
Patrick Boucheron, historien ; Machiavel, Équateurs Parallèles, 2017
Pierre Caye, philosophe ; Critique de la destruction créatrice, Les Belles Lettres, 2015
Didier Daeninckx, écrivain ; Novellas 2, Le Cherche Midi, 2016
Victor Del Arbol, romancier ; La Veille de presque tout, Actes Sud, 2017
Jean-François Delfraissy, médecin, directeur de l’ANRS, de l’INSERM et du CCNE
Camille de Toledo, écrivain ; Le Livre de la faim et de la soif, Gallimard, 2017
Gilles Hanus, philosophe ; L’Épreuve du collectif, Verdier, 2016
Thierry Hesse, écrivain ; Le Roman impossible, l’Olivier, 2017
René Lévy, philosophe ; Pièces détachées, L’âge d’homme, 2014
Jean-Claude Milner, linguiste, philosophe ; Relire la Révolution, Verdier, 2016
Céline Minard, écrivain ; Le Grand Jeu, Rivages, 2016
Marie-José Mondzain, philosophe ; Confiscation des mots, des images et du temps, Les Liens qui Libèrent, 2017
Jean Narboni, cinéaste, critique de cinéma ; … Pourquoi les coiffeurs ? Notes actuelles sur le « dictateur », Capricci, 2010
Mathieu Potte-Bonneville, philosophe ; Game of Thrones, Les Prairies ordinaires, 2015
Yann Potin, historien ; Histoire mondiale de la France, collectif d’auteurs, Le Seuil, 2017
Nathalie Quintane, poète, écrivain ; Que faire des classes moyennes ?, P.O.L, 2016
Martin Rueff, poète, philosophe ; Icare cri dans un ciel de craie, Velin, 2008

LE CALENDRIER

Vendredi 4 août
L’inauguration du Banquet du Livre d’été 2017 aura lieu ce vendredi, à 18h30. 
Elle sera suivie, à 21h30, de la lecture de La Nature exposée, de Erri de Luca, par la comédienne Anne Alvaro.

Samedi 5 août

10h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
16h. Camille de Toledo.
 Accueillir l’Aventure.
 Quelle forme a la « demeure » du Quichotte de Cervantès ? Quelle est la texture des murs de sa maison si ce n’est, justement, une texture fictionnelle ? Que peut nous offrir cette « vie picaresque », aux origines du roman moderne, pour déborder et étonner la désespérante litanie des fins dont notre présent est ivre et las ? Le Quichotte, c’est l’histoire d’une vie rêvée, où le rêve ne cesse de refonder le monde, mais c’est plus encore l’histoire d’un homme qui se relève… Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18h. Yann Potin. Rêver d’archives, faire agir l’Histoire.
 Représentations et sociétés contemporaines seraient, selon Jacques Derrida, atteintes d’un « mal d’archive », dont l’ère numérique assurerait la contamination matérielle, sinon morale. Le rêve rétrospectif sur l’Histoire par les archives, dont Michelet fut un des inventeurs, est-il pour autant condamné à n’être qu’un cauchemar ? Chargées, bien malgré elle d’incarner ce qui n’est plus, les archives se pensent et agissent cependant dans un présent irrésistible, qui n’est autre que le passé du futur.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
21h30. Serge Renko. Nulle autre chose ne m’est plaisir, en dehors de toi. Lecture. Le comédien Serge Renko (Les Adieux à la Reine, de Benoît Jacquot, Un Amour de jeunesse, de Mia Hansen-Love…) propose un parcours de lecture, à travers sa bibliothèque, pour y retrouver les échos des utopies, des rêves et de l’engagement…
Chapiteau des jardins de l’abbaye

Dimanche 6 août

10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre. 
Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. École du village
15 h à 20 h. Découverte-dégustation des vins des terroirs de l’Aude. Avec Laurent Jamois, de la cave lagrassienne Les vins sur le fruit. Parvis de l’abbaye
16 h. Marie-José Mondzain. 
Urgence de la radicalité.
 Comment ne pas réduire la radicalité à la « radicalisation » et à la « déradicalisation », aux gestes les plus meurtriers et fanatiques, mais lui rendre toute sa beauté virulente ?
 Marie-José Mondzain est philosophe. Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Pierre Caye.
 Pourquoi y a-t-il de l’agir plutôt que rien ?
 Philosophe, spécialiste de la pensée grecque, directeur de recherche au CNRS, ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, Pierre Caye développe depuis plus de 30 ans une recherche inédite sur les savoirs de l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire et, à travers ceux-ci, sur la question de la technique dont il renouvelle en profondeur la généalogie.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30.
 Céline Minard.
 Parcours de lecture.
 Entre les blocs, parcours en chausson. « J’ai envie de vous promener dans les bois, en pensée, en montagne au printemps et dans la neige au travers d’une lecture qui sera faite de grandes parois, parfois liquides, et de petits pitons assez durs.
Dans le paysage que j’aimerais lever, la nature et la règle sont des utopies concrètes, l’engagement une pratique physique, l’assentiment un acte, et le travail des représentations, un vrai chantier. » Chapiteau des jardins de l’abbaye

Lundi 7 août

9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Hommage à Armand Gatti. Un portrait de l’immense créateur pour la collection Un siècle d’écrivains (1997). Un film de Stéphane Gatti et Michel Séonnet.
 Abbaye, boulangerie des moines
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Jean-François Delfraissy.
 Professeur de médecine, spécialiste du Sida, nouveau président du Comité National d’éthique. Il a inscrit dans la liste des grandes questions qu’il souhaite traiter celle de la santé des migrants. Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. René Lévy.
 Fin d’acte, prémisse d’intention.
 Philosophe, spécialiste du Talmud, de Saint Paul et de Walter Benjamin :
« Penser est facile, agir est difficile. Agir suivant sa pensée est le plus difficile » Goethe. Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Emmanuel Adely.
 Lecture.
 Emmanuel Adely lit ce soir des extraits de son avant dernier ouvrage, La très bouleversante confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté, Inculte 2014, Babel poche 2017, un récit embarqué dans la tête du soldat américain qui a tué Oussama Ben Laden…
 Chapiteau des jardins de l’abbaye

Mardi 8 août
9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. 
Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française.
1788, de Maurice Failevic. Projection suivie d’un débat. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet.
 Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école

11 h. Atelier de philosophie. Animé par Françoise Valon.
 À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Jean-Baptiste Brenet.
 Pourquoi des fantasmes politiques ? 
Penser la politique, soit. Mais la fantasmer ? C’est peut-être l’une des grandes idées de la philosophie arabe. Si l’on songe à Dante, et à son « Banquet », on essaiera de concevoir ceci : que l’action politique requiert un festin d’images. Il est professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il enseigne la philosophie médiévale et arabe.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Jean-Christophe Bailly.
 Vers quoi s’est-on tendu ? Vers quoi se tendre encore ? 
Il y aura bientôt cinquante ans que Mai 68 a eu lieu et pour ceux qui l’ont effectivement traversé la question se pose, non d’une commémoration ou d’un bilan, mais d’une évaluation de ce qui fut réellement tenté, et de ce qui en reste. A quoi avait-on alors vraiment pensé et rêvé ? A quoi s’engage-t-on quand on se soulève et qu’on est porté par une vague ? Et que devient cet engagement, quelles formes peut-il prendre quand la vague retombe et que l’on passe d’un grand
« nous » fictionné à une scène pronominale errante ? Le passage d’une hypothèse collective à une forme de vie retirée (non militante) est-il une fatalité, une trahison – ou une issue : une chance ? Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Thierry Hesse.
 Lecture.
 Le Roman impossible. Comment faire (un) roman ?
Roman : continuité et cohérence, dit-on. Mais s’il n’y a plus de cohésion possible ? Si le monde se trouve violemment déboîté, divisé, et ne fait plus « roman », quel roman j’écrirai ? Et lequel je lirai ?

Mercredi 9 août
9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française. 
La Marseillaise, de Jean Renoir. Projection suivie d’un débat. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet. Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Atelier de philosophie par Françoise Valon. À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
14 h. Le séminaire de Jean-Claude Milner. Jean-Claude Milner reprendra Relire la Révolution et répondra aux questions que soulève son livre. Si nécessaire, il abordera également son dernier ouvrage Considérations sur la France. Entrée libre, mais inscription obligatoire.
 Abbaye, boulangerie des Moines
16 h. Mathieu Potte-Bonneville.
 Recommencer.
 Recommencer n’est, au sens strict, ni commencer, ni répéter, ni poursuivre : on ne se soucie de recommencement qu’après avoir renoncé à la fraîcheur des aubes, cessé de compter sur des élans qu’il suffirait de prolonger, appris à ses dépens combien ornières, compulsions et rengaines reviennent toujours au même. Qu’il faille pourtant commencer de nouveau, une nouvelle fois, est peut-être la tâche de notre temps, dans l’ordre existentiel non moins que politique. Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire – une nouvelle fois ? On partira en quête, dans la philosophie ou les diverses formes de la fiction, de quelques modèles et de quelques maximes pour cette étrange ambition.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Victor del Arbol. 
Au-delà de l’Histoire, les écrivains de l’expérience.
 La mémoire se construit, mais l’Histoire se manipule. Un petit voyage entre les pages d’Albert Camus, Vassili Grossman, Dostoïevski.
L’auteur de La Tristesse du Samouraï (Actes Sud) traduit en une douzaine de langues et best-seller en France pose l‘engagement et la responsabilité au cœur de chacun de ses livres.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Nathalie Quintane.
 Lecture en direct de l’espoir.
 « Je m’appelle encore Nathalie Quintane. Je n’ai pas changé de date de naissance. J’habite toujours au même endroit. Je suis peu nombreuse mais je suis décidée. » Cette lecture commencera par un texte intitulé Le suicide des classes moyennes, mais ne s’arrêtera pas là. Chapiteau des jardins de l’abbaye

Jeudi 10 août
9 h. Marcher dans la garrigue. Promenade insolite avec l’ethnobotaniste Catie Lépagnole. Rendez-vous à l’abbaye
9 h 15. Rebonds. Table ronde avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française.
 L’Anglaise et le Duc, d’Éric Rohmer. Projection suivie d’un débat. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h. Cycle vidéo du Banquet. Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre.
 Abbaye, boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Atelier de philosophie. Animé par Françoise Valon. À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Martin Rueff. 
L’impératif présent. 
Pour penser « l’impératif présent », à la conjoncture des trois verbes (penser rêver agir), pour penser, après Adorno les conditions d’une vie juste dans la vie fausse, il faut prendre la mesure de ce que l’impératif nous invite à penser. Ce serait une des conditions d’une politique par provision.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Jean-Claude Milner. 
Unité nationale et dissimulation de la vérité.
 Notre pays a-t-il besoin de mensonges pour subsister ? Chapiteau des jardins de l’abbaye
21 h 30. Débat.
 Deux maîtres du roman noir européen, Didier Daeninckx et Victor del Arbol, débattent des enjeux de l’histoire dans leur propre œuvre.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye

Vendredi 11 août
9 h 15. Rebonds. Table ronde
avec un des intervenants de la veille. En terrasse, à la Porte d’eau
9h30. Atelier Cinéma. La Révolution française.
 Débat sur la Révolution française au cinéma, avec Jean-Claude Milner et Patrick Boucheron. Salle des fêtes
10 h. Ouverture du café et des librairies
10 h à 16 h.
Cycle vidéo du Banquet. Au début de chaque heure, projection de documentaires littéraires et de conférences d’archives du Banquet du Livre. 
Abbaye, Boulangerie des moines
10 h. Atelier de littérature et civilisation grecque. Animé par Dominique Larroque-Laborde. À l’école
11 h. Atelier de philosophie. Animé par Françoise Valon. À l’abbaye, cour de la librairie
12 h 30. Histoire mondiale de Lagrasse par Patrick Boucheron. Sous la halle, place de la Mairie
16 h. Gilles Hanus. 
Envisager le réel. 
Penser, rêver, agir : trois manières de se rapporter au réel, trois voies par lesquelles notre conscience et notre volonté se confrontent avec ce qui est, pour le comprendre, en nourrir notre imagination ou tâcher d’y graver quelque chose de notre volonté. Il sera question de penser la différence et l’articulation de ces trois modalités.
17 h 45. Le Livre à la criée !
 Un des auteurs invités au Banquet vante et vend le livre d’un autre écrivain, mort ou vif… Librairie du Banquet, cellier des moines
18 h. Didier Daeninckx.
 Quand l’utopie surgit des ténèbres.
 Saint-Alban, Lozère, hiver 1943.
 Au plus froid de l’hiver, au plus noir de la nuit, deux personnages d’exception, Lucien Bonnafé et François Tosquelles, vont faire d’un lieu de relégation le théâtre d’un bouleversement du monde. L’asile psychiatrique de Saint-Alban va devenir le symbole de la résistance à la folie du monde. Sous le regard attentif et complice de Paul et Nush Éluard, de Denise Glaser, de Georges Canguilhem et de quelques dizaines de professeurs, de biologistes qui partagent les dortoirs des déments pour échapper à la solution finale.
 Chapiteau des jardins de l’abbaye
22 h. La nuit de l’Iliade.
 Pour clore ce Banquet, une lecture intégrale du texte d’Homère.
Jusqu’à épuisement du texte (demain un peu avant midi ?). Les habitants de Lagrasse et les habitués du Banquet vont se relayer, toute la nuit, pour porter le texte d’Homère. Jusqu’à son terme.

La nuit de l’Iliade

Vendredi 11 août 
à partir de 22 heures
Lire l’Iliade aujourd’hui, c’est retrouver un texte qui a fécondé toute notre littérature. De l’Énéide, du Romain Virgile, à Une Rançon, de l’Australien David Malouf (Albin Michel, 2013), combien sont-ils à s’être inspirés de l’Iliade ? Combien sont-ils à l’avoir lue, traduite, commentée, reprise ? [Du Bellay, Racine, Giono, Simone Weil, Rachel Bespaloff et avant eux Sophocle et Euripide, et après eux Jean-Pierre Vernant (La traversée des frontières), Jacqueline de Romilly (Hector), Alberto Manguel (L’Iliade et l’Odyssée)… Pour n’en citer que quelques-uns, car ils sont innombrables, à en avoir été marqués pour la vie…]. Lire l’Iliade aujourd’hui, parce que « le poème de la force » (S. Weil), de la quête virile de gloire, de la guerre totale, est aussi le poème du deuil, de la compassion, de l’humanité. « Va, mon ami, meurs à ton tour… » dit Achille à Lycaon, son ennemi (chant 21). Et le poète de noter : « C’est par centaines qu’en ce jour, Troyens et Achéens, le front dans la poussière, côte à côte étaient étendus » (chant 4).
« De tels détails, on a beau s’en souvenir, on est saisi par l’émotion lorsque le poème les détache sur la grande fresque de la guerre et de la mort », écrit Olivier Rolin (« En relisant l’Iliade », Bric et broc, Verdier, 2011).
Citons avec lui Italo Calvino (Pourquoi lire les classiques, Points Seuil, 1989) : « On appelle classique un livre qui, à l’instar des anciens talismans, se présente comme un équivalent de l’univers ».
Lire l’Iliade aujourd’hui, pour que cet été, à Lagrasse, elle soit sinon chantée, comme en Grèce, au moins dite, par une centaine de nos voix.
Dominique Larroque-Laborde et Mélanie Traversier ont préparé cette lecture. Sous le grand chapiteau, dans les jardins de l’abbaye, les lecteurs, amateurs et professionnels, vont se succéder toute la nuit pour porter le texte d’Homère.
Tout le monde peut lire, il suffit de s’inscrire à l’accueil du Banquet ou sur le site : www.lamaisondubanquet.fr, en téléchargeant le bulletin ici. Des litres de café, mais aussi d’ouzo, sont prévus pour accompagner un superbe buffet grec.

 

30 octobre 2016

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’octobre, tout d’abord, notre Libr-agenda (Philippe Boisnard et Jean-Michel Espitallier), puis nos Libr-événements : RV avec AnnaO / Jacques Jouet & Mia You (Ivy writers) à Paris, à la fondation Vasarely d’Aix pour de drôles de drones… On terminera par un aperçu de ce qui vous attend sur LC en cette riche fin d’année…

Libr-agenda

â–º Philippe BOISNARD :

_ 2 novembre : performance de poésie numérique à l’école des Beaux arts de Montpellier : nouveau projet solo : poetry grows (ENSBAMA).
_ 3 novembre : conférence Université de Montpellier dans le cadre des Rencontres sur la poésie numérique : 4ème manifeste de la PAN (Poésie Action Numérique).
_ 9 novembre : vernissage du nouveau phAUTOmaton @ L’Espace Mendes France (Lieu Multiple) de Poitiers et l’EESI. (nouveau dispositif), en partenariat avec le festival acces)s(#16.
_ 14 novembre : vernissage de Paysage de la Catastrophe (After Fukushima) (création avec Jacques Urbanska et Philippe Franck) @ Ars Numérica (Bruxelles-Belgique)

â–º Jean-Michel ESPITALLIER :

•• 3 novembre (Festival Ritournelles, Bordeaux)
• 14h30. Archives Bordeaux Métropole. Table ronde « archives et création », avec Emmanuelle Pagano, Emmanuelle Pireyre, Philippe Artières, Didier Arnaudet, François Bon, Jean-Michel Espitallier.
• 20h30. Oara Scène Aquitaine. Création de « France romans » (Argol Éditions) par Cécile Delacherie (jeu, voix), Sébastien Sampietro (jeu, voix) et Franck Tallon (création image et son).
•• 4 novembre, 19h. CIPM, Marseille. Rencontre et lecture autour de Tanger (avec Eric Audinet et Pierre Parlant).
•• 8-10 novembre, Mac/Val, Vitry/Seine. Résidence de création, projet Has Been, avec Valeria Giuga et Roméo Agid (compagnie Labkine). Autour de l’expo de Jean-Luc Verna.
•• 17 novembre 14h. « Sur la poésie action ». Début d’un séminaire-atelier au lycée autogéré de Paris.
•• 27 novembre, Neuchâtel (CH), fondation Durenmatt. Rencontre et discussion autour de l’exposition de Jean-christophe Norman.

Libr-événements

â–º Le lundi 7 novembre 2016 à 18H, La Passerelle.2 vous invite à venir célébrer l’accrochage de l’œuvre peint « She was a Princess »*, qui sera accompagné d’un concert live de L’IMPOSSIBLE (guest : AnnaO)
+ ambiance musicale et tubes fluorescents – Eric Michel.

* Anne-Olivia Belzidsky, « She was a Princess », Peinture sur toile 160cm / 160cm – encre de chine, céramique à froid, feuille d’or et d’argent au bord du visible,
rose fluo, pigment pur en poudre – bleu de cobalt véritable, technique mixte
+ présentation de 4 bébés-toiles 9,5×15, technique mixte


She was a Princess / Painting remix
La Passerelle.2
52 rue Popincourt
75011 Paris

â–º Du 11 au 13 novembre, à la fondation VASARELY d’Aix-en-Provence : Drones – Images à risques ?
Coproduit par Colette Tron : http://www.alphabetville.org/, Benoît Labourdette: http://www.benoitlabourdette.com/, et l’office http://loffice.coop/

Les drones, machines de "vision embarquée", sont en train de se répandre de façon massive et modifient insidieusement nos représentations du monde.
Pour essayer de comprendre ensemble de quoi ils sont faits, voici des « rencontres apprenantes » sous forme d’ateliers, échanges, pratiques, questions et théories. Jeu de guerre ? Pilote automatique ? Réalité virtuelle ?
Les 11, 12 et 13 novembre, seront expérimentés les enjeux des ces machines-images, avec pour objectif la production de formes conceptuelles et pratiques pour en faire usage dans nos quotidiens, nos activités, nos métiers.
Un programme ouvert sous l’angle de la déconstruction, dans tous les sens du terme, afin de dépasser les idées reçues et comprendre ces fonctionnements algorithmiques : décortiquer, manipuler, raconter, monter et démonter réellement un drone, le désautomatiser, l’écouter… partager des points de vue et des images du et sur le monde.
Pour participer, ces rencontres sont à prix libre et conscient. Pré-inscription à youpi@loffice.coop.
Pour l’office cette "rencontre apprenante" est la première forme publique de "l’école flottante".
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Qu’est-ce que cette école flottante ? Un projet de l’office, né du besoin de résister à l’accélération, et en même temps, du désir de vivre intensément avec nos contemporains. Nous imaginons cette école comme une bulle, une parenthèse, un milieu propice à apprendre, à se construire un regard critique. Comment faire partie de ce monde liquide ? Être capable de surfer sur la vague avec élégance, de s’organiser collectivement pour hisser la voile ou bien de regarder la mer s’agiter de loin, bien ancrés à l’intérieur de nous-même ? C’est une question d’agilité…
L’école flottante de l’office est un dispositif ouvert auquel tous sont invités à contribuer. Toute les prochaines saisons sont encore à construire et un petit document d’invitation est en cours de rédaction.

â–º Mardi 15 novembre 2016 à 19h30, Ivy Writers vous invite à une soirée de lectures bilingues avec les Poètes :
JACQUES JOUET (France)
et MIA YOU (USA)

15th Nov from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poet Jacques Jouet alongside American poet Mia You—let us know you are coming!

MARDI le 15 novembre 2016 à 19h30
Au bar / 1er étage : Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

Bientôt sur LC…

L’inventive biofiction de Véronique Bergen (Janis Joplin), la poésie utopographique de Christophe Manon (Vers le nord du futur), le combatif Film des visages signé Frank Smith, le symptomatique ready-made de Emmanuel Adely (Je paie), la bouleversante autopoéfiction de Corinne Lovera Vitali (Ce qu’il faut)… Blaine, Ernaux, Lucot, Mézenc, Pozner…

3 août 2015

[Livre – chronique] Jean-Michel Espitallier, Salle des machines [Libr-Java 10]

La dixième livraison de ce work in progress consacré à Jean-Michel Espitallier sera consacrée à son dernier livre, ce recueil qui permet de mettre en perspective l’ensemble de l’œuvre. [Libr-Java 9]

Jean-Michel Espitallier, Salle des machines, Flammarion, "Poésie", 2015, 240 pages, 18 €, ISBN : 978-2-0813-0751-3.

 

Cette somme nous fait bel et bien entrer dans la salle des machines spitallienne, dans la mesure où elle nous donne un aperçu des quatre moments que distingue l’auteur lui-même dans son itinéraire de poète-bricoleur : les premiers textes (1984-1994) déclinent diverses facettes de la modernité ; la deuxième période est constituée de la grotesque "Fantaisie bouchère" ; la troisième du montage critique "En guerre" ; la quatrième et dernière rassemble "les petites machines textuelles" qui devaient donner Théorème Espitallier II.

Concentrons-nous sur "En guerre" (Inventaire / Invention, 2004 ; Publie.net, 2012, qui pourrait bien être l’hypotexte de l’épopée poético-trash signée Emmanuel Adely, La Très Bouleversante Confession de l’homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté (Inculte, 2013) : "À la différence du livre sur la guerre, le livre en guerre capture des morceaux de guerre pour faire livre. Et parce qu’un livre est toujours en guerre. Même s’il ne parle pas de la guerre" (p. 125). Tandis que l’hypertexte joue complaisamment avec les codes du film hollywoodien et les représentations dominantes – faisant la part belle au lexique sexuel et hygiéniste – pour nous plonger en pleine action au plus près des "héros" qui ont traqué Ben Laden et de leur pensée-flash/trash, le texte d’Espitallier fait de cette opération une "comédie médicale", la renvoyant à ce qu’elle est fondamentalement : "Bad Gag"… Les listes et boucles spitalliennes nous conduisent au paradoxe et au nonsense. Pour notre plus grand plaisir ! On en jugera en mettant en regard les deux écritures :

"Nous sommes les forces du bien et nous devons faire mal au mal pour le bien de l’axe du mal dont le bien est le mal" (131).
"Revenons à l’histoire de la traque. On l’attend là, bien sûr, pour lui régler son compte. C’est plutôt pour son bien. Et pour le nôtre. Et pour le bien du bien. Mais voilà, il ne vient pas. Jeu de cache-cache. C’est agaçant. On le menace. Au nom du bien. Il ne vient pas" (137)…

Loin de cette spirale vertigineuse, le choix d’une dangereuse proximité avec une doxa et une volonté de puissance fascinantes :

"mais ils ont choisi le Bien
oui
le Bien
et faire couler le sang pour défendre le monde libre"…

"tu niques les cellules terroristes tu nettoies t’es qu’un putain d’éboueur qui ramasse la merde
toujours niquer l’ennemi terroriste des lâches sans visage qui ont même pas droit au nom de combattants"…

"c’est toi au-dessus du corps toi debout au-dessus du corps que t’as baisé bien profond c’est toi au-dessus du corps que t’as baisé bien profond parce que t’es un mâle" (Adely, p. 13, 61 et 100)…

31 décembre 2013

[News] Spéciale LC : de 2013 à 2014…

Pour ce passage entre 2013 et 2014, LC vous offre à la fois une prospective particulière (14 citations pour 2014 : avant-goût de quelques livres sélectionnés pour le début de l’année) et une petite rétrospective (les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre)…

14 citations pour 2014

Voici un aperçu en citations des livres que nous avons lus et que nous vous recommandons pour le premier trimestre 2014.

â–º Christophe CARPENTIER, Chaosmos (P.O.L, 2 janvier : dystopie de 416 pages) :

1) "Il n’y a plus d’actifs ni de chômeurs, plus de riches ni de pauvres, plus de malades ni de bien portants, il n’y a plus qu’un peuple : celui des relais efficaces du Chaosmos" (p. 116).

â–º Jacques JOUET, Les Communistes (P.O.L, 2 janvier, 490 pages) :

2) "On parle de passéisme, dit Pavel, mais jamais d’avenirisme ou de présentéisme" (p. 255).

3) "Et si je nous déclarais cohommunistes, tu aurais encore peur du co- ?" (p. 484).

â–º Jérôme BERTIN, Le Projet Wolfli (Al dante, 15 janvier, 64 pages) :

4) "Le peuple n’aspire qu’à se faire enculer" (p. 12).

5) "L’écriture aussi est un sport de combat. Ou alors ce n’est pas de la littérature. C’est de la merde" (p. 42).

6) "Top chrono pour les moutons. Consommez consommez avant que le cancer ne vous consume. Cassez votre tirelire cochons. Vous vous serrerez la ceinture après. Crédits crédits. Une seule vie ne suffit pas pour tout acheter" (p. 48).

7) "Debout les damnés de la terre. Ils vivent à ne pas douter leurs derniers instants. La culture d’état pue la mort. Les derniers penseurs sont enfermés dans la misère. Les éditeurs, les producteurs, travaillent par leur censure et leurs choix commerciaux à la désintégration du pensé debout" (p. 49).

â–º Jérôme BERTIN, Première ligne (Al dante, 15 janvier, 40 pages) :

8) "Festin de terre. Assis sur le lit la tête entre les mains. Cracher le poème et du sang. Du sens interdit. La tête cogne contre le carrelage" (p. 15).

9) "Anus, l’origine du monde. Plus de débats mais des combats. Des décombres des cobras. À la place de la langue, uppercut. Un sein vert expression. Tu vois le sang araignée sur le sol" (p. 18).

â–º Éric CHEVILLARD, L’Autofictif en vie sous les décombres (L’Arbre vengeur, 15 janvier, 234 pages) :

10) "Il y a les écrivains qui se complaisent dans le réel, qui fourrent leurs phrases dedans, qui en rajoutent une couche ; et les écrivains qui prennent le réel dans les rets tranchants de leurs phrases afin de le retailler à leur guise" (p. 14).

11) "L’écrivain ne doit pas s’y tromper. Il travaille aujourd’hui pour les ménagères de plus de 50 ans" (p. 85).

12) "Tous les autres mots ne sont pour lui que des euphémismes hypocrites et maniérés pour dire merde" (p. 93).

â–º Marc OHO-BAMBE, Le Chant des possibles (éditions La Cheminante, mars) :

13) "Souviens toi

De ce matin-là,

Ecarlate et révolutionnaire,

Du parfum de jasmin flottant dans l’ère alors

Souviens toi mon sang,

De la promesse du jour et des slogans,

Des chants de la rue défiant le joug des tyrans

Et la morsure des fusils"

â–º Serge Doubrovsky, Le Monstre (Grasset, avril 2014) :

14) "Vous pourrez enfin découvrir ici le texte restitué dans sa première composition, toute son opulence, sa première jeunesse, sa vitalité débordante, ses rêveries nomades et sa fascinante écriture. Le Monstre vous attirera dans son labyrinthe et vous n’essaierez même pas de trouver l’issue mais vous cheminerez, comme hypnotisé, à sa rencontre. L’approche génétique de ce texte aura aussi prouvé qu’il faut en finir de vouloir donner un seul sens à une œuvre, d’en faire une donatrice de signification" (Isabelle Grell).

Les 10 posts les plus lus/vus depuis le lancement du nouveau LC en septembre 2013

LC, en 2013, c’est quelque 200 posts (si l’on tient compte de la pause estivale, cela fait une moyenne de 4,5 posts/semaine).

En quatre mois, vous êtes plus de 100 000 à être venus visiter les quelque 1 600 posts disponibles : les 10 les plus lus/vus (chiffres arrondis) témoignent aussi bien des goûts de lecture que des circuits de circulation et d’indexation.

â–º Chronique de Philippe Boisnard (17/05/2008) sur Ralbum (Léo Scheer) = 11 275 visites [total : + de 120 000]

â–º Emmanuel Adely, "No more reality" (création du 05/09/2009) = 4 475 [total : + de 50 000]

â–º Chronique de Fabrice Thumerel, "Richard Millet et la postlittérature" ("Manières de critiquer" / 01/04/2011) = 3 650 [total : + de 20 000]

â–º Michel Giroud, "Généalogi-z 2.1" (création du 9 décembre 2006) = 2 200 [total : + de 35 000]

â–º NEWS du dimanche 10/11/2013 (F. Thumerel) = 1 760

â–º Chronique de Périne Pichon sur La Direction des risques de Christophe Marmorat (07/11/2013) = 1 150

â–º Fabrice Thumerel, "De l’intellectuel critique" (20/01/2006 ; travail de recherche en cours de réécriture) = 775 [total : + de 15 000]

â–º Mathias Richard, « Pour un déclin du mot "roman" » ("Manières de critiquer" / 26/09/2013) = 725

â–º Matthieu Gosztola, "Vivre I" (création, 29/10/2013) = 600

â–º Thomas Déjeammes et Mathias Richard, "Dreamdrum 10 / Amatemp 28" (création, 14/09/2013) = 580

3 novembre 2013

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de novembre, vous attendent nos livres reçus (livre de la semaine à venir : Apaisement de Charles Juliet / réédition : Dictionnaire Sartre) et nos libr-événements marquants : Ritournelles #14 à Bordeaux, Festival Paris en toutes lettres, lancement du n° 11 de la revue À verse (Paris), 11e salon des éditeurs indépendants (Paris), rencontre avec Jean-Marc Flahaut à Toulouse, Christian Prigent à la Maison de la Poésie de Paris.
 

Livres reçus (FT)

â–º Charles Juliet, Apaisement. Journal VII : 1997-2003, P.O.L, en librairie le 8 novembre 2013, 357 pages, 19 €, ISBN : 978-2-8180-1800-2.

"Quand on n’a plus son ego pour piédestal, il est difficile de faire bonne figure en société" (p. 54).

Certes, le Journal de Charles Juliet n’échappe pas aux travers propres au genre : conception essentialiste du Moi et spiritualiste du langage, autocomplaisance, naïvetés, passages en politiquement-correct (très peu ici), topos, clichés et banalités…

Mais on ne peut qu’être sensible à l’acuité d’un regard qui conjugue sensibilité et intelligibilité, à l’authenticité et à la radicalité d’une expérience intérieure régie par la "nécessité d’être vrai", au refus de céder à la facilité et à l’exhibition – au "tout dire"…

Tout l’intérêt de ce 7e tome du Journal réside dans les réflexions de Juliet sur l’œuvre (retour sur L’Année de l’éveil et Lambeaux), l’écriture comme la lecture, la peinture, ou encore l’autofiction ; dans cette ouverture au monde ambiant qui fait parfois songer aux ethnotextes d’Annie Ernaux (d’où les nombreux commentaires de l’actualité et les micro-récits de vie qui attestent une véritable attention à l’Autre). Pour terminer, laissons la parole à l’auteur, à propos d’un fait de société des plus actuels : "À une époque où l’on communique de plus en plus par téléphone, fax et internet, parler d’écriture manuelle, du souci qu’on peut avoir de s’appliquer à bien écrire, peut paraître incongru. Pourtant, la manière qu’on a de calligraphier lettres et mots, n’est pas une affaire négligeable. L’écriture est en effet une projection de notre personnalité et comme telle, elle donne à voir ce que nous sommes à des regards avertis" (p. 249).

â–º Dictionnaire Sartre, sous la direction de François Noudelmann et Gilles Philippe, Honoré Champion (2004), rééd. coll. "Classiques", octobre 2013, 544 pages, 18 €, ISBN : 978-2-7453-2687-4.

Présentation éditoriale. On croit souvent Jean-Paul Sartre fâché avec l’ordre alphabétique, celui par lequel l’Autodidacte de La Nausée prétendait faire le tour des connaissances. À l’âge de vingt ans, pourtant, Sartre avait entrepris de noter ses pensées selon l’ordre imposé par un carnet alphabétique ramassé dans le métro, simple article publicitaire pour les Suppositoires Midy. Le Dictionnaire Sartre présente l’immense complexité de son parcours, en décloisonnant les domaines (littérature, philosophie, politique), en écrasant les oppositions chronologiques (écrits de jeunesse, concepts de maturité, engagements militants), en précipitant les rapprochements a priori les plus incongrus (Hugo et Huis clos ; Janet et Japon ; Le Havre et Leibniz ; Manuscrits et Maoïsme ; Morale et Moravia ; Névrose et New York ; "Parterre de capucines" et Parti Communiste…).
On trouvera ici, pêle-mêle, tous les concepts de la pensée sartrienne (des mieux connus aux plus pointus), tous les textes importants (même s’ils sont peu accessibles ou restent inédits), toutes les influences (en amont ou en aval), tous les combats, tous les secrétaires et plusieurs des maîtresses, beaucoup d’amis et presque autant d’ennemis, quelques villes et pays, quelques formules célèbres, bien d’autres choses encore.
Les quelque huit cents notices qui composent ce Dictionnaire ont été rédigées par une soixantaine des meilleurs spécialistes de la pensée et de l’œuvre de Sartre.

Entrées de Fabrice Thumerel : La Nausée comme roman réflexif et œuvre ouverte, "Salaud", Les Temps Modernes, Situations, Sartre par lui-même (film), "Je-Tu-Il" (sur L’Inachevé de Puig) ; Franz Kafka, Gabriel Marcel, Guy de Maupassant, François Mauriac, Brice Parain…

Libr-événements

 â–º Ritournelles #14, littérature/arts contemporains, du 5 au 9 novembre 2013 à Bordeaux. [Lire le programme]

Centré sur la rencontre entre l’écriture et l’art, toutes pratiques confondues, le festival Ritournelles programmé chaque automne depuis 2000 s’adresse à un public large pour une découverte de la création française actuelle. Pionnier dans le champ de la transversalité, Ritournelles crée des synergies entre les auteurs et artistes contemporains autour d’un thème central

Pour cette quatorzième édition, Ritournelles met à nouveau en scène le monde de l’art contemporain face au monde des lettres. Par le dialogue ou par l’imprégnation, écrivains et artistes de ce programme participent au renouvellement des dispositifs scéniques et réactivent notre regard sur la création.

Soucieux de proposer des rendez-vous de qualité avec le public, le festival Ritournelles accueille cette année encore des écrivains et artistes de renom : Emmanuel Adely, Olivier Cadiot, Pascal Convert, Georges Didi-Huberman, Philippe Djian, Jacques Henric, Charles Juliet, Hubert Lucot, Eugène Nicole, Charles Pennequin, Nigel Saint, Véronique Vassiliou…

Comme chaque année, le festival Ritournelles produit deux créations inédites commandées dans le cadre d’une résidence le temps du festival et diffusées à l’occasion d’une sortie publique. Nous invitons le public à découvrir également l’univers d’artistes singuliers via des expositions, des performances et des lectures de textes inédits.

â–º Festival PARIS EN TOUTES LETTRES du 9 au 17 novembre

A l’occasion de sa 4ème édition Paris en toutes lettres se transforme pour devenir le festival de la Maison de la Poésie et de son quartier. Un festival qui s’inscrit naturellement dans cette Maison « scène littéraire » qui revendique l’éclectisme et la liberté, l’hybridation et la fusion entre les genres.

Un festival littéraire fondé sur les échappées : entre les genres littéraires et les formes artistiques, entre les lieux et la géographie parisienne.

Un festival qui s’adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche, qu’à ceux qui découvriront le texte porté autrement par la scène, la voix, la musique, l’image…

Au programme de cette quatrième édition de Paris en toutes lettres :

Ecrivains en rencontres, lectures, performances : Philippe Djian, Emmanuelle Pagano, Sébastien Lespinasse, Vincent Tholomé, Gaëlle Obiégly, Philippe Vasset, François Beaune, Marie Darrieussecq, Thomas Clerc, Violaine Schwartz, Céline Minard, Michal Govrin, Jean-Philippe Toussaint, Valérie Mréjen, Hélène Frappat, Marcel Cohen, Chantal Thomas, Marie Richeux, Alban Lefranc…

Concerts littéraires : Christophe Tarkos par Bertrand Belin, Piaf-Cocteau par Camélia Jordana, Aimé Césaire par Tété, la bibliothèque de Jeanne Cherhal, Veence Hanao, Jacques Higelin et les écrivains, Kacem Wapalek, Babx…

Nuit acoustique : Bastien Lallemant, Laure Brisa, Pascal Colomb, Seb Martel, Vic Moan, JP Nataf, Brigitte Giraud, Sophie Maurer, Marie Modiano, Véronique Ovaldé

Lecture dessinée : Charles Berberian, Claire Braud, Emmanuel Guibert, Rupert & Mulot…

Lectures créations : Journal de H.D. Thoreau par Jacques Bonnaffé, Que font les rennes après Noël (Olivia Rosenthal) par trois comédiennes et un taxidermiste, Vous m’avez fait former des fantômes d’après Hervé Guibert, Dans l’autobus, le Musée vivant…

Et en ouverture samedi 9 novembre, le bal littéraire à la Gaîté Lyrique.
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En savoir plus et résa : www.maisondelapoesieparis.com

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CALENDRIER

SAM. 9 nov. – 17H
Love Song – Philippe Djian
Rencontre

SAM . 9 NOV . – 15H
Lecture de scénario
Gaîté Lyrique

SAM . 9 NOV. – 19H
Emmanuelle Pagano
Lecture – rencontre

SAM . 9 NOV . – 19H
Est-ce une bête, qui t’anime,
au centre ? – Sébastien
Lespinasse, Vincent Tholomé,
Maja Jantar
Bibliothèque. M. Audoux

SAM . 9 NOV . – 21H
Bal littéraire
Gaîté Lyrique

DIM . 10 NOV . – 13H
Brunch littéraire – Slam et poésie
Gaîté Lyrique

DIM . 10 NOV . – 15H
Lecture de roman
Gaîté Lyrique

DIM . 10 NOV . – 17H
Gaëlle Obiégly
Lecture – performance

DIM . 10 NOV . – 19H
Christophe Tarkos
par Bertrand Belin
Concert littéraire

DIM . 10 NOV . – 21H
Piaf / Cocteau – Camélia
Jordana, Clément Hervieu-Léger
& Donia Berriri
Lecture musicale

DIM . 10 NOV . – 21H
Philippe Vasset & Pierre-Yves Macé
Lecture – exploration sonore

LUN. 11 NOV . – 16H
Le Cabaret des histoires vraies
François Beaune & invités

LUN. 11 NOV . – 19H
Aimé Césaire par Tété
Concert littéraire

MAR . 12 NOV . – 18H
Lionel Duroy
Master class d’écriture

MAR . 12 NOV . – 19H
Il faut beaucoup aimer les
hommes, Marie Darrieusecq,
Dania Elzein & Jean-Baptiste
Lhermelin

MAR . 12 NOV . – 20H
Veence Hanao
Concert littéraire
Centre Wallonie-Bruxelles

MAR . 12 NOV . – 21H
La bibliothèque
de Jeanne Cherhal
Concert littéraire

MER . 13 NOV . – 19H
Vous m’avez fait former
des fantômes, Hervé Guibert
Par Guillaume Poix, Boris Terral,
Jean-Baptiste del Amo
& Joseph d’Anvers

MER . 13 NOV . – 19H
Thomas Clerc
Lecture – rencontre

MER . 13 NOV . – 21H
Jacques Higelin et les écrivains
Lecture musicale

MER . 13 NOV . – 21H
Le vent dans la bouche
Violaine Schwartz
& Hélène Labarrière
Lecture musicale

JEU. 14 NOV . – 18H
Faillir être flingué – Scomparo
Exposition – performance

JEU. 14 NOV . – 19H
Faillir être flingué – Céline Minard
Lecture

JEU. 14 NOV . – 19H30
L’amour sur le rivage
Michal Govrin – Rencontre
Mahj

JEU. 14 NOV . – 21H
Kacem Wapalek
Concert littéraire

VEN . 15 NOV . – 19H
Autour de Marie
Jean-Philippe Toussaint
Lecture – vidéo

VEN . 15 ET SAM . 16 NOV . – 20H
Ceinte, Henri Bauchau
Cie Théâtre de l’Estrade
Centre Wallonie-Bruxelles

VEN. 15 NOV. – 21H
Monsieur Rivière – Valérie Mréjen
& Clémence Poésy
Lecture

VEN . 15 ET SAM . 16 NOV . – 21H30
Lady Hunt – Hélène Frappat, Yann
Gonzalez & Kate Moran
Lecture

SAM . 16 NOV .
Le Musée Vivant – Robert
Cantarella & 7 comédiens
Musée de la Chasse

SAM . 16 NOV . – 17H
Marcel Cohen – Rencontre animée
par Arnaud Laporte

SAM . 16 NOV . – 19H
Chantal Thomas
Lecture – rencontre

SAM . 16 NOV .
22H ET 00H
Bastien Lallemant, Seb Martel,
JP Nataf & invités
Nuit acoustique

DIM . 17 NOV .
11H/15H/18H
Dans l’autobus
Sandrine Brunner, Kristina
Chaumont & Simon le Pape
Lecture – promenade

DIM . 17 NOV . – 12H
Brunch poétique et musical
Les Parvis Poétiques

DIM . 17 NOV . – 14H
Journal – Henry David Thoreau
Par Jacques Bonnaffé
Galerie agnès b.

DIM . 17 NOV . – 15H
Babx – Concert littéraire

DIM . 17 NOV . – 15H
Que font les rennes après Noël?
Olivia Rosenthal
Anne Théron et comédiens
Lecture – performance
Musée de la Chasse

DIM . 17 NOV . – 17H
Polaroïds – Marie Richeux
Lecture musicale

DIM . 17 NOV . – 19H
La BD à voix haute
Charles Berberian, Claire Braud,
Emmanuel Guibert, Rupert
& Mulot…

DIM . 17 NOV . – 19H
Les corps magiques
Sport et littérature
Point Éphémère

â–º Mercredi 13 novembre 2013 à 19H, lancement du numéro d’automne de la revue A verse (n° 11) à la librairie Matière à Lire. Lecture par les poètes de la revue, notamment : Irène Gayraud, Stephane Korvin, Lysiane Rakotoson, Benoit Sudreau, Clément Charnier, Maria Raluca Hanea, Fanny Didelon, Laura Fredducci, Anne-Emmanuelle Fournier, Anouch Paré (par procuration), Claire Nazikian.
20 rue Chaligny, Paris 12e. Métro Reuilly-Diderot.

â–º Rencontre et lecture à Toulouse avec Jean-Marc Flahaut, le vendredi 15 novembre à 18h00 au grand auditorium de la médiathèque José Cabanis (1 allée Chaban-Delmas, 31506 Toulouse).

â–º 11e salon international des éditeurs indépendants. L’Association L’Autre Livre vous offre, du 15 au 17 novembre 2013, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelques 400 auteurs de 150 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.
Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels. Vous y retrouverez, entre autres : les éditions de l’Attente (C 40-42), la revue Cassandre/Horschamp

Édition 2013

Vendredi 15 : de 14h à 21h

Samedi 16 : de 11h à 21h

Dimanche 17 : de 11h à 19h 

Entrée libre

ESPACE des BLANCS MANTEAUX : 48, rue Vieille du Temple 75004 PARIS

â–º Trois jours avec Christian Prigent à la Maison de la Poésie de Paris, du 28 au 30 novembre 2013 : voir le programme.

7 janvier 2010

[création] No more reality d’Emmanuel Adely [décembre 2009]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 8:22

   mardi 1er décembre 2009

«malgré nos avis et recommandations les conditions de garde à vue se sont pas améliorées au contraire» estime Roger Beauvois président la Commission nationale déontologie de sécurité (CNDS) à veille sa disparition commission dont attributions à l’avenir être confiées à défenseur des droits aux attributions beaucoup plus larges dresse bilan peu flatteur de situation (more…)

7 décembre 2009

[création] No more reality d’Emmanuel Adely [novembre 2009]

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 12:21

  dimanche 1er novembre 2009

matin-là pas une seule voix s’éleva pour lui répondre jeudi 22 octobre petit déjeuner de majorité à Elysée le soir au journal 20 heures Jean annoncera à surprise générale qu’il se porte finalement pas candidat à présidence d’Epad établissement public aménagement quartier d’affaires de Défense dans Hauts-de-Seine
quelques heures plus tôt son père s’emporte "toute façon je sais bien ce que provoque l’affaire de mon fils" personne bronche

(more…)

5 novembre 2009

[Texte/création] No more reality, d’Emmanuel Adely

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 7:17

band-adely-reality[Nous commençons à éditer No more reality d’Emmanuel Adely, cette fiction du réel a commencé en 2007, nous allons mettre tous les textes en ligne, et poursuivre cette publication. Premier texte : 09-2009]. juge chilien Victor Montiglio annoncé ordonnait arrestation 129 anciens membres direction nationale de l’intelligence (DINA) police secrète chilienne considérée comme responsable de mort ou disparition la majeure partie 3.000 personnes victimes du régime d’Auguste Pinochet (1973-1990) décédé décembre 2007 sans jamais avoir été jugé est plus importante vague d’arrestations jamais organisée concernant «sale guerre» du général et violations droits d’homme (more…)

12 septembre 2008

[Livre + Chronique] Baby Land d’Emmanuel Adely

Filed under: chroniques,Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 8:50

  Emmanuel Adely, Baby Land, ed. Le passager clandestin, 158 p. ISBN : 878-2-9169952-11-6. 25 €

(more…)

11 janvier 2008

[Livre + chronique] Planning de Pierre Escot : esquisse d’un lyrisme post-moderne

  Pierre Escot, Planning, éditions PPT, 110 p. ISBN : 2-95117606-4-7.[site des éditions] Prix : 10 €

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27 novembre 2007

[Livre + chronique] Edition limitée d’Emmanuel Adely

  Emmanuel Adely, Édition limitée, éditions Inventaire/Invention, 34 p.
ISBN : 978-2-914412-65-0. [site des éditions]

(more…)

15 novembre 2007

[Livre + chronique] Emmanuel Adely, J’achète

Emmanuel Adely, J’achète, ed. Inventaire/Invention, 103 p.
ISBN : 978-2-914412-64-3 // prix : 7,50 €.
[site de Inventaire/Invention]

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10 novembre 2007

[News de la blogosphère] émission du 11 novembre (11 H)

Le 4 novembre, nous avions consacré une grande partie de l’émission à présenter des sites littéraires. Cette semaine, une grande partie de l’émission vidéo-live de Libr-critique sera consacrée aux livres reçus depuis 15 jours. En dossier, nous parlerons, des littératures (narration et poésie) qui constituent leur langue selon une logique mimétique des langages sociaux et politiques à partir  — entre autres — des livres de Hugues Jallon, de Jérôme Mauche et Emmanuel Adely.

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15 mai 2007

[Chronique spéciale élections] Emmanuel Adely, Suite pour violence sexuelle 2

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , — Fabrice Thumerel @ 8:21

emmanuel-adely.jpgAprès « Ã‰dition limitée » et « ce n’est que le début… », Emmanuel Adely (1) vient de publier sur inventaire-invention.com « Suite pour violence sexuelle 2 », qui déconstruit le sermon sur la montagne que le nouvel impétrant médiacratique a prononcé le soir du premier tour (dimanche 22 avril). Voici ce que devient l’antienne « Heureux ceux qui…, car… », à savoir une variation autour du slogan implicite « Heureux tous les malheureux, car je suis là, moi, votre protecteur » : « je veux tous malades je veux tous handicapés je veux tous travailleurs je protège tous contre violence délinquance concurrence délocalisations dégradation exclusion tous malades tous handicapés tous travailleurs ».

De ce tohu-bohu syntagmatique, de cette énumération qui procède au télescopage entre dit et non-dit, officiel et pulsionnel, ressort en effet l’inavouable : la dépendance populaire transforme l’élection présidentielle en élection d’un homme providentiel. C’est dire que nous assistons à l’avènement d’un populisme, lequel réside justement dans la manipulation de la masse à des fins particulières : « en me plaçant en tête moi ce soir pour décider massivement à leur place »…Aussi le chef doit-il se garder de sa propre volonté : « je veux protéger aussi contre je veux »…Le final révèle la stratégie du leader : « oui vous dis du coeur vive la et par-dessus tout vive la s’unir à moi ensemble s’unir à moi s’unir dans société brisés accidentés usés épuisés à moi s’unir à moi ». L’Union Moi Protecteur est bel et bien consubstantielle à l’Union Moi Président.

Ainsi ce dispositif critique combine-t-il deux versants de l’écriture postmoderne : d’une part, le montage cut et la boucle (Bouvet, Espitallier…) ; d’autre part, la transcription à la Katalin Molnar. Le résultat est un étrange sabir qui dévoile l’envers du discours populiste : non pas tant une violence symbolique que le viol de la masse par une puissance désirante.

(1)Emmanuel Adely, 45 ans, est l’auteur des Cintres (Minuit, 1993), Dix-sept fragments de désirs (Fata Morgana, 1999), Agar-Agar, Jeanne, Jeanne, Jeanne et Fanfare (Stock, 1999, 2000 et 2002), Mad about the boy et Mon amour (Joëlle Losfeld, 2003 et 2005). Il a également participé au volume collectif Devenirs du roman (Inculte / naïve, 2007), dont nous avons rendu compte récemment.

14 février 2007

[Chronique] Les devenirs du roman dans la crise de l’interprétation

Depuis quelques temps [cf. Télérama du 27 janvier], et encore ces derniers jours, semble se poser la question du roman, de sa nature, de sa manière d’être, ou encore d’apparaître, de son existence ou encore même de sa survivance. Ceci posant bien évidemment la question de la littérature en cette époque, de ce qu’il en est, de ce qui travaille en elle, de ce qu’elle travaille ou machine afin d’apparaître.
Crise du roman, ou plutôt crise de l’interprétation de ce qu’est le roman. Que l’on se reporte au livre de Jean Bessière [ici], ou bien aux questions que se posent Richard Millet [écrivain et éditeur à Gallimard] et Jean-Marc Roberts [éditeur de Stock], ou encore au fameux article de Francis Marmande, qui suite aux remarques de François Bon [ici], commence à se faire connaître, et contre-dire [par exemple sur le site lignes de fuite de Christine Génin [ici]], à chaque fois la question du roman est pensée comme ouverture d’une crise, et delà d’une certaine forme de critique de sa présentation actuelle, comme si cette manière d’être actuelle, chez un certain nombre, ne représentait pas ce que serait essentiellement le roman. C’est en ce sens que face à ces constats de crise, je vais tenter de montrer la qualité et la pertinence de certaines analyses de Devenirs roman publié par les éditions inculte/naïve.

Symptomatologie d’une critique
Il s’agit donc de parler de crise du roman. Crise que J. Bessière stigmatise à travers l’opposition d’un côté d’une littérature qui s’enroule sur elle-même, s’interrogeant davantage sur sa forme et sa présence que questionnant le monde, se focalisant sur le sujet qui s’exprime [auto-fiction] et non pas le monde où il existe et de l’autre d’une littérature qui non-autotélique, se porte vers le monde, semble se donner dans une certaine forme d’engagement, de déréférencialisation au simple vécu énigmatique de l’ego. Crise que Richard Millet et Jean-Marc Roberts constituent à travers le fait qu’il n’y ait plus de vrais lecteurs, à savoir de grands ou gros lecteurs, et que de plus il n’y ait plus de critères pour hiérarchiser les oeuvres au niveau qualitatif, à savoir donc plus de critiques, tout semblant relativiser, et ceci symptomatiquement en liaison avec internet et les blogs. C’est ainsi que Jean-Marc Roberts peut déclarer : « Je suis optimiste pour le roman, mais pessimiste sur notre époque qui est anti-littéraire. Le pire, ce sont les blogs : non seulement les gens ne lisent plus mais ils ne vivent plus. Interdisons les blogs ! ». Crise enfin, que Francis Marmande détermine selon la cause même d’internet, et ceci en citant d’une façon erronée Hugo, comme Christine Génin l’a parfaitement analysé sur Lignes de fuite.

Cette crise semble se constituer de plusieurs symptômes, mais qui en fait peuvent être pensés sous le principe d’une analyse de ce que pourrait être la post-modernité historiquement. En effet J. Bessière critique le fait que la littérature se soit enfoncée dans un jeu sur elle-même : mise en question de sa forme, auto-réflexion sur soi du sujet écrivant et abandon de la confrontation au réel, etc… On reconnaît là un double trait de l’ère post-moderne : d’un côté le passage au relativisme des jeux de langage, et de l’autre une forme de narcissisme qui se serait immiscée de la dimension sociale à la dimension de la littérature. De même si on considère le premier symptôme posé par l’entretien de J.M Robert et de R. Millet, on s’aperçoit que la perte du critère de jugement, à laquelle correspond alors une forme de prétention individuelle à pouvoir se poser soi-même comme critère, est dans la lignée de la critique de la post-modernité, en tant que lieu de l’égalisation des différences, relativisation absolue des principes, hégémonie du sujet du point de vue du jugement par rapport à un critère réfléchi rationnellement, etc… On le perçoit, alors qu’ils établissent une ligne de ce que serait généalogiquement la vérité en littérature, donc le vrai roman, ils traduisent le malaise de voir que l’on ne voit plus historiquement cette ligne apparaître, de sorte qu’il semblerait que cette ligne constituant le méta-récit de la littérature, ait disparu dans la fragmentation des micro-récits, de micro-territoires littéraires. Ce qui renvoie finalement au deuxième symptôme qui est indiqué dans l’entretien : internet. Car en effet, et là on perçoit bien l’appréhension de Francis Marmande, internet serait bien le lieu d’une circulation illégitime de la littérature, pouvant mettre en péril la fragile structure éditoriale du livre, notamment qui a pignon sur rue, ou bien qui s’affiche régulièrement en tête de gondole. Internet, et c’est maintenant de plus en plus évident, est caractéristique de ce qui a pu être dénoncé sous le concept de post-modernité. Dimension d’expressions multiples, où de nouvelles hiérarchies se font/défont [lieu donc d’une archi-mémoire amnésique], où des expériences diverses se constituent, où s’assemblent des communautés aussi bien de lecteurs que d’écrivains, où la subjectivité constitue sa propre fiction d’existence, et qui paraît à F. Marmande comme le couteau saignant peu à peu la réalité du livre, la force du roman.

10 février 2007

[Livre] Devenirs du roman, collectif,

devenir_roman189.jpgDevenirs du roman, collectif, éditions Inculte/naïve, 356 p., ISBN : 978-2-35021-078-0, 20 €.
[site Inculte]
4ème de couverture :
Comment penser le roman contemporain ? De quelle(s) façon(s) la littérature contemporaine investit-elle la représentation du réel ? Quels sont les enjeux de l’écriture fictionnelle d’aujourd’hui ? Autour du comité éditorial de la revue Inculte, un ensemble d’écrivains esquisses les possibles et les devenirs du roman, évoquant pratique et théorie de cette forme littéraire multiple, en perpétuelle mutation.

Textes et entretiens :
Emmanuel Adely, Stéphane Audeguy, François >Bégaudeau, Arno Bertin, Étienne Celmare, Éric Chevillard, Claro Louise Desbrusses, Philippe Forest, Jean-Hubert Gailliot, Bastien Gallet, Thierry Hesse, Hubert Lucot, William Marx, Jean-Christophe Millois, Yves Pagès, Pierre Parlant, Emmanuelle Pireyre, Olivier Rohe, Pierre Senges, Olivier de Solminihac, Joy Sorman, Philippe Vasset et Antoine Volodine.

Premières impressions :
La précédente chronique de Fabrice Thumerel, portant sur Qu’est-il arrivé aux écrivains français ? de Jean Bessière, indique avec précision, l’une des parties du débat qui est ici en question, et qui chez Bessière apparaît à partir de la distinction entre d’un côté une littérature autotélique, qui renvoie à elle-même à travers une expérience du sujet [stigmatisée en tant qu’auto-fiction], faisant l’expérience de lui-même et de sa langue, et de l’autre, une littérature ouverte à la fiction, faisant l’économie pour une part de l’auto-réflexivité des modernes, pour construire son objet : le récit.
Tel que le titre l’indique, le parti pris est celui du pluriel. Non pas singulier, ce qui serait réduire afin de n’indiquer qu’un seul sens, mais bien un pluriel au sens où le roman semble prendre à lire les différents intervenants plusieurs directions. Car, contrairement à ce que pense Bessière, le roman ne se tient pas dans une dualité de forme, mais bien au contraire, à lire par exemple Philippe Vasset ou bien Emmanuel Adely, il semblerait davantage que le roman soit, et ait toujours été, dans une certain forme de question par rapport à lui-même, question aussi bien de son rapport au réel et au monde historique, que question par rapport à sa propre poétique [à comprendre dans le sens strict de sa manière d’être construit, produit], impliquant le geste singulier d’une responsabilité d’écriture. En effet, tel qu’ils le disent respectivement : « les alliages dont nos livres sont faits sont trop fragiles et incertains pour que l’on puisse à leur sujet parler d’un quelconque retour des conventions »(P.V), « je pose qu’il existe des dizaines d’écritures de littératures de romans qui se tentent et s’écrivent aujourd’hui » (E.A) et les deux de préciser que cette fragilité qui permet des dizaines d’écriture se construit en rapport à la société, à l’histoire au flux humain historique.
C’est pour cela, que le titre est très bien choisi, car il ne s’établit pas sur le constat symptomatique à l’heure actuelle par rapport à toute chose ou phénomène de la crise, mais il offre cet espace d’un dire spécifique : pour quelle(s) raison(s) le « roman » ou du moins les écritures qui sont rangées sous la catégorie « roman », est(sont) -elle(s) nécessitée(s) pour un certain nombre d’écrivains. /PB/

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