Libr-critique

31 juillet 2017

[News/Livres] Libr-vacance (1)

Voici de quoi réussir votre mois d’août : deux festivals à ne pas manquer ; notre Libr-sélection (5 livres présentés) ; LC a reçu, lu et recommande 25 livres.

Libr-événements

â–º Du 1er au 5 août 2017, festival TOURNEZ LA PLAGE à La Ciotat. L’Art Hic&Hoc lance cet été son tout premier festival d’écritures contemporaines : l’événement se déroulera donc simultanément avec le festival de Jazz.
Les événements se dérouleront entre La Boutique, Le Cercle de La Renaissance, la Place Gauthier, La Librairie "Au Poivre d’Âne" et l’angle de la Rue Foch (Arnoux).

On pourra apprécier/découvrir les œuvres de nombreux artistes locaux :
Stéphane Nowak Papantoniou, Julien Blaine, André Robèr, Maxime Hortense Pascal, Claudie Lenzi, Eric Blanco, Nadine Agostini, Cédric Lerible, François Bladier, Patrick Sirot, Lili le Gouvello, Françoise Donadieu, Frédérique Guétat-Liviani, Laurence Denimal, Dominique Cerf, Olivia Rivet (exposition à la Boutique) ainsi que Cassandra Felgueiras, Caroline Derniaux et Zagros Mehrkian, étudiants à l’École Supèrieur d’Art de Toulon, et l’association "Lignes de Partage".

â–º Le Bruit de la Musique #5, Festival d’aventures sonores et artistiques, du 17 au 19 août 2017 à Saint-Silvain-sous-Toulx, Toulx-Sainte-Croix, Domeyrot et La Spouze (Creuse) : avec notamment Laurent Bigot, Lionel Marchetti, Arnaud Paquotte, Sébastien Lespinasse… Pour plus d’informations : ici.

Libr-sélection /FT/

â–º Bohumil Hrabal, La Grande vie, poèmes 1949-1952, traduit du tchèque par Jean-Gaspard Pálenicek, éditions Fissile, Les Cabannes (09), printemps 2017, 136 pages, 24 €, ISBN : 978-2-37171-019-1.

Retour aux origines de l’œuvre, c’est-à-dire à la poésie : "Parce que la société moderne s’est accoutumée aux sensations et aux singularités, le poète mourant se fichera ses lunettes dans le cou et filtrera sa vie à travers le verre embué" (p. 43)… Des formes variées retenons "SUPERSEXDADAISME ?" : "Recherchons vacanciers bénévoles / Séjour payant à Founetainebleau / Entrée génitale amaigrissante" (63)… La belle vie, en somme !

â–º Yoann Thommerel, Mon corps n’obéit plus, éditions Nous, Caen, hiver 2016-2017, 80 pages, 12 €.

Le lecteur est averti : "Il serait bien plus prudent de voir dans ce fatras graphique la manifestation de troubles réactionnels sévères, une forme de défense face aux exigences d’application et de lisibilité imposées par la norme, un poème-refus, allant à l’encontre du modèle attendu" (p. 33). De façon symptomatique, dans ce poème-refus, le corps refuse d’obéir… Un corps qui est lieu de vie, d’envie, d’ennui… lieu de tentation consumériste… et de poésie ! Une poésie litanique et visuelle.

â–º Alain Jugnon, Artaud in Amerika. La Place de la femme dans le plan américain, Dernier Télégramme, Limoges, mai 2017, 80 pages, 12 €.

Ce cinémArtaud met en scène quatre "personnages conceptuels" : "La dame de Shanghai ou Rita Hayworth, André Bazin, Orson Welles et Antonin Artaud". Ces voix se mêlent à celle de l’essayiste pour évoquer/analyser avec brio, entre autres éléments passionnants, telle image-cristal, la langue jaune du fascisme, le rôle de "la femme blanche chez Welles et Artaud" : "c’était la révolution permanente à l’écran et en direct" (p. 69)…

â–º Michel Deguy, Noir, impair et manque, dialogue avec Bénédicte Gorrillot, Argol, coll. "Les Singuliers", hiver 2016-2017, 292 pages, 29 €, ISBN : 978-2-37069-012-8.

Quel animal est donc Michel Deguy ? Détour par l’œuvre de ce poète et revuiste qui figure parmi les écrivains contemporains les plus importants, dans un dialogue dense et intense avec une spécialiste du genre. Une nouvelle pièce de choix dans cette superbe collection qui associe entretiens, inédits et documents divers. Clôturée de fort belle manière par un abécédaire signé par l’auteur lui-même.

â–º Carole Aurouet, Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions, avril 2017, 128 pages, 10 €.

En quatre chapitres, la spécialiste de Prévert évoque la poésie cinématographique de l’illustre écrivain qui était fasciné par les burlesques américains et par Fantômas : les ciné-textes des années 20-30, son cinéma visible (les grands films des frères Prévert et de Carné/Prévert) et invisible ("scénarios détournés", c’est-à-dire qui n’ont pas abouti à des films tournés). Humour et détournement surréaliste au programme ! Sans oublier que Carole Aurouet a su faire revivre pour nous tout un monde fascinant.

LC a reçu, a lu et recommande

♦ Christian PRIGENT : Chino aime le sport (P.O.L, juin 2017, 176 pages, 18 €) et Ça tourne, notes de régie (L’Ollave, coll. "Préoccupations", été 2017, 70 pages, 14 €) ; La Contre-Attaque, éditions Pontcerq (Rennes), printemps 2017 : dossier Prigent, p. 65-73 et 127-194. [On pourra découvrir leur présentation fin août sur le blog Autour de Christian Prigent]

 

♦ Pierre Bergounioux, Esthétique du machinisme agricole, suivi de Petit danseur par Pierre Michon, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), été 2016, 48 pages, 13 €.

♦ Eric Brognier, Tutti cadaveri, traduit de l’italien par Rio di Maria et Cristiana Panella, L’Arbre à paroles, Amay (45), juin 2017, 48 pages, 10 €.

♦ Hervé Brunaux, Homo presque sapiens, éditions PLAINE Page, Barjols (83), coll. "Connexions", 2015, 44 pages, 5 €.

♦ Rémi Checchetto, Le Gué, Dernier Télégramme, Limoges, printemps 2017, 64 pages, 10 €.

♦ David Christoffel, Argus du cannibalisme, Publie.net, printemps 2017, 104 pages, 12,50 €.

♦ Claro, Crash-test, Actes Sud, août 2015, 236 pages,19,50 €.

♦ Olivier Domerg, Rhônéo-Rodéo, poème-fleuve avec quinze photographies de Brigitte Palaggi, Un comptoir d’édition, Sainte-Eulalie en Royans (26), juin 2017, 144 pages, 15 €.

♦ Jacques Dupin, Discorde, P.O.L, édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique Viart, juin 2017, 240 pages, 23 €.

♦ Frédéric Forte, Dire ouf, P.O.L, mai 2017, 96 pages, 11 €.

♦ Mihàlis Ganas, Marâtre patrie, traduit du grec par Michel Volkovitch, Publie.net, 2017, 80 pages, 13 €.

♦ Jean-Marie Gleize, La Grille, Contre-Pied (Martigues), coll. "Autres & Pareils", hiver 2016-2017, 32 pages, 4 €.

♦ Mary Heuze-Bern, Rendez-vous à Biarritz, éditions Louise Bottu (Mugron), coll. "Contraintes", juin 2016, 36 pages, 4,50 €.

♦ David Lespiau, Équilibre libellule niveau, P.O.L, mai 2017, 112 pages, 11 €.

♦ Patrick Louguet, Jean, Antoine, Mouchette et les autres… Sur quelques films d’enfance, Artois Presses Université, hiver 2015-2016, 268 pages, 20 €.

♦ Dominique Meens, Mes langues ocelles, P.O.L, novembre 2016, 384 pages, 21 €.

♦ Emmanuelle Pagano, Sauf riverains, Trilogie des rives II, P.O.L, janvier 2017, 400 pages, 19,50 €.

♦ Dominique Quélen, Avers, éditions Louise Bottu, Mugron (40), mai 2017, 116 pages, 14 €.

♦ Sébastien Rongier, Cinématière. Arts et Cinéma, Klincksieck, 2015, 252 pages, 23 €.

♦ Claude Royet-Journoud, La Finitude des corps simples, P.O.L, mai 2016, 96 pages, 13 €.

♦ Robine-Langlois, […], éditions Nous, Caen, octobre 2016, 96 pages, 14 €.

♦ Ana Tot, Méca, Le Cadran ligné, Saint-Clément (19), juin 2016, 72 pages, 13 €.

♦ Antoine Wauters, Nos mères, Verdier, hiver 2013-2014, 154 pages, 14,60 €.

 Bientôt sur LC…

De fin août à fin septembre, vous découvrirez, entre autres :

♦ Créations : Daniel Cabanis, CUHEL, Olivier Matuszewski, Mathias Richard…

Entretiens : Véronique Pittolo, Bernard Desportes, Claude Favre…

Recensions/chroniques : des spéciales sur Véronique BERGEN et sur Philippe JAFFEUX (à propos de leurs trois derniers livres)…
Vous attendent encore : Dictionnaire de l’autobiographie (Champion) ; La Poésie motléculaire de Jacques Sivan (Al dante) ; Patrick Bouvet, Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier) ; Bernard Desportes, Brève histoire de la poésie par temps de barbarie (tentative d’autobiographie), La Lettre volée ; Sébastien Lespinasse, Esthétique de la noyade (PLAINE Page) ; Valère Novarina, Voix négative (P.O.L) ; Nadège Prugnard, MAMAE (Al dante) ; Sébastien Rongier, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou (Pauvert) ; Martin Winckler, Les Histoires de Franz (P.O.L)…

26 juin 2015

[Livre] Emmanuelle Pagano, Ligne & fils, par Périne Pichon

Emmanuelle Pagano, Ligne & fils. Trilogie des rives, I., POL, février 2015, 208 pages, 15 €, ISBN 978-2-8180-3556-6.

Une voix pour une histoire sur deux temps : le temps de la fabrique de Chante-Merle à laquelle Alexandre Ligne, le fils de personne, un immigré, se trouve attaché. Et le temps de la narratrice qui cherche à renouer avec son fils, dans un hôpital. Or en partant du « fil » travaillé à la fabrique, elle atteint son « fils », le point d’arrivée d’une trame généalogique dont le point de départ est la rivière, la Ligne. Le cours de l’eau, sinueux, accompagne le récit.

 

Le décor de Ligne & fils est un espace d’entre-deux. La narratrice habite une vallée parmi d’autres, avec une grande ville pas trop loin, et un paysage de roche et d’eau. La nature y rencontre l’industrie humaine. Là, les vers à soie tissent leurs cocons et produisent le fil magique, simple « bave durcie » à l’origine. Dans la fabrique dominant le paysage, les cocons sont plongés dans l’eau bouillante. Le fil est ensuite dévidé par les mains puis par les machines de l’homme. Les techniques modernes trouvent leur place au bout du fil et de la ligne. Car la soie a aussi sa généalogie.

 

La fabrique est encore là, bien connue dans notre pays, ce pays incisé de vallées presque parallèles aux creux desquelles l’eau décide des paysages. La fabrique se tient comme altière, large maîtresse, adossée depuis plusieurs siècles au versant toujours mouillé de la montagne, et mitoyenne de la rivière.

 

Les détails d’une industrie minutieuse sont racontés avec la légèreté et la délicatesse que requiert la matière. Mais le travail de la soie est rude et cruel. Les habitants de la fabrique, prisonniers d’une toile qu’ils tissent malgré eux, en font l’expérience. Les rêves d’ailleurs sont progressivement étouffés par le mouvement du fil s’enroulant sur les canettes. On s’oublie soi-même pour produire la précieuse soie.

 

La narratrice devient alors une sorte de témoin, remémorant l’histoire de sa famille, racontant les transformations du paysage et la langue de l’eau. Un témoin qui ramasse les feuilles tombées le long de la rivière, qui touche, sent, voit ce qui l’entoure avec acuité. Le style éveille les sens en peignant un microcosme rendu familier par la voix narratrice. En parque contemporaine, elle déroule du fuseau un fil vocal et liquide. L’eau est ainsi omniprésente, vivante, bouillante, courante, glaçante et chantante… Elle baigne le fil et le récit.

 

Elle crache, elle parle, elle salive.

 

À travers le je racontant, la romancière prolonge encore une tradition de conteurs. C’est une histoire racontée au bord de l’eau.

3 novembre 2013

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de novembre, vous attendent nos livres reçus (livre de la semaine à venir : Apaisement de Charles Juliet / réédition : Dictionnaire Sartre) et nos libr-événements marquants : Ritournelles #14 à Bordeaux, Festival Paris en toutes lettres, lancement du n° 11 de la revue À verse (Paris), 11e salon des éditeurs indépendants (Paris), rencontre avec Jean-Marc Flahaut à Toulouse, Christian Prigent à la Maison de la Poésie de Paris.
 

Livres reçus (FT)

â–º Charles Juliet, Apaisement. Journal VII : 1997-2003, P.O.L, en librairie le 8 novembre 2013, 357 pages, 19 €, ISBN : 978-2-8180-1800-2.

"Quand on n’a plus son ego pour piédestal, il est difficile de faire bonne figure en société" (p. 54).

Certes, le Journal de Charles Juliet n’échappe pas aux travers propres au genre : conception essentialiste du Moi et spiritualiste du langage, autocomplaisance, naïvetés, passages en politiquement-correct (très peu ici), topos, clichés et banalités…

Mais on ne peut qu’être sensible à l’acuité d’un regard qui conjugue sensibilité et intelligibilité, à l’authenticité et à la radicalité d’une expérience intérieure régie par la "nécessité d’être vrai", au refus de céder à la facilité et à l’exhibition – au "tout dire"…

Tout l’intérêt de ce 7e tome du Journal réside dans les réflexions de Juliet sur l’œuvre (retour sur L’Année de l’éveil et Lambeaux), l’écriture comme la lecture, la peinture, ou encore l’autofiction ; dans cette ouverture au monde ambiant qui fait parfois songer aux ethnotextes d’Annie Ernaux (d’où les nombreux commentaires de l’actualité et les micro-récits de vie qui attestent une véritable attention à l’Autre). Pour terminer, laissons la parole à l’auteur, à propos d’un fait de société des plus actuels : "À une époque où l’on communique de plus en plus par téléphone, fax et internet, parler d’écriture manuelle, du souci qu’on peut avoir de s’appliquer à bien écrire, peut paraître incongru. Pourtant, la manière qu’on a de calligraphier lettres et mots, n’est pas une affaire négligeable. L’écriture est en effet une projection de notre personnalité et comme telle, elle donne à voir ce que nous sommes à des regards avertis" (p. 249).

â–º Dictionnaire Sartre, sous la direction de François Noudelmann et Gilles Philippe, Honoré Champion (2004), rééd. coll. "Classiques", octobre 2013, 544 pages, 18 €, ISBN : 978-2-7453-2687-4.

Présentation éditoriale. On croit souvent Jean-Paul Sartre fâché avec l’ordre alphabétique, celui par lequel l’Autodidacte de La Nausée prétendait faire le tour des connaissances. À l’âge de vingt ans, pourtant, Sartre avait entrepris de noter ses pensées selon l’ordre imposé par un carnet alphabétique ramassé dans le métro, simple article publicitaire pour les Suppositoires Midy. Le Dictionnaire Sartre présente l’immense complexité de son parcours, en décloisonnant les domaines (littérature, philosophie, politique), en écrasant les oppositions chronologiques (écrits de jeunesse, concepts de maturité, engagements militants), en précipitant les rapprochements a priori les plus incongrus (Hugo et Huis clos ; Janet et Japon ; Le Havre et Leibniz ; Manuscrits et Maoïsme ; Morale et Moravia ; Névrose et New York ; "Parterre de capucines" et Parti Communiste…).
On trouvera ici, pêle-mêle, tous les concepts de la pensée sartrienne (des mieux connus aux plus pointus), tous les textes importants (même s’ils sont peu accessibles ou restent inédits), toutes les influences (en amont ou en aval), tous les combats, tous les secrétaires et plusieurs des maîtresses, beaucoup d’amis et presque autant d’ennemis, quelques villes et pays, quelques formules célèbres, bien d’autres choses encore.
Les quelque huit cents notices qui composent ce Dictionnaire ont été rédigées par une soixantaine des meilleurs spécialistes de la pensée et de l’œuvre de Sartre.

Entrées de Fabrice Thumerel : La Nausée comme roman réflexif et œuvre ouverte, "Salaud", Les Temps Modernes, Situations, Sartre par lui-même (film), "Je-Tu-Il" (sur L’Inachevé de Puig) ; Franz Kafka, Gabriel Marcel, Guy de Maupassant, François Mauriac, Brice Parain…

Libr-événements

 â–º Ritournelles #14, littérature/arts contemporains, du 5 au 9 novembre 2013 à Bordeaux. [Lire le programme]

Centré sur la rencontre entre l’écriture et l’art, toutes pratiques confondues, le festival Ritournelles programmé chaque automne depuis 2000 s’adresse à un public large pour une découverte de la création française actuelle. Pionnier dans le champ de la transversalité, Ritournelles crée des synergies entre les auteurs et artistes contemporains autour d’un thème central

Pour cette quatorzième édition, Ritournelles met à nouveau en scène le monde de l’art contemporain face au monde des lettres. Par le dialogue ou par l’imprégnation, écrivains et artistes de ce programme participent au renouvellement des dispositifs scéniques et réactivent notre regard sur la création.

Soucieux de proposer des rendez-vous de qualité avec le public, le festival Ritournelles accueille cette année encore des écrivains et artistes de renom : Emmanuel Adely, Olivier Cadiot, Pascal Convert, Georges Didi-Huberman, Philippe Djian, Jacques Henric, Charles Juliet, Hubert Lucot, Eugène Nicole, Charles Pennequin, Nigel Saint, Véronique Vassiliou…

Comme chaque année, le festival Ritournelles produit deux créations inédites commandées dans le cadre d’une résidence le temps du festival et diffusées à l’occasion d’une sortie publique. Nous invitons le public à découvrir également l’univers d’artistes singuliers via des expositions, des performances et des lectures de textes inédits.

â–º Festival PARIS EN TOUTES LETTRES du 9 au 17 novembre

A l’occasion de sa 4ème édition Paris en toutes lettres se transforme pour devenir le festival de la Maison de la Poésie et de son quartier. Un festival qui s’inscrit naturellement dans cette Maison « scène littéraire » qui revendique l’éclectisme et la liberté, l’hybridation et la fusion entre les genres.

Un festival littéraire fondé sur les échappées : entre les genres littéraires et les formes artistiques, entre les lieux et la géographie parisienne.

Un festival qui s’adresse aussi bien à ceux qui ont toujours un livre en poche, qu’à ceux qui découvriront le texte porté autrement par la scène, la voix, la musique, l’image…

Au programme de cette quatrième édition de Paris en toutes lettres :

Ecrivains en rencontres, lectures, performances : Philippe Djian, Emmanuelle Pagano, Sébastien Lespinasse, Vincent Tholomé, Gaëlle Obiégly, Philippe Vasset, François Beaune, Marie Darrieussecq, Thomas Clerc, Violaine Schwartz, Céline Minard, Michal Govrin, Jean-Philippe Toussaint, Valérie Mréjen, Hélène Frappat, Marcel Cohen, Chantal Thomas, Marie Richeux, Alban Lefranc…

Concerts littéraires : Christophe Tarkos par Bertrand Belin, Piaf-Cocteau par Camélia Jordana, Aimé Césaire par Tété, la bibliothèque de Jeanne Cherhal, Veence Hanao, Jacques Higelin et les écrivains, Kacem Wapalek, Babx…

Nuit acoustique : Bastien Lallemant, Laure Brisa, Pascal Colomb, Seb Martel, Vic Moan, JP Nataf, Brigitte Giraud, Sophie Maurer, Marie Modiano, Véronique Ovaldé

Lecture dessinée : Charles Berberian, Claire Braud, Emmanuel Guibert, Rupert & Mulot…

Lectures créations : Journal de H.D. Thoreau par Jacques Bonnaffé, Que font les rennes après Noël (Olivia Rosenthal) par trois comédiennes et un taxidermiste, Vous m’avez fait former des fantômes d’après Hervé Guibert, Dans l’autobus, le Musée vivant…

Et en ouverture samedi 9 novembre, le bal littéraire à la Gaîté Lyrique.
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En savoir plus et résa : www.maisondelapoesieparis.com

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CALENDRIER

SAM. 9 nov. – 17H
Love Song – Philippe Djian
Rencontre

SAM . 9 NOV . – 15H
Lecture de scénario
Gaîté Lyrique

SAM . 9 NOV. – 19H
Emmanuelle Pagano
Lecture – rencontre

SAM . 9 NOV . – 19H
Est-ce une bête, qui t’anime,
au centre ? – Sébastien
Lespinasse, Vincent Tholomé,
Maja Jantar
Bibliothèque. M. Audoux

SAM . 9 NOV . – 21H
Bal littéraire
Gaîté Lyrique

DIM . 10 NOV . – 13H
Brunch littéraire – Slam et poésie
Gaîté Lyrique

DIM . 10 NOV . – 15H
Lecture de roman
Gaîté Lyrique

DIM . 10 NOV . – 17H
Gaëlle Obiégly
Lecture – performance

DIM . 10 NOV . – 19H
Christophe Tarkos
par Bertrand Belin
Concert littéraire

DIM . 10 NOV . – 21H
Piaf / Cocteau – Camélia
Jordana, Clément Hervieu-Léger
& Donia Berriri
Lecture musicale

DIM . 10 NOV . – 21H
Philippe Vasset & Pierre-Yves Macé
Lecture – exploration sonore

LUN. 11 NOV . – 16H
Le Cabaret des histoires vraies
François Beaune & invités

LUN. 11 NOV . – 19H
Aimé Césaire par Tété
Concert littéraire

MAR . 12 NOV . – 18H
Lionel Duroy
Master class d’écriture

MAR . 12 NOV . – 19H
Il faut beaucoup aimer les
hommes, Marie Darrieusecq,
Dania Elzein & Jean-Baptiste
Lhermelin

MAR . 12 NOV . – 20H
Veence Hanao
Concert littéraire
Centre Wallonie-Bruxelles

MAR . 12 NOV . – 21H
La bibliothèque
de Jeanne Cherhal
Concert littéraire

MER . 13 NOV . – 19H
Vous m’avez fait former
des fantômes, Hervé Guibert
Par Guillaume Poix, Boris Terral,
Jean-Baptiste del Amo
& Joseph d’Anvers

MER . 13 NOV . – 19H
Thomas Clerc
Lecture – rencontre

MER . 13 NOV . – 21H
Jacques Higelin et les écrivains
Lecture musicale

MER . 13 NOV . – 21H
Le vent dans la bouche
Violaine Schwartz
& Hélène Labarrière
Lecture musicale

JEU. 14 NOV . – 18H
Faillir être flingué – Scomparo
Exposition – performance

JEU. 14 NOV . – 19H
Faillir être flingué – Céline Minard
Lecture

JEU. 14 NOV . – 19H30
L’amour sur le rivage
Michal Govrin – Rencontre
Mahj

JEU. 14 NOV . – 21H
Kacem Wapalek
Concert littéraire

VEN . 15 NOV . – 19H
Autour de Marie
Jean-Philippe Toussaint
Lecture – vidéo

VEN . 15 ET SAM . 16 NOV . – 20H
Ceinte, Henri Bauchau
Cie Théâtre de l’Estrade
Centre Wallonie-Bruxelles

VEN. 15 NOV. – 21H
Monsieur Rivière – Valérie Mréjen
& Clémence Poésy
Lecture

VEN . 15 ET SAM . 16 NOV . – 21H30
Lady Hunt – Hélène Frappat, Yann
Gonzalez & Kate Moran
Lecture

SAM . 16 NOV .
Le Musée Vivant – Robert
Cantarella & 7 comédiens
Musée de la Chasse

SAM . 16 NOV . – 17H
Marcel Cohen – Rencontre animée
par Arnaud Laporte

SAM . 16 NOV . – 19H
Chantal Thomas
Lecture – rencontre

SAM . 16 NOV .
22H ET 00H
Bastien Lallemant, Seb Martel,
JP Nataf & invités
Nuit acoustique

DIM . 17 NOV .
11H/15H/18H
Dans l’autobus
Sandrine Brunner, Kristina
Chaumont & Simon le Pape
Lecture – promenade

DIM . 17 NOV . – 12H
Brunch poétique et musical
Les Parvis Poétiques

DIM . 17 NOV . – 14H
Journal – Henry David Thoreau
Par Jacques Bonnaffé
Galerie agnès b.

DIM . 17 NOV . – 15H
Babx – Concert littéraire

DIM . 17 NOV . – 15H
Que font les rennes après Noël?
Olivia Rosenthal
Anne Théron et comédiens
Lecture – performance
Musée de la Chasse

DIM . 17 NOV . – 17H
Polaroïds – Marie Richeux
Lecture musicale

DIM . 17 NOV . – 19H
La BD à voix haute
Charles Berberian, Claire Braud,
Emmanuel Guibert, Rupert
& Mulot…

DIM . 17 NOV . – 19H
Les corps magiques
Sport et littérature
Point Éphémère

â–º Mercredi 13 novembre 2013 à 19H, lancement du numéro d’automne de la revue A verse (n° 11) à la librairie Matière à Lire. Lecture par les poètes de la revue, notamment : Irène Gayraud, Stephane Korvin, Lysiane Rakotoson, Benoit Sudreau, Clément Charnier, Maria Raluca Hanea, Fanny Didelon, Laura Fredducci, Anne-Emmanuelle Fournier, Anouch Paré (par procuration), Claire Nazikian.
20 rue Chaligny, Paris 12e. Métro Reuilly-Diderot.

â–º Rencontre et lecture à Toulouse avec Jean-Marc Flahaut, le vendredi 15 novembre à 18h00 au grand auditorium de la médiathèque José Cabanis (1 allée Chaban-Delmas, 31506 Toulouse).

â–º 11e salon international des éditeurs indépendants. L’Association L’Autre Livre vous offre, du 15 au 17 novembre 2013, la possibilité de découvrir plus de 2000 livres, qui font rarement les têtes de gondole, quelques 400 auteurs de 150 maisons d’édition dont de nombreux éditeurs de province, mais aussi belges, suisses ou canadiens.
Le salon de l’Autre Livre, devenu depuis quelques années « le salon international de l’édition indépendante », est aussi l’un des rendez-vous incontournables d’échanges entre les éditeurs indépendants : sur leur situation, celle du livre, de la lecture et de la marchandisation des biens culturels. Vous y retrouverez, entre autres : les éditions de l’Attente (C 40-42), la revue Cassandre/Horschamp

Édition 2013

Vendredi 15 : de 14h à 21h

Samedi 16 : de 11h à 21h

Dimanche 17 : de 11h à 19h 

Entrée libre

ESPACE des BLANCS MANTEAUX : 48, rue Vieille du Temple 75004 PARIS

â–º Trois jours avec Christian Prigent à la Maison de la Poésie de Paris, du 28 au 30 novembre 2013 : voir le programme.

7 octobre 2013

[Chronique] Emmanuelle Pagano, Nouons-nous, par Périne Pichon

Emmanuelle Pagano, Nouons-nous, P.O.L, octobre 2013, 208 pages, 16 €, ISBN : 978-2-8180-1954-2.

Le dernier livre d’Emmanuelle Pagano avait pris la forme d’un recueil de « nouvelles », où les personnages se croisaient et voyageaient d’un texte à l’autre, créant des passages entre les récits. Un monde était ainsi brassé par l’écriture.

Dans Nouons-nous, Emmanuelle Pagano a chaussé ses lunettes scientifiques pour explorer la relation amoureuse et ses nuances. Le fragment, forme brève et éclaté, proche du poème et de la liste, est la forme choisie pour cette exploration. Comme dans Un renard à main nues, des échos entre les textes peuvent permettre au lecteur de tisser sa propre trame en mettant en relation – puisqu’il s’agit d’un jeu autour de la relation – les indices abandonnés, sciemment ou non, par l’écrivain. Leurs longueurs varient, entre le récit s’étendant sur plusieurs pages et la phrase seule, livrant la singularité de la relation entre le « je » de la narration et le « il » ou « elle » désigné(e) par le narrateur. Le « je », cher à l’écrivaine puisqu’il se retrouve dans chacun de ses textes, est le médium via lequel s’exprime le lien amoureux. Son anonymat, sa plasticité, tant au niveau du sexe – il est parfois très difficile de repérer l’indice grammatical indiquant si le narrateur et homme ou femme – que de l’âge amène l’attention du lecteur sur ce lien ; parfois lâche, parfois serré jusqu’au « nous », signe que le nœud amoureux possède son poids, sa tension. Ainsi, le « nous » peut aussi bien signifier l’union amoureuse que l’union dans le désamour. Il est le pendant du « je », sa doublure déformée, décuplée, par la mise en couple, quelquefois bizarre et bancale. Toutefois, l’usage du « je » ne fait pas basculer le texte dans le lyrisme ou l’apitoiement. Chaque nœud amoureux est décrit d’une manière qui se veut neutre, comme une confidence sur laquelle il est inutile de renchérir par des déploiements sentimentaux. En effet, la description de la relation se focalise sur les sensations corporelles plutôt que les sentiments.

Dans toute relation, l’individu doit s’ajuster à autrui. Ce réajustement est à la fois spirituel et corporel. Il faut que la chair s’adapte à la présence d’un autre corps, mais également au lieu où cet autre corps a posé ses marques : vêtements, chambre, appartement, bureau, etc. La frontière des corps est un des terrains d’analyse de Pagano ; il est le lieu d’un contact avec l’autre, donc un point de déformation du corps, voire de transgression. Les organes sensitifs, la voix, la respiration, la peau, sont des espaces de contact avec l’extérieur, et avec les objets et les individus qui l’habitent. Il faut éprouver ces limites pour constater les traces et les ancrages du rapport amoureux. De plus, le corps possède une curieuse symétrie que le désir semble révéler, prémisse de l’agencement du nœud amoureux : lèvres, langues en bas et en haut, salive contre cyprine et sperme, poils en bas, en haut. Le corps conserve les traces d’une relation passante ou passée, mais également les points d’ancrage où l’attache amoureuse peut se faire, où le corps de l’autre peut s’attacher, se nouer. Ces points d’ancrage résident parfois dans des maladresses que l’écrivain décrit, comme une rougeur d’émotion sur un visage, une épilation oubliée qui attire le regard, etc. Mais l’agencement des corps passe également par la médiation d’objets, symbolisant par métonymie la relation. Ces objets sont retrouvés et énumérés sur la quatrième de couverture, rédigée par l’auteur. Cette liste nous met sur la piste d’un jeu de listes et d’une liste de « je » fragmenté pour peindre les nuances d’un lien complexe. La narration demeure cependant simple, essentiellement descriptive, facilitant la lecture du livre. Mais le fragment, qui tranche la page, fait buter le lecteur sur le blanc, pose une difficulté, voire une énigme sur laquelle rêvasser.

© Emilie Pothion, dessin à l’encre noire.

8 avril 2012

[News] News du dimanche

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Ne manquez pas les deux dernières nouveautés P.O.L (en librairie depuis avant-hier) : Elsa Boyer, Holly Louis, et Emmanuelle Pagano, Un renard à mains nues ! Ensuite vous attend une Libr-campagne surprise…

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21 février 2010

[News] News du dimanche : ENIVRONS-NOUS !…

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , — rédaction @ 16:19

En ces temps hivernaux, en ces temps infernaux, "ENIVRONS-NOUS !" De poésie et d’hérésie, d’érotisme et d’éréthisme… Cette livraison spéciale des NEWS vous invite à lire Bernard NOËL, Les Plumes d’Éros ; Emmanuelle PAGANO, L’Absence d’oiseaux d’eau ; Clara ELLIOTT, Strangulation blues (édition de Sylvain Courtoux) ; Sylvain COURTOUX, Vie et mort d’un poète de merde. /FT/

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6 novembre 2008

[Revue] TINA n°1

  TINA, There is no alternative —  Littératures, n°1, ed. è®e, 190 pages. ISBN : 978-2-915453-58-5. 10 € [blog TINA].

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