Libr-critique

30 septembre 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de septembre, nos Libr-12 ; mais auparavant, Hommage à Pascale Casanova dans nos Libr-brèves

Libr-brèves

â–º Nous venons d’apprendre avec une grande tristesse – par Jean-Pierre Salgas – la mort de Pascale Casanova (1959-2018), qui avait participé à notre premier volume Manières de critiquer, quelques années avant le lancement de Libr-critique.com : elle représentait un âge d’or de France Culture ; c’était une critique exigeante qui s’inscrivait dans la perspective de la sociologie critique de Pierre Bourdieu.

â–º À découvrir sur le Net : le dossier que Laure Gauthier a lancé sur Remue.net, « Poésie et musique aujourd’hui »

â–º À ne pas manquer le 11 octobre : une ciné-séance Belle Époque, comme si vous y étiez…

Libr-12

En cette période pénible de palmarès et listes de nominés aux prix de novembre, LC vous propose 12 livres qui comptent et que nous vous recommandons vivement.

► Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du Réel/Al dante, été 2018, 96 pages, 10 €.

► Véronique BERGEN, Tous doivent être sauvés ou aucun, éditions ONLIT, septembre 2018, 272 pages, 18 €.

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, été 2018, 86 pages, 10 €.

► Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, été 2018, 192 pages, 17,90 €.

► Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, mai 2018, 162 pages, 14 €.

► Pierre GUYOTAT, Idiotie, Grasset, août 2018, 256 pages, 19 €.

► Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, septembre 2018, 264 pages, 20 €.

► Hans LIMON, Poéticide, Quidam éditeur, paraît en ce début octobre 2018, 96 pages, 13 €.

â–º Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube en 2888 kms/vers… l’infini, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

â–º Valère NOVARINA, L’Homme hors de lui, P.O.L, septembre 2018, 160 pages, 14 €.

► Jean-Claude PINSON, Là (L.-A., Loire-Atlantique), Joca séria, été 2018, 280 pages, 19,50 €.

► Jacques SICARD, Suites chromatiques, éditions Tinbad, septembre 2018, 152 pages, 16 €.

26 août 2018

[News] Libr-vacance 2018/2

Tandis qu’on nous serine que « c’est la rentrée » – « littéraire », entre autres -, efforçons-nous de nous maintenir encore un peu en état de libr-vacance : avec tout d’abord la rubrique « En lisant, en zigzaguant », puis avec douze invitations à la lecture…

En lisant, en zigzaguant…

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel [dystopie ultramoderne] :
« Je suis la nouvelle Eve, le fantasme incarné
Je suis la nouvelle chair, virale et délectable
Je suis ton désir, au plus profond de l’absence du désir
Je suis le futur de ton corps dès lors
que tu me baises
Je suis la nouvelle Eve, la nouvelle ère,
le corps mutant qui peut sauver l’humanité […] ».

« L’altérité de la chair est déclencheur des fantasmes de la différence, des fantasmes qui déclenchent les angoisses. La différence est intrusion dans la sécurité qui nous est nécessaire. Ils ont été le cancer de notre humanité, notre immunité les a pulvérisés. Au karsher, nettoyer tout espace de leur présence, au napalm les brûler vif dans la moindre contrée » (Editions Supernova, été 2018, p. 46 et 79).

► Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans [épopée cosmopoétique] :
« dedans dix mille êtres dedans
en terre les mots
dedans dix mille êtres dedans
ont terre à dire
en boucle
tourne tourne
pas toujours rond dans la tête
tourneboule en tête à terre
tourneboule bulbe s’accumule
pelote pelotonne aux pliures
encoincements
empilements de vésicules » (COLOR GANG, été 2018, p. 31).

Libr-12 : LC a reçu, lu et vous recommande

* Pascal Durand et Tanguy Habrand, Histoire de l’édition en Belgique : XVe – XXIe siècles, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, mai 2018, 576 pages, 26 €.

* Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III/Presses du Septentrion, n° 329 : « Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles », printemps 2018, 296 pages, 28 €.

* La Revue des revues, n° 59, printemps 2018, 128 pages, 15,50 €.

* Frédéric ACQUAVIVA, The 120 days of music, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s.p., 15 €.

* Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 96 pages, 10 €.

* Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans, estampes de Nadège Druzkowski, éditions COLOR GANG (66), été 2018, 64 pages, 13 €.

* Jalal EL HAKMAOUI, Ce que je n’ai pas dit à Bob Dylan, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 48 pages, 8 €.

* Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, éditions Inculte, août 2018, 192 pages, 17,90 €.

* Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, août 2018, 264 pages, 20 €.

* Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

* Antoine SIMON, C’est Rimbaud qu’a foutu la merde, Parole Auteur, Toulon, 154 pages, 12 €.

* Frédéric VALABRÈGUE, George Brecht, histoire d’un effacement, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, 120 pages, 15 €.

2 avril 2018

[News] Libr-news

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 20:51

Tout d’abord, notre nouvelle rubrique, inaugurée le mois dernier : "En lisant, en zigzaguant…" Puis, de Charybde en Scylla : Agenda de la Librairie Charybde, de Patrice Robin et de Lucien Suel.

En lisant, en zigzaguant…

♦ "Ne sommes-nous pas, dans notre courte nation hexagonale tracée au cordeau, ne sommes-nous pas, nous aussi, victimes d’une amnésie, d’un faux décor, d’une reconstruction simpliste du passé ?" (Valère Novarina, Voie négative, P.O.L, 2017, p. 19).

♦ "Il y a les migrations provoquées par les guerres, on appelle ça des exodes. Et il y a les migrations des barbares, on appelle ça des invasions. Les exodes, c’est quand beaucoup de gens partent en exil, et l’exil, c’est quand on peut demander l’asile. Pour demander l’asile, il faut un papier, une carte de vœux, une invitation. Sans invitation, on appelle ça une invasion" (Marina Skalova, Exploration du flux, Seuil, en librairie ce jeudi 5 avril, 2018, p. 16).

Libr-brèves

â–º Agenda de la Librairie CHARYBDE

♦ Mercredi 4 avril à 19H, Alan Parks viendra en compagnie de son traducteur Olivier Deparis présenter son impressionnant Janvier noir paru aux éditions Rivages ("Bloody january" en V.O.), une plongée dans le Glasgow noir des années soixante-dix du siècle précédent.

♦ Jeudi 5 avril à 19H30 : Julia Deck, l’auteure du très remarqué Sigma, brillant roman puzzle sous le signe des espions et de la quête d’un tableau disparu (2017 aux éditions de Minuit), sera le libraire d’un soir, avec une très belle sélection de sept livres qui lui tiennent particulièrement à coeur. [Ce qu’écrit Charybde 7 au sujet de "Sigma" peut être lu ici].

♦ Vendredi 6 avril à 18H, l’invité sera Marc Voltenauer, à l’occasion de la sortie de Qui a tué Heidi ? paru aux éditions Slatkine. On y retrouvera Andreas, policier à Lausanne, Mickaël son compagnon, et l’on fera entre autres connaissance avec Litso Ice (tueur à gages) et Yodi (vache Simmental). [Rencontre suivie d’une soirée autour d’un verre au café Le Commerce : 33 boulevard Reuilly 75012 Paris]

♦ Mercredi 11 avril, Thomas Giraud évoquera La Ballade silencieuse de Jackson C. Frank, un récit qui imagine ce qu’a pu être la vie de cet auteur compositeur interprète folk américain – contemporain de Bob Dylan – à travers ses drames, ses hasards, ses rencontres… et qui tente de comprendre comment il a pu concevoir son seul et unique album avant de tomber dans le silence et l’anonymat.

♦ Le jeudi 12 avril, chez les partenaires de Ground Control et dans le cadre du Ground Flore Café, Eric Arlix répondra à diverses questions sur son tout nouveau Terreur Saison 1 et en lira un extrait en situation. 

♦ Une rencontre aura exceptionnellement lieu le lundi 16 avril à 19h30, en compagnie de Anne-Sylvie Homassel, Stéphane du Mesnildot et Julien Rousseau : seront célébrés ce soir-là "les Fantômes d’Asie" à l’occasion de l’exposition "Enfers et fantômes d’Asie" organisée sous la direction de Julien Rousseau et de Stéphane du Mesnildot à partir du 3 avril au musée du quai Branly.

♦ Le jeudi 19 avril à 19h aura lieu, cette fois-ci chez les partenaires de Ground Control, une rencontre avec le poète Seyhmus Dagtekin, dont le manifeste Sortir de l’abîme vient de paraître au Castor Astral.

â–º Patrice Robin sera en résidence à la Villa Marguerite Yourcenar (Saint-Jans-Cappel, 59) du 3 au 30 avril 2018.

Avec, entre autres, 2 soirées ouvertes au public :
– Apéro littéraire au village du livre d’Esquelbecq en compagnie d’Anaïs Llobet et Paola Pigani (en résidence également).
– Dans le cadre du festival "Résonances" : Ecrivains & Engagement(s), avec Anaïs Llobet et Paola Pigani. Animation : Alexandra Oury, journaliste littéraire – Villa Marguerite Yourcenar.

 

â–º Agenda de Lucien Suel :

– TOURNAI, 7 avril, festival « Poésies Moteur » #2, une heure de performée (anthologie de ses poèmes) : Vitrine Fraîche, rue de la Cordonnerie.

– SAXON-SION (Meurthe et Moselle), 21 avril, à 20h, Cité des Paysages dans le cadre du festival POEMA, lecture en duo avec le contrebassiste Louis-Michel Marion.

– OIGNIES, 31 mai, à 19h au 9-9bis, Pôle Patrimoine, , Regards sur le bassin minier, avec les photographies de Patrick Devresse, lecture (20 mn) « Les Terrils ».

– BETHUNE, 23 juin, signature au Furet du Nord pour Angèle ou le Syndrome de la wassingue aux éditions Cours-Toujours.

– SAINS EN GOHELLE, 8 septembre, présence au Salon du Livre.

– LUMBRES, 18 novembre, 10h – 18h, présence au Salon du Livre organisé par Graines de culture.

Voici les titres des ouvrages qui devraient paraître cette année : aux éditions Henry : « Sur ma route » (poésie) ; au Dernier Télégramme : « Les Vers de la Terre » (journal 2012-2017).

1 avril 2018

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche d’avril, RV avec Eric Arlix, la revue Fourbi et Marina Skalova. À ces Libr-événements succède un Libr-7 : 7 invitations à une lecture passionnante…

Libr-événements 

â–º Jeudi 5 avril à 18H30 : Lecture d’Éric Arlix, Terreur, saison 1.

â–º Mardi 10 avril à 19H15, ENT’REVUES (4, rue Marceau 75008 Paris) : Lectures, rencontres, surprises.  Le Fourbi fête son N° 7 : "Le bout de la langue"
Avec Frédéric Fiolof, Hugues Leroy, Zoé Balthus, Anne Maurel, Tristan Felix, Camille Loivier, Laure Samama & Carl Frayne, Adam David, Fidelia Muto Rubio, Emmanuel Benito (as Prince).

â–º Mercredi 11 avril à 18H, Librairie Les Abbesses (Paris) // Samedi 14 avril à 12H, Librairie Le Parnasse à Genève : Marina Skalova, Exploration du flux / vernissage.

Quatrième de couverture. A partir de la notion de flux, si employée, si dévoyée dans le grand bavardage, Marina Skalova retrace l´emballement qui a conduit l´Europe à abandonner sa politique d´asile, et ce faisant à renoncer à elle-même, elle qui s’est construite sur l’idée du " plus jamais ça ". Flux migratoires, flux des échanges financiers, flux corporels et flux marins se trouvent tous pris dans le même mouvement – un flux qui nous déborde et dans lequel on pourrait bien un jour se noyer. Il est difficile de trouver une terre ferme sur laquelle poser ses chaussures. On cherche des mots auxquels se raccrocher. Mais les mots ne sont pas des bouées. Pourtant, les mots de ce livre nous réveillent, et nous rappellent de quoi, jour après jour, nous sommes devenus, souvent malgré nous, les complices. C’est parfois le sens de la littérature : réveiller. 

Libr-7 (LC a lu et recommande ces 7 livres parus au premier trimestre 2018)

 

â–º Julien Boutonnier, M.E.R.E, éditions Publie.net, coll. "Poésie/L’esquif", 496 pages, 25 €.

Après Ma mère est lamentable, parue chez le même éditeur en 2014, M.E.R.E est un abécédaire lacunaire (manquent les lettres Q, V et X) pour dire le manque dans les blancs et jeux typographiques. Un exercice de virtuose !

â–º Aurélien Marion, AdolescenZ, biotoputopie, Caméras animales, 72 pages, 10 €.

AdolescenZ, comme en son temps ExistenZ de David Cronenberg (1999)…
Adolescence : aptitude à la désertion…
Ados : "Les ados font p/utopie : rencontres excessives de présences, / joyeuse mousse d’affects, urgentes trouées orgiaques" (p. 22). Guerriants, mutireurs, piroètes dont les "putopies font respirer l’imaginaire" (61-62)…

â–º Philippe Maurel, Mélancolie des données, Publie.net, coll. "Poésie/L’esquif", 80 pages, 11 €.

La disparition du poème a cette fois une cause : "Comment meurent les poèmes ? / De panne logique ou physique" (13).
Dans ce triptyque ("Récupération des données", "Reset" et "Hyperpoèmes"), il est question, entre autres, de la poésie, des données et des activités du trader.
L’hyperpoème comme un mixage des données.

â–º Joachim Séné, La Crise, suivie de Je ne me souviens pas (réédition), Publie.net, 142 pages, 12 €.

Anaphores, polyptotes ou épanadiploses ressortissent à un dispositif critique que l’on peut nommer ARN (Agencement Répétitif Neutralisant). Cette neutralisation de l’idéologie dominante – y compris dans ses effets projetés – s’avère des plus salutaires :
"LA CRISE est la seule réponse possible à LA CRISE" (19).
"JE NE ME SOUVIENS PAS du dernier glacier, ni de la dernière île" (105).

â–º Joachim Séné, C’était (réédition), Publie.net, 122 pages, 14 €.
Retour sur une année de travail sous la forme d’une litanie : 53 semaines évoquées… TODO or not TODO, that is the question… Une charge terrible contre le monde du travail.

â–º Marina Skalova, Exploration du flux, Seuil, en librairie le 5 avril 2018, 78 pages, 12 €. [Extrait sur Libr-critique]

Notre XXIe siècle conjugue les flux pour le meilleur, mais surtout pour le pire : flux financiers, migratoires, communicationnels… En fin de compte, dans la forteresse de notre corps comme de notre monde, "tout circule, le sang, le sperme, les eaux, la merde" (18)…
La crise migratoire est traitée du 11 septembre 2015 au 8 mars 2016 dans cet apologue critique qui télescope les isotopies pour faire déraper les significations.

â–º Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes littéraires, CNRS éditions, 400 pages, 25 €.

Une approche bourdieusienne pointue sur un moment trouble de l’histoire littéraire peu étudié : la crise politique de Mai 68 relance les stratégies révolutionnaires des avant-gardes (revues, comités, groupes… positionnements politiques divers).

18 février 2018

[News] News du dimanche

En cet avant-dernier dimanche de février, à vos agendas : RV avec le nouveau site des éditions Rencontres, Chaos de M. Brosseau… au Lieu unique à Nantes pour un concert-lecture, à Tourcoing pour un Hommage à P.O.L, à Villerbanne pour une soirée poétique… à Paris avec B. Fern et L. Fourcaut, à La Colonie autour de Lectures de prison

â–º Réapparition du site des éditions RENCONTRES, où l’on trouvera des joyaux : coffret DVD Aymé/Pey, livres de Blaine, Gleize, Pazzottu, etc.

â–º Avant que la chronique d’Alain Jugnon ne soit publiée cette semaine, voici les dates à retenir autour du roman de Mathieu Brosseau, Chaos :

– une rencontre à la librairie Charybde avec Hugues Robert le jeudi 8 mars à 19h30 ;

– lecture performance avec Jean-marc Bourg : le 14 mars au Trempolino à Nantes ; le 15 mars à la médiathèque de Herbignac ; le 16 mars au Dôme de Saumur ; et le 30 mars
à la Maison de la Poésie de Paris, une lecture musicale avec Olivier Mellano.

â–º Mercredi 21 février à 19H30, Le Lieu unique à Nantes :

Concert-lecture avec Éric Arlix (poète), Serge Teyssot-Gay (guitare) et Christian Vialard (synthés). Présentation : Yves Arcaix.

Golden Hello est le terme utilisé en anglais pour « prime de bienvenue », cette dernière concerne uniquement les managers de très haut niveau. Les textes, aux sujets très différents, dressent un portrait du monde contemporain et d’individus qui luttent, chacun à leur manière, pour leur survie.

â–º Jeudi 22 février au Fresnoy de Tourcoing (59) : Hommage à P.O.L !

En hommage à Paul Otchakovsky-Laurens, une projection de "Editeur", son dernier film sorti fin novembre 2017, aura lieu dans la grande salle de cinéma du Fresnoy à Tourcoing. Celle-ci sera suivie d’un échange avec Jean-Paul Hirsch, proche collaborateur de Paul Otchakovsky-Laurens, et les auteurs P.O.L Kiko Herrero, Patrice Robin et Patrick Varetz.
Il s’agit ici d’honorer la mémoire d’un grand éditeur, mais aussi d’un homme de cinéma : Paul Otchakovsky-Laurens a été pendant plusieurs années président de la commission d’avance sur recettes du CNC, et la maison P.O.L publie depuis 1992 la revue de cinéma Trafic, créée par Serge Daney.
Après "Sablé-sur-Sarthe, Sarthe", "Editeur" est son second film.

â–º Dimanche 25 Février 18h, à Bubble Art (28 rue Anatole France 69100 – Villeurbanne) : soirée poétique avec Guillonne Balaguer, Alice Calm, Georges Chich, Patrick Dubost, Isabelle Pinçon, Brigitte Baumié, Claude Yvroud, Laure Viel, Béatrice Brérot, Pierre-Alain Gourion.

Prix d’entrée : 10€ – tarif réduit : 5€

â–º Jeudi 1er mars à 19H, Bruno Fern / Laurent Fourcaut : lectures croisées (Café de la Mairie : 8, place Saint-Sulpice 75006 Paris).

Bruno Fern lira des extraits de "L’air de rin" (Louise Bottu, 2016) et de son prochain livre à paraître aux mêmes éditions, "Suites". Laurent Fourcaut lira des extraits de "Joyeuses Parques" (Tarabuste, 2017) et de "Or le réel est là…" (Le Temps des cerises, 2017).

â–º Mercredi 14 mars, rencontre à La Colonie de 19h à 21h (128, rue Lafayette 75010 Paris) autour de Lectures de prison (éditions Le Lampadaire), ouvrage consacré à l’histoire des bibliothèques de prison et à l’accès (ou au non-accès) des personnes détenues à la lecture. Au cours de cette rencontre, il sera question des problématiques liées à la lecture en prison, mais aussi des choix éditoriaux qui ont présidé à la conception du livre ‒ archives, documents bruts, inventaires, listes – et de leur effet sur la réception de l’ouvrage.

Programme du 14 mars

Lectures de prison. De la recherche documentaire à la poétique du document

Intervenants
. Jean-Lucien Sanchez, historien : La pratique de la lecture en prison, XIX-XXe siècle
. Séverine Vincent, comédienne et collaboratrice d’Olivier Brunhes : Théâtre en prison, documenter le vivant
. Muriel Pic, écrivain : Le démon fugitif des minutes heureuses. Poésie (et) documentaire
. Philippine Chaumont et Thomas Bellegarde, graphistes : Design des Lectures de prison

Lectures de prison
Contributeurs
Préface : Philippe Claudel. Postface : Jean-Lucien Sanchez. Ouverture des chapitres : Philippe Artières, Jean-Louis Fabiani, Guillaume de la Taille, Marianne Terrusse, Claude Poissenot.

10 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de septembre, la suite de vos RV de fin d’été : Eric Arlix, Thomas Déjeammes, Le Grand Os, Carole Aurouet à la Maison Prévert, Bruno Fern, Valère Novarina, le trio Bory/Bobillot/Demarcq…

â–º Mercredi 13 septembre 2017 à 20H, Eden à Charleroi (Bd Jacques Bertrand) : Eric Arlix, Golden Hello (5 €).

Concert-lecture conçu à partir de situations et d’aventures tirées des écrits hyperréalistes d’Eric Arlix (écrivain chercheur de formes-lecture) et mis en musique par Serge Teyssot-Gay (ex Noir Désir, Interzone-guitare) et Christian Vialard (créateur sonore-électronique).

Golden Hello est le terme utilisé en anglais pour « prime de bienvenue », cette dernière concerne uniquement les managers de très haut niveau. Ces textes, aux sujets très différents (une supérette, une vidéo, un hashtag…) dialoguent avec les ambiances électro-free-rock distillées par les musiciens, dressent un portrait critique du monde contemporain et d’individus qui luttent, chacun à leur manière, pour leur survie.

â–º Jeudi 14 septembre à 19H, Rezdechaussée à Bordeaux (66, rue Notre-Dame) : vernissage de l’Exposition de Thomas Déjeammes.

« 198 120 062 017 » est une fiction autobiographique d’anticipation à travers le médium photographique et plus particulièrement à travers la photographie argentique. Ce projet regroupe différents travaux de l’artiste allant d’agencements réalisés à partir de bouts d’essais jusqu’à l’image idéalisée au moyen format.
Ce projet s’ancre dans la ville de Bordeaux et ses alentours. A la quête des traces du passé dans le présent, ces mises en relation photographiques mais aussi sonores, élaborées avec la complicité des Morphogénistes, explorent notre rapport au temps et notre construction personnelle dans un lieu, à travers nos transformations silencieuses journalières. De 1984 de Georges Orwell à La jetée de Chris Marker en passant par Point de vue du Gras de Nicéphore Niépce, au pictorialisme … Thomas Déjeammes fait surgir dans un paysage à la fois mental et concret, nos «constellations d’impasses » (A. Artaud), retravaillant ainsi une mémoire collective, individuelle, historique, personnelle, photographique, d’un presque même lieu.
L’œuvre de Thomas Déjeammes cherche la variation, au sens musical, en tirant partie de ses projets existants. Il fait évoluer ses diverses recherches selon les rencontres et les lieux de ces rencontres.
http://thomasdejeammes.fr/
https://www.morphogenistes.org/
http://rezdechaussee.org/evenements.php

Exposition ouverte du mercredi au samedi de 14h à 19h
Sur rendez-vous en dehors au 0664618887
Vernissage / jeudi 14 septembre, 19h.
Lecture performée de l’artiste / samedi 30 septembre 18h dans le cadre du WAC

â–º Vendredi 15 septembre à 19H30, Texture Librairie (94, Bd Jean-Jaurès 75019 Paris) : Rencontre avec les Inaperçus (Manon/Obernand/Bouquet/Riboulet)

Jours redoutables, en présence de Christophe Manon et Frédéric D. Oberland
Or, il parlait du sanctuaire de son corps en présence de Mathieu Riboulet (sous réserve)
Les Oiseaux favorables en présence de Stéphane Bouquet et d’Amaury da Cunha

â–º Chez René, bazar littéraire Cave Poésie Toulouse du 15 au 17 septembre. Le Grand Os y sera avec ses livres samedi 16/09 – 11h-19h / dimanche 17/09 – 11h-18h

Lecture de "Génial et génital" 
du Cambodgien Soth Polin
par la comédienne Nathalie Vinot

le samedi 16 à 14h (entrée libre)

â–º A l’occasion des Journées européennes du patrimoine les 16 et 17 septembre 2017, la Maison Jacques Prévert vous accueille pour une visite libre et gratuite de la dernière demeure du poète. La maison du Val, c’est à la fois celle de l’artiste, où l’on marche dans les pas de Jacques Prévert, et un musée, présentant des œuvres originales et des expositions. Le samedi 16 septembre, à partir de 14h30 : rencontre avec Carole Aurouet, spécialiste de Jacques Prévert et auteur de nombreux ouvrages sur l’artiste, pour une séance de dédicace.

â–º Samedi 16 octobre à 14H30 : Lecture de Bruno Fern à la Médiathèque d’Argentan (1-3, rue des redemptoristes), avec le guitariste Guillaume Anseaume.

â–º Du 20 Septembre au 15 Octobre 2017 (du mardi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h) : L’Homme hors de lui, création à La Colline ( Petit Théâtre ; durée : 1h10 environ), texte, mise en scène et peintures de Valère NOVARINA ; avec Dominique Pinon.

Musique : Christian Paccoud / Ouvrier du drame : Richard Pierre/ Collaboration artistique : Céline Schaeffer / Lumières : Joël Hourbeigt / Scénographie : Jean-Baptiste Née / Dramaturgie : Roséliane Goldstein / Production/diffusion : Séverine Péan / PLATÔ / construction du décor : Atelier de La Colline.

 

« Les hommes ne parlent que rarement à eux-mêmes, et jamais aux autres, des choses qui n’ont point reçu de nom. » (Albert Fratellini)

Valère Novarina est à la langue ce que la mécanique quantique est à la science. Sa manière de creuser les mots, dérouter les phrases, libérer la pensée, crée une musicalité qui ouvre les sens et d’où surgissent des perspectives inattendues.

Il est surprenant à chaque instant parce qu’il est inventif, jubilatoire et tragique, métaphysique et burlesque. Marie-José Mondzain dit de cet artiste : « Si son théâtre est énigmatique ce n’est pas parce que Novarina est un homme du secret ou de l’ésotérisme, mais parce que c’est un homme de la révélation. Mais il s’agit de la révélation de l’homme par l’homme dans ce qu’elle a d’aveuglant, d’apocalyptique, d’explosif et de déroutant ».

Après L’Origine rouge en 2000, La Scène en 2003 et L’Acte inconnu en 2007, L’Homme hors de lui, monologue « invectif » sera répété et créé à La Colline. Pour cela, Valère Novarina retrouve Dominique Pinon qui saura donner aux lettres du livre leur pleine vérité concrète et leur liberté rythmique.

Un homme entre, écoute les herbes, s’adresse aux rochers et à nos trois cents yeux muets. Il donne des noms nouveaux aux insectes, aux oiseaux. Il se pose cinq questions ; lance en l’air quatre cailloux qui ne retombent point.
La parole écrit dans l’air.

â–º

11 avril 2010

[News] News du dimanche

Que vous soyez ou non en vacances, vivez avec nous votre Libr-printemps : "Retour sur Novarina" ; "Mathieu Brosseau dans sa disparition" ; "Christophe FIAT dans tous ses éclats" ; "Livres reçus" (Éric Arlix/Jean-Charles Massera, Le Guide du démocrate ; Calligrammes et compagnie, etcetera).

(more…)

6 novembre 2008

[Revue] TINA n°1

  TINA, There is no alternative —  Littératures, n°1, ed. è®e, 190 pages. ISBN : 978-2-915453-58-5. 10 € [blog TINA].

(more…)

18 novembre 2007

[Livre + chronique] Zone de combat, Hugues Jallon


Hugues Jallon, Zone de combat, éditions Verticales, 139 p.
ISBN : 978-2-07-078462-2 // Prix : 13 € 90.
[site des éditions] (more…)

12 septembre 2007

[Entretien écrit] Eric Arlix à propos des éditions è®e

Filed under: entretiens,UNE — Étiquettes : , , , — Hortense Gauthier @ 7:20

arlix.gif Eric Arlix est écrivainil a publié [Et Hop] en 2002 et [Mise à jour] en 2003 aux éditions aldante et [le monde jou]en 2005 aux éditions verticales , il dirige les éditions è®e qu’il a créées et la collection Et hop aux éditions IMHO.

[HG] De quoi est né ton désir d’édition, ton désir d’éditeur ? Quelle envie, quel impératif, quelle nécessité t’a poussé à te lancer dans cette aventure ?
[EA] C’est juste contextuel, une sorte d’occasion, une envie et un désir aussi évidemment de voir en librairie les bons livres et pas que les mauvais. Je n’ai pas une vision professionnelle et carriéristes du métier d’auteur ou d’éditeur que j’exerce en ce moment, je suis avant tout artiste, un chercheur qui utilise des outils d’agencements de symboles pour lire, critiquer, découvrir le monde.

[HG] Qu’entends-tu par ce tire ère ? une réflexion sur l’époque, une manière de positionner dans le contemporain et en même temps dans un temps long ?
[EA] Oui c’est ça.

[HG] Le r entouré, est-ce une façon de créer non seulement un titre, mais un label, une marque ? Mais c’est aussi une façon de souligner l‘importance de la question économique, en faisant un clin d’œil à la logique marchande qui est censée fonder toute entreprise commerciale, et éditoriale ?
[EA] Trouver un titre ce n’est pas simple, oui c’est une marque, un label, une entité intellectuelle et commerciale, une manière d’assumer l’aspect commercial mais avec une certaine éthique.

[HG] Comment envisages-tu ce rapport entre l’économie et le littéraire dans le contexte actuel de l’édition, mais aussi de façon plus générale ? Il me semble que tu as trouvé une formule intéressante au niveau des supports de publication, à la fois papier et numérique, à la fois sur CD et DVD, mais aussi sur le net, avec bientôt des podcasts et des mp3 à télécharger sur le site, que représente pour toi ce rapport à l’économie matérielle de la création et des supports de diffusion ?
[EA] La marchandisation de la culture entamée au début des années 1980 est maintenant totalement opérationnelle. Seule l’activité hyper rentable et commerciale est tolérée dans l’édition aujourd’hui. Les gros éditeurs ne font de « l’expé » ou de la « littérature contemporaine critique » que s’ils ont des financements du CNL ou si ces livres ne dépassent pas 1% de leur catalogue. Pour internet ou d’autres supports (matériels ou immatériels) l’édition française est carrément moyen-âgeuse et totalement réactionnaire, les grands éditeurs ne peuvent tolérer plus de 3 lignes d’extraits de leurs livres sur leur site alors des fichiers numériques gratuits ça les faits bondir. Un grand éditeur de « gauche » (d’une certaine gauche) me disait récemment qu’un papier dans Elle est un pur bonheur pour un éditeur, ça en dit long sur le niveau de désenchantement d’une profession qui est passé d’Intellectuel à Épicier. S’intéresser à l’art c’est forcément partager des idées, d’une manière ou d’une autre, et le « payant » et le « gratuit » ne s’oppose pas, ils sont hyper complémentaires, peu de personnes le comprennent actuellement, qu’elles soient grosses ou petites, les communautés artistiques restent sectaires, corporatistes et prétentieuses.

[HG] La question du numérique semble en effet incontournable, quelles en sont les implications, les enjeux à la fois économiques, littéraires et politiques ?
[EA] Sans même parler des enjeux économiques, littéraires et politiques, je dirais qu’il s’agit juste de bon sens, d’une cascade d’évidences, partager des données quoi de plus évident ?

[HG] Comment pourrais-tu définir la ligne éditoriale de è®e ? Tu publies à la fois des écrivains, des universitaires, des chercheurs, des artistes… croiser, confronter des disciplines, des horizons de réflexions hétérogènes, c’est pour toi une façon de s’attaquer au réel par tous ses côtés ?
[EA] Oui. La ligne éditoriale est généraliste mais chaque projet est sélectionné pour son aspect critique ou inattendu ou décalé. Nous nous intéressons par exemple aux révoltes ouvrières mais il n’y avait aucun intérêt à publier le 48eme livre sur les Canuts, par contre il n’existait aucun livre en français sur les Luddites il semblait donc indispensable d’en publier un. Oui è®e à pour ambition d’être un outil au croisement de plusieurs disciplines, d’horizons de réflexions hétérogènes. Outil parce que nous attendons des auteurs qui travaillent avec nous qu’il s’appuie sur è®e pour travailler et non qu’ils attendent de nous une simple commercialisation de leurs projets. C’est pour cela que certaines collaborations s’arrêtent vite alors que d’autres continuent.

[HG] Mais c’est aussi une façon de décloisonner la pensée, et de créer un espace de réflexion ouvert, qui ne se situe pas dans les arènes officielles, médiatiques, universitaires, etc… ?
[EA] Oui.

[HG] Tu as crée une collection « chercheurs d’ère » de recherche en philosophie et en sciences sociales, animée par Vincent BOURDEAU, François JARRIGE et Julien VINCENT, que signifie pour toi le fait de s’emparer de ce champ, ou de pénétrer dans ce champ de la recherche, bien trop confinée à des spécialistes, à des cénacles ? Pourrais-tu nous présenter ces trois animateurs ?
[EA] Des milliers de livres passionnant en sciences humaines et sociales sont publiés chaque année à travers le monde et la France est un pays totalement à la ramasse incapable de traduire ce flux, juste les quelques stars incontournables. Ces trois jeunes chercheurs (histoire et philosophie politique) lisent ces livres, voyagent, collaborent et vont « profiter de l’outil è®e » pour publier de 2 à 4 livres par an et une bulletin numérique assurant un travail de veille en sciences humaines et sociales.

[HG] Les genres et les formats sont variés, fictions, essais, narration collective, revue, projets multimédias, et cinématographiques, DVD, créations sonores, è®e est à la fois dans une dynamique transdisciplinaire, tout en étant très pointue dans ses choix, comment parviens-tu à être dans cette ouverture en même temps que dans cette exigence ? Comment sélectionnes-tu les travaux ? Qu’est-ce qui fait le lien pour toi entre tous les créateurs, penseurs, écrivains que tu soutiens ?
[EA] Il n’y a pas de « casting » ou de plan précis mais une situation générale de la marchandisation de la culture qui exclue les projets les plus critiques ou atypiques des circuits de diffusion et de commercialisation. Dans ce contexte improbable et « totalitaire » ou les « marques » dictent leurs lois mieux vaut savoir ce que l’on fait vraiment. Pour è®e il n’y a pas pour l’instant de « manifeste », de lignes clairement définies, juste l’envie de maintenir un outil critique en état de marche au milieu des ruines (de l’art, du monde). Un outil qui se perfectionne et dont les utilisateurs amènent de nouveaux schémas à redéployer.

[HG] Une œuvre d’art, un texte littéraire, un texte philosophique ou de sciences humaines sont tous au même titre des vecteurs d’investigation du réel qu’il faut rassembler, confronter pour pouvoir être vraiment en prise avec l’époque ?
[EA] Oui

21 avril 2007

[chronique spéciale élections] à propos de Changer tranquillement la France et de avril-22

[présentation générale de Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c’est possible, du coll. Inculte]
[présentation générale de Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, coord. par Alain Jugnon]
inculte_election.jpg [Cette chronique, qui problématise Changer tranquillement la France et Avril-22, est en fait une analyse de certains enjeux du rapport entre littérature, politique et peut-être démocratie]
Engagement ? — François Bégaudeau dans Devenirs Roman, exprime dans son article Les engagés ne sont pas légion, que la littérature a un problème face à la question politique, au sens où la question du politique dépasserait “le seuil de tolérance” que la littérature pourrait accepter, et en ce sens elle en serait trop “hétérogène”, au point que la littérature ne pourrait pas “suturer” l’écart qui pose en distance cette problématique.
avril_22.png Avec la sortie d’une part de Changer tranquillement la France de toutes nos forces c’est possible, par le collectif Inculte dont F. Bégaudeau fait partie, et d’autre part Avril-22, ceux qui ne préfèrent, aux éditions Le grand souffle, apparaît justement deux formes possibles de compréhension du rapport entre la littérature et le politique.

Lorsque l’on fait face d’un côté au livre publié par Inculte, de l’autre au livre publié par les éditions Le grand souffle, si tous les deux posent à la fois l’exigence d’une forme d’engagement politique et le rapport entre politique et littérature voire philosophie pour le second, toutefois, ils se présentent chacun d’une manière différente. Il me semble, et c’est ce que je vais essayer de montrer, que ces deux démarches hétérogènes dans la forme, toutefois rejoignent une même question qui pourrait se poser en rapport à celle de la démocratie liée à la littérature tel que Derrida l’a posée, au sens où “l’affirmation sans limite de ce droit inconditionnel à une pense affranchie de tout pouvoir, et justifiée à dire ce qu’elle pense publiquement […], c’est une figure de la démocratie, sans doute, de la démocratie toujours à venir, par delà ce qui lie la démocratie à la souveraineté de l’État-nation et de la citoyenneté” [Inconditionnalité ou souveraineté, ed. Patakis].
Donc, il va s’agir de comprendre en quoi, l’expression tant critiquée de F. Bégaudeau, de littérature engagée aurait peut-être un sens, à réfléchir ici historiquement, au lieu de renvoyer à la fin des avant-gardes. En quoi l’engagement de la littérature : 1/ ouvre une condition de possibilité de compréhension du politique, une condition peut-être même nécessaire à toute forme de pensée démocratique, 2/ implique aussi simultanément, une forme d’effet, de performativité, certes infime, mais réelle, par rapport à la manière dont s’articule le langage au niveau politique ?
littérature et politique : la reprise de la question du roman — Le livre d’Inculte, s’il laisse apparaître quelques saillies liées à la signature d’auteurs [mais j’y reviens], cependant tient davantage de la création collective d’un objet que l’on pourrait définir comme une fiction politique. Ce livre n’est pas en-dehors de la littérature, de même que le dernier livre publié par F. Bégaudeau, A. Bertina et O. Rohe chez Gallimard : Une année en France. En ce sens, parlant d’Une année en France — qui porte sur trois événements qui ont marqué la société française entre 2006 et 2005 — face à la première question de Thierry Guichard pour Le matricule des anges (“Pourquoi avoir fait ce livre, qui vous éloigne un peu (encore que…) de la littérature ?”), leur réponse commence par cette reprise du doute : “tout est dans le encore que… Nous n’avons pas le sentiment que ce livre nous éloigne de la littérature”. Cette indication entre en écho avec ce qu’énonce F. Bégaudeau dans Devenirs Roman, alors qu’il semblerait entendu que dès lors qu’il y a écriture sur l’époque, sur la question de la société, sur la politique, on s’échapperait en quelque sorte de la littérature pour se positionner dans l’essai, la critique sociale, la réflexion philosophique, il serait possible selon lui de suturer l’écart entre littérature et politique. Ainsi les trois auteurs exposent que la question politique peut être abordée au coeur même du travail littéraire, et ceci impliquant alors sans doute d’expérimenter de nouvelles formes de fictionnalisation.
Le livre sur les élections, Changer Tranquillement la France, correspond à une même perspective, tout à la fois dans l’écriture, liaison entre plusieurs écrivains sous le mode de la disparition des signatures, donc suite fragmentaire dans le flux, et construction d’une fiction. S’agit-il d’un roman ? Approfondissons …

30 mars 2007

[Livre] Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas, coll. sous la direction d’Alain Jugnon

avril_22.pngAvril-22, ceux qui préfèrent ne pas, coll, sous la direction d’Alain Jugnon, éditions Le grand souffle, ISBN : 978-2-916492-31-5, 13,40€
[site de l’éditeur]
4ème de couverture :
Voter, pourquoi ? C’est la question. Voter, pour qui ? Ce n’est pas la question. La vérité est celle-ci : tous les candidats aux élections présidentielles veulent vous voir voter et vous savoir votants. Ils veulent tous que vous y alliez. Car voter est un devoir, disent-ils, car c’est un droit, poursuivent-ils. Autrement dit : le droit de vote est un fait. Alors faites ! Pourtant jamais le droit ne dit le fait : le droit est ce que vous en faites ou ce que vous n’en faites pas.

La question est : désirez-vous voter ?
Notre réponse est : pourquoi , cette fois-ci, ne pas y aller.
Français, encore un effort pour être la démocratie, absolument ! Nous sommes, vous êtes la démocratie, contre tous ceux qui la rappellent à leur ordre, contre tous ceux qui n’attendent que la confiscation totalitaire de votre puissance populaire et constituante !
Ne pas voter, aujourd’hui, c’est continuer à être le pouvoir, toujours.
Alain Jugnon

Ni « mouvement », ni « courant », c’est un geste pluriel d’un autre type qui se déclare ici : le refus, blanc de tout vote, comme seul préalable nécessaire et indispensable à tout nouvel inspire de l’Agora, comme un Contre-CÅ“ur d’abondance face à la complaisance tragique du « nihilisme contemporain », car tout peut être autrement, et le sera forcément, tôt ou tard, mais qui, quoi, comment ? Cet inconnu seul s’offre comme le premier et le dernier défi d’habitation de nos souffles pour un respire plus léger de nos vies.
Cyril Loriot

avec Agence_Konflict_SysTM, Malek Abbou, Thierry Acot-Mirande, Eric Arlix, Pierre Audard, Alain Badiou, Mehdi Belhaj Kacem, Bertrand Bonello, Philippe Boisnard, Alain Brossat, Gilles Châtelet, Sylvain Courtoux, François Cusset, Jean-Pierre Dépétris, Laurent Jeanpierre, Alain Jouffroy, Cyril Loriot, Jean-Clet Martin, Jean-Luc Moreau, Olivier Pourriol, Nathalie Quintane, Bernard Sichère, Christophe Spielberger, Bernard Stiegler, Michel Surya, Laurent de Sutter, Sarah Vajda.

Premières impressions :
Deuxième livre portant sur les élections présidentielles, avec celui déjà brièvement présenté de Inculte, mêlant recherche littéraire et d’autre part philosophie.
À l’inverse du premier, ici il ne s’agit pas [mais je reviendrai sur cela dans mon article général] de la construction d’un objet intégrant tous les rédacteurs, mais il s’agit d’une suite de participations distinctes, toutes signées par leurs auteurs. L’enjeu d’emblée n’est pas le même, chaque participant engage ici en son nom, sa propre perspective concernant les élections, et le fait que le refus de voter puisse être un acte politique. Il s’agit donc, non pas d’un projet commun, mais de l’exposition de la variation d’angularités par rapport à une décision plus ou moins identique.
Toutefois les interventions sont de plusieurs ordres, aussi bien purement philosophiques, que de l’ordre de la fiction philosophique, que littéraires voire théâtrales [Alain Badiou] ou bien schématiques [A_K_S]. Le prisme d’intervention est ainsi variable, à savoir l’expression ne revendique pas seulement l’analyse et le développement objectif, mais s’engage aussi dans la construction aussi bien de fictions, de dialogues, que de travail de Cut-Up [Courtoux]. En ce sens, ce livre s’insère dans une collection qui porte bien son titre : Poélitis.
Nous le percevons, les fondements et les effets entre les deux livres présentés ne sont pas les mêmes et n’envisagent pas de la même manière le champ politique. Dans l’article que je présenterai prochainement, il s’agira de comprendre assez précisément les deux types de mécanique en oeuvre, et de là leur horizon d’efficacité politique, au sens où, destinés à un espace civique, ne pas se poser cette question, serait manquer la question même de leur présence./PB/

30 janvier 2007

[News] WAH! le journal du monde qui va bien

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , , , , , , , — Hortense Gauthier @ 21:33

Les éditions ère et mycroft ont lancé depuis hier une aventure éditoriale trés intéressante en lançant WAH!, un journal « quotidien, souple, et gratuit », sous forme de feuille A3 recto verso distribué tous les soirs du 29 janvier au 2 février au commerçants parisiens, à la sortie du métro Parmentier, Oberkampf et en téléchargements en pdf sur le blog WAH !

WAH! le journal du monde qui va bien publie « les bonnes nouvelles du jour », dénichées « du flux de futilités artefactualisantes du quotidien informationnel », par des « Ã©crivants » comme Chloé Delaume, Baron, Patricia Duez, Bernard Joisten, Jérôme Mullot, Florent Ruppert, Frédéric Dumond, Emily King, Hugues Jallon, Dominiq Jenvrey, Jean-Charles Massera, Jean Perrier, Philippe Vasset, Eric Arlix & Mycroft. Ces rédacteurs font une relecture de l’actualité bien réelle sous un angle à la fois critique, humoristique et créatif. Entre détournement et questionnement des événements de ces derniers jours, leur vision se veut positive et enthousiaste, optimisme qui cependant ne cache pas une déconstruction ironique plutôt hilarante de l’information, en témoigne les articles trés fins et drôles de Chloé Delaume sur le renouveau du culte de Zeus à Athènes, celui de Dominiq Jenvrey sur la possibilité de créer des chimères, ou encore celui plus coléreux de Fréféric Dumond sur la fermeture d’une usine dans le Nord …
Mais ce n’est pas seulement dans le contenu que réside la pertinence de cette « expérience anti-presse », mais dans l’adéquation entre contenu et support, d’où son mode de parution et de diffusion, presque similaire à celui des journaux gratuits qui inondent désormais quotidiennement les rues et les métros des grandes villes de France. Tiré à mille exemplaires, et diffusé dans la rue, action littéraire concrète à saluer, en ces temps où beaucoup de monde parle de performativité de la littérature et du discours en général, il constitue un geste politique qui, on l’espère, produira quelques petits effets … on imagine ce que ce serait si ère avait plus de moyens et que WAH! était tiré à 50 000 mille exemplaires comme 20min ou Métro …

Initiative à suivre donc cette semaine, pour les Parisiens, et les internautes … et merci à l’équipe de Eric Arlix pour toutes ces bonnes nouvelles !

Powered by WordPress