Libr-critique

5 avril 2015

[News] News du dimanche

La question s’impose en ces temps hypermodernes : êtes-vous au TOP ? (UNE). Suivent vos Libr-événements : rencontre avec Etel Adnan, RV avec les éditions de l’Attente, Dominique Quélen… RV pour les 20 ans de Cassandre/horschamp.

 

UNE : Au TOP ! /FT/

La société des égaux est bel et bien devenue celle des EGO, qui doivent se développer jusqu’à l’hypertrophie. Dans la société du simulacre, comme dans la téléréalité, place aux Top-EGO, à la trappe les losers !

Dans l’EGO-society, il faut être au TOP :
au TOP les sportifs,
au TOP les productifs,
au TOP les industriels,
au TOP les lunes-de-miel,
au TOP les commerciaux,
au TOP les fonds spéciaux,
au TOP les chercheurs,
au TOP les producteurs,
au TOP les animateurs,
au TOP les spéculateurs,
au TOP les popolitiques,
au TOP les anxiolytiques…

Tout au TOP, et sans hic…

Et tout consommateur, parce qu’il le vaut bien, a droit au TOP :
au TOP des produits,
au TOP du fortuit,
au TOP des spectacles,
au TOP des pinacles,
au TOP des voyages,
au TOP des mirages,
au TOP des livres,
au TOP délire…

Au TOP de toutes les listes, listages, listings…

Au TOP des lycées, nonobstant l’égalité des chances – comme de bien entendu. Et le Grand-Public plébiscite les listes qui guident ses envies en lui évitant les prises-de-tête : faut être réaliste, on va quand même pas se prendre  la tête à réfléchir sur les critères de sélection/promotion des bons-vins, des bons-livres, des bons-alcools, des bonnes-écoles…

Aujourd’hui, on a atteint
le TOP-nigaud !

Libr-événements

â–º Rencontre avec Etel Adnan le jeudi 9 avril à 19h30 autour de LÀ-BAS (conversation avec Jean Frémon).

Tschann Libraire 125 bd du Montparnasse
75006 Paris Tél 0143354205

librairie@tschann.fr

M° Vavin, Raspail, N-D des Champs RER Port-Royal Bus 68, 83, 91

 

â–º Du 10 au 12 avril, les éditions de l’Attente seront présentes à l’Escale du livre de Bordeaux, sur le stand L29 de 10h à 20h.

Vendredi 10, signature de Laurence de la Fuente et Bruno Lahontâa de 17h à 20h pour leur livre Performances éthologiques de Font.

Samedi 11, signature de Juliette Mézenc de 17h à 20h pour son livre Elles en chambre.

Dimanche 12 à 16h, rencontre "Une chambre à soi" à l’espace Comptoir des mots avec Juliette Mézenc autour de son livre Elles en chambre. Rencontre animée par Elsa Gribinski, critique littéraire.

♦ Juliette Mézenc, Elles en chambre, éditions de l’Attente, hiver 2014, 140 pages, 15 €, ISBN : 978-2-36242-049-8.

"Woolf nous ramène à l’évidence : la liberté intellectuelle dépend des choses matérielles.
La poésie dépend de la liberté intellectuelle
" (p. 54).

"J’ai besoin de cette espèce d’exosquelette qu’est ma chambre-bibliothèque", nous confie l’auteure. D’où cette interrogation, qui, à défaut d’être originale, a le mérite de déboucher sur une démarche personnelle : "quels liens entre chambre et création, entre conditions matérielles et productions littéraires ?" La visite se limite à quelques chambres d’écrivaines postérieures à Virginia Woolf : Danielle Steel, Sylvia Plath, Shahrnoush Parsipour, Monique Wittig, Nathalie Sarraute, Hélène Bessette, Gertrude Stein. /FT/

 

â–º IVY WRITERS PARIS vous invite à une soirée de lectures bilingues le 14 avril 2015 AU DELAVILLE CAFE avec les poètes :

Gillian Conoley (USA)
et Dominique Quélen (France)
accompagnés par Barbara Beck (traductrice, USA)

14 April from 19h30: Ivy Writers Paris says DELAVILLE is back and we are going to bask in the ambiance with fabulous readings by visiting American author Gillian Conoley and French poet who is making a special trek to Paris for us, Dominique Quélen. Barbara Beck will also share some of her translations of Quélen!

At : Delaville Café (1er étage—mais rdv au bar)
34 bvd bonne nouvelle
75010 Paris
M° Bonne nouvelle (ligne 8 ou 9)

Notre blog: http://ivywritersparis.blogspot.fr/
Notre groupe FB—rejoignez-nous ! https://www.facebook.com/groups/101898279922603/
Notre nouvelle page « Ivy Writers Paris communauté » sur FB : https://www.facebook.com/ivywritersparis?fref=ts

 

â–º Les 20 ans de Cassandre/Horschamp à la Maison de l’Arbre les 24-25-26 avril

Trois jours de partage artistique et de débats ininterrompus avec toute l’équipe de Cassandre/Horschamp et beaucoup d’invités
(illustration en arrière-plan ; voir le programme détaillé avec ce lien : http://www.horschamp.org/spip.php?article4467)

Réservation indispensable à resa2@horschamp.org

La Parole errante à la Maison de l’Arbre
9, rue François Debergue
93100 Montreuil
(Métro Croix de Chavaux – ligne 9)

5 février 2015

[Livres] Spécial Etel Adnan, par Jean-Paul Gavard-Perret

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , — rédaction @ 9:08

Quand la présence creuse les images (et retour)…

 

Etel Adnan, Prémonition et Le prix que nous ne voulons pas payer pour l’amour, chacun 32 pages, 7 €, 2015,  Galerie Lelong, Paris.

Hans Ulrich Obrist, Jean Frémon et Cole Swensen, Etel Adnan, Repères n° 162, Galerie Lelong, 65 pages, 20 €, 2015.

 

Toute l’œuvre d’Etel Adnan a pour but  de faire jaillir «  la chose qui fait le lien avec tout le reste. C’est ce que nous appelons notre personne. Il y a un lien qui se fait involontairement, qui est là, c’est notre sensibilité, c’est notre identité… C’est une même personne dans des lieux différents. Tout art est une fenêtre ouverte sur un monde auquel lui seul a accès », écrit l’artiste. Mais ce monde pour elle reste  indéfinissable : l’artiste le peint, l’auteur l’élève pour en donner des épiphanies.

Dès lors l’œuvre rappelle aussi la puissance de l’amour : « Amoureux, on devient un oiseau : l’on tend le cou et entend un chant que l’on n’attendait pas. On est sans voix ». Néanmoins la créatrice sait que la plupart des êtres refusent de céder à la puissance d’un tel sentiment. C’est pourquoi son œuvre se fait appel afin que les êtres osent ce risque et ne se contente pas de croupir dans la médiocrité.

Et Etel Adnan de préciser « l’amour, sous toutes ses formes, est la chose la plus importante à laquelle nous soyons jamais confrontés, mais la plus dangereuse aussi, la plus imprévisible, la plus chargée de folie ». Mais c’est aussi le seul « salut » terrestre. Il permet de supporter les ruptures dans la réalité. « Celles-ci créent des abîmes métaphysiques où la nature du temps se dévoile à nous », mais ce temps est pour la créatrice moins un état qu’une énergie. Elle doit lier les événements et les êtres dans une aspiration et le respect de la vie et non des idéologies célestes porteuses de nuages donc de pluies diluviennes.

La seule « nuit » que l’artiste accepte est celle qui à travers l’obscur donne présence à la lumière du jour. Chaque être le porte en lui en se souvenant du lieu d’où elle naît. L’artiste en son imaginaire en découpe l’espace par signes, formes et couleurs.

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