Libr-critique

8 septembre 2019

[News] News du dimanche

Ça y est, la fameuse « Rentrée » bat son plein… On pourra s’amuser à (re)découvrir nos façons libr&critiques de traiter l’événement : « Ã§a existe, ça ?…« , « Rentrée littéraire ?… »… Et aussi on pourra lire ci-dessous notre nouvelle pierre à l’édifice libr&critique : une très spéciale « Rentrée-littéraire »… Suivie de nos rubriques En lisant, en zigzaguant et Libr-événements (Eduardo KAC, « Ã‰crire l’art », NOVARINA)…

Spéciale « Rentrée-littéraire » /FT/

« ABOLITION DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE »
(TXT, éditions Nous, Caen, n° 33, août 2019, p. 6).

Si l’on veut avoir « une idée de ce qui benoîtement ou cyniquement s’écrit, se publie, se lit et triomphe aujourd’hui » (p. 95), il suffit de lire Éric Chevillard, Défense de Prosper Brouillon, paru à la rentrée 2017 aux éditions Noir sur Blanc, qui condense les clichés du roman-made-in-France à partir d’une sélection de vingt best-sellers. Auteur à succès qui fait des envieux, le bien nommé Prosper Brouillon connaît sur le bout des doigts les ficelles du métier : « Dans chacun de ses romans, Prosper Brouillon glisse un double de lui-même, un modeste alter ego ordinairement en charge d’un rôle secondaire mais à qui il revient de distribuer les sentences bien frappées d’une riche expérience de la vie et d’une morale rigoureuse » (40). Un moment de grâce dans son roman primé Les Gondoliers : « »Le visage de la jeune femme se précisa et lui empoigna l’âme« . Et d’un coup, le fameux « Ce fut comme une apparition » de L’Éducation sentimentale se trouve relégué au rayon vieilleries de notre littérature » (53)…

La rentrée-littéraire est assurément un temps fort de notre vie-littéraire. Mais à quoi bon les interviews ? « Cela ne servirait à rien d’interroger l’auteur, hagard sur le banc. D’essayer de savoir ce qu’il a voulu dire. Il est déjà ailleurs, dans l’irremplaçable esclavage d’un nouveau livre » (Marcel Moreau, À dos de Dieu, Quidam, 2018, p. 129).

♦♦♦♦♦

Le mot « Ã©crivain »  est prétentieux, souvent ridicule,
comme une revendication  désespérée ou une déclaration honteuse.

« Critique littéraire » fait anachronique, arbitre des élégances
perdu dans une soirée électronique de la Nouvelle Athènes, Paris IXe.

[…] J’aime de plus en plus le mot « booktubeuse », imagé, agrégatif,
mutant, neuf, numérique, en phase avec le temps, attaché à Bettie » (p. 87).

À l’âge du posthumanisme dystopique, des punchlines, de la postcritique et de la narrative non-fiction ;
en un temps où triomphe le Marché, et donc où règnent le V.I.C.E (« vénalité, idéologie, compromission, ego ») et, dans le champ artistique, les fondations ;
il faut renoncer à la critique pour être booktubeur/beuse ou « startuper dans le domaine de la génération automatisée de contenu textuel » (42).

Stéphane Sorge, hélas pour lui, est « l’agent mondain du tri sélectif des déchets culturels, le futur expulsé du territoire des livres » (106). Contrairement à celle qu’il va s’efforcer de séduire malgré l’écart d’âge : « Plus on la voit, plus elle vit. Plus on s’abonne à sa chaîne, plus elle existe. Elle est un média, l’actualisation sans fin d’un corps et d’un discours. Elle est BettieBook » (40). Ses activités : vidéo training, bookshelf tour (« visite commentée de sa bibliothèque-décor »), unboxing (« déballage public des livres reçus »), swap (« Ã©change de colis-cadeaux »), book haul (butin de livres au fil des occasions), bookcrossing (vidéo des livres appréciés qu’on souhaite partager en les abandonnant dans des endroits publics)…

On vous épargne la revenge porn qui dynamise ce récit caustique pour en venir à l’essentiel : has been la Rentrée-littéraire, non ?

Frédéric Ciriez, BettieBook, Verticales, 2018, 192 pages, 18,50 €.

En lisant, en zigzaguant… [Livres reçus cette semaine : lus et recommandés]

♦ « Tu sais, avant de venir, on se disait – OH LA FRANCE ! – ce si grand pays LA FRANCE ! mais c’était pas vrai du tout LA FRANCE c’était un pays comme les autres un petit pays un tout petit pays comme les autres avec des petits immeubles des petites voitures des petits feux rouges et des gens petits. Quand on est arrivés au début les Français ils nous prenaient dans leurs bras ils nous faisaient des bisous bonjour bisous merci bisous au revoir bisous et puis à la première occasion dès qu’ils voyaient un problème approcher ils se collaient au sol et ils rampaient comme des cafards ils foutaient le camp en faisant de grands sourires, désolé, oh vraiment désolé monsieur. Derrière la politesse des Français, il n’y avait rien, rien du tout, que de la PETITESSE »

(Marina SKALOVA, La Chute des comètes et des cosmonautes [Théâtre : trajet Berlin-Moscou entre une jeune astrophysicienne et son père], L’Arche Editeur, septembre 2019, p. 37).

♦ « Le travail de Mathilde Roux et Virginie Gauthier est un départ en forme d’écart. Écart tout d’abord avec la cartographie conventionnelle. Tournant les pages de ce livre, on ne peut qu’être frappés par les échos multiples d’une littérature qui a rompu les amarres avec les rivages d’un monde trop connu, trop cartographié […].
Écart ensuite avec la cartographie qui nous est soi-disant promise, numérique, « smart » au dire de certains, capable de cartographier les déplacements de chacune et chacun en « temps réel » ; temps qui n’a rien d’humain, temps qui file aux deux -tiers de la vitesse de la lumière, se défile, pour ne plus parler qu’aux machines et aux algorithmes »

(Alexandre Chollier à propos de Mathilde Roux et Virginie Gautier, Paysage augmenté #1, postface d’Alexandre Chollier, à découvrir et précommander sur Publie.net, septembre 2019, 12 €).

Libr-événements

► Jeudi 19 septembre à 19H, centre Pompidou à Paris :

â–º Vendredi 20 septembre 2019 à 19H, Kunsthalle de Mulhouse : Soirée « Ã‰crire l’art »

Pendant 10 années, répondant à l’invitation de Jennifer K Dick et Sandrine Wymann, 21 poètes se sont succédé à La Kunsthalle. Exposition après exposition, en immersion au cœur des œuvres, Jérôme Mauche, Virginie Poitrasson, Frédéric Forté, Véronique Pittolo, Jean-Michel Espitallier, Daniel Gustav Cramer, Michaël Batalla, Stéphane Bouquet, Cécile Mainardi, Martin Richet, Eric Suchère, Hyam Yared, Anne Portugal, Andrea Inglese, Christophe Fiat, Dominique Quélen, Frank Smith, Christophe Manon, Sandra Moussempès, Deborah Heissler, Luc Bénazet se sont emparés de l’invitation et ont composé une œuvre inédite. Elles sont à présent rassemblées dans un DOSSIER DES OUVRAGES EXÉCUTÉS. Véritable mémoire de dix années d’expositions, ce livre reflète la créativité et la diversité d’un lieu ouvert à de multiples pratiques artistiques.

À l’occasion du lancement de l’édition, Frédéric Forté, Frank Smith et Eric Suchère, auteurs de la Résidence Ecrire l’art reviennent à Mulhouse pour lire leurs textes. D’autres seront présents par l’image et d’autres encore prêteront leurs mots à des lecteurs.

DOSSIER DES OUVRAGES EXÉCUTÉS a été conçu par l’artiste graphiste Jérôme Saint-Loubert Bié, également présent pour l’événement.

Cette soirée exceptionnelle sera aussi l’occasion de rencontrer et d’écouter Laura Vazquez, l’auteur-poète qui accompagnera La Kunsthalle tout au long de la saison 2019-2020.

â–º Du 20 septembre au 10 octobre 2019, RV avec Valère NOVARINA, L’Animal imaginaire (parution chez P.O.L d’ici trois semaines environ) au Théâtre de la Colline : il est temps de réserver.

7 juillet 2019

[News – livres] Libr-vacance (1)

C’est le moment de tourner la page pour mieux ouvrir la plage estivale : nos Libr-brèves vous emmènent à Sète et La Ciotat, mais vous reconduisent aussi vers les posts de 2019 parmi les plus consultés jusqu’à présent… Et notre Libr-3 vous offre une première sélection commentée de livres (très) récents… De quoi vous plonger en Libr-vacance !

Libr-brèves

► Festival Voix vives à Sète : du 19 au 27 juillet 2019.

► Festival Tournez la Plage à La Ciotat, du 2 au 4 août 2019.

â–º Profitez de cette pause estivale pour (re)lire/voir/écouter les posts parmi les plus consultés en 2019 jusqu’à présent :

Hommage à P.O.L

Massera, guide de l’utilisateur (Grand entretien 2/2)

♦ Christophe Manon, Pâture de vent

Libr-News (Libr-10 + Libr-événements)

♦ Patrick Beurard-Valdoye, Flache d’Europe aimants garde-fous

Traces de langage : poésie numérique

News du dimanche (Prigent/TXT, Smith, Libr-10)

♦ Robert Menasse, La Capitale

♦ Laure Gauthier, Transpoems

Libr-3 /FT/

► CHEVILLARD Éric, L’Autofictif et les trois mousquetaires, éditions de L’arbre vengeur, janvier 2019, 216 pages, 15 €.

Éric Chevillard tient la cadence : depuis 2009, c’est le 11e volume de ce journal décalé ! Mais au fait, « Qui lit encore Éric Chevillard de vos jours ? » (p. 13)… Lequel « n’est pas passé loin » de la correctionnelle, c’est-à-dire du Goncourt 2018 : Éric Vuillard / Éric Chevillard… « Ã  quatre lettres près » (38) ! Trêve de plaisanterie, le risque est nul : « Mais si aucun de mes livres en trente ans n’a jamais seulement figuré dans la moindre des sélections préalables des jurys, n’est-ce pas parce que s’y affirme constitutivement leur franche incompatibilité avec ce système ? » (51).

Et donc, à lire pour s’aiguiser le regard sur notre monde (littéraire). Quelques saillies : « La littérature française est morte, répète à l’envi cet écrivain aigri qui doit donc à sa médiocrité d’être toujours vivant » (46) ; « Le rappeur est un général de guerre civile qui gueule ses ordres dans un porte-voix en se grattant le nombril sur la colline » (75) ; « Angot / Moix / l’angoix » (138) ; « Le mannequin n’est jamais qu’un jeune épouvantail » (180) ; « Certain féminisme tout en offuscations et susceptibilités n’est pourtant pas bien différent d’un voile intégral » (205)…

► CHIAMBRETTO Sonia, POLICES !, éditions de l’Arche, coll. « Des écrits pour la parole », février 2019, 96 pages, 15 €.

La bascule de nos démocraties dans des états répressifs est la preuve que nous vivons la phase ultime de nos sociétés ultralibérales : les forces qui détiennent le monopole de la violence légitime en usent de façon illégitime pour servir les intérêts d’une puissante oligarchie. D’où le retour de l’oppression policière, avec bavures, humiliations et rafles au faciès… Fashion list : « MATRAQUE TONFA / FLASH BALL / PISTOLET AUTOMATIQUE / TASER ÉLECTRIQUE / PINCETTES ET BOMBINETTES DE GAZ LACRYMOGÈNE / GRENADES DE DÉCENCERCLEMENT »… Des méfaits de la police aux bienfaits des polices de caractères… Un montage très critique !

► FERRAT Stéphanie, Côté ciel. Notes d’atelier, La Lettre volée, Bruxelles, février 2019, 60 pages, 14 €.

Pour l’auteure comme pour le lecteur, ces Notes, non pas pour aérer le regard – comme disait Mallarmé à la lecture de Maupassant – mais l’aiguiser : « L’atelier est un silence où se posent les yeux. […] Je vais par épuisements successifs : des formes, des gestes, des heures »â€¦ Selon Stéphanie Ferrat, l’artiste doit faire prévaloir l’invisible sur l’intelligible : « De moins en moins je fais confiance à la tête. De plus en plus au regard aveugle. […] Rien qui ne soit verbe, construction visible. Une partie du vrai se cache sous les mots. Dire est déjà perdre l’imprononçable. » De sorte que son métier consiste à « voir derrière les déchirures » : « Tout ce qui m’occupe est vision absente mais palpable. » D’où une écriture qui opère la tension entre dit et non-dit pour nous abîmer « côté ciel ».

12 mai 2019

[News] News du dimanche

Après une UNE PRIGENT / TXTet une nouvelle sélection de parutions Libr-10, un tour du côté de Frank Smith et nos Libr-événements

UNE : PRIGENT / TXT, par Fabrice Thumerel

► PRIGENT Christian, Poésie sur place, Les Presses du réel/al dante, 112 pages + CD, 15 €.

« Lire des textes en public n’est pas déclamer la poésie mais l’effectuer sur place. »

.Le poète consacré fait le point sur sa poétique de la lecture dans un volume/CD qui regroupe quatorze créations datées de 1977 à 2018 – dont trois inédites. Il nous appartient donc de lire en écoutant ou d’écouter en lisant ces « partitions composées pour des lectures-performances » : « La Leçon de chinois » (1977), « Litanies » (1981), « Pnigos » (1985), « Liste des langues que je parle » (1997), « Mon trésor » (1985), « Je ne suis pas un monstre » (1985), « Ex-fan des seventies » (1981 et 2016), « Marche pour les sans-papier » (inédit, 2014), « Clélie avec Sade » (inédit, 1984), « Le Rhétoricien malade » (inédit, 1985), « NCIS » (2010), « 11 x 11 » (2009), « 104 slogans » (2008), « Zoorthographe d’usage » (2018).
Dans sa postface, Christian Prigent a raison de rappeler en ce temps du Tout-scénique que la lecture poétique ne va pas de soi : c’est une tension entre symbolique (l’espace des significations) et sémiotique (le matériau sonore). À nous d' »Ã©couter comment, respiré, scandé et sonorisé, le mouvement articulé des significations jouit d’être habité par une motilité sémiotique qui le défait pour le refaire sans cesse autrement. »

► Jeudi 16 mai 2019, 19h, Christian Prigent à Lyon. Lecture et discussion. Avec la revue LIGNES. A la librairie Le Bal des Ardents, 17, rue Neuve, Lyon 69001. Contact : 04 72 98 83 36.
Christian Prigent, « Cochonnerie d’écriture », dans Lignes, n° 57 : « Puritanismes : Le néo-féminisme et la domination », automne 2018, pp. 9-18.

En cette époque qui préfère les draineurs aux dragueurs, fuyant les malsaines moiteurs pour privilégier le lisse, l’inodore et l’insipide, celui qui incarne haut et fort la modernité avant-gardiste ne pouvait que réagir au mouvement #balanceton porc et fustiger une névrose puritaine qui n’est que la face moralisatrice de l’immoral capitalisme.
Tout d’abord, en guise de préliminaire, cet irrésistible avertissement ironique :
« Prudence, petit homme : tu es coupable, forcément coupable. Pas violeur, certes. Harceleur ? Non plus. Mais à l’occasion séducteur sur fond d’autorité professorale ou de prestige littéraire. Suborneur, alors ? sans doute (retenu, mais foncier). Aimant du sexe l’inavouable, l’excessif, le complice avec l’abjection. Mesurant au jour le jour la différence entre l’expansion inextinguible du fantasme et la petite misère sexuelle courante. Emberlificoté par conséquent dans les fils de névrose noués par cette mesure. Pervers à proportion de cette névrose. Balançable, donc, pour peu que tu mettes un bout de nez ou de sexe dehors. »
Cependant, grand amateur des aspérités et impuretés en tous genres propres à toute véritable expérience – fût-elle scripturale -, ce « petit homme » ne fait pas dans la prudente retenue : contre l’hygiénisation de notre relation au corps comme au sexe, contre la naturalisation homogénéisante de la langue comme de son usage poétique, l’horrible trouvailleur (Le Pillouër) en appelle à l’ordure et… à Artaud ! Que sont ces néo-puritains ? « Des chiens, qui pensent immédiatement avec la terre ».
Quant à la grotesque régression nommée « Ã©criture inclusive » – qui en fait occulte les causes sociopolitiques des différences sexuées -, elle fait l’objet d’un traitement comique dans « Zoorthographe d’usage », cette « sotie pour deux voix » que l’on retrouve dans Poésie sur place.

► Jeudi 30 mai 2019, 20 h, Christian Prigent à Amsterdam. Lecture. A la fondation PERDU, Kloveniersburgwal, 86, Amsterdam. Tel. : 0031-20 422 05 42.

â–º Après la reprise de TXT (n° 32), le numéro 33 va paraître en septembre : on peut d’ores et déjà y souscrire au prix de 13 € l’exemplaire au lieu de 15 (régler par chèque à Typhaine Garnier : 21, allée des saules 14200 Hérouville-Saint-Clair).

Libr-10 (printemps 2019) /FT/

► Attaques, #2, Les Presses du réel/al dante, 544 pages, 27 €.

► Julien BLAINE, Le Livre, Les Presses du réel/al dante, 196 pages, 17 €.

â–º Le MINOT TIERS, Des miroirs et des alouettes, La Ligne d’erre, Orthez, 200 pages, 13 €.

â–º Clemente PADIN, De la représentation à l’action, Les Presses du réel/al dante, postface de Julien Blaine, 112 pages, 13 €.

► Jacques PRÉVERT, détonations poétiques, sous la direction de Carole Aurouet et de Marianne Simon-Oikawa, Actes du colloque international de Cerisy, Garnier, 356 pages, 35 €.

► Marie de QUATREBARBES, Voguer, P.O.L, 96 pages, 13 €.

â–º Angel QUINTANA, Lorca et le cinéma, Nouvelles éditions Place, coll. « Le Cinéma des poètes », 112 pages, 10 €.

► Patrice ROBIN, Mon histoire avec Robert, P.O.L, 128 pages, 13 €.

â–º Marianne SIMON-OIKAWA, Les Poètes spatialistes et le cinéma, Nouvelles éditions Place, coll. « Le Cinéma des poètes », 112 pages, 10 €.

► Poésie néerlandaise contemporaine, anthologie réalisée et préfacée par Victor Schiferli, Le Castor Astral, 334 pages, 20 €.

Du côté de Frank Smith…

Libr-événements

â–º Mercredi 15 mai, 19H au Monte-en-l’Air (71, rue de Ménilmontant 75020 Paris), lancement du n° 9 de la revue La Moitié du Fourbi.

â–º Jeudi 16 mai à partir de 18H30 à L’Atelier Chalopin (3, rue Chalopin 69007 Lyon), Catherine Grangier et Béatrice Brérot vous attendent pour fêter la sortie de deux livres en un : on pourra écouter les textes qui seront lus et découvrir de nouvelles sérigraphies de Catherine Grangier.

► Du 16 au 22 mai à Toulon, 11e Festival Les Eaudivives : programme complet.

► Samedi 18 mai à 16H :

â–º Les 18 et 19 MAI, de 14h à 20h, les éditions de l’Atelier de l’Agneau seront “dans la rue” (stands) de l’école polytechnique, pour “quartier du livre du 5° » ; et au marché de la poésie du 5 au 9 juin stand 615 avec plein de dédicaces + lectures/présentations des nouveaux livres et de la revue L’Intranquille (de 18h à 20h au café de la Mairie Place St Sulpice le samedi 8 juin).

7 mai 2019

[News] Libr-News

Des RV de mai à ne pas manquer, après une UNE consacrée à Annie ERNAUX… Maison de la poésie Paris, FiEstival… Rencontres avec Marie de Quatrebarbes, Patrice Robin… Journée d’études sur l’évaluation générale…

UNE : Annie ERNAUX /FT/

â–º Tous les Libr-lecteurs passionnés d’Annie ERNAUX découvriront avec plaisir le site tout en sobriété qu’ont lancé deux spécialistes, Élise Hugueny-Leger et Lyn Thomas : l’essentiel vous y attend en français et en anglais, Bio- et Bibliographie, une liste de publications avec liens qui permettent de (re)lire quelques textes – y compris politiques -, les références d’un bon nombre d’entretiens, quelques textes, les Actualités… Et même une rubrique originale : « Lieux ».

Annie ERNAUX vient du reste de recevoir pour l’ensemble de son oeuvre le prestigieux Prix international Formentor, créé en 1960 et restauré en 2011, qui a déjà récompensé Borges, Beckett, Gadda, Sarraute, Fuentès, Goytisolo, Vila-Matas… Ce prix doté de 50 000 € lui sera officiellement remis à Majorque tout bientôt.
Le 21 mai prochain, elle sera à Londres, en lice pour l’attribution du Man Booker international Prize (traduction anglaise des Années : The Years).

Libr-événements

► À la Maison de la Poésie Paris :

► Jeudi 9 mai à 20H30, Librairie Equipages (61, rue de Bagnolet 75020 Paris) : Rencontre-lecture avec Tristan Felix pour sa Ovaine La Saga.

â–º Du 9 au 12 mai, FiEstival *13 ReEvolution, Le Senghor (Belgique): programme.

► Vendredi 10 mai, 19H, Librarie Les Mots à le Bouche (6, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie 75004 Paris) : Rencontre avec Marie de Quatrebarbes pour son fascinant Voguer (P.O.L).

â–º Vendredi 10 mai, 19H, La Chouette Librairie (72, rue de l’Hôpital Militaire à Lille) : rencontre avec Patrice Robin pour Mon histoire avec Robert (P.O.L).

► Vendredi 10 et samedi 11 mai : LA FABRIQUE DU POSSIBLE. Sur une proposition de Jean-Charles Massera, dans le cadre de sa résidence d’auteur financée par la Région Île-de-France.
Collectif 12 : 174, Bd du Maréchal Juin à Mantes-la-Jolie. Entrée libre. Tout public. Infos et réservations au 01.30.33.22.65 ou à contact@collectif12.org

Dans le cadre de sa résidence d’écriture au Collectif 12, Jean-Charles Massera présente un ensemble de propositions littéraires et artistiques contemporaines dans lesquelles un processus d’écriture interrogeant notre aujourd’hui et les conditions autour desquelles nos imaginaires et nos projections s’organisent est à l’oeuvre. Des propositions critiques en phase avec notre monde !

PROGRAMME

Films (ven. 10 mai à 20h) : « Münster » de Martin Le Chevallier, « Déshabillé » et « Capri » de Valérie Mréjen, « Rituel 2 : Le vote » de Louise Hémon et Emilie Rousset, « Poétique de l’emploi », « Cogito », « Calme ? » et « L’engagement des intellectuels » de Noémi Lefebvre et Laurent Grappe.
Lectures et performances (sam. 11 mai à 18h) : « L’affaire La Pérouse » d’Anne-James Chaton, « L’aveu de Nantes » de Jean-Charles Massera, « Les noms salis et autres trucs » de Jean-Michel Espitallier, « Poétique de l’emploi » de Noémi Lefebvre, et « Monsieur Rivière » de Valérie Mréjen.
Exposition (ven. 10 et sam. 11 mai) : « Les films du monde / 50 cinétracts +1 » de Frank Smith, « Manufrance » de Valérie Mréjen, « L’année passée » de Valérie Mréjen et Bernard Schefer, « Image Text Works » et « Jean de la Ciotat » de Jean-Charles Massera.

â–º Programme de la journée d’études « Ã‰valuation générale. Effets de l’évaluation # 2 »
Lundi 13 mai, 9h30-18h Université Paris 8, Salle des thèses
(Espace Deleuze Bât. A 1er étage).

Lors de cette deuxième journée d’études autour du projet « Ã‰valuation générale. L’Agence de notation comme dispositif artistique », réflexion sur les effets de l’évaluation à partir de 3 axes :
– les effets de la production de l’évaluation (pathologie ou érotique de la notation)
– les effets de la réception de l’évaluation (souffrance, toxicité, émulation)
– les effets du fonctionnement de l’évaluation (modalités de circulation de la note ou des préconisations, performativité de l’évaluation).

Le projet de recherche « Evaluation générale : l’Agence de Notation comme dispositif artistique » réunit un groupe d’artistes, éditeurs, théoriciens des arts, critiques littéraires, philosophes, sociologues, politologues et gestionnaires, en vue d’explorer et de comprendre les problèmes publics spécifiques que soulève la généralisation de l’évaluation. Il se constitue autour de l’Agence de Notation, dispositif artistique et d’enquête appelé à intervenir en situations institutionnelles réelles afin de désinvisibiliser non seulement ce qu’est l’activité d’évaluation-notation mais aussi ses effets concrets immédiats.

PROGRAMME
Matinée
– 9h30-9h45
Accueil des participants
– 9h45-10h
« Projet « Évaluation générale » : point sur les activités et prochains événements »
Nancy Murzilli, Bérengère Voisin (Université Paris 8 et LHE), Christophe Hanna (Ed. Questions Théoriques, LHE)
– 10h-10h30
« Le SWOT d’« Évaluation générale. L’Agence de Notation comme dispositif artistique #1 »
Magali Nachtergael (Littérature et arts contemporains, Université Paris 13, Pléiade)
– 10h30-11h30
« Agences de notation : problématiques juridiques »
Akram El Mejri (Droit, Université Paris 8, CRDPDS)

– 11h30-12h30
« Statactivisme »Emmanuel Didier (Sociologie, CNRS, Centre Maurice Halbwachs)

Après-midi
– 14h-15h
« Agent double : du recours au récit dans l’administration de l’anticipation »
Frédéric Claisse (Sciences politiques et sociales, IWEPS)
-15h-16h
« « J’ai fait fermer U Express ». Réinjecter de l’évaluation dans la manutention ordinaire »
Natacha Guiller (Poète et artiste)
-16h-17h
« Testeur : écrire ce que valent les marchandises d’Amazon »
Christophe Hanna (Théorie littéraire, Ed. Questions théoriques, LHE)
-17h-18h
Discussion prospective sur les lignes directrices de la suite du projet « Évaluation générale »

Contact : Nancy Murzilli (nancy.murzilli@univ-paris8.fr)

13 mai 2018

[News] News du dimanche

En ce deuxième dimanche de mai, vos nombreux RV : avec la revue IF (n° 46), le festival international Lettres nomades, Cyrille Martinez, Jean-Marie Gleize, Sandra Moussempès…

â–º IF n°46 vient de paraître. Au sommaire : Philippe Artières, Rebecca Bournigault, Hubert Colas, Sandra Moussempès, Jeanne Moynot & Anne-Sophie Turion, Claire Astier, Éric Plamondon, Claudia Imbert, Alex Huot.

https://www.solitairesintempestifs.com/revues/664-if-n-46-9782846815499.html

â–º Le mai de Frank Smith :

â–º Du 14 mai au 2 juin, Festival international Lettres nomades, avec notamment Nina Yargekov.

â–º Mardi 15 mai, 18H30, Cyrille Martinez au Monte-en-l’air :

â–º Mercredi 16 mai à 19H30, rencontre avec Jean-Marie Gleize à la Librairie Texture (01.42.01.25.12 / 94 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris) à l’occasion de la parution de Trouver ici. Reliques et lisières (Seuil).

Ici sans liens, sans lieu.
Epeler une révolution possible.
Le récit commence avec la rivière.
Nous n’avons pas de noms.
Les morts reviennent quand il pleut.
Une écriture à fragmentation.
La politique, comme une gorgée d’eau.
Ici aux lisières, avec les restes brûlants.
Faire pousser des ronces. Le présent simple.
Un communisme sensible.

â–º Jeudi 17 mai de 19H30 à 22H, Le Lieu unique à Nantes : la projection du film Éditeur de Paul Otchakovsky-Laurens sera suivie d’un entretien avec Jean-Paul Hirsch et Frédéric Boyer.

â–º RV avec Sandra Moussempès : deux lectures de textes inédits et de ses deux derniers livres, Colloque des télépathes (l’Attente, 2017) et Sunny girls (Poésie/Flammarion 2015)

Le 22 mai : Ivy writers (lectures bilingues français/américain), (Café Delaville 34 bd Bonne Nouvelle 75002)

Le 31 mai : pour la parution de la revue Rehauts (lecture commune à la librairie Tschann)

â–º EcritStudio et la Boucherie littéraire présentent les poèmes sonores réalisés lors de la session  de  création qui  s’est déroulée à Monteux en avril dernier. Poèmes diffusés de Guillonne Balaguer, Béatrice Brérot, Patrick Dubost, Estelle Dumortier, Antoine Gallardo, Béatrice Machet, Esther Salmona, Cédric Lerible, Natyot.

Organisée dans le cadre de la Périphérie du 36ème Marché de la Poésie de Paris et du Festival Poésie Nomade en Provence, cette diffusion aura lieu samedi 26 mai  à la Maison de la poésie d’Avignon (6 rue Figuière 84000 Avignon).

â–º Samedi 26 mai à Caen, rencontre autour de la Grande Guerre : Fern/Lhiver

1 mars 2018

[Chronique] Laurent Cauwet, ou le pavé dans la mare artistique, par Fabrice Thumerel

Laurent Cauwet, La Domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique éditions, automne 2017, 162 pages, 12 €, ISBN : 978-2-35872-156-1.

â–º Rencontres avec Laurent Cauwet pour son livre La Domestication de l’art. Politique et mécénat : jeudi 1er mars à 19H, Librairie Texture (94, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris), avec Véronique Pittolo ; le vendredi 2 mars à 19H, Librairie Transit (45 boulevard de la Libération, 13001 Marseille) ; samedi 3 mars, 19H, à La Boutique de La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard).

Le point de départ de Laurent Cauwet, qui se situe en droite ligne de la pensée debordienne, est le constat que la société du spectacle a phagocyté la sphère artistique, dont l’autonomie est par conséquent en voie de disparition. Le champ artistique est annexé par ce que l’éditeur/auteur nomme l’"entreprise culture" : les institutions publiques comme privées n’ont de cesse de domestiquer en le divertissant un public le plus large possible et une foule de créateurs de tous poils en obtenant leur servitude volontaire. Cette dernière formule nous fait songer à Pierre Bourdieu, dont l’un des derniers travaux portait sur la révolution conservatrice dans l’édition : à la bipolarisation du champ littéraire (espace autonome versus espace commercial) succède la domination d’une vaste zone interlope où se recyclent les formes et les thèmes propres à la modernité ; d’où l’avènement de bricoleurs géniaux devenus experts dans l’art de récupérer, voire de subvertir des valeurs consacrées de l’art moderne comme la notion même de "subversion", la "liberté créatrice"… La "bohème" : "Portée par l’entreprise culture, la bohème affichée est une catégorie des classes moyennes, de celle qui jouit avec arrogance de ses privilèges, de ceux qu’on octroie en contrepartie d’une employabilité à toute épreuve" (p. 53). Le gain de l’opération est de taille : le rejet de tous ceux qui doutent de cette bohème sponsorisée/subventionnée dans la catégorie pestiférée de "réactionnaires" ; et bien entendu sont antimodernes tous ceux qui s’opposent à cette néo-modernité qui est un ersatz de la Modernité (CQFD). Désormais triomphe le simulacre : "Ce qui est demandé à l’artiste n’est plus de produire des gestes critiques, mais d’obéir à l’injonction de produire des gestes critiques" (45).

L’auteur énumère les conséquences pernicieuses de cet état de fait : prolétarisation des artistes et des poètes (transformation des noms en labels) ; prédominance du festif et de l’événementiel ; totalitarisme culturel, c’est-à-dire hégémonie de la culture-pour-tous comme forme élaborée du bien-vivre-ensemble ; patrimonalisation des formes artistiques socioculturellement admissibles et marginalisation de tout ce qui n’est pas intégrable ; mise à mort de l’esprit critique au profit d’une logique consensuelle… Et le polémiste de soulever les paradoxes les plus brûlants : à la lutte des classes a succédé la lutte des places, mais à quoi bon se battre si l’enjeu est d’être larbinisé par l’entreprise-culture ? Pourquoi prétendre écrire pour tous, alors que la réception de la poésie est par essence limitée ?

Il faut dire que la définition de la poésie que défend Laurent Cauwet est conforme à des décennies d’engagement (oui, engagement, et non pas ce nouveau terme à la mode, "implication", qui n’implique que les moins impliqués) : "La constellation poétique est le non-lieu où se réinventent les mots pour dire le monde qui nous entoure ; où est remise en question la langue de la domination" (23). Son panthéon, ce sont quelques revues des années 60-80 qui l’incarnent : "Les Lettres (des Garnier), Ou (d’Henri Chopin), Doc(k)s (de Julien Blaine), Robbo (du même), Émeute (de Serge Pey), CÉÉ (de F. J. Ossang), L’Humidité (de Jean-François Bory)… puis TXT (de Christian Prigent), Banana split (de Jean-Jacques Viton et Liliane Giraudon), Nioques (de Jean-Marie Gleize)…" (20). Avec un tel lignage, il ne peut que s’inscrire dans la radicalité : ou l’artiste cède aux sirènes de l’entreprise-culture, ou il poursuit son combat solitaire et exigeant, sans la moindre subvention – et avec tous les -SANS. Cette position rappelle un peu celle du théoricien Olivier Quintyn dans Valences de l’avant-garde. Essai sur l’avant-garde, l’art contemporain et l’institution (Questions théoriques, 2015) : après avoir décrié l’actuel "jeu de faire-semblant qui se persuade que l’art s’identifie intégralement à un pôle de résistance actif aux logiques de la domination sociale", il opte pour un "activisme souterrain", "une guérilla de la marge, de la minorité, de l’invisibilité" (p. 99 et 101).

L’ancien éditeur d’Olivier Quintyn, proche également d’auteurs Al dante comme Sylvain Courtoux et Christophe Hanna pour leur refus de toute compromission, dénonce « l’inépuisable maxime collaborationniste du "si c’est pas moi, c’est un autre. Alors à quoi bon…" » (40) et va jusqu’à mettre les artistes devant leurs responsabilités : "Le problème n’est pas d’où vient l’argent. Il est de savoir ce qu’implique, pour l’artiste, d’accepter cet argent : non seulement les comptes qu’il doit rendre à ceux qui le financent mais aussi le contexte dans lequel l’œuvre se trouve dès lors insérée – les financements et les partenaires donnent une couleur aux œuvres et aux gestes" (51). Pour lui, accepter quelque fonds que ce soit, c’est tolérer une atteinte à la liberté créatrice et s’exposer à la censure – comme Larissa Sansour par Lacoste et Frank Smith par Cartier. Et de fustiger les collusions entre monde de l’art et monde de l’argent, institutions publiques et institutions privées (exemple : Grand Palais / Louis Vuitton). Et de dévoiler la stratégie politique du Tout-culturel (mécénat public) : "les grandes messes festives prescrites par l’entreprise culture (fêtes de la musique, gay pride, Banlieues bleues, Printemps des poètes, Nuit des musées, Paris-plage et autres festivals, biennales, triennales…) ont pour fonction principale d’occulter la guerre sociale" (35). Mais aussi la stratégie commerciale du mécénat privé, dont il explicite ainsi le discours, insistant sur l’alibi que constitue l’humanisme new look : « "Oui nous sommes riches, oui nous gagnons beaucoup d’argent. Mais nous sommes des gens de cœur, et aimons l’humanité. Et cet argent que nous gagnons honnêtement, nous n’hésitons pas à en reverser une partie pour le bien-être de tous et pour participer à la grandeur de notre civilisation" » (91). La face cachée de cette propagande : les pratiques anti-humanistes de ces entreprises (nuisances, malversations, exploitation !) ; leur passé trouble (collaboration de Vuitton durant la Seconde Guerre mondiale ; l’argent de Cartier provient de l’apartheid)… Et pourtant les expositions organisées par les principales fondations fonctionnent bien : alors, que demande le peuple ? La réponse de Laurent Cauwet est des plus cinglantes : par exemple, Cartier participe au "travail de lissage de toute pensée critique, en substituant l’exaltation de la bonne conscience et de la morale à la réflexion politique" (117).

Pour incisif et stimulant que soit cet essai qui se compose de 17 chapitres plus ou moins longs suivis de 6 annexes, il n’en comporte pas moins deux limites. La première est d’ordre méthodologique : non seulement il manque une mise en perspective de ces nouvelles pratiques par rapport à l’histoire du mécénat en France et en Europe, mais en outre on peut regretter une certaine hésitation entre perspective sociologique et analyse politique. La seconde est d’ordre contextuel : une bonne partie des écrivains que Laurent Cauwet a publiés chez Al dante, adeptes d’une écriture exigeante, se sont précipités à l’appel des fondations (Vuitton, Ricard, etc.)… Comment (s’)explique-t-il ce phénomène, nous n’en savons rien à la fin de notre lecture. À ces réserves s’ajoutent ces questions fondamentales : doit-on forcément vivre dans la précarité pour être un véritable créateur ? Où commence et où s’arrête la compromission : quand un artiste, un poète, un dramaturge, ou encore un comédien bénéficie d’une subvention publique ou d’une résidence dans un lieu plus ou moins prestigieux, quel est l’impact véritable sur le processus créateur ? Un éditeur doit-il refuser toute subvention, y compris du CNL ? N’est-ce pas suicidaire ? N’y a-t-il aucune différence entre mécénat privé et mécénat public ?

24 septembre 2017

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche automnal, retour sur les livres reçus en été que recommande LC (et pas encore recensés), puis nos premiers Libr-événements d’octobre : Novarina ; F. Smith, L. Giraudon & J. Game ; S. Moussempès & A. Boute.

Libr-critique a reçu cet été, a lu et vous recommande (20 titres)

♦ Julien d’ABRIGEON, P.Articule, Plaine page

♦ Véronique BERGEN, Gang blues ecchymoses, Al dante ; Luscino Visconti. Les Promesses du crépuscule, Les Impressions Nouvelles ; Hélène Cixous. La Langue plus-que-vive, Honoré Champion

♦ Patrick BEURARD-VALDOYE, Le Vocaluscrit, Lanskine

♦ Jean-François BORY, Terminal Language, Plaine page

♦ Béatrice BRÉROT, SplAtch !, Color Gang

♦ Fabrice CARAVACA, Mon nom, Plaine page

♦ Laurent CAUWET, La Domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique éditions

♦ Jacques DEMARCQ, Suite Apollinaire, Plaine page

♦ Kadhem KHANJAR, Marchand de sang, Plaine page

♦ Sandra MOUSSEMPÈS, Colloque des télépathes, éditions de l’Attente

♦ Nadège PRUGNARD, M.A.M.A.E & autres textes, Al dante

♦ Sophie SAULNIER, Le Massicot, éditions Le Lampadaire

♦ Sébastien RONGIER, Les Désordres du monde. Walter Benjamin à Port-Bou, Pauvert

La Poésie motléculaire de Jacques Sivan, Al dante

♦ Frank SMITH, Le Film de l’impossible, Plaine page

♦ Nicolas VARGAS, A-vanzar, Plaine page ; V.H.S (Very Human Simplement), Lanskine

♦ Martin WINCKLER, Les Histoires de Franz, P.O.L

Libr-événements

â–º Samedi 7 octobre, Collège des Bernardins (20, rue de Poissy 75005 Paris) : Une poétique du devenir / Valère Novarina. Réservations : frederique.herbinger@collegedesbernardins.fr

Si l’art n’est pas d’abord considéré en tant que création d’œuvres d’art mais comme manière d’être au monde, intéressant tout homme et toute société, si la foi n’est pas seulement considérée en tant que doctrine mais comme vérité vécue, capable d’illuminer et de transformer le monde, alors, loin d’être seulement en rapport d’interaction, d’interdépendance ou de ressemblance, l’art, la foi et le politique sont une même dynamique, une unique réalité vivante.

La présence de jeunes artistes réunis autour du thème du devenir, et celle de l’écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur, Valère Novarina, donneront un tour concret à la réflexion de ce colloque qui vient conclure deux années de recherche du séminaire Esthétique et théologie.

PROGRAMME

Matin – Centre Sèvres

  • 10h30 – 11h15 La théologie, l’art, le politique : quelle question ? Quelle recherche ?
    Alain Cugno
    , philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 11h15 – 12h Le sens tactile de la théologie
    Patrick Goujon
    , professeur en théologie spirituelle et dogmatique au Centre Sèvres
  • 12h – 13h Présentation de l’exposition Devenir au Collège des Bernardins en mars 2018
    Sophie Monjaret
    , artiste
  • 13h – 14h30 Pause déjeuner

Après-midi – Collège des Bernardins

Comment l’œuvre littéraire de Novarina, parce qu’il sait être un "inactuel", parvient à se dégager des sujets brûlants de l’actualité pour les inscrire dans un mouvement plus vaste, et ainsi à faire le pari d’un renouvellement des images de l’homme. Laure Née

  • 14h30 – 15h15 L’unité dynamique de la théologie, de l’art, du politique : ce que créer veut dire
    Jérôme Alexandre
    , docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
  • 15h15 – 16h Valère Novarina : le pari du devenir
    Laure Née
    , agrégée de Lettres et docteur en littérature
  • 16h – 16h15 Pause
  • 16h15 – 17h15 Projection, « Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire  ». Film de Raphaël O’Byrne sur Valère Novarina
  • 17h15 – 17h45 La parole ouvre la pensée
    Table ronde autour de Valère Novarina
      Avec :

    Jérôme Alexandre, docteur en théologie, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Dominique de Courcelles, directrice de recherche au CNRS au sein du centre Jean Pépin-École normale supérieure Ulm
    Alain Cugno, philosophe, professeur au Centre Sèvres, co-directeur du département de recherche Parole de l’Art au Collège des Bernardins
    Laure Née, agrégée de Lettres et docteur en littérature
    Valère Novarina, écrivain, metteur en scène, peintre et dessinateur

â–º Vendredi 13 octobre à 20H, RV à la Maison de la poésie Paris :

â–º Maison de la poésie Paris, Lecture-performance vendredi 20 octobre – 20h : Sandra Moussempès & Antoine Boute, « Paranormal & Biohardcore »

Dans Colloque des télépathes Sandra Moussempès nous plonge dans une ère victorienne aux accents gothiques avec les sœurs Fox qui communiquent avec les esprits. En parallèle, l’auteure convoque un autre ère, tout aussi étrange, celle des années 69-71 à Hollywood, temple des sectes hippies et des starlettes en devenir.
Dans Opérations biohardcore, Antoine Boute décrit une galerie de personnages hétéroclites sur le point de faire la révolution “biohardcore”. Ces personnages créent des utopies loufoques temporaires, et tentent tous de réveiller le chaman qui sommeille en eux.
Ce soir, ces deux poètes et écrivains proposent une lecture croisée mêlant chants, performances et audio-poèmes autour des liens étranges entre états modifiés de conscience, communication avec les esprits et nécessité de tendre vers le noyau dur du vivant, “le hardcore de la vie”.
À lire – Sandra Moussempès, Colloque des télépathes & CD Post-Gradiva, éd. de l’Attente, 2017 – Antoine Boute, Opérations biohardcore, éd. des Petits Matins, 2017.
tarif : 5 € / adhérent : 0 €

3 septembre 2017

[News] News du dimanche

Au programme des premières NEWS de reprise : agendas de Jean-Michel Espitallier et de Lucien Suel ; "Penser l’émancipation" à Paris-VIII ; "Écrits/studio" ; le film de Frank Smith, Le Film de l’impossible

 

â–º Mardi 5 septembre, Christian PRIGENT sur FRANCE CULTURE pour Chino aime le sport :

Jacques Bonnaffé lit la poésie par Jacques Bonnaffé

FRANCE-CULTURE, du lundi au jeudi

Chino aime le sport  :  le  05/09/2017  de  15h55  à  16h

Au deuxième jour, deuxième entrée. Nous parlons sport ! C’est une matière qui ne manque pas d’éloquence, on peut la laisser parler par ses souvenirs et ses grandes heures, ou ses champions. On peut aussi collecter les chroniqueurs, après Blondin et tant d’autres, Christian Prigent.

Avec Chino aime le sport, Christian Prigent s’impose comme portraitiste ès gradins  et bords de route, accompagné de rumeurs et d’ambiances. Il choisit des champions anciens et d’aujourd’hui, superpose les temps, titille les mythes. Dans la continuité de ses derniers livres, sa langue sonore avance à coups de burins et par éclats vifs. Il sculpte sans vergogne, utilisant tous les matériaux, visages et détails physiques, traits caractéristiques, marques publicitaires, public et cris, spectacles, anecdotes. Chaque portrait est un concentré, dans le cahier de Chino, son héros quasi éponyme.

Lecture d’un extrait de : Chino aime le sport (P.O.L).

â–º RV avec Jean-Michel ESPITALLIER :
• 14 septembre 19h30, « She Was Dancing » (avec Valeria Giuga, Roméo Agid), Théâtre Saragosse, Pau (Festival "Poésie dans les chais").
• 17 septembre, Mac/Val (Vitry/Seine), Journées du Patrimoine, performance avec Aniol Busquets dans le cadre de l’exposition de Jean-Christophe Norman.

â–º L’Agenda de Lucien SUEL :

Voici les nouvelles dates de l’agenda de septembre à décembre 2017 :

MONTREUIL (93), le 21 septembre à 20 h, lecture-performance aux Instants Chavirés, 7 rue Richard Lenoir (métro Robespierre), entrée libre pour la soirée « The French Ticket That Exploded ».

MERLIEUX (02), le dimanche 24 septembre pour La Fête du Livre avec mon roman « Angèle ou le syndrome de la wassingue » aux éditions Cours-Toujours.

PUCHEVILLERS (80), le samedi 7 octobre, à 18h, rencontre-lecture-entretien-apéro en compagnie d’ Alexandra Oury, Dominique Brisson et Philippe Moreau-Sainz, autour de la collection « La vie rêvée des choses » à l’estaminet du village à l’invitation de la Bibliothèque d’Albert.

ALBERT, le samedi 14 octobre, de 10h à 18h, Salon du Livre avec les éditions Cours-Toujours.

LAMBERSART, le dimanche 15 octobre de 13h30 à 18h, au Castel Saint-Gérard, pour les 20 ans du Café Littéraire animé par Annie-France Belaval.

Tournée en Picardie dans le cadre des Rendez-Vous Lecture du CR2L, du 16 au 19 novembre

CHÂTEAU-THIERRY, le 16 novembre, le matin, à l’Adothèque, lecture-rencontre avec des élèves du Lycée Hôtelier.

AMIENS, le 16 novembre, en soirée, à la Librairie Pages d’encre, lecture musicale sur le thème de la gourmandise en compagnie du tubiste François Thuillier.

CORBIE, le 17 novembre, à la Médiathèque, lecture musicale sur le thème de la gourmandise en compagnie du tubiste François Thuillier.

CREIL, le samedi 18 et le dimanche 19 novembre, « La Ville aux Livres », de 9h à 19h sur le stand des éditions Cours-Toujours. Le dimanche après-midi, entretien en compagnie d’Alexandra Oury, Dominique Brisson et Philippe Moreau-Sainz, et à 17h30, lecture-performance sur le thème de la gourmandise.

LILLE, 1er et 2 décembre, Gare Saint-Sauveur, participation aux Escales Hivernales. Le vendredi 1er, de 20h à 21h30, scène partagée avec les écrivains du Nord ; le samedi 2, entre 15h et 17h, rencontre avec les éditions Invenit (collection Ekphrasis) et les éditions Cours-toujours (collection La vie rêvée des choses).

En prévision pour 2018, lectures à Arras et Saint-Omer.

A paraître en 2018, aux éditions Henry : « Sur ma route » (poésie)

L’ agenda est mis à jour sur ses blogs Silo-Académie23 et Lucien Suel’s Desk 

â–º Du 13 au 16 septembre 2017, Université Paris VIII-Vincennes : Penser l’émancipation (Appel à contribution)

Le réseau international Penser l’émancipation prévoit une nouvelle édition en automne 2017 à l’Université Paris 8. Ce réseau, qui regroupe chercheurs et chercheuses, militants et militantes, s’inscrit dans le long héritage de la politique d’émancipation, de la critique de la modernité, de l’anticapitalisme et de la transformation de l’ordre existant. Il propose un espace pluraliste, ouvrant à chacun et chacune la possibilité d’émettre des hypothèses théoriques, de les éprouver au contact des pratiques politiques, de soumettre les résultats d’une enquête (militante ou académique), pour affronter les problèmes du présent. La pratique émancipatrice a besoin de moments, de lieux, pour réfléchir sur elle-même, sur son sens et sa portée, à l’abri du rythme effréné des séquences politiques, des clivages entre traditions idéologiques ou des exigences du travail universitaire.

Ce besoin se fait particulièrement sentir en cette année 2017, qui marque l’anniversaire de l’un des événements majeurs de la politique d’émancipation. Il y a un siècle, les exploités de l’Empire russe ont en quelques jours changé la face du monde, renversé un État ; ils et elles ont demandé le pouvoir dans les usines, que l’on partage les terres, que cesse la boucherie impérialiste de 14-18. Les subalternes ont tenté l’inouï, tenté de s’approprier leur monde, d’interrompre le cours inéluctable de la modernisation capitaliste, de révolutionner la culture, les rapports de genre, de briser l’oppression nationale et le joug colonial. Les révolutions sont des phases d’accélération historique, mais aussi des séquences où tout ce qui semblait naturel, allant de soi ou inévitable, peut être changé, infléchi, au bénéfice des opprimés. En d’autres termes, les révolutions sont par excellence des moments de totalisation, des séquences où l’action collective peut espérer atteindre et bouleverser l’ensemble de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays, d’une région, et même du monde.

Pour être à la hauteur du défi révolutionnaire aujourd’hui, des rébellions vaincues, des révoltes écrasées, des défaites les plus amères, la théorie doit pouvoir se hisser à son plus haut niveau et mener « la critique impitoyable de tout ce qui existe » (Marx). C’est pourquoi le réseau Penser l’émancipation sollicite des contributions sur l’ensemble des questions qui travaillent la pensée engagée dans la transformation de l’ordre existant.

Nous invitons militants et militantes, chercheurs et chercheuses, à soumettre des propositions de communications (un résumé de 3000 signes) sur l’un des thèmes suivants, ou tout autre ayant trait à la théorie sociale et à la pensée émancipatrice, avant le 5 mars 2017 au plus tard : penserlemancipation2017@gmail.com

Droit, oppression, émancipation ; pouvoir politique, stratégie, organisation ; écosocialisme, anthropocène, capitalisme fossile ; féminisme, travail reproductif, intersectionnalité ; théorie queer et révolution sexuelle ; Gramsci, hégémonie, philosophie de la praxis ; relations internationales, développement inégal et combiné ; racialisation et capitalisme postcolonial ; histoires du mouvement ouvrier et révolutionnaire ; précariat, travail immatériel, nouveaux salariats ; syndicalisme, grève générale, contrôle ouvrier ; autonomie, opéraïsme et nouvelles radicalités ; monnaie, marchandises, forme-valeur ; théologie et critique de la modernité ; colonialité du pouvoir et décolonialité ; marxisme culturel et structures de sensibilité ; impérialisme, guerres et libération nationale ; cinéma, théâtre, spectateur émancipé ; théorie critique, École de Francfort, réification ; hégélianismes et jeune-hégélianisme ; économie politique, dynamiques d’accumulation, crises ; Althusser, antihumanisme, lutte de classes dans la théorie ; éducation populaire, système scolaire, pédagogies révolutionnaires ; allocation universelle, salaire à vie, refus du travail ; occupation des places, émeutes, sabotage ; logistique et blocage des flux; immigration, réfugiés, populations excédentaires ; Europe, dette, souveraineté ; Lukács, totalité et subjectivité ; Henri Lefebvre, ville et espace ; urbanisme, architecture et droit à la ville ; géopolitique critique ; littérature, poésie et politique ; histoire globale et système monde ; corps exploités, corps révoltés et enclosures des corps ; internet, travail digital et réseaux sociaux ; néolibéralisme, financiarisation et nouvelles aliénations ; État d’urgence, antiterrorisme, violences policières et ennemis intérieurs ; lutte armée, guérilla urbaine et guerre populaire ; révolution culturelle et transition au socialisme ; mouvements sociaux, formations de classe, identités politiques ; masses, plèbes, multitudes ; communisation et restructuration capitaliste ; coopérative, autogestion, expropriation ; action antifasciste et état d’exception ; mobilisations lycéennes et luttes étudiantes ; critique des médias.

â–º Jeudi 14 septembre à 20H, Bibliothèque 2e arrt de Lyon : Écrits/Studio (poésie et nouvelles technologies du son).

Ecrits/Studio réunit des poètes qui travaillent avec les outils numériques du son. Neuf de ces poètes présenteront des poèmes sonores réalisés lors d’une session de création. Ils livreront là des formes poétiques nouvelles, à la fois polyphoniques et performatives.

Parmi ces poètes : Béatrice Machet, Alice Calm, Guillonne Balaguer, Jean-Baptiste Happe, Estelle Dumortier, Patrick Sapin, Patrick Dubost, Béatrice Brérot.

Bibliothèque municipale
13 rue de Condé
69002 Lyon

â–º Dimanche 17 septembre à 15H, Centre Pompidou (75004 Paris) :
Première de Frank Smith, LE FILM DE L’IMPOSSIBLE
Présenté dans le cadre du Festival Hors Pistes production et prolongement

Sur la bande-image du Film de l’impossible alternent deux séries. Tout d’abord, une lecture dialoguée entre François Bonenfant et Frank Smith se tient dans le cadre de la pièce-dispositif Un lieu-comme-œuvre., « un lieu d’art » conçu par François Laroche-Valière au Théâtre L’Échangeur, Bagnolet. Cet échange tente de cerner ce que serait un film qui s’intitule Le Film de l’impossible. Il est question du statut de l’image au cinéma, de celui de la représentation, de la politique actuelle — irréconciliable — et de la nécessité de recomposer aujourd’hui une nouvelle pensée de l’image — toujours impossible. En contrepoint, il y a des images prises dans le désert blanc du Chott-El-Jérid (Tunisie), faites d’éléments uniformes — ciel, terre, mirages — à travers des plans, constamment identiques à eux-mêmes, où la caméra tourne sur elle-même à 360 degrés.
Le film se fait en même temps qu’il se filme.

*
Le Film de l’impossible est aussi un livre, publié aux éditions Plaine page.



Un film écrit et réalisé par Frank Smith
Avec François Bonenfant et Frank Smith
Situations — Un lieu-comme-œuvre. François Laroche-Valière
Image et montage Arnold Pasquier
Son Marc Parazon
Mixage Ivan Gariel
Musique Philippe Langlois

5 juin 2017

[News] Libr-poésie

Sans vous y perdre et sans être exhaustif, faites votre Marché de la poésie : avec Anne Savelli, Suzanne Doppelt, Philippe Jaffeux, Guillaume Basquin, Daniel Pozner, Juliette Mezinc, Frank Smith… les éditions Al dante, de l’Attente, Castor Astral… Et n’oubliez pas la Nuit remue #11 !

 

â–º Jeudi 8 juin à 19H, Bibliothèques de Montreuil (14, Bd Rouget de Lisle – 93) : Anne Savelli, Décor Daguerre

Paris, les années 70, la vie quotidienne et la vie d’artiste… Bienvenue à la bibliothèque Robert Desnos pour découvrir Décor Daguerre d’Anne Savelli, livre inspiré en partie par le documentaire d’Agnès Varda Daguerréoypes, dont nous verrons quelques extraits, ainsi qu’un passage de Stella, film de Sylvie Verheyde.

 

â–º Samedi 10 juin, rencontre avec Suzanne DOPPELT :

â–º Du 7 au 11 juin, Marché de la poésie, place St Sulpice à Paris : mercredi 7 juin de 14h à 21h30 ; jeudi 8, vendredi 9 et samedi 10 juin, de 11H30 à 21H30 ; dimanche 11 juin de 11h30 à 20h.

Éditions Al dante, de l’Attente, Nous : stand 110/112

Éditions du Castor Astral : stand 400

Éditions L’Atelier de l’Agneau (et revue L’Intranquille) : stand 614. La Passe du vent : stand 423 (Katia Bouchoueva, Laurent Fourcaut..) ; association Entrevues : stand 700 (avec la présence de François Rannou pour sa revue Babel heureuse).

â–º Vendredi 9 juin, de 16 à 18H stand 202 : Philippe Jaffeux signera et dédicacera à 16 heures son dernier ouvrage de théâtre expérimental, DEUX, qui sort le 10 juin chez Tinbad.
A 17 heures, au même endroit (stand 202, celui des éditions de Corlevour), Guillaume Basquin signera son (L)IVRE DE PAPIER, paru l’an dernier.

â–º À l’occasion de la parution de son dernier livre, À la lurelure, rencontre avec Daniel Pozner pour une séance de signatures au Stand de Propos 2 Éditions (508-512) : samedi 10 juin 2017 à 16h au Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, Paris.

â–º Samedi 10 juin, de 18 à 20H : RV avec Juliette Mezenc pour une séance de signatures (Laissez-passer)…

â–º  La Nuit Remue #11, samedi 10 juin à 18h30,

Bibliothèque Marguerite Audoux, 10 rue Portefoin, Paris 75003 
Accès : Métro : Temple, République, Arts et Métiers  [
La Nuit remue 11 a été imaginée par Emmanuèle Jawad et Marie de Quatrebarbes, avec l’aide amicale de Mathieu Brosseau.]

Programme

18h30 Accueil du public

19h00 Premier round :

Stéphane Bouquet
Frédérique Iledefonse 
Emmanuel Laugier
Vannina Maestri
Jennifer k Dick
Franck Leibovici

20h00 – 20h30 Pause

 

20h30 Deuxième round :

Philippe Jaffeux
Emilie Notéris
Olivier Quintyn
Hortense Gauthier
Florence Pazzottu
Benoit Casas

21h30 Fin des réjouissances.

â–º Samedi 10 juin à Pantin, 15H30 : Frank Smith, Le Film des visages

ÉCRANS LIBRES
Les Écrans Libres donnent la parole à des cinéastes lors d’une séance qui leur est intégralement dédiée. Frank Smith est écrivain/poète, réalisateur et vidéaste. Il a publié une douzaine de livres, dont Guantanamo, sacré meilleur livre de poésie de l’année par The Huffington Post aux États-Unis. Il réalise également des « films-poésies ». Il est représenté par la Galerie Analix Forever à Genève.

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LE FILM DES VISAGES
Frank Smith – France, 2016, 50’
En s’appuyant sur une manifestation qui s’est tenue
à Alexandrie en juin 2010 pour protester contre le
régime du président Moubarak et la mort du jeune
militant Khaled Saeed, Frank Smith mène une réflexion
sur les visages de la révolte. En dépassant la dualité
entre foule et individu, Le Film des visages traque les
gestes d’un nouveau peuple en mouvement, et sonde
le visage comme surface sensible insurrectionnelle.
Une expérience dédiée à Chantal Akerman.

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PLUS D’INFOS : bit.ly/2rGwcyr
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INFOS PRATIQUES
Ciné 104
104 avenue Jean Lolive
93500 Pantin

Métro ligne 5 – Église de Pantin
Bus lignes 249, 170, 61
Station Vélib’ devant le cinéma

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TARIFS
Entrée : 5 €
Tarif réduit : 3,5 €
Pass festival : 15 €

26 mai 2017

[News] Libr-news

En ce dernier mois de printemps, deux RV importants à la Maison de la poésie Paris : États généraux de la poésie et l’Hommage à Serge Doubrovsky. À Paris toujours, lectures de Suzanne Doppelt et Jim Dine, d’Amandine André – juste avant la performance de Mylène Benoît et de Frank Smith… Et en prime, on découvrira le dernier livre de Suzanne DOPPELT, Vak spectra : un régal, comme toujours !

â–º Lundi 29 mai 2017 à 19H30, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris) :

États Généraux de la Poésie #01 : 2017, Ouvertures

« De nouvelles écritures »
Avec Michaël Batalla, Sereine Berlottier, Sophie Loizeau, François Matton, Sandra Moussempès & Cécile Portier
Rencontre animée par Éric Dussert

Soirée thématique des États Généraux de la Poésie sur les nouvelles écritures, invités d’honneur de la 35e édition du Marché de la Poésie.

« La poésie se manifeste… La poésie hausse le ton. Elle sort du silence où elle est tenue. Réclame droit de cité. S’insurge contre le manque de visibilité et de moyens qui la relègue dans l’ombre et l’oubli. […] La poésie se manifeste aujourd’hui. Les éditeurs répondent présents. Les enseignants répondent présents. La presse, les revues, les libraires, les bibliothécaires, les maisons des écrivains et de la poésie, les internautes et les festivals répondent présents. Les poètes répondent présents. Le public répond présent. Nous convoquons les États Généraux de la Poésie. Nous déclarons la poésie ouverte. »
Le Comité des États Généraux de la Poésie
Dans le cadre de la Périphérie du 35e Marché de la Poésie.

â–º Mercredi 31 mai à 19H : Lectures de Suzanne Doppelt et Jim Dine
Galerie éof (15, rue Saint Fiacre, 75002 Paris). Entrée libre

Jim Dine écrit, publie et lit en public de la poésie depuis aussi longtemps qu’il réalise des œuvres d’art. L’utilisation du texte dans la peinture de ce pionnier du Pop Art est une extension de sa pratique d’écriture. Ses poèmes ont été recueillis sous le titre de Poems to Work On (Cuneiform Press, 2015). Parmi les textes de Jim Dine, on trouvera Âne dans la mer, face à nous : Pinocchio et poèmes (traduction : Elsa Boyer, Steidl, 2013). Une édition de ses poèmes sera publiée en français par Joca Seria. Nantes est un concentré de la poésie tout entière de Jim Dine, il est traduit par Vincent Broqua et vient d’être publié dans la collection américaine des éditions Joca Seria.

♦ Suzanne Doppelt, Vak spectra, P.O.L, mai 2017, 80 pages non numérotées, 13 €, ISBN : 978-2-8180-4198-7.

La Boîte d’optique avec des vues intérieures d’une maison néerlandaise (vers 1655-1660), ingénieusement créée par Samuel Van Hoogstraten (1627-1678), est pour Suzanne Doppelt l’occasion de nous emmener dans son domaine des spectres : "Pareille au trouble produit dans la chambre où s’ébauche une belle décomposition, les murs disparaissent, le plafond se retourne et la mouche avec, le sol offre à peine un chemin, de jolis miroirs si habilement placés et des lignes qui vont, elle est un vrai mirage, tout se défait et se refait. Pour mieux revenir entre deux étages dans l’escalier profond, dans cette boîte à ancêtres où on dort, au pied de la table, sur le tapis feutré comme une toile et en sautillant près des armoires, l’esprit des lieux remue la matière, rien ne s’élance autant qu’une maison"…

Dans la mesure où c’est la perspective qui crée le monde, pour que le monde devienne vertigineux il suffit de choisir des points de vue privilégiés et de mettre en branle la machinerie optique. Des perspektiven au perpetuum mobile… Dans l’univers cosmopoétique de Suzanne Doppelt – de Lazy Suzie à Vak spectra, en passant par La Plus Grande Aberration et Amusements de mécanique -, poétique et optique vont de pair, animées par "une mécanique admirable" : "tout bouge autant que le décor d’un théâtre bien équipé, une belle féerie optique, les yeux levés vers le monde là où s’exerce de gauche à droite et l’inverse la ruse d’un regard oblique"… /Fabrice Thumerel/

â–º Mercredi 31 mai à 19H, Maisons de Victor Hugo (6, place des Vosges 75004 Paris) : soirée à ne pas manquer…

Lecture de Amandine André (20′)

suivie de

COALITION
Une performance dansée (30′)
par Mylène Benoit et Frank Smith

Que peut un corps ? Que peut le monde dans les corps ?
Comment dire les mouvements du monde dans les articulations des corps ?
Comment entrer entre le corps et le monde, entre les corps du monde et les pensées du corps ?
Qu’est-ce qu’une combinaison danse / écriture ?
Qu’est-ce qu’une combinaison matières de corps / mouvements ?
Mylène Benoit et Frank Smith se rencontrent, croisent leurs pratiques et relient leurs préoccupations.
Cet essai chorégraphique, textuel et musical soulève une série de questionnements afin de concilier le corps de la danse et le corps de l’écriture.

Soirée présentée dans le cadre des Périphériques du Marché de la poésie et du festival Concordan(s)e

Entrée libre
http://www.concordanse.com/Mylene-Benoit-choregraphe-Frank-Smith-ecrivain

â–º Samedi 10 juin à 19H, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75003 Paris) :

Hommage à Serge Doubrovsky (1928-2017)

Avec Camille Laurens, Tom Bishop, Dominique Emmanuel Blanchard, Yves Charnet, Yannick Kujawa, Laurent Herrou, Olivier Steiner, Mathieu Simonet, Christine de Camy & Isabelle Grell

6 mars 2017

[News] Libr-News

Des RV à ne pas manquer : inscription pour le Cerisy PRÉVERT ; dernier numéro de la revue Secousse ; "Morceaux de vie" (Smith / Clavel) ; "Comment exposer la poésie ?" à Paris ; Prigent/Dubost ; réflexions sur les DRONES à Aix-en-Provence avec Alphabetville…

 

â–º C’est le moment de s’inscrire au Colloque international de Cerisy organisé par Carole Aurouet et Marianne Simon-Oikawa, "Prévert : détonations poétiques" (11-18 août 2017) – avec de Libr-critique Francis Marcoin et Fabrice Thumerel.

â–º À consulter en ligne le dernier et riche numéro de la revue Secousse : Emmanuel Laugier, Patrick Laupin, Bernard Desportes, Michel Deguy…

â–º "Morceaux de vie", Frank Smith / Garance Clavel : mercredi  8 mars, de 18H à 20H, Musée des Archives nationales à Paris (60, rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris).

â–º Jeudi 16 mars à 18H30, Maison de Victor Hugo à Paris : "Comment exposer la poésie ?", rencontre avec Suzanne Doppelt et Vincent Broqua.

 

â–º Vendredi 24 mars 2017 à 18h30, Médiathèque Boris Vian – Rue Turenne – 13110 Port-de-Bouc
Rencontre-lecture avec Christian Prigent, poète, écrivain et essayiste, et avec Patrick Dubost, poète et performeur, dans le cadre de la manifestation Poésie à tous les étages. Étant l’un et l’autre très aguerris et remarquables dans l’exercice de la lecture publique, ils liront, à leur convenance, des extraits de leurs œuvres respectives. Présentation : Jean-Luc Albert. Rencontre organisée par AUTRES ET PAREILS en partenariat avec la Médiathèque Boris Vian et la librairie l’Alinéa.

Entrée libre / Réservations conseillées : 04 42 42 09 55 (A&P)
http://autresetpareils.free.fr/documents/Prigent-Dubost-invitation-web.png

â–º D-R-O-N-E-S – Images à risques ? 25 et 26 mars 2017 à la Fondation Vasarely, Aix-en-Provence
Une coréalisation Benoît Labourdette production, Alphabetville, l’Office, en partenariat avec la Fondation Vasarely
 
Les drones, machines de « vision embarquée » se répandent de façon massive, autant dans les champs de la production audiovisuelle que dans la vie quotidienne (selfie vidéo ou systèmes de surveillance autoritaires) et modifient insidieusement nos représentations du monde.
 
Pour essayer de comprendre ensemble de quoi ils sont faits, nous proposons des « rencontres apprenantes », ou apprentissage de pair-à-pair, sous forme d’ateliers, échanges, pratiques, questions et théories.
Un programme ouvert et participatif autour du drone comme objet technique ainsi que ses applications : décortiquer, manipuler, raconter, monter et démonter réellement un drone, le désautomatiser, l’écouter… élaborer et échanger des points de vue et des images du et sur le monde.
 
Les 25 et 26 mars de 10h à 18h accueillis par la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence, nous expérimenterons les enjeux de ces machines-images avec Benoît Labourdette, cinéaste, Colette Tron, auteur et critique, Emmanuel Vergès, auteur et facilitateur.
 
MODALITES
Lieu : Fondation Vasarely, 1 avenue Marcel Pagnol, Jas de Bouffan, 13096 Aix-en-Provence
Espaces de travail, espaces d’exposition, œuvres de Victor Vasarely, fondateur de l’op’art (art optique), parc de la Fondation, ville et campagne d’Aix-en-Provence
Moyens techniques : 2 drones Parrot (AR Drone et Bebop), ordinateurs portables, vidéoprojecteur, accès internet. Drones supplémentaires et leurs pilotes bienvenus.
Ces rencontres sont à prix libre et conscient, inscription par mail à : youpi@loffice.coop
 
Alphabetville Friche la Belle de Mai 41 rue Jobin 13003 Marseille 0495049623
alphabetville@orange.fr / www.alphabetville.org

16 février 2017

[News] Libr-événements

Voici quatre rendez-vous incontournables d’avant-printemps : à Paris, soirée Poésie civile – hypothèse poétique #1 ; festival Concordan(s)e du 25 février au 2 avril ; à Marseille, les Écrits du numérique #3 ; à Reims, une Nocturne de poésie contemporaine…

â–º Lundi 20 février 2017 à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris) : poésie civile – hypothèse poétique #1 – l’acte magique de la parole.


Extérioriser via l’écoute et la transmission, l’appropriation énoncée (donc à assumer) de la parole ou du geste d’autrui : les nuances que l’on ne devinait pas encore de son for intérieur. Chaque phrase est à prendre comme une ouverture à sa propre conscience : que vais-je dire, comment vais-je le dire, à qui vais-je m’adresser ?

L’acte le plus anodin contiendrait en cela la clé d’une parole honnête, une parole anodine contiendrait la même (clé) portée d’un geste. À préciser.

Se confier aux confins du sens de l’instinct, employer l’instant léger d’un temps pour, et saveurs, que nous nous attacherons à développer, nourrir.

De la nourriture à la bouche, à la parole.

La poésie civile provient de choix et de pratiques. La poésie civile est d’humeur politique. Chaque participant,e est chaleureusement invité,e à venir accompagné,e d’un livre, d’une envie, d’un silence : de son nombre.

Poésie civile propose des rendez-vous mensuels pour explorer des hypothèses poétiques, la première sera celle de l’acte, magique, de la parole : comment la parole, l’est-elle ?

Format proposé par Laura Boullic, Marie Fouquet, A.C. Hello, Anne Kawala, Élodie Petit et Marie de Quatrebarbes.

â–º Concordan(s)e#11 – du 25 février au 2 avril 2017
7 duos – 4 créations & 3 reprises // 30 lieux
rencontre inédite entre un chorégraphe et un écrivain

Février_programme

Samedi 25 février / 17h – Médiathèque L’Echo_ Le Kremlin Bicêtre
Gilles Verièpe_chorégraphe & Ingrid Thobois_écrivain
53 avenue de Fontainebleau 94270 Le Kremlin-Bicêtre
01 49 60 15 25 / entrée libre

Samedi 25 février / 18h – bibliothèque Audoux_Paris
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
10 rue Portefoin 75003 Paris
01 44 78 55 20 / entrée libre

Mardi 28 février / 20h – Librairie Le comptoir des mots_Paris II extrait du duo  & discussions
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
239, rue des Pyrénées  75020 Paris
01 47 97 65 40 / entrée libre

Mars_programme

Mercredi 1er mars / 19h30 – Librairie la Manoeuvre_Paris II extrait du duo & discussions
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
58 rue de la Roquette 75011 Paris
01 47 00 79 70 / entrée libre

Jeudi 2 mars / 19h30 – Médiathèque Marguerite Duras_Paris
Mylène Benoit_chorégraphe & Frank Smith_écrivain
115 rue de Bagnolet 75020 Paris
01 55 25 49 10 / entrée libre

Vendredi 3 mars / 19h – bibliothèque Françoise Sagan_Paris
Gilles Verièpe_chorégraphe & Ingrid Thobois_écrivain
8 rue Léon Schwartzenberg 75010 Paris
01 53 24 69 70 / entrée libre

Samedi 4 mars / 17h – Mac Val_Vitry-sur-Seine
Mylène Benoit_chorégraphe & Frank Smith_écrivain
place de la révolution 94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 64 20 / tarif 5 et 2,5 euros

Mardi 7 mars / 20h –  Librairie L’atelier_Paris II extrait du duo & discussions
Maud Le Pladec_chorégraphe & Pierre Ducrozet_écrivain
2 bis rue Jourdain 75020 Paris
01 43 58 00 26 / entrée libre

Mercredi 8 mars / 19h30 –  La Briqueterie / CDC du Val-de-Marne_Vitry-sur-Seine
Maud Le Pladec_chorégraphe & Pierre Ducrozet_écrivain
– en partenariat avec La biennale de danse du Val-de-Marne –
7, rue robert Degert 94400 Vitry-sur-Seine
01 46 86 17 61 / tarif 5 euros

Jeudi 9 mars / 19h30 –  la maison rouge_Paris
Mylène Benoit_chorégraphe & Frank Smith_écrivain
10 boulevard de la Bastille 75011 Paris
01 40 01 08 81 / tarif 10 et 7 euros

Vendredi 10 mars / 19h30 – bibliothèque Pierre et Marie Curie_Nanterre
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
5 place de l’Hôtel de ville 92000 Nanterre
01 47 29 51 61 / entrée libre

Samedi 11 mars / 15h – Bibliothèque Faidherbe_Paris
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
18-20, rue Faidherbe 75011 Paris
01 55 25 80 20 / entrée libre

Samedi 11 mars / 16h30 – Médiathèque Hermeland_Saint-Herblain
Maud Le Pladec_chorégraphe & Pierre Ducrozet_écrivain
rue François Rabelais 44800 Saint-Herblain
02 28 25 25 25 / entrée libre

Mercredi 15 mars / 20h – Maison de la poésie_Paris
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
passage Molière – 157 rue Saint-Martin 75003 Paris
01 44 54 53 00 / tarif 10 et 5 euros

Jeudi 16 mars / 19h30 – Le Carreau du Temple_Paris
Gilles Verièpe_chorégraphe & Ingrid Thobois_écrivain
Raphaëlle Delaunay_chorégraphe & Sylvain Prudhomme_écrivain
Edmond Russo et Shlomi Tuizer_chorégraphes & Bertrand Schefer _écrivain
4 rue Eugène Spuller 75003 Paris
01 83 81 93 30 / tarif  20, 15 et 10 euros

Vendredi 17 mars / 19h – Théâtre Louis Aragon_Tremblay-en-France
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
24 boulevard de l’Hôtel de ville 93290 Tremblay-en -France
01 49 63 70 58 / entrée libre

Samedi 18 mars / 16h30 – Bibliothèque_Viroflay
Gilles Verièpe_chorégraphe & Ingrid Thobois_écrivain
74 avenue du Général Leclerc 78220 Viroflay
01 39 24 34 40 / entrée libre

Samedi 18 mars/ 17h – Bibliothèque_Bagnolet
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
– en partenariat avec le festival Hors Limites –
1 rue Marceau, 93170 Bagnolet
01 49 93 60 90 / entrée libre

Samedi 18 mars / 20h30 – Le Colombier_Bagnolet
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
Maud Le Pladec_chorégraphe & Pierre Ducrozet_écrivain
20 rue Marie-Anne Colombier, 93170 Bagnolet
01 43 60 72 81 / tarif 13, 9, 8 et 6 euros

Dimanche 19 mars / 16h – Parc Culturel – Michel Chartier de Rentilly
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
1, rue de l’Étang  77600 Bussy-Saint-Martin
01 60 35 46 72 / entrée libre

Lundi 20 mars / 20h – Maison de la poésie_Paris
Maud Le Pladec_chorégraphe & Pierre Ducrozet_écrivain
Mylène Benoit_chorégraphe & Frank Smith_écrivain
passage Molière – 157, rue Saint-Martin 75003 Paris
01 44 54 53 00 / tarif 10 et 5 euros

Mercredi 22 mars / 16h  – Bibliothèque André Malraux_les Lilas
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
– en partenariat avec le festival Hors Limites –
35, place Charles-de-Gaulle, 93260 Les Lilas
01 48 46 64 76 / entrée libre

Jeudi 23 mars / 19h30 – La Terrasse, espace d’art _Nanterre
Mylène Benoit_chorégraphe & Frank Smith_écrivain
57 boulevard de Pesaro, 92000 Nanterre
01 41 37 52 06 / entrée libre

Jeudi 23 mars / 20h – Le Bal _Paris
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
6, impasse de la Défense, 75018 Paris
01 44 70 75 50 / tarif 6 et 4 euros

Samedi 25 mars / 15h – Bibliothèque Robert Desnos_Montreuil
DD Dorvillier_chorégraphe & Catherine Meurisse_écrivain
– en partenariat avec le festival Hors Limites –
14, boulevard rouget de l’Isle, 93100 Montreuil
01 48 70 69 04 / entrée libre

Lundi 27 mars /12h – La Chaufferie – Université Paris 13_Villetaneuse
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
– en partenariat avec le festival Hors Limites –
99, avenue Jean-Baptiste Clément – 93430 Villetaneuse
01 49 40 30 27  / entrée libre

Mardi 28 mars / 19h – Bibliothèque Cyrano de Bergerac_Clichy-sous-bois
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
– en partenariat avec le festival Hors Limites –
10 allée Maurice Audin 93390 Clichy-sous-Bois
01 41 70 31 80 / entrée libre

Jeudi 30 mars / 19h – MJC Aimé Césaire _Viry-Chatillon
Raphaëlle Delaunay_chorégraphe & Sylvain Prudhomme_écrivain
– en partenariat avec Le festival Essonne Danse –
13 avenue Jean Mermoz 91170 Viry-Chatillon
01 69 12 62 20 / entrée libre

Jeudi 30 mars / 19h30 – La Briqueterie / CDC du Val-de-Marne_Vitry-sur-Seine
Frank Micheletti_chorégraphe & Charles Robinson_écrivain
– en partenariat avec La biennale de danse du Val-de-Marne –
7, rue robert Degert, 94400 Vitry-sur-Seine
01 46 86 17 61 / tarif 5 euros

Avril_programme

Dimanche 2 avril / 11h – bibliothèque Niemeyer_Le Havre
Mylène Benoit_chorégraphe & Frank Smith_écrivain
– en partenariat avec Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie –
2 place Niemeyer 76600 Le Havre
02 35 19 70 00 / entrée libre

â–º Les écrits du numérique #3
Alphabetville, La Marelle, la Salle des Machines, en partenariat avec l’Institut de Recherche et d’Innovation
 
Jeudi 2 mars 2017, Friche Belle de Mai, Marseille
Journée de 10h à 17h30, salle Seita : Repenser ce que nous faisons. Quels savoirs à l’œuvre ?
Soirée à partir de 18h30, librairie la Salle des machines : Faits divers
 
 
Dans le cadre d’une action de création littéraire et d’édition numériques, Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia, et La Marelle, résidences d’écrivains et création littéraire, sont associés dans une démarche collaborative de ces acteurs installés à la Friche Belle de Mai à Marseille.
Liées à une résidence d’écriture numérique, les « Ecrits du numérique » sont des temps de rencontres, d’échanges et d’information sur ces pratiques, dont l’objectif est de : transmettre autour des expériences récentes de création et publication numérique ; considérer l’actualité et les perspectives technologiques des supports d’édition numérique ; découvrir les formes littéraires numériques avec des auteurs et/ou développeurs informatiques…
 
Cette nouvelle édition s’oriente vers des enjeux pratiques et théoriques liés aux processus de fabrication des œuvres et objets éditoriaux de l’écriture numérique et constitue la première d’une série ayant pour thème général : « Repenser ce que nous faisons. »
 
 
Session 1/ année 2017 : « Quels savoirs à l’œuvre ? »
 
Dans l’histoire de l’écriture, les technologies numériques font « époque » en tant qu’elles constituent un autre stade de la grammatisation, ou de l’inscription des traces mentales dans des supports matériels : ces écritures sont d’une complexité et d’une dimension sans précédent, incluant et intriquant des langages et des codes variés (alphabétiques, mathématiques, informatiques…) ; des machines, concrètes et abstraites, automatiques (algorithmiques) ; des mémoires (des sujets et des objets et leur interaction), des strates ou stocks (de données et archives) ; des articulations et réticulations (dont les fragments sont hétéroclites et infinis) ; des temps et des espaces, des lieux (communs ?), des circulations, de signes et gestes (du local au global)….
Comment cette « hétérogénéité des éléments langagiers » fait-elle écriture, c’est-à-dire signe et sens ? Qu’apparaît-il dans la (dé)taille du numérique et par quelles techniques, face à une uniformisation des matériels et logiciels, et de leur tendance vers une automatisation intégrale ?  A quels savoirs faut-il recourir pour être l’auteur de ces énoncés ?
Multimedia, hypermedia, intermedia : quel que soit la terminologie appliquée à cet appareillage scriptural, dont la publication se formalise aujourd’hui essentiellement par le « world wide web », il s’agit de savoir ce que l’on y fabrique ensemble, et comment ?
Dans cette fabrique des écritures numériques, quelles expériences et quels savoirs sont à l’œuvre ? Quelles pratiques s’ouvragent-elles, à quoi ouvrent et oeuvrent-elles ? A quoi contribuent-elles ? Et, pourrait-on se demander avec Bernard Stiegler : « quels genres d’hommes pour quels genres d’œuvres  – s’il s’agit bien d’ouvrer, d’ouvrir et d’œuvrer – ? » (La société automatique, Fayard, 2015)
 
Intervenants :
Colette Tron, auteur, critique, directrice artistique d’Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia ; Pascal Jourdana, directeur de la Marelle, résidences d’écrivains, édition, actions littéraires ; Vincent Puig, directeur exécutif de l’Institut de Recherche et d’Innovation (Centre Pompidou) ; Camille de Chenay, réalisatrice, photographe, auteur, Samuel Leader, écrivain et enseignant, Celio Paillard, écrivain, artiste multimédia, créateur sonore, lauréats de la résidence d’écriture numérique 2016, pour le projet d’écriture collective L’observatoire ; Matthieu Duperrex, philosophe, artiste, directeur artistique du collectif Urbain, trop urbain ; Yannick Vernet, responsable des projets numériques de l’ENSP à Arles, coordinateur scientifique de l’Observatoire des pratiques de l’Image Numérique (Obs/IN)
 
Informations et programme complet : http://alphabetville.org/rubrique.php3?id_rubrique=61
 
Entrée libre
 
Inscription indispensable : alphabetville@orange.fr
 
Lieu : Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille

â–º Vendredi 10 mars à 19H, Le Cellier (4, rue de Mars à Reims) : Nocturne de poésie contemporaine

Partage de poésie et succulences
10 auteurs contemporains à découvrir en voix et en musique
Un éditeur indépendant à explorer : les Éditions Al Dante
Une exposition des Artistes de la Mine

Soirée aux profits des migrants : projet *À PORTÉE DE MAIN*

Entrée : 5 € (gratuit moins de 14 ans)
Avec repas sur place : 15 €



La Nocturne de Poésie INgens se mobilise pour les migrants qui traversent Reims et fait entendre le chœur contemporain des Éditions Al Dante
Mise en musique, chaque lecture puisera dans le catalogue vivant de cet éditeur indépendant pour vous faire savourer un chant contemporain, une voix singulière, le texte d’une expérience inédite, l’écho d’un engagement d’humains

Déployés et rediffusés dans plusieurs salles du Cellier, vous pourrez vous restaurer en direct sans perdre une goutte des évènements.

Les profits et les dons seront reversés aux Collectifs des associations prenant en charge les migrants en difficulté actuellement à Reims et leur offrant l’hospitalité.

15 janvier 2017

[News] News du dimanche

En ce troisième dimanche de l’année, trois rubriques pour vos découvertes et RV : LC vous recommande ; Libr-brèves ; Libr-événements

Libr-critique a reçu et vous recommande… /FT/

â–º RIP, revue critique et clinique de poésie, 1.1 "Poésie va pas tous mourir", Paris, automne 2016, 15 €, ISBN : 978-2-9557237-0-8.

Antoine Dufeu et Frank Smith lancent cet objet littéraire bien conçu dont le support est mixte (parution annuelle en papier, puis sur le site), avec la volonté de riper poétique et politique. La fragmentation des textes – dans lesquels on navigue grâce à une architectonique subtile – est expliquée dans l’édito : "la littérature a valeur d’expérimentation, d’acte de création • pliage d’un texte sur l’autre"… Car "c’est à plusieurs que s’écrit le moindre poème"… En ces temps tragiques, voici une revue qui donne à penser – avec Deleuze en toile de fond, mais pas seulement.

â–º Corinne Lovera Vitali, Ce qu’il faut, Publie.net, novembre 2016, 184 pages, 17 €, ISBN : 978-2-37177-465-0.

Après les 39 fragments adressés au père dans 78 moins 39, avec Ce qu’il faut, nous entrons dans l’œil de ce cyclone ravageur qu’est la vie : de poésie lente, cet Agencement Répétitif Névralgique (ARN) se développe sans pathos autour de cette tache aveugle qu’est le deuil – celui d’un homme et d’un enfant aimés. On en sort bouleversé.

â–º Christophe Stolowicki, Rhizome, Passage d’encres, "Trait court", décembre 2016, 32 pages, 5 €, ISBN : 978-2-35855-127-4.

Voici des "brèves sans humour, à l’encontre du genre" (p. 17). Autant de lignes de fuite dans le paysage littéraire et artistique moderne. Avec la volonté de dépasser l’alternative entre poésie et prose : "La poésie, le roman tombés en inégale désuétude. Contractant le prosimètre, un genre mixte qui les relève ?" (p. 17). On terminera cette courte présentation destinée à vous mettre l’eau à la bouche par une citation qui rend compte du titre : "Affleure une neuve dramaturgie de longue patience étirant son rhizome, en quelques phrases contractant les années – celle qui a déserté le roman" (p. 21).

Libr-brèves

â–º Pour bien commencer une année, il faut bien se justifier… On écoutera donc "De la justification", que nous propose Sylvain Courtoux en cette première quinzaine de janvier 2017.

â–º Un événement que la réédition de Nous d’Antoine DUFEU : à ne pas manquer !

â–º Avant de codiriger le Colloque international de Cerisy en août prochain ("Jacques Prévert, détonations poétiques"), Carole Aurouet nous présente une bio-bibliographie synthétique du braconnier des Lettres : un parcours très vivant tout en poésie ("La poésie parlée", "La poésie filmée", "La poésie écrite", "La poésie chantée", "La poésie imagée"). Dès vendredi prochain 20 janvier, les passionnés – qu’ils ressortissent à un public large ou spécialisé – pourront se faire plaisir : Jacques Prévert. Une vie, Les Nouvelles Éditions Jean-Michel Place, en librairie le 20 janvier 2017, 224 pages, 10 €.

Libr-événements

â–º Vendredi 20 janvier à partir de 18h30, soirée de lectures, performances, concerts pour fêter un double lancement :

• Le lancement du 1er numéro papier de la revue Frappa, créée par A.C. Hello
• La publication du nouveau livre d’Antoine Boute, Inspectant, reculer, publié aux éditions Onlit

Le Monte-en-l’air
71 rue de Ménilmontant / 2 rue de la Mare, 75020 Paris

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Lectures, performances, concerts de :
• Julien Blaine
• Laura Boullic
• Antoine Boute
• Virginie Grahovac
• A.c. Hello – accompagnée de Thierry Müller (basse/guitare/électrosonic), Laurent Saïet (basse/guitare), Quentin Rollet (saxophone)
• Manuel Joseph, accompagné par motif_r
• Sébastien Lespinasse
• Igor Myrtille
• Elodie Petit
• Chloé Schuiten

+ exposition d’originaux ou reproduction des textes/dessins/photographies des auteur.e.s : Amandine André, François Audemar, Nikola Akileus, Stéphane Batsal, Véronique Bergen, Jérôme Bertin, Julien Blaine, Baptiste Brunello, Laura Boullic, Antoine Boute, Jean-Philippe Cazier, Ivar Ch’Vavar, Christophe Claro, Valentine Crémier-Garce, Robert David Elwood, Cédric Demangeot, Billy Dranty, Jean-Michel Espitallier, Sarah Fisthole, Liliane Giraudon, Virginie Grahovac, Martin Gosset, Benoit Grimalt, Marion Guillet, A.C. Hello, Hugo Hengl, Manuel Joseph, Charlotte Jankowski, Manuel Joseph, Éléonore Lebidois, Élinora Léger, Sébastien Lespinasse, Fabienne Letang, Laurent Cauwet, Bryan Lewis Saunders, Igor Myrtille, Charles Pennequin, Emmanuelle Pidoux, Élodie Petit, Popier Popol (Nathalie), Konrad Schmitt, Chloé Schuiten, Thomas Sidoli, Lucien Suel, Fanny Torres, Cécile Wautelet.

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REVUE FRAPPA

"Frappa a été conçu – rédaction, graphisme, maquette – par A. C. Hello , dont le Clavier cannibale a, il y a un peu moins d’un an, exploré le précédent livre, Naissance de la gueule. Frappa existait déjà en ligne, la voici donc sur papier, riche de 246 pages, pensée mais non préconçue, nullement attifée d’un thème mais parcourue de mille motifs. Comme l’expliquait A.C. Hello dans un entretien, quelque chose de l’ordre de la "bascule", paradoxalement, tient et relie ces textes:
"Ce qui – et encore une fois, c’est quelque chose dont je me suis aperçue bien après – manifestement les rassemble tous, c’est leur travail, peut-être inconscient, sur le basculement. Le mot est instable, la phrase est instable, ou même la pensée est instable, et c’est toujours à deux doigts de se casser la gueule. C’est un équilibre ténu, qu’ils aiment mettre en danger. Et si certains le font sérieusement, je veux dire sur un ton sérieux, la majorité produit ce basculement dans un joyeux désordre branque, même si bien sûr on sent une fêlure qui ébrèche, parfois, cette douce ironie" (entretien donné à Diacritik).
Pensée instable, phrase instable: rien à voir avec une fragilité feinte, bien sûr. Et force est de constater que les textes publiés dans cet impressionnant Frappa (ce fracas frappé?) brillent par l’intelligence instinctive de leur violence. Qu’ils soient signés par A.C. Hello, Martin Gosset, Amandine André, Antoine Boute, Lucien Suel, Charles Pennequin, Baptiste Brunello, Manuel Joseph, pour n’en citer que quelques-uns sur la multitude de participants à cette revue, tous les textes de la revue montent à l’assaut, tranchent, déplacent, résistent. Poésie sonore, mais surtout prise de poésie, prise de heurts, tensions. Une centrale surchauffée. Un état des lieux des affres, de l’égarement, de la résistance." — Christophe Claro.

Liens vers les 2 premiers numéros numériques de Frappa :

http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.1/
http://www.poesie-frappa.com/frappa-1.2/

Entretien sur Diacritik :
https://diacritik.com/2015/12/07/la-poesie-frappa-entretien-avec-a-c-hello/

Spot publicitaire :
https://www.youtube.com/watch?v=6vPPD4XjncM&index=9&list=UUoNuEUi7DZ3Dt8y6IVzALig

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INSPECTANT RECULER d’Antoine Boute (Éditions Onlit)

Synopsis : Au lendemain de son mariage avec l’inénarrable Valéria, Freddo se retrouve seul et désemparé. Ça lui pèse tellement qu’il décide d’aller chez les flics: « Bonjour pardon de vous déranger mais ma femme a disparu le jour de notre mariage. ». Avec l’aide de l’inspectrice Karolien, il tente de résoudre cette inquiétante disparition. Or L’enquête, plutôt que d’avancer ou même de piétiner, recule au contraire jusqu’à prendre des dimensions cosmiques.

"Boute est un magicien décomplexé qui préfère extraire des chapeaux du lapin. Avec lui, on est embarqué, cahoté, aucune intimidation, ça marche à cent à l’heure, c’est salutaire, le texte bat la campagne, défriche, et surtout on rit, le texte rit, la syntaxe se marre, c’est un rire cosmique, un rire chamanique et contagieux. (…) C’est ce qui manque à la littérature française." — Christophe Claro.

Présentation du sommaire d’Inspectant reculer par Antoine Boute :
https://www.youtube.com/watch?v=Y_QDgqI_Ic0

â–º Vendredi 20 janvier à 18H30, Librairie L’Échappée Belle à Sète, rencontre-lecture avec Juliette Mézenc pour son dernier livre Laissez-passer (éditions de l’Attente).

â–º Dimanche 22 janvier 2017 à partir de 14h, American Gallery, visite exceptionnelle de l’exposition F. comme faille et Chevrotines : Ayme/ Blaine/Pazzottu
 
Lecture avec ponctuation sonore et déclar’action à 15h
F. comme faille et Chevrotines, deux livres d’artistes aux éditions Rencontres parus en 2016 dans la collection Tête à texte. Exposition du 4 décembre 2016 au 19 février 2017.
œuvres originales de Julien Blaine, de Giney Ayme, et (œuvres à quatre mains) de Florence Pazzottu et Giney Ayme.
AMERICAN GALLERY
54 RUE DES FLOTS-BLEUS 13007 MARSEILLE
bus 83 arrêt anse de la Fausse Monnaie
visites sur rendez-vous : 06 27 28 28 60

 

â–º Mardi 24 janvier 2017 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes :

MANUEL DAULL (France)
KATE NOAKES (UK)
et LAURENT GRISEL (France)

24th JANUARY from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poets Manuel Daull and Laurent Grisel alongside Welsh poet Kate Noakes with translations in French and English by Mary Reilly among others—let us know you are coming!

MARDI 24 janvier 2017 à 19h30
Au bar / 1er étage :
Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

 

â–º La cie Stelisto de Tempo présente le vendredi 27 janvier à 20h au Théâtre Massenet (rue Massenet à Lille) // SANS FRONTIERES FIXES //

Réserver : https://goo.gl/forms/FIwAIninSSvba0cj1
Tarifs : 9/6/3 €
Mangez ou buvez un verre en bonne compagnie dès 19h30 !

“Sans Frontières Fixes” est un spectacle à plusieurs voix où nos colères et nos incompréhensions sonnent, où nos peines résonnent, où la poésie et la musique se mêlent et nous lavent, nous enlacent et nous livrent une lueur d’espoir et de Beauté. Les comédiennes Coline Marescaux et Céline Hilbich portent une furieuse envie de refuser les limites absurdes, ses frontières qui nous séparent et nous éloignent de l’autre. Accompagnées du multi-instrumentiste Dorian Baste, elles vous invitent à un concert poétique à la frontière du théâtre inspiré du recueil de Siméon.

"Parce que justement ça sert à ça la poésie, à mettre les pieds du poème dans le plat de l’existence." J-P. Siméon

19 décembre 2016

[Livres] Libr-kaléidoscope de fin d’année (2)

En ce moment où ce n’est tout de même pas encore totalement has been d’offrir des livres, Libr-retour sur des œuvres remarquables que nous n’avons pas encore eu le temps, hélas, de recenser – ou que nous n’avons pu que signaler… Et comme ces deux dernières années ont été foisonnantes, nous vous offrons plusieurs livraisons d’invitations au voyage livresque (ordre chronologique). Voici la deuxième : lire la première.

â–º Emmanuèle JAWAD, Plans d’ensemble, PROPOS2ÉDITIONS, printemps 2015, 76 pages, 13 €, ISBN : 978-2-912144-95-9.

D’emblée, le texte affirme ce qu’il est : "l’épuisement d’un lieu par ajouts, superpositions de fragments". Le creuset textuel est agencement de plusieurs lieux (Berlin, Leipzig, Dresde, Prague), de photographies et de références filmiques (Jim Jarmusch, Alfred Hitchcock), de micro-récits autour de la figure centrale d’Anna… Hantés par Berlin Alexanderplatz et Anna Karénine, oscillant entre Histoire et histoires, les poèmes de 13 vers nous saisissent dans ce qu’il faut bien appeler leur fascinant objectivisme.

 

â–º David SILLANOLI, Courir après Ouma Kapal, Al dante, automne 2015, 216 pages, 17 €, ISBN : 978-2-84761-743-6.

Voici un livre que l’auteur a écrit comme il lit : à saute-moutons, en toute désinvolture. Un "roman d’aventure sf gothique et un peu gore" (p. 83) écrit depuis le monde des fantômes. Où l’on fait la connaissance de la Ferance, qui "joue un rôle important dans l’histoire mondiale post-régé par l’influence de sa culture et de ses valeurs démocratiques, racistes et gastronomiques" (35).

 

â–º Charles PENNEQUIN, Les Exozomes, P.O.L, mars 2016, 224 pages, 13 €, ISBN : 978-2-8180-3866-6.

"la poésie est une épingle à nourrice sur la bedaine de l’humanité" (70).

"le nouveau, c’est pas forcément du côté des forces de l’art, si l’art
sert au pouvoir et aux politiques. si l’art est une façon d’écraser l’autre" (201).

Quoi de neuneuf du côté des zumins ? Il y a de l’autre dans les autres comme dans moi… Les exozautres comme les exo-moi sont des exozomes "nourris aux certitudes"… Chacun en prend pour son grade : "combien de lecteurs-crapauds se pensent près de tel auteur ? combien sont-ils comme ça à penser que c’est eux qui ont ainsi pensé, alors qu’ils n’ont rien pensé du tout ?" (46)… Et de l’autre côté, ce n’est guère mieux : "écrivain est un gros mot. écrivain c’est déjà se la péter un peu cénacle" (165)… Il faut lire ce roman-poème plein de foulosophie carnavalesque sur "la race humaine" et son histoire…

 

â–º Frank SMITH, Le Film des visages, éditions Plaine page, coll. "Connexions", printemps 2016, 112 pages, 10 €, ISBN : 978-2-910775-92-6.

qu’est-ce enfin
que de
"donner la parole
à la minorité en nous-mêmes" ? (p. 60).

"La poésie rythme l’action" (p. 20). Quelle action ? Celle d’un peuple tout entier, lors du printemps égyptien, un peuple qui s’ouvre les possibles. Même si "le processus échoue toujours sur la terre" (45), il reste toujours "le visage réfléchissant des peuples" (62)…

TOUT VISAGE
EST
UNE POLITIQUE (81).

Cet Agencement Répétitif Névralgique (ARN) qui zoome sur les visages rythme le souffle épique/lyrique/pathétique d’un peuple en devenir. Et NOUS sommes avec eux !

 

â–º Laura VAZQUEZ, Oui, éditions Plaine page, coll. ‘Les Oublies", printemps 2016, 82 pages, 5 €, ISBN : 978-2-910775-95-7.

"Ma poésie ne décrit pas les impressions" (p. 40).

Que voit-on de la vie "à travers une vitre" ? Un trou ? Un mur ?

"Je suis une bête dans l’histoire", dit-elle…

Dans cet Agencement Répétitif Déréalisant (ARD), tout tombe, y compris sous le sens – ou hors du sens d’ailleurs. Inexorable chute universelle.

Tempus fugit.

 

â–º Thomas Déjeammes, Et faire à partir de l’explosion, Plaine page, coll. "Les Oublies", printemps 2016, dépliant, 5 €, ISBN : 978-2-910775-94-0.

Tu te lèves, le haut se déplie.
Tu lis dans le tournoiement de l’explosion.

"le monde n’a pas changé le 11 septembre 2001 Olga
le monde t’a changée chaque jour
dans ta répétition et ta reprise
pour toujours beau pour toujours bleu tu penses Olga
non
ton monde n’a pas changé le 11 septembre Olga".

Et de lien en lien tu passes d’une performo(t)sonance à une autre de Kraums Notho : vimeo.com/165849032, https://vimeo.com/165850553

 

â–º Christophe MANON, Au nord du futur, NOUS, été 2016, 112 pages, 15 €, ISBN : 978-2-370840-35-6.

"ÉTRANGERS DANS LA LANGUE écartelés
entre deux siècles les pieds au nord du futur nous savons
le goût du désastre où quelque chose de stellaire a disparu" (p. 19)…

Cette nouvelle utopographie est écrite au futur antérieur par et pour un NOUS – l’emploi de cette personne étant chose devenue suffisamment rare pour qu’on la signale. Et la constante invention verbale et/ou graphique nous emporte…

30 octobre 2016

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche d’octobre, tout d’abord, notre Libr-agenda (Philippe Boisnard et Jean-Michel Espitallier), puis nos Libr-événements : RV avec AnnaO / Jacques Jouet & Mia You (Ivy writers) à Paris, à la fondation Vasarely d’Aix pour de drôles de drones… On terminera par un aperçu de ce qui vous attend sur LC en cette riche fin d’année…

Libr-agenda

â–º Philippe BOISNARD :

_ 2 novembre : performance de poésie numérique à l’école des Beaux arts de Montpellier : nouveau projet solo : poetry grows (ENSBAMA).
_ 3 novembre : conférence Université de Montpellier dans le cadre des Rencontres sur la poésie numérique : 4ème manifeste de la PAN (Poésie Action Numérique).
_ 9 novembre : vernissage du nouveau phAUTOmaton @ L’Espace Mendes France (Lieu Multiple) de Poitiers et l’EESI. (nouveau dispositif), en partenariat avec le festival acces)s(#16.
_ 14 novembre : vernissage de Paysage de la Catastrophe (After Fukushima) (création avec Jacques Urbanska et Philippe Franck) @ Ars Numérica (Bruxelles-Belgique)

â–º Jean-Michel ESPITALLIER :

•• 3 novembre (Festival Ritournelles, Bordeaux)
• 14h30. Archives Bordeaux Métropole. Table ronde « archives et création », avec Emmanuelle Pagano, Emmanuelle Pireyre, Philippe Artières, Didier Arnaudet, François Bon, Jean-Michel Espitallier.
• 20h30. Oara Scène Aquitaine. Création de « France romans » (Argol Éditions) par Cécile Delacherie (jeu, voix), Sébastien Sampietro (jeu, voix) et Franck Tallon (création image et son).
•• 4 novembre, 19h. CIPM, Marseille. Rencontre et lecture autour de Tanger (avec Eric Audinet et Pierre Parlant).
•• 8-10 novembre, Mac/Val, Vitry/Seine. Résidence de création, projet Has Been, avec Valeria Giuga et Roméo Agid (compagnie Labkine). Autour de l’expo de Jean-Luc Verna.
•• 17 novembre 14h. « Sur la poésie action ». Début d’un séminaire-atelier au lycée autogéré de Paris.
•• 27 novembre, Neuchâtel (CH), fondation Durenmatt. Rencontre et discussion autour de l’exposition de Jean-christophe Norman.

Libr-événements

â–º Le lundi 7 novembre 2016 à 18H, La Passerelle.2 vous invite à venir célébrer l’accrochage de l’œuvre peint « She was a Princess »*, qui sera accompagné d’un concert live de L’IMPOSSIBLE (guest : AnnaO)
+ ambiance musicale et tubes fluorescents – Eric Michel.

* Anne-Olivia Belzidsky, « She was a Princess », Peinture sur toile 160cm / 160cm – encre de chine, céramique à froid, feuille d’or et d’argent au bord du visible,
rose fluo, pigment pur en poudre – bleu de cobalt véritable, technique mixte
+ présentation de 4 bébés-toiles 9,5×15, technique mixte


She was a Princess / Painting remix
La Passerelle.2
52 rue Popincourt
75011 Paris

â–º Du 11 au 13 novembre, à la fondation VASARELY d’Aix-en-Provence : Drones – Images à risques ?
Coproduit par Colette Tron : http://www.alphabetville.org/, Benoît Labourdette: http://www.benoitlabourdette.com/, et l’office http://loffice.coop/

Les drones, machines de "vision embarquée", sont en train de se répandre de façon massive et modifient insidieusement nos représentations du monde.
Pour essayer de comprendre ensemble de quoi ils sont faits, voici des « rencontres apprenantes » sous forme d’ateliers, échanges, pratiques, questions et théories. Jeu de guerre ? Pilote automatique ? Réalité virtuelle ?
Les 11, 12 et 13 novembre, seront expérimentés les enjeux des ces machines-images, avec pour objectif la production de formes conceptuelles et pratiques pour en faire usage dans nos quotidiens, nos activités, nos métiers.
Un programme ouvert sous l’angle de la déconstruction, dans tous les sens du terme, afin de dépasser les idées reçues et comprendre ces fonctionnements algorithmiques : décortiquer, manipuler, raconter, monter et démonter réellement un drone, le désautomatiser, l’écouter… partager des points de vue et des images du et sur le monde.
Pour participer, ces rencontres sont à prix libre et conscient. Pré-inscription à youpi@loffice.coop.
Pour l’office cette "rencontre apprenante" est la première forme publique de "l’école flottante".
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Qu’est-ce que cette école flottante ? Un projet de l’office, né du besoin de résister à l’accélération, et en même temps, du désir de vivre intensément avec nos contemporains. Nous imaginons cette école comme une bulle, une parenthèse, un milieu propice à apprendre, à se construire un regard critique. Comment faire partie de ce monde liquide ? Être capable de surfer sur la vague avec élégance, de s’organiser collectivement pour hisser la voile ou bien de regarder la mer s’agiter de loin, bien ancrés à l’intérieur de nous-même ? C’est une question d’agilité…
L’école flottante de l’office est un dispositif ouvert auquel tous sont invités à contribuer. Toute les prochaines saisons sont encore à construire et un petit document d’invitation est en cours de rédaction.

â–º Mardi 15 novembre 2016 à 19h30, Ivy Writers vous invite à une soirée de lectures bilingues avec les Poètes :
JACQUES JOUET (France)
et MIA YOU (USA)

15th Nov from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poet Jacques Jouet alongside American poet Mia You—let us know you are coming!

MARDI le 15 novembre 2016 à 19h30
Au bar / 1er étage : Delaville Café, 34 bvd Bonne Nouvelle 75010 Paris
M° Bonne Nouvelle (ligne 8 ou 9)

Bientôt sur LC…

L’inventive biofiction de Véronique Bergen (Janis Joplin), la poésie utopographique de Christophe Manon (Vers le nord du futur), le combatif Film des visages signé Frank Smith, le symptomatique ready-made de Emmanuel Adely (Je paie), la bouleversante autopoéfiction de Corinne Lovera Vitali (Ce qu’il faut)… Blaine, Ernaux, Lucot, Mézenc, Pozner…

14 juillet 2016

[News] Libr-vacance (2)

Cette deuxième livraison de Libr-vacance commence par des Libr-brèves (plein feu sur Frank Smith et RV à noter dans vos agendas) et se termine par de très riches Libr-parcours d’auteurs (Edith Msika et Stéphane Vanderhaeghe).

Libr-brèves

â–º Frank SMITH : On ne manquera surtout pas le dossier que lui consacre cet été la revue en ligne DIACRITIK, lancée il y a tout juste un an (abécédaire, cinétracts, entretien, lecture…).

* Mercredi 17 août à 10h, lecture avec une création sonore de Gilles Mardirossian dans le cadre des Rencontres d’Aubrac, festival littéraire du 16 au 20 août 2016.

â–º À noter d’ores et déjà dans vos agendas : du 12 octobre au 10 décembre 2016, la seizième édition du festival Frontières et projections, placée sous le commissariat d’Hortense Gauthier et Philippe Boisnard, se déploiera sous la forme d’une exposition de deux mois dans la Grande Galerie du Bel Ordinaire et d’un festival de 4 jours sous la forme d’un parcours en différents lieux de l’agglomération paloise.

Libr-parcours d’auteurs

â–º Edith MSIKA (écrivain)

l’été est une saison compliquée pour moi : il faut s’occuper, bizarrement ;
il faut occuper le corps qui a chaud, sans trop le remuer sinon il a encore plus chaud,
il faut le baigner, ce corps, il faut donc trouver un bord d’eau, mais il faut aussi
trouver un endroit pour dormir en ce bord, le payer, et s’il y a des moustiques, c’est pire,
or le moustique signe l’été, bref, c’est compliqué ;

ma vacance est libre tout le temps sauf l’été, ma vacance est un credo, un in vivo
perpétuel – et ce sera tout sur le sujet –

pour notre sujet de l’écriture, avec moustiquaire adaptée,
il y a une lecture déjà annoncée sur le site de P.O.L

et L’enfant fini, que j’ai fait paraître
en feuilleton sur ma maison d’écriture édith-msika.eu
sera publié à l’automne en livre papier par Cardère éditeur

 

â–º Stéphane VANDERHAEGHE (écrivain et chercheur – auteur d’un premier roman remarqué, Charøgnards)

Les programmes de lecture, comme les bonnes résolutions de début d’année, sont faits pour ne pas être tenus. J’emporte volontiers toute sorte de livres dans mes valises pour me rendre compte que c’est celui que j’ai hésité à prendre et qui m’attend sur un coin de bureau que j’aurais finalement souhaité lire. La période estivale est idéale à la fois pour se replonger dans des classiques et découvrir de nouveaux auteurs, mais aussi pour se laisser porter par des envies venues d’on ne sait où — l’an dernier à la même époque je replongeais dans l’œuvre de Céline ; il y a deux ans, c’était Robbe-Grillet. Cette année, j’ai envie de croire que ce sera Proust, mais déjà m’appellent quelques contemporains — Mark Doten, Jeremy M. Davies, Eugene Marten côté américain ; Pierre Michon, Quentin Leclerc, Pierre Senges par chez nous.

C’est aussi une période propice pour goûter la poésie ou, au contraire, s’aventurer dans des œuvres longues (je garde un souvenir vif de cet été provençal passé en compagnie des Reconnaissances de William Gaddis, il y a 4 ou 5 ans maintenant). Et puis il y a les lectures qu’on voudrait s’imposer, susceptibles d’étayer les projets en cours d’écriture. Tous les étés, ils sont quelques ouvrages à attendre sur un autre coin de bureau — études critiques, essais, documents divers… Tous les étés, je les emprunte à la bibliothèque, en lis quelques pages mais parviens rarement à les lire jusqu’au bout. Mon rapport à l’écriture passe sans doute par autre chose que le souci du détail réaliste, factuel, historique — la vraisemblance, au fond, m’importe peu (je n’ai jamais franchi le premier tiers de cette étude sur le comportement des corvidés). Une idée vague et générale me suffit — le reste en ce qui me concerne est affaire d’imagination et d’invention, et les deux courtisent l’erreur. Et l’erreur, je crois, est poétique. Alors comme tous les ans, j’imagine, je feuilletterai quelques pages, grappillerai telle idée que l’écriture ensuite déformera.

En cours, un roman entamé aux deux-tiers dont j’aimerais achever le premier jet — qu’il me faudra ensuite patiemment reprendre ; et une énième traversée d’un roman achevé depuis quelques semaines déjà, si tant est qu’un roman puisse l’être (cette envie toujours de reprendre, de modifier, de retrancher pour rajouter, les bifurcations non explorées car jusque-là invisibles, les ratures, les déplacements — une nouvelle tirée d’un passage finalement enlevé de ce roman pourrait ainsi être publiée dans une revue à l’automne). L’un des deux romans devrait voir le jour dans le courant 2017 chez Quidam. J’ignore encore lequel à ce jour.

♦♦♦

Alors que cette année touche enfin à son terme, qu’il n’a plus d’incipit à se mettre sous le scalpel, que le manuscrit de son roman #2 (qui en réalité est le roman #1) repose depuis quelques longues semaines déjà sur le coin de son bureau sans qu’il ose remettre le nez dedans, il s’arrête un instant et pense à établir son programme d’écriture pour l’été qui s’annonce:

– terminer le premier jet du roman #3, entamé aux deux tiers.

– se résoudre à relire le manuscrit du roman #2 (qui en réalité est le roman #1), le raturer encore, découper de nouvelles pages, les recoller plus loin, se rendre compte que non, on recommence: entamer avec force et conviction la 7ème ébauche.

– mettre en chantier la version comédie musicale de son roman #1, Charøgnards (qui en réalité est le roman #2), avec dans le rôle du corbeau atrabilaire, Michel Fugain, et Shy’m dans celui de la corneille sexy, p. 137.

– écrire le livre de recettes en projet depuis des lustres — surtout ne pas tenter d’exécuter ces recettes.

– récrire intégralement le roman #3 (qui en réalité est pour le moment toujours le roman #3).

– terminer la 8ème ébauche du roman #2 (qui en réalité est le roman #1), hésiter à la proposer à nouveau à son éditeur qui s’épuise à le relire.

– proposer à la place le roman #3 à son éditeur (qui en réalité est le roman #3 mais risque donc de devenir le roman #2).

– se rendre compte que le roman #2 (qui en réalité est le roman #1), malgré la 8ème ébauche, n’est toujours pas abouti; entamer la 9ème avec force et conviction.

– renier le roman #1 (qui en réalité est le roman #2), fruit hasardeux — il peut le dire maintenant — d’un logiciel de traitement de texte obsolète.

– entamer le roman #5 (qui en réalité a de fortes chances de devenir le roman #7).

– terminer mentalement le roman #6 et se rendre compte qu’en réalité il ressemble au roman #2 (qui en réalité est le roman #1) et par conséquent ne vaut pas la peine d’être écrit.

– se rendre compte qu’il a zappé le roman #4 et qu’il a bien fait.

– revenir à l’ébauche #7 du roman #2 (qui en réalité est le roman #1) et se rendre compte qu’il l’a malencontreusement écrasée.

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