Libr-critique

10 juin 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier jour du 36e Marché de la poésie, tout d’abord le Libr-20 des volumes (dont une revue) de/sur la poésie ; suivent quatre Libr-événements : RV autour de Bernard Noël et de Laurent Grisel à Paris, avec Griot/Manon dans la région parisienne, sans oublier Poésie civile #15…

Poésie : en ce dernier semestre, LC a reçu, a lu et recommande

♦ Olivier Penot-Lacassagne dir., Beat Generation. L’Inservitude volontaire, CNRS éditions, 2018, 392 pages, 25 €.

REV(u)E : 17, Un thé chez les fous, 2018, 230 pages, 30 €. [Un superbe collectif, avec pour exergue : "Tous ceux qui manquent d’imagination se réfugient dans la réalité"]

♦ Nikola Akileus, Éreintique, éditions Vermifuge, hiver 2017-2018, 140 pages, 15 €.

♦ Édith Azam, Le Temps si long, éditions Atelier de l’Agneau, Limoges, printemps 2018, 78 pages, 15 €.

♦ Gilles Bonnet, Pour une poétique numérique, Hermann, hiver 2017, 376 pages,  €. [Essai très stimulant !]

♦ Didier Bourda, Galerie montagnaise, Lanskine, 2018, 152 pages, 14 €.

♦ Patrick Bouvet, Trip machine, éditions de l’Attente, automne 2017, 132 pages,14 €.

♦ Sophie Coiffier, Paysage zéro, éditions de l’Attente, automne 2017, 144 pages, 14 €.

♦ Bernard Desportes, Le Cri muet, Al Manar, printemps 2018, 96 pages, 18 €.

♦ Dominique Fourcade, Improvisations et arrangements, P.O.L, mai 2018, 464 pages, 24 €.

♦ Emmanuel Hocquard, Le Cours de Pise, édition établie par David Lespiau, P.O.L, mars 2018, 624 pages, 23,90 €.

♦ Christine Jeanney, Yono Oko dans le texte, Publie.net, 2018, 176 pages, 16 €.

♦ Christophe Manon (avec Frédéric D. Oberland), Jours redoutables , Les Inaperçus, 2017, 72 pages, 14 €.

♦ Christophe Manon, Vie & opinions de Gottfried Gröll, Dernier Télégramme, hiver 2017-2018, 120 pages, 13 €.

♦ Véronique Pittolo, Monomère & maxiplace, éditions de l’Attente, automne 2017, 104 pages, 11 €.

♦ Daniel Pozner, À Lurelure, PROPOS2 éditions, 2017, 114 pages, 13 €.

♦ Dominique Quélen, Revers, Flammarion, 2018, 124 pages, 16 €.

♦ Olivier Quintyn, Implémentations/implantations : pragmatisme et théorie critique, Questions théoriques, 2018, 320 pages, 18 €. [Essentiel pour qui veut comprendre la poésie contemporaine]

♦ François Rannou, La Pierre à 3 visages (d’Irlande), Lanskine, printemps 2018, 48 pages, 12 €.

♦ Pierre Vinclair, Terre inculte. Penser dans l’illisible : The Waste Land, Hermann, 2018, 204 pages, 22 €. [Une réflexion fondamentale sur l’illisibilité poétique à partir du célèbre poème de T. S. Eliot]

Libr-événements

â–º Lundi 11 juin 2018, Maison de la poésie Paris, 20H : Carte blanche à Bernard Noël. Avec Bernard Noël, Jean-Luc Bayard, Léonard Novarina-Parant, Jean-Luc Parant, Laurine Rousselet & Esther Tellermann.

Né en 1930, Bernard Noël signe son premier livre Les Yeux chimères, en 1953 et en 1958, Extraits du corps. Ce n’est que dix ans plus tard qu’il publie son troisième ouvrage, La Face de silenc. La publication de ces poèmes lui ouvre alors les portes de l’édition où il travaille comme lecteur, correcteur et traducteur.  À partir de 1971, Bernard Noël prend la décision de se consacrer entièrement à l’écriture. Il compose ainsi une œuvre majeure, (…)

â–º Climats de Laurent Grisel a été écrit sur une proposition de Cécile Wajsbrot, de janvier 2014, bien avant que la future « COP21 » de novembre-décembre fasse parler d’elle, à octobre 2015, et ses lecteurs eurent et ont de quoi déchiffrer le théâtre de cet accord international. Mais ce poème, cette épopée, vient de plus loin et va au-delà, ses  héros sont des ouragans, des peuples en lutte, des arbres, des scientifiques qui brisent les conventions de la décence académique, des montagnes et leurs glaciers, des galaxies, des paysans et des semences libres… 

La comédienne, diseuse, musicienne et chanteuse Anna Desreaux en donne son interprétation, qui est forte et belle, au café-théâtre de La Vieille Grille lundi prochain : le lundi 11 juin à 20h30, 1, rue du Puits de l’ermite 75005 PARIS / Métro Monge [Il est important de réserver au 01 47 07 22 11. Vous trouverez toutes sortes d’informations pratiques sur le site du lieu : https://www.vieillegrille.fr/tiki-view_articles.php?topic=13]

â–º Lundi 18 juin à 19H30, DOC (26, rue du docteur Potain 75019 Paris), Poésie civile #15 : où ça avance…

â–º Vendredi 22 juin à 20H, Parc de Rentilly (1 rue de l’étang 77600 Bussy-Saint-Martin) : Griot/Manon.

25 février 2018

[News] News du dimanche

Avant vos Libr-événements de mars (RV à la Maison de la poésie Paris, Maïsetti/Koltès, Virginie Gautier, les 10 ans de Publie.net), en UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… Et des passages égrenés en lisant/zigzaguant/méditant…

UNE : Laurent Cauwet, ou Le pavé dans la mare artistique… /Fabrice Thumerel/

â–º Rencontres avec Laurent Cauwet pour son livre La Domestication de l’art. Politique et mécénat (La Fabrique éditions, 2017) : jeudi 1er mars à 19H, Librairie Texture (94, Avenue Jean Jaurès 75019 Paris) avec Véronique Pittolo ; le vendredi 2 mars à 19H, Librairie Transit (45 boulevard de la Libération, 13001 Marseille) ; samedi 3 mars, 19H, à La Boutique de La Ciotat (8, rue des Frères Blanchard).

En avant-première, le début de ma chronique à venir tout bientôt :
Le point de départ de Laurent Cauwet, qui se situe en droite ligne de la pensée debordienne, est le constat que la société du spectacle a phagocyté la sphère artistique, dont l’autonomie est par conséquent en voie de disparition. Le champ artistique est annexé par ce que l’éditeur/auteur nomme l’"entreprise culture" : les institutions publiques comme privées n’ont de cesse de domestiquer en le divertissant un public le plus large possible et une foule de créateurs de tous poils en obtenant leur servitude volontaire. Cette dernière formule nous fait songer à Pierre Bourdieu, dont l’un des derniers travaux portait sur la révolution conservatrice dans l’édition : à la bipolarisation du champ littéraire (espace autonome versus espace commercial) succède la domination d’une vaste zone interlope où se recyclent les formes et les thèmes propres à la modernité ; d’où l’avènement de bricoleurs géniaux devenus experts dans l’art de récupérer, voire de subvertir des valeurs consacrées de l’art moderne comme la notion même de "subversion", la "liberté créatrice", la "bohème"…

En lisant, en zigzaguant…

♦ "au-dehors des humanolisses glissent et broutent la pelouse pendant la pause déjeuner ils ascenseurisent en troupeau terne et se merguezent et se moquettent grise frites froides. rapidement leurs cerveaux glacés se creusent par habitude ou se pizzagrillent d’autres bureautent seuls leur sandwich parcellisés dans un coin. au-dedans un suicidinformaticien s’agrippe à une table il tente vainement de tapoter sur son clavier xanaxé intranquille" (Beurk, Le Salariat pue, Caméras animales, 2018, p. 37).

♦ "Petite vie
passée au simple" (p. 66).

"Fibrée à l’intérieur et lisse à l’extérieur" (p. 11) : la meilleure parade, non ?

"Des comédies, je mâche prudemment
le rose putride" (p. 45).

Le poète n’est-il pas celui qui "réside où la chose se dit moindre" ?  (Marie de Quatrebarbes, Gommage de tête, Éric Pesty éditeur).

Libr-événements

â–º Trois RV à ne pas manquer en mars à la Maison de la Poésie :

â–º Vendredi 2 mars à 18H, rencontre avec Arnaud Maïsetti pour sa biographie de Bernard-Marie Koltès (éditions de Minuit) au Coupe-Papier (19, rue de l’Odéon 75006 Paris).

â–º Jeudi 8 mars, lecture-projection de Virginie Gautier :

â–º Pour les 10 ans des éditions Publie.net, RV mardi 20 mars à 19H à la Médiathèque François Sagan :
8 rue Léon Schwartzenberg – 75010 Paris
Métro : Gare de l’Est, lignes 4, 5, 7 (Sortie 8 Bld de Magenta)
Bus : Gare de l’est, lignes 30, 31, 32, 35, 47

LECTURES ET PERFOMANCES
– Nadine Agostini
– Julien Boutonnier
– Virginie Gautier
– Fred Griot
– Anne Savelli
– Joachim Séné

5 octobre 2017

[Chronique] Fred Griot, Cabane d’hiver, par Fabrice Thumerel

Avant de retrouver Fred Griot jeudi 26 octobre à 19H, Espace L’Autre Livre (13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris) pour une soirée spéciale consacrée aux voyages, on pourra découvrir la réédition d’un livre paru en 2013 aux éditions de la Revue des Ressources : saluons cette initiative de Publie.net, qui permet de disposer de ce journal existessentiel en format numérique ou papier (avec une superbe couverture de Roxane Lecomte).

Fred Griot, Cabane d’hiver (2013), rééd. Publie.net, coll. "La Machine ronde", septembre 2017, 176 pages, ISBN : 978-2-37177-520-6 ; 15 € pour l’édition papier et 4,99 € pour l’édition numérique.

Écrire nécessite parfois, non pas de se vider (conception tripale/triviale), mais de s’évider : se terrer pour que "ça cause" en soi, pour se recentrer – et par là même mieux se concentrer, se renouveler. (Que l’on songe à Valère Novarina, en sabots dans sa Savoie originelle, terrassant et méditant ; ou encore à Bernard Desportes, déambulant et rêvécrivant dans ses Cévennes, au vent comme au soleil).

Écrire, écouter, méditer, marcher : tel est le programme de Fred Griot dans sa yourte hivernale des Causses. Démarche naturelle, évidente… Et pourtant : "quelque chose me dépasse. tout n’est pas complètement compréhensible dans le fait d’être face à soi"…

Ne rien faire, être simplement, retrouver "le passif des gestes des générations qui ont vécu dehors"… Lire : Antoine Emaz, Jan Fabre, John Kerouac, Marcel Proust, Pierre Bergounioux… Écrire le paysage : "tout le paysage joue à l’estampe japonaise, chinoise. je mitraille, tout est d’un photogénisme outrancier, pour parler classique"… Écrire "en parole claire" – d’une écriture effilée et fluide, sans point qui en contrarie le flux. Une "écriture du décanté".

1 octobre 2017

[News] News du dimanche

On commencera par découvrir deux livres qui vont paraître en ce début octobre : Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2 (P.O.L) ; Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (ritournelle) (Quidam). Nos Libr-brèves, ensuite : Gilbert Quélennec ; ActOral à Marseille ; Ivy writers ; Thierry Rat ; soirée Voyage organisée par Publie.net.

Bientôt en librairie… /Fabrice Thumerel/

â–º Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2, P.O.L, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-4173-4.

Présentation éditoriale. Le tome I d’Histoire de la littérature récente tenait tout à la fois de l’essai, de l’enquête, du récit, forme hétérogène dans laquelle se mêlent, sur un mode léger et digressif, anecdotes, petites scènes romanesques et développements plus spéculatifs. Il s’agissait d’explorer l’idée reçue que la littérature disparaîtrait, en prenant, par exemple, au pied de la lettre les propos alarmistes de Philip Roth : Dans trente ans, sinon avant, il y aura autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui d’amateurs de poésie en latin.

Le tome II explore un autre lieu commun récent : la littérature doit urgemment devenir un miroir du réel. C’est une injonction que l’on ne peut balayer d’un revers de main. Le narrateur décide de rendre sa tour d’ivoire transparente. Ce livre déchiffre les contradictions autour de cette affaire en utilisant la même méthode d’exploration zigzagante. Il peut aussi se lire comme un traité pratique de lecture et d’écriture, comme il est annoncé au dos du livre : cinq techniques pour réaliser un livre.
  « On veut les démêlés intégralement et dans le détail, une histoire qui nous redonne en relief les malentendus successifs et lumineux par lesquels passe toute personne à des moments X d’une société Y. On veut savoir à quoi ressemblent les idées en chair et en os ; quelle physionomie ont les dates de toutes les histoires, éprouver très vite la densité des sensations de quelqu’un en intégrale – ce qui nous donne à peu près F D (x) = f (x). On aimerait poser un point sur une carte, latitude, longitude ; suivre le cours en zigzag de notre volonté de savoir. On doit donc être à ras de terre et propulsé dans le ciel alternativement. »

Premières impressions. En voie de consécration, Cadiot se sollersise : à quoi bon les écritures expérimentales ? à quoi bon la lourdeur démonstrative des universitaires ? La légèreté, rien que la légèreté… et la subtilité. Un art de dire des petits riens qui en disent long… C’est plaisant. Dans l’air du temps. Gageons qu’une fois encore la presse en fera des gorges chaudes… Quelle meilleure définition de ce gros et pesant mot, "littérature", que celle-ci : "une reliure entre des feuilles d’êtres – cet écheveau de sensations, qui attire, crochète, soude tout ce qui vous arrive" (p. 224) ? Quant à la poésie : "Un truc de princesse et de dragon, la poésie, si on y réfléchit bien" (21)… Du grand art, on vous dit. Et parfois, on flirte avec le génie : vous voulez écrire ? Rien ne sert de verser dans les techniques habituelles… "Ce qu’il faut faire : brutaliser ses tentatives d’expression, leur faire rendre gorge, les greffer à d’autres de force, les halluciner, les déployer, les piquer, les infiltrer, ou, au contraire, inciser pour libérer leurs humeurs secrètes. Le but c’est qu’elles se vrillent et qu’elles puissent, guéries, changer de phrase en avançant – un lasso, une spirale en l’air" (194). Inspiré, non ?

â–º Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (ritournelle), Quidam éditeur, 216 pages, 20 €, ISBN : 978-2-37491-064-2. [Lire un extrait]

Après ses impressionnants CharØgnards, le jeune écrivain retient la leçon gidienne en ne profitant pas de l’élan acquis : s’il continue de jouer avec les codes, cette fois ce sont ceux du roman policier et de tout personnage de fiction traditionnel… Vous attendent : humour noir de croque-mort, jeux typographiques, usage singulier des tirets… Une écriture jouissive !

Le jour du lancement, ce jeudi 5 octobre à 19H30 – le jour de ses 40 ans ! -, Stéphane Vanderhaeghe sera à la Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : en attendant, on lira la superbe chronique de Charybde deux

Libr-brèves

â–º Découvrez deux improvisations expérimentales de Gilbert Quélennec : ici.

â–º Dans le cadre du festival ActOral, lundi 2 octobre 2017 à 19H30, Cinéma Les Variétés (Marseille) : Florence Pazzottu, TRIVIAL POÈME (20 min)
Réalisation, image, son, montage et texte : Florence Pazzottu
Enregistrement en studio et mixage: Florent Fournier-Sicre (Studio Flopibo, Marseille)
Avec : le poète William Cliff et la voix de Nadine Chehadé

Comment conjoindre geste politique et écriture poétique ? Mieux, trouver forme et espace commun aux deux ? Beyrouth sera le lieu de cette expérience composée ici en film, ce que Florence Pazzottu nomme film-poème. Et d’opérer un mouvement dans la ville même, dont la (re)construction serait le signe de son effacement. Une ville traversée et restituée ici en fragments épars, alors que mots et textes viennent s’y glisser, s’y frotter.
Nicolas Feodoroff (FID Marseille)
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suivi de

Judith Cahen & Masayasu Eguchi
LE COEUR DU CONFLIT

Durée : 1h19

En français & japonais sous-titré
France, Japon, 2017 / Couleur et noir & blanc /Techniques
mixtes / Stéréo
Image : Masayasu Eguchi, Judith Cahen
Montage : Masayasu Eguchi // Son : Mikaël Barre
Avec : Judith Cahen, Masayasu Eguchi, Mélissa Barbaud, Kazuhiko Suzuki

(…) Elle la Française, lui le Japonais, couple et cinéastes, nous mènent dans un va-et-vient entre Paris, Fukushima et Hiroshima.
Sont convoqués, de digressions en rebonds inattendus, Duras aussi bien que parents, enfants, désirs et peurs. Le conflit du titre
se déplie en un mille-feuille, où interfèrent l’Histoire et la question de l’intime vers le politique, se confrontent le désir politique, le désir d’enfant et le désir de film (« faire
un enfant politique » suggère-t-elle), se contaminent les modes et les régimes d’images (journal filmé, documentaire, fiction). Nicolas Feodoroff (FID Marseille)

â–º Mardi 3 octobre Café du Pont Neuf, 19H30 (14, Quai du Louvre 75001 Paris)

WELCOME BACK IVY Writers Paris—Ivy vous invite à une soirée de lectures et de musique en anglais et en français pour vous souhaiter bonne rentrée 2017 avec
BREMNER DUTHIE (chanteur-performeur)
GEORGE VANCE (auteur-performeur)
Et, pour fêter la 4ème édition de la révue littéraire PARIS LIT UP :
JASON STONEKING (auteur et artist)
Et
DONALD TOURNIER (poète qui écrit en anglais et en français)

â–º Du 6 au 8 octobre, exposition Thierry RAT à Calais :

 

â–º Jeudi 26 octobre à 19H, Espace L’Autre Livre (13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris) :

Rendez-vous pour une soirée de voyage et de poésie en compagnie de Jean-Yves Fick, Virginie Gautier et Fred Griot à la librairie L’autre LIVRE (rue de l’école polytechnique, Paris 5ème). Ensemble, autour d’un verre et de lectures dépaysantes nous vivrons un mois dans une cabane d’hiver, nous marcherons dans Londres en suivant le plan du Caire, nous suivrons le chemin. L’entrée est libre et les partages, recommandations, invitations appréciés !

Plus d’informations sur les livres à l’honneur ce soir-là :

https://www.publie.net/livre/il-y-a-le-chemin/
https://www.publie.net/livre/marcher-dans-londres-en-suivant-le-plan-du-caire-virginie-gautier/
https://www.publie.net/livre/cabane-dhiver-fred-griot/



1 novembre 2015

[News] News du dimanche

En ce premier dimanche de novembre, les RV à venir : Vazquez/Toqué, festival des arts multimédia Gamerz, Jean-Michel Espitallier, Marc Perrin/Benoît Cancoin, Mathias Pérez, AnnaO & A. Emden, Fred Griot, Michel Deguy.

 

â–º La vidéo de la performance Vazquez / Toqué au festival de Lille Littérature, génération Y, etc. est enfin en ligne grâce à Aurélie Olivier : "Étude de marché". On découvrira par ailleurs le nouveau site Libfly le samedi 7 novembre à 15H (Médiathèque du Vieux-Lille).

â–º Du 6 au 15 novembre, 11ème édition du festival des Arts multimédia GAMERZ.

PROGRAMME DES EXPOSITIONS

FONDATION VASARELY

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

BIBLIOTHÈQUE MÉJANES

OFFICE DU TOURISME

 

PROGRAMME DES PERFORMANCES / RENCONTRES / ATELIERS / SOIREES

FONDATION VASARELY
Performances


FONDATION VASARELY

Conférences – Rencontres – Tables rondes


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée Vidéo – Rencontre – Performance


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE


FONDATION VASARELY

Ateliers – sur inscription


ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX-EN-PROVENCE

Soirée de clôturePerformances et concerts
La Nébuleuse

â–º AGENDA de Jean-Michel Espitallier :

• 9-13 novembre. Workshop avec les étudiants des Beaux-Arts Rhône-Alpes. Résidence Moly Sabata (Sablons, 38).
• 19 novembre, 14 h. Rencontre et conférence, Ciclic, Orléans.
• 25 novembre-2 décembre. Lectures, performances, tables rondes. International Poetry Nights (Hong Kong & Guangzhou).
• 11 & 12 décembre. Radio (Fondation Louis-Vuitton, Paris).

 

â–º Dans le cadre de la résidence Marc PERRIN/Benoît CANCOIN à la Maison Gueffier à La Roche sur Yon, et précédant de quelques jours la parution du livre SPINOZA IN CHINA,

du 9 AU 15 NOVEMBRE :

● le 9 NOVEMBRE ●
rencontre, échanges, autour des Années 10 de Nathalie Quintane, Maison Gueffier, 18h30

● les 10, 11 et 13 NOVEMBRE ●
concert-lecture chez l’habitant, 19h00

● le 12 NOVEMBRE ●
concert-lecture au Studio de danse du Manège, 19h00

● les 14 ET 15 NOVEMBRE ●
week-end atelier d’écriture, 14-18h30 le samedi, 10-17h00 le dimanche.

*Le livre sera disponible en librairie à partir du 20 novembre, et à La Roche sur Yon dès le 12 novembre.

 

â–º RV avec le peintre Mathias Pérez, le fondateur des éditions Carte Blanche et de la revue Fusées : À la Granville Gallery, vernissage de l’exposition le 7 novembre de 14h à 20h (23 rue du Départ 75014 Paris).

 

â–º Bijoux d’artiste* & photographies, une proposition de AnnaO & Axelle Emden.

• Vernissage le samedi 7 novembre de 18h à 22h

• Exposition du 7 novembre 2015 au 2 janvier 2016 [Voir la photo en arrière-plan]

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Sophie etc.
2 rue Gambey 75011 Paris

 

â–º Mercredi 18 novembre 2015 à 20H, Atelier du Plateau (5, rue du Plateau 75019 Paris ; billets) : concert de lancement de l’album "on trace".
http://www.fgriot.net/ontrace

un album-récit :
"on trace à pied la ligne inusable sur le sol. sur le sol sur la terre sous le ciel les nuages. on trace.

c’est l’histoire du cheminement… du cheminement de l’homme dans le temps, dans ce laps qui lui est imparti par des forces qui lui sont supérieures. dans cet intervalle et de temps et d’espace où il reçoit d’être et devenir, et où il peut aussi dans une mesure probablement modeste et certainement relative, agir… "

Avec :
Fred Griot (textes, voix)
Eric Groleau (batterie, composition)
Dani Bouillard (guitare, composition)
Thomas Deschamps (vidéos, photos)
Sophie Magnaud, Elisa Millot (scénographie, lumières)
Benoît Meurant (son)

â–º Le lundi 23 novembre 2015 à 19H, à la librairie L’écume des pages, 174 bd St Germain, 75006 Paris : Michel Deguy,  le calligraphe Rachid Koraïchi, l’éditeur Al Manar et Bénédicte Gorrillot vous attendent pour la parution du collectif de traductions en vingt langues  de Prose du suaire, poème composé par Michel Deguy  à la mémoire du poète Abdelwahab Meddeb.

24 novembre 2013

[News] News du dimanche

Ce soir, une UNE exceptionnelle, avec un texte de Claude Favre en écho à celui de Fred Griot paru dimanche dernier, "Je ne me tairai plus". Suivent des Libr-événements à noter : Lionel Marchetti à Metz ; Pascal Bavencove, Jérôme Leroy, Gérard Streiff et Fabrice Thumerel à Lille ; Laurent Grisel à Fontenay-sous-Bois.

 

UNE : Claude Favre, "Je ne me suis jamais tue", en écho au texte de Fred Griot

Je ne me suis jamais tue, combattant dès l’enfance et l’adolescence les peurs qui mènent les hommes, qui les font se regrouper en se pensant forts à humilier, nier, faire souffrir un autre, tête de turc on disait, c’était souvent vouloir faire mal. J’ai croisé, côtoyé au sein de foyers dits d’accueil de jeunes gens sensibles, parfois courageux, parfois lâches,  qui deviendront légionnaires, ou nazillons, des adolescentes parfois gaies, parfois cruelles, jalouses de tout qui ne pensaient qu’à être mères, des adultes menés par les trouilles, la peur surtout d’être libre, le besoin apeuré de confort, la peur de vivre, de mourir, de laisser sa place aux autres, et me suis battue à en recevoir des coups, à voler de la nourriture pour des petites camarades terrorisées et finir à la cave, souillée, à faire l’objet d’un viol collectif de "représailles", à ne jamais me taire devant la moindre injustice, qu’elle me concerne ou pas, c’est-à-dire à faire que mes actes soient en conformité avec mes paroles, sinon nos exaltations ne sont que pommade pour belles âmes. Je n’ai pour ma part plus d’âme, juste un corps foutu, et grand merci une grande gueule qui demande solennellement, afin que nous puissions oser faire des enfants, soi-même ne pas rejeter l’autre parce qu’il y a désaccord, incompréhension, fatigue, ne pas nier l’existence de quelqu’un (je l’ai vécu à ma petite échelle par rapport à l’histoire sans nom des terreurs, exterminations, ce n’est rien à côté, incomparable, juste pour moi un rappel jour et nuit d’un devoir de justice, en étant rejetée, battue, oubliée, affamée, humiliée, violentée, déshumanisée  puis plus tard niée dans mon travail pour m’escrimer bien sûr maladroitement à dire ce que je fais et faire ce que je dis. J’ai trouvé dans le monde poétique les mêmes sentiments malsains, peurs, jalousies, mesquineries, méchancetés, lâchetés, prétentions, et négation de l’autre (dans sa forme seulement amorcée mais…), aussi solennellement je demande pour avoir encore envie de faire partie de l’humanité, pour pouvoir croire en ces mots que nous disons tous en ces heures malsaines, que nous nous tendions la main, Fred, sans justifications, sans reproches, peut-être même avec le sourire, pour ne pas commencer nous-mêmes par exclure, au-delà des mots d’altérité, d’empathie, sans prétendre recoudre le tissu déchiré de l’amitié, juste par humanité. J’ai longtemps pensé ne pas faire partie de l’humanité, tu le sais mieux que personne, et je te prie de m’excuser de te l’avoir dit mais je te l’ai dit parce que tu disais être ma famille, et j’excuse tout pareil ton attitude. Je connais par mon histoire personnelle, et aussi familiale, ce qu’est résister, survivre, réchapper à l’horreur, résister à en mourir s’il le faut à ce qui ose sans scrupules se vomir à nouveau aujourd’hui. Je préfère m’exclure volontairement de notre mauvaise humanité que d’y contribuer même petitement. Bonjour Fred, je continuerai à te lire, à soutenir ton travail comme je l’ai toujours fait. Nous ne sommes plus amis, nous ne nous comprenons pas toujours, mais nous sommes tous les deux des frères humains. Bonjour et belle vie à toi.

Libr-événements

â–º Vendredi 29 novembre 2013 à 20H, Librairie Geronimo, 2 Rue Ambroise Thomas, 57000 Metz.

 

Performance de Lionel Marchetti à la librairie Geronimo (Metz). – partenariat avec l’association Fragment – Metz.
tél : 03 87 74 48 01
entrée libre
LIONEL MARCHETTI
Lionel Marchetti textes, voix, revox

Lionel Marchetti dont on connait le travail de compositeur de musique concrète, d’improvisateur musicien et d’écrivain essayiste sur l’art des sons, écrit depuis toujours des poèmes même si très peu sont édités sur papier à ce jour (cf. revue en ligne lampetempete.fr pour des versions en édition numérique). Après avoir écrit de longs recueils comme Les fleurs tombent ou encore Cahier Japonais, il travaille actuellement à un Livre des falaises (journal du musicien), recueil d’une centaine de poèmes tirés tant de ses carnets et journaux que de ses pérégrinations lors de ses tournées musicales.
Quelques fragments du Livre des falaises seront lus ce soir et mis en son sous forme d’une performance live électronique et acoustique.
Photographe : Alexandra Lebon
POEMA est impulsé par Sandrine Gironde.
Coordination : Sandrine Gironde (Cie l’escalier), Marie-Noëlle Brun (Cie Vents d’Est), Anne-Margrit Leclerc (Compagnie du Jarnisy).
Chargé de mission Médiathèques et BDP : Franck Doyen
Gestion de la communication Internet : Yannick Torlini
Contacts : S.Gironde – 06 63 14 52 70 / cieescalier@free.fr
Site internet : cie-lescalier.com

â–º Rencontres Écrits du peuples, écrits du Nord

L’association Espace Marx organise le samedi 30 novembre les Rencontres "ECRITS DU PEUPLE – ECRITS DU NORD", au 6 bis rue Roger Salengro à Hellemmes (accès Métro : Ligne 1 – Station Marbrerie)

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Au programme : Lecture, Ecriture, Création littéraire d’inspiration sociale.
Avec la participation de romanciers, nouvellistes, essayistes, poètes, chercheurs universitaires, et autres "passeurs-médiateurs" de l’écrit

– 10h-10h30 : Ouverture des rencontres par Jacques Roillet, président d’Espace Marx et allocution de Jérôme Leroy, écrivain, parrain de l’événement.
– 10h30-12h30 : rencontre-débat, "Quel travail !? Les représentations du travail en France dans les récits contemporains".
Avec Fabrice Thumerel, Université d’Artois (Arras), spécialiste en sociologie de la littérature contemporaine.

Que les représentations du monde du travail dans la littérature française soient historiquement et politiquement marquées ne sauraient étonner. Ainsi l’effacement progressif, au cours du XX° siècle, de la centralité d’une classe ouvrière organisée et solidaire, identifiée comme telle dans la vie sociale, est allé de pair avec la reconquête par les acteurs d’un capitalisme managérial, quelle que soit sa crise, d’une hégémonie idéologique dont les termes "concurrence", "compétitivité", "efficacité", "performance" sont devenus les maîtres mots. Si les acteurs anciens du travail sont peu à peu devenus invisibles, la question du travail reste une donnée sociale, économique et politique majeure. "Rien d’étonnant" donc, selon Fabrice Thumerel, "à ce que l’on puisse déceler une homologie entre, d’une part, les mutations économiques et socioculturelles, et, d’autre part, les nouvelles formes d’écriture du travail", quels que soient par ailleurs les labels choisis pour en rendre compte.

– 12h30-13h15 : Poursuite de la discussion avec les intervenants et auteurs. Dédicaces.
– 13h15-14h30 : Pause-repas.
– 14h30-16h30 : Table ronde "Les passeurs de parole et médiateurs de l’écrit – Richesse et diversité des expériences de terrain", animée par Ricardo Montserrat, écrivain et auteur dramatique, et Laurence Mauriaucourt, journaliste à L’Humanité, avec la participation d’associations d’éducation populaire et de solidarité, d’animateurs d’ateliers d’expression orale et écrite…
– 16h30-17h: Pause dédicaces.
– 17h-19h: Débat "Le Roman noir – littérature de contrebande et de subversion ?"
Avec Gérard Streiff, auteur de "polars" et Jérôme Leroy, écrivain, animé par Pierre Gauyat, auteur de "Jean Meckert, du roman prolétarien au roman noir contemporain" (Encrage, 2013), et Pascal Bavencove, écrivain et militant syndical.

â–º La médiathèque Louis Aragon organise plusieurs événements autour de Charlotte Delbo, en coopération avec le collectif d’artistes La Fonderie. C’est dans ce cadre que Laurent Grisel est invité à faire une lecture samedi 30 novembre (Médiathèque Louis Aragon 2, avenue Rabelais 94120 Fontenay-sous-Bois).

La lecture commence à 15h00. Venez un peu avant ; vous aurez ainsi le temps de voir plusieurs grandes toiles de Judith Wolfe accrochées dans la médiathèque.

17 novembre 2013

[Texte] Fred Griot, Je ne me tairai plus [Libr-@ction – 12]

Les temps sont revenus pour tout écrivain ou citoyen qui se respecte, non pour jouer aux bêle-âmes, mais parce que l’heure est grave, de sortir de ses gonds comme de son confort.
C’est ce qu’a choisi de faire Fred Griot – dont nous avons présenté récemment le dernier livre, Cabane d’hiver -, à la fois sur son blog et pour Libr-critique : comme toutes les autres contributions à Libr-@ction, "Je ne me tairai plus" vise à être lu, partagé, tonné, échangé, commenté. Un grand merci au satiriste Joël Heirman d’avoir accompagné de son talent ce texte que vous gagnerez à lire, relire et clamer. [Lire Libr-@ction 11 : texte de Thierry Rat]

 

Frères humains qui avec nous vivez,
et après nous vivrez encore,

Il est temps.
Aujourd’hui une gangrène, majeure, historiquement récurrente, à nouveau essaime : celle de la montée des mouvements identitaires, excluants par nature…
Il est temps alors de prendre voix, temps de dire avec force, publiquement et non plus seulement dans un entre-soi. Temps de ne plus se taire.
Il est temps, temps de se mettre debout, de lever la tête, de se soulever, de s’indigner. Temps d’hurler même, si nécessaire.
Il est temps de lutter, pied à pied, détail par détail.
Temps de dire notre opposition radicale, inébranlable, définitive.
Je n’aime guère cette expression préconisant qu’il est le moment de se compter, car il ne s’agit pas d’exclure à notre tour, mais il est toutefois temps d’avancer, de lutter, de s’opposer d’une voix commune contre cette nécrose, cette lèpre de la vie sociale libre, fraternelle.
Il est temps de parler.
Et parler commence par témoigner.

Longtemps je me suis tu… observant, silencieux… et pourtant voilà près de trente-cinq ans que ces périodes historiques de montée ou d’avènement des mouvements autoritaires me hantent, et que cette tentative de compréhension, fleuretant parfois avec les limites du dicible, m’a amené à me documenter consciencieusement sur le sujet.
Que cette conscience ait commencé par l’incapacité viscérale à supporter et à assister aux moqueries des cours d’école, aux jeux idiots de ceux qui tiraient plaisir de leur cruauté envers leurs camarades, cela est à peu près certain.
Puis j’ai vu, gamin, en montagne, sur les hauts plateaux de maquis, les tombes de ceux crevés pour que mes concitoyens, mes proches, tout comme moi-même, plus tard, puissions être affranchis de la terreur, pour que je puisse exercer ma liberté permettant un épanouissement d’individu.
J’ai vu, approché, adolescent, des groupuscules néo-nazis, à « l’esthétique » de cuir et de Totenköpfe, et j’ai vu leurs départs en ratonnades…
J’ai vu, de nombreuses années, le travail social de fond mené dans la déshérence des « cités », qui n’avaient de cité que le nom, tant le lien global qui la constitue habituellement était dissous.
Tout cela évidemment m’a non seulement marqué durablement, mais a également participé à me préoccuper, autant que faire se peut, de l’autre, du vivre ensemble.
Mon souci constant, depuis toujours, probablement depuis ce sentiment de la prime enfance mais aussi par mon histoire familiale, de résistance, de combat contre les pensées, les élans, les actes de discrédit, de désignation à la vindicte, d’exclusion, de racisme, voire de fanatisme, de destruction, de délire fasciste, doit désormais s’exprimer là, aussi.
Il est alors ce sentiment fort de prendre ici relais de ces morts, de ces ascendants, qui ont lutté, parfois péri, pour qu’adviennent et perdurent les conditions d’une fraternité dont, aujourd’hui, nous bénéficions tous. Tous, oui, malgré ce sentiment actuel d’abandon éprouvé par beaucoup.
En ces périodes d’extrêmes rugosité sociale, économique, nous sommes nombreux à avoir ressenti ce que nous pourrions appeler une violence sociétale ou d’état, et, s’il est possible de comprendre le processus de la déshérence actuelle de la croyance aux principes d’humanité, il n’est pourtant aucune excuse pour basculer dans de désespérantes idéologies.
Dans ces moments-là il faut être bien solide, ferme en pensée, en valeurs, je sais, pour ne pas sombrer dans les idées faciles et puantes des extrêmes, comme tant sont ces temps-ci tentés.

Oui, parfois l’on se sent interdit.
Oui, l’on se sent la gorge serrée, muette, ne sachant que dire, la langue nous en tombant d’ahurissement… Mais il faut désormais, à nouveau, et il y aura à le faire continuellement, dépasser cette sidération.
Nous sommes souvent dans une apathie, une aphasie d’abord. Quelle est donc cette angoisse, cette peur, cette paralysie qui nous poussent au calfeutrage, au silence, que nous n’arriverions à dépasser ?

Les idées nauséabondes ne se discutent pas, elles se combattent. L’histoire, récurrente souvenons-nous en, nous l’apprend.
Car c’est, bien malheureusement, bien tristement, bien résolument, tout d’une guerre dont il s’agit là… Et rien de l’histoire encore une fois ne nous a démontré les facultés de persuasion de la discussion, les capacités de conviction de la rhétorique pour avancer sur ce terrain-là.
On ne parlemente pas avec ces gens-là, on lutte. Ils nous y forcent.
Nous avons voulu encore un peu temporiser peut-être, ne pas rentrer dans la bagarre de suite. Ils voulaient dédiaboliser, continuer à nous faire croire à l’agneau qui déguiserait le loup… C’en est fini, le loup à nouveau a surgi, crocs et babines devant, il n’a pu recéler, réfréner sa nature plus longtemps. Il ressort, séduit, enivré.
Il est temps de dire comme Badinter en son époque, même si cela fut dans un contexte certes différent : « Taisez-vous ! Les morts vous écoutent. Je ne demande que le silence que les morts appellent ! Taisez-vous ! »

Il est, nous le savons, en l’homo sapiens la pulsion d’agressivité, de rejet, tout à côté de la pulsion d’empathie, car la pulsion d’empathie est elle aussi propre à l’homme et n’est pas qu’une « éducation ».
Il ne s’agit pas ici seulement de ce qui serait une lutte de la nature contre la culture. De la facilité, la pente de l’instinct, voire in fine de l’animalité parfois, contre la vision claire, réfléchie, compassionnelle, attentive, ouverte… Ceci dit nombre de citoyens tout de même, par souffrance, mais pas uniquement, par facilité de réflexion également, perte de mémoire historique, se mettent aujourd’hui, comme par le passé, à suivre en bêlant ce qui devient désormais un grand nombre, un trop grand nombre, si ce n’est le plus grand, et où le pulsionnel, le passionnel mènent la danse vers la pente la plus aisée, la plus abjecte…

C’est une libération de la pensée sordide, immonde qui, toujours, a poussé sur l’humus, le fumier, la merde des périodes âpres.
Mais pour que cette empathie puisse fleurir contre le rejet, encore faut-il ressentir pouvoir faire confiance en l’autre, pouvoir compter sur autrui, en avoir l’espace social… car en amont de la morbidité de la pulsion, de l’idéologie radicalisée, il y a un sentiment profond d’abandon…

Je pense ici, d’abord, surtout, à ceux qui ont basculé… à ceux-là, isolés, coupés du tissu d’épanouissement que devrait leur apporter la communauté… Oui je pense à eux dans leur sensation de délaissement, leur ressentiment qui les amènent à chercher, en désespoir, un lien identitaire qui pallierait une absence de lien social.
Mais il ne peut être acceptable qu’une sociabilisation se fasse, se construise sur l’exclusion, la ségrégation.
Le processus est le même toujours : appauvrie, déçue, se sentant déconsidérée, exténuée, dépouillée de ses anciens espoirs, donc malléable, entraînable, ce qui devient peu à peu une majorité est alors prête à suivre même les plus grossiers mensonges… Mensonges faisant miroiter à ces désespérés leur propre avènement, ils sont mûrs, prêts, prêts à suivre… Cela tourne alors en une agrégation massive parce qu’on leurs promet une socialisation nouvelle, qu’ils n’ont plus, qui historiquement dans ces mouvements ne pourrait leur être soi-disant donnée que par le rejet du différent, de la dissemblance… Et c’est une place frelatée, volée en définitive, que leurs chefs leurs voleront ensuite à leur tour quand il sera nécessaire. Mais cela, par presque tous, sera toujours consciencieusement occulté.
Le signe le plus alarmant c’est, qu’au-delà des leaders les plus convaincus, les plus durs, qui n’ont jamais eu honte eux de leur pensée puante, les suiveurs aussi, désormais, n’ont plus honte de se vautrer dans les plus basses idées, pleines de fange et de mépris, déconsidérant ce qui fait une partie de la noblesse de notre humanité, à savoir la compassion, l’attention, la concordance avec autrui, et osent même désormais afficher, revendiquer, se faire une fierté de leurs tentations morbides… Il n’est que d’écouter les discussions de comptoirs actuelles pour se rendre compte à quel point ce fléau, récurrent, répétitif, est revenu, à quel point « des inhibitions disparaissent, des digues sont éventrées » comme l’a dit notre Garde des Sceaux, avec grand recul sur les attaques personnelles dont elle a été l’objet…

S’il faut donc non seulement parler, il faut aussi agir, maintenant, tout autant. Construire ce lien, la condition du vivre ensemble, car il n’y a que cela qui puisse transformer les circonstances d’émergence, d’extension de ces mouvements nationaux, populistes, autoritaires, oppressifs.
Et si l’on peut, peut-être, pour certains, désespérer en un type de gouvernance, en les capacités de rémission d’une société fatiguée, on ne peut, on ne doit désespérer en ces valeurs-là !
Et l’on ne fait pas là de la politique mais de l’humanité !

Il est temps… Il y a des urgences. Demain il sera trop tard.
À nous de voir quel monde, quelle organisation humaine nous voulons affirmer, poursuivre, construire… celle de l’attention à l’autre, et nous ne sommes pas constitués d’autre chose que de l’altérité, nourricière, constitutive de l’individu ; ou bien celle de la trouille, de la peur, et donc de la défiance, de la volonté d’effacement d’une partie de la population que nous estimerions comme indésirable… alors, alors qu’elle est homme comme chacun de nous !

Je connais trop de familles proches dont la généalogie est peuplée de morts assassinés, de morts violentes, de meurtres lâches le long d’un fossé boueux ou au pied d’un wagon à bestiaux en route pour les camps. Et mes filles même en sont la miraculeuse, l’inespérée continuation. Je me souviens du sens vital, quasi résurrectionnel, qu’avait alors pris leur venue, leur naissance pour leur arrière-grand-mère, réchappée. Ainsi elles aussi sont, encore, des rescapées.

Car nous sommes des hommes, et d’une indivisible espèce !
Une devant les bêtes, les plantes. Une, indivisible, quelles que soient les couleurs. Une, née sur la terre africaine, mais capable visiblement aussi de s’inventer parfois un déni de cette unité fondamentale dans un délire singulier.
Et si les nazis, qui ont tenté de dénier à certains cette qualité d’homme, tenté de les expulser de la famille humaine, ont échoué, c’est que cette qualité est indéniable, irréfutable, irrécusable, ontologique. Qu’elle est.
Alors la colère !
La colère depuis trop longtemps face à ces montées de propos orduriers… Je n’ai aujourd’hui que la plume, la voix comme arme, et je souhaite n’avoir que celle-ci à prendre le plus longtemps possible, je décide donc désormais de m’en servir.

Il est temps.
Emparons-nous de ces outils qui nous servent si bien lorsque nous souhaitons mettre en avant nos petites individualités, nos petites créations communes, élémentaires, nos narcissismes dont nous sommes tous, on le sait porteurs…
Il y a une importance primordiale à s’emparer aujourd’hui du langage, et en particulier du nouveau, j’entends le langage numérique social, qui véhicule en l’époque une grande part de nos idées, de nos connaissances et de notre imaginaire. Car nous sommes là tous émetteurs, et qu’en tant que tels nous avons pour charge et responsabilité de transmettre ici de l’information et du savoir pertinents, attentifs, respectueux de l’autre, bien au-delà du simple média de divertissement… Ce sont ici, aujourd’hui, l’un des véhicules majeurs des bases, des outils de notre conscience, de notre lecture du monde, et par conséquence de notre liberté, personnelle, citoyenne, démocratique.
Alors utilisons-le.
Emettre ainsi publiquement son avis, sa conviction, a évidemment une portée politique, mais tout autant une portée poétique, celle de transporter le monde de l’autre avec soi, dans une communion, non pas idéale, idéalisée, mais possible, souhaitable, réalisable, améliorable en partie. Et cette partie-là, souhaitable, améliorable, humaine, suffit pour se lever, et parler dans une résistance ferme, écharnée.

J’ai donc décidé d’ouvrir ma gueule, de me servir de ce petit outil que j’ai depuis de nombreuses années, d’écrire, de savoir faire passer un peu la voix, qui est une tentative de nous dire, de nous comprendre, pour une cause plus vaste que la simple diffusion de mes petites constructions.
Et cet effort nous pouvons le porter, constant, tous.

Il n’est plus temps du silence, ou du souci exclusif de soi.
Dans toute la complexité de tels phénomènes, le geste ici est maladroit, imprécis peut-être, dérisoire, petit éventuellement, d’une portée bien modeste, mais le geste est nécessaire. Absolument nécessaire.
Je ne serai plus de ceux qui se taisent !

Alors à ceux qui seraient tentés au moment de voter pour des partis aux racines brunes, j’aimerais encore oser leurs demander de réfléchir, réfléchir quelques instants… seulement quelques instants… au-delà du ressenti… Voter c’est aller « donner sa voix », littéralement, alors ne la donnez pas aux bouches qui hurlent à la haine, n’allez pas vous jeter dans la gueule du loup. Cela n’a jamais, jamais, jamais sauvé quiconque.

Des lignées de morts, des « tas » de morts, des brouettes de morts, nous écoutent en silence… En leurs noms, en leurs mémoires, en leur humanité assassinée, saccagée, torturée, en leur ascendance dont nous sommes issus, qu’allons-nous dire, qu’allons-nous faire, qu’allons-nous mener comme rêve pour cette terre où il nous a été échu de vivre… et de vivre ensemble ?

Nous ne nous tairons plus.

15 septembre 2013

[News] News du dimanche

Au menu de ce troisième dimanche de septembre : nos Livres reçus (Albin Bis et Fred Griot) ; nos nouvelles du web (Lucien Suel et Nerval.fr) ; nos Libr-événements (l’Armée Noire déferle ce soir à Marseille ; présentation de la saison DATABAZ ; lectures à Bruxelles ; présentation du n° 1 de La Revue * ; soirée de la petite édition). /FT/

Livres reçus

Albin bis, Albin, saison 1, cent épisodes, éditions Louise Bottu, été 2013, 126 pages, 14 €, ISBN : 979-10-92723-01-14.

À 1000 ans, il est temps d’entrevoir une carrière littéraire : Albin "renoue avec un genre littéraire négligé, notices, posologies, modes d’emploi" (p. 103), rêve d’un acte parfait, s’adonne à ses expériences de déconstruction… Sans s’en faire une montagne / se faire Montaigne, le malparleur adopte un train d’escargot pour ses divagations : "sans souci de sens ou de cohérence", il mène à bien son flux journalier (Albin journalier était précisément le nom du blog tenu entre 2007 et 2012), avec circonvolutions et accumulations fantaisistes. Drôle d’animal, tout de même : "Sa langue maternelle, ça fait belle lurette qu’Albin l’a oubliée. Pourtant il sait confusément trois choses d’elle, son obscure clarté, qu’elle vient des étoiles et qu’elle éclate quand on veut la saisir"…

Fred Griot, Cabane d’hiver, éditions de la Revue des Ressources, été 2013, 126 pages, 8 €, ISBN : 978-2-919128-06-8.

Écrire nécessite parfois, non pas de se vider (conception tripale/triviale), mais de s’évider : se terrer pour se recentrer – et par là même mieux se concentrer, se renouveler. (Que l’on songe à Valère Novarina, en sabots dans sa Savoie originelle, terrassant et méditant ; ou encore à Bernard Desportes, déambulant et rêvécrivant dans ses Cévennes, au vent comme au soleil).

Écrire, méditer, marcher : tel est le programme de Fred Griot dans sa yourte hivernale des Causses. Démarche naturelle, évidente… Et pourtant : "quelque chose me dépasse. tout n’est pas complètement compréhensible dans le fait d’être face à soi"…

Ne rien faire, être simplement, retrouver "le passif des gestes des générations qui ont vécu dehors"… Lire : Antoine Emaz, Jan Fabre, John Kerouac, Marcel Proust, Pierre Bergounioux… Écrire le paysage : "tout le paysage joue à l’estampe japonaise, chinoise. je mitraille, tout est d’un photogénisme outrancier, pour parler classique"… Écrire "en parole claire" – d’une écriture effilée et fluide, sans point qui en contrarie le flux.

Nouvelles du web

â–º On lira avec intérêt les "deux questions à Lucien Suel" posées à propos de l’écriture sur le web (7 septembre 2013).

â–º Nerval. fr : semaine 20, 68 textes, 23902 lectures. Dans la rubrique "La Place en avant", on lira par exemple Arnaud Maïsetti, "Quand la nuit vient" ; dans "Noir, fantasy", Daniel Bourrion, "Né mort" ; dans "fictions & récits", on découvrira le dialogue que développe Martine Sonnet à partir d’un tableau de Degas ("Repasseuses") ou la façon dont Claire Lemoult déconstruit avec fantaisie "un conte d’hiver" – la littérature étant pour elle "une construction mentale sans lien aucun avec le réel"…

Libr-événements

â–º L’Armée noire à l’Asile 404 (135, rue d’Aubagne 13006 Marseille) : c’est ce soir à 21H = Intuition violence sensation – Trucages possibles – Pas de programme ni de dessert – Marseille Pita 2013 – quelques singes autour d’une bière…

Didika Koeurspurs (Montreuil)
Jérémy Grx (Marseille)
Mathias Richard (Marseille)
Méryl Marchetti (Bayonne)
Romain Girard (Marseille)
Stéphane Nowak (Grèce)
Laurence de Lataillade (No made)
Antoine Herran (Bordeaux)

â–º Vendredi 20 septembre 2013 à 18H, ouverture de la saison DATABAZ (Philippe BOISNARD et Hortense GAUTHIER : 100, rue du Gond à Angoulême). Présentation de la programmation automne 2013, des rencontres INTON’ACTION #3, et des évènements à venir en 2014 et des nouvelles résidences (renaud Renaud Chambon et Marina Bellefaye, alter sessio,…).
Nous ferons retour aussi la saison 2012-2013 (les soirées, les résidences telle celle de la compagnie Merlin pour la création du Mapping de L’argent, mise en scène de Anne Théron, présenté notamment au festival d’Avignon IN, … )
Vous êtes les bienvenus pour boire un verre, échanger, discuter, et venir découvrir quelques petites surprises…

â–º SAMEDI 21 SEPTEMBRE 2013, à partir de 18h à la Boutique maelstrÖm 4 1 4 dans le piétonnier de la Place Jourdan à Bruxelles

Soirée de lectures et rencontres avec
Vincent Tholomé
pour la sortie officielle du livre V U A Z – éd. maelstrÖm
Cécile Guivarch – pour "Un petit peu d’herbes et des bruits d’amour’" éd L’Arbre à paroles
et Olivier Dombret – pour "Dansent les ombres" éd. L’Arbre à paroles

Et le vernissage d’une expo graphique de PATRICE MASSON sur les textes de Vincent Tholomé: "V U A Z : des marches"…

â–º Samedi 28 septembre, 17 h 30, à La Fabrique 70, rue Jean-Pierre Timbaud, Paris XIème (métro Parmentier) :

 présentation du n°1 de La Revue*par Mathieu Nuss, puis lectures croisées par Christian Desagulier, Etienne Faure, Bruno Fern, David Mus et Daniel Pozner

 
 

â–º Vendredi 27 septembre à 19H, Librairie du MK2 (7, quai de Loire 75019 Paris), soirée de la petite édition 10- Le Sonneur Une nouvelle saison des soirées de la petite édition commence et, pour bien la démarrer, nous vous convions donc à venir rencontrer les éditions du Sonneur.
Depuis plus de huit ans, la maison à la grenouille s’est donné pour objectif d’amener à publication "textes inédits et des textes oubliés ou méconnus dignes de vivre ou de revivre, d’être découverts ou retrouvés" tout en adoptant une stratégie à long cours: défendre les livres longtemps après leur publication, et notamment en soignant leur fabrication. Il nous semblait symboliques d’aborder cette approche du métier d’éditeur lors de cette soirée en plein cœur de la rentrée littéraire.
La discussion se déroulera en compagnie de l’équipe éditoriale et de Nicolas Cavaillès, dont le premier roman (Vie de Monsieur Leguat) sortira justement fin septembre.

Nous vous convions donc au cours de cette soirée à rencontrer un libraire pornographe, à croiser la route d’un Thug, à découvrir l’assassin de Mozart, à partir en Annam avec Pierre Loti, à croiser la route de Jack London, à partir découvrir quelques destinations exotiques (A Tahiti avec Elsa Triolet, à La Réunion avec Roger Vailland ou un voyage vers le Nord avec Capek), à adopter un petit chiot nommé Dachenka, à découvrir les errances dans l’espace et dans le temps de Jean-Marie Dallet, à boire un coup à Djibouti, à l’enseigne du Palmier en Zinc (avec Marie-Noëlle Rio), à suivre les pas de la Brebis Galeuse d’Ascanio Celestini, à retrouver Rimbaud lors de son voyage à Java ou à assister à une révolte de personnes âgées (avec Marc Villemain). Et bien entendu, la soirée se terminera par quelques libations et une séance de dédicaces.

Pour découvrir l’éditeur: http://www.editionsdusonneur.com/

La Page Facebook: https://www.facebook.com/pages/Éditions-du-Sonneur/49503036676?fref=ts

Et pour être tenus au courant de l’actualité des Soirées de la Petite édition: https://www.facebook.com/SoireesDeLaPetiteEdition

Ou chez notre partenaire Libfly qui rediffuse aussi les vidéos des soirées passées: http://www.libfly.com/soirees-de-la-petite-edition-a-la-librairie-du-mk-quai-de-loire-groupe-787.html

13 juillet 2013

[News] Collectif Général Instin, La Prise de la Belleville [Libr-@ction – 3]

Nous tenons à remercier chaleureusement Patrick Chatelier d’avoir associé à Libr-@action la manifestation organisée par le collectif Général Instin – cette "fabrique multidimensionnelle de déplacements" -, qui aura lieu du mardi 16 au dimanche 21 juillet rue Dénoyez (Paris 20e) : Libr-lecteurs et Libr-@ctionnaires, vous êtes invités à cette folle semaine de performances et d’affichages !

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8 mai 2013

[News] News de mai

En ce mois de mai très chargé, LIBR-CRITIQUE a sélectionné pour vous trois autres événements incontournables : le fiEstival de maelstrÖm reEvolution #7 HEALING PAST à Bruxelles ; à la Librairie Le Genre Urbain (Paris), Rencontre avec Eric Sadin pour son livre L’Humanité augmentée ; Premières rencontres de l’édition numérique à Tourcoing.

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24 mars 2013

[News] News du dimanche

En ces temps de mondialisation financière où plus que jamais il nous appartient d’être libres et critiques, et de passer à l’action, Libr-critique n’a pas l’esprit-de-salon et ne profite pas du printemps pour célébrer/décérébrer…
Libr-critique vous invite plutôt à rencontrer à Paris Georges Didi-Hüberman ("Peuples en larmes, peuples en armes", lundi 25, 18H, INHA) et Jean-Charles Massera (Paris XIII, mardi 26, 12H) ; à découvrir nos livres reçus (Oskar PASTIOR, Poèmepoèmes, nouvelle traduction ; Fred GRIOT, Book 0 ; Hazem el Moukaddem, Panorama des Groupes Révolutionnaires armés français). /FT/

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23 septembre 2012

[News] News du dimanche

Chers libr-lecteurs, en cette période propice à pousser le marron devant soi dans le paysage littéraire, nous vous souhaitons un libr-automne sur un site qui défend la création et la critique libre & critique, quel que soit le support, indépendamment de ce qu’on appelle "actualité littéraire" ou "vie littéraire". Autrement dit, pour nous, nulle "Rentrée littéraire", ni course aux prix : n’a de prix que ce qui est le fruit d’un acte autonome, d’une nécessité singulière. Pour nous, pas de critiques libres dans la facilité, la publicité, l’exhaustivité, le suivisme médiatique, les tops, les tocs et les flops. Plus que jamais nous ferons dans le décalé et la distance critique, dans nos libr-créations comme dans nos rubriques analytiques et réflexives, anciennes ou nouvelles (Manières de critiquer, Libr-relectures, work in progress sur la subversion, carnet de libr-critique…). Ainsi vous attendent bientôt des textes de Mathias Richard et de Marc Perrin ; des présentations de F. Bon, Autobiographie des objets, Leslie Kaplan, Millefeuille, Jérôme Bertin, Le Patient, A. Dupuy, Mieux taire, Th. Beinstingel, Ils désertent… une spéciale sur INTON’ACTION #2, une chronique sur des poètes coréens, deux articles sur la subversion (Sébastien Ecorce et Fabrice Thumerel), un mini-dossier autour de Bernard Desportes à l’occasion de la parution de son Eternité en novembre (Al dante)…

Dans l’immédiat, à vos agendas ! Voici le premier calendrier d’octobre : Christian Prigent, concerts parl, 22e salon de la revue, Journée d’études "Regardez-moi ce travail : littérature de l’engagement" (inscription possible ci-après).

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7 juin 2012

[News] Libr-brèves de juin

En ce mois de juin chargé, voici nos Libr-brèves : festival BAINS NUMÉRIQUES #7 à Enghien-Les-Bains ; last EARWORMS à Nantes ; Jacques-Henri Michot à Caen ; concert parl# (Paris) ; dernière Rencontre Action poétique (Paris) ; soirée de clôture de la résidence d’écrivain de Christophe Manon (Paris).

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20 mai 2012

[News] News du dimanche

En attendant la sortie ce mercredi du très attendu Témoignage de l’objectiviste américain Charles Reznikoff (P.O.L) et de retrouver Libr-critique ce jeudi lors de la Rencontre "La littérature hors les livres", découvrez l’époustouflant dernier recueil de Christian Prigent, La Vie moderne, ainsi que la réédition de Plateau, de Fred Griot – qui sera également présent à Lille ce jeudi 24 mai 2012. /FT/

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15 mai 2012

[News] La littérature hors les livres

Libr-critique participera à une manifestation organisée par le Centre régional des Lettres du Nord-Pas-de-Calais, La littérature hors les livres / Rencontres – Performances – Projections, Jeudi 24 mai à partir de 14h30, Gare Saint-Sauveur à Lille (17 Boulevard Jean Baptiste Lebas). Nous vous y attendons nombreux, vu le plateau qui vous attend… Entrée gratuite – Réservation souhaitée à reservation@crll-npdc.fr

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7 mai 2012

[News] Libr-événements de mai

Cinq rendez-vous à ne pas manquer ce mois-ci, à commencer par la rencontre avec Suzanne Doppelt ce jeudi pour son fascinant dernier livre (La Plus Grande Aberration, P.O.L) ; puis, VOIX #3 (avec Fred Griot), Joël Hubaut, Marc Perrin… Et si vous voulez retrouver LIBR-CRITIQUE, inscrivez-vous dès maintenant pour le jeudi 24 (LA LITTÉRATURE HORS LES LIVRES)…

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