Libr-critique

26 août 2018

[News] Libr-vacance 2018/2

Tandis qu’on nous serine que « c’est la rentrée » – « littéraire », entre autres -, efforçons-nous de nous maintenir encore un peu en état de libr-vacance : avec tout d’abord la rubrique « En lisant, en zigzaguant », puis avec douze invitations à la lecture…

En lisant, en zigzaguant…

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel [dystopie ultramoderne] :
« Je suis la nouvelle Eve, le fantasme incarné
Je suis la nouvelle chair, virale et délectable
Je suis ton désir, au plus profond de l’absence du désir
Je suis le futur de ton corps dès lors
que tu me baises
Je suis la nouvelle Eve, la nouvelle ère,
le corps mutant qui peut sauver l’humanité […] ».

« L’altérité de la chair est déclencheur des fantasmes de la différence, des fantasmes qui déclenchent les angoisses. La différence est intrusion dans la sécurité qui nous est nécessaire. Ils ont été le cancer de notre humanité, notre immunité les a pulvérisés. Au karsher, nettoyer tout espace de leur présence, au napalm les brûler vif dans la moindre contrée » (Editions Supernova, été 2018, p. 46 et 79).

► Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans [épopée cosmopoétique] :
« dedans dix mille êtres dedans
en terre les mots
dedans dix mille êtres dedans
ont terre à dire
en boucle
tourne tourne
pas toujours rond dans la tête
tourneboule en tête à terre
tourneboule bulbe s’accumule
pelote pelotonne aux pliures
encoincements
empilements de vésicules » (COLOR GANG, été 2018, p. 31).

Libr-12 : LC a reçu, lu et vous recommande

* Pascal Durand et Tanguy Habrand, Histoire de l’édition en Belgique : XVe – XXIe siècles, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, mai 2018, 576 pages, 26 €.

* Revue des Sciences Humaines, Université de Lille III/Presses du Septentrion, n° 329 : « Orphée dissipé. Poésie et musique aux XXe et XXIe siècles », printemps 2018, 296 pages, 28 €.

* La Revue des revues, n° 59, printemps 2018, 128 pages, 15,50 €.

* Frédéric ACQUAVIVA, The 120 days of music, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s.p., 15 €.

* Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 96 pages, 10 €.

* Béatrice BRÉROT, Dix mille êtres dedans, estampes de Nadège Druzkowski, éditions COLOR GANG (66), été 2018, 64 pages, 13 €.

* Jalal EL HAKMAOUI, Ce que je n’ai pas dit à Bob Dylan, Les Presses du réel/Al dante, printemps 2018, 48 pages, 8 €.

* Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, éditions Inculte, août 2018, 192 pages, 17,90 €.

* Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, août 2018, 264 pages, 20 €.

* Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

* Antoine SIMON, C’est Rimbaud qu’a foutu la merde, Parole Auteur, Toulon, 154 pages, 12 €.

* Frédéric VALABRÈGUE, George Brecht, histoire d’un effacement, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, 120 pages, 15 €.

31 mars 2011

[News-chronique] Prix Louis Guilloux pour Frédéric Valabrègue, Le Candidat

Frédéric VALABRÈGUE, Le Candidat, P.O.L, automne 2010, 224 pages, 16 euros, ISBN : 978-2-8180-0634-4.

Après Christian PRIGENT pour son Demain je meurs paru en 2007 chez le même éditeur [lire mon article sur Prigent/Guilloux], le "Prix Louis Guilloux" a été décerné à Frédéric Valabrègue pour son roman Le Candidat. Rien d’étonnant à cela quand on songe que le titre du roman qui a valu le prix Populiste à son auteur en 1942 rend parfaitement compte de ce que représente l’exil pour tout candidat à l’immigration : le pain des rêves

Le Prix Louis Guilloux est décerné depuis 1983 par le Conseil Général des Côtes d’Armor en hommage à l’écrivain briochin décédé en 1980 (il fut notamment l’ami d’Albert Camus et d’André Malraux). D’un montant de 10 000 euros, il couronne une œuvre de langue française, caractérisée notamment, outre l’excellence de la langue , "par la dimension humaine d’une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l’individu au profit d’abstractions idéologiques". Le jury, composé majoritairement d’écrivains, est présidé par Yvon Le Men, poète et écrivain.
Le prix sera remis officiellement par le Président du Conseil Général, en présence des membres du jury, le vendredi 15 avril en soirée. La manifestation se déroule au Conseil Général – Le lendemain, 16 avril à 15 h au Petit Théâtre, en ville, il y aura une lecture d’extraits des œuvres de Frédéric Valabrègue par une compagnie théâtrale (compagnie du Chien bleu) suivie d’ une rencontre du lauréat avec le public. Elle sera vraisemblablement animée par Roland Fichet auteur de pièces de théâtre et membre du jury.

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20 mars 2011

[Chronique] POL romanesque…

En plein Salon du livre, où, comme toujours et quel qu’en soit le programme, c’est le roman qui est à l’honneur, et avant même notre Rencontre LIBR-CRITIQUE sur les formes narratives actuelles (2 avril à la Bibliothèque Marguerite Audoux, Paris 3e), concentrons-nous sur la spécificité romanesque qui, depuis quelque temps, se dégage des publications POL. Revêtant une forme plus ou moins classiquement moderne, les romans labellisés POL entendent "se frotter au réel" (Fred Léal) ; d’où la diversité des sujets : l’Afrique post-coloniale (Jacques JOUET, Bodo) ; le nomadisme de ces hommes de l’ombre que sont les employés du nucléaire en France (Elisabeth FILHOL, La Centrale) ; l’insularité moderne (Olivier CADIOT, Un mage en été) ; la médiatisation de notre rapport à la réalité (Manuel JOSEPH, La Tête au carré) ; l’ordre et la marge, la sécurité et la marginalité (Manuel JOSEPH et Myr MURATET, La Sécurité des personnes et des biens) ; le "noyau de toute chose" (Hubert LUCOT) ; l’idéologie écologiste (Iegor GRAN, L’Écologie en bas de chez moi) ; la  coprophilie comme métaphore de notre société de consommation (Thomas HAIRMONT, Le Coprophile) ; deuil et management (Nina YARGEKOV, Vous serez mes témoins)… Après les "Gallimardeux" et l’"école de Minuit", le "POL romanesque", que l’on peut tenter de cerner par une série non close de caractéristiques : humour grinçant, loufoque, récit distancié critique ou travail de minoration de la langue, divers dispositifs critiques ou "documents poétiques", réflexion et réflexivité…

Après avoir analysé tous les titres surlignés (liens actifs) et avant que de rendre compte des livres de Nina YARGEKOV et de Iegor GRAN, examinons trois romans parus chez P.O.L à l’automne dernier : Frédéric VALABRÈGUE, Le Candidat ; Fred LÉAL, Délaissé ; Dominique MEENS, Aujourd’hui rougie

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