Espace d’animation des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris) : vendredi 15 (20H-22H), samedi 16 (10H-20H), dimanche 17 octobre 2010 (10H-19H30).
Télécharger le programme complet : ici.
Espace d’animation des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75004 Paris) : vendredi 15 (20H-22H), samedi 16 (10H-20H), dimanche 17 octobre 2010 (10H-19H30).
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Au terme de cette quatrième année qui a totalisé plus de deux cents entrées (962 depuis la création du site) et attiré un bon millier de libr-lecteurs uniques par jour, nous tenons à vous remercier de votre attention et de votre réactivité – et renouvelons notre appel pour démarrer au mieux 2010 : sont les bienvenus vos commentaires, suggestions, informations et contributions diverses (chroniques, créations, articles de recherche, etc.). N’oubliez pas, une seule adresse : libr.critik@yahoo.fr. Au reste, vous trouverez ci-après un rappel : "Libr-critique, mode d’emploi".
Avant de franchir le cap vers la première décade du XXIe siècle, depuis le dimanche 29 novembre, en quatre livraisons, nous avons entamé une rubrique permettant de faire le point sur les œuvres qui nous ont marqués depuis 2007, et par là même de vous aider à ne pas passer à côté d’expériences inoubliables. Aux vingt-deux déjà recommandées (de Desportes, Ernaux, Franco ; Bouvet & Ladoire, Buraud, Doppelt, Jourde, Prigent, Raharimanana ; ouvrages sur les bibliothèques, le futurisme, Mathias Pérez ; Brosseau, Dickow, Dupuy, Favre), ajoutons-en dix autres, en plus de huit revues et maisons d’édition que vous gagnerez à fréquenter et soutiendrez par la même occasion.
Mathias Pérez, éditions Carte Blanche, juillet 2009, 156 pages, 30 €, ISBN : 2-905045-53-1.
Cette monographie luxueuse et synthétique vous permettra d’explorer l’œuvre du peintre qui dirige les éditions Carte Blanche comme la revue Fusées : reproductions de toiles, photos et documents divers, bibliographie et entretien (avec F. Thumerel, p. 122-139), et contributions de Éric Clémens, Michel Butor, Christian Prigent, Marc Pataut, Jean-Pierre Verheggen, Hubert Lucot, Jacques Demarcq, Rémi Froger, Hervé Castanet, Pierre Le Pillouër, Charles Pennequin, Cécile Wajsbrot, Philippe Boutibonnes, Raymond Federman, Claude Minière, Bernard Noël.
Cet automne sera riche en événements ou ne sera pas… Rentrée de Pierre Jourde, Journée nationale de la colère organisée par le collectif "Pièces détachées-Lectures sauvages" (autour de Mustapha Benfodil), Nuit Litanie sur France Culture, dernières livraisons des revues Chimères, Fusées et TINA…
Parce qu’elles sont de toutes formes et de tous formats, de toutes les couleurs pour tous les goûts, parce qu’elles offrent une incroyable résistance en milieu hostile et que, plus que jamais, elles passent en revue le contemporain sous toutes ses coutures, les revues méritent que l’on termine l’année avec trois d’entre elles dont nous n’avons guère pu parler : La Revue des revues, Lgo et Fusées.
Une fois posé le problème et dressé l’état de « la crise des revues (et) de (la) poésie » (première partie), il importe d’examiner de près le spectre des postures aquoibonistes.
Cette semaine, nous mettrons l’accent, non seulement sur les livres reçus, mais encore sur la Soirée poésie vidéo et poésie électronique organisée par la Société des Gens De Lettres ainsi que sur notre Quinzaine des revues.
Après le point de vue de Lionel Destremau sur Prétexte (1994-1999), voici celui de Christian Prigent sur sa trajectoire de TXT [voir le site : http://www.le-terrier.net/TxT] à Fusées [voir le site : http://mathiasperez.com][1]Sur la revue TXT (1969-1993), en plus du site mentionné ci-dessus, qui renvoie à l’article de François Lacire "L’Histoire de TXT par ses textes théoriques et critiques", on pourra consulter Jacques Poirier, "Au carnaval des mots : Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen et la revue TXT", dans Bruno Curatolo et Jacques Poirier dir., Les Revues littéraires au XXe siècle, Editions Universitaires de Dijon, 2002, p. 129-139, et le chapitre 4 de mon Champ littéraire au XXe siècle, Armand Colin, 2002, p. 103-112. Sur Fusées (fondée en 1997), mon article "Fusées, une revue moderne" (La Revue des revues, Paris, n° 34, mars 2004, p. 99-106) et mon entretien avec Mathias Pérez, "Mathias Pérez : Carte Blanche à Fusées" – réalisé lors du colloque Critique et poésie : les revues comme lieux de la valeur, mais publié dans le dossier qu’a consacré au peintre et directeur de Fusées la revue Il particolare (n° 15 & 16, décembre 2006, p. 191-195). .
Il particolare, numéro 15 & 16, 2007, 26 € ISBN : 2-87-720266-6
Lancée en 1999 par le lacanien Hervé Castanet, la revue Il particolare (en italien, « la singularité d’un détail ») s’attache à la singularité d’une oeuvre littéraire ou picturale. Aussi n’est-il pas étonnant que la dernière livraison – dont la couverture vert-orange fait penser, entre autres, à Alechinsky – consacre un dossier à Mathias Pérez, lui dont la peinture, parce que dure, « ne fait pas dans le détail ». Et Jacques Demarcq de préciser : « Les tableaux de Pérez sont des natures mortes abstractisées à l’extrême, des vanités nettoyées de la vanité qu’éprouvait la peinture d’antan à raffiner ses figurations » (209). D’où le qualificatif de « primitive » qui revient sous la plume de Daniel Dezeuze et de Rémi Froger pour rendre compte d’une peinture surfaciale dans laquelle Christian Prigent voit miroiter une profondeur certaine. Car, selon le poète-essayiste, le défi de cette oeuvre est de montrer l’inmontrable, de donner à voir le corps in-figurable. C’est dans cette perspective que Rémi Froger parle de « peinture en colère » : colère « contre la représentation, contre l’image » (212).
Les toiles de Mathias Pérez, par ailleurs responsable des éditions Carte Blanche et de la revue Fusées (1), sont ainsi habitées par l’obsession du corps sans tomber dans la « complaisance érotique » (Jacques Demarcq). Après Bernard Noël dans Mathias Pérez ou le Roman des corps (in Mathias Pérez, La Différence, 1988), plusieurs collaborateurs de ce « Cahier » mettent l’accent sur le matériau d’une oeuvre (Christian Prigent, « Corps en gloire » ; Cécile Wajsbrot, « La poursuite du corps ») qui a évolué de figures phalliques à des formes féminines – soit du temps de la montée en couille à celui des « mamelons de Mathias » (Jean-Pierre Verheggen). Ces formes, les nom et surnoms mêmes du peintre les font parler en propre : celui que Verheggen appelait Animalthias est docteur clitoris causa, mais également « gros Mathou » (Hubert Lucot), « mathias le peint-peint » (Charles Pennequin)…
Au reste, une bonne partie de ce numéro 15 & 16 porte sur la peinture. On retiendra surtout les articles de Dino Commetti, qui fait remonter à Manet et Cézanne la rupture avec la notion de chef-d’oeuvre et la naissance de l’art moderne, et de Jean-Pierre Cometti, qui souligne qu’avec la vidéo et les arts numériques on assiste à une mutation artistique selon laquelle l’antinomie figuration/abstraction cède la place à l’opposition entre horizontalité et verticalité, à savoir entre fonction référentielle et fonction différentielle de l’oeuvre (la latéralité de la référence fait s’inscrire les oeuvres dans un système de relations esthétiques) ; quant à Jean-Luc Nancy, il insiste sur la circularité qui affranchit du temps l’oeuvre musicale. Signalons enfin le poème de Pierre Le Pillouër, qui offre tout à la fois une parodie de Du Bouchet et un clin d’oeil à Prigent.
(1) On pourra se reporter à mon étude intitulée « Fusées, une revue moderne », parue dans La Revue des revues (n° 34, 2004, pp. 99-106), ainsi que, ici même, à ma présentation du dernier numéro (12).
Le 27 mars au stand Ile-de-France du Salon du livre de Paris, « Fusées ça décolle ». L’intervention aura lieu de 18h30 à 19h30, avec Mathias Pérez, Philippe Boisnard, Jacques Demarcq, Rémi Froger. Mathias Pérez présentera la revue et sa transformation, tandis que les auteurs feront une lecture.
[site Fusées]
La revue Talkie-Walkie, dirigée par Hortense Gauthier, était présentée rapidement aujourd’hui dans l’émission de France Culture. L’émission avait pour invités Christian Prigent pour Demain je meurs et Suzanne Doppelt pour le pré est vénéreux, à la fin de l’émission Xavier Person a présenté brièvement T-W.
[site Talkie-Walkie]
Jean-Claude Boulard (Maire du Mans et Président de Le Mans Métropole), Jacqueline Pedoya (Adjointe au Maire, Chargée du développement et de l’action culturels), Sylvie Granger (Conseillère municipale déléguée, chargée de la lecture) et Mathias Pérez (Éditeur de Carte Blanche) ont le plaisir de vous inviter
au vernissage de l’exposition :
Fusées 11, spécial 10 ans
L’école du Mans, bis
réalisée par la revue Fusées et la médiathèque Louis Aragon.
exposition du 9 mars [jour du vernissage — 18h30] au 14 avril 2007
Malgré les difficultés — fin de la diffusion de Leo Scheer, et une sorte de crise de l’édition contemporaine — Fusées poursuit son aventure, en restructurant la publication de la revue. La revue qui était annuelle va devenir bi-annuelle, et alléger le nombre de pages pour chaque numéro. Pour fêter cela, le numéro 11, de la nouvelle série, revient sur les 10 ans de publication, en donnant à lire aussi bien toutes les préfaces, qu’à voir les créations qui ont marquées la revue. À cette occasion, La médiathèque Louis Aragon du Mans a décidé d’organiser un exposition des artistes de Fusées, et le vernissage sera ponctué par une lecture des poètes qui sont liés au Mans et à l’histoire de la revue : Sophie Audureau, Rémi Froger, Alain Mahé et Charles Pennequin.
[site fusées]
[Alors que nous avons salué, il y a de cela quelques temps [ici], [ici] et [ici] la publication de deux livres de Véronique Vassiliou, quelle n’est pas notre tristesse de lire cette lettre diffusée par Poezibao, montrant les difficultés qu’éprouve actuellement Comp’act, suite à la fin de la diffusion Léo Scheer dont avions déjà parlé [ici]. Ce que nous avions signalé pour la revue Fusées se produit de même maintenant pour un édtiteur.]
Chers amis,
Comp’Act, avec une quinzaine d’autres éditeurs, vient de subir de plein fouet la suppression, par Léo Scheer, de la Fédération Diffusion, qui nous laisse dans les pires difficultés éditoriales et financières, au moment où le contexte est particulièrement dur pour l’édition de création.
Nous sommes sur le pont; nous nous battons de toutes nos forces, nous et notre entourage immédiat, pour défendre Comp’Act, réorganiser notre maison, élargir nos appuis.
Nous allons y parvenir. Cependant, nous avons un besoin urgent de soutien, notamment de la part de ceux qui sont les plus proches de nous, c’est-Ã -dire nos auteurs et leurs lecteurs.
La façon la plus efficace de nous apporter votre aide est d’acheter et de faire acheter quelques-uns des livres de notre fonds, de façon à nous apporter de l’air frais pendant que nous menons ce combat, et nous aider ainsi à le gagner.
Ce sera aussi l’occasion, pour beaucoup d’entre vous, de découvrir des livres qui ont connu une diffusion insuffisante du fait même des disparitions successives, depuis 1986, de Distique 1, Distique 2, puis Distique 3, Alterdis, Libredit, et aujourd’hui la Fédération Diffusion.
L’édition de création – secteur qui a toujours été très difficile – est devenue désormais, nous l’affirmons, une activité sinistrée, de plus en plus impossible. Il convient que tous les amis du livre en aient une conscience aigüe.
Merci de faire le geste que vous pourrez pour votre maison d’édition.
Amicalement à chacun d’entre vous.
Pour Comp’Act,
Henri Poncet
Tout d’abord les éditions Hermaphrodite viennent de republier Viva la merda! de Jean-Louis Costes :
« Attention âmes sensibles, esprits non avertis et personnes mineures, passez votre chemin, car ce livre n’est pas pour vous…
Viva la merda ! est un livre mythique, rare et peu connu de Jean-Louis Costes. Publié en 2003 par les éditions Hermaphrodite, son tirage avait été rapidement épuisé. Ce titre est à nouveau disponible, toujours aussi dévastateur et subversif.
Le livre : Viva la merda ! est un road-movie scatologique auquel rien ne résiste, un livre-performance, un livre-référence. Il est à la littérature ce que Brain Dead est au cinéma, remixé à la sauce Sodome et Gomorrhe. Un » film » Z échoué dans des mots. Costes est cet explorateur solitaire des lettres qui s’aventure dans les limbes de la fiction, entre nauséabond, folie pure à base de sang, de gore, d’exorcisme, et de poésie dégénérée. Il rajoute malicieusement des moustaches de merde à la Joconde, et recouvre l’idole d’une myriade de bites et d’un océan de sperme. Viva la merda ! se fout du propre, du décent, de la morale et du » respect « . C’est de la merde ! »
En effet, Viva la merda!, pousse, non pas le langage dans ses extrêmités, mais la possibilité même de supporter ce qui y est dit, et ceci dans l’écriture la plus dépouillée qu’il soit, à savoir la plus folle.
Ensuite, Jean-Marc Agrati dédicacera à la librairie Scylla Le chien a des choses à dire, livre de nouvelles que la rédaction de Libr-critique.com a toujours beaucoup aimé, entre un imaginaire à la Bukowski et une écriture à la Kafka, nette et précise, sans fioriture, des récits étranges et parfois dérangeants, qui montrent à quel point la fiction conserve une force unique.
La dédicace de Jean-Marc Agrati qui aura lieu samedi 9 décembre à partir de 18H à la librairie Scylla (8, rue RIESENER, 75012 Paris, Métro Montgallet (ligne 8), tél : 06.24.64.22.08.).
Pour l’occasion et par amitié pour la librairie Scylla et le Cafard cosmique (webzine d’actualité des littératures de l’imaginaire), qui ont été parmi les premiers à soutenir ardemment Jean-Marc Agrati et son livre Le chien a des choses à dire, les éditions Hermaphrodite vous invitent à découvrir en avant-première le nouveau livre de Jean-Marc Agrati, Ils m’ont mis une nouvelle bouche, qui ne sera en vente et disponible en librairie que fin du trimestre 2007.
Et enfin, pour les lillois, il sera possible de découvrir aussi bien la revue Hermaphrodite que les livres publiés par cette édition, dont la réédition de Viva la merda! de Jean-Louis Costes, au salon Les escales hivernales, le dimanche 10 décembre 2006, à partir de 14H, à la CCI, Place du Théâtre à Lille. Trame-Ouest aura un stand, et y présentera aussi les revues Talkie-Walkie, Fusées, la revue Incidents, et encore d’autres éditions.
[Ce texte de Charles Pennequin met en perspective son geste d’écriture
, l’écriture de soi, soi comme auteur de soi au travers, au-dedans de la langue. Ce texte entre en écho avec le dossier Pennequin de la revue Fusées n°10. Ici, Pennequin affirme ce qu’est l’écrivain selon son propre rapport à l’écriture. Nulle forme interrogative, mais le flux monologué de sa voix si caractéristique.]
POUBELLE LA VIE
La baise. Parlons de la baise. La bonne vraie baise. La vraie la bonne l’ouverte. Une bonne ouverte. Une ouverture. Parlons baisons. Parlons de la vraie baise. Celle qui nous tient. Celle qui nous fait avoir. Celle qui nous fait être. Celle qui nous soutient nous tient. Tiens tiens. Celle qui nous noue. La vraie. La vraie nouée en nous. Une vraie bonne et baisante baise. Oui. Un nœud. Oui, parlons-en. En chœur. En troupeau. En bêlant dans le beau troupeau. Bêlons la baise dedans. Et cherchons-là . Longtemps le troupeau reste. Longtemps le troupeau noué. Le troupeau nous. Longtemps le troupeau immobile. Cherchant. Ne cherchant pas. Baisant. Ne baisant pas. Longtemps le troupeau imbaisable. Longtemps le troupeau vidé de sa baise. C’est son essence la baise. Mais il baise pas. Il attend de foutre. Oui, foutre pour lui c’est baiser. Mais il sait que non. Il sait que baiser c’est différend du foutre. Le foutre sait. Et le troupeau avec. Le troupeau sait la baise et le foutre. Il sait que c’est deux choses. Il sait le foutre c’est cafouiller. Il sait le foutre c’est être en brouille. Il sait brouiller le foutre. Il sait le foutre c’est troupeauter. Il sait le foutre entroupeautant ses phrases. Il sait le foutre c’est carrément se la carrer. On carre du foutre où ça aurait pu penser. Baiser penser pour lui c’est idem. C’est la pensée qui fout la baise. C’est la pensée qui zone dedans. En foutant toute envie de baise. De vraie foutrée. Il sait le troupeau mort la vraie foutrée c’est en finir. Finir pour une bonne fois la baise. Et pas de bonne action. De bon coup pensé dans biquette. Ou dans le bouc. Le bouc prendra biquette. Il prend sa corne. Le bouc pense à biquette. Mais le bouc est corné. Cornard de lui. Cornard de sa petite cornée. Pas encore né. Petite trouée de lui-même. Petite foutrée. Foulée. Petite foule faite. Petit troupeau à foutre mais sans se fouler. Que la biquette lui a collé. Que la biquette collera. Et le troupeau avec. Troupeau de biques et de boucs moutonnant à l’envie. Troupeau de morts encollés à l’idée de baise. Mais on baise pas l’envie. On fait que niquer. On nique l’envie qui s’offre à nous. La nique offerte. Ristourne. L’envie tristoune de nique sur un plateau. Les plateaux tournent. Et les troupeaux avec. Tous les troupeaux finiront par tourner. Et les petits plateaux petites enjambées au-dessus des phrases. Petites politesses à la biquette. Petites courbettes à la pensée. Petites branlettes au bouc. Petits torticolis. Petits bouquets tordus. Petits colis. Coulées petites. Toutes petites claques et fessées toutes petites. Petites fesses et puis petites trouées. Petites queues bien rentrées. Stoïques. Petites quéquettes restées stoïques. Stoïcité du troupeau sur un plateau tournant. Alors que pendant ce temps le ciel la roche et l’herbe demandent la baise. Pendant ce temps le naturel t’emmerde. Pendant ce temps le retour au galop la petite pente à être continue de nous emmerder. Et qu’il va falloir cracher au bassinet. Qu’il va falloir en finir avec l’herbe le naturel le galop et cracher. Eructer, s’hargner et s’encrever. S’encrever d’un coup. D’une traite.
Oui il faudrait baiser avec des mots. Avec des tentatives. Baiser la tentative. Des tentatives de mots. Baiser ça. Et le reste. Tout reste à baiser. Ça nous reste sur les bras. Des heures durant. Baisement. Des heures durant : baise-m’en, m’en une, puis deux, puis trois. Baise-m’en bien quatre vraiment. Et dans baisement il y a baise. Et dans vraiment il y a vrai. Et dans les deux il y a ment. Il y a toujours la baise vraie qui nous ment. Et elle nous ment par deux. Elle dit je t’offre à me baiser vraiment. Elle dit je t’offre une toute vraie baise bonnement. Elle dit ça tout bonnement. Tout en baisant. Elle multiplie le ment. L’aimant. Et puis elle te dit va t’en. Va te faire foutre avec ton troupeau de ment. T’as jamais vu l’amour. T’as toujours vu qu’un trou. T’as toujours vu que du satisfecit. T’as toujours vu qu’un fessier satisfait. Satisfait de fait ci puis de fait ça. De fesses assises. Un cul ouvert assis. Comme une approbation. Un calcul. Une solution alternative. T’as toujours vu qu’un cul dans l’amour. Un bouchon. Et tu trempais dedans. Le bouchon enfonçait ton idée. Et pour l’idée c’était un cul imprenable. C’était prenant. T’as toujours été pris dans le vertige prenant de l’imprenable. Alors t’as pris. Et t’es revenu. Revenu d’avoir cru prendre. Alors que t’imprenais. Et tu t’es rassis sur tes fesses. T’as rassis tes fesses sur ton envie de vrai cul. C’était pas un vrai cul. Mais c’était une envie. C’était l’envie potable du cul. Le cul potable tu t’es rassis dessus. Et t’as continuer à vivre. C’est-à -dire à te trouer le cul d’envie sans vivre. A te rasseoir le cul sur tes envies. T’as continuer comme ça longtemps. Potablement longtemps.
>> [Lecture de Thierry Rat 7 mn. Cette lecture a eu lieu dans le cadre de Lire en fête et des 10 ans de Fusées, organisé à Arras, à l’office culturel, par l’association Trame-Ouest. Cette soirée a été permise grâce au soutien du CNL, de la DRAC Nord/Pas-de-Calais, du Conseil régional du Nord/Pas-de-Calais et de la mairie d’Arras.]
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