Libr-critique

30 avril 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, Évolution

Au début c’était,

                     contradictoire …. un peu

Allez voter, restez chez vous

Pas de sport en France, vélo à côté

Fliquez contrôlez, présentez papiers

Pas de masque, n’approchez pas

Ecoles ouvertes, écoles fermées

Une petite grippe, le virus dangereux

>> les jours passent, identiques, boire BFM jusqu’à la mort, confiné jusqu’à l’os, surveillé à la sortie,

folie du flou politico-sanitaire, la rupture est proche, éteignez les tévés-les portables-les ordinateurs.

 

Peu à peu c’est devenu,

                            logique… trop

Confinement de classe

Les livres pour les uns > laissez les lire, le livre sauve, mais aux

 

Trois Ponts à Roubaix, tu lis quoi ? Les panneaux routiers à travers la vitre de ta chambre dans l’HLM déglinguée ? Les notices des médocs de ta mère malade ?

La notice de la console partagée à 5 frères et sœurs ?

 

C’est pas atelier lecture, cuisine végétos et applaudir comme un con-con-finé le soir à 20h après avoir voté pour le même déconfit qui nous a mis dans la déconfiture jusqu’au cou.

Et donc, on y est

                     aujourd’hui

masqués contre démasqués

soutiers du monde social et sanitaire au fond du trou

un masque jaune comme prochain symbole de la révolte

masque à rats d’en haut contre masque en rade d’en bas

sans-dents, sans-gants, même lutte démunie des prol’s

 

Et pendant

              ce temps-là

la Corée (du Nord) comme modèle

on jacte du pays uni, de la guerre au virus, de la nation et des vacances apprenantes

on prépare la fin des libertés qui approche, qui approche, qui approche, RGPD dans ton cul > température, géolocalisation, t’es malade, t’es où, bouge pas, t’es cerné, bientôt bavures flicardes, achtung, milices municipales > la force de l’ordre renforcé(e)

 

En attendant

Produisons, consommons, n’importe quoi, faut relancer la machine, ça flippe dans tous les sens, le corps avachi et l’esprit assoupi ayant oublié le numéro de sa carte bleue.

4 avril 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, Con-fini

La vie incarcérale se poursuit.

Forcée. Gouvernement, doigt sur la couture. En avant, marchons !

 

Le JE ne parlerai pas de lui,

Le JE ne souhaite pas,

le JE ne serai pas touché par lui

Le JE n’ai aucune compassion

Le JE suis immortel, impossible qu’il

passe par le JE

Le JE c’est pas lui c’est l’autre

 

En avant, an arrière, qu’ils se souviennent d’hier

les CEUX qui pensent pour NOUS

de CEUX sans santé sans assurance de la vie (belle) sans cesse subissent

qu’ils regardent dessous les masques

qu’ils soulèvent les blouses

de CEUX qui le prévenaient – ahuri !

 

IL nous apprend des mots, incurie à toutes les sauces

IL nous a mis au régime, asiatique

abdos-tévés-journaux à gogos de tous les gloglos de la place,

méga-diffusion

les bobos pleins de bobos rédigent, jour après jour des journaux borgnes nés

de l’écriture cadrée – des journaux qui rêvaient de penser – des pensées journalières qui n’osent pas rêver et restent à l’entrée avec les pompes – et des listes, et des listes, de CEUX qui lisent, écoutent, regardent. Gainage et lecture, les deux mamelles de la France en crise. La lecture sauve ? Qui peut…

 

régime numérique

régime digital, même pour les sans-gants, nouvelle classe prolétarienne succédant aux sans-dents de l’autre avant. Ahuri !

 

IL nous fait décrouvrir l’Afrique sans fricathlètes qui courent autour des pistes – l’Afrique tellement habituée à tonton Ebola et autres saloperies, l’Afrique jeune et belle > mais crevant toujours un peu plus.

 

CEUX qui parlent des crises, des renaissances, des résiliences, des catastrophes

pendant que CEUX du 49-3 dans l’baba galopent de plateaux en hôpital de campagne.

 

Le régime de semi-liberté pèse sur les âmes et les consciences

TU cours au milieu de la route : DELINQUANT !

TU sors de chez toi : DELINQUANT !

TU tousses crachotes souffles fumes ou fulmines promènes : DELINQUANT !

Papiers > adresse, 1 km, CNI, quand le parloir et la fouille anale ?

 

Bas les masques !

Y a CEUX qui paieront, [enlève ton masque eh, on t’a r’connu.] ceux qui payent ceux qui ont payé n’en parlons plus

 

Je me souviens de la mort je me souviens mortel je me soutiens au bras des mortels memento mori mojito (fini la terrasse des cafés) tatoué à jamais je me souviens d’oublier par les loisirs les media le blablaratin je me souviens de la fragilité de la peur de l’autre invisible je sais la peur du demain inexistant la continuité dans l’ennui et l’effort de survie la trouille du danger perpétuel la nécessaire légèreté pour SURvivre sous SURveillance dans l’isolement total baigné de platitude quotidienne.

La liberté au cul des caddies du Lidl l’égalité plongée dans la chloroquine la fraternité à un mètre cinquante dans la distanciation.

 

[Interférence, crachotements délinquants, nous avons intercepté une conversation du président…

Bilan matinal :

Infection, check

Virus, check

Fléau, check

Interdictions, check

Morts, pas encore assez, la trouille ne fait pas pisser les gens devant leur télé, il faut monter d’un cran.

Ok boss.]

17 mars 2020

[Texte] Romain le GéoGrave, E.D.A.

Filed under: créations,UNE — Étiquettes : , — rédaction @ 21:22

Vie incarcérale, en vedette : l’Espace Démocratique d’Apprentissage (E.D.A., en figure managériale)

Situation générale : coincement de bâtiments entre

l’entrée par derrière du bâtiment, animaux de bâts > rentrent tête basse,

bas bâtiment sur lequel est inscrit en trop gros, des mots comme avenir, département, construction, conseil général ; ensemble, vivons la concertation éducative, plongée dans le cerveau dérangé de Laid Ducnat ; déconcertant,

il y a un ordre dans les termes, mais on ne comprend pas, finalement, le lien entre la grossièreté du bâtiment, laid, inesthétique / anesthésiant

la pupille, et ces mots.

Non, on ne comprend surtout pas pourquoi les mots enfants / liberté / esprit critique / beauté ne sont pas sur ce mur de désaccueil ? ? ? ?

Passer rapidement devant permet de croire lire quelque chose comme « Nous construisons l’avenir de vos enfants ici ». Mais c’est de l’avenir du département qu’on cause …

Mensonge d’accueil ! Les managers, zinzin-venteurs de phrases torche-culs, ont sacrifié le langage, encore une fois.

Dessous ces mots, barrières, des barrières, grilles, des grilles, on protège qui de quoi ? Intérieur Vs extérieur ou InVsmnt ? Protégeons nos enfants d’entrer dans ce bâtiment !

Des caméras qui camératent, vidéobservance > têtes blondes sur écrans noirs, reste gris tout ça, faits et gestes, gestuelles soupçonnées :

main au portable,

main dans l’sac,

main au panier.

Tour de contrôle, ici tour de contrôle !

 

Vue d’en haut, même si – notez bien – prendre de la hauteur chez Laid Ducnat reste peu évident et partiel :

  • espaces bitumés pour jouer > classe ! /
  • espaces bitumés pour patienter, errer ; tourner en rond s’fait chier > re-classe ! /
  • Σ : Bitume + bitume + quelques m2 de verdure* pour laisser deux pauvres poules picorer = écocorico-collège!! Labellisé, évidemment, Mama Nadgeure (cheffe de l’information et du contrôle) est passée par là, dossier, constitution, objectifs, bilans, résultats, évaluation.

Que vive l’architecture scolaire pré-apocalyptique – n’y sommes-nous pas déjà ?

* [attention, attention, notez bien, sigle, alerte au sigle, vous êtes dans un bâtiment E3D, je répète vous êtes dans un bâtiment E3D > établissement (en état de faiblissement avancé) en démarche de développement durable // pauvre linguiste qui s’attardera sur cette suites d’ineptes concepts accolés : en démarche (à la con) de développement durable (quel développement humain durable?)]

L’entrée dans l’E.D.A, donc, l’odeur, première fois,

inaltérable odeur de l’ennui, la prison à échelle adolescente,

tout est bas dans l’E.D.A. – manque de grandeur (forcément, ici on baisse la tête, on baisse les yeux, on baisse le niveau, on baisse ses exigences, on s’abaisse aussi, surtout, devant les forts) – ça pue, en fait.

C’est misérable, la première réaction, la bonne, instinctive, naturelle, animale, c’est de se casser, fuir, se tailler, se faire la malle, faire le mur, se carapater rapidos, tout sera bon pour ne pas rester

(* AUCUN SCRUPULE LES ENFANTS *).

L’E.D.A., ici l’espace ne vous veut pas de bien.

Navigation sans GPS à travers des couloirs mornes, bleus probablement, on ne sait plus car incapacité du cerveau à imprimer cette abominable laideur, des poteaux des poteaux – qu’on se prend pleine gueule (à l’époque des jeux idiots des couilles aux poteaux, aujourd’hui les poteaux énormes, impossible à rejouer cette malédiction pour faibles).

Soumission à la surveillance : aucune aspérité, tout est accessible, visible et sans recoin.

Des portes, fermées, bleues, pourquoi ce bleu infernal ? Bleu, la mer, le ciel ? L’infini ?? Le rêve … arrêtez, on se marre tellement, ces mots n’ont pas leur place ici. Univers carsidéral.

En marchant au hasard, sans savoir, on comprend finalement qu’on est dans un collège,

pas dans une prison, enfin

pas aujourd’hui les matons sont absents.

— pas à pas dans le morne espace du savoir (?) —

Collège, ensemble ? non ! Somme, masse, indistincte, de qui, profélèves ?

Pour l’espace, ici, le comprendre pour le refuser / ou le nier sans empathie, cyniquement,

l’accepter c’est

y travailler les yeux fermés sinon ils saignent.

Rapide coup d’Å“il dans une classe, toutes les mêmes, des rangées, un bureau, le maître surveille, il n’y a plus l’estrade d’antan mais c’est tout comme. L’estrade est virtuelle, le prof est au-dessus, il maîtrise, il méprise trop souvent, il regarde vers le bas – enfin au collège, au lycée il la ramène un peu moins, question de physique, de masse critique, de taille, c’est éliminant la taille.

C’est infini comme l’infinitude de la tristesse cet espace, on se perd en soi, on croit se perdre mais on est toujours au même endroit quand il est vide.

Plein, c’est différent, un peu.

Plus ou moins les mêmes tronches.

Plus ou moins les mêmes enseignements dispensés ou hurlés, qui naviguent dans les couloirs, traversent les cloisons (éco-conconçues de toute évidence).

Pourquoi pas plus de trous dans les grillages pour fuir ?

Pourquoi pas plus de graffitis pour effacer labels et phrases déGUEUpartementales ?

Les enfants, régulièrement, espèrent que l’E.D.A. crame, combien de fois entendu sur une semaine ?! Pourquoi nous adultes ne les aidons pas à faire disparaître l’E.D.A., avachis mous et endormis que nous sommes ?

Certitude numéro 1 : l’avenir ne se construit pas ICI.

Powered by WordPress