Libr-critique

25 mars 2017

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant (8/8)

Voici les dernières cascades poétiques dans la nouvelle série que nous a proposée Mathieu Gosztola – que nous remercions encore. [ Lire "De courant 7"]

pour faire les oreilles irritées

avec la peur les mots

plus haillons

au fur et à

 

mesure que je m’

épuise dans le sans-

sommeil des nuits

pour n’être plus rien

 

*

 

qu’un fantôme vidé de ce qu’il a enfoui ôté de lui-

            même mangé en multitude jusqu’

en ses parties très retirées par 1 colonie

de fourmis noires et rouges 1 colonie

 

sans anicroche je me dé

munis des mots et des silences qui sont l’au

tour la vie d’après dé

pendra de l’oubli qu’on mène mon

 

*

 

destin de

courant pour

me défaire

jusqu’                       

 

*

 

au poème

30 novembre 2016

[Création] Matthieu Gosztola, De courant (7/8)

Voici, pour l’avant-dernière fois, huit nouvelles cascades poétiques dans la nouvelle série que nous a proposée Mathieu Gosztola – que nous remercions encore. [ Lire "De courant 6"]

 

mise les agenouillements mais j’

échoue à plus

au pire moment

de mon sursis j’ai vécu

 

la tranquillité de me savoir

fait je n’ai plus d’égards

pour la pourriture des marais

 

*

 

ou des phrases depuis

la vie est moins sai

sissante elle est plus

multiple les mots sont

 

la même broussaille

où dormir

je me sens peuplé libre

de la vie qui ne connait plus

 

*

 

le mariage coutumier de

soi avec la vie

où je suis en mensonge

pour ne pas être un gouffre

 

ambulant et vrillant les

vivants sur les

collines apaisées

ce n’est pas le grand nombre

 

*

 

je ne me désapprends pas

de la mort les vivants parfois

sont sans honte et re

prennent la chasse alors que

 

les blessures mettent certains

étourdis à côté

de leurs corps je me mets

convenable dans les mots

26 septembre 2016

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant (6/8)

Voici huit nouvelles cascades poétiques dans la nouvelle série que nous a proposée Mathieu Gosztola – que nous remercions encore. [ Lire "De courant 5"]

 

pants du sommeil reprend ses

esprits les derniers cris devant

les coupures sont le concentré

de tous les mots d’une vie à

 

vivre on se dissimule le torse

dans la moindre parole la course

fait de chaque peur une peur intime

on gardera cette intimité pour le

 

*

 

toujours provisoire

de la vie restante

mes souvenirs ne murmurent

contre personne sinon mou

 

rir nous simplifierait je

me répète les

paroles accom

modantes de l’oubli

 

*

 

j’ai fait tremblant

de dire les rêves me

laissent chagrin ou absent

des rêves

 

c’est un détail

mais je disparais et me laisse mollir

par la fatigue

les appauvrissements

 

*

 

des pensées claires ce que

j’appelle

les souvenirs se mettre

dans les mots ensemble

 

je fais tremblant de me perdre

dans un chagrin plus grand

que le chagrin

dans chaque mot je mini

9 septembre 2016

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant (5/8)

Voici huit nouvelles cascades poétiques dans la nouvelle série que nous a proposée Mathieu Gosztola – que nous remercions encore. [ Lire "De courant 4"]

 

du tapage dans le

silence à chaque fois

qu’une pensée me rem

place la mort va très

 

bien je me montre un peu sau

vage avec les souvenirs m’entre-

tuent au cœur chaque jour

est un jour de colère on

 

*

 

discute de la faute dans

nos plus risquées prières

mon visage pourrit dans

mes pensées et j’échoue

 

à en faire un nouveau en cati

mini on propose

le lit nuptial à ce qui reste

de la mort on n’ose pas

 

*

 

suffisamment se cha

mailler avec

la mémoire accomplit

mes souillures

 

les oublis sont des paroles

trop brèves dans la mémoire

même les oublis se trouvent

marqués je me courbe dans

 

*

 

l’attente de mon regard

sur les choses qui ne sont pas

abîmantes je me sens étranger

jusque dans l’oubli aucun sou

 

venir n’est en mesure de me

perdre je suis travaillé par les

pensées le désespoir à chaque

pas hors des spasmes envelop

30 août 2016

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant (4/8)

Voici huit nouvelles cascades poétiques dans la nouvelle série que nous a proposée Mathieu Gosztola – que nous remercions encore. [ Lire "De courant 3"]

 

issue la mort na

turelle se fait nuptiale

la mémoire se promet

définitive vivre est trop

 

souffrant mais mourir

serait un ou

i donné aux tueurs

comment esquiver la

 

*

 

course il n’y avait

plus rien à croire dans

la défriche des jours

j’ai mes regards

 

avec moi pour ac

cabler les visages je

me suis laissé comme

possible à l’intérieur

 

*

 

de mes prières je ne m’

étais jamais proposé l’

abandon de l’espoir

le calme couram

 

ment conjugué en pensées m’

ignore dans le

rêve la vie se fausse

et c’est joué

 

*

 

pousser l’oubli à sortir

qui va aux mots mes

gestes presque doux

n’ont plus le frein

 

sur la peur les dos

devant qui

[…]

me reviennent dans

mes rêves il y a

19 juillet 2016

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant (3/8)

Cette nouvelle série, proposée par Matthieu Gosztola que nous remercions, nous accompagnera jusque fin août. Cette troisième partie de "De courant" nous entraîne dans huit nouvelles cascades poétiques, avec moult catastrophes lexicales et phoniques… [Lire la 2e livraison]

aisément mes
         pensées m’ont
                     fait contourner le
                               calme sans

impatience à
         chaque pensée
                   l’espoir nous
                             moque

*

la peur prend ma vie
          sans faiblir
                     nos souvenirs
                               de nouveau très pré

occupants ne peuvent en
           visager aucun partage
                      dans les mots
                                le lisse de la

*

peau se lasse dans la mort
           le craquement des nour
                      ris
                                 sons se parler d’ou

bli pousse les gens de côté
          il y a la vie la peur
                   est tenaillante
                              ça dépend de la pous

*

sée dans les mots les
           souvenirs passent in
                      commodés dans la vie les
                                souvenirs n’offrent

pas de disputes d’héritage
           plusieurs poussées de mots
                      en graines je reste
                                malgré tout sans

13 juillet 2016

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant (2/8)

Cette nouvelle série, proposée par Matthieu Gosztola que nous remercions, nous accompagnera jusque fin août. Cette deuxième partie de "De courant" nous entraîne dans huit nouvelles cascades poétiques…

de tous les rires et sourires

que je gardais pour l’après

je me montre bagarreur

avec mes souvenirs

 

je ne crains rien

car chaque chose

est un presque-fantôme

mais se souvenir c’est

 

*

 

mettre dans le cœur

des paroles risquantes

je balbutie mes rêves voilà

ce que parler veut

 

dire nos pensées ne disent rien

de valable le plus souvent l’envie

de mourir me con

tourne les visages a

 

*

 

vancent avec toutes les précisions

boueuses en trombe j’ai

jeté tous mes regards les

mots se cognent et

 

offrent une grande més

entente le

temps qu’il faut bien grap

piller avec ses activités

 

*

 

de rien se présente in

consolable vivre

cherche querelle

avec les pensées

 

aucune pensée ne me

contourne la moindre

pensée se montre

éreintante

9 juillet 2016

[Texte] Matthieu Gosztola, De courant 1

Cette nouvelle série, proposée par Matthieu Gosztola que nous remercions, nous accompagnera jusque fin août. La première partie de "De courant" nous entraîne dans huit cascades poétiques…

ils faisaient comme si

on était à déchiqueter

avec des ahanements

de circonstance est

 

bousculée la mémoire

des choses observables et des

choses qui ne le sont qu’

après les larmes je suis redéfini dans la parole rentrée

 

*

 

la vie elle me contente

même quand rien n’est

propre à contenter on

prend chacun toute la

 

crainte à son compte

comment partager

la nuit des marais nous fait

des rumeurs

 

*

 

qui ne sont pas celles

du rêve peut-on en

réchapper quand

chaque journée

 

les grimaces de

douleur sont les pires

les sentiments d’indifférence

sont bousculés

 

*

 

chaque nouveau jour est un

jour dernier je ne trouve rien

dans l’ordre des réponses on

ne pensait pas que la vie serait

 

une ligne presque effacée sur la

piste des chasseurs j’es

père la vieillesse et ses minutes d’oubli

à prendre je me démunis

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