Libr-critique

26 avril 2007

[Livre] Raison basse, anthologie coor. par François et Mathias Richard

raison_basse.jpgRaison basse, coll., éditions Caméras Animales, 254 p. ISBN : 2-9520493-5-1, 16 €.
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avec : Nikola Akileus, Manuel Aubert, Ariane Bart, Philippe Boisnard, Khalil Boughali, Lucille Calmel, Pierre Charbonneau, Raphaël Charpentié, Sylvain Courtoux, Elie Delamare-Deboutteville, Pierre Escot, Fapeyla, Guillaume Fayard, Daniel Giraud, H.C. Jones, Ly Thanh Tiên, Gilles Maté, Joachim Montessuis, neR, Didier Ober, Charles Pennequin, Tristan Ranx, Maurice Regnaut, François Richard, Mathias Richard, S/U/N, Stéphanie Sautenet, Christophe Siébert, Charles Simon, Denis Soubieux, Thierry Théolier

4ème de couverture :
Anthologie déviante
Raison basse est un syntexte*, une compilation de shoots de pensée soigneusement sélectionnés, et assemblés en un vortexte filmique protéiforme.
Amoncellement, jonction, grouillement de Déviants, anthologie ultra-subjective (incomplète), Raison basse est un plan ne correspondant pas aux chapelles existantes de la littérature. Il réunit 30 auteurs très différents (net-écriture, lettrisme, hyperlittéralité, beat generation, « classiques », et surtout : inclassables), dans un effort de cristallisation du meilleur des écritures contemporaines, de rassemblement des forces éparses de la poésie, de la littérature, d’en accorder les singularités ; dans un effort de recomposer une avant-garde, ou, du moins, de recomposer, de proposer, ce qui peut-être aujourd’hui manque le plus : un nous.

Mort, ou dissolution et évolution, des genres connus
Issu d’une passion et d’un rejet absolus, Raison basse participe d’un terreau pour une création et pensée libres, dégagées du formatage de genres littéraires périmés depuis longtemps.
Aux racines des courts-circuits, l’écriture rampe. Caméras Animales privilégie la notion d’écriture à la notion de genre, et par Raison basse souhaite définitivement entériner la mort de genres littéraires périmés depuis longtemps.

Pour une littérature mutantiste
Caméras Animales est une cellule de recherche sur les devenirs-multiples de l’écriture.
Raison basse explore la lycanthropie, le mutantisme à l’Å“uvre dans l’écriture, sa reptation-alien, sa capacité à évoluer dans tous les sens par torsions et bonds psychiques. Chacune des pages de ce livre est issue d’une singularité à vif qui s’engouffre dans la brèche d’une forme, d’une pensée, d’une perspective, d’une ligne de traversée, dont elle pousse et exploite les possibilités au maximum. Nous militons pour les émotions étranges, la psychodiversité. Pas d’esthétique uniformisée mais des singularités qui plongent au fond de leurs logiques dissemblables (dont l’aventure, la prise de risque, elle, est commune). La révolte, le saut, ne se trouvent pas dans une Révolution momentanément impossible, reportée sine die par l’hostilité du monde, mais dans des faisceaux de mutations audacieuses, désespérées et fécondes.

Bref, pour qui sait dé-lire, ceci est à vocation explose-tête ultime.

Cam_An 2007

[* ou syn-t.ext, ou syn-t.exp, ou syn-t.exe, ou syntex]

Premières impressions :
Les éditions Cameras Animales ont montré depuis leur création, à quel point, loin de toute littérature facile, de fast-reading, ou de publication d’easy-writing, ils s’attachaient à chercher, publier et défendre des littératures minoritaires, littératures parallèles. Cette exigence ne provenant aucunement d’une lubie, mais étant liée au parcours des deux éditeurs, car en effet avant de devenir éditeurs, Mathias Richard et François Richard sont d’abord écrivains, oeuvrant en liaison avec les expériences littéraires qui s’échappent de l’édition conventionnelle. On peut ici rappeler l’exigence du travail de Français Richard, exigence qu’il m’a été offert d’apercevoir dès les années 2000-2001, à partir de manuscrits qu’il m’a permis de lire, exigence qui a abouti à la publication chez Voixéditions de Vie sans mort, texte portant en lui la prolifération d’une pensée en crise tétanique d’existence.
Avec Raison basse, ils poursuivent en un certain sens le travail commencé avec la publication de Crevard baise Sollers de Thierry Théolier, livre auquel j’avais consacré une chronique vidéo [ici]. Avec le livre de Thth, ils indiquaient comment à partir d’un flux de listes de diffusion, de textes écrits sur blog ou sites, pouvait se créer un univers littéraire particulier proposant de nouvelles problématiques tant au niveau de l’écriture que de la lecture. Avec Raison basse, d’emblée, ils l’expriment, nous faisons face à un syntexte « compilation de shoots de pensée » qu’ils saisissent dans des flux de productions divers : aussi bien à partir de listes de diffusions [cu_cu_clan, compost] que de manuscrits non publiés, que d’expériences littéraires publiées sur site.
Le but d’un tel ouvrage, s’il est bien de créer une forme dynamique évolutive qui traverse l’ensemble du livre, toutefois, il tend aussi, et surtout à montrer les possibles mutations de la pensée/écriture en contact du monde, en contact d’autrui, en contact avec elle-même. Au lieu de tendre vers la réduction des possibles selon les normes de la communication et de ses principes historico-culturelles et économiques, cette anthologie propose des gestes de pensée qui, s’ils ne prétendent pour eux-mêmes à aucune authenticité, cependant se proposent comme des expériences possibles de la pensée, bien souvent évacuées d’emblée des milieux éditoriaux, et donc de la visibilité.
[Cette présentation générale sera suivie d’une chronique et d’un entretien avec les deux éditeurs.]

28 février 2007

[revues] La revue Le Quartanier n°6

La revue que publient les éditions le Quartanier est dirigée par Eric de la Rochellière et Guillaume Fayard, entre Montréal et Marseille, elle tisse des liens entre des auteurs du continent européen et du continent américains, quasiment tous nés dans les années 1970, et nous donne d’intéressantes découvertes. De la poésie assez classique à la prose, en passant par de la fiction, de la narration poétique ou par des poésies plus expérimentales, les travaux sont divers, trans-genres, et assemblée dans la revue, cette variété des formes contribue à brouiller encore plus les définitions que l’on pourrait tenter de faire de la poésie de tous ces jeunes auteurs.
[Chaque numéro contient aussi des notices bibliographiques sur les auteurs et un cahier critique assez épais, qui donne à lire de petites chroniques de poésie, mais aussi de romans, de cinéma et de revue, les rédacteurs sont Guillaume Fayard, Hélène Frédérick, Daniel Canty, Alban Lefranc, Xavier Person, Anne Malaprade, tous ayant une activité critique importante par ailleurs…]
On peut cependant remarquer à la lecture de ces deux numéros, qu’au-delà de la diversité formelle, c’est plutôt à une poésie du sujet que l’on a affaire, que celui-ci se débatte avec un réel absurde, insaisissable, problématique, ou qu’il cherche dans la langue une matière pour le construire et l’agencer afin de pouvoir s’y positionner, les textes sont nombreux à être de petits ateliers subjectifs. Ligne moderne donc dans cette revue, mais sans la dimension politique, et posture assez classique, même si quelques textes proposent des positionnements dans la langue plus complexes et novateurs, dans une logique plus active et ludique, la revue Le Quartanier est-t-elle une revue qui rejoue et creuse la modernité ou ouvre-t-elle de nouvelles perspectives ?

Le n°6, paru en automne 2006, est une livraison diversifiée, bien montée, finement agencée, dense, il y a de quoi lire, de jeunes auteurs essentiellement (et tant mieux), donc allons voir de plus prés.
Il y a, du côté de la narration, une histoire de dépucelage et d’errance nostalgico-nihiliste par Antoine Bréa, chronique anecdotique et désabusée d’une teinte un peu adolescente. Teinte que l’on retrouve aussi dans le texte de Julien de Kerviler « éloge de la solitude après la pluie » (quel titre ! il faut oser…), qui décrit, en 49 paragraphes, sur un mode journal intime, dans une prose épurée, martelant un « tu » qui ne fait pourtant que souligner un « je » qui s’épanche avec beaucoup de pathos, les affres de sentiments (surtout amoureux) en Chine.
Par contre, le périple narratif de Samuel Lequette, entre Les fleurs bleues et Jacques le Fataliste version canine, est vraiment très drôle et enthousiasmant, c’est une petite épopée poétique absurde au rythme enlevé et trépidant, dans lequel le narrateur s’amuse à embarquer et à malmener un lecteur de papier, dommage que cela soit si court …
Même enthousiasme pour le texte Matthieu Larnaudie, « Placebo Consortium » qui se détache du peloton, avec là aussi une incursion/excursion effrénée dans le langage mais celui du monde actuel ; road-movie objectiviste dans le réel contemporain et ses codes langagiers, qui se déroule tel un décor derrière les vitres d’une voiture lancée sur les autoroutes de l’information, processus de fabrication d’une fiction qui recycle sur un mode samplé les multiples énoncés qui constituent le système communicationnel actuel auxquels se mêlent les hypothèses d’une histoire d’amour ainsi que la grammaire de l’informatique, le voyage est haletant.
Enfin, Ludovic Bablon nous donne à lire un extrait d’un roman en chantier, texte à la narration fragmentée par divers prismes de vision, récit étrange et délirant autour d’un personnage maladif et schizophrénique, entre solitude sexuelle et parano microbienne, qui s’agite dans des visions pas toujours très compréhensibles. Si les pistes proposées sont intéressantes, cela reste encore peu abouti au niveau de la langue, et pourrait être poussé plus loin, à suivre donc …

Du côté poésie, Benoit Caudoux donne une suite, pas très cohérente et inégale, de bribes et fragments de pensées ; subjectivité qui se débat avec ses situations et perceptions, poésie du sujet en prise, face, contre, toujours en difficulté avec le réel, et ses impératifs, avec le temps et ses espaces enfermant ou précipitant dans le vide, des propositions intéressantes (les murs qui nous traversent, l’explosion de soi, «il faut se ramasser, décroître, se réduire : descendre et reculer de partout, au même rythme, pour arriver au Centre. » « Il faut que la conscience se place, comme la voix, à l’aplomb de son vide. Sans quoi elle étouffe » __ on pense notamment à Michaux __ mais des poses et des lourdeurs aussi…
Dans le texte d’André Gache, « Cosmogonie », le corps et les éléments du monde se mêlent dans une inter-pénétration amoureuse, de la peau aux pieds, en passant par les oreilles, la bouche, la poitrine, la matière-langage se fait corps de façon musicale et métaphorique.
« le corps s’impose epi d’erm’ ite na pas cours il court autour de lui-même mouvement vrillique et vers l’autre de partout corps »
« marcher sous le ciel qui soutient les pas en les courbant vers la nuit »
Cette prose qui, à première vue, peut sembler assez moderne et déconstruite révèle en fait rapidement une poésie lyrique assez classique, où émotions et images prennent le dessus ; il en ait de même pour la poésie condensée et presque versifiée de Gilles Toog. Il y aussi une « Musique New-Yorkaise » de Christan Zorka, poésie polyphonique où s’égrènent en éclatement des bribes d’une ville, et un « Onratorio » d’Hervé Bouchard, prose au lyrisme épique et un peu ampoulé et incantatoire, qui raconte l’errance onirique en auto-stop de drôles de damnés …
Enfin, on ne parlera de Arno Calleja que pour dire (il le faut bien quand même) qu’il continue à faire du sous-Tarkos et du sous-Pennequin (soupir) au niveau de la forme, et que dans le fond, il ne fait que défendre une posture classique de l’écrivain maudit notamment à travers la dichotomie stupide qu’il fait entre « légen » riches et ceux qui sont pauvres, dont l’écriture est plus pure que celles des gens riches, qui sont méchants par ce que ce sont de sales bourgeois, ah lalala …

À la fin de la lecture de ce numéro, on peut être dubitatif, les propositions d’écritures sont intéressantes, les textes plutôt bons, le travail honnête et sérieux, c’est bien et puis ? On se dit que tout cela est en fait trop lisse, trop propre, que la légèreté et l’humour manquent, ainsi qu’une certaine radicalité ou affirmation dans les partis pris. Tout se tient trop bien, c’est fin, intelligent, parfois charmant, mais un peu figé, mou, et finalement, et c’est dommage, presque ennuyeux.
Les écritures de cette jeune génération de poètes (et de prosateurs ou romanciers, on ne sait pas bien et tant mieux pour les genres) sont assez maniéristes, très tournées vers la subjectivité et ses émois, l’expression des émotions y trouve une place importante, dimension plutôt absente et même combattu en poésie contemporaine, et un rapport politique semble assez absent. De nombreux textes (Gache, Toog, Caudoux, Bablon, Kerviler, Calleja, Bouchard …), malgré des effets d’expérimentations plus que de véritable expériences poétiques de la langue, traduisent des modalités poétiques assez classiques, même si elles sont singulières.
On retiendra donc essentiellement Lequette et Larnaudie pour leur prose narrative trépidante qui intègre des expérimentations poétiques à l’intérieur de leur fiction, ou qui parviennent à développer une véritable architecture narrative avec des éléments poétiques, au lieu d’en rester à de simples exercices expérimentaux …

Bientôt la chronique du n°7 de la revue Le Quartanier …

16 février 2007

[revue] Revue Le Quartanier n°6

revue06_c1c4_710.jpg Le n°06 de la revue Le Quartanier est sorti à l’automne 2006, nous en parlerons dans une chronique…
144 pages – ISSN 1708-248X – 12,95 $ / 10 €
Le Quartanier – 4418, rue Messier – Montréal (Québec) H2H 2H9 – Canada
+ Le Quartanier France – 21, rue de la République -13002 Marseille
[site]

Sommaire:
POÉSIE ET FICTIONS :
Antoine Brea, Benoit Caudoux, Hervé Bouchard, André Gache, Julien de Kerviler, Arno Calleja, Samuel Lequette, Christian Zorka, Mathieu Larnaudie, Gilles Toog, Ludovic Bablon
QUARTIER CRITIQUE :
Xavier Person, Steve Savage, Nathalie Stephens, Hélène Frédérick, Daniel Canty, Anne Malaprade [sur Emmanuelle Pireyre, Francis Catalano, Eva Sjödin, Arno Schmidt, Eugène Savitzkaya, Aïcha Liviana Messina, John Cassavetes] // Revue des revues : Guillaume Fayard
DESSINS :
Mélanie Baillairgé
COUVERTURE :
Christian Bélanger

28 juin 2006

[Chronique] Sombre Les détails de Guillaume Fayard, par H. Gauthier et P. Boisnard

Filed under: chroniques — Étiquettes : , , , — rédaction @ 14:26

Sombre Les détails est sorti à l’automne 2005.
Guillaume Fayard dans ses pages essaie de traduire l’expérience de la concordance des mots avec le vécu phénoménal de la conscience. Ainsi il s’attache à exposer le problème traditionnel d’une des recherches poétiques, qui tiendrait à la possibilité pour la langue de traduire la variation infinie des détails de la phénoménalité :

Quel degré d’arrachements des ombres
Quel plissage Loin Méduse dans l’oeil, fuite sous les

[…]
Détail, à Précision d’enveloppe En fuite Les yeux
[…]
Attaque l’oeil en Brûlure de Blanc
[…]
L’un l’autre, et l’élasticité – l’attention portée aux détails L’oubli des

En effet, depuis la mise en question de la langue en rapport au réel au XIXème siècle (de Rimbaud à Nietzsche), la poésie ne cesse, et ceci surtout dans les écritures blanches, de réactiver la différence fondamentale entre langue et être. Ce qui conduit Fayard à une écriture qui déborde dans cesse la linéarité de son apparition. Les mots n’ont pas le temps de tracer une perspective de sens, immédiatement, ils sont interrompus par l’impact poétique d’une autre angularité phénoménale. Langue qui en quelque sorte tressaute, bégaie le réel, prise dans l’amorce permanente d’un voir qui s’échappe par sa rapidité du dire.

Mais Fayard, à trop vouloir présenter le fourmillement des détails perçus par angularité subjective sans épaisseur temporelle, en arrive peu à peu à une forme poétique homogène, sorte de réalité magmatique d’où plus rien ne perce. Finalement l ‘extrême différence, par les interruptions perpétuelles du texte, s’homogénéise, disparaît, pour ne laisser place qu’à une surface de variations linguistiques. On reprochera, sans doute à tord comme nous allons le voir, le manque de ruptures, de lézardes qui viendraient vraiment bousculer parfois cette étendue monotone dans sa diversité. Illusion de fourmillements dans le parcours du quotidien.
À tort, disions nous, car Fayard l’expose lui-même :

Surface vernie d’une Homogène, la
Croyant homogène, là Prenant l’attention la conduisant liquide
Accrochant une Accroche, qualités, et Touchant Ce qui
retient dans une
Texture La peau Un angle

Cependant, mettant en critique ici la croyance en l’homogénéité du réel, et prônant la rencontre des angularités et de leur richesse — ce que cette expérience poétique propose —, la conscience en arrive elle-même, dans son expression, à reproduire ce à quoi elle a voulu échapper.

Il semble alors, que l’on ait à faire ici à une forme déconstruite de lyrisme qui malgré sa matérialité laisse quand même apercevoir un certain esprit mélancolique quant à la saisie du réel et du caractère éphémère de la rencontre de la conscience avec le monde. Ainsi, Fayard se positionnerait dans la ligne d’une modernité négative, qui passe aussi par la poésie blanche. Or, comme René Girard le souligne parlant de la négativité qui traverse la langue poétique, et des silences, des ruptures qui l’instabilisent : « L’esthétique du silence est un dernier mythe romantique. […] Dix ans ne passeront pas avant qu’on reconnaisse dans l’écriture blanche et son degré zéro des avatars de plus en plus abstraits, de plus en plus éphémères et chétifs des nobles oiseaux romantiques. Ils ne veulent pas la solitude, mais qu’on les regarde en proie à la solitude. Ils ne choisissent le silence que comme marque d’honorabilité littéraire, l’insignifiance n’est chez eux qu’une ruse de l’impuissance, qui l’utilise comme apparence d’un sens mystérieux« .

Si pour une part la modernité est travaillée par la critique violente des systèmes de représentation hégémonique du réel, ici avec Fayard, une tout autre voie dans la modernité est tracée. Avec ce genre de poésie est proposé au lecteur le retrait individuel d’une conscience qui cherche à travers une certaine illisibilité sa propre intimité.

[Livre] Sombre Les détails, Guillaume Fayard

Filed under: Livres reçus — Étiquettes : , , — rédaction @ 13:54

Guillaume Fayard Sombre Les détails éditions Le Quartanier , isbn : 2-923400-06-2, 31 pages, 7 €.

Extrait du texte :
Et trop près le détail Trop proche le détail ombre
Près le détail déborde Les objets prennent
Du lieu Regard Prennent lieu Les coagule
Un prisme-ballast Saisissent
Et le non-pertinent S’installe Dans l’inégalité
du nombre, d’une Marches, escaliers Pas N’avancent
à rien Qu’à Le passage des Heures, l’effacement d’un

Premières impressions :
Nous avons reçu trois jolis petits livres de la collection Phacochère des éditions Le Quartanier. Sombre Les détails de Guillaume Fayard, Sièges de Christian Zorka et DHead de Xki Zone. Collection graphiquement très réussie qui réunit de courts textes poétiques qui à première vue sont hétérogènes et hétéromorphes quant au travail de la langue. Le livre de Guillaume Fayard se présente comme une expérience de débordement de la langue au cours de pérégrinations dans une ville [on se doute que c’est Marseille au vue de la récurrence des hippocampes] où se mélangent et se se disjoignent des impressions visuelles, charnelles, sonores.
.PB / HG

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