Libr-critique

26 août 2019

[Libr-relecture] Marcel Moreau, À dos de Dieu, par Fabrice Thumerel

Il y a tout juste un an reparaissait un apocalivre du fulgurant écrivain belge qui, faisant le grand écart entre Rabelais et Guyotat, arborait en exergue ce jugement d’Émile Cioran daté du 25 mai 1980 : « Je suis presque atterré par l’importance que dans À dos de Dieu vous conférez au Verbe, dont verve heureusement dérive… » La phase d’incubation achevée, voici quelques bubons…

Marcel Moreau (1933), À dos de Dieu ou l’Ordure lyrique (1980), postface de Hans Limon, Quidam éditeur, coll. « Les Indociles », rééd. 2018, 140 pages, 16 €, ISBN : 978-2-37491-089-5.

« faut voir ça comme l’éducation, la culture, la bienséance,
tout ça fout le camp dans les trous, ça viscose,
ça gluose, ça crapatouillose, ça  grenouillose-stuprose » (p. 109).

AHON ! C’est à dos de Dieu qu’assurément le lecteur sera transporté par cette infernale stuprose, recueillant dans ses oreilles « des confessions comme jamais de mémoire de lecteur littérature n’avait osé en produire, des histoires de torture, des connaissances vertigineuses de la souillure, de parfaites ignominies tout cela en phrases convulsives » (88)… Cela dit, le sexte est plus carnavalesque que sadien : imaginez un peu « le défilé des ordureux, femmes en peignoir encore, hommes déjà costumés, narines bouchées tant c’est méphitique. et les Assitadins évacuent, éliminent, rejettent, dégorgent inlassablement sur les montagnes. et tout ce qui leur pultace la paluche, leurs jutances jugulaires et autres brenures troudculatives, prend le chemin des pyramides cacaïennes » (92-93)… Ces figures carnavinfernalesques s’accompagnent d’un phrasé et d’une inventivité verbale qui défigurent la langue officielle. Au reste, à la fin, la figure auctoriale rend compte de cet « impitoyable aventure du verbe » : « On ne travaille pas sur les infra-langages, dans le boyau des boyaux des hypoténèbres, avec l’espoir d’y cueillir des fleurs de rhétorique. […] Les mots, c’est du solide, du révélant, du prémonitoire. Plus bas on descend pour les trouver, plus loin ils vous emmène dans le pire ou le sublime. Le reste, c’est de la… littérature » (128-129).

Tout commence en Suisse, là où tout n’est qu’ord(u)re et Nausée. Et après une époustouflante litanie de l’ORDURE, surgit, haute en couleurs, « une BÊte semant l’eFFROI » (21) : « poussé par une force rythmique irrésistible » (48), Beffroi a pour cervelle « un cervolcan revolverisé » (34) et pour tic de langage l’expression « Ã€ dos de Dieu » – comme son auteur a pour péché mignon la crase. Beffroi, celui qui convoite le con de Marianne : « Et quel Con ! Sélénoscopique, multimouilleur, dynamocloacal, flic-flacophonique, arborivore, anthropicide, macrolippu, et on en passe » (50). C’est dire à quel point il affole la langue, la tirant à hue et à dia comme une bête : « Carne-moi plus et j’te plus carnivore Vorprends mon charnuvit dans tes charnelles et sursuce à gogorge déployautée ployée ma carne que j’te langouille l’anus nuss à l’boyau del gouillaloyau mouille et j’fouille et merde ouillpisse en gueulle comme pisse-mer barbouille et heurg Kcé bon cul lapculboncé ké miam miam […] » (75)… Beffroi, c’est l’estocade donnée à l’ordre et à l’ordure dans une épopée horriblement drôle « jusqu’aux Boues notariales » et au quartier du « Consortium bureaucrado » (113-115).
AHON ! Réjouissant, car des plus rares dans notre lissetérature hexagonique !

 

® En arrière-plan : Le Christ aux limbes, par un suiveur de Bosch.

 

28 février 2019

[News] Libr-News

D’abord, 10 invitations à la lecture avec les Livres reçus ; puis, vos premiers RV de mars : avec les revues La Vie manifeste, Vacarme et Catastrophes… Et aussi Cécile Richard, Manon/Oberland, « Le Cinéma des poètes », Hans Limon, les Écrits du numérique #4…

Libr-10

â–º Pierre Albert-Birot (1876-1967). Un pyrogène des avant-gardes, sous la direction de Carole Aurouet et Marianne Simon-Oikawa, collection « Interférences », Presses Universitaires de Rennes, en librairie le 14 mars 2019, 254 pages, 24 €.

► Manuel CANDRÉ, Des voix suivi de Genèse du rabbi, Quidam éditeur, Meudon, hiver 2018-2019, 216 pages, 20 €.

► Guillaume CONTRÉ, Discernement, éditions Louise Bottu, Mugron, automne 2018, 120 pages, 14 €.

► Élisabeth FILHOL, Doggerland, P.O.L, 2019, 352 pages, 19,50 €.

► François LEPERLIER, Destination de la poésie, éditions Lurlure, Caen, en librairie le 5 mars, 192 pages, 19 €.

â–º Dawn LUNDY MARTIN, Discipline, traduit de l’américain par Benoît Berthelier, Maël Guesdon et Marie de Quatrebarbes, Joca Seria, 2019, 80 pages, 13,50 €.

â–º Robert MENASSE, La Capitale, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Verdier, 2019, 448 pages, 24 €.

► Ivan STRPKA, Un fragment de forêt (chevaleresque), traduit du slovaque et présenté par Sylvia Majerska, Le Castor Astral, mars 2019, 150 pages, 15 €.

► Patrick VARETZ, La Malédiction de Barcelone, P.O.L, en librairie le 7 mars, 176 pages, 18 €.

► Annabelle VERHAEGHE, Viens, Les Soudaines Editions Sauvages, Toulouse, 2019, 148 pages, 14 €.

Libr-événements

â–º Enragez-vous avec La Vie manifeste… On ne manquera pas non plus de lire le dernier dossier de la revue Vacarme et le n° 15 de Catastrophes (« L’Aleph et son double », février 2019).

â–º Vendredi 1er mars, La Chouette Librairie (72, rue de l’Hôpital Militaire à Lille) : Soirée-performance avec Cécile Richard.

► Mercredi 6 mars à 20H30, DAda (27, avenue Honoré Serres à Toulouse) : G.W Sok (the ex) • Christophe Manon & Frédéric D. Oberland.

â–º Lundi 18 mars à 21H, Cinéma Le Champo (51, rue des Ecoles 75005 Paris) : Le Cinéma des poètes – André Delons.

En lien avec la collection « Le cinéma des poètes » dirigée par Carole Aurouet aux Nouvelles éditions Place, le cycle trimestriel « Le cinéma des poètes » du Champo se propose d’éclairer les rapports qu’entretient la création littéraire avec le cinéma.
Au programme de ce lundi 18 mars : Carte blanche à Karine Abadie sur les rapports avec le cinéma de André Delons
projection-débat autour de TEMPÊTE SUR L’ASIE (Vsevolod Poudovkine – 1928).

► Mardi 19 mars à 18H, Le Bateau Livre (154, rue Gambetta à Lille), rencontre avec Hans Limon pour son Poéticide.

► Du 21 au 23 mars 2019, Friche Belle de Mai, salle Seita Marseille : Les écrits du numérique # 4 (Rencontres, démos, échanges, workshop)
Alphabetville / La Marelle

Pour cette quatrième édition des Ecrits du numérique, Alphabetville, laboratoire des écritures multimédia, avec La Marelle, littératures actuelles, proposent un focus sur l’édition expérimentale et alternative, tout en construisant un discours critique sur les modes opératoires et d’existence de ces formes, c’est-à-dire sur la publication.
Publication au sens large ou étymologique de mise en public, comprenant les contenus, les formes, les supports, les lieux, les interactions que cela implique, ce dans la culture numérique, avec ses technologies et l’appareillage qui s’y constitue, et en regard du nouvel espace public qu’est le web. Et qui devrait établir la possibilité d’un espace public expérimental.
L’expérimentation suppose une expérience, pratique et/ou théorique, intuitive ou rationnelle, ayant pour objet d’éprouver le réel, sa facture, de révéler sa ou ses vérité(s).
Traversant le domaine de l’art aussi bien que les sciences et les technologies, l’expérimentation en est un paradigme et informe le processus de production, passant par la recherche, le développement, la création, l’invention…

Les interventions présenteront des processus de recherche et leurs enjeux expérimentaux dans des domaines variés comme la création littéraire ou artistique, les revues d’arts et sciences, de critique ou de recherche scientifique. Et relateront les éventuelles hybridations, entre disciplines, entre technologies, entre espaces de publication.
Un workshop proposera de découvrir et d’expérimenter des processus de fabrication d’édition hybride avec des outils numériques libres.

21 et 22 mars : rencontres, présentations, échanges. Avec Antoine Hummel, Lucile Haute, Julie Blanc, Quentin Juhel, Lucas Friche, Laurence de La Fuente, Jean-Paul Fourmentraux (sous réserve), Vincent Puig, Roger Malina…
23 mars : workshop dirigé par Lucile Haute, Julie Blanc et Quentin Juhel

Tarif : gratuit pour les rencontres, forfait 15€ pour le workshop. Inscription obligatoire : alphabetville@orange.fr

17 janvier 2019

[News] Libr-News

Pour lancer 2019 sur de bons rails : Suzanne Doppelt, Jean-Michel Espitallier, Expo « Poésie numérique », Antoine Volodine, Christophe Manon, Poètes en résonance/Jean-Luc Raharimanana, Christian Prigent, Sarah Chiche, Yves Charnet… Sans oublier les Journées de rencontres au Centre Pompidou, « Sous influences. De l’art dans la littérature ».

UNE : RV avec Suzanne DOPPELT

â–º Avec Rien à cette magie (P.O.L, novembre 2018), le mot apparaît enfin : c’est bel et bien la magie qui dynamise la mécanique poétique de Suzanne Doppelt, qui réussit à réenchanter notre monde en nous transportant… Tel est le charme de sa cosmopoésie ! /FT/

Lazy suzie tournait autour de ces tableaux à secrets, les anamorphoses, qui jouent avec les codes de la perspective. La plus grande aberration cherchait à décrypter le tableau de Jacopo di Barbari, peint en 1495, qui représente le mathématicien Luca Pacioli, l’auteur de De la divine proportion. Amusements de mécanique suivait dans leur enquête paranoïaque les deux compagnons du livre de Witold Gombrowicz, Cosmos, ce pseudo-roman policier. Vak spectra traversait de part en part la boite d’optique de Samuel van Hoogstraten peinte en 1655 représentant un intérieur hollandais qui varie selon le lieu d’où on le regarde. Rien à cette magie contemple la bulle de savon soufflée par un jeune homme assisté de son cadet, un tableau peint par Chardin en 1733.

â–º

Libr-brèves

► Agenda Jean-Michel Espitallier : WORLD IS A BLUES. Kristoff.K.Roll. Sortie de résidence. Concert ce jeudi 17 janvier, 19h. Théâtre Athénor, Saint-Nazaire.

â–º Jusqu’au 22 janvier, Expo « Poésie numérique » :

â–º Librairie CHARYBDE : 129, rue de Charenton 75012 Paris.



â–º « Sous influences. De l’art dans la littérature ». La 12ème édition des journées de rencontres « Littérature, enjeux contemporains » se tiendra du 23 au 26 janvier 2019 au Centre Pompidou, place G. Pompidou 75004, le mercredi 23 janvier de 19h à 21h30,
à l’université Paris Nanterre, Bât. Grappin, salle de conférence des conseils, 200 avenue de la République 92000,
le jeudi 24 janvier de 10h à 18h30 au Théâtre du Vieux-Colombier Comédie-Française, 21 rue du Vieux-Colombier 75006,
le vendredi 25 janvier de 9h30 à 16h45 et le samedi 26 janvier de 10h à 16h45.

Cette année, les Enjeux revisitent la relation de la littérature à l’art, non comme l’emprise de l’une sur l’autre, mais dans le sens d’une fécondation nouvelle.

Écrivains, penseurs, poètes, dramaturges débattront de ce qu’ils mettent en œuvre de la peinture, de la danse, de la musique, du cinéma, dans leurs propres créations.

Avec Pierre Alferi, Marc Blanchet, Didier Blonde, Laurence Boissier, Stéphane Bouquet, Christian Brantschen, Yves Charnet, Enzo Cormann, Laurence Cossé, Katy Couprie, Florence Delay, Maryline Desbiolles, Michel Deutsch, Suzanne Doppelt, Philippe Dupuy, Jean Frémon, Jérôme Game, Thomas Giraud, Eugène Green, Lancelot Hamelin, Célia Houdart, Antoine Jaccoud, Stéphane Lambert, Jean Le Gac, Perrine Le Querrec, Sabine Macher, Bertrand Mandico, Damien Manivel, Emili Manzano, Céline Minard, Marc-Alexandre Oho Bambe, Frédéric Pajak, Nicolas Pesquès, Loo Hui Phang, Alexandre Plank, Yves Ravey, Jacques Rebotier, Patrick Roegiers, Thomas Sandoz, Fanny Taillandier, Pacôme Thiellement, Gérard Titus-Carmel, Jean-Loup Trassard, Gilles Weinzaepflen.

â–º

â–º

â–º Jeudi 31 janvier 2019, 18h30, rencontre avec l’écrivain Christian Prigent :
lecture d’extraits + entretien avec Cécilia Suzzoni sur son rapport au patrimoine gréco-latin.
Lycée Henri IV , 23 rue Clovis Paris 75005.
Inscription pour les personnes extérieures au lycée : contacter.alle@gmail.com

► Jeudi 31 janvier à 19H, Librairie Delamain (155, rue St Honoré 75001 Paris) : rencontre avec Sarah Chiche pour ses Enténébrés.

â–º Jeudi 31 janvier à 19H30, Espace Jean-Jaurès de Vauvert (30) : Lecture polyphonique autour d’Yves Charnet.

►Les RV de la Maison de la Poésie Paris :

11 novembre 2018

[News] News du dimanche

Au moment même où se termine le 28e Salon de la revue, et avant celui de l’Autre édition qui aura lieu en cette fin de semaine, en UNE, tout d’abord, « Les revues en revue… » Ensuite, notre Libr-10, puis nos Libr-brèves (Caligaris, Wauters, Festival Ritournelles #19, Doppelt, Hans Limon et son Poéticide, Stiegler)…

UNE : Les revues en revue…

Dans l’avant-dernier numéro de La Revue des revues, Jérôme Duwa perçoit « la revue comme coeur surchauffé de la machine littéraire. Ça vrombit, ça met en mouvement des flux, ça grince, ça fuit, de l’énergie circule et ça irrigue une quantité de membres formant une totalité organique. En cas de défaillance, l’explosion catastrophique n’est pas à exclure » (p. 95).

En cette soirée de clôture du 28e Salon de la revue, on ne peut que rendre hommage à celle qui les met en vue et les passe en revue depuis plus de trente ans… Entre autres, à découvrir dans les deux derniers numéros de La Revue des revues : pour le numéro 59, « Blaise Gautier et la Revue parlée » (R. Stella), « Format : poésie, la parole aux typographes » (Hervé Laurent), « Le mook, chimère éditoriale » (Frédéric Gai), « Pourquoi des revues ? » (J. Duwa)… Et pour le n° 60, « Quand le coeur d’Europe battait pour l’Espagne » (Jean-Baptiste Para), « Du Bout des bordes au bout du monde, les royaumes imaginaires de Jean-Luc Parant » (Jeanne Bacharach)…

► Voici le début de ma chronique sur le retour de TXT (n° 32°) :

Quoi TXT ? « Le Retour »… On n’en croit pas ses yeux : la dernière avant-garde historique recyclerait-elle une stratégie commerciale des plus éculées ? Le petit clin d’œil d’Éric Clémens dans sa contribution « La Mort n’existe pas », allusion à un texte paru dans la collection « TXT » (De r’tour, éditions Limage 2, 1987) – avec en prime la référence au fameux « imagimère » –, nous (re)met sur la bonne voie, celle de la distance ironique : Magna Via : vis comica !
Un quart de siècle après le dernier numéro et un demi après sa création post-soixante-huitarde, voici le « ressusciTXT » – selon le bon mot de Christian Prigent dans sa dédicace personnalisée –, revoici les TXThéoristes de la « communauté dormante » (p. 1)… Tous les principaux acteurs d’une aventure collective (1969-1993) qui avait à ce point marqué la fin du siècle qu’elle avait donné naissance à un véritable label : Philippe Boutibonnes, Éric Clémens, Jacques Demarcq, Alain Frontier, Pierre Le Pillouër, Valère Novarina, Christian Prigent et Jean-Pierre Verheggen ; les artistes de Supports/ surfaces ne manquent pas à l’appel non plus, avec Pierre Buraglio qui donne de nouveaux contours au sigle « TXT » trente-cinq ans après, et les créations toniques de Daniel Dezeuze (Grotesque), Claude Viallat (Conan) et de Jean-Louis Vila (La Méduse et le Paon). /Fabrice Thumerel/

Libr-10 : LC vient de recevoir et recommande…

â–º François BIZET, Dans le mirador, Les Presses du Réel, coll. « PLI », 96 pages, 10 €.

► Suzanne DOPPELT, Rien à cette magie, P.O.L, 80 pages, 13 €.

► Maria EFSTATHIADI, Hôtel rouge, Quidam éditeur, 128 pages, 15 €.

â–º Claude FAVRE, Crever les toits, etc., suivi de Déplacements, Les Presses du Réel, coll. « PLI », 96 pages, 10 €.

â–º Dominique MEENS, L’ÃŽle lisible, P.O.L, 304 pages, 22 €.

► Marcel MOREAU, À dos de Dieu, Quidam éditeur, 140 pages, 16 €.

â–º Florence PAZZOTTU, Le monde est immense et plein de coïncidences, éditions de L’Amourier, 116 pages, 13 €.

► Charles PENNEQUIN, Gabineau-les-bobines, P.O.L, 208 pages, 18 €.

► Christophe STOLOWICKI, Deuil pour deuils, Lanskine éditions, 88 pages, 14 €.

â–º Louis-Michel de VAULCHIER, Le Hall, Atelier de l’Agneau, 150 pages, 18 €.

Libr-brèves

â–º Mercredi 14 novembre, de 10 à 18H : Journée d’études sur Nicole Caligaris à l’ENSBA Lyon, organisée par la Station d’Arts poétiques (8bis, quai Saint-Vincent 69001 Lyon). Programme : ici. [Photo de Camille Faucheux]

► Vendredi 16 novembre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012): Rencontre avec Antoine Wauters.

â–º FESTIVAL RITOURNELLES #19 – Samedi 17 novembre, La brasserie de l’Orient : 6 Esplanade François Mitterand, 33500 Libourne :
* 18H30 : Dégustation littéraire avec Julien Blaine, entrée 10 €. [Réserver]
* Rencontre et lectures avec Amandine Dhée, La Femme brouillon (Editions La Contre Allée) et Stéphanie Chaillou, Le Bruit du monde (Éditions Noir sur Blanc, collection Notabilia).
Deux récits de femmes qui interrogent la nécessité de se battre contre les carcans d’une culture toujours archaïque, ce qui revient à se faire violence pour être enfin soi-même.
Rencontre animée par Thomas Baumgartner.
Infos pratiques : Entrée gratuite – réservation conseillée sur reservation@permanencesdelalitterature.fr

► Dimanche 18 novembre, à l’occasion de la publication de Rien à cette magie, Double Change et la galerie éof vous invitent à une lecture de Suzanne Doppelt et Avital Ronell qui débutera à 18h Galerie éof (15 rue saint fiacre 75002 Paris).

► Vendredi 23 novembre à 19H, à la librairie Le Coupe-Papier, Laure Sagols accompagne Hans Limon dans une lecture-présentation de Poéticide, texte hybride mêlant poésie, théâtre et roman. C’est à 19h, au 19, rue de l’Odéon 75006 Paris. M° Odéon.

â–º Samedi 24 novembre, de 14 à 19H : Une journée avec Bernard Stiegler, organisée par l’Association Lacanienne Internationale (25, rue de Lille 75007).

8 novembre 2018

[Texte – News] Hans Limon, Poéticide / « La poésie n’existe pas »

Hans Limon, Poéticide, Quidam, 8 novembre, 96 pages, 13 €, ISBN : 978-2-37491-086-4.

C’est le type même de livre que peut produire un poète qui entre dans le champ : « Tous les crever ! Tous les rayer ! » C’est bien entendu un moyen radical pour se donner une chance de trouver sa voix. Mais encore ? « Les poètes nous ont menti. […] Assassiner les poètes, c’est rendre aux hommes la vision nette et pure, dégagée des schémas déformants […] »… En outre, la Poésie est une fille publique : « Elle quémande les prix, les récompenses, les subventions, les caresses, les dessous de table ! » Poéticide s’attaque à la poésie de célébration, celle qui trône sur son piédestal, en parodiant les topos de la poésie à capitales. Et comme en son temps le clamait Denis Roche, « LA POÉSIE N’EXISTE PAS »… À l’« agitateur de mots » de la faire exister de façon sensible. /Fabrice Thumerel/

Hans Limon, « La Poésie n’existe pas »

6 rue Le Regrattier. Là où Charles Baudelaire logea la « Vénus noire », Jeanne la mulâtresse. Là où mon Poéticide assassine ou plutôt fait sauvagement assassiner le chantre désabusé du spleen et de l’idéal. À trente-trois ans – un âge à se faire crucifier –, me voici donc au seuil d’un nouveau néologisme délictueux, d’une insupportable prétention, en pèlerinage, le front plissé, les points serrés, me demandant ce qui a bien pu se passer entre mes presque six et mes plus de trente-trois ans. Prétentieux est le bon mot. Car je prétends, et c’est là mon unique réseau et probablement mon unique raison, qu’on peut tout à fait être « d’extraction basse » et s’élever jusqu’à la plaine capitale, qu’on peut et doit se retourner pour tendre la main à ceux qui sont restés embourbés dans leurs méfaits divers, quitte à se prendre des coups sur la gueule, quitte à les demander, parce qu’on sait pertinemment qu’ils soulageront qui les distribuera, que la littérature, et par voie de conséquence la poésie, ne sont en aucun cas l’apanage des classes aisées, favorisées, qu’on peut s’amuser avec les mots comme avec des pâtés de sable, et brandir des paragraphes avec la gloire d’un gosse de cinq ans qui pense avoir surpassé Versailles et décoiffé Lenôtre, que l’école de la République peut sauver des rêves et des vies, qu’on peut s’y faire des pères, des mères, des avenirs et des emmerdes, mais jamais très graves, qu’on peut avoir poussé dans la misère, l’exclusion, les complexes, la violence, les faits divers glauques, en garder quelques séquelles, certes, mais en faire naître pléthore de fruits gorgés de sucre à s’en niquer les molaires, qu’on peut s’acheter un manuel et se marteau-piquer bien comme il faut la prosodie du dix-neuvième siècle, et surtout, qu’on peut s’aimer assez proprement pour ne pas rougir de ses origines, tracer sa route et se dire un jour, aujourd’hui, demain, le 8 novembre, au choix : « Spinoza, je t’encule ! »

« La poésie n’existe pas » est le mot d’ordre de Poéticide. Quelle signification accorder à cette phrase comme balancée au lance-pierres ? Adorno proclamait qu’il était absurde d’écrire de la poésie après Auschwitz. Je suis d’avis, et cet avis n’engage que moi, qu’on ne peut plus écrire la même poésie qu’auparavant, compte tenu des événements et des auteurs qui nous ont précédés, et même, et cet avis n’engage toujours que moi, compte tenu de chaque existence particulière. La jeunesse du dix-neuvième siècle était beaucoup plus imprégnée de poésie que celle d’aujourd’hui. Philothée O’Neddy, romantique frénétique, avait, dans l’ombre de Victor Hugo, l’ambition de révolutionner la poésie, l’art et la société. Il a publié un recueil à seulement vingt-deux ans, Feu et flamme, puis a fait disparaître son pseudonyme avec son idéal. Il avait « son mot à dire ». Étouffé par la Monarchie de Juillet puis Napoléon III, il a fermé sa gueule et laissé le champ libre aux « anciennistes ». Le siècle qui nous précède, celui qui débute, la crise migratoire, les clodos qui croissent et multiplient, l’opulence exhibitionniste, la nature à l’agonie, la recherche toujours plus sanguinaire du profit, l’anomie, la désagrégation du corps social malgré le développement des technologies de communication, tout cela m’empêche de griffonner des poèmes jolis, des recueils brassant les jacinthes, les galets polis, les chevreuils, les alouettes, les chèvres et les bigorneaux. Un poète est une harpe éolienne : le vent qui le fait frémir passe à travers les bois… et les cadavres.

La poésie n’existe pas, parce qu’elle est sans cesse à réinventer : Villon, Celan, Hugo, Salabreuil, Rimbaud, Pessoa ont été les témoins de leur époque, et des chamanes, des sorciers, des bagarreurs, pour certains. Une œuvre poétique, sous forme de recueil, d’épopée ou de roman (cf. La chute d’un ange de Lamartine), au sens fort et noble de terme, fait gigoter, vaciller, trembler la Poésie sur ses gonds, pour mieux la refonder. Elle peut déranger de prime abord, mais elle fera date.

Là s’arrête ma prétention. Les noms cités plus haut ont réussi là où je ne suis même pas encore certain d’avoir essayé. En écrivant Poéticide, j’ai voulu rendre hommage à ces grandes figures qui, à l’instar des philosophes qui prennent le monde à bras-le-corps, innervent nos pensées, nos inconscients, et s’étalent un peu partout sur les plaques de nos rues. Je voulais aussi les rencontrer, du moins en rêve, et faire la nique au destin en faisant dialoguer le dormeur du val et le petit branleur de la ZUP.
Je ne crois plus vraiment aux génies. J’ai passé l’âge d’idolâtrer. Je n’accorde aucune importance à ces théoriciens qui, par esprit de conventionnalisme et recherche d’autosatisfaction, décident que tel auteur sera le nouveau classique ou celui qui comptera durant les prochaines années. Je ne me pose tout simplement plus ces questions, parce qu’elles sont étrangères à l’acte d’écrire, dans ce qu’il a de plus intime et charnel. Écrire, c’est l’union de la chair et de la métaphysique : le lecteur est le témoin de cette miraculeuse et pourtant si banale union.

La poésie n’existe pas, jusqu’à preuve du contraire. Il faut sans cesse la remodeler. Prétentieux est le bon mot. Car je prétends qu’il m’est impossible d’écrire uniquement sur les mésanges après avoir vu un grand échalas se faire trouer la paillasse, lorsque j’avais presque six ans. Ce qui n’empêche pas le passereau de s’introduire de temps à autre dans le conduit coupable et d’y pépier sa mélopée charmante. Mais dans ce cas, je vérifie systématiquement s’il ne se trouve pas, dans les parages, un canon de fortune prêt à lui trouer le bec.

Les trajectoires de vie dessinent les parcours d’écriture et de lecture. J’ai grandi et vécu à Calais. Je ne peux saisir les pissenlits que par la racine. La plupart du temps, du moins. Je fais bouger les frontières, j’ai mon mot à dire. Quand j’aurai tout dit, ou quand on m’aura fait tout cracher, publié ou pas, je pourrai fermer ma gueule et me poser.
Comme une mésange. Ou presque.
Le bec troué. Ou pas.

4 novembre 2018

[News] News du dimanche

Magique, cette première quinzaine de novembre ? Voyez un peu : en plus du Salon de la revue déjà annoncé, celui de l’autre Livre… Sans compter les rencontres avec Suzanne Doppelt ou Hans Limon… et une soirée Apollinaire à la Sorbonne…

â–º Ce jeudi 8 novembre 2018, à l’occasion de la parution de Rien à cette magie(P.O.L), rencontre avec SUZANNE DOPPELT à 19 heures : Librairie Michèle Ignazi (17, rue de Jouy 75004 Paris ; tél. : 01 42 71 17 00 ; métro : Saint-Paul ou Pont-Marie).

Le mot apparaît enfin : c’est bel et bien la magie qui dynamise la mécanique poétique de Suzanne Doppelt, qui réussit à réenchanter notre monde en nous transportant… Tel est le charme de sa cosmopoésie ! /FT/

► Jeudi 8 novembre à 19H30, Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75004 Paris) :

Hans Limon, Poéticide, Quidam, 8 novembre, 96 pages, 13 €.

C’est le type même de livre que peut produire un poète qui entre dans le champ : « Tous les crever ! Tous les rayer ! » C’est bien entendu un moyen radical pour se donner une chance de trouver sa voix. Mais encore ? « Les poètes nous ont menti. […] Assassiner les poètes, c’est rendre aux hommes la vision nette et pure, dégagée des schémas déformants […] »… En outre, la Poésie est une fille publique : « Elle quémande les prix, les récompenses, les subventions, les caresses, les dessous de table ! » Poéticide s’attaque à la poésie de célébration, celle qui trône sur son piédestal, en parodiant les topos de la poésie à capitales. Et comme en son temps le clamait Denis Roche, « LA POÉSIE N’EXISTE PAS »… À l' »agitateur de mots » de la faire exister de façon sensible. /Fabrice Thumerel/

► Jeudi 8 novembre à 19h45, Sorbonne – Amphithéâtre Guizot (17, rue de la Sorbonne – Paris) :

on commémore en cette année 2018 un double centenaire, celui de la publication des Calligrammes de Guillaume Apollinaire, le 15 avril 1918 au Mercure de France, et celui de la mort du poète, le 9 novembre 1918 ; La revue Place de la Sorbonne entend participer à cette célébration en organisant une soirée où seront lus des poèmes de l’auteur d’Alcools ponctuant les grandes étapes et les principaux événements de sa vie.
Gratuit sur inscription obligatoire avant le jeudi 8 novembre 2018. Réservez en ligne sur Internet : ici.

â–º Du 16 au 18 novembre, Halle des Blancs-Manteaux (48, rue Vieille-du-Temple 75 004), le Salon de l’Autre Livre à ne pas manquer : programme.

4 octobre 2018

[News] Libr-News poétiques

La poésie est plus que jamais vivante en ce mois d’octobre : « Poésie et musique aujourd’hui sur Remue.net ; parution du n° 11 de la revue Catastrophes ; deux RV poétiques prochains à ne pas manquer en Sorbonne ; Poéticide de Hans Limon lu par Denis Lavant ; les RV de la ZIP (Zone d’Intérêt Poétique)…

â–º À découvrir sur le Net : le dossier que Laure Gauthier a lancé sur Remue.net, « Poésie et musique aujourd’hui »

â–º Ne manquez surtout pas le dernier numéro de la revue en ligne gratuite Catastrophes : n° 11, « Les Techniciens du sacré », avec notamment la collaboration de Jacques Demarcq, Marie de Quatrebarbes, Jean-Claude Pinson, Laurent Albarracin, Pierre Vinclair, Olivier Domerg, A.C. Hello… Télécharger

â–º Un colloque international »Valeurs de la poésie (XVIe – XXIe siècles) », du 11 au 13 octobre : télécharger le programme.

Avec notamment, sur la poésie aujourd’hui : Benoît Dufau, Pascal Durand, Caroline Fischer, Romuald Foukoua, Olivier Gallet, Laure Michel, Antonio Rodriguez, Gaëlle Théval, Fabrice Thumerel… À noter également le vendredi apm : lecture de Cyrille Martinez et Table ronde sur « poésie et action culturelle ».

La poésie a-t-elle (encore) de la valeur ?

Cette question émerge aujourd’hui dans le contexte d’une dépréciation sociale, de difficultés économiques, de critiques venues du roman, de polémiques chez les poètes eux-mêmes et de sortie hors du genre. Les reproches sont connus : autotélisme, élitisme, illisibilité, disparition du lectorat, sacerdoce illusoire, sacralisation désuète du livre et de l’écrit, etc. La contestation de la valeur de la poésie, dans le champ social comme dans le champ littéraire, est toutefois un phénomène ancien. De la méfiance du philosophe envers le poète chez Platon à la marginalisation du « poète lyrique à l’apogée du capitalisme » (W. Benjamin), puis à la quasi invisibilité contemporaine de la poésie, le destin social de celle-ci semble être celui de sa disparition. Parallèlement, de l’autoportrait satirique chez Stace, Régnier ou Saint-Amant à la « haine de la poésie » (G. Bataille), devenue « inadmissible » (D. Roche), il semble que la détestation de la poésie par les poètes eux-mêmes corrobore son effacement dans le champ.

Cette évolution est parfois imputée à une survalorisation première de la poésie entraînant par contrecoup déceptions et dépréciations. Investie de pouvoirs sacrés à la Renaissance, placée au sommet du système des genres (Hegel), la poésie, assignée aux plus hautes fonctions par les « mages romantiques » (P. Bénichou), se serait révélée incapable de prendre en charge pour la communauté les catastrophes du XXe siècle.

À l’opposé de ce type de récit téléologique et essentialiste, nous proposons de tenir compte des variations de ce qui est appelé poésie, de la Renaissance à nos jours, pour examiner non pas une irrémédiable dévalorisation de la poésie mais une diversité de valeurs, en considérant son histoire, non pas de manière linéaire, mais en fonction de phénomènes d’intermittences et de résurgences.

Les valeurs de la poésie sont fonction non seulement de l’organisation des genres et des sous-genres (épique, dramatique, satirique, pastoral), mais aussi des rapports entre art noble et art de cour, « grand art » (canon poétique) et « art populaire » (poésie éphémère, poésie privée). Ces valeurs dépendent encore de la place accordée aux supports (oral, écrit, visuel, numérique), des pratiques et des usages sociaux (poésie encomiastique, épistolaire, intime, engagée) et de leurs lieux (salons, cour, maisons d’édition, revues, festivals).

Les critères et les formes de la valeur en poésie pourront se décliner en fonction des axes suivants, qui rassembleront chacun des études sur des siècles différents.

► Sorbonne, le jeudi 18 octobre à 19h45, amphithéâtre Guizot, soirée PLS (revue Place de la Sorbonne), « Autour de mai 68 : lectures poétiques »

En cette année du cinquantenaire de mai 68, Place de la Sorbonne organise une soirée au cours de laquelle des poètes contemporains viendront dire des textes d’eux librement inspirés par cette insurrection à la fois politique, sociale et poétique. Il s’agira de textes composés dans le retentissement du fameux printemps mais aussi de poèmes écrits aujourd’hui faisant retour sur lui.

Amandine André, Francis Combes, Jean-Luc Despax, Florence Pazzottu, Christian Prigent en duo avec Vanda Benes, Milène Tournier. Les lectures seront ponctuées de morceaux de jazz joués à la guitare par Arnaud Delpoux.
Gratuit sur réservation obligatoire avant le jeudi 18 octobre.

â–º Jeudi 18 octobre au Théâtre du Nord-Ouest à Paris, à 19H, Denis Lavant lira en avant-première des extraits du livre à paraître de Hans Limon, Poéticide (Quidam éditeur, parution le 8 novembre) : Libr-critique reviendra sur ce livre important dès le 8 novembre…

â–º Les RV de la ZIP (Zone d’Intérêt Poétique) :

30 septembre 2018

[News] News du dimanche

En ce dernier dimanche de septembre, nos Libr-12 ; mais auparavant, Hommage à Pascale Casanova dans nos Libr-brèves

Libr-brèves

â–º Nous venons d’apprendre avec une grande tristesse – par Jean-Pierre Salgas – la mort de Pascale Casanova (1959-2018), qui avait participé à notre premier volume Manières de critiquer, quelques années avant le lancement de Libr-critique.com : elle représentait un âge d’or de France Culture ; c’était une critique exigeante qui s’inscrivait dans la perspective de la sociologie critique de Pierre Bourdieu.

â–º À découvrir sur le Net : le dossier que Laure Gauthier a lancé sur Remue.net, « Poésie et musique aujourd’hui »

â–º À ne pas manquer le 11 octobre : une ciné-séance Belle Époque, comme si vous y étiez…

Libr-12

En cette période pénible de palmarès et listes de nominés aux prix de novembre, LC vous propose 12 livres qui comptent et que nous vous recommandons vivement.

► Éric ARLIX, Terreur, saison 1, Les Presses du Réel/Al dante, été 2018, 96 pages, 10 €.

► Véronique BERGEN, Tous doivent être sauvés ou aucun, éditions ONLIT, septembre 2018, 272 pages, 18 €.

â–º Philippe BOISNARD, Vie et mort d’un transsexuel, éditions Supernova, été 2018, 86 pages, 10 €.

► Jean-Michel ESPITALLIER, La Première Année, été 2018, 192 pages, 17,90 €.

► Bruno FERN, Suites, éditions Louise Bottu, mai 2018, 162 pages, 14 €.

► Pierre GUYOTAT, Idiotie, Grasset, août 2018, 256 pages, 19 €.

► Christophe HANNA, Argent, éditions Amsterdam, septembre 2018, 264 pages, 20 €.

► Hans LIMON, Poéticide, Quidam éditeur, paraît en ce début octobre 2018, 96 pages, 13 €.

â–º Michèle MÉTAIL, Le Cours du Danube en 2888 kms/vers… l’infini, Les Presses du réel/Al dante, été 2018, s. p., 17 €.

â–º Valère NOVARINA, L’Homme hors de lui, P.O.L, septembre 2018, 160 pages, 14 €.

► Jean-Claude PINSON, Là (L.-A., Loire-Atlantique), Joca séria, été 2018, 280 pages, 19,50 €.

► Jacques SICARD, Suites chromatiques, éditions Tinbad, septembre 2018, 152 pages, 16 €.

Powered by WordPress