Libr-critique

19 juin 2016

[News] News du dimanche

On commencera par quelques "épiphalypses" de CUHEL ; Libr-événements ensuite : Hubaut, soirée Al dante, ciné-psychanalyse à Marseille ; enfin, "À venir sur LC"…

CUHEL, Épiphalypses

Elle attend le Grand-Amour
Elle lui a déjà préparé toute sa place
Un tiroir de commode.

Jamais il ne buvait fumait draguait
En tout il assurait gérant sa vie comme ses affaires
Il avait oublié de prévoir le chauffard d’en face.

Elle avait tout pour être heureuse
le chic le chèque le choc
Elle eut un bel enterrement.

Libr-événements

â–º Jusqu’au 31 août 2016, Exposition personnelle Galerie Barnoud Entrepôt 9 (2 rue Champeau, 21800 QUETIGNY) : COMPIL’ EPIDEMIK PEST MODERNE Joël HUBAUT. (Cf. image d’arrière-plan).

â–º Mardi 21 juin, 19H-22H, soirée Lectures & performances, Librairie de L’Autre livre (13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris) : soirée Al dante, avec Anne Kawala, Amandine André & Anne-Claire Hello. Rien de moins : on croit rêver ! (On pourra (re)lire sur le site les recensions de leurs derniers livres pour se conforter dans l’idée que cette soirée est immanquable pour ceux qui seront sur Paris : Le Déficit indispensable ; De la destruction ; Naissance de la gueule).

â–º Mardi 21 juin 2016, de 19H à 20H, cinéma Les Variétés à Marseille (37, rue Vincent Scotto) : soirée Cinéma-Psychanalyse.
18 h : Michael LONSDALE dédicacera son livre :"Regards croisés".
19 h : un hommage à Margerite DURAS, "L’espace blanc" par le duo-altra-voce (Florence PAZZOTTU texte et Giney AYME musique)
19 h 30 : Conversation : Michael LONSDALE /Hervé CASTANET.
20 h 30 : Projection du film de Marguerite DURAS, INDIA SONG.
Une soirée organisée par Benoît Kasolter (en complicité avec Linda Mekboul). http://www.duo-altra-voce.com/
Réservations à la caisse du cinéma les Variétés.

À venir sur Libr-critique

â–º Libr-vacance : actualité, lectures, publications d’un certain nombre d’auteurs LC…

â–º Créations : Mathieu Gosztola, Mathias Richard, Yannick Torlini…

â–º Chroniques sur : Jean-Pierre Bobillot, Julien d’Abrigeon, Jean-Michel Espitallier, Annie Ernaux, Jean-Louis Fabiani (Pierre Bourdieu), Bernard Lahire, Florence Pazzottu, Charles Pennequin, Ana Tot, Laura Vazquez…

8 mars 2015

[News] News du dimanche

Le programme jusque début avril étant des plus chargés, voici de nouvelles Libr-brèves : Prigent, Moussempès, Th. Rat, rencontres autour de larevue* et Place de la Sorbonne, Castanet sur Genet…

 

â–º Brèves sur Christian Prigent :

Commencement (1989), réimprimé par POL, est à nouveau disponible.
Sade au naturel (essai, 2014) et Une hérédité ravigotée (entretien, 2014) sont désormais consultables en ligne sur SILO c/° pol-editeur.

— Parution récente : réédition revue et augmentée de Berlin deux temps trois mouvements, Zulma, 1999.

 

â–º Brèves sur Sandra Moussempès :

– Le vendredi 20 mars 2015, lecture-rencontre à 19H30, librairie Texture (94, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris).

– Le jeudi 26 mars à 18H30, RV Librairie Ptyx (39, rue Lesbroussart à Ixelles – Belgique).

– Le dimanche 5 avril à 20H, RV sur France Culture, dans l’émission de S. Nalleau "Ça rime à quoi".

 

â–º Thierry Rat, "Décalage vers le rouge" / "L’ŒIL ENCLIN" / VERNISSAGE – EXPOSITION : vendredi 13 mars à 19H au Grand Bouillon (2ter rue du Moutier à Aubervilliers).

« Le décalage vers le rouge est un phénomène astronomique dans lequel on observe qu’un corps céleste, s’éloignant d’un champ gravitationnel, par exemple celui de la terre, voit la longueur d’onde de son spectre lumineux se « décaler » vers le rouge. Cela permet de calculer la distance qui nous sépare de cet objet.

En peinture, la surface travaillée cherche à se donner telle qu’elle est, tout autant dans son ensemble que dans ses variations ; là où l’écart des tons est décalage vers le rouge, différ(a)nt d’un rouge constant.

On ne parlera donc pas de « monochromie », mais de tentative d’approche d’un « presque rouge ».

Un décalé autant qu’un différé.

Il manque au rouge le rouge, un entre-rouges ; éléments colorés d’un tout à peine unifié, marqué par la touche du pinceau. C’est une touche simple faite de deux traits croisés, répétés linéairement de droite à gauche et de haut en bas, ligne après ligne.

Trame d’un fond où s’étale la peinture, traces juxtaposées de rouges et d’orangés mélangées directement à même la toile. »

 â–º Samedi 14 mars, 17H, rencontre autour de larevue* à l’Arthotèque de Caen : avec Bruno Fern, Typhaine Garnier et Ettore Labbate.

â–º Soirée de Place de la Sorbonne, à l’occasion de la sortie du n° 5 de la revue.

Ce sera le lundi 16 mars prochain à 19h, dans ce très beau lieu qu’est le Réfectoire des Cordeliers (15 rue de l’Ecole de Médecine, métro Odéon).
 
Beau "plateau" : 

Gabrielle Althen, Jean-Pierre Bobillot, Gale Burns, Emmanuel Moses, Valérie Rouzeau, Jean-Luc Steinmetz, Krizstina Toth.

 

Les œuvres du peintre Claude Thomasset, qui figurent dans cette livraison, seront projetées pendant les lectures.

 

â–º Pour la parution du dernier livre d’Hervé Castanet, Comprendre Genet, aux Éditions Max Milo, la Section Clinique et l’ACF-MAP s’associent au Théâtre du Petit Matin pour organiser une rencontre avec l’auteur, psychanalyste à Marseille, membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

À cette occasion Nicole Yanni et Franck Dimech, tous deux acteurs et metteurs en scène, vous feront découvrir, par la lecture de morceaux choisis, un Genet comme vous ne l’avez peut-être jamais entendu: celui de « cette solitude [qui] à la fois sépare et ne sépare pas ». (p. 59)
La discussion sera animée par Elisabeth Pontier, psychanalyste à Marseille et membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

La soirée se déroulera le samedi 21 mars à 20 h 30 au Théâtre du Petit Matin (67 A rue Ferrari à Marseille).
Vous pouvez dès à présent réserver vos places en envoyant un mail à section.genet.autpm@gmail.com

Renseignements : 06 75 19 80 26

24 juin 2010

[Livre-news] IL PARTICOLARE, n° 21 & 22 : « Cahier Prigent »

IL PARTICOLARE, n° 21 & 22 : "Cahier Prigent", été 2010, 256 pages, 22 €. [Commander le numéro : Revue Il particolare, 21 parc Beauvallon-Forêt 13009 Marseille ; ilparticolare@club-internet.fr ; 06.18.43.30.60]

S’agissant d’une œuvre en cours, la critique se doit encore plus de la réactualiser, d’en déplacer les lignes de force, d’en modifier la réception au fil de son évolution… Tel est l’objectif de ce deuxième "Cahier Prigent" que propose la revue (à commander dès à présent, car sa parution est prévue pour la troisième semaine de juillet).
Après en avoir découvert le sommaire, on pourra lire la présentation de mon article, "Prigent/Guilloux : un dialogue carnavalesque".

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8 novembre 2007

[Recherche] La présence (tr)Ou(vr)hante de la femme chez Christian Prigent

  [Ce texte entre dans le dossier Christian Prigent que nous constituons peu à peu sur Libr-critique. Il est aussi l’un des chapitres de l’essai [mécano] sans mode d’emploi, essai qui concerne la littérature contemporaine. Ce texte est inédit. En Janvier, dans un livre collectif portant sur Bernard Desportes (éditions Presse Universitaire d’Artois) un article complètera cette première approche, confrontant Bataille, Desportes, Prigent autour de l’abîme du trou de la mère.]

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24 octobre 2006

[livre] Un monde sans réel, de Hervé Castanet (ed. association Himeros)

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Un monde sans réel, sur quelques effets du scientisme contemporain, éditions Association HIMEROS, ISBN : 2-9526127_1_4, 15 €

adresse de commande : Association HIMEROS, 16 rue Debussy, 17 000 La Rochelle. himeros[at]wanadoo.fr

4ème de couverture :

castanet_science119.jpgUn monde sans réel rassemble plusieurs textes. un fil les agence : comment rendre compte des attaques dont la psychanalyse a fait les frais ces dernières années ? Ce fil ne dit pas : quelles sont ces critiques ? Dix fois, cinquante fois, l’analyse de ces positions d’attaque a été présentée, les signifiants maîtres isolés : évaluation, classification, résultat, efficacité, hygiénisme, monde des choses, etc. Faut-il les reprendre, en rappeler les enjeux, en montrer les impasses, les erreurs méthodologiques, les limites épistémologiques ? Non. Ce travail a été, grosso modo, déjà fait. N’opposons pas la rigueur de la pensée à ce bric-à-brac conceptuel vague et pauvre. Effectivement une autre question est à poser : comment cela a-t-il pu être possible ? suivie d’une seconde : comment avons-nous pu ignorer que cela était devenu possible ?

Ce monde sans réel fait l’économie de la rigueur de la science et déploie sa face grimaçante — le scientisme. En quoi la psychanalyse nous permet-elle d’y faire barrage en ses effets ? C’est justement l’enjeu de cet essai où s’affirme un monde sans réel, soit que « la structure, c’est le réel qui se fait jour dans le langage » (Lacan — 1972)

Hervé Castanet est professeur des universités, membre de l’École de la Cause Freudienne et de l’association mondiale de psychanalyse. Il est psychanalyste à Marseille.

Premières impressions :

Notre chronique portera sur la liaison entre ce livre critique, qui pose des questions épistémologiques par rapport à la question du réel et de la psychanalyse, et d’autre part sur Le choix de l’écriture. En effet, il nous semble pertinent de relier une pratique de lecture des textes littéraires, à cette mise en question de la science et de son rapport au réel de la psychanalyse.

13 octobre 2006

[Livre] Le choix de l’écriture, de Alain Merlet et Hervé Castanet

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Le choix de l’écriture, Antonin Artaud, Marcel Jouhandeau, Jean Genet et Pierre Klossowski, de Alain Merlet et Hervé Castanet, éditions Himères/Rumeur des Ages, 138 p., ISBN : 2-84327-095-2, 25 €.

4ème de couverture :

castanet_ecriture076.jpgLa mise en série de ces quatre écrivains : Artaud, Jouhandeau, Genet, Klosswski, peut surprendre le spécialiste de la littérature et des lettres en général. N’est-ce pas l’alliance de la carpe et du lapin, une sorte de bric-à-brac où le lecteur ne retrouve plus ses marques ? Oui, rapportée à ses enjeux internes à la litttérature — à ses courants, à son histoire, à ses réseaux —, cette série est mal ficelée. Elle est pour nous pertinente à un autre titre. Le titre choisi pour cet ouvrage apporte une direction de réponse : le choix de l’écriture. Comment pour chacun de ces écrivains, cette question d’opter pour l’écriture (et la littérature) s’est-elle posée ?

Affirmons une thèse : l’écriture est un traitement du réel — entendu ici comme l’exclu défini du sens, comme ce qui se rencontre comme inassimilable. Le réel c’est l’impossible, dira Lacan à la fin de son enseignement. Comment entendre cette référence au réel qui ne se réduit pas aux formes concrètes de la réalité (biographique ou autre) ? Le concept de style ouvre une voie. Le style — d’un écrivain, d’un poète, d’un peintre mais aussi d’un théoricien — est inséparable d’un point spécifié de réel — soit ce qui échappe à toute prise du mot, de l’image, de la représentation ou du concept. Précisément, la fonction (et l’usage) du mot, de l’image, de la représentation, du concept est, non point de réduire ce réel, mais de l’épurer, de le mettre aux commandes de l’acte — de l’acte d’écriture, de poésie ou de création d’images. Ce réel est cause.

Aussi l’auteur, qu’un nom propre désigne, ets moins la cause que l’effet de son oeuvre.

Mettons à l’épreuve cette thèse : l’écriture est un traitement du réel, à propos justement de ces quatre grands écrivains. La lettre, qui indexe un style (et non « le » style), est désormais à traiter comme telle — à la lettre justement. Quelles surprises, allons-nous découvrir ?

Hervé Castanet et Alain Merlet sont psychanalystes, membres de l’École de la Cause Freudienne et de l’association mondiale de psychanalyse.

Première Impression :

Voilà un livre qui ne fait pas semblant de penser. Dense, cinq parties portant sur les quatre auteurs nommés, cinq analyses qui tentent de comprendre en quel sens le nom des auteurs sont les effets du rapport du texte au réel. La voie qui est poursuivie par Hervé Castanet dans ce livre de 2004, sera bien évidemment celle que nous avons rencontrée dans l’analyse de Joël-Peter Witkin : le réel cet impossible sur, autour, contre, lequel le travail à l’oeuvre s’affronte et dès lors trouve à partir de cette résistance la spécificité de sa propre donation, qui est aussi bien littérale que littorale. Pour ceux qui veulent comprendre, approfondir la question de la modernité en littérature, assurément, un livre à découvrir et à lire attentivement. PB

9 octobre 2006

[Chronique] L’Angélique et l’obscène de Hervé Castanet par Philippe Boisnard

Filed under: chroniques,UNE — Étiquettes : , , , , — Philippe Boisnard @ 7:10

[+ présentation du livre de Hervé Castanet]

witkin1.jpgJoël-Peter Witkin nous pose face à une incongruence. L’enfant abeille de 1981, nous y confronte. Incongruence de la symétrie, incongruence du sujet dont il est question là : enfant-adulte, au sexe visible, masqué, tronc dépourvu de bras, aux seuls membres constitués de cercles concentriques, asymétriques. Et si les photographies de Joël-Peter Witkin travaillaient en cette fêlure de la symétrie, dans l’écart entre ces deux circularités? Et si les oeuvres de Witkin avant d’être interrogées au niveau de la visée de leur auteur étaient à penser d’abord et avant tout à partir de l’effet qu’elles accomplissent sur notre regard? Non plus à partir de leur fondement mais selon l’incongruence entre celui qui voit et ce qui est vu, l’incongruence peut-être en définitive posée dans la photographie, provoquant dès lors une forme de pensée incongrue, voire scandaleuse dans celui qui regarde ?
Hervé Castanet écrivant sur Witkin, commence d’emblée par poser les conditions épistémologiques et psychanalitiques du rapport que l’on peut avoir à son oeuvre. Non pas psychanalyse appliquée à l’oeuvre, devant tirer les fondements inconscients de l’auteur à travers l’oeuvre, mais davantage psychanalyse impliquée, qui « oblige à une rigoureuse politique des conséquences — soit que les artifices des semblants et les constructions de simulacres ne peuvent faire l’économie d’un réel à l’oeuvre » (p.8). De quoi s’agit-il donc ? Au lieu de focaliser sur l’artiste, il s’agit de saisir en quoi elles font effet, dès lors de saisir dans le regard même de celui qui regarde ce qui s’y passe, et en ce sens pour un psychanalyste non pas d’appliquer le speculum sur la photographie, mais de l’impliquer dans l’effet que la photographie accomplit pour celui qui la regarde. Non plus extériorité, mais conjugaison et relation. Hervé Castanet développe cette approche à partir de celle que Freud eut, lorsqu’il décrit sa relation au Moïse de Michel-Ange : « je voulais les appréhender à ma manière, c’est-à-dire me rendre compte de ce par quoi elles font effet » (p.11).

Il s’agit donc de saisir un effet et non pas une cause inconsciente. Donc de se détourner de ce qui est revendiqué en tant que démarche propre, explicitée par le photographe, ou de ce qui est projeté en tant qu’étant sa démarche. Ange ou démon, en ce sens peu importe, car il ne s’agit pas de saisir cela. Mais tout au contraire, comme le précise par la suite Hervé Castanet, de comprendre la photographie en tant qu’écriture, qui si elle a sa littéralité, cependant dans ses marges visibles, implique une densité littorale pour reprendre ici le vocable de Lacan : n’est pas seulement pensé l’automaton de l’oeuvre, sa présence articulée, mais est pris en vue ce qui la borde mais qui reste invisible, ce qui la borde : ratures, cassures, silences. En bref en un sens lacanien, le réel sur lequel se brise le langage, le réel qui ne saurait être repris (dialectique) dans la positivité de la représentation. « Est litttoral ce qui dessine les traces silencieuses de cette cassure… au bord du trou » (p.15).

C’est pourquoi, voulant inscrire dans son essai cette littoralité qui en lisière d’oeuvre sous-tend la littéralité des photographies de Witkin, Hervé Castanet travaille à des approches très précises de deux oeuvres surtout : 1/ Le prince impérial, et 2/ Homme au chien.

Ce qu’analyse Castanet, c’est en quel sens, Witkin, voulant dépasser la construction de la représentation sociale du corps, qui véhicule en elle des normes et cela selon le pouvoir propre de ses instituants symboliques, au lieu de tendre vers le désoeuvrement d’un réel violent qui romprait avec toute logique de construction (immanentisme corporel des avant-gardes) justement sur-détermine par sa photographie ce qui était de l’ordre social dans des mises en scène ultra-sophistiquées, qui exigent pour lui de plus le geste d’une réécriture à même la photographie. « La dénonciation des semblants passe par d’autres semblants théâtralisés » (p.27) [et selon une telle perspective on pourrait compreendre l’intérêt problématique qui lie Castanet à l’oeuvre de Prigent, qui scripturalement me paraît tenir du même ressort que celle de Witkin] . Le fait de montrer qu’il y a une négativité à l’oeuvre dans la représentation sociale, ne tient pas au dévoilement de cette négativité, mais au fait de laisser se produire non pas seulement une nouvelle construction, mais aussi tous les effets littoraux de cette négativité. Et ceci en direction de quoi ? En direction d’une esthétisation de la création de Dieu — ce que revendique Witkin lui-même — en tant qu’elle nous impose une pensée incongruente : la monstruosité dévoilée en sa beauté, car ce n’est pas tant la construction humaine qu’il s’agit de voir [ce qu’il déconstruit dans ses tableaux, reprenant certaines oeuvres et les transgressant par la déconstruction de leurs logique signifiante], et donc ses limites posées comme lois de représentation, mais « que la réalité de la chair vivante ou morte est une création de Dieu » (Witkin). Ce qui signifie que la photographie présentant une hyper-esthétisation déplace l’enjeu de toute reprise du corps : non pas le neutraliser dans les stratégies représentationnelles, mais permettre par ses stratégies de re-trouver ce qui est perdu dans toute représentation. Et c’est en ce sens que la photographie de Witkin tente la conquête d’une fondamentale incongruence pour le regardeur : un déplacement des acquis de la représentation. Mais c’est aussi en ce sens, tel que le montre in fine Hervé Castanet, que Witkin ne peut s’affranchir du jeu de l’obscène dans l’avènement d’une identité qui en viendrait nier la réalité incongruente, tel qu’il l’explique à partir des photographies du trans-sexuel opéré Maria Harrow. Si le modèle de l’Homme au chien est pré-opératoire, et impose au regard cette instabilité de ce qui est vu, Maria Harrow justement transcende par le sexe qui creuse l’ancienne place du pénis l’oscillation de son genre en réalisant la nouvelle identité de son être, venant ainsi rompre une certaine forme d’inquiétude de ce qui là est vu.

Ainsi Witkin pour Castanet ouvre à une théologie de Dieu dont la création loin de renvoyer au cosmos, à la perfection éternelle, est celle du mal. « Il montre à Dieu ce que ses propres créatures peuvent faire d’ans l’horreur, l’abject (…) Il offre à Dieu les formes (=le mal) de sa création ».

2 octobre 2006

Joël-Peter Witkin, L’angélique et l’obscène de Hervé Castanet

Filed under: Livres reçus,UNE — Étiquettes : , , , , , — rédaction @ 7:54

castanet_witkin075.jpgJoël-Peter Witkin, L’angélique et l’obscène de Hervé Castanet, suivi d’un entretien inédit avec le photographe, collection « L’impensé contemporain » éditions Pleins Feux. ISBN 2-84729-055-9, 8 €.

4ème de couverture :

Ce court essai porte sur Joël-Peter Witkin, photographe américain né en 1939 à Brooklyn (New-York). Depuis 1975, il vit et travaille à Albuquerque au Nouveau-Mexique — USA. Son oeuvre est connue, exposée internationalement et ses étonnantes photographies (« des tableaux photographiques » dit Pierre Borhan) — où sexe, pornographie, monstres divers et icônes saint-sulpiciennes cohabitent — largemennt reproduites. Des polémiques naissent. Doit-on exposer de telles images (qui choquent) et si oui pourquoi — et sinon, tout aussi bien, pourquoi ? Il y a radicalement les pour et, tout aussi bien radicalement les contre. Qu’ajouter de plus ? Prendre parti, trouver la voie médiane, passer à autre chose ? Ou bien justifier (ou dénoncer) la provocation (puisque ce terme est systématiquement associé à Witkin) dans l’art ? Ou encore … La réponse : nullement !

Hervé Castanet, professeur des universités, est membre de l’École de la cause freudienne. Il est psychanalyste à Marseille.

Premières impressions :

Nous commençons ici, une suite de présentation des oeuvres critiques de Hervé Castanet? Dans le milieu littéraire français contemporain, il est surtout connu pour la revue Il particolare et son très bel entretien avec Christian Prigent [Ne me faîtes pas dire ce que je n’écris pas chez Cadex], sur lequel nous reviendrons dans ces présentations. Nous avons décidé de commencer par ce petit livre, au sens, où il ouvre immédiatement le champ auquel s’intéresse Hervé Castanet : l’image, sa scène, ses débords, la question de la sexualité (en liaison avec la psychanalyse), l’écriture…

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