Libr-critique

16 novembre 2013

[Chronique] Plonk et replonk, contaminateurs d’astres et de désastres, par Jean-Paul Gavard-Perret

Jean-Paul Gavard-Perret nous fait découvrir les nouveaux astres de la fantaisie.

 

Plonk er Replonk, De zéro à Z, l’abécédaire de l’inutile, éditions Hoebeke, Paris, automne 2013, 96 pages, 19,90 €, ISBN : 978-2-842304881.

 

 

Plonk et Replonk de leur Suisse natale pendent le réel au gibet de leurs mises en scène. Pour botter les fesses de la réalité il ne manque jamais de train. Archéologues de l’homme postmoderne, ils feignent de lui tendre des images surannées et sépia. Mais sous l’apparence du temps révolu le présent se transforme en une science-friction au sein d’une fantaisie faite de rigueur  helvétique dans laquelle l’hygiène la plus intime est celle de l’esprit.

Celui-ci, dans ce faux Musée Grévin et ce clone de celui de Madame Tussau, joue des valses communicantes bien plus probante que celles du Breton surréaliste prénommé André. On revient là au meilleur du dadaïsme : les apparences se transforment en victimes militaires des guerres inciviles que les deux frères Froidevaux (c’est leur vrai nom !) entament pour casser le vernis des ongles du réel.  Sous des titres harmonieux se dressent des dégommages en règle : un facteur vient sur la lune apporter un message de félicitation de Madame Pompidou à Neil Armstrong. Une famille tout sexe confondu vient poser pour honorer la moustache dont chacun de ses membres se bardent. Si bien que les significations nonsensiques représentent le tonus secret de cette poésie en mots et images. En ses niches elle ne manque jamais de chien.

Plonk et Replonk jouent les artilleurs, leur miel tourne dans les bienfaits de leur férocité. Si bien que les raies alitées produisent des sourires pour tout croyant qui prend son Darjiling dans des tasses athées.  Les mots comme les images s’envolent : l’hypothalamus, fort marri de leurs infidélités notoires et  secoué de rire, en attrape des courbatures. La poésie mal ordonnée (volontairement) commence par elle-même pour se tirer une belle dans tout lieu excentrique. Et qu’importe si tous les goûts des deux Suisses ne sont pas dans la nature. Leur œuvre insidieusement misanthropique est conseillée à tous les dépressifs tant elle regorge de coups de pied aux nues et de coups d’épée dans l’O comme dans les 26 autres lettres de l’alfa-bête. Les vitriers y portent des costumes à carreaux si bien que le Christ n’y a d’yeux que pour eux.

 

© Photo en arrière-plan : Musée national du Badaud.

20 juin 2013

[Livre] Liliane Giraudon, Madame Himself

"Une attention particulière aux livres peu lus"… "Le concept d’actualité considéré comme inexistant"… Tout un programme qui sied parfaitement à Libr-critique. Après les pénétrants Pénétrables, ce livre est une somme d’expériences quintessenciée d’un autre genre.

Liliane Giraudon, Madame Himself, P.O.L, juin 2013, 96 pages, 16 €, ISBN : 978-2-8180-1906-1.

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7 mars 2013

[Chronique] Eric Chevillard, L’Autofictif croque un piment (dossier 2/2)

Eric Chevillard, L’Autofictif croque un piment, éditions de l’Arbre vengeur, 2013, 256 pages, 15 euros, EAN 13 : 9-782916-1419-61.

"Voici L’autofictif, un recueil de citations prédécoupées, obligeamment servies à l’étudiant et au critique sans le contexte romanesque molasse, filasse et gluant duquel ils doivent ordinairement les extraire" (L’Autofictif voit une loutre, 2010, p. 212).

"Or ce n’est pas parce que tes livres ont peu de lecteurs que ceux-ci constituent indubitablement la super élite de l’humanité" (L’Autofictif croque un piment, p. 204).

A chacun sa chimère… Celle que porte l’écrivain a au moins le mérite de ne pas être illusoire et d’exister sur le même mode que le réel – c’est-à-dire du moindre-être… Ainsi Eric Chevillard poursuit-il son chemin, notamment sur la Toile, avec le même esprit de malice et d’autodérision – comme en témoigne l’exergue. Depuis septembre 2007, celui qui possède désormais son site et tient son blog autofictif prend en effet un malin plaisir à capter et capturer quotidiennement sur et dans la Toile les flux intérieurs comme les flux extérieurs : captivé/captivant, piégé/piégeur le spiderwriter…

Si le cinquième tome de son Autofictif, malgré son titre, est sans doute moins pimenté que les précédents (L’Autofictif voit une loutre en 2010, L’Autofictif père et fils en 2011 et L’Autofictif prend un coach en 2012) et surtout le premier (L’Autofictif, 2009), il ne nous en offre pas moins de subtiles épices humocritiques.

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6 mars 2013

[News] Colloque international Eric Chevillard (dossier 1/2)

Le colloque international organisé par Pierre Jourde et Olivier Bessard-Banquy se déroulera les mardi 26 et mercredi 27 mars 2013 sur le site de l’antenne universitaire de Valence, université Stendhal-Grenoble III.
Ci-dessous la présentation et le programme. Notre seconde livraison portera sur le dernier livre d’Eric CHEVILLARD, L’autofictif croque un piment (L’Arbre vengeur, 2013).

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