Libr-critique

18 février 2020

[News] Libr-News

En cette seconde quinzaine de février, RV à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille… pour la fin de l’extraordinaire exposition « Tourbillon d’être, Ghérasim Luca » ; les rencontres avec Espitallier autour de son Cow boy ; Isabelle Sbrissa à la Station d’Arts poétiques ; Laure Gauthier, les éditions Tinbad, Florence Jou…

 

â–º Jusqu’au 22 février 2020, exposition « TOURBILLON D’ÊTRE, GHÉRASIM LUCA« , Librairie Métamorphoses (17, rue Jacob 75006 Paris).

Livres, affiches, manuscrits, maquettes, cubomanies, dessins, œuvres en collaboration
Du 21 janvier au 22 février 2020, la Librairie Métamorphoses présente près de 200 œuvres (livres, manuscrits, collages, dessins) réalisées par le poète, plasticien et performeur d’origine roumaine Ghérasim Luca (1913-1994), que Gilles Deleuze tenait pour l’un des poètes majeurs du XXe siècle.

Jean-Michel Espitallier, sur AOC : « L’œuvre protéiforme, multiple, hybride de Ghérasim Luca  (1913-1994) pose avec une acuité particulièrement intéressante l’inlassable question des hypothétiques et fantasmatiques territoires de la poésie, et partant, de son statut, de ses limites, de ses rebords, de ses rebonds. La riche exposition que consacre la librairie Métamorphoses à cet « apatride » (d’origine roumaine, Luca s’installe définitivement en France dans les années 1950) surchauffe avec beaucoup de pertinence cette interrogation, ce doute ».

Un ouvrage sera publié à l’occasion de l’exposition :

Tourbillon d’être, Ghérasim Luca
Textes de Serge Martin
Catalogue par Michel Scognamillo
1 volume de 270 x 240 mm, 208 pages
365 illustrations en couleurs
Prix public : 40 €
Commander à :
Librairie Métamorphoses
17 rue Jacob
75006 Paris
librairie.metamorphoses@gmail.com

► Rencontres lectures avec Jean-Michel Espitallier pour son récent Cow-boy :

– Frontignan (salle de l’Aire), 25 février 21h.
– Marché de la poésie (Bordeaux), 14 mars.
– Montevideo (Marseille), 25 mars (en compagnie d’Anne-James Chaton qui lira des extraits de son nouveau livre).
– L’Escale du livre (Bordeaux), 4 & 5 avril.

â–º Mercredi 19 février 2020 de 9h30 à 18h, Isabelle SBRISSA à l’ENBA Lyon (Salle de cours du premier étage). La journée d’études se conclut par une lecture performée en amphithéâtre à 17h. [ENBA : 8 bis quai Saint-Vincent 69001 Lyon - 33 (0)4 72 00 11 70]

Cette journée d’études de la Station d’arts poétiques (programme d’enseignement et de création vers l’écriture en arts poétiques) aborde quelques points saillants de l’œuvre poétique d’Isabelle Sbrissa (en sa présence).

Isabelle Sbrissa est poète, auteure de théâtre et de récits. Elle vit en Suisse. Elle est titulaire d’un master d’art contemporain, en section Écriture, de la Haute École des Arts de Berne (HKB). En 2013 elle fonde les éditions Disdill (ouvrages que l’auteure met en page, illustre, imprime, relie et souvent offre lors de lectures en public). En 2014 elle invente avec Nathalie Garbely LE KHADIE, une bibliothèque itinérante et multilingue de poésie contemporaine autogérée constituée de dons, proposant des lectures collectives. Ici là voir ailleurs (Nous) interroge les liens de la langue au monde. Dans Tout tient tout (à paraître), il s’agit de dire comment dans le vivant tout s’interpénètre pour former un ensemble indissociable. Elle travaille actuellement à un long discours anagrammatique Nous permacultures, reliant mouvements des saisons, transformation intérieure et changements politiques, ainsi qu’à un roman jmenvè. Elle a publié dans les revues Edit (Leipzig), Grumeaux (Caen), RBL (Lausanne), Hochroth (Berlin), K.O.S.H.K.O.N.O.N.G (Marseille), etc.

« Chez Isabelle Sbrissa, tout semble pouvoir devenir poème, une idée de Charles Bernstein ou le bruit de la scie de Willy, le voisin. Son écriture se présente comme ancrée dans le présent : le présent de la sensation, de l’observation, de la pensée qui tâtonne, s’élabore et se contredit. Le présent de l’expérimentation. »(Nathalie Garbely, in La Revue de Belles-Lettres, 2019/1, à propos de Ici là voir ailleurs).

► Le printemps arrive et PAN! comme chaque année depuis 2011 propose de fêter ce temps nouveau par une manifestation ouverte à tous les arts !

Après Camouflages et Le risque, cette année il s’agit d’Ouvrir le spectre.

Qu’entendons-nous par ouvrir le spectre ?
Ouvrir le spectre c’est s’intéresser aux médias technologiques, à leurs effets dans nos vies et à ce qui les perturbe.
Ouvrir le spectre c’est se rendre attentif à ces formes d’existence invisibles, précarisées, clandestines, sans droits, qui hantent nos sociétés.
Ouvrir le spectre c’est faire varier les fréquences d’un mot : à quels murs nous heurtons-nous ? Comment prendre corps, quelle apparence revêtir ? Quelles tactiques de survie adopter dans un monde qui semble prêt à l’effondrement ?
Cette manifestation décline plusieurs approches de la question des spectres.

  • Human Services, du 20 février au 17 avril , une exposition consacrée aux nouvelles formes de travail provoquées par les réseaux de communication, réunissant des artistes de divers horizons, de la région à l’international.
Le 20 février à 18h vernissage de l’exposition à Lavitrine en présence des artistes suivi d’une performance de Leslie Ritz & Julien Salban-Créma et d’une lecture de Nathalie Quintane à partir de 19h.
Le 21 février à 14h30, une visite de l’exposition par Franck Bauchard commissaire de l’exposition avec les artistes présents, et à 16h30, au CiRA Limousin, une conférence débat de Yves Citton (théoricien des médias, universitaire, co-directeur de la revue Multitudes)
  • Spectres & Cie, les 13 et 14 mars, des rencontres, lectures performances et conférences à l’IF avec Jean Gilbert, Christophe Hanna, Manuel Joseph, Liliane Giraudon, Antonio Casilli
  • Je vous fais pas un dessin du 11 au 27 mars une exposition BD de jeunes collégiens allophones, un atelier BD le 14 mars pour des adolescents et une lecture par arpentage (lecture collective) de « Au bonheur des morts » de Vinciane Despret, à la BFM Aurence.
  • Traverser les murs du 18 au 21 mars un ensemble de rencontres étonnantes, conférences, débats, projection, expositions, ateliers, propositions sonores, plastiques et gustatives organisées par le collectif spectre qui est un groupe informel d’artistes plasticiens ou poètes, de personnes migrant.e.s et sans-papiers résidant à Limoges et de militant.e.s impliqué.e.s dans l’accueil et l’accompagnement de migrant.e.s. Artistes, auteurs et chercheurs invité.e.s : Maëlle Berthoumieu, Pomme Boucher, Mellie Brancherau, Jean-Marc Chapoulie, Isabelle Coutant, Yves Lapeyre, Madeleine Moisie, Karine Parrot, Julien Salban-Créma… Au CIRA Limousin et au squat du 4 bis avenue de la Révolution

Entrée libre et gratuite

► 

► 

â–º Mercredi 26 février à 19H30, Librairie Le Merle moqueur (51, rue de Bagnolet 75020 Paris) : Rencontre-lecture avec Philippe Thireau et Gilbert Bourson, qui présenteront/liront leurs ouvrages respectifs Melancholia (coll. « Tinbad-fiction ») et Phases (coll. « Tinbad-chant »).

► 

6 octobre 2019

[News] News du dimanche

Notre nouvelle sélection LIBR-10, après quelques Libr-événements : RV Ivy writers ; avec Maxime H. Pascal ; 29e Salon de la Revue ; Stéphane Bouquet à Lyon ; Soirée des Canulars à Lyon…

Libr-événements

► MARDI 8 OCTOBRE 2019 à 19h30 Ivy Writers vous invite à une soirée de LECTURES BILINGUES avec les poètes Heather Hartley, Pascale Petit et Françoise Favretto : Delaville Café (34 bvd bonne nouvelle 75010 Paris).

â–º Samedi 12 octobre, dans le cadre de la Fête de la science, lecture de Maxime Hortense Pascal à Barjols : L’Usage de l’imparfait (éditions Plaine Page).

â–º Du 11 au 13 octobre, au 29e Salon de la Revue, Espace des Blancs-Manteaux :

â–º Mercredi 16 octobre à 17H, Grand Amphi de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon : Stéphane Bouquet intervient dans le cadre d’une journée d’études de la Station d’arts poétiques, programme d’enseignement, de recherche et de création vers l’écriture poétique.

► Vendredi 18 octobre à 19H30, Lyon :
Libr-10 (automne 2019)
► Jacques BROU, La Histoire du Hommenfant, Tinbad, 144 pages, 18 €.
â–º Jacques CAUDA, Profession de foi, ibidem.
► Virginie GAUTIER & Mathilde ROUX, Paysage augmenté, Publie.net, sans numérotation, 12 €.
► Louis ROQUIN, Journaux de sons : 1998-2016, Les Presses du réel/al dante, 544 pages, 30 €.
► Jacques SIVAN, Notre mission, ibidem, 408 pages, 27 €.
â–º Marina SKALOVA, La Chute des comètes et des cosmonautes, L’Arche, 96 pages, 13 €.
► Christophe TARKOS, Le Petit Bidon et autres textes, préface de Nathalie Quintane, P.O.L, 224 pages, 9,50 €.
â–º Andrew ZAWACKI, Sonnetssonnants, traduit de l’anglais par Anne Portugal, Joca seria, 80 pages, 7,50 €.
► PLI, n° 10, 12 €.
â–º L’Écriture du Je dans la langue de l’exil, sous la direction de Isabelle Grell-Borgomano et Jean-Michel Devesa, EME éditions, Louvain-la-Neuve, 358 pages, 36 €.

9 juin 2019

[News] News du dimanche

Retrouvez Laure Gauthier cette semaine à Paris (vendredi et samedi)… Vous pouvez encore vous inscrire au précieux Colloque de Cerisy sur la revue Critique… Entre autres RV de ce mois de juin : Ivy writers, Ciné08-19, Plans-reliefs à Lille….

► Mardi 11 juin à 19H30 :

â–º Du 14 au 21 juin 2019, Colloque de Cerisy / LA REVUE CRITIQUE : PASSIONS, PASSAGES

Direction : François BORDES, Sylvie PATRON, Philippe ROGER / Comité scientifique : Per BUVIK, Patrice CANIVEZ, Éric MARTY, Claire PAULHAN, Thomas PIEL.

C’est l’une des grandes revues de la seconde moitié du XXe et du début du XXIe siècles. Ce fut aussi pendant longtemps la plus discrète. En juin 1946 paraît le premier numéro de Critique, revue générale des publications françaises et étrangères. Après des débuts difficiles, marqués par deux changements d’éditeurs et une interruption d’un an, elle trouve son équilibre aux Éditions de Minuit. Dirigée par Georges Bataille, assisté pendant quelques années du philosophe Éric Weil, puis par Jean Piel, le beau-frère de Bataille, et à partir de 1996 par Philippe Roger, Critique se propose de recenser les ouvrages les plus importants parus en France et à l’étranger, dans tous les domaines de la connaissance. Ce faisant, elle permet, dans des proportions encore modestes au vu des évolutions ultérieures, la diffusion de la pensée allemande et anglo-saxonne de l’après-guerre, et accompagne les premiers développements des sciences humaines en France. Elle contribue ensuite à l’émergence du « nouveau roman » et de la « nouvelle critique ». Elle encourage le projet intellectuel d’auteurs comme Roland Barthes, Michel Deguy, Michel Foucault, Jacques Derrida, Michel Serres, et connaît son heure de gloire avec l’avènement du structuralisme. Année après année, elle réunit les éléments d’une « encyclopédie de l’esprit moderne » (Georges Bataille). Selon les mots de Philippe Roger, son directeur actuel, « [é]chappant tout à la fois à l’urgence inhérente au journalisme culturel et à l’inévitable spécialisation des revues savantes, Critique est un instrument d’information et un espace de réflexion plus indispensables que jamais ».

Cette rencontre s’inscrit dans la lignée des colloques de Cerisy consacrés à des revues (Tel Quel, Change), mais y ajoute une dimension historique. Elle propose une réflexion partagée autour de Philippe Roger, des membres du conseil de rédaction actuel, des figures de Georges Bataille et de Jean Piel, ainsi que de la revue Critique en tant qu’expression de la passion des livres et des idées. Elle réunit des chercheurs de différentes spécialités et de toutes les générations ainsi que des témoins des différentes époques de Critique. Au-delà des spécialistes, les lecteurs de Critique et toutes les personnes intéressées sont invités à élargir les débats qui suivront les communications, les tables rondes ou les témoignages d’intellectuels et d’écrivains.

Informations complémentaires et inscription obligatoire sur le site.

► Vendredi 14 juin à 20H :

► Samedi 15 juin à 19H, Soirée poésie à l’Achronique avec Laure Gauthier et Katia Bouchoueva (42, rue du Mont Cenis 75018 Paris).
Elles liront à deux voix je neige (entre les mots de villon) (LansKine, 2018) et Alger Celeste (Publie.net, 2019).

â–º Vendredi 21 juin, de 9H30 à 12H30, Séminaire ANR Ciné08-19 / Université Paris-Est Marne-la-Vallée, sur le site de la Centrif’.

9h30-10h : Espace de co-working
Ouverture par Gilles Roussel, Président de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée

10h-11h : Salle de conférence
Carole Aurouet : La mise en abîme du cinéma en France entre 1908 et 1919

11h-12h : Salle de conférence
Laurent Véray : Les mots et les lettres d’admirateurs reçus par Musidora pendant la Grande Guerre. Une source précieuse pour l’étude du succès d’une actrice qui passe de la scène à l’écran

12h-12h30 : Salle de conférence = Discussion

* « La mise en abîme du cinéma en France entre 1908 et 1919 », par Carole Aurouet (Maître de conférences HDR à l’UPEM – Membre du consortium du projet ANR Ciné08-19).
Si le cinéma dans le cinéma est un sujet bien appréhendé pour la période hollywoodienne, il ne l’est en revanche que très peu entre 1908 et 1919 en France. Pourtant, cette mise en abîme est fréquente : 80 films de fiction ayant été exhumés à cette date pour ces onze années. Ce copieux corpus constitue une matière passionnante dont l’analyse permet de mettre en exergue trois points saillants : une valeur testimoniale qui contribue à éclairer l’histoire du cinéma, un processus habile de valorisation, donc d’institutionnalisation, et la question d’une stratégie auto-promotionnelle délibérée.

« Les mots et les lettres d’admirateurs reçus par Musidora pendant la Grande Guerre. Une source précieuse pour l’étude du succès d’une actrice qui passe de la scène à l’écran », par Laurent Véray (Professeur à l’Université Sorbonne nouvelle – Paris 3 – Porteur du projet ANR Ciné08-19).
L’examen de la carrière de Musidora, entre 1915 et 1919, montre que le processus d’identification à une actrice, sur lequel repose le cinéma populaire hollywoodien, était déjà présent en France au milieu des années 1910. Après ses rôles de femme gangster dans Les Vampires (1915) et Judex (1917) de Louis Feuillade, sa célébrité ne cessa de grandir. Une jeunesse tomba toute entière amoureuse de la sulfureuse Irma Vep, écrira plus tard Louis Aragon. De la scène à l’écran, du mélodrame patriotique au serial à la mode, on reconnaît son style de jeu, son allure, sa mimique, sa sensualité effrontée. Cela aboutit en pleine guerre à la construction d’une forme de vedettariat unique en son genre. Une source exceptionnelle d’environ 300 lettres récemment retrouvées atteste d’un succès public hors du commun. Ces lettres adressées à Musidora disent combien son impact fut alors considérable, à l’avant comme à l’arrière du front.

â–º Jeudi 27 juin au Palais des Beaux-Arts de Lille :

2 décembre 2018

[News] News du dimanche

Pour terminer l’année en beauté : RV avec Béatrice Brérot ; les invités d’Ivy writers et de l’Escale des Lettres… Stéphane Nowak Papantoniou, Christophe Hanna, le peintre Mathias Pérez…

â–º RV avec Béatrice Brérot : dimanche 16 décembre 17h, Cabaret poétique, avec Cédric Lerible et Kevin Prost (Le Périscope : 13 rue Delandine 69002 Lyon) ; mardi 18 décembre 19h30, Mardis de la poésie, Maison de la poésie Rhône-Alpes (33 avenue Ambroise Croizat 38400 Saint-Martin-d’Hères).

â–º

â–º

â–º

â–º

â–º

15 octobre 2018

[News] Libr-News

En cette seconde quinzaine d’octobre, à la UNE deux livres importants, de Patrick VARETZ et de Jean-Claude PINSON, qui vous donnent RV à Lille et à Nantes ; et aussi RV avec AOC, Ivy Writers…

UNE /Fabrice Thumerel/

► Patrick Varetz, Rougeville. Promenade élégiaque, éditions La Contre Allée, été 2018, 96 pages, 8,50 €.

Si le dernier opus de Patrick Varetz est le plus court, il constitue néanmoins une étape fondamentale dans la geste de l’écrivain, avec précisément ce geste fondateur : « C’est dans cette église que j’ai abandonné, un certain soir de 2010, un carton à chaussures contenant mon premier livre (sans doute faut-il voir là une parodie de rite de passage, en lien avec la légende familiale qui prétend que j’ai passé mes premières heures dans une boîte d’escarpins pointure 41, le lendemain très précisément du fameux bal où ma mère – ignorante de son état – était allée danser pour étrenner lesdits escarpins) » (p. 23). C’est là que ce transfuge de classe abandonne son « double famélique » : « une espèce d’avorton qui se refusait toujours à grandir, recroquevillé dans le creux de mon ventre. Ce petit Pascal, tout craintif qu’il était, je l’avais donc abandonné là, dans un recoin sombre, derrière l’autel, au fond d’un carton à chaussures contenant mon premier roman » (p. 28-29).

Peut-on échapper à ses origines sans éprouver un sentiment de trahison ? Et dès que cet être de nulle part / « nulle père » (49) se tourne vers l’écriture, c’est cet Autre qui réapparaît… Ce retour aux sources n’est pas des plus simples, puisque s’effectuant au travers d’un subtil jeu de miroirs entre l’écrivain et sa ville – qu’il revisite par le biais de Google Street -, l’écrivain et son double, le chevalier de Rougeville…

â–º Jean-Claude Pinson, Là (L. – A., Loire-Atlantique). Variations autobiographiques et départementales, Joca Seria, Nantes, été 2018, 280 pages, 19,50 €.

C’est LÀ, en Loire-Atlantique, qu’a vécu et vit le poète et philosophe Jean-Claude Pinson : cette somme egogéographique rassemble souvenirs personnels et familiaux, des évocations de la Loire et des villes qui l’ont marqué, des retours sur l’oeuvre (comme « Habiter la couleur »)…

En ce monde où claironnent les identitarismes les plus fallacieux, on retiendra cette salutaire mise en garde : « je crois dangereux d’invoquer des racines. La métaphore, avec son « pathos tellurique », suggère que « l’identité, remarque le philologue Maurizio Bettini, viendrait justement de la terre« . Ce faisant, elle conduit à établir une dangereuse hiérarchie entre ceux qui seraient les seuls fils authentiques d’une certaine terre qui les aurait engendrés (les Grecs parlaient d’autochthonia) et ceux qui y seraient simplement « survenus » (autrement dit les immigrés) » (p. 27). Et aussi la réflexion qui suit : « Chacun est un palimpseste, et il y a en nous autant d’identités dans les limbes que de langues mortes enfouies dans nos archives intimes, à notre insu le plus souvent » (p. 28).

Libr-brèves

â–º À lire sur AOC, qu’il devient impossible de ne pas lire tant cette revue en ligne propose un indispensable regard aigu sur le monde, les intéressants articles de deux sociologues de premier plan, Bernard Lahire et Jean-Louis Fabiani.

â–º On lira, sur Diacritik, la réaction de Johan Faerber suite à l’appel à contributions pour le numéro 19 de la Revue critique de fixxion française contemporaine, Fictions « françaises » : « Contre la zemmourisation de la critique littéraire »… Et la polémique qui s’en est suivie, très instructive : lire le droit de réponse.

► Mardi 16 octobre, RV au Delaville Café avec Ivy Writers :

31 mai 2018

[News] Libr-News

En attendant l’été, vous attendent : l’agenda de Prigent… les Sorcières de Dunkerque… La Traction poétique… Philippe Boisnard, une superbe soirée Ivy writers, la 12e Nuit remue… Et le 36e Marché de la Poésie, bien évidemment…

Agenda de Christian PRIGENT

— à Paris, le vendredi 08 juin, à 18 h 30 : « TXT 32 : LE RETOUR », à la galerie A Balzac à Rodin, 14 bis rue de la Grande-Chaumière, Paris (M° Vavin). Contact : revuetxt@gmail.com

— à Rennes, le vendredi 15 juin, à 20 h : lecture et discussion autour de la revue TXT, au bar le Mod Koz, 3 bis rue Jean Duhamel, Rennes. Contact : pontcerq@gmail.com 

— à Vulaines-sur-Seine, le dimanche 30 juin, à 15 h : lecture au Musée Mallarmé, 4 promenade Mallarmé, 77870 Vulaines-sur-Seine. Contact : contact@marche-poesie.com

Libr-brèves

â–º Vendredi 1er juin à 19H30, Halle aux sucres de Dunkerque : Conversation + projection + performance (dans le cadre du festival des Bibliothèques de Dunkerque "Fais pas ton mauvais genre")

AVEC : Isabelle Cambourakis – Editrice
Camille Ducellier – Vidéaste
Hortense Gauthier – Performeuse
Anne Larue – Chercheuse, écrivaine

Figure négative et puissante, symbole subversif de la révolte féminine dans les années 70, la sorcière réapparaît aujourd’hui dans les combats féministes, écologistes et anticapitalistes.

Isabelle Cambourakis dirige la collection « Sorcières », qui réunit des textes féministes historiques et contemporains. Camille Ducellier invente des images pour rêver l’obscur, dévoiler les corps et relier le politique au spirituel. Hortense Gauthier postule que « Toutes les sorcières sont des danseuses étoiles ». Anne Larue écrit des essais sur la SF féministe, des articles passionnants sur le mouvement Wicca et des romans médiévaux futuristes.

 

â–º Samedi 2 juin à Blois : cédez à la Traction poétique !

â–º Mardi 5 juin  au Monte en l’air – Paris 20ème à 19H : soirée de lancement de la collection Sur le vif des éditions Supernova dirigée par Stephanie Boubli. Y feront une lecture Benoît Toqué, Francis Lamodière, et Philippe Boisnard accompagné au violon remixé par Pauline Cottaz.

â–º Du 6 au 10 juin : 36e Marché de la Poésie : RV avec Al dante/Presses du réel au stand 110, les éditions de l’Attente au stand 110-112 ; LansKine, 610 (Beurard-Valdoye, Voïca…) ; Publie.net, 506… La revue Place de la Sorbonne est accueillie au stand des éditions Le Temps des Cerises (618)… Au stand Ent’revues, 700-704 : y seront présentes les revues Artichaut, Babel heureuse, Les Carnets d’Eucharis, Chroniques du ça et là, La Moitié du fourbi, Phoenix, La Revue des Belles-Lettres, Teste, Toute la lire.

â–º Soirée Ivy writers le 12 juin à 19H30 au Bistrot des Artistes (Paris) :

â–º Lundi 18 juin à la Maison de la poésie Paris, 21H : "Nouvelles architectures poétiques", avec David Christoffel, Jérôme Game et Laure Gauthier.

â–º LA NUIT REMUE 12e, soirée de lectures avec Fabien Arca, Delphine Bretesché, David Christoffel et Maël Guesdon, Sophie Coiffier, Séverine Daucourt-Fridriksson, A.C. Hello, Philippe de Jonckheere, Ismael Jude, Anne Mulpas, Christiane Veschambre, Gilles Weinzaepflen.
Samedi 23 juin 2018, 19h à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris IIIème : Depuis 2006, Remue Net organise une fois par an ses « Nuits remue », hommage bien sûr à Henri Michaux. Un rendez-vous littéraire incontournable.

1 octobre 2017

[News] News du dimanche

On commencera par découvrir deux livres qui vont paraître en ce début octobre : Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2 (P.O.L) ; Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (ritournelle) (Quidam). Nos Libr-brèves, ensuite : Gilbert Quélennec ; ActOral à Marseille ; Ivy writers ; Thierry Rat ; soirée Voyage organisée par Publie.net.

Bientôt en librairie… /Fabrice Thumerel/

â–º Olivier Cadiot, Histoire de la littérature récente, tome 2, P.O.L, 256 pages, 12 €, ISBN : 978-2-8180-4173-4.

Présentation éditoriale. Le tome I d’Histoire de la littérature récente tenait tout à la fois de l’essai, de l’enquête, du récit, forme hétérogène dans laquelle se mêlent, sur un mode léger et digressif, anecdotes, petites scènes romanesques et développements plus spéculatifs. Il s’agissait d’explorer l’idée reçue que la littérature disparaîtrait, en prenant, par exemple, au pied de la lettre les propos alarmistes de Philip Roth : Dans trente ans, sinon avant, il y aura autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui d’amateurs de poésie en latin.

Le tome II explore un autre lieu commun récent : la littérature doit urgemment devenir un miroir du réel. C’est une injonction que l’on ne peut balayer d’un revers de main. Le narrateur décide de rendre sa tour d’ivoire transparente. Ce livre déchiffre les contradictions autour de cette affaire en utilisant la même méthode d’exploration zigzagante. Il peut aussi se lire comme un traité pratique de lecture et d’écriture, comme il est annoncé au dos du livre : cinq techniques pour réaliser un livre.
  « On veut les démêlés intégralement et dans le détail, une histoire qui nous redonne en relief les malentendus successifs et lumineux par lesquels passe toute personne à des moments X d’une société Y. On veut savoir à quoi ressemblent les idées en chair et en os ; quelle physionomie ont les dates de toutes les histoires, éprouver très vite la densité des sensations de quelqu’un en intégrale – ce qui nous donne à peu près F D (x) = f (x). On aimerait poser un point sur une carte, latitude, longitude ; suivre le cours en zigzag de notre volonté de savoir. On doit donc être à ras de terre et propulsé dans le ciel alternativement. »

Premières impressions. En voie de consécration, Cadiot se sollersise : à quoi bon les écritures expérimentales ? à quoi bon la lourdeur démonstrative des universitaires ? La légèreté, rien que la légèreté… et la subtilité. Un art de dire des petits riens qui en disent long… C’est plaisant. Dans l’air du temps. Gageons qu’une fois encore la presse en fera des gorges chaudes… Quelle meilleure définition de ce gros et pesant mot, "littérature", que celle-ci : "une reliure entre des feuilles d’êtres – cet écheveau de sensations, qui attire, crochète, soude tout ce qui vous arrive" (p. 224) ? Quant à la poésie : "Un truc de princesse et de dragon, la poésie, si on y réfléchit bien" (21)… Du grand art, on vous dit. Et parfois, on flirte avec le génie : vous voulez écrire ? Rien ne sert de verser dans les techniques habituelles… "Ce qu’il faut faire : brutaliser ses tentatives d’expression, leur faire rendre gorge, les greffer à d’autres de force, les halluciner, les déployer, les piquer, les infiltrer, ou, au contraire, inciser pour libérer leurs humeurs secrètes. Le but c’est qu’elles se vrillent et qu’elles puissent, guéries, changer de phrase en avançant – un lasso, une spirale en l’air" (194). Inspiré, non ?

â–º Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (ritournelle), Quidam éditeur, 216 pages, 20 €, ISBN : 978-2-37491-064-2. [Lire un extrait]

Après ses impressionnants CharØgnards, le jeune écrivain retient la leçon gidienne en ne profitant pas de l’élan acquis : s’il continue de jouer avec les codes, cette fois ce sont ceux du roman policier et de tout personnage de fiction traditionnel… Vous attendent : humour noir de croque-mort, jeux typographiques, usage singulier des tirets… Une écriture jouissive !

Le jour du lancement, ce jeudi 5 octobre à 19H30 – le jour de ses 40 ans ! -, Stéphane Vanderhaeghe sera à la Librairie Charybde (129, rue de Charenton 75012 Paris) : en attendant, on lira la superbe chronique de Charybde deux

Libr-brèves

â–º Découvrez deux improvisations expérimentales de Gilbert Quélennec : ici.

â–º Dans le cadre du festival ActOral, lundi 2 octobre 2017 à 19H30, Cinéma Les Variétés (Marseille) : Florence Pazzottu, TRIVIAL POÈME (20 min)
Réalisation, image, son, montage et texte : Florence Pazzottu
Enregistrement en studio et mixage: Florent Fournier-Sicre (Studio Flopibo, Marseille)
Avec : le poète William Cliff et la voix de Nadine Chehadé

Comment conjoindre geste politique et écriture poétique ? Mieux, trouver forme et espace commun aux deux ? Beyrouth sera le lieu de cette expérience composée ici en film, ce que Florence Pazzottu nomme film-poème. Et d’opérer un mouvement dans la ville même, dont la (re)construction serait le signe de son effacement. Une ville traversée et restituée ici en fragments épars, alors que mots et textes viennent s’y glisser, s’y frotter.
Nicolas Feodoroff (FID Marseille)
————————–————————–————-
suivi de

Judith Cahen & Masayasu Eguchi
LE COEUR DU CONFLIT

Durée : 1h19

En français & japonais sous-titré
France, Japon, 2017 / Couleur et noir & blanc /Techniques
mixtes / Stéréo
Image : Masayasu Eguchi, Judith Cahen
Montage : Masayasu Eguchi // Son : Mikaël Barre
Avec : Judith Cahen, Masayasu Eguchi, Mélissa Barbaud, Kazuhiko Suzuki

(…) Elle la Française, lui le Japonais, couple et cinéastes, nous mènent dans un va-et-vient entre Paris, Fukushima et Hiroshima.
Sont convoqués, de digressions en rebonds inattendus, Duras aussi bien que parents, enfants, désirs et peurs. Le conflit du titre
se déplie en un mille-feuille, où interfèrent l’Histoire et la question de l’intime vers le politique, se confrontent le désir politique, le désir d’enfant et le désir de film (« faire
un enfant politique » suggère-t-elle), se contaminent les modes et les régimes d’images (journal filmé, documentaire, fiction). Nicolas Feodoroff (FID Marseille)

â–º Mardi 3 octobre Café du Pont Neuf, 19H30 (14, Quai du Louvre 75001 Paris)

WELCOME BACK IVY Writers Paris—Ivy vous invite à une soirée de lectures et de musique en anglais et en français pour vous souhaiter bonne rentrée 2017 avec
BREMNER DUTHIE (chanteur-performeur)
GEORGE VANCE (auteur-performeur)
Et, pour fêter la 4ème édition de la révue littéraire PARIS LIT UP :
JASON STONEKING (auteur et artist)
Et
DONALD TOURNIER (poète qui écrit en anglais et en français)

â–º Du 6 au 8 octobre, exposition Thierry RAT à Calais :

 

â–º Jeudi 26 octobre à 19H, Espace L’Autre Livre (13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris) :

Rendez-vous pour une soirée de voyage et de poésie en compagnie de Jean-Yves Fick, Virginie Gautier et Fred Griot à la librairie L’autre LIVRE (rue de l’école polytechnique, Paris 5ème). Ensemble, autour d’un verre et de lectures dépaysantes nous vivrons un mois dans une cabane d’hiver, nous marcherons dans Londres en suivant le plan du Caire, nous suivrons le chemin. L’entrée est libre et les partages, recommandations, invitations appréciés !

Plus d’informations sur les livres à l’honneur ce soir-là :

https://www.publie.net/livre/il-y-a-le-chemin/
https://www.publie.net/livre/marcher-dans-londres-en-suivant-le-plan-du-caire-virginie-gautier/
https://www.publie.net/livre/cabane-dhiver-fred-griot/



12 avril 2017

[News] Libr-news

D’ici fin du mois, quelques nouveaux RV printanniers : sur le blog d’Anne Galzi, autour de Vermeer ; avec Julien Blaine à Marseille ; Yves Pagès et Jean-Charles Massera autour des éditions Verticales ; avec Ivy writers…

â–º Sur le blog d’Anne Galzi, on lira avec intérêt « La perle de Delft : "Mutation d’un grain de poussière, d’un grain de sable dans l’œil humide d’un mollusque" ».

â–º Jeudi 13 avril à 18h30, La Belle de Mai, librairie la Salle des machines, Marseille : RV avec Julien Blaine, pour 5 faits et plus
Une proposition d’Alphabetville dans le cadre de Faits divers

Julien Blaine observe l’actualité. Observe et ré-agit. Il agit en utilisant, pour traiter cette actualité, les outils qu’il a façonnés tout au long de son enquête scientifico-poétique pour retrouver la trace d’une langue originelle, une langue élémentaire qui remonterait aux racines du verbe, hors de toute révélation divine – enquête qui forme la charpente d’un chantier poétique commencé… il y a plus de cinquante ans.
En cinq séquences, cinq « faits » (les crimes commis au nom de la religion, la mission spatiale Rosetta, Hillary Clinton prétendante à la gouvernance des USA, la lutte des ouvriers de Fralib et l’inacceptable situation des habitants de la Jungle de Calais), Julien Blaine dénonce 6000 ans de barbarie monothéiste, s’insurge contre le nihilisme cruel et inhumain des civilisations qui en découlent…

Présentation sur le site des éditions Al dante : http://al-dante.org/shop-4/julien-blaine/lecture-de-5-faits-dactualite-par-un-septuagenaire-bien-sonne/

5 faits et plus. Commentaires actualisés, version 2017, et échanges avec Colette Tron, auteur et critique

â–º Mardi 18 avril à 20H, Maison de la poésie Paris (Passage Molière, 157, rue Saint-Martin 75003 Paris) : Performances croisées avec Yves Pagès & Jean-Charles Massera

Soirée présentée à l’occasion du colloque « Éditions Verticales 1997-2017 : éditer et écrire debout » (Universités de Poitiers et de Paris-Sorbonne, 13-18 avril). Tarif : 10 € / adhérent : 5 €

"Emplois fictifs & Sommeil paradoxal" voudrait être un cours magistral de psychophysiologie du travail. Le conférencier (Yves Pagès) y aborde la condition laborieuse depuis l’homme préhistorique (l’âge de pierre) jusqu’au télé-vigile (l’âge du drone). Exercice de synthèse qui finit par dévoiler l’apogée méconnue de la suractivité humaine : le sommeil paradoxal. Au terme de l’exposé, un spectateur choisi au hasard (Jean-Charles Massera) sera soumis à un ultime QCM de validation.

"Bon, mais t’en es où en fait (le public a le droit de savoir)" – l’interview performance revient sur Tunnel of Mondialisation de J.-C. Massera. Cet album de variété progressive avait fait entrer les questions de géopolitique et de conscientisation des processus de non-émancipation des déterminismes culturels et sociaux dans la chanson française. Aujourd’hui, l’interviewer (Yves Pagès) revient sur toutes ces années où on se demande vraiment ce que l’auteur/chanteur conceptuel a foutu…


♦ Jean-Charles Massera & Pascal Sangla, Tunnel of mondialisation, suivi de J’ai grandi à côté de la vie (interview), Verticales, 2011, 2 CD + 120 pages, 22,50 €, ISBN : 978-2-07-013301-7.

Jean-Charles Massera poursuit son travail de déconstruction des discours et représentations dominants en investissant la forme populaire par excellence : la chanson – allant même jusqu’à subvertir le genre corrélatif de l’interview. D’où la tension entre "effets esthétiques qui vont dans le sens de la culture industrielle" et "une conceptualisation hyper critique" (p. 61).

Dans le premier clip, "Tu sais, j’crois que j’vais pas pouvoir", qui fait défiler le discours immo-marketing sur des images de lotissement conforme, une jeune femme s’attaque à l’insupportable conformisme pavillonnaire, au prêt-au-bonheur petit-bourgeois, au prêt-à-habiter du BCBG (Beau Con Bon Gogo…). Le deuxième, "Je ne veux pas mourir avant", revêt une dimension géopolitique : l’énumération des chiffres et des dates dévoile l’impuissance de l’ONU face aux horreurs commises un peu partout dans le monde immonde. Le troisième, "Respect pour tes résultats", établit un contraste flagrant entre cet univers de la déréalisation qu’est celui de la spéculation et la prise de conscience du nanti face à la misère du monde. Le quatrième ("Promets-moi d’rester d’droite"), ironique, met à nu la vulgate sur la "dépolitisation ambiante des classes moyennes" et la "droitisation des esprits" : "Tu t’éclates pas quand t’es à gauche / Quand t’es à gauche / Tu vis plus rien / Tu vis plus rien si t’es conscient d’tout. / T’aimes plus la vie / Si tu la critiques"… Bref, ferme-ta-gueule, sois de droite et vis connement comme tout le monde – qu’elle demande la femme à son mari. Le dernier, qui donne son titre à l’album, est le plus satirique : il dénonce "la déréalisation du temps vécu par les exclus de la croissance", "l’indexation du temps de soi sur le seul rythme de la croissance"… /Fabrice Thumerel/

â–º Le 25 avril 2017 à 19h30 au Delaville Café 34 bvd bonne nouvelle 75010 Paris
M° Bonne nouvelle (ligne 8 ou 9)

IVY Writers Paris vous invite à une lecture avec les poètes :

Rebecca Dolinsky
Jeffrey Greene
et Sereine Berlottier


10 mars 2017

[Chronique] Alexander Dickow, Rhapsodie curieuse, par Fabrice Thumerel

Alexander Dickow, Rhapsodie curieuse (diospyros kaki), éditions Louise Bottu, Mugron, janvier 2017, 62 pages, 8 €, ISBN : 979-10-92723-15-1. [Note de lecture sur le dernier livre de l’auteur, Le Poète innombrable]
On pourra du reste retrouver Alexander DICKOW à la soirée Bilingue IVY WRITERS : DELAVILLE Café (34 bvd bonne nouvelle 75010), le 21 mars à 19h (avec également COLE SWENSEN, SUZANNE DOPPELT, ROSANNA WARREN, AUDE PIVIN et HENRI DROGUET).
[En photo finale, un autre événement].

Comme tout poète moderne, Alexander Dickow constate le ratage de toute parole : "Les mots passent sans cesse entre ce qu’ils visent, ils passent au plein milieu de la parole, c’est à justement dire là où n’est jamais l’objet qu’on croyait vouloir dire. Les mots ratent la cible qu’ils atteignent" (p. 52-53). Mais il ne fait partie ni des nostalgiques d’un cratylisme mythique, ni de ceux qui déplorent le drame de la langue, vivant de façon tragique la schize entre les mots et les choses. D’où ce corollaire : "C’est pourquoi on ferait mieux d’écouter d’un peu plus près ce qui a lieu dans cet entre les mots, autant que les mots mêmes. Ce qu’on veut dire, on a failli le dire" (53). Il prend même ses distances vis-à-vis des dernières avant-gardes : "Que les mots et le monde soient séparés va de soi et le constat ne vaut rien" (on pense ici surtout à Prigent ou à Novarina). Si "on ne parle pas les choses, mais autour" (19), il faut faire prévaloir la connaissance / co-naissance, qui réalise l’approfondissement des sensations. S’il défend un parti pris des choses, ce n’est pas pour aboutir à un quelconque réelisme – saisir l’épaisseur des choses au travers de l’épaisseur des mots. Pour Dickow, le poète est celui qui entretient un rapport décalé à la langue comme au monde ; il affectionne donc toutes les choses singulières comme tous les "déchets du langage" – les solécismes, entre autres (qu’on se souvienne des Caramboles). C’est en terrain inhospitalier qu’il opère. Afin de rendre compte de "la diversité du monde" (52), à "une parole à même les choses" (44) il préfère "une langue du monde, une langue de choses perpétuellement en ébullalation, en tant que la somme de toutes langues" (51).

Il y a bien quelque chose de baudelairien dans son goût du bizarre, dans son sensationnalisme spirituel… Toujours est-il que c’est un monde dense et varié dans toute sa richesse qui surgit, non pas d’une tasse de thé, mais d’un kaki : "Le kaki, voici un bien beau rêve à se mettre sous la dent", "un fruit si simple / et si nu" (16) ; "un fruit pour des curieux" (57)… Le kaki sous tous ses atours, contours et détours (deux contes, en l’occurrence). Le kaki en toutes ses variétés et sa sarabande de fruits originaux : persimmon, fuyu, hachiya pitaya, physalis, tamarillo, corossol, pyridion, drupe, durian… D’où un blason décalé pour chanter la mesle (cf. p. 25).

Pour son traité de volupté qui est en même temps un éloge du divers, Alexander Dickow a préféré à la symphonie la rhapsodie, dans la mesure où cette forme libre qui privilégie le bigarré correspond parfaitement à cette esthétique du poikilos chère à Jean-Claude Pinson : "Ce que je ne connais pas, je le goûte. Je me gargarise et me régale tout le catalogue ne fût-ce que dans les mots le monde ; une découverte mène à l’autre ; avec chacune d’elles je me marie" (35). On terminera en savourant l’hymne final : "Viens donc, mon amour, viens nous découper ensemble ce plaisir, que je te conte la couleur du kaki, que je te parle la passion des plaquemines et la saveur de la sapote, le miracle du mabolo, la morale de la mesle" (59)…

4 décembre 2016

[News] News du dimanche

Avant que de lancer en plusieurs posts un Libr-kaléidoscope de fin d’année des plus riches, voici des RV à ne pas manquer : le duo Jacquet/Jawad (Ivy writers) et Jean-Christophe Bailly.

â–º IVY WRITERS PARIS vous invite à une soirée dédiée à l’écriture française, avec des traductions inédites des poètes français en anglais
A BERKELEY BOOKS OF PARIS (8, rue Casimir Delavigne 75006 Paris)
le 6 décembre 2016 à 19h30 avec les poètes :
Elisabeth Jacquet et Emmanuèle Jawad
Traductions par Barbara Beck et Jennifer K Dick

 

â–º Rencontre avec Jean-Christophe Bailly pour son image mobile de Marseille : Jeudi 8 décembre à 19h00 à la librairie l’Odeur du temps (Marseille).
 
« Le portrait urbain que j’ai tenté puise d’abord sa raison d’être dans le plaisir que j’ai eu à divaguer dans les rues de cette ville à la fois imprévisible et fidèle à ses clichés, qui jamais en tout cas ne m’a déçu, même s’il a pu arriver qu’elle me soit hostile, chaque arrivée à la gare Saint-Charles ayant toujours eu le sens – peut-être parce qu’alors, du haut des escaliers qui rejoignent le boulevard d’Athènes, on domine la ville – d’un atterrissage dans la réalité : comme si à Marseille, la réalité ou l’épaisseur qui s’y attache, via les choses et les êtres, était un peu plus réelle ou plus dense qu’ailleurs. »
                                                                                                                                          
Une image mobile de Marseille est un texte de Jean-Christophe Bailly écrit à l’issue d’une micro-résidence proposée par Alphabetville, en octobre 2014, réalisée en partenariat avec le cipM, la Friche Belle de Mai et les Bancs publics.
 
Aux références littéraires et philosophiques de l’auteur sur la ville (Benjamin, Seghers, Artaud…), antérieures à sa découverte réelle, et arpentée notamment par des promenades, se superposent souvenirs, d’ici et d’ailleurs – Marseille est comparée à d’autres métropoles -, et nouveaux points de vue. Mais aussi, rencontres heureuses, .anecdotes, noms de rue y racontent son Histoire.
Présentation sur le site des éditions Arléa : http://www.arlea.fr/Une-image-mobile-de-Marseille
Cette rencontre sera aussi l’occasion de la présentation du catalogue de l’exposition dont Jean-Christophe Bailly est le commissaire : L’ineffacé, brouillons, fragments, éclats, actuellement présentée à l’Imec (Institut mémoire de l’édition contemporaine) à Caen jusqu’au 2 avril 2017.
Informations :
Le livre : http://www.imec-archives.com/editions/linefface/
L’exposition : http://www.imec-archives.com/agenda/exposition-linefface/
 
A NOTER : dans le cadre des mercredis de montévidéo // Mercredi 7 décembre 2016
20h15 : Lecture de Jean-Christophe Bailly, suivie d’un échange avec Emmanuel Moreira

POUR LA DICTION
Informations : http://www.montevideo-marseille.com/montevideo/LES_MERCREDIS_DE_MONTEVIDEO___7_dec.html

2 octobre 2016

[News] News du dimanche

Avant de découvrir la folle fin d’année de Libr-critique, vos premiers RV d’octobre : lancement des numéros 11 & 12 de la revue MUSCLE à Marseille, où l’on aura RV également avec DADA grâce à Alphabetville (dada/data) ; IVY WRITERS (Tardy/Chao), 26e salon des revues à Paris… De quoi être libres & critiques !

 

â–º Mercredi 5 octobre 2016, de 18H à 23H, soirée de lancement des numéros 11 et 12 de la revue Muscle, à Data, 44 rue des bons enfants, 13006 Marseille.

Au programme :

– Présentation de la revue et des deux nouveaux numéros par Arno Calleja et Laura Vazquez

– Lecture de Guillaume Fayard

– Lecture de Dorothée Volut

– Diffusion d’une lecture vidéo de Frédérique Soumagne

– Diffusion d’une lecture vidéo de Oscar Garcia Sierra

– Diffusion d’une lecture vidéo de Jean-Luc Parant

– Diffusion de deux lectures vidéo de Jason Héroux

 

â–º Les 6 et 19 octobre 2016, DADA à la Friche La Belle de Mai avec Alphabetville (41, rue Jobin 13003 Marseille) : DADA 100 : dada et data / gesticulations dada en ligne, 6 et 19 octobre 2016.
. Dada et data 
Jeudi 6 octobre 2016 à 18h30, Salle des machines, Friche Belle de Mai, Marseille

 
Il y a 100 ans naissait à Zurich le mouvement littéraire et artistique Dada. Manifestement anti-conventionnel et anti-conformiste, revendiquant la rupture, contre l’ennui et pour la distraction, cette attitude marque un art de vivre, au présent, conjurant avec dérision et peut-être désespoir, la situation de violence qu’est la première guerre mondiale. Ouvert au hasard et défiant la logique – tout comme le montre le choix du mot lui-même -, Dada est plus libertaire que nihiliste, et la création sous toutes ses formes montre la vivacité du mouvement, qui a la volonté de « changer la vie ».
« Guerre mondiale Dada et pas de fin, révolution Dada et pas de commencement. » écrivait Hugo Ball dans le premier manifeste en 1916.
En 2016, quelques artistes de plusieurs nationalités créent un (h)ac(k)tionnisme dada, avec d’autres données, celles du numérique.
 
Dada, data, et arts de la guerre. Révolution électronique et guerre des données, du Watergate à wikileaks, de la rupture à la disruption, où en est-on de la guerre et de la paix ? Où et comment a-t-elle lieu ? Quelles sont les formes de la lutte ? Comment (se) manifester ?
« Guerre, dada, data », hacktion, plus que thème, est tout autant un hommage vivant et une actualisation virale dans la guerre numérique mondiale, et ses technologies… pas si virtuelles.
A la suite du Grand Dada Manifesto, dadahacktion de 30 heures qui a « occupé » le Cabaret Voltaire à Zurich en mars dernier, voici la présentation de quelques réalisations, textes, sites, machines, hacks, et autres manifestes rétro dada. Sans quelques performances !
Avec :
Nicolas Nova, artiste et enseignant, pour Dadabot, une introduction à la créolisation machinique (avec Joël Vacheron)
Albertine Meunier et Julien Levesque pour le Manifeste datadada (data-dada.net), et une performance Data Dada Éclair
Une intervention (par skype) de Mckenzie Wark co-auteur d’un manifeste rétro dada.
A arpenter dans l’espace de la librairie, le webdoc Dadadata de Anita Hugi et David Dufresne, coproduit par Arte et la SSR.
 
Lire l’article d’Annick Rivoire sur le dadadatathon : http://www.makery.info/2016/03/08/a-dada-sur-la-data-au-cabaret-voltaire/
 
. Gesticulations dada et flux du réseau   Conférence dada sur canapé en ligne
Mercredi 19 octobre à midi.

Le laboratoire Oudeis développe des conférences performatives sur canapé, au sein desquelles des problématiques de l’histoire de l’art et de la période actuelle sont abordées dans un format non conventionnel, ou hors de tout format : l’agencement d’éléments complexes et hétéroclites contribuant à l’émergence d’une situation artistique inédite, bifurquant des environnements technologiques et conceptuels pré-conçus. Où des techniques de parasitage des discours et des postures agissent comme modalité virale.
Cette conférence, aussi performance en streaming, mettra en situation et en question actes et gestes dada, dans l’histoire et au présent de l’art. Avec pour medium principal le web.
 
Avec Sandra et Gaspard Bébié-Valerian, artistes, Manuel Fadat, historien de l’art et commissaire d’expositions, Colette Tron, auteur et critique, et  Annie Abrahams, artiste et performeuse.


â–º Mardi 11 octobre à 19H30, Delaville Café (34, Bd Bonne Nouvelle 75010 Paris) : IVY WRITERS PARIS vous invite à une soirée de lectures bilingues avec les poètes : Nicolas Tardy (France) et Geneva Chao (USA) /// 11th Oct from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes French poet driving north for this special Paris reading, Nicolas Tardy, alongside American poet and translator Geneva Chao—coming live to us from Los Angeles.

 

â–º Les 14, 15 et 16 octobre 2016 : 26e Salon de la revue à Paris !
Renouvellement des exposants, abondance et variété des rencontres… Pour l’inauguration, le vendredi 14 octobre à 20h30 et grâce à la complicité des Archives du Présent, Patrick Boucheron amorcera ce marathon de paroles.

Pour découvrir le Salon en un clin d’œil, le voici croqué à grands traits.

Le programme du Salon, lourd de ses plus de 30 animations (lectures, conférence, tables rondes, séances professionnelles) : ici.

22 septembre 2016

[News] Soirée Ivy writers Paris : Marie de Quatrebarbes et Heather Hartley

Filed under: News,UNE — Étiquettes : , , — rédaction @ 21:00

IVY WRITERS PARIS organise une soirée de lectures bilingues LUNDI 26 septembre 2016 à 19h30 :

Marie de Quatrebarbes (France)

et

Heather Hartley (USA)

26th Sept from 19h30: Ivy Writers Paris welcomes Heather Hartley long time Paris resident poet, and Marie de Quatrebarbes, French poet and editor. 

Au bar / 1er étage : Delaville Café

34 bvd bonne nouvelle

75010 Paris

M° Bonne nouvelle (ligne 8 ou 9)

 

BIOS :

Marie de Quatrebarbes vit à Paris. Elle est l’auteur notamment de La vie moins une minute (Lanskine, 2014), Les pères fouettards me hantent toujours (Lanskine, 2012), Transition pourrait être langue avec peintures de Michel Braun (Les Deux-Siciles, 2013) et de Gommage de tête (Éric Pesty, à paraître fin 2016/début 2017). Elle a cofondé la revue de traduction La tête et les cornes, et entrepris la réédition de l’œuvre de Michel Couturier en 2016. Elle poursuit  avec Maël Guesdon un chantier d’écriture autour des Fragments de Suzanne Lindelton, et travaille actuellement avec l’artiste Catherine Beaugrand sur une installation mêlant écriture, arts numériques et scène. Elle participe au comité de rédaction de la revue remue.net.

Heather Hartley est la rédactrice parisienne pour la revue littéraire  Tin House  et l’auteur des deux recueils de poésie, Adult Swim  (2016) et Knock Knock  (2010), parus chez Carnegie Mellon University Press. Sa fiction, sa poésie, ses essais et ses entretiens ont été publiés au PBS Newshour, The Guardian, et Slice parmi d’autres revues littéraires. Elle a présenté des écrivains à Shakespeare and Company Bookshop et sa rubrique à propos de Paris littéraire,“Apéritif,” est sur le site web de Tin House. Elle a enseigné creative writing à l’American University of Paris et dans le program de MFA à l’University of Texas El Paso. Pour plus d’infos, voir son site: www.heatherhartleyink.com.

Ivy writers Paris: saison 2016-2017

LUNDI le 26 septembre 2016 : 19h30 Marie de Quatrebarbes et Heather Heartley

MARDI le 11 octobre 2016 : 19h30 Nicolas Tardy et Geneva Chao

MARDI le 15 novembre 2016 : 19h30 Jacques Jouet et Mia You

MARDI le 6 décembre 2016 : 19h30 Emmanuèle Jawad et Elisabeth Jacquet

MARDI le 24 janvier 2017 : 19h30 Laurent Grisel et TBC

MARDI le 14 février 2017 : 19h30 lecteurs à confirmer

MARDI 21 mars 2017 : 19h* (notée l’heure svp) soirée spéciale organisée avec Rosanna Warren. Lectures par : Henri Drouet, Rosanna Warren, Cole Swensen , Suzanne Doppelt…

MARDI 11 avril 2017 : 19h30 lecteurs TBC

MARDI 23 mai 2017 : 19h30 lecteurs TBC

MARDI juin 2017 : 19h30 deux lectures : dates, lieux et lecteurs TBC

 

 

Powered by WordPress