Événement organisé sous la direction de Marco Baschera, professeur émérite de littérature générale et comparée et de littérature française à l’Université de Zurich, Constantin Bobas, professeur en études néo-helléniques et études interculturelles à l’Université de Lille, directeur du Centre d’Études en Civilisations, Langues et Lettres Étrangères.
Conférence inaugurale et commentaires : Frédéric Boyer, auteur et directeur des Éditions P.O.L.
Dans un espace de théâtre, les modérateurs soumettent aux traductrices et aux traducteurs trois courts extraits de textes (récents et anciens) de Valère Novarina. Leurs traductions s’affichent en direct sur un écran géant, placé sur la scène du théâtre de La Colline, autour du texte original. Puisque leurs échanges sont captés par des micros et diffusés dans la salle du théâtre, les traducteurs sont à même de tisser et dévoiler de vive voix « un foyer de reconnaissance et de découverte » vivant par les langues qui le sédimentent et l’inspirent.
Tout en travaillant, ils discutent ensemble des problèmes que suscitent les textes et soulèvent des questionnements profonds sur ce qu’est le langage humain.
Pour franchir le seuil de ce foyer, nul besoin d’être polyglotte ou de manifester une expérience particulière dans le domaine des langues : la production des huit traducteurs et des modérateurs qui les accompagnent de leurs commentaires et questionnements favorisent la participation du public. Le travail se développe « entre ouverts ». Il a lieu en direct, vers le dehors, car il est mouvant et tourné vers le public.
La République des traducteurs se propose de créer des contacts privilégiés entre les langues et les cultures à la recherche d’un lieu de rencontre avec l’altérité et le vivre ensemble. Elle tente d’expérimenter de nouvelles formes concrètes de la mondialisation en visant également une dimension politique afin de penser la relation réciproque entre le commun et le singulier. Car elle met l’accent sur les différences dans l’approche des langues à des phénomènes apparemment analogues. Et c’est à travers la traduction, cette « épreuve de l’étranger », que se manifestera un une résonance universelle d’ordre linguistique et non pas une équivalence conceptuelle.
en présence de Valère Novarina et des traducteurs :
Georgine Ayoub – arabe
Gioia Costa – italien
Amin Erfani – anglais
Yuriko Inoue – japonais
Natalia Mavlevitch – russe
Louisa Mitsakou – grec
Zsofia Rideg – hongrois
Leopold Von Verschuer – allemand
ainsi que d’autres traducteurs invités…
entrée libre sur réservation au 01 44 62 52 52 ou billetterie@colline.fr Grand théâtre
Libr-événements
► Le numéro #22 de Muscle vient de paraître, avec notamment : des poèmes de Santiago Papasquiaro traduits par Rafael Garido (Santiago Papasquiaro est un auteur culte dans le monde hispanophone. Dans Les détectives sauvages de Roberto Bolaño,
le personnage d’Ulises Lima s’inspire de Papasquiaro, co-fondateur (avec Bolaño) du groupe infraréaliste au Mexique. Ses poèmes sont inédits en France) ; et des poèmes de Bingjie Luan, jeune artiste et poète chinoise à l’écriture précise, directe et inclassable.
Une grande soirée de lecture MUSCLE est organisée le vendredi 4 octobre, à la librairie L’hydre aux mille têtes, à Marseille.
Simon Allonneau et Laura Vazquez ont créé le groupe TSUKU ; leur deuxième clip vient de sortir, intitulé « Nulle part ».
â–º Vendredi 27 septembre 2019, 18H30 à L’Autre Livre (13, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris) : Soirée à l’occasion de la parution des Cahiers Tinbad n° 8.

► Soirées à la Maison de la poésie de Paris :


â–º Mardi 8 octobre à 19H30, Librairie Le Merle moqueur, à l’occasion de la parution de l’extraordinaire Profession de foi signée Jacques CAUDA :

► MidiMinuitPoésie #19, du 9 au 12 octobre à Nantes (poésies / musiques / arts visuels) : Le Lieu Unique (2, Quai Ferdinand Favre à Nantes).
Toute la programmation du Festival sur WWW.MIDIMINUITPOESIE.COM
« Sommes-nous prêts à la tempête et aux déluges des mots, à traverser l’érosion grêleuse de notre époque dans la confluence d’un prisme et d’un spectre verbal diluvien qui détournent, brisent ou reformulent nos vocabulaires ?» *
Pour cette 19e édition, le festival MidiMinuitPoésie continue d’agiter la ville et le verbe. Cet évènement invite pour quatre jours une trentaine d’auteurs et artistes nantais, français et étrangers pour faire découvrir la vitalité de la création poétique actuelle. Privilégiant la lecture à voix haute comme mode de contact avec l’émotion poétique, MidiMinuitPoésie propose des lectures, lectures-concerts, performances et entretien avec les invités.
Cette année, le festival tisse des liens entre la poésie et les arts sonores et expérimente différentes approches avec la nourriture.
De nombreuses commandes de textes sont passées aux auteurs pour singulariser les lectures proposées lors du festival : des textes inédits d’Erell Latimier et Eric Pessan – deux auteurs nantais – autour de l’imaginaire de l’espace ; une création de Véronique Pittolo autour de l’exposition « Saveurs d’artistes, dans la cuisine des peintres » du Musée d’arts ; et une thématique d’actualité soumise à trois auteurs – Olivia Rosenthal, Pascale Petit et Emmanuel Adely – sur laquelle ils sont invités à s’exprimer personnellement et littérairement.
Pour toucher le grand public, le festival investit aussi la ville avec une installation plastique et littéraire monumentale du street artist indien Daku.
Enfin, le temps fort de douze heures de programmation se reconduit, investissant l’étage du lieu unique – scène nationale de Nantes, samedi 12 octobre.

* Philippe Boisnard, extrait de la préface de UV, de Magali Daniaux et Cédric Pigot (Supernova, 2015).
► Du vendredi 11 au dimanche 13 octobre, 29e Salon de la revue : découvrez le programme complet.
En ouverture d’un Salon qui promet, venez faire la JAVA avec nous le vendredi 11 à 20H30, salle Antoine Emaz : débat animé par Fabrice Thumerel ; à l’honneur : Vannina Maestri et Jean-Michel Espitallier, fondateurs de la revue avec Jacques Sivan ; lectures de Anne Kawala et de Nicolas Richard.

















chez P.O.L (240 pages, 16 €) – au Théâtre de la Colline : il est encore temps de 










feinte de l’humour et en « fractales de fragmentation / d’entière nue pro-création ». Un tel monde peut sembler irréel mais c’est très bien comme ça. On n’en demande pas plus tant l’art manque trop souvent de morsures de joie. Et Cauda ne s’en prive pas. Même s’il appelle à d’autres blessures afin que le corps de la femme travaille le regard et l’émotion sensorielle de l’homme.
entamer des prières (athées) de mains décroisées. Elles peignent les corps là où la sensualité prend des formes paradoxales. L’artiste transforme la chute en suspens au-dessus du vide afin de procurer des crampes d’utopies.
En cet hiver 2017-2018, Cauda publie encore deux livres (il en est à environ 5/an !), dont un exercice contraint chez Lamiroy (50 pages/5 000 mots — c’est la règle), dans la petite collection « Opuscule ». (On y sort un livre/semaine ; cela fonctionne sur abonnement, pour contourner la difficulté d’être présent en librairie…) La contrainte semble réussir à notre peintre-écrivain-poète : il a écrit là un véritable livre de peintre (avec des mots) ! Cela vérifierait-il cet adage comme quoi « tout art naît de contraintes » (la poésie), et « meurt de leur absence » ? (Voir dans la musique, le film, la poésie épique, le théâtre élisabéthain, etc.) C’est une hypothèse sérieuse. (—Ne riez pas, au fond de la salle ! — Poéticides !) A contrario, il m’a semblé que Cauda s’égarait quand il faisait de la littérature de « genre » (Les Caliguliennes dans le genre « littérature pornographique », et Ork dans le genre « parodie de roman de gare »). Pourquoi ? Jacques Henric, dans ses écrits, l’a martelé définitivement : « Rien de plus mortel pour le roman que de l’emprisonner dans un genre. » Le roman doit être impur ; et le romancier « un peu pilote, un peu stratège, un peu guerrier, un peu gérant de fonds et de boîte de nuit, un rien souteneur, un chouia gigolo, un poil armée du Salut […] Il lui en faut des connaissances, à ce colosse
lumière jaune d’œuf quand on allumait. » Blanc d’Espagne, jaune d’œuf, toutes les couleurs importantes pour un peintre sont là. Quoi ? Il manque l’or et l’argent ? Les voici : « Enfin, comme c’était Noël, il y avait un grand sapin dressé dans la pièce, les branches poudrées de blanc, au bout desquelles une flopée de petits lampions en forme d’accordéons, que Sonia avait peints en argent et en or, se balançait quand on soufflait dessus. » Pfff… Le tableau pivote. (Il manque ici le rouge carmin, mais Cauda en a déjà fait le sujet presque exclusif d’un précédent livre de peintre : Les jouets rouges, 2016.) Si j’ajoute que Jacques Cauda, vrai peintre qui ose s’affronter au Mal (voir La Peinture et le Mal de Jacques Henric sur cette question ; la dégringolade dans la peinture occidentale y étant « expliquée » comme un recul de la croyance en l’idée d’un péché originel (tel que théorisé d’abord par Charles Baudelaire — notre contemporain)), aime à taquiner l’art contemporain (content pour rien ?) et ses trop grandes facilités : « J’étais bon dessinateur (et le suis resté puisque je suis devenu peintre ; je souris en écrivant cela car je sais très bien que le dessin et la peinture ne sont quasiment plus liés l’un à l’autre aujourd’hui ni trop pratiqués, tout au moins en France qui est un pays où l’art officiel préfère éviter le rapport du visible et de l’invisible sans doute trop catholique à ses yeux) et je croquais Staline nu etc. » (Toute ressemblance avec l’actuelle « affaire Jeff Koons » serait totalement fortuite), on commence à envisager l’aspect fortement transgressif de toute son œuvre. Vous qui êtes politiquement correct, laissez tout espoir de pénétrer ici ! Quand on voit la nouvelle méthode du peintre-écrivain, annoncée dans ce « petit » livre : « Je vais m’inspirer des meilleures peintures d’histoires, c’est-à-dire par simultanéité d’actions, tel Nicolas Poussin voulant montrer comment la manne fut envoyée aux Juifs, représenta en même temps etc. etc. », on comprend alors qu’il annonce l’apothéose de son œuvre écrite, Profession de foi, en cours de travail, et à paraître en 2019…
Tout cela néanmoins au nom de la congélation amoureuse qui tient parfois d’un règlement de compte. Sentir parfois un souffle sur sa nuque et sur là où sa croupe se scinde fait tirer le diable obèse par la queue. Mais au gémissement d’extase fait place le gémir de la violence là où la femme fatale devient objet d’un héros adipeux.
l’horreur se trouvent directement et intimement associés. Les plaisirs de la chair prennent différents fléchages et la surcharge de lipide du héros au besoin s’en nourrit.
Peintre, photographe, documentariste, poète et écrivain, Jacques Cauda publie ce qu’il estime son « chef-d’œuvre » après vingt ans de lutte pour le faire publier. Il est difficile de comprendre les résistances des éditeurs contactés. S’agit-il d’une frilosité depuis qu’est mis un frein voire un veto sur tout ce qui paraît hybride. Il est vrai qu’en France, le rire littéraire n’est guère apprécié. Du moins par les décideurs. Ils préfèrent souvent les moules aux gâteaux.
Cauda mélange Philippe Roth et Kafka aux glandes mammaires en plaçant des pétards affriolants dans les interstices de la langue maternelle.
Frontier, Le Pillouër…), dont l’impact sur le champ est actuellement bien plus important. Par ailleurs, avoir pour ligne éditoriale le lancement d’"inclassables" – lieu commun de la critique journalistique – peut prêter à sourire… D’autant que la seule précision nous renvoie dans le topos (post-)moderniste : l’écriture à la première personne – et l’on sait à quelles dérives autofictives elle a pu donner lieu… Mais sont pour nous rassurer le (L)ivre de papier de Guillaume Basquin – "montage général polyphonique de l’histoire littéraire" (p. 25) qui mérite le détour -, la belle tenue de certains textes, les ouvertures sur le cinéma, les contributions de Philippe Jaffeux et de Jacques Cauda – sur les derniers livres desquels nous reviendrons bientôt… Assurément, la revue porte l’empreinte de son directeur, Guillaume Basquin : "les écrivains les peintres et les cinéastes ne se parlent plus il y a bien encore des individus isolés à l’avant-garde de leur art philippe garel jean-luc godard pierre guyotat de ce côté de l’atlantique jonas mekas thomas pynchon de l’autre mais ils sont très isolés" ((L)ivre de papier, p. 69).
bon-sentimentalisme d’Al dante qui s’engage auprès des Roms, à "la clique cultureuse, narcissique et néo-progressiste"… Et si leurs véritables tentations étaient Cioran et Nabe ?… Et quand on sait que Laurent James, entre autres dans l’équipe, est un proche de Soral, présent sur le site